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'est presque un rituel pour la famille Rizan. Gentine, tu veux une tartine ou pas ? La journée démarre toujours par un point transport et organisation.
Léontine, lundi, mardi, tu vas à la garderie, jeudi et vendredi, c'est papa qui te récupère. On est OK. Et toi, Juju, tu finis plutôt lundi à 15h et les autres jours, 17h. Donc tu remontes avec le bus. Donc on est bon.
Émilie, Rémi et leur fille Juliette et Léontine habitent le hameau de Trécis, niché à 1000 m d'altitude dans la Loire.
On a un cadre quand même sympa. Au petit-déj, on entend les oiseaux. On est dans la nature, on n'a pas ce stress ambiant qu'on peut trouver en ville. Les embouteillages, on ne connaît pas. Des fois, il y a des vaches et des tracteurs.
la ville la plus proche, Montbrison, est à une vingtaine de kilomètres.
Les activités sont aussi sur Montbrison, à 20 kilomètres d'ici, donc 20 minutes à chaque fois. Pour des fois, une activité qui dure une heure, donc on n'a pas le temps de rentrer et on attend beaucoup. Alors on essaye d'être hyper organisé et de profiter du temps de l'activité pour faire les courses, pour faire tout ce qu'on a à faire et qu'on n'a pas ici.
casse-tête logistique des habitants des campagnes, Pierre-Jean Rochette le connaît très bien. Au volant de son bus, il sillonne les routes depuis des années.
n'étais pas un excellent élève à l'école, pour vous dire la vérité. Je suis parti, je me suis mis à travailler très tôt avec mes parents. Après, ça m'a redonné le goût de l'école, d'ailleurs, au passage. Et puis, j'ai adoré. J'ai adoré ce métier et je n'en suis jamais ressorti, d'ailleurs.
passagers l'ignorent, mais Pierre-Jean Rochette est un chauffeur un peu particulier. Il est aussi entrepreneur et sénateur depuis trois ans, membre du groupe Les Indépendants.
Non, j'ai jamais perdu la main. Heureusement, parce que je pense que si j'accroche un quart, je vais en entendre parler sur mon dépôt pendant un an minimum. Donc il vaut mieux éviter.
connaissance du terrain lui sert à Paris.
connais les gens qui y vivent, je connais leurs problèmes, de là à connaître tous leurs problèmes. Je n'en ai pas la certitude ni la prétention, mais oui, les difficultés de la vie en ruralité, les points forts aussi, oui, je les connais bien. Bonjour, bonjour. Parfait, merci.
Comme souvent dans son bus, des jeunes essentiellement. Ils n'ont pas le permis. Pour tous les autres, la voiture est indispensable. Exemple à Chalmazel, 460 habitants.
là, on est sur le bas de la commune. On a le départ qui est ici et puis on a même des hameaux sur les deux sommets. En fait, notre commune qui fait 5000 hectares est répartie en 40 hameaux. Et voilà, les plus loin sont même à 6 ou 7 kilomètres du centre-bourg. Donc voilà, les gens peuvent se déplacer. On ne peut pas le faire à vélo. En plus, on est en montagne, on est à 1000 mètres d'altitude. D'où l'intérêt d'avoir une voiture et le besoin d'avoir une voiture. sur un territoire comme le nôtre.
besoin qui a un coût.
doit être, de loin, le plus gros budget de dépenses pour nos familles. Bien souvent, il y a deux voitures par foyer. Donc il y a un budget voiture, un budget carburant, voilà, qui est important. Ça va, Titi ? Au final, Coupe de la Loire, bien, ça va. Nickel.
réduire la dépendance à la voiture, les élus tentent de muscler l'offre de transport en commun. L'autocar, que l'on a tous connu, se réinvente.
Nous
sommes chez Carrochette, autocariste historique de la région, spécialisé dans les transports publics.
Le
sénateur a relancé l'entreprise familiale il y a 6 ans. Désormais, elle compte 230 collaborateurs pour une flotte de 200 véhicules.
on a des cars scolaires. Donc là, on fait de la ligne et du transport scolaire avec ce type de véhicule. Ça, c'est du car de tourisme pour les sorties. Là aussi, ligne régionale. C'est de l'activité assez standard dans notre métier, mais ce sont des activités indispensables à nos territoires. Et puis, derrière, on a aussi des cars de tourisme. On a un car à deux étages derrière. Là, c'est une grande capacité de 91 places. Et là, on a le car de la S Saint-Etienne, c'est notre fleuron local, la S Saint-Etienne. On est en ligue 2, mais on ne va pas tarder à remonter en ligue. C'est probablement pour cette année.
pour le quotidien, c'est le transport à la demande qui est en plein essor. Concrètement, la ligne de bus ne fonctionne que sur réservation, avec un véhicule beaucoup plus petit.
Le transport
à la demande, c'est le mieux.
Plus adapté à nos territoires.
Autant pour les personnes.
Ça a un coût, mais je trouve que ça coûte moins que certains grands cars qui roulent sur des lignes où il n'y a pas toujours la clientèle, notamment en été. L'aspect écologique aussi. Et l'aspect écolo.
Sénat, Pierre-Jean Rochette s'est aussi battu pour une idée simple, uniformiser les titres de transport.
'avenir pour développer le transport public, c'est de faire en sorte que vous venez de Lyon jusqu'à des territoires ruraux comme les nôtres, vous devez avoir un seul titre, dématérialisé si possible, et puis vous prenez, vous montez dans les réseaux de transport public les uns après les autres sans vous poser de questions. En fait, plus on complexifie l'accès au transport public, plus on perd du monde et plus la voiture gagne en réalité. Nous, notre job, c'est de faire en sorte que les gens puissent se passer. de la voiture sans que ce soit une contrainte pour eux de monter dans les transports publics.
il existe une autre piste pour limiter l'usage de la voiture individuelle. Ce sont parfois les services publics qui viennent directement à la rencontre des usagers. Le camion de la maison de la famille sillonne les routes de campagne depuis 5 ans. Il s'installe une fois par mois à Saint-Joseph pour une matinée.
vous
connaissez le début de la plaque d'immatriculation de la 2 chevaux ? il n'y a pas d'espace France Service à proximité. Pour les personnes isolées ou sans voiture, le camion est très précieux pour les démarches administratives.
Donc ça peut partir de la retraite, la sécurité sociale, les impôts. Et également, on fait de la médiation numérique, où là, on leur apprend à créer une adresse mail, à utiliser un ordinateur, un smartphone. Nous, on a plus un public de personnes âgées, donc déjà, qui ne peuvent pas forcément se déplacer en voiture. Il n'y a pas forcément de transport en commun non plus. Donc c'est primordial qu'il y ait un service itinérant.
Doris, elle, a besoin d'aide pour préparer son départ en retraite.
Sans le
camion, Doris aurait dû aller à Saint-Etienne pour ce simple rendez-vous.
bien, Saint-Etienne, c'est 25 minutes s'il n'y a pas de bouchon, il faut trouver un parking. Voilà, ça prend une demi-journée, alors que là, on vient ici et on est bien reçus et ça facilite bien les choses. Eh bien, c'est parfait. Merci beaucoup. Au revoir. A vous aussi, au revoir. Une
idée qui se décline un peu partout dans les campagnes. Des bibliothèques mobiles jusqu'aux camions médicaux, tout est fait pour limiter la voiture. La démarche est écologique, elle limite aussi les frais.
On a aussi une déchetterie mobile par exemple, qui circule et qui fait que les gens dans les villages peuvent décharger les encombrants, les déchets qu'ils n'ont pas l'habitude d'amener, ou ceux qu'ils amèneraient dans des déchetteries, qui existent aussi. mais qui sont beaucoup plus loin et éloignés de certaines communes rurales. Un autre phénomène qui se développe beaucoup, c'est le télétravail. Nous sommes un territoire où toutes les communes sont fibrées aujourd'hui. La fibre existe de partout et ça aide aussi à éviter des mobilités domicile-travail relativement importantes.
faut aussi de l'emploi à proximité. À Boins-sur-Lignon, la fonderie SBS Forge est un fleuron local depuis des décennies. 65 employés qui fabriquent désormais des pièces pour des secteurs stratégiques, comme l'industrie, le nucléaire ou l'aéronautique.
'est-ce qu'on l'amine ? Alors là, c'est six couronnes pour la robinetrie nucléaire. Et après, ils sont billés pour en faire des barres.
Une entreprise rachetée en 2022 par Julien Patural, un enfant de la région.
est deux grands-pères, on travaille dans cette usine. Je suis très attaché à l'industrie, au monde industriel. C'est une évidence, c'est la plus grosse boîte industrielle de mon village. C'est assez logique que je vienne travailler ici. La France est grande, il y a plein de possibilités pour s'installer, pour travailler, mais je suis né ici et si je ne participe pas à la vie de mon territoire et à mon bassin d'emploi, qui va le faire ? Accessoirement, on est très bien ici.
à chaque recrutement, la mobilité est forcément un sujet.
pose évidemment la question de comment vous allez bien travailler. On pose aussi la question à certains salariés qui postulent alors que leur résidence est assez loin. Avez-vous bien tout en compte le fait qu'il y aurait trois quarts d'heure ou une heure de route ? Dans le monde rural, on a une différence. Quand on parle à des collègues ou à des amis parisiens, faire 45 minutes une heure de transport, c'est pas très grave. Dans le monde rural, faire toutes 30 minutes de transport, c'est pas possible. On a déjà eu des recrutements qui ont qu'à côté, des gens qui au bout d'une semaine nous ont dit finalement c'est trop loin. Ça me prend trop de temps et ça me fait trop cher. Donc ça c'est les ventes de métro. On a fait le métro de Séoul, de Mexico, de Montréal. Et donc toutes les lignes sur pneumatique, elles ont des ventes fabriquées ici. Donc
là on participe à la mobilité. On doit faire en sorte qu'on ait une offre qui fonctionne avec la vie économique de nos territoires. On a souvent une offre qui est bâtie autour de la vie scolaire dans les transports publics. C'est pas compatible. C'est pas compatible parce qu'on n'a pas assez d'argent, on n'a pas assez de budget. Et donc on doit effectivement accompagner les gens qui veulent faire ce choix de travailler sur nos territoires. C'est là qu'on a une difficulté politique.
Et pour y arriver, Pierre-Jean Rochette a une idée plutôt surprenante. Il veut développer un réseau de taxis sans chauffeur, un concept né à San Francisco, en Californie.
je parle de ça aujourd'hui, je passe pour un illuminé. Vous verrez que dans les années à venir, le robotaxi va se développer, y compris dans les zones périurbaines et rurales, et que ce sera une solution. Le robotaxi, il a la grande puissance de pouvoir proposer une offre de transport tout de suite, immédiatement, en instantané. Il est évident demain que sur des petits périmètres... périurbains ou ruraux, si on arrive à intégrer ces robotaxis dans les offres de transports publics, on a réglé une grosse partie de l'équation mobilité.
idée, poussée aussi par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, qui appelle à expérimenter les transports collectifs sans chauffeur pour désenclaver les campagnes.
'est pas parce qu'on est sur des territoires ruraux qu'on doit tout le temps regarder les solutions du passé. On doit aller sur l'innovation, on doit s'adapter et aller vers l'innovation. C'est ça la clé de la réussite.
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