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Dominique Jadot, nous allons évoquer avec vous la mobilisation des lycéens qui continuent, la mobilisation contre la vie chère aussi avec des appels à manifester demain. Mais d'abord, cet hommage rendu à Trappes, aujourd'hui, à l'appel du maire de la ville, Ali Rabé, une semaine après l'attentat terroriste raciste qui a fait un mort, Pingo Bossio Wangui, et sept blessés, dont un est toujours en urgence absolue. Vous serez à la manifestation, d'ailleurs, ce soir ?
Malheureusement, vous avez peut-être vu, je suis venu avec des béquilles, donc j'ai une mobilité extrêmement limitée en ce moment, mais je regrette de ne pas y aller, évidemment, y compris y accompagner Raphaël Glucksmann. Qui y sera ? Bien sûr, il y sera. Et je regrette d'ailleurs que la droite, qui se prétend républicaine, ne fasse pas le déplacement. Je trouve que... Vous pensez à qui ? Je pense à Edouard Philippe. Je pense à Gabriel Attal. Ils sont candidats à l'élection présidentielle. Je pense à un certain nombre de ministres. Ça
ne doit pas être un rassemblement uniquement de gauche, c'est ce que vous dites
? Ça devrait être le rassemblement de la nation, vous savez, que ce soit les enfants, le rabbin de l'école juive de Toulouse, que ce soit les attentats du Bataclan, que ce soit évidemment Pongo, Buasio, Wanji, et puis on sait qu'il y a une troisième victime qui est quand même dans un état extrêmement critique, à Trapa. En fait, elles et ils sont nous. sont toutes et tous les enfants de la République. Pourquoi n'y vont-ils pas selon vous ? Parce que je trouve qu'ils ont aujourd'hui une relation, un rapport, je trouve extrêmement dégradé à la lutte pour la République, à la lutte contre le racisme. Quand j'entends, évidemment, vous avez vu les propos qu'a tenu le terroriste, c'est quasiment mot pour mot les propos de Bardella. propos
sur Trappes,
cette république islamiste miniature. Donc il reprend les propos de l'extrême droite qui, même après l'attentat, continue à stigmatiser des Françaises et des Français. Vous avez Edouard Philippe, dont j'ai lu l'interview, alors je comprends que ça va mal du côté des sondages, mais en plein mouvement lycéen, plein mouvement social sur la vie chère. Un candidat à l'action présidentielle fait exactement comme l'extrême droite et reprend l'idée de l'obsession de l'immigration. Pour être précis dans le coin, Edouard-Philippe disait
qu'il y avait une surreprésentation des jeunes issus des
banlieues dans les violences. Vous vous rendez compte que pour toute une partie de la droite aujourd'hui... n'arrive pas à intégrer que des Noirs, des Arabes, des musulmans sont des Françaises et des Français. Mais Yannick Jadot, vous mettez... Je trouve ça indécent, je trouve ça d'une indignité extraordinaire. Nous devons à tous les enfants de la République, nous devons protection, nous devons égalité des droits, nous devons promesse républicaine d'émancipation. Et vous avez toute une classe politique aujourd'hui. joue sur la division de la société, et qui continue encore une fois à considérer qu'ils n'arrivent pas à dire qu'un Noir, un Arabe, un ou une musulmane, ce sont des Français. Et je trouve ça... indignes au regard du moment politique. Pour
préciser votre pensée, Yannick Jadot, ce matin, vous mettez sur le même plan d'égalité Jordan Bardella et Edouard Philippe. Pour vous, ils sont responsables du même racisme qui a pu armer idéologiquement l'assassin de Trappes. C'est ce que vous dites ce matin. Quand j
'entends le ministre garde des Sceaux, ministre de la Justice, M. Darmanin, lui aussi, dire au fond ce qu'on a vu sur les images. Ce sont des jeunes issus de l'immigration. C'est-à-dire qu'en fait, implicitement, ce ne sont pas des vrais Français. C'est ce que dit Retailleau, ce sont des Français de papier. Ils sont Français, mais parce qu'ils sont noirs, arabes ou musulmans, ils ne les considèrent pas comme des Français. Quand vous avez une ministre en charge... de la lutte contre les discriminations. Madame Berger, qui n'arrive pas à dire que le grand remplacement est une théorie complotiste, raciste. Ça
s'est passé sur le plateau de CNews, elle est revenue après la description de ses propos, comprenant la polémique que ça a écrit.
Oui, oui, oui, elle a compris la polémique, mais elle n'a pas retiré ses propos. Et je trouve ça... Vous savez, Edouard Philippe me fait penser à, vous vous souvenez, du Premier ministre David Cameron. qui par cynisme politique, en se disant « tiens, je vais aller sur les plates-bandes de l'extrême droite », avait lancé le Brexit, le référendum sur le Brexit, qui s'est en fait été… construit
comme un
référendum sur l'immigration. La société britannique ne s'est pas remise de ce Brexit. Elle est fracturée. Vous avez une libération absolue de la parole raciste. Vous avez une libération absolue des violences. Vous avez, comme on a vu dans les villes de France, le 24 octobre, des milices d'extrême droite, du GUD et tous les amis de Marine Le Pen et de Bardella, qui se baladent visage découvert maintenant des néo-nazis antisémites, racistes, qui se baladent dans nos rues. Ça fait penser au SA du début des années 30 en Allemagne. Sur cette libération du discours,
le maire Ali Rabé, maire de Trappes, était l'invité ce matin de France Inter. Je vous propose de l'écouter. Il demande des mesures plus strictes pour lutter contre la haine raciale.
on ne peut pas interdire des idées, il ne le faut surtout pas. En revanche, on peut rendre illégale la parole de ceux qui considèrent qu'il y a un ennemi de l'intérieur et qui expliquent, en désignant toute une partie de la population, que ce sont des envahisseurs. S'il fallait aller jusqu'à modifier la Constitution pour rendre illégale cette théorie et ceux qui répandent cette parole, les faire condamner plus lourdement et les interdire en effet d'expression publique sur les plateaux, c'est souhaitable à mes yeux et l'urgence l'exige à la suite de cet attentat. Yannick Jadot, l'incitation
à la haine raciale, le racisme, les propos discriminatoires sont déjà condamnés. Est-ce qu'il faut durcir nos
lois ? Oui, il faut que la République se protège. Il faut que la République se protège. On voit bien qu'il y a une forme... au nom d'une prétendue liberté d'expression qui est une liberté d'exprimer de la haine, qui est une liberté d'être raciste, qui est une liberté d'être antisémite. Alors toujours en jouant parfois du second degré. Mais Yannick Jadot, il y a des condamnations.
Éric Zemmour par exemple a déjà été condamné pour propos et incitation à la haine raciale. Mais vous
vous rendez compte que malgré ces condamnations, il continue à arpenter les plateaux télévision ?
Et donc il faut l'interdire de plateaux télévision, l'interdire de médias ?
Moi je pense qu'à un moment donné, si vous voulez, quand vous êtes condamné pour incitation à la haine raciale, Vous devez être inéligible, tout simplement. Mais ça va au-delà de ça. Mais c'est au-delà de ça, là, ce que vous dites. Oui, ça va au-delà de ça. Par exemple, vous avez CNews, qui continue à diffuser tranquillement. Il va quand même falloir, à un moment donné, que réveiller l'ARCOM. L'ARCOM, qui est l'organisme qui est censé contrôler l'activité des médias. Et qui a déjà condamné CNews à plusieurs reprises. D'accord, mais ça fait quoi, en fait mais quand vous avez une animatrice qui dit « les immigrés sont des violeurs », vous avez, moi je pense qu'il faudrait être beaucoup plus raide, première sanction, une heure d'interdiction de diffusion. Avec un bandeau sur l'écran noir de CNews, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Récidive, une journée, quand vous avez des éditorialistes qui, sur les plateaux, qualifiez les maires noirs qui ont été élus. aux dernières élections municipales, de grands singes. Vous êtes sénateur, ce sont des propositions que vous voulez porter ?
Vous êtes sénateur, ce sont des propositions que vous voulez porter aujourd'hui ? Absolument. Il faut à un
moment donné que l'ARCOM fasse son boulot. Il y a une forme s'installe dans notre pays, une forme de tolérance vis-à-vis de l'inacceptance. C'est pour ça que j'ai été en début de... d'interviews aussi dures sur Edouard Philippe et Gabriel Attal et les macronistes. Parce qu'ils ne peuvent pas, comme ça, perdre les principes et les réflexes qui fondent le comportement républicain. Notre République est menacée. Notre démocratie est menacée. Vous voyez combien l'extrême droite s'assume raciste et, heureusement, grâce au travail des journalistes, on voit à quel point ils sont toujours antisémites.
Claire, ce matin, sur ce que vous demandez, vous demandez l'interdiction de CNews. Vous avez... Non, moi, je ne veux pas interdire. Il y a déjà eu des sanctions de l'ARCOM. Mais
moi, il faut avoir un arsenal répressif. contre le racisme qui est beaucoup plus dur, notamment dans ce qui se répand dans les médias. Donc moi, je ne veux pas interdire par principe CNews parce que ça appartient à un milliardaire xénophobe. Ce n'est même pas mon sujet. Je le regrette, je ne vais jamais sur CNews. Mais ce n'est pas mon sujet. Mais dès qu'ils font une faute... Dès qu'ils laissent passer des propos racistes, on sanctionne et s'ils ne se corrigent
pas, ils dégagent. Ce que vous avez dit, par exemple, en prenant Éric Zemmour, il faut l'interdire de micro, c'est quasiment ce que vous dites. Bien sûr. Et d'autres, s'il y a des propos qui ont été condamnés pour incitation à la haine. Vous
savez qu'en région francophone belge, en fait, les partis... qui portent des propositions contraires à la Constitution et à l'esprit de la Constitution, sont interdits de médias. Donc, on n'en est pas là. Mais franchement, laisser se dérouler autant de propos racistes qui divisent. Vous vous rendez compte, le quotidien, dans notre pays, des Noirs, des Arabes, des musulmans, qui, matin, midi et soir, entendent des responsables politiques qui les stigmatisent, qui les humilient. qui leur disent en permanence vous n'êtes pas des vrais français ou prouvez nous que vous êtes des vrais français sachant que comme vous êtes noir arabe et musulman ça n'arrivera jamais et ben on ne peut pas laisser ce climat s'installer dans notre pays notre pays c'est la république elle aime tous ses enfants Et elle doit les protéger. C'est l'égalité des droits. Et c'est le plus beau des combats, l'un des plus beaux combats que va porter Raphaël Guzman dans cette campagne.
Ce que vous demandez ce matin, ça peut être aussi associé à de la censure, à de la censure de vos adversaires politiques, qui sont en plus, vous visez très clairement le Rassemblement national, qui sont dans les sondages donnés très haut et dont les propos ne semblent pas déplaire à plus de 10 millions d'électeurs. Il va
falloir que chacune et chacun se réveille. En fait, il va falloir que chacune et chacun... On peut avoir de la colère par rapport à l'affaissement économique, social, écologique de ce pays. On a le droit d'avoir de la colère. Mais on n'a pas le droit de laisser notre République sombrer dans le racisme, l'antisémitisme, la haine des autres, avec des milices de Goudard, copains de Marine Le Pen, qui, dans nos villes, insultent, intimident, frappent. On
a saisi votre propos sur ce sujet Yannick Jadot. Dans quelques instants, vous avez parlé de colère. Il y a une colère sociale qui s'exprime en ce moment dans la rue. Il y a des défilés prévus demain. On va évoquer ce sujet avec vous juste après le rappel de l'actualité avec Diane Ferchit.
Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris, soutien de Raphaël Glucksmann dans cette campagne présidentielle. Vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info. Demain, samedi, aura lieu une nouvelle journée de mobilisation sociale. On va évidemment parler des revendications. Mais sur le dispositif, tout d'abord, c'est important également. Et vous, en tant que sénateur de Paris, vous l'avez vu dans les rues de la capitale. Le dispositif exceptionnel de la semaine dernière a été reconduit. 70 000 policiers et gendarmes. Et les centres-villes sont interdits. aux manifestations à Paris, mais aussi dans l'ensemble de la France. Est-ce que c'est une mesure de restriction nécessaire ?
y a un principe dans notre Constitution, il faut le protéger, c'est le droit de manifester. Et il est évident qu'il serait inacceptable de dire vous avez droit à une manifestation, mais c'est sur les causes du Larzac. et uniquement sur les causes du Larzac.
C'est ce qui s'est passé la semaine dernière à Paris, ce n'est pas dans le centre-ville, mais sur les boulevards maréchaux, et ça va être la même chose très probablement demain. À partir du
moment où le tracé est négocié entre les organisateurs des manifestations. et les préfectures, parce que c'est comme ça que ça se passe, et qu'ils tombent d'accord sur un tracé qui, à la fois, évidemment, protège les manifestants, parce qu'il faut aussi protéger les manifestants des casseurs.
Sauf que les organisateurs ne sont pas d'accord pour ne pas manifester dans le centre de Paris, c'est bien là le problème.
Ce qui s'est fait la semaine dernière a permis quand même d'avoir une manifestation et qu'on protège aussi, si il y a un risque de casse et de pillage, une partie des commerces. Moi, ça ne me pose pas de problème. Encore une fois, à partir du moment où le droit de manifester est respecté, ça veut dire quoi, en fait, le droit de manifester ? Ça veut dire que si vous voulez venir manifester... Vous pouvez prendre un train, vous pouvez prendre pour Paris ou pour un certain nombre de grandes villes, vous pouvez prendre un métro, un tram, un bus. Donc pour vous, ça a du sens de déplacer ces défilés ? Ça veut dire que ça doit être en ville, parce que c'est là que ça se passe. Mais s'il y a des impératifs de sécurité, des menaces clairement identifiées... C'est ce que dit Laurent
Nunez, le risque de violence urbaine est très élevé. J
'entends, j'entends. Et j'espère que ça ne tournera pas au fiasco comme la dernière fois. Le 17
octobre.
Le 17 octobre. Et que, encore une fois, pour moi, à partir du moment où c'est sécurisé et que le droit de manifester est garanti, il peut y avoir négociation sur les parcours.
-ce que ce droit de manifester est en danger selon vous ? Parce qu'on a entendu beaucoup de voix à gauche le dire.
Écoutez, c'est un droit qui est depuis un certain nombre d'années, particulièrement depuis la mobilisation des Gilets jaunes, qui est un droit qui est bousculé pour le moins. À partir du moment où déjà vous avez une doctrine de maintien de l'ordre qui, à la différence des autres pays européens, parfois met en insécurité celles et ceux qui manifestent totalement pacifiquement, c'est une forme de remise en cause du droit à manifester. Il faut que dans notre pays, qui est une grande démocratie, on puisse de nouveau manifester. Et je n'écarte absolument pas le rôle terrible. de dilution de toutes les revendications sociales que les casseurs amènent dans ces manifestations. Je ne néglerai pas du tout le drame pour beaucoup de commerçants. Yannick Jadot sur le dispositif
de sécurité, les rassemblements aussi sur les places publiques seront interdits après 20h. C'est ce qu'a annoncé Laurent Nunez hier soir lors d'un printemps ouest.
avons de nombreux appels à rassemblements qui invitent les gens à se rendre sur des rassemblements de voie publique à partir de 20h dans de nombreuses villes de France. avec des messages qui appellent à faire la révolution, à mettre en place l'insurrection. J'en ai quelques-uns sous les yeux. Ces rassemblements, bien évidemment, qui se dérouleront à partir de 20h, peut-être un peu avant ou peut-être un peu après, seront bien évidemment interdits par les préfets. Le prétexte de la nuit d'Halloween ne sera pas un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l'espace public pour commettre des troubles à leur public. Que les choses soient claires.
Qu'est-ce que vous inspire cette déclaration ? Ça dit quoi aussi de l'ambiance ? En France, on ne peut plus se réunir. après 20h sur les places publiques
dit une forme d'affaissement assez profond du débat politique dans notre pays. Ce qui se joue là, c'est l'avenir de notre jeunesse, qui est désespérée, évidemment, angoissée par les guerres sur le continent européen, par le dérèglement climatique, par des conditions. d'enseignement. Et donc il y a une colère de la jeunesse. C'est assez incroyable. Vous avez quand même une jeunesse qui ne dit pas nos futurs ou qui ne dit pas on va faire la révolution. Ils disent nous on veut du papier toilette dans les toilettes, nous on veut des profs parce que dans certains coins, vous le savez, en Seine-Saint-Denis, on peut perdre jusqu'à une année de scolarité des profs. On veut des bâtiments décents. Donc tout ça est parfaitement légitime. Vous avez en même temps une mobilisation sur la vie chère. Avec les hausses des prix des carburants, des produits alimentaires et des salaires qui ne suivent pas. Donc tout ça est tellement légitime et que ces grands sujets pour nos concitoyens, essentiels pour notre pays, ne puissent pas être débattus, ne puissent pas être traités de manière un peu apaisée. Qu'on ne puisse pas apporter des solutions à notre jeunesse alors que... Tous les jeunes sont concernés. Tous les jeunes sont concernés, qu'ils soient au milieu rural, en milieu urbain, en quartier populaire ou je ne sais pas où. Et donc, c'est quand même dramatique que tout le débat tourne autour de la violence parce qu'on a quand même dix ans de macronisme qui ont tué les corps intermédiaires ou qui ont bousculé les corps intermédiaires, méprisé les corps intermédiaires dans notre pays. Et on a une sorte de président qui ne sert plus à grand-chose et qui n'en peut plus.
Il
n'en peut plus, et quand le Premier ministre...
En tout cas, les syndicats ont de nouveau été entendus il y a quelques jours. J'aimerais qu'on avance, Yannick Jadot, sur les revendications, parce qu'il ne nous reste pas de temps. Je ne vais pas vous faire une info, donc je vous laisse poser vos questions. On vous remercie. Le gouvernement étudie une hausse du SMIC. Ça fait partie des pistes. Est-ce que c'est une bonne piste,
selon vous ? Ça dépend de combien il va hausser. Est-ce qu'il faut hausser le SMIC ? Bien sûr, on a 14 millions de Français. De
combien, justement ? Jean-Luc Mélenchon demande 1 600 euros net aujourd'hui. C'est près de 15%. d'augmentation. Ce
que propose Raphaël Glucksmann, c'est pour les personnes qui sont au SMIC, effectivement, de toucher 1700 euros net. Mais comme vous le savez, ça vient de deux instruments. C'est à la fois la hausse du SMIC, on a besoin, c'est une décision de l'État, et c'est aussi pour les bas salaires la suppression de la CSG financée sur les méga-héritages. Le
patronat ne suit pas du tout sur ces propositions en disant que c'est intenable, vu le contexte, vu la croissance, vu les difficultés. On n'a pas les moyens. Le patronat dit, nous n'avons pas les moyens. Vous leur répondez quoi ?
Vous comprenez que quand on baisse la CSG, ce n'est pas un coût pour les entreprises. Donc là, l'argument ne tient pas. Et puis vous savez, c'est normal, le patronat est dans son rôle, j'allais dire. Si on écoutait le patronat depuis la révolution industrielle, on aurait des enfants dans les mines. Mais il faudrait connaître que le SMIC, augmenter le SMIC, c'est plus de charges. Il n'y aurait pas congé. Donc que le patronat dise attention, c'est normal. Mais vous reconnaissez qu'augmenter le SMIC, c'est plus de charges pour le patronat ? Bien sûr, il faudra adapter sur un certain nombre de petites entreprises. Mais sur les dix dernières années... La France, c'est le pays européen qui a le moins fait évoluer son SMIC. On a fait évoluer notre SMIC deux fois moins que nos voisins. Je parle allemand, nord de l'Europe. Et trois fois moins que l'Espagne. On a un problème de salaire dans notre pays. Vous savez que les secteurs qui sont les plus... Là où il y a le plus de personnes au SMIC, ce sont souvent les secteurs qui ne sont pas exposés à la concurrence internationale et parfois dans des secteurs de l'agroalimentaire où il y a beaucoup d'argent. Il ne doit pas échapper qu'il y a eu un record de distribution de dividendes au CAC 40, que les taux de marge ne sont pas un problème aujourd'hui dans notre pays. Donc ce que vous dites au patronat, c'est qu'il y a d'argent à aller
chercher et que l'argent existe et qu'il faut accepter de plus se redistribuer aux salariés.
Et puis notre pays, si vous voulez, c'est un problème. Les Françaises et les Français sont confrontés à une hausse des prix des carburants, des prix alimentaires. Je l'ai dit, vous le savez, c'est l'INSEE qui le dit, sous Emmanuel Macron, on est revenu 30 ans en arrière sur le niveau des inégalités et on n'a jamais eu depuis très longtemps autant de pauvres dans notre pays. Donc à un moment donné, vous ne pouvez pas avoir d'un côté, on maintient les salaires à un niveau trop faible. Et on supprime des allocations. Et puis, je trouve qu'il y a une réflexion, si vous me permettez, de la CFDT qui est intéressante sur c'est quoi le SMIC. Vous avez des gens qui, au bout de 20 ans, 25 ans de carrière, sont toujours au SMIC. C'est inacceptable en fait. Il faut qu'il y ait une progression des salaires plus rapide. Il y a une forme de sentiment de non reconnaissance, d'indignité liée au fait de rester au SMIC toute sa vie. Vous avez parlé,
Yannick Jadot, des super profits justement dans l'actualité. Hier, les bénéfices records de Total, plus de 7,5 milliards d'euros au troisième trimestre, une hausse de 91% par rapport à l'an passé. Vous pensez qu'il peut augmenter le SMIC
chez eux ou pas ?
Des résultats portés notamment par la hausse des prix du pétrole. Quel regard vous portez ? sur ces chiffres-là alors qu'aujourd'hui, Total est accusé d'être un profiteur de guerre, notamment par la France insoumise
probablement Total Energy va faire entre 25 et 30 milliards d'euros de bénéfices cette année. C'est plus qu'en 2022 avec la guerre en Ukraine. Donc franchement, deux guerres, ça profite plus à Total qu'une seule guerre.
que répond Total, c'est qu'il plafonne aussi les prix à la pompe et que cela, par exemple, ça leur a coûté 500 millions d'euros.
Écoutez, ça, il faudra vérifier parce qu'en juin dernier, M. Pouyanné, auditionné à l'Assemblée nationale, disait que c'était 200 millions. Là, ils sont, encore une fois, ils vont être à 25 milliards. Alors même si c'est 500 millions, allez, on va leur donner le bénéfice. Ils ne comptent pas tous les clients qui font venir chez eux, parce que c'est aussi une opération commerciale. Eh bien, on les surtaxe. les surtaxe. Quand vous avez des Françaises et des Français qui n'arrivent plus à faire le plein, qui sont percutés dans leur liberté de se déplacer pour aller voir les parents qui peuvent être âgés et en difficulté, pour s'occuper des enfants, les emmener au sport ou simplement pour aller bosser, qui réduisent le caddie pour aller faire le plein, eh bien on surtaxe les profits de Total Energy.
Yannick Jadot, ça ne serait pas plus efficace de baisser le prix à la pompe plutôt que ces surtaxes dont on sait qu'ils sont très compliquables ?
Nous, ce que nous proposons, c'est un chèque énergie de 500 euros pour les 6 millions de ménages qui sont les plus vulnérables. 200 euros pour 10 millions de ménages. C'est la moitié des Français. Et on aura l'occasion de reparler de ces propositions. Les 10% les plus riches. consomment deux fois plus d'énergie que les 10% les plus pauvres. Tous ceux qui proposent une baisse universelle aident plus les riches que les pauvres. Nous on fait une mesure ciblée qui est une vraie grande mesure de pouvoir d'achat. Merci Yannick
Jadot, sénateur écologiste de l'Île-de-France d'avoir été avec nous. Merci beaucoup Camille, l'info continue sur France Info.
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