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Bonjour à tous, ravie de vous retrouver dans ce nouveau numéro de Parlement hebdo, l'actualité à l'Assemblée nationale et au Sénat. Et vous connaissez la formule, un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, nous accueillons Gabriel Catalat, député de la France Insoumise du Val d'Oise. Bonjour. Vous allez débattre avec Marie Doe, Hachliman, sénatrice, les Républicains, des Hauts-de-Seine. Et on va parler de cette question. Quelle alternative à Parcoursup ? Un débat sans vote a eu lieu à l'Assemblée nationale sur la plateforme d'orientation des lycéens. La gauche demande plus de place dans le supérieur. La droite assume la sélection. Et puis le projet de loi casseur-payeur adopté au Sénat mais dans une version durcie. Il permet d'engager une responsabilité collective des participants à des attroupements violents. Le texte a été transmis à l'Assemblée. Il est au cœur de la colère lycéenne. Le dispositif Parcoursup vit sans doute ces dernières heures. Son remplacement a été promis pour 2028. C'est l'une des réponses du gouvernement après la mobilisation de plus d'un mois. Retour sur les principales annonces avec Stéphanie Despierre.
Lundi soir, plus d'un mois après le début du mouvement lycéen, le gouvernement présente une batterie de mesures.
Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait.
la liste des promesses est longue. Un maximum de 28 élèves par classe en seconde, une heure de pause garantie à l'heure du déjeuner, des profs en plus, des places en plus dans le supérieur, 15 000, dont les deux tiers en BTS, de l'argent aussi, 5 milliards pour rénover les lycées et les universités. Quelques heures plus tôt, les premiers concernés étaient reçus à Matignon. A la sortie, ils ne sont pas tous convaincus par la copie du gouvernement. Il faut être clair, il faut
être cohérent, nous avons obtenu des miettes par rapport à ce que nous demandons. On peut se féliciter de tout ça, la méthode du dialogue a gagné. On a quand même eu des annonces qui allaient dans notre sens.
Les lycéens ont aussi eu la peau de Parcoursup.
Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu.
Mercredi, le Premier ministre a organisé un débat à l'Assemblée nationale pour discuter de l'avenir du système d'orientation. Tous les groupes sont d'accord pour la suppression de la plateforme, mais après... Voulons-nous
vraiment une sélection assumée ou une absence totale de sélection ?
La gauche réclame plus de places à l'université, la droite veut assumer la sélection à l'entrée. Le Premier ministre, lui, recevra à nouveau les représentants des lycéens et des étudiants dans 15 jours.
Gabriel Catala, cela fait des années que votre parti, la France Insoumise, réclame la suppression de Parcoursup à cause de tous les maux. Aujourd'hui, on peut dire que le gouvernement vous a entendu. Vous êtes satisfaite
Je ne pense pas. Parcoursup, ça a été créé par Gabriel Attal pour faire face à la pénurie, c'est-à-dire pour masquer le manque de place dans l'enseignement supérieur. Les lycéens et les étudiants, l'intersyndical, ils ont demandé 10 mesures phares, dont l'abrogation. totale de Parcoursup. Ce que propose le gouvernement, ce n'est que de revoir l'algorithme et de favoriser la transparence, ce qui est demandé depuis des années, mais il propose une abrogation à l'issue d'un groupe de travail en 2028. Sauf qu'en 2028, ce gouvernement, je l'espère, ne sera plus là, puisque j'espère que nous remporterons l'élection présidentielle de 2027, et donc finalement, c'est renvoyer la question à l'élection présidentielle. Le gouvernement a aussi dit... 'il allait créer des places supplémentaires pour faire face à une situation où des milliers d'étudiants sont sur le carreau lorsqu'ils demandent une affectation dans l'enseignement supérieur. Et il a annoncé 15 000 places alors qu'il en faudrait 250 000. selon l'intersyndicale lycéenne et étudiante. Et donc, il n'y a strictement rien de nouveau et les lycéens ont raison de dire qu'il s'agit de miettes. Et donc, moi, ce que je note, c'est que pour l'instant, il n'y a aucune réponse politique réelle à la crise et aux mouvements lycéens et étudiants.
Est-ce que vous êtes d'accord avec la vision des choses de Gabriel Catala ? Finalement, ce ne sont que des miettes, c'est une mesure en trompe-l'oeil, cette annonce de réforme de Parcoursup ? Je
crois que ce qu'il faut dire, c'est qu'on peut se mettre d'accord sur l'idée que Parcoursup, ça ne marche pas. Parcoursup, c'est l'opacité, c'est aussi beaucoup d'injustice et c'est trop de jeunes, de lycéens qui sont laissés sur le carreau et qui n'ont pas d'orientation à la mesure de leurs objectifs et de leurs ambitions. Alors, qu'est-ce qu'on fait avec ça ? Il faut sans doute réformer ce système. Il faut mettre plus d'équité, c'est évident. Il faut des critères objectifs pour que les jeunes comprennent d'abord pourquoi ils sont retenus ou pas sur telle filière et surtout qu'ils se positionnent en fonction des critères locaux. Ça, c'est évident. Et puis les algorithmes, stop. On ne peut pas faire dépendre l'avenir de notre jeunesse d'algorithmes dont les modes de fonctionnement ne sont pas connus et maîtrisés.
Le problème, c'est les algorithmes. Mais si vous supprimez Parcoursup, vous le remplacez par quoi ? Parce qu'à un moment donné, il faut bien qu'il y ait une sélection.
On le remplace par un droit d'accès à l'enseignement supérieur avec des moyens supplémentaires pour que toutes les places dans l'enseignement supérieur qu'il manque soient créées. Je vais vous donner un exemple. La faculté de droit de Panthéon-Assas. Vous avez eu l'année dernière 19 000 demandes pour aller en première année en droit. à Panthéon-Assas.
Pour 979
places. Donc vous avez des milliers de gens qui sont sur le carreau, qui voudraient aller dans cette université, qui essayent ensuite de se replier sur une autre université parisienne ou en Ile-de-France ou dans d'autres universités ailleurs en France et qui n'arrivent pas à avoir de place en droit. Moi, par exemple, j'ai été une élève très moyenne en terminale et avec Parcoursup, je n'aurais jamais pu aller en faculté de droit et faire 5 ans d'études sur le sujet. Ce que nous demandons, c'est des places supplémentaires, 250 000, et le retour à la situation antérieure où vous aviez, lorsque vous étiez refusé dans des filières sélectives, prépa, etc., le droit d'aller dans une première année dans n'importe quelle université en France, comme ça a été le cas pendant des décennies sans qu'il n'y ait aucun problème.
-ce qu'il faut mettre fin à la sélection, permettre une université pour tous, comme le souhaite Gabrielle Catala ?
je crois que ce n'est pas qu'une question de place. pense d'abord que le droit à la poursuite d'études supérieures doit être effectif, c'est-à-dire que les pouvoirs publics doivent donner les moyens à chaque jeune de poursuivre des études. Je crois aussi... que le tout université ce n'est pas possible parce que nous devons faire en sorte que les jeunes se forment pour occuper des fonctions, des métiers dont notre société a besoin. C'est pas le tout université, c'est aussi la revalorisation des filières professionnelles. C'est aussi travailler sur l'orientation. On a un cruel besoin de profession de santé et paramédicale. Il faut faire en sorte que tout le monde trouve sa place.
Tout le monde veut aller dans les filières de droit, psychologie, par exemple. Ces filières ne sont pas
valorisées. Je prends les filières qui permettent de faire des études d'infirmière, par exemple. C'est un métier qui est passionnant. Mais qui a envie de travailler toute sa vie jusqu'à 64 ans pour à peine 1 800 euros en début de carrière et à peine 2 500 ? après 35 ans de carrière ? Qui a envie de faire ça, d'être dans un hôpital paupérisé où des milliers de lits ont été supprimés, où on a mal au dos, où on a de moins en moins de matériel équipé ? Toutes ces filières, il faut les revaloriser et il faut des places aussi dans tout ce qui relève des BTS, IUT, qui sont des filières indispensables, notamment pour ce que nous, nous proposons, c'est-à-dire la bifurcation écologique, tous ces métiers d'ingénierie. Tous ces métiers qui permettront de mettre en place la transition écologique sont indispensables, mais il n'y a aucun investissement pour revaloriser ces filières et les rendre attractives.
Il faut aussi inciter les jeunes à aller vers ces filières, d'autant qu'à l'heure où l'IA est partout, et que certains métiers sont menacés, par exemple celui d'avocat, vous parlez des filières de droit, mais demain, on n'aura peut-être plus besoin d'avocat, et dans ces filières-là, il y aura besoin de monde qu'on n'a pas. Je ne pense
pas qu'on ait plus besoin d'avocats du jour au lendemain, puisqu'il me semble que la parole à l'audience notamment est indispensable. Et le fait que l'IA fait énormément d'erreurs, elle est pleine de biais, donc je ne crois pas à ces récits-là.
Mais c'est ce que je disais
juste avant, pour attirer des jeunes vers des filières, il faut qu'ils aient envie d'exercer le métier. qui va en découler ensuite. Or, tant que les salaires ne sont pas revalorisés, tant que les conditions de travail de certains métiers ne sont pas meilleures, vous aurez de moins en moins d'étudiants qui iront vers ces filières-là.
Est-ce que vous avez une solution magique pour redonner de l'envie à tous ces jeunes, notamment ceux qui sont laissés sur le carreau, qui ne trouvent pas de
place ? Ce n'est pas la solution miracle, mais en tout cas, les pouvoirs publics doivent agir pour plusieurs choses. D'abord, donner une information juste, précise aux jeunes sur les métiers qu'ils recrutent, pour que l'orientation soit une orientation vers des débouchés professionnels effectifs, ça c'est important. Ensuite... travailler aussi sur l'attractivité des métiers on a des filières on a des métiers qui sont en tension de recrutement avéré dans tout le pays donc il faut travailler sur l'attractivité des métiers ça passe pas les salaires évidemment mais pas uniquement aussi les conditions de travail c'est important et en tout état de cause la sélection c'est important je pense qu'on pourra pas envoyer tout le monde dans certaines filières qui sont déjà embolisées alors que d'autres nécessite que des jeunes s'y impliquent pour pouvoir aller travailler partout sur le territoire. Donc ça, c'est important.
Vous admettez que la sélection, si elle ne se fait pas tout de suite, après Parcoursup, elle va se faire un jour.
Avec peut-être
plus de désillusion encore.
La sélection, elle peut se faire si une personne ensuite se rend compte que cette filière n'était pas celle qu'elle souhaitait, qu'elle veut changer d'orientation, mais on doit donner le droit à tous. d'avoir une première année d'enseignement supérieure dans la filière de son choix. Et je reviens aux métiers qui devraient être revalorisés. Les défis du siècle, c'est le changement climatique, le vieillissement de la population, et donc on devrait revaloriser tous les métiers dont la pénurie sera affolante dans les années à venir. C'est-à-dire qu'en 2050... Nous aurons un manque de plus de 30 000 aides-soignantes, aides à domicile, infirmières, etc. Or, ces métiers sont féminisés, mal payés, pas du tout attractifs. Nous aurons un déficit de métiers d'ingénieurs qui fuient souvent à l'étranger parce que les salaires en France sont trop bas et que les salaires offerts par les entreprises ou par l'État ne sont pas assez attractifs. L'agriculture, vous avez un agriculteur sur six qui gagne moins de 600 euros par mois. C'est le métier où il y a un nombre... un nombre très élevé de suicides, alors que nous avons besoin d'être souverains en matière d'alimentation et de revaloriser ce type de métier pour mettre en place une agriculture biologique à l'échelle du territoire. Est-ce qu'il faut répondre
aux revendications, quoi qu'il en coûte, parce que la jeunesse et l'avenir, il faut l'écouter ?
C'est indispensable de toute façon d'écouter la jeunesse et d'apporter des solutions aux difficultés qu'elle pointe. On va avoir les débats budgétaires puisque nous entrons dans une phase de discussion du budget. Vous savez bien que tout ça va coûter de l'argent. Mais évidemment, la jeunesse, c'est notre priorité. Donc on mettra les moyens pour qu'on apporte des réponses aux difficultés qui sont... Ça veut dire des
amendements à ce budget qui est en ce moment en discussion pour intégrer certaines demandes. Le gouvernement a ouvert
la porte puisqu'il y a des annonces qui ont été faites pour desserrer les taux sur l'université notamment, mais sur l'enseignement supérieur plus largement. Et donc des amendements seront déposés effectivement pour pouvoir réaliser tout cela et le concrétiser. dans un budget.
n'avez pas peur que tout ce budget, que ces mesures ne soient pas retenues dans le budget final ? Il est en discussion,
il n'y a pas de majorité pour le voter. Nous avons déposé toutes les revendications des lycéens et des étudiants sous forme d'amendements dans le budget. Une très grande partie a été balayée en commission. Le gouvernement n'a mis aucun amendement qui correspond annonces qu'il a faites en début de semaine aux lycéens. Ce que demandent les lycéens et les étudiants, c'est le chèque de 10 milliards. pour le bâti scolaire. C'est beaucoup, 10 milliards,
vu la situation de la France. 10 milliards, ça
paraît beaucoup, mais à l'échelle du budget de la France, c'est pas grand-chose. Lorsqu'il a fallu mettre plus de 25 milliards pour l'armée d'ici 2030, il y avait les milliards sur la table. Pour les étudiants et les lycéens, on peut aussi mettre les milliards sur la table. Le gouvernement, par exemple, a annoncé qu'il allait revaloriser les bourses en fonction de l'inflation. Sauf que ça fait presque 4 ans qu'elles n'avaient pas été revalorisées. Donc il faut revaloriser en fonction de l'inflation depuis 4 ans et pas seulement depuis l'année dernière. Sur le bâti scolaire, le gouvernement a annoncé 1 milliard d'ici 2030, alors qu'il faut 5 milliards dès l'année prochaine pour rénover tous les bâtiments vétus, les toilettes, les salles de classe qui prennent l'eau, etc. Sur les enseignants, les professeurs, il a annoncé 500 postes d'enseignants supplémentaires pour l'année prochaine, alors que dans le budget que nous avons sous les yeux, il y a la suppression de 1 588 postes d'enseignants. Donc ça fait toujours 1 000 postes supprimés si finalement on en annule 500, sachant qu'il y en avait déjà 4 000 cette année et que depuis 2017, M. Macron a supprimé 11 000 postes d'enseignants en France. Et donc encore une fois, ce sont des annonces... pour essayer d'apporter une réponse politique qui, en réalité, est inexistante face à ce mouvement social. On verra bien ce
qu'il en restera. On va passer au deuxième thème de ce débat, le projet de loi casseur-payeur qui a été voté au Sénat, mais dans une version très modifiée. Le texte prévoit une responsabilité collective en cas d'attroupement violent. Il autorise également la saisie des allocations familiales, des mesures qui ont suscité de très vives tensions, comme nous l'explique Clément Guillauneau.
Voté au Sénat cette semaine, le projet de loi casseur-payeur ressort de la chambre haute largement durcie. Entre autres, le texte permet de tenir comme solidairement responsable des individus qui ont participé à un rassemblement violent, même s'ils ne sont pas directement à l'origine des dégâts causés.
Typiquement, il y a une vitrine qui est en train de se faire piller. La personne qui est à côté de la vitrine et qui encourage les voyous, c'est cette personne-là qui est visée. On n'arrive pas à la prendre la main dans le sac en train de piller elle-même. Par contre, elle participe à l'attroupement violent.
Autre article phare du texte, les personnes incriminées pourront être amenées à verser jusqu'à 10 000 euros chacune à la victime des dommages. Et si elles n'ont pas les moyens, des saisies de leurs prestations sociales comme les APL ou même le RSA pourront être effectuées. Des mesures qui... donné lieu à de vives tensions entre la droite et la gauche.
Ce texte n'impose pas à un casseur de payer. C'est déjà le cas. Ce texte permet à celui qui était là et qui n'a rien cassé de payer. Ce texte permet que s'il est pauvre, sa famille paye avec les allocations prévues pour ses enfants. et l'aide qui lui permet de garder son toit. Ce n'est pas une loi casseur-payeur, c'est une loi manifestant bouc émissaire.
De son côté, face à une gauche très remontée, Laurent Nunez s'est réjoui de l'adoption de ce texte, qui répond selon lui aux dégradations des derniers jours, avec plus de 2500 commerces touchés.
'est aussi pour préserver le vivre ensemble, pour préserver la liberté de manifestation, à laquelle il n'est absolument pas porté atteinte par ce texte, contrairement à ce que vous avez pu dire. Non, pas du tout. On vient la conforter, on vient la renforcer, on vient la garantir.
Le texte tel qu'il a été voté au Sénat permet également le blocage de contenu à plante au pillage sur les réseaux sociaux ou encore l'utilisation de drones judiciaires pour identifier les auteurs d'infractions. Le projet de loi a été transmis à l'Assemblée nationale et doit y être examiné dans les prochaines semaines.
Ashleyman, la responsabilité collective que ce texte crée est complètement contraire au principe fondamental de responsabilité individuelle. Ce texte est d'emblée inapplicable. Non,
le texte remet du sens à la responsabilité. Tu produis un dommage, tu répares. En vérité, ce qui se passe, c'est qu'il y a une forme d'impunité à laisser des personnes, des vandales, des voyous, venir troubler le déroulement paisible d'une manifestation avec l'expression de revendications qui sont tout à fait légitimes le plus souvent, pour venir mettre à sac... une ville s'en prendre à des bâtiments publics, casser l'outil de travail de commerçants, d'artisans qui n'ont rien demandé, il faut que ces personnes-là répondent de leurs actes. Même ceux qui ne sont pas directement l'auteur des violences ? Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Les personnes qui s'en prennent au bien public, aux personnes et à l'outil de travail des commerçants, par exemple, sont bénéficiées d'une forme d'impunité. Qu'est-ce qui se passe ? c'est l'affirmation d'une responsabilité civile solidaire. 'est-à-dire que quand on participe à une manifestation et qu'après sommation, on ne se disperse pas alors qu'on a connaissance du fait que des émeutes sont en train de se produire... On prend une responsabilité à se maintenir sur les lieux et on doit en répondre. Donc pour vous, ce n'est pas choquant ? Ce n'est pas choquant, c'est protéger le droit de manifester.
Vous n'êtes pas d'accord qu'après... Oui, évidemment.
Ce n'est pas juste choquant, c'est inconstitutionnel, contraire au droit international. Cela remet en cause tous nos principes élémentaires de finalement être responsable de son propre fait. Ce qui compte, c'est lorsqu'on commet un dommage, c'est la responsabilité. on ne peut pas être tenu pour responsable de dommages causés par les autres, et en fait, ce n'est pas une loi casseur-payeur, c'est une loi pas casseur, mais quand même payeur. Et quel est le but derrière ? Le but est d'assimiler les casseurs avec les manifestants, le but est de dissuader les personnes d'aller en manifestation, c'est donc une atteinte à la liberté de réunion pacifique, à la liberté de manifester, qui sont des droits constitutionnels. Pourquoi ? Parce que vous allez vous dire, j'ai peur... Déjà que les gens ont peur du LBD, ont peur d'être gazés, ont peur d'être nassés. Maintenant, ils vont avoir peur de devoir payer pour des choses qu'ils n'ont pas commis. C'est vrai, mais les
commerçants ont peur aussi de voir leur boutique totalement mis à ça. Les commerçants,
ils peuvent avoir des craintes, mais les commerçants, lorsque leur boutique est dévastée ou leur vitrine est cassée, c'est quoi ? C'est la responsabilité du gouvernement. Donc, en fait, le gouvernement essaye... de faire peser la responsabilité sur les manifestants pour effacer son propre échec, notamment le 17 octobre lors des finales de Ligue des champions, etc. Parce que le maintien de l'ordre organisé par M. Nunez et avant lui par M. Darmanin est fait d'une manière confrontationnelle qui encourage les violences, qui ne permet pas de protéger les personnes et qui finalement, au contraire, les met en danger. Et en parlant de ça, quand on parle de ça, on ne parle pas des gens mutilés, on ne parle pas des gens éborgnés, on ne parle même pas du monsieur qui est mort boulevard de magenta pendant la manifestation le 17 octobre. L'autopsie a révélé qu'il est mort d'un arrêt cardiovasculaire alors qu'il n'avait aucun problème cardiaque à 300 mètres de la place de la République où des milliers de gens ont été gazés pendant plusieurs heures illégalement par la police. Je
préférerais qu'on parle de ça. Ces violences-là sont une réalité aussi. Qu'est-ce que vous répondez à ce que vient de dire Gabriel Catala ? L
'emploi de la force doit être proportionné. Et encore une fois, les lycéens, les manifestants qui sont dans la rue paisiblement pour défendre des revendications doivent être protégés. Et pour qu'ils soient protégés, il faut se débarrasser définitivement des vandales, des voyous qui viennent... perturber, infiltrer des mouvements pacifiques. Et pour cela, il faut être absolument radical, ferme et sévère avec ceux qui viennent pénaliser l'expression démocratique dans la
rue. Je parlais des violences de la police. Vous, par exemple, qu'est-ce que vous dites aux gens qui ont été mutilés, qui sont mutilés à vie ? Parce que des vitrines, ça revient. mais des yeux, des mains, ça revient jamais. Qu'est-ce que vous dites à ces personnes qui exercent leur droit constitutionnel de manifester et qui se retrouvent
mutilés à vie ? Mais ça, ce sont des drames humains absolument inacceptables et aucun jeune qui va manifester ne devrait ressortir de là avec une main en moins ou un oeil en moins. Mais pour éviter que ce type... de résultats ne se produisent, il faut absolument éradiquer les hordes de voyous et de vandales qui viennent perturber, infiltrer les mouvements des manifestants. Il y a des jeunes qui
ont perdu un oeil, qui ont perdu une main, qui ont eu la mâchoire arrachée devant leur lycée alors qu'ils ne faisaient strictement rien. Cela n'a strictement rien à voir. avec les cases qu'il y a pu y avoir. Et cela a tout à voir, par contre, avec des armes mutilantes qui sont interdites dans les autres pays de l'Union européenne, avec une doctrine du maintien de l'ordre qui est contraire au droit international, avec des policiers qui ne sont pas formés, qui désobéissent parfois aux ordres, qui désobéissent à des ordres qui sont illégaux.
Les enquêtes démontreront la responsabilité ou pas et établiront les faits tels qu'ils se sont produits. Je ne peux pas me prononcer sur des choses auxquelles je n'ai pas assisté.
Alors, vous pouvez peut-être vous prononcer sur l'une. des mesures de ce projet de loi qui prévoit la possibilité de saisir les allocations familiales, mais que peut-on saisir si les personnes concernées ne sont pas solvables, s'il n'y a plus d
'argent à prendre ? On ne peut pas non plus accepter l'impunité des casseurs. Lorsque des casseurs produisent des résultats comme ceux auxquels nous avons assisté ces dernières semaines, il faut qu'ils répondent de leurs actes. La solidarité nationale qui finance les allocations familiales, qui finance les APL, qui finance le RSA, ne doit pas bénéficier à des personnes qui vont s'en prendre ensuite aux biens publics, aux forces de l'ordre et à l'outil de travail des commerçants. Ça, ce n'est pas possible. Il faut quand même
qu'il y ait une certaine fermeté, Gabriel Catala, et surtout, la question, c'est... Qui doit payer toutes les réparations ? C'est l'Etat qui est responsable.
Encore une fois, c'est le ministre de l'Intérieur qui est responsable. C
'est
l'Etat qui doit payer. Et ensuite, vous avez des commerçants qui ont des assurances, notamment quand il s'agit de grandes entreprises. Mais là aussi... c'est essayer de jeter l'opprobre sur des familles. Quel est le message qu'il y a derrière ? C'est que ce sont des gens pauvres, précaires, qui ont mal élevé leurs enfants et que ces enfants vont ensuite tout casser et qu'on doit faire payer toute la famille, c'est-à-dire faire plonger potentiellement dans la précarité une famille et d'autres enfants, puisqu'il y a quand même la suspension des allocations familiales, donc c'est des atteintes à nos droits sociaux, là aussi universels et élémentaires, au lieu... d'interroger la responsabilité de monsieur Nunez, qui est un ministre de l'Intérieur, qui ne démissionne toujours pas quand des gens sont blessés, mutilés à vie, ou même perdent la vie, puisqu'encore une fois, deux personnes sont mortes la semaine dernière, une boulevard de Magenta et une à Châtelet, et on en parle très peu.
Il n'y a
eu aucun usage proportionné, ces images sont extrêmement choquantes. pour nos voisins de telles images, n'existerait jamais en Espagne, n'existerait jamais au Royaume-Uni, n'existerait même pas en Allemagne, qui est pourtant un pays de plus en plus répressif, et donc c'est pour masquer son propre échec, sa propre responsabilité, et ça nous interroge plus largement sur ce qui conduit à la démission en politique, puisque tout ça, visiblement, ce n'est pas grave pour M. Nunes. Et donc, j'imagine qu'on peut aller encore plus loin, avoir encore plus de blessés, avoir encore plus d'échecs et finalement rester comme si de rien n'était. Est
-ce que vous pensez... Au lieu de focaliser sur M. Nunes, je pense qu'il faudrait se dire que l'Etat, c'est nous. L'Etat, c'est aussi les personnes, les Français les plus modestes. Il existe un régime de responsabilité sans faute de l'Etat en cas d'émeute. L'Etat vient réparer les dommages qui ont été occasionnés à l'occasion de ces émeutes. Mais l'Etat, c'est nous. Donc au final, ça veut dire que ça aboutit à faire payer le contribuable français pour des exactions qui sont commises par des voyous, par des vandales et par des hordes sauvages. Vous souhaitez que ce
projet de loi, qu'un soeur payeur, soit adopté rapidement, il a été transmis à l'Assemblée ? Mais bien sûr, il faut
responsabiliser les personnes qui causent ces dommages, évidemment. Le projet de loi a été durci au Sénat, avec un certain nombre de mesures supplémentaires pour remettre de la responsabilité. vis-à-vis des personnes qui causent des dommages et qui polluent des mouvements tout à fait pacifiques, il sera transmis à l'Assemblée nationale et j'espère qu'il sera également adopté à l'Assemblée nationale. On verra bien, on n'a toujours
pas de date pour l'instant. Merci à vous deux d'avoir participé à ce débat. On se retrouve la semaine prochaine, même lieu, même heure, et ce sera Alexandre Poussard aux commandes. Bye bye.
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