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Bonjour monsieur le député, alors expliquez-nous comment s'est passée cette mobilisation
Bon écoutez, jusqu'à maintenant très bien, c'est-à-dire que malgré le fait qu'on mette au banc les manifestations de manière absolument scandaleuse, qu'on mette des forces d'intimidation, de répression dans Paris, on retrouve à chaque fois des dizaines de milliers de personnes qui manifestent pacifiquement, de manière combative certes, mais pacifiquement, simplement... Ce ne sont vraiment pas des conditions ici pour manifester. Il faut le comprendre techniquement. Comme la semaine dernière, ça se termine en souricière. La semaine dernière, c'était à Pente de Vincennes, où la police a inondé de gaz lacrymogène absolument tous les manifestants. Et là, c'est en train, à mon avis, de se passer la même chose. Donc, une fois de plus, le gouvernement joue le pourrissement, il joue la répression, il joue les images de violence. Mais je pense qu'il n'arrive pas, parce que malgré tout, les gens viennent, très nombreux, toujours aussi nombreux, à la fois maintenant pour les revendications, mais aussi pour les libertés publiques qui commencent. être très très
mal en point dans ce pays, il faut vraiment le souligner. Alors troisième samedi de mobilisation, vous avez l'impression d'être entendu par le gouvernement, j'imagine que non ? Pour l'instant, c'est plutôt le mouvement lycéen
-étudiant qui manifestement estime qu'il n'est pas entendu et il n'a pas tort. Ils demandent 10 milliards, on leur donne à peu près 410 millions de budget. Donc c'est rien par rapport à leurs revendications. Ils n'ont toujours pas abrogé Parcoursup. Il y a les revendications salariales en plus sur le blocage des prix. Alors que Total fait des bénéfices absolument faramineux et que tout le reste de l'économie va mal, que le chômage redémarre. Donc les gens en ont ras le bol. Et je crois que ce qu'on va assister cette semaine avec l'entrée des syndicats le 5 de manière massive, la grève, ça va devenir absolument incontrôlable pour le gouvernement. Donc il ferait mieux. cédé vraiment rapidement au lieu de mettre le pays en situation où il considère les manifestants comme des ennemis de l'intérieur. Je ne sais pas si on réalise
qu'il n'y a pas une démocratie en Europe qui pratique comme ça. On a beaucoup entendu aujourd'hui dans la bouche de tous les manifestants cette date du 5 novembre. À quoi faut-il s'attendre pour le 5 novembre ? À mon avis, ça va être la jonction
entre le mouvement lycéen-étudiant qui va redémarrer dans les lycées et les facs à partir de lundi, je pense, et puis les syndicats qui appellent à la grève générale. C'est assez exceptionnel dans l'histoire de notre pays que vous ayez un mouvement de jeunesse et un appel à la grève générale. Il y a eu 68, il y a eu quelques autres dates depuis, mais c'est très rare. Et en général, à chaque fois, le gouvernement est obligé de céder. Donc le gouvernement ferait mieux de céder, ou alors il y a une solution que Macron parte. Parce que là, il est vraiment en train de mettre le pays dans... d'une très mauvaise situation économiquement, socialement, au niveau des libertés, ça devient un vrai problème.
Nunez craignait une journée à haut risque. Il y a eu moins d'interpellations aujourd'hui. On voit que la situation se tend à Lyon et également ici, porte de Charenton. Pensez-vous que la soirée va être compliquée ?
J'en sais rien. Écoutez, la gestion du maintien de l'ordre de M. Nunez est tellement apocalyptique en général et considère tellement que les manifestations, d'abord, on doit les réprimer avant de les laisser se faire normalement, que je ne sais pas ce qui peut se passer. La colère des gens est grande. Je ne sais pas si on se rend compte symboliquement de ce que c'est de forcer des manifestations à manifester à l'extérieur de Paris. C'est du jamais vu dans l'histoire de la Vème République, même dans des moments beaucoup plus chauds. Ils se gargarisent de sortir les... BRI, GIGN, ils considèrent que c'est les ennemis de l'intérieur. Donc, monsieur Nunez, à mon avis, il a un zéro pointé par rapport à la manière dont ça se passe jusqu'à maintenant. Et je vous rappelle, avec un ensemble de blessés graves, on en parle rarement, de plusieurs éborgnés mutilés et de personnes qui seront malheureusement marquées à vie par tout ça, que je ne vois pas comment il peut se réjouir de quoi que ce soit. On ne fait pas face à un mouvement comme ça par la répression. C'est ça la grande leçon. Nous,
France Info Canal 16, on a interrogé des personnes tout au long de ces manifestations. Le pouvoir d'achat, c'est revenu dans chacune des réponses. On a eu des ingénieurs qui nous disent que c'est compliqué de finir les fins de mois. Des diplômés, Bac plus 7, qui ne trouvent pas de travail. Qu'est-ce que ça vous inspire tout ça ?
Ce qui m'inspire, c'est que le pays et des classes populaires, même les classes moyennes, n'y arrivent plus, effectivement. De toute façon, ça se voit. Le PIB, on est bientôt en récession. Le chômage va remonter au-dessus de 8%. Et puis quand vous avez des annonces de total, je le disais tout à l'heure, à 8 milliards, deux fois plus que l'an dernier. qui profitent de la crise quand vous avez des dividendes ou on est champion d'Europe les gens se disent c'est insupportable et ils ont raison donc c'est insupportable pour les lycéens parce que leur condition d'études est indigne c'est insupportable pour les salariés parce que ça fait deux ans que le pouvoir d'achat des salariés baisse c'est insupportable pour tous ceux qui dans ce pays souffrent de l'augmentation des carburants encore une fois au bénéfice de Total donc à un moment donné Voilà, j'allais dire que ça explose.
a vu également beaucoup de mots suite à l'attentat raciste de Trappes, des affiches anti-RN. C'est une convergence des luttes aujourd'hui ? Vous savez,
on a un gouvernement qui fait face à tout ça avec des mesures autoritaires, austéritaires et malheureusement racistes. Parce que cette semaine, on a assisté évidemment de la part du Rassemblement National à des provocations et montrant qu'il persistait et signait, puisqu'ils ont répété vis-à-vis de Trappes les mêmes déclarations qu'avant l'attentat raciste, M. Chenu, Mme Diaz, qui ont répété que Trappes était une ville djihadiste. Mais le gouvernement, en répondant à nos questions au gouvernement, a fait aussi des provocations qui montrent qu'il n'a rien compris au problème. Je vous rappelle qu'ils ont été l'auteurs de plusieurs mesures racistes, de plusieurs lois séparatistes. C'est un gouvernement qui malheureusement embraye le pas du Rassemblement National et je pense que tout ça est en train de se rejoindre. Parce que la jeunesse en général dans notre pays, elle ne supporte pas ça très longtemps. Les injustices sociales, le racisme, l'autoritarisme, regardez dans l'histoire de France, ça ne fait pas un pli en général.
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