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RTL Matin, Céline Landreau.
7h44, l'invité d'RTL Matin. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour
Céline Landreau.
Ancien ministre de l'économie. 8,3 milliards de dollars, c'est le bénéfice net record de Total Energy au troisième trimestre, plus du double du bénéfice net du troisième trimestre l'an dernier. Vous applaudissez ce matin ou comme d'autres, vous appelez Total à partager
deux. D'abord bravo à Total, c'est toujours bien quand une entreprise française réussit. Et ensuite, ça donne les moyens à Total de faire un certain nombre de choses pour nos concitoyens. D'abord pour les salariés de Total. Je crois à l'intéressement, à la participation. Quand une entreprise réussit, c'est les salariés qui doivent en bénéficier en priorité. Ensuite, pour les automobilistes. Vous avez aujourd'hui un plafonnement grâce à Total. Il suffit de circuler en France pour voir les queues à la sortie des stations Total. Ce plafonnement, il prend fin fin janvier. Comme le prix du pétrole continuera à être très haut, moi ce que je souhaite, c'est que Total poursuive le plafonnement du prix de l'essence et du prix du diesel à pompe.
1,99€ pour l'essence et 2,25€ pour le
diesel, au-delà du 31 janvier prochain. Et puis, peut-être que Total pourrait faire un effort au moment où il commence à faire froid, vous l'avez annoncé tout à l'heure, et au moment où beaucoup de nos compatriotes vont remplir leur cuve de fioul et vont avoir à payer 1 500, 2 000, parfois jusqu'à 3 000 euros. Total a annoncé qu'il ferait peut-être une remise de 200 euros pour 1 000 litres. On est autour de 1 900 euros
les 1 000 litres aujourd'hui pour le fioul domestique.
Il pourrait peut-être faire davantage que ces 200 euros. Je pense que ce sera un geste extraordinairement attendu par tous ceux qui remplissent aujourd'hui leur cuve de fioul.
Total décidée de ça ? On est dans l'incantation, simplement, où on agit ? Vous savez qu'il y a des propositions pour taxer les super profits, pour encadrer les marges. Vous vous dites simplement que c'est au bon vouloir de l'entreprise.
Cette manie de la taxe, si on pouvait s'en débarrasser, je pense qu'on s'en porterait bien. L'objectif en France est de baisser les taxes, baisser les impôts, baisser les charges, par ajouter des taxes. Une taxe sur Total, ça va où ? Dans la poche du Trésor public. J'étais ministre des Finances, je suis toujours très content. Et il n'en a pas besoin aujourd
'hui, l'État ?
Je pense que ceux qui en ont d'abord besoin, c'est de compatriotes. qui n'arrivent plus à payer leur essence, à tous ces ouvriers, tous ces salariés, toutes ces professions indépendantes, qui habitent à 20, 30, 40, 50 kilomètres de leur usine ou de leur lieu de travail, qui payent 150 ou 170 euros de plus par mois à cause du prix du diesel et à cause du prix de l'essence. Et nous devons dire la vérité à tous nos compatriotes, il n'y a aucune chance pour que le prix du pétrole ou le prix du diesel baisse. dans les années à venir. Donc qu'on les aide tout de suite, qu'on allège la souffrance des Français, ça, ça me paraît la priorité. Je préfère qu'il y ait un engagement ferme de total sur la base de ces bons résultats plutôt qu'une nouvelle taxe.
avez parlé du contexte social, Bruno Le Maire, explosif, on le sait, dans le pays. Nouvel appel à la mobilisation demain contre la vie chère et face aux manifestants, un gouvernement qui répète qu'il n'a plus de marge de manœuvre budgétaire à regard du déficit public des près de 3600 milliards d'euros de dettes. Vous, à Bercy, vous feriez... C
vrai que les marges de manœuvre sont très limitées. Elles sont très limitées parce que depuis 2024, et cette fâcheuse dissolution, les déficits, la dette explose.
Vous savez que nombre de nos compatriotes vous en tiennent en partie responsable. On avait encore un message tout à l'heure sur l'application RTL qui me disait pourquoi vous l'invitez, c'est lui qui a creusé la dette.
La dette en 2023 a baissé. Elle a baissé en 2022, elle a baissé en 2021. Elle a explosé à partir de 2024. Lorsque j'étais ministre des Finances, les taux d'intérêt étaient à 1%. Ils sont à 5% aujourd'hui. La dernière année où j'étais ministre de l'économie, la croissance était à 2%. Aujourd'hui, nous sommes quasiment en récession. Si je reprends la parole, c'est aussi pour rétablir un certain nombre de vérités. C'est
injuste ce qu'on vous fait porter aujourd'hui ? C'est pas une question d
'injustice, c'est une question de vérité. Le débat public gagnerait à s'appuyer sur des chiffres et sur des vérités. toute ma part de responsabilité lorsqu'il y a eu des choses qui ont été plus difficiles. Je revendique ce qui a été fait pour protéger les Français pendant le Covid, protéger les salariés et protéger les entreprises. Et je vous dis que si nous sommes dans la situation actuelle aujourd'hui, c'est qu'en 2024, entre le rétablissement des comptes et la dissolution... Le choix politique qui a été fait, c'est la dissolution. Maintenant que nous en sommes là, ce qui compte, c'est de trouver des solutions pour nos compatriotes.
Alors justement, qu'est-ce que vous feriez aujourd'hui si vous étiez encore aux manettes ?
pense qu'il y a un certain nombre de choses très immédiates qui peuvent être faites. Libérer l'intéressement, libérer la participation. Je pense que la question du SMIC se pose. Elle peut s'accompagner après de réflexions sur les allègements de charges pour qu'il n'y ait pas de trappe à bas salaire. C'est-à-dire que vous l'augmenteriez de combien
le SMIC, par exemple ? Ça, c
'est à voir avec les partenaires sociaux. Rien de pire qu'une décision qui tombe dans... en haut, l'ancien ministre qui arrive sur RTL le matin, qui vous dit... La
proposition,
c'est de rassembler les partenaires sociaux avec les chefs d'entreprise et dire qu'est-ce que nous pouvons faire pour le SMIC tout de suite, en évitant les trappes à bas salaires, en regardant les allègements de charges pour qu'ils soient moins... pénalisant pour les entreprises, mais qu'il y ait immédiatement un signal que nous entendons la souffrance de ceux qui bossent et qui ne s'en sortent pas. Et puis après, sur le plus long terme, Céline Landreau, la vraie solution, tout le monde le sait, c'est financer autrement notre protection sociale. Comment ? Vous demandez des efforts à
qui, Bruno Le Maire
arrêtons de penser toujours, on va demander des efforts aux uns ou aux autres. C'est ce qu
'il va falloir faire pour rétablir un peu les finances de l'État, non ? Non, Céline Landreau, ce qu'il va
falloir faire, c'est inventer un autre modèle. Inventer une autre France.
Mais un nouveau modèle où tout le monde serait gagnant, c'est ça que vous dites ? C'est possible ça aujourd'hui ? Oui, un
modèle où ceux qui bossent sont gagnants. Ceux qui bossent ? Ceux qui travaillent sont gagnants. Ceux qui rentrent dans la vie active, ceux qui sont jeunes, ceux qui sont l'espoir de la nation, sont gagnants. Ça veut dire que ceux
qui ne sont pas actifs, les retraités notamment, seraient perdants ? Ou dans votre monde idéal, tout le monde est gagnant ? Dans mon monde
idéal, qui n'est pas un monde théorique, mais qui est un vrai choix politique. Ma priorité absolue va vers ceux qui travaillent. Au détriment des retraités par exemple ? Ce n'est pas au détriment des retraités, c'est notre intérêt à tous que ceux qui travaillent, ceux qui vont entrer dans la vie active, ceux qui sont nos enfants, ceux qui sont nos petits-enfants puissent vivre correctement. Ce que j'ai proposé, c'est que la protection sociale, qui aujourd'hui est financée exclusivement sur le travail, avec des charges qui sont en train d'accabler ceux qui travaillent et d'accabler les entrepreneurs, soit financé par une augmentation de la TVA. Trois points. Par la taxation de l'intelligence artificielle et des géants du numérique, qui aujourd'hui payent très peu d'impôts par rapport aux fortunes qui se font sur le consommateur français. Et par la taxation des importations carbonées venues de Chine. Avec ça, vous pouvez redonner entre 200 et 250 euros par mois à ceux qui travaillent. Vous
savez que l'augmentation de la TVA, c'est un point qui est souvent décrié. On dit que ça pénalise les foyers les plus modestes. Ce n'est pas un impôt progressif.
Mais c'est un débat qui est tout à fait légitime. Je rappelle que les biens de première nécessité ne sont pas taxés au taux supérieur de TVA. Ils resteraient taxés à un taux très bas. On peut avoir d'autres produits de première nécessité qui soient aussi un taux de 5,5. Les loyers ne sont pas soumis à la TVA. Donc, ayons ce débat-là. La force de ma proposition, c'est qu'elle est très concrète et qu'elle permet immédiatement de dire à ceux qui travaillent, vous pourrez vivre mieux de votre travail.
Bruno Le Maire, on est à six mois de la présidentielle. Pour éviter ce que les sondages prédisent, un second tour entre le Rassemblement National et la France Insoumise, Gabriel Attal a plaidé mercredi pour l'organisation d'une grande primaire des démocrates. On l'a appris sur RTL ce matin, Emmanuel Macron y est favorable. Vous aussi, vous en seriez ?
Tout ce qui permet de rassembler va dans la bonne direction. Mais je veux dissiper tout de suite une illusion. Si on pense que c'est une mécanique politique qui nous permettra de retrouver des électeurs, nous nous trompons. La seule chose qui permettra desserrer l'étau entre le Rassemblement national et LFI, c'est-à-dire pour moi deux visions de la France qui sont incompatibles avec l'idée que je me fais de la nation française. C'est la puissance de notre projet. C'est être capable de dire que nos institutions ne marchent plus, il faut une nouvelle cinquième république. Notre modèle économique est en train de ravager ceux qui travaillent, salariés comme entrepreneurs, on le change. Notre modèle social dépense beaucoup trop et de manière beaucoup trop inefficace. Nous changeons notre modèle social. Quant à l'Europe, elle ne marche pas à 27, nous la refondons. Voilà ce que j'appelle Autre France. Et pour moi, c'est la seule manière de retrouver l'écoute de nos compatriotes.
Merci Bruno Le Maire. Alex Vizorek, dans un instant, il est là.
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