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À Nîmes, Priska Tevno défend l'organisation d'une primaire pour désigner un candidat commun face au Rassemblement national et à la France insoumise lors de la présidentielle de 2027. Directrice de la mobilisation de la campagne de Gabriel Attal, l'ancienne ministre soutient pleinement l'initiative lancée par le président de Renaissance. Son objectif est de rassembler plusieurs forces politiques autour d'une candidature commune, alors que les sondages placent régulièrement le RN et LFI en position de se qualifier pour le second tour. En déplacement dans le Gard ce jeudi 29 octobre, Priska Thévenot a expliqué pourquoi Gabrielle Attal avait décidé de lancer cet appel. Selon elle, il n'est plus possible de constater cette situation sans chercher une réponse politique. Elle estime que les responsables concernés doivent mettre leurs ambitions personnelles de côté pour éviter une confrontation entre les deux formations politiques. Mais… Cette initiative intervient alors que Gabriel Attal est candidat depuis plusieurs mois et que sa position dans les sondages reste limitée. Plusieurs responsables politiques ont également déjà organisé leurs propres primaires, notamment au Parti Socialiste et chez Place Publique. Pour Prisca Teveno, il n'est pourtant pas trop tard. Elle rappelle que les enquêtes d'opinion réalisées à l'automne ne déterminent pas les résultats du scrutin présidentiel au printemps. Elle souligne surtout la dispersion des candidatures au sein du camp qu'elle souhaite rassembler. Selon elle, quatre ou cinq candidats se situent actuellement dans une fourchette comprise entre 8 et 10 %. Une situation qui, à ses yeux, justifie de rechercher une candidature commune plutôt que de laisser les divisions se poursuivre. Le rassemblement envisagé ne serait pas limité à Renaissance. Priska Thévenot cite notamment Hervé Morin, François Bayrou et Thierry Breton, qui ont eux aussi défendu l'idée d'une primaire. Elle propose de construire cette démarche autour de plusieurs principes communs. Le refus de toute alliance avec le RN ou LFI, la défense des valeurs républicaines, l'autorité, la laïcité, l'engagement européen, le progrès social et environnemental, ainsi que l'attractivité économique. Pour justifier l'urgence de cette initiative, l'ancienne ministre tient des propos particulièrement fermes sur une éventuelle victoire du Rassemblement national. Elle affirme que la France ne se relèverait pas d'avoir le RN à l'Élysée. Elle considère qu'un second tour opposant LFI au RN ouvrirait une voie favorable à Marine Le Pen. Priska Thévenot évoque également les inquiétudes qu'elle dit entendre chez certains Français qui refusent d'avoir à choisir entre antisémitisme et racisme. Elle établit un lien entre le climat politique actuel et l'attentat raciste de Trappes, auquel elle associe les prises de position identitaires du RN. Elle résume son inquiétude par cette formule « les mots finissent par charger les armes ». Interrogée sur le bilan de la majorité présidentielle alors qu'elle a elle-même occupé plusieurs fonctions ministérielles, Priska Teveno distingue deux périodes. Elle assume le bilan jusqu'en 2024 en mettant en avant les résultats qu'elle attribue à l'action menée contre le chômage de masse en faveur de la réindustrialisation et de l'engagement européen de la France. Elle reconnaît toutefois que les enjeux régaliens n'ont pas toujours été suffisamment pris en compte. Pour la période qui suit 2024, elle décrit une évolution qu'elle juge préoccupante. Elle critique notamment certaines prises de parole de ministres sur le grand remplacement et estime que les réformes économiques engagées précédemment sont progressivement remises en cause dans le but de préserver la stabilité des politiques. Selon elle, cette évolution fragilise à la fois le pays et la confiance entre les Français et leurs représentants. La dissolution de l'Assemblée nationale constitue également, dans son analyse, un tournant majeur. Priska Tevno estime que cette décision n'a pas permis de clarifier la situation politique. Elle considère, au contraire, qu'elle a installé le pays dans une forme d'immobilisme, accompagnée de recul sur certains dossiers. À l'approche de 2027, elle rejette donc l'idée selon laquelle l'extrême droite n'aurait jamais été essayée au pouvoir. Elle rappelle le régime de Vichy en 1940 pour contester cet argument et insiste sur la nécessité de maintenir le débat politique et de créer des passerelles entre les différentes forces susceptibles de participer à la primaire. Sur le calendrier, Priska Tevno ne fixe aucune échéance précise. Elle affirme vouloir laisser à cette initiative le temps nécessaire, tout en se montrant convaincue qu'une clarification interviendra. Malgré les difficultés qu'elle reconnaît, elle considère la présidentielle de 2027 comme une échéance vitale. Face aux Français qui évoquent la possibilité de quitter le pays en cas de victoire du RN, elle affirme qu'elle restera en France. Elle explique vouloir défendre son pays, celui de ses enfants, et faire en sorte qu'il conserve sa fierté et son identité républicaine.
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