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à tous, bienvenue dans les quêtes vérités. Mon invité aujourd'hui est Michel Barnier, ancien Premier ministre, député LR de Paris. Merci d'être sur ce plateau. Nouvelle manifestation annoncée demain, en particulier à Paris. On sait que les commerces sont des cibles, des casseurs et des pilleurs. Laurent Nunez a annoncé 70 000 policiers et gendarmes mobilisés partout en France. Qu'est-ce que vous pouvez attendre de plus du ministre de l'Intérieur ? Il
faut de l'ordre, il faut de l'autorité dans ce pays et faire confiance à ceux qui assurent l'ordre, les forces de police, de sécurité, gendarmerie. Il y a plus de 1000 policiers, gendarmes qui ont été blessés. Et puis bien distinguer, monsieur Le Tellier, ceux qui manifestent pacifiquement, qui expriment une angoisse, une colère, des inquiétudes. Et puis ceux qui cassent et qui pillent, avec lesquels il faut être... Et puis enfin, sur les commerces, je suis député de Paris, vous le savez depuis un an, être solidaire des commerçants qui ont tout perdu pour certains d'entre eux. J'ai d'ailleurs proposé au gouvernement, qui ne m'a pas encore répondu, que l'ensemble de la capitale soit classée en zone touristique internationale, ce qui permettrait d'ouvrir. plus facilement le samedi et le dimanche, et donc de retrouver une capacité de travail et aussi du pouvoir d'achat pour les salariés. Vous attendez une
réponse du gouvernement là-dessus ? Vous l'avez bien compris. Précisément. Parmi les motivations des centaines de milliers de personnes qui manifestent tous les samedis depuis trois semaines maintenant, c'est le pouvoir d'achat. Le gouvernement évoque la possibilité d'un coup de pouce pour le SMIC. Y êtes-vous favorable ? On
peut toujours donner un coup de pouce. Je l'avais fait en accélérant le moment où, normalement, le SMIC est augmenté. Oui, ça pourrait être avancé. Mais un coup de pouce. Le SMIC augmenterait plus que le SMIC. De toute façon, dans ce pays, il faut que le travail paye plus. Et donc, d'une manière ou d'une autre, il va falloir augmenter les bas salaires et réduire les charges. Est-ce que ça passe par le SMIC Il faut faire attention. Le ministre du Travail a dit lui-même, et je vais être très clair et très sincère. Si on augmente trop brutalement le SMIC, vous avez... a-t-il dit 250 000 emplois qui sont directement menacés dans les petites et moyennes entreprises. Donc il faut faire attention aux entreprises. En toute hypothèse, le grand enjeu de l'élection présidentielle, ça c'est un vrai enjeu pour les élections, plutôt que les querelles des uns et des autres, c'est comment on encourage le travail et le mérite. – Bien sûr, les
querelles, on va y revenir très bientôt. Mais d'abord le budget, parce que l'ordre de vérité… Le début de l'heure de vérité, ce sera mardi avec le vote de la partie recette du budget 2027. Vous vous dites, le gouvernement doit déclencher immédiatement le 49-3, mais avec le risque que Sébastien Lecornus soit mis en minorité ou même censuré. Dans le contexte actuel, ce n'est pas forcément ce qu'il y a de mieux. Quand on est Premier ministre,
je l'ai été, il faut savoir, prendre des risques. Et à un moment, vous l'avez pris stop au chantage. Monsieur Lecornu a cédé au chantage du Parti Socialiste l'année dernière. On voit qu'il y a un chantage du Rassemblement National. Ça, c'est les leçons ou les conséquences de cette funeste dissolution d'il y a deux ans. Je fais confiance au gouvernement pour trouver les bons moyens et présenter un budget courageux. Parce que vous savez, on parlait des manifestants et des jeunes. La première politique pour la jeunesse, c'est de ne pas augmenter les dettes. Parce que les dettes qu'on augmente, comme ça à l'Assemblée, c'est insensé. 20 milliards de plus sur le projet de loi de sécurité sociale, 10 milliards de plus sur le budget de l'État, c'est une folie fiscale. Ces dettes qu'on augmente, ce sont des impôts pour plus tard. Les efforts qu'on ne fait pas aujourd'hui, M. Tellier, ce sont des sacrifices pour demain. Moi, je pense que la première politique, c'est de faire attention aux jeunes, de les
protéger. Michel Bernier, vous confirmez que vous demandez que le 49.3 soit déclenché plus vite possible. C'est au
gouvernement de décider. C'est un moyen de mettre tout le monde devant ses responsabilités. Mais avec le risque de voir le gouvernement tomber. Oui, ou la chance de le voir continuer. C'est à lui d'apprécier. Il faut laisser encore passer quelques jours pour voir quelle est la bonne méthode. Le 49-3, en prenant le risque, je viens de le dire, ou alors des ordonnances. Mais ils font un budget à la France. À l
'heure qu'il est, est-ce que les Républicains donnent leur soutien au gouvernement, à Sébastien Lecornu ? Nous ne voterons pas de censure, naturellement. Et nous
savons bien que le budget est difficile. Moi, j'ai beaucoup regretté. Donc Sébastien Lecornu peut... Comptez sur votre soutien. Il sait très bien qu'on ne va pas censurer le gouvernement. On a besoin de stabilité. Les entreprises, les citoyens, les consommateurs ont besoin de stabilité. On ne va pas rajouter une crise politique à la situation terrible dans laquelle se trouve le pays actuellement dans tous les
domaines. On va parler de la présidentielle avec l'idée d'une primaire des démocrates, c'est comme ça qu'il l'a dit, relancée par Gabriel Attal, ancien Premier ministre, pour choisir le candidat du centre et de la droite qui pourrait être élargi jusqu'aux sociodémocrates. D'abord sur ça, est-ce que vous êtes pour cette idée
? Nous n'avons pas attendu M. Attal pour être favorable à une primaire. Moi, je suis favorable à une primaire ouverte à tous les citoyens qui le souhaiteraient, mais à une primaire claire, c'est-à-dire avec seulement ceux, et déjà c'est beaucoup, qui étaient autour de la table lorsque j'étais Premier ministre, c'est-à-dire les partis de la droite républicaine, ma famille politique, c'est pour ça que je soutiens Bruno Rotaillot, et puis les partis du centre.
Oui, donc ça ne peut pas être avec Raphaël Glucksmann. Cela dit Raphaël Glucksmann, il y a peu de chances qu'il soit dans cette primaire, vous êtes d'accord ?
J'ai dit une primaire claire, on ne va pas recommencer le haut en même temps. Les Français qui nous écoutent ont besoin de clarté. Il faut dans ce pays retrouver un clivage droite-gauche. Le PS est en train de reconstituer un pôle autour de M. Glucksmann. Nous devons faire la même chose avec Bruno Retailleau et qu'il y ait un clivage droite-gauche et que les Français s'y retrouvent. Mais Bruno Retailleau... Si vous ne créez pas ce clivage à nouveau entre des partis responsables, c'est la place des extrêmes. Petite question, si
cette
primaire est organisée telle
que vous le voulez, quel sera votre rôle ? Est-ce que vous
pourriez être candidat ? Je vous ai dit que moi, dans la famille politique où je
me trouve,
où je trouve bien, je soutiens Bruno Rotaillot, qui est un très bon candidat. Vous ne serez pas
candidat ? Je viens de vous le dire, je soutiens Bruno Rotaillot. Donc, parce que vous avez lancé une plateforme qui s'appelle Bâtir Ensemble, et je me souviens qu'en avril, vous disiez « je me sens prêt à être président de la République ». Oui, mais c'est une
chose d'être prêt, il vaut mieux d'ailleurs être capable. Il y a parfois des gens qui ne sont pas capables et qui se présentent. Moi, je ne serai pas candidat. C'est une autre chose d'être candidat. Et je soutiens Bruno Rotaillot sans ambiguïté parce que je pense qu'il a un langage clair, un programme très sérieux. Il est très sincère quand il parle. Les gens le voient à la télévision. Et en même temps, il a le sens de l'État. Et je pense que c'est ça dont nous avons besoin parce que le prochain président public, il va falloir qu'il soit courageux. Mais il est avec lui une majorité absolue pour le soutenir.
Et finalement, Bruno Rotaillot, qui est en difficulté dans les sondages, vous l'avez souligné vous-même. cette primaire, ça pourrait le sauver. Il
n'a pas peur de la primaire, à condition qu'elle soit claire et qu'elle rassemble encore une fois dans un débat. Vous savez, on parlait des manifestations, je trouve très frappant dans ce pays le manque de respect et le fait qu'on n'ait pas de culture du débat. public et du dialogue social. Il faut qu'on retrouve cette culture, ça c'est aussi un des enjeux pour le prochain président de la
République. Donc je reviens à ce que vous disiez tout à l'heure, il faut que ce soit une primaire claire. Est-ce que vous demandez à Gabriel Attal de clarifier la position qu'il a ?
Il l'a déjà un peu fait hier en expliquant que ça serait, on n'irait pas jusqu'à la gauche, mais je pense que le centre-droite, la droite et le centre, doivent pouvoir débattre. Il y a déjà beaucoup de candidats, beaucoup trop, et il faut qu'ils s'entendent pour n'avoir qu'un seul candidat, sinon... On ne sera pas au deuxième tour. C'est aussi simple que ça. Est
-ce que vous demandez aussi à ce que LR soit bien représenté dans le comité d'organisation ? Est-ce que vous pourriez être dans le comité d'organisation cette primaire ?
Bien sûr que je suis prêt à être utile. Je suis prêt à être utile comme je l'ai été quand j'ai fait un gouvernement avec, pour la première fois depuis 12 ans, les républicains qui se sont joints. Il n'y a pas eu de débauchage de ralliements individuels. C'était un choix clair et net. pour redresser notre pays qui en a besoin. C'est le moment d'être ensemble, vous savez, parce que si on veut bien sortir de la France et de ce débat très hexagonal, il faut regarder ce qui se passe autour de nous, avec M. Poutine qui agresse tous les jours l'Ukraine, avec ce qui se passe au Proche-Orient, avec M. Trump ou M. Xi qui veulent détruire l'Europe. Il faut faire très attention. Vous êtes prêt à faire partie du comité d'organisation de cette primaire ? Je suis prêt à être utile pour l'unité et qu'enfin, dans ce pays, on trouve le moyen au centre droit. Il y a des millions d'électeurs qui attendent ça, qui sont... inquiets, ils ont des raisons, et qui sont en colère. Faisons attention à la colère.
Merci Michel Barnier d'être venu sur le plateau qui a une vérité. A
vous Samuel.
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