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Mélenchon, futur président, voilà le titre d'une émission politique de Bexit qui a bénéficié d'un partenariat publicitaire avec le Conseil national des barreaux, CNB, une institution qui représente l'ensemble des avocats de France et qui est notamment financée par leur cotisation obligatoire. Le Conseil national des barreaux aurait-il déjà choisi son candidat pour 2027 ? La question est volontairement provocatrice. Le 23 mai 2026, une vidéo de backseat, émission d'extrême gauche diffusée sur YouTube, s'ouvre sur ce bandeau. vidéo sponsorisée par le Conseil national des barreaux. Elle est animée par Jean Macier, ancien collaborateur de la socialiste Marisol Touraine, devenue aujourd'hui une figure de la gauche radicale. Son titre annonce la couleur, Mélenchon futur président, l'actu de la semaine. En janvier 2025, Fontière publie une longue enquête sur le business des avocats pro migrants. Nous avions alors montré comment l'aide juridictionnelle rémunère, aux frais du contribuable, des avocats devenus pour certains de véritables militants. Aujourd'hui, notre enquête se poursuit en ouvrant une autre caisse, celle que les avocats alimentent eux-mêmes. Le Conseil national des barreaux représente l'ensemble de la profession, tandis que l'Ordre des avocats de Paris administre les avocats de la capitale. Ni l'un ni l'autre n'est un syndicat auquel chacun choisit d'adhérer. Tous deux prélèvent des cotisations. Pourtant, ils financent des partenariats, soutiennent des causes et prennent des positions politiques que tous ne partagent pas. La question n'est donc plus seulement de savoir ce que pensent leurs dirigeants, mais ce qu'ils font au nom de tous les avocats avec leur argent. Un avocat reste libre de militer. Il n'est pas soumis à une obligation de réserve comparable à celle d'un nazistrat. Mais peut-on pour autant obliger l'ensemble de la profession à financer les engagements militants de ceux qui la représentent ? Concernant le Conseil national des barreaux, on n'y adhère pas, on le finance. La cotisation annuelle obligatoire s'élève à 440 euros pour les avocats ayant plus de deux ans d'exercice, quelle que soit leur tranche de revenus. D'après le rapport Jamin, le budget annuel de l'institution est passé de 24 millions d'euros en 2019 à plus de 32 millions en 2020, soit une progression de plus d'un tiers en cinq ans. Les avocats qui alimentent ce budget savent-ils précisément comment cet argent est dépensé ? On retrouve parfois des partenariats étonnants, comme celui avec Backseat, qui constitue justement le point de départ de notre enquête. Nous avons donc contacté le Conseil national des barreaux pour lui poser une question toute simple. Pourquoi apparaît-il comme sponsor d'une émission d'extrême gauche dont le titre est... évoque la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle. Et ce n'est pas tout. Dans cette même émission, les chroniqueurs appellent à signer la pétition du collectif Zappé-Bolloré, tandis qu'Uzul demande à l'Arcom de, je cite, « se bouger le cul pour fermer ses news ». Alors, quelle est la réponse du CNB ? L'institution justifie ce partenariat par une campagne de sensibilisation en droit numérique. Sans Noël, l'opération comprenait une émission de 30 minutes sur Twitch consacrée au sujet, suivie d'un spot publicitaire d'un bac... site. Sauf que cette séquence de 30 minutes n'apparaît pas dans la vidéo publiée sur YouTube. Ce que voit le spectateur, c'est une émission politique avec un bandeau indiquant le sponsoring du CNB et une intervenante qui présente l'institution comme partenaire de Baxi. Le CNB assure ne pas cautionner les opinions exprimées dans l'émission. Mais c'est bien là toute la question. Pourquoi utiliser les cotisations obligatoires de tous les avocats pour financer un partenariat avec une émission aussi politiquement marquée ? Et ce n'est pas le seul partenariat que nous avons identifié. et qui soulève des questions. En janvier 2026, par exemple, le CNB prolonge et renforce son partenariat avec le groupe d'information et de soutien des immigrés le GISTI, afin de renforcer la formation des avocats en droits des étrangers. Sauf que le GISTI est loin d'être un organisme politiquement neutre. C'est l'un des fers de lance du militantisme immigrationniste en France. Depuis plus de 50 ans, il multiplie les contentieux pour contester les politiques de contrôle de l'immigration. Et c'est pourtant à cette association que le CNB confie l'organisation de trois cycles de formation destinés aux avocats. Et les engagements du CNB ne se limitent pas à des partenariats. L'institution prend également des positions. qui peuvent être interprétées comme politiques. Le 5 juillet 2024, la France est en pleine campagne des législatives anticipées. Le Rassemblement national vient d'arriver en tête du premier tour. A deux jours du second tour, des représentants de la profession d'avocat se rassemblent devant la caméra du CNB. Alors que la France est à un tournant de son histoire, les représentants de la profession d'avocat s'unissent pour rappeler encore et toujours les principes de l'état de droit et l'importance de préserver les libertés fondamentales. Derrière cette défense de l'état de droit, difficile de ne pas voir un message politique adressé au Rassemblement national. Aucune consigne de vote n'est formulée, mais le sous-entendu paraît assez évident. Alors, de quel droit le CNB, censé représenter tous les avocats, prend-il ainsi des positions contre un parti parfaitement légal ? Et surtout, ses dirigeants ont-ils seulement envisagé que certains avocats puissent voter RN ? Et à ce petit jeu, le CNB est aussi loin d'être seul. Il y a aussi l'Ordre des avocats de Paris. Le 2 juillet 2024, deux jours... Après un premier tour des législatives qui a placé le Rassemblement national en tête, le Conseil de l'ordre ajoute sa voix à celle du CNB et adopte à son tour une résolution. compte tenu des résultats. Ils dénoncent les attaques contre le Conseil constitutionnel et les juridictions européennes, la rhétorique du tout répressif, les discours antisémites, racistes et homophobes, et enfin les mesures qu'ils annoncent et ceux qui les portent. L'URN n'apparaît nulle part, pourtant une résolution adoptée au lendemain de son arrivée en tête au premier tour et visant ceux qui portent certaines mesures ne laisse guère de place au mystère. D'où qu'elles viennent, précise l'ordre. Ce jour-là, Chacun savait surtout d'où elle était supposée venir. Et il faut bien comprendre que l'Ordre de Paris ne se résume pas à son bâtonnier. Il dispose aussi d'un Conseil de l'Ordre composé de 42 membres qui participent notamment à l'administration et à la régulation de la profession. En décembre 2025, quatre candidats soutenus par le syndicat des avocats de France, le SAF, classés à l'extrême gauche, font leur entrée au Conseil de l'Ordre. Parmi eux, Raphaël Quinf, un avocat qui s'était présenté aux élections législatives sous les couleurs de la France Insoumise. À peine élu, il annonce la couleur justement. Voilà, c'est fait. Avec Alice Oriel, on est désormais élu au Conseil de l'Ordre pour trois ans. Qu'est-ce qu'on va faire ? Pendant trois ans, on va vous défendre, on va lutter contre l'extrême droite. Parce que le barreau de Paris, comme tous les avocats et avocates de ce pays, doit défendre les libertés, l'état de droit et le droit international. Le message de Victor a au moins le mérite de ne pas s'encombrer des précautions habituelles. Quatre membres sur 42, le SAF reste minoritaire, me direz-vous. Certes, mais cette minorité est organisée, revendique ses engagements politiques et entend peser sur les orientations du barreau. Quelques semaines seulement après son élection, Raphaël 15 participe déjà à des initiatives qui dépassent les seules questions professionnelles. A son initiative, notamment, le Conseil examine l'opportunité de prendre une position sur une polémique concernant Francesca Albanese, rapporteuse spéciale à l'ONU pour les territoires palestiniens. Accusée d'avoir qualifié Israël d'ennemi commun de l'humanité, elle affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte. Le Conseil envisage alors d'adopter une résolution sur cette affaire. Quel rapport avec l'administration du barreau de Paris ? Et surtout, une autre question se pose. Le Conseil de l'Ordre... des fonctions de régulation de la profession. Dans ces conditions, lorsqu'un élu ordinal annonce publiquement vouloir lutter contre l'extrême droite, quelle garantie d'impartialité offre-t-il aux avocats dont il combat les convictions politiques ? On le voit, la profession d'avocat est extrêmement divisée. Les polémiques ne cessent de fleurir, on l'a vu par exemple avec la conférence Berrier. L'invitation du député Charles Aloncle à cette célèbre joute oratoire a suscité une polémique. notamment proche du SAF, ont demandé son annulation et sont venus la perturber. Et comme la conférence s'est maintenue, ses opposants ont organisé une contre-berrier antifa. Dans ce contexte, la tentation d'engager la profession dans des combats politiques qui dépassent la défense de ses intérêts corporatistes est forte. Mais la question reste entière. Jusqu'où des institutions financées par l'ensemble des avocats peuvent-elles s'engager dans des combats politiques que tous leurs membres ne partagent pas ? Pour retrouver l'intégralité de cette enquête, procurez-vous notre dernier magazine, Justice politique, l'énigme Youssef Badr. A bientôt sur Frontières !
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.