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Voici les visages de Trappes. Mohamed, 42 ans, ingénieur des ponts et chaussées. Il rénove nos écoles et construit des logements. Marie-Pierre, 62 ans, 40 ans d'enseignement et de direction d'école à Trappes. Foussez-nous, 32 ans, entrepreneurs. Il a créé une trentaine d'emplois et fondé le club de foot sale de sa ville. Ayoub, 21 ans, étudiant en cybersécurité et pompier volontaire à la caserne de Montigny. Ibrahima, 42 ans, agent de voirie, il a été parmi les premiers à appeler les secours vendredi dernier. Cyriné, 26 ans, étudiant au Conservatoire national d'art dramatique, comédien prometteur. Michel, 80 ans, retraité engagé, qui anime le collectif des jardiniers de Trappes. Kadiatou, 35 ans, infirmière attentionnée, qui a porté les premiers soins à Pengo. Marine, 44 ans, policière municipale, elle a tenu la main de Pengo jusqu'à son dernier souffle. Voici les visages. Voici le visage de notre ville. Une ville où l'on travaille, une ville où l'on soigne, où l'on enseigne, où l'on s'entraide. Une ville française. Une ville française avec ses forces, ses fragilités, avec ses joies, avec ses réussites et ses échecs. Une ville française avec ses drames. Vendredi 23 octobre, un homme a quitté son domicile. Une arme de guerre entre les mains et a traversé notre ville et celle de la Verrière pour y faire un maximum de morts. Tous ceux qui ont croisé son chemin, son regard implacable, qui ont essuyé ses tirs, et fait face à son arme, resteront marquées à vie. Il a fait 8 victimes directes, dont 7 blessés. Au moment où nous nous rassemblons, l'un d'entre eux se bat toujours pour sa vie. L'une d'entre elles est une petite fille d'à peine 12 ans, criblée de 8 balles. 8 victimes directes. Sept blessés et un mort. Pengu Bossio Wangi, 26 ans, est décédé sur le trottoir bordant l'air de jeu du Square Pergo. Ses proches le décrivent comme un jeune homme solaire, avenant, joyeux, un travailleur, un passionné de sport qui voulait en faire son métier. C'était un fils, un frère, un ami. Il ne méritait ni les balles ni la haine de son assassin. Je veux saluer ce soir sa famille qui est parmi nous, saluer les blessés et leur famille, leur dire combien leur douleur est la nôtre et les entourer de notre affection. Sans la tempête qui a vidé nos rues ce matin-là, sans l'enrayement répété de larmes du terroriste, sans l'intervention rapide des policiers qui ont mis fin en 20 minutes à son périple meurtrier, nous aurions compté des dizaines, des centaines de morts peut-être. Je veux, en votre nom à tous, les remercier profondément pour leur courage et leur réactivité. Ouvrez les yeux ! L'assassin n'a pas choisi ses victimes au hasard. Il revendique avoir ciblé des Arabes, des Noirs, des musulmans. Ouvrons les yeux ! Sa haine ne vient pas de nulle part. Elle a été inoculée dans son esprit. par la répétition incessante des mots, des discours qui ont fait de ces minorités des cibles à abattre. Les mots de Jordan Bardella qui a appelé, je cite, à protéger la France d'une submersion migratoire qui n'en est qu'au début de son commencement. Les mots de Marine Le Pen, qui considère, je cite, que l'immigration est un drame pour la France, que derrière l'immigration massive, il y a le terrorisme, que derrière l'immigration massive, il y a l'islamisme. Sur la table de chevet du terroriste, les enquêteurs ont trouvé un exemplaire de Mein Kampf dans un tiroir des autocollants à la gloire de ses inspirateurs du Rassemblement National. Que faut-il de plus pour ouvrir les yeux ? Qui osera prétendre encore que ce parti a fait sa mue et a abandonné son projet raciste ? Le Rassemblement national a assuré la transmission de la haine à travers les décennies. Ce parti, fondé par d'anciens SS, est désormais présidé par un homme qui a fait la synthèse odieuse de l'antisémitisme dissimulé et de l'islamophobie revendiquée. Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l'oreille, on parle de vous. Hier, le clan Le Pen ciblait explicitement les Juifs. Aujourd'hui, ils pointent les musulmans, les immigrés et leurs descendants. Mais ne vous y trompez pas, aucune minorité ne saura t'épargner. Que personne ne se croit à l'abri. Que les consciences s'éveillent et que le drame vécu par nos populations nous sorte de la torpeur et de l'inaction. Ouvrez les yeux ! Ouvrez les yeux ! Le terroriste n'a pas choisi trappe par hasard. Les auteurs des mots « assassins » lui ont désigné la cible. Quand Marine Le Pen affirme que Trappes est devenu un territoire perdu de la République, sous le poids d'une immigration massive et ininterrompue. Quand Jordan Bardella décrit Trappes comme une République islamique en miniature. Quand il exhorte les siens à rendre Trappes à la France. Quand il ajoute « notre civilisation peut mourir ». et qu'il précise que l'horloge tourne, que fait-il d'autre que de presser ses troupes à passer à l'acte ? Que fait-il d'autre que de livrer aux chiens une ville et tous ses habitants ? Mesurer le danger de la propagande, de par-delà, de Le Pen et de leur relais. Quand le terroriste affirme devant les enquêteurs que Trapp est un repère d'islamistes, quand il affirme qu'il ne supporte plus être envahi et de ne rien faire contre cela, combien d'autres disciples du RN continuent, au moment même où nous nous parlons, à ruminer leurs obsessions maladives ? alimentés par les discours de haine rabâchés à longueur d'antenne, jamais interrompus, même en période de deuil. Ouvrez les yeux, les discours de haine ont débordé l'espace de l'extrême droite pour contaminer notre société tout entière. Si les digues s'effondrent les unes après les autres, Ce n'est en rien le fruit du hasard. Les esprits de nos compatriotes sont empoisonnés par la propagande raciste qui diffuse son venin avec une efficacité jamais atteinte. Pour cela, ils s'en sont pris un pilier essentiel de notre démocratie. Les médias ont été leur première cible. Si des milliards... Si des milliardaires xénophobes ont mobilisé autant de moyens pour constituer un empire médiatique, pour acquérir et soumettre des pans entiers de la presse, de la télévision et de la radio, c'est pour bénéficier d'une puissance décuplée pour imposer leur récit et in fine leur agenda de conquête du pouvoir. Voilà le seul grand remplacement à l'œuvre. Ouvrez les yeux ! Ouvrez les yeux car ils ne cachent même plus leur jeu. Dorénavant, plus rien ne les retient, ni les maigres condamnations de l'Arcom, ni la mobilisation de quelques rares journalistes rapidement neutralisés. Qui peut encore faire mine de croire que CNews est un média digne de ce nom ? Alors qu'il y a cinq ans déjà, son directeur de l'information, On va commencer doucement la campagne présidentielle. A partir de maintenant, on ne fera plus que du muslim, du muslim, du muslim. Aux journalistes libres de ce pays, ouvrez les yeux avant qu'il ne soit trop tard. Refusez leur droit de se revendiquer de votre beau métier. de laisser des militants d'extrême droite dissimulés derrière des cartes de presse se prétendre vos semblables. Mesurez que vous êtes les prochaines cibles, car plus aucun secteur n'est à l'abri, pas même le service public désormais assiégé. Votre devoir est d'être courageux et de tenir la digue. Refusez, refusez d'être contaminé par les méthodes de l'Empire Bolloré. Assumez de fermer vos antennes aux racistes condamnés. Ouvrez les yeux ! La propagande raciste a trouvé des relais et des porte-parole bien au-delà des rangs du Rassemblement national. L'emprise de son discours, les moyens d'oppression dont elle dispose sont dorénavant si puissants que beaucoup dans le camp républicain ont cru bon de leur donner des gages. En reprenant ces termes, en flirtant avec ces thèses jusqu'à inscrire dans la loi les revendications et les obsessions de Jean-Marie Le Pen. Chacun de ses reculs, chacune de ses compromissions a contribué à fissurer la digue. Ceux qui ont remisé leurs principes en espérant récolter des miettes dans les urnes ont nourri le monstre. qui finira par les dévorer. Mais je veux vous dire qu'il n'est pas trop tard. Il est encore temps de se reprendre, d'en revenir au grand principe républicain. Souvenez-vous de Jacques Chirac, qui disait que je... Le site « Je ne contracterai jamais d'alliance avec l'extrême droite » dont les valeurs, les idées me semblent contraires aux traditions et à l'esprit et même aux intérêts profonds du pays. Inspirez-vous de la force de Jacques Chirac, de vos principes hérités du gaullisme, pour relever la tête face à l'extrême droite et voir en elle ce qu'elle a toujours été, l'ennemi irréductible de la République. qui ne méritent ni votre soumission, ni vos suffrages. A tous les responsables politiques, il vous reste quelques mois pour agir. Votez une loi, je vous en conjure, pour pénaliser l'usage de la théorie criminelle du grand remplacement. Votez une loi, je vous en conjure, pour la libération des journalistes, pour continuer à honorer la promesse démocratique du programme du Conseil national de la résistance. Je vous en conjure de tous les partis. Affirmer que vous ferez barrage avec détermination à l'extrême droite si par malheur à l'accéder au second tour de l'élection présidentielle. Je veux m'adresser aussi à tous les Français qui sont tentés par le vote pour la candidate du Rassemblement national. S'il vous plaît, je veux m'adresser à vous. Je sais que vous êtes nombreux à ne rien partager de ces idées racistes, antisémites et islamophobes. Je vous en conjure. Ouvrez les yeux et faites le choix de la République. Nous partageons ici à Trappes les mêmes souffrances, les mêmes chagrins que vous. Ici aussi, les services publics reculent, les maternités ferment. Ici aussi, il est difficile de trouver un médecin. Ici également, on souffre de la vie chère, du chômage, de la crise du logement. Ici aussi, nous voulons que la France retrouve son rang et sa dignité, qu'elle relève la tête et soit digne de son histoire. Mais si vous choisissez Marine Le Pen pour porter votre colère, alors vous choisissez de nous mettre en danger. Nous pleinement français comme vous, nous infirmières comme Aïssetou, ingénieurs comme Mohamed, étudiants comme Ayoub, agents de voirie comme Ibrahima, policières comme Marine, nous qui tenons avec vous notre pays debout. Ne nous jetez pas au loup. Ne mettez pas nos enfants au banc de la société. Choisissez la République. Et enfin, je veux m'adresser à vous. Ceux que l'on dit issus de l'immigration, parfois depuis d'innombrables générations, à ceux qui sont français depuis des temps immémoriaux, mais qui ont la peau noire, à ceux dont les croyances religieuses sont minoritaires, juifs et musulmans notamment, et qui ne supportent plus d'être les boucles émissaires d'un pays malade, faites le choix de la République. Je sais, parce que je la partage, la tentation de fuir face à l'adversité, elle traverse chacun et chacune d'entre nous. Je sais combien il est insupportable d'être qualifié de Français de papier, d'être toujours essentialisé, de devoir rendre des comptes face aux accusations odieuses, d'être nié dans son identité. Je sais que la République fait souvent des déclarations d'amour sans être à la hauteur de sa promesse, que nous sommes tous des enfants de la République, mais que nous sentons trop souvent orphelins. Et donc je vous le dis à vous, mes concitoyennes et mes concitoyens de Trappes, la France c'est nous. Nous sommes ici, chez nous. Nous n'avons aucun pays de rechange. Vous êtes bien plus français que celles et ceux qui, par leurs discours et leurs actes, trahissent chaque jour les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité. Ne leur laissez pas la France ! Ne leur accordez pas cette victoire ! Au nom de Pengo et de sa famille, au nom de toutes les blessées, plus que jamais, soyez les anticorps contre le poison de la haine. Continuons ensemble à faire de grandes choses, comme un seul peuple, une seule nation. Vive la République et vive la France
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