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À l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert un débat sans vote, mercredi 28 octobre, pour esquisser une voie de passage au remplacement de Parcoursup d'ici à 2028. Une nouvelle loi sera inévitable au-delà des ajustements techniques promis pour 2027, car la plateforme est contestée depuis plus d'un mois par les lycéens et étudiants. Le Cornu a appelé les députés à une clarification politique, posant la question « S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? » Il a souligné que l'on peut dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite deux systèmes profondément opposés, révélant les divisions profondes sur l'avenir de l'enseignement supérieur. À droite, les élus défendent une sélection assumée, transparente et méritocratique. Le député Alexandre Portier affirme que tout le monde n'a pas vocation à aller à l'université et ce n'est pas un échec. Philippe Fé ajoute que supprimer la sélection à l'entrée la ramène plus tard, plus brutale et plus injuste, face à un taux d'échec en licence de 50% en première année. À gauche, l'abrogation de Parcoursup est revendiquée comme symbole d'une politique libérale. Louis Boyard, LFI, le qualifie d'outil de sélection au service de votre vision politique libérale, accusant le gouvernement d'avoir baissé les moyens dans les lycées et les universités publiques pour faire émerger les écoles privées. Les insoumis, socialistes et communistes plaident pour créer de 150 000 à 250 000 places universitaires supplémentaires, estimant que Parcoursup est un outil de gestion de la pénurie et un cache-misère d'un accès massifié sans moyens adéquats. Pierrick Courbon, PS, dénonce une chaîne de tri au service du patronat. Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation, 2017-2022, a défendu son héritage devant les sénateurs le 28 octobre. Il assume ces réformes du lycée et du baccalauréat, les liant à la pression scolaire et à l'angoisse des élèves, mais affirme qu'elles ont « abouti à une meilleure affectation des élèves et à de plus grandes opportunités ». Blanquet reconnaît des imperfections et des effets pervers dans les emplois du temps, mais attribue les déséquilibres à des ajustements postérieurs et à des mouvements d'humeur politique. Il regrette de ne pas avoir conduit simultanément une réforme du collège, créant un hiatus entre le niveau d'arrivée des élèves en 24e et les attentes au lycée. Des élus des deux bords appellent à un vrai débat démocratique, estimant que les choix sur le remplacement de Parcoursup ne se décideront pas en six mois dans un groupe de travail. Soumiabouroua, PCF, ironisent. Vous venez chercher la solution à un problème que vous avez créé, à six mois de votre départ. Le débat est renvoyé devant les Français lors de la prochaine présidentielle.
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