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La réponse du ministre. Merci Monsieur le Président. Monsieur le ministre, les mobilisations lycéennes remettent Parcoursup au centre du débat. Mais derrière la contestation de cette plateforme se pose une question fondamentale sur quels critères devons-nous organiser l'accès à l'enseignement supérieur ? Certains lycéens considèrent désormais l'accès à la formation de leur choix comme un droit opposable. Pourtant, refuser une sélection fondée sur les connaissances ne supprime pas la sélection. Cela revient trop souvent à laisser l'échec universitaire décider à notre place. J'ai été professeur en lycée pendant 10 ans. Je sais combien les élèves ont besoin d'une orientation claire, mais aussi de règles justes, compréhensibles et communes à tous. Or, aujourd'hui, leur avenir dépend largement de leur dossier scolaire, des appréciations et des notes obtenues dans leur établissement. au cours de l'année de terminale, voire de première. Ces éléments sont utiles, mais comment garantir leur comparabilité lorsque les pratiques de notation et le niveau d'exigence peuvent varier d'un professeur ou d'un lycée à l'autre ? Cela a été justement rappelé par certains. Un même travail peut-il être apprécié d'une manière identique partout ? Et comment assurer qu'un bon élève d'un lycée peu réputé bénéficie des mêmes chances qu'un candidat issu d'un établissement prestigieux ? C'était précisément la vocation du baccalauréat depuis plus de deux siècles, offrir une référence nationale grâce à des épreuves nationales, justement, finales et anonymes. Un examen permettant de juger un candidat sur ce qu'il sait, selon des exigences partagées, indépendamment de son établissement d'origine. La réforme Blanquer... a affaibli cette fonction en donnant une place considérable au contrôle continu et en remplaçant les filières par un lycée organisé autour de combinaisons de spécialités. Nous avons ainsi rendu les parcours plus complexes, d'où les nombreux trous dans les emplois du temps dont se plaignent fort justement les lycéens. même si ça a toujours quand même plus ou moins existé, tout en réduisant la place de l'examen national qui devrait permettre de comparer les acquis des candidats. Et nous aboutissons à ce paradoxe, les candidatures dans l'enseignement supérieur sont examinées avant que les résultats des épreuves finales de terminal soient connus. Comment accepter que l'examen censé couronner les études secondaires ne soit pas au cœur de la décision d'admission ? Le dossier scolaire doit éclairer le parcours, le travail et la régularité de l'élève, mais le baccalauréat doit redevenir la référence nationale attestant son niveau et sa capacité à poursuivre les études envisagées. Monsieur le ministre, êtes-vous donc prêt à abroger la réforme blanquer du lycée, à rétablir des filières cohérentes et lisibles et à remplacer le contrôle continu du baccalauréat par de véritables épreuves finales nationales et anonymes ? Êtes-vous prêt à revoir le calendrier des admissions afin que la sélection dans l'enseignement supérieur repose sur les résultats de ce baccalauréat, complété par le dossier scolaire ? Il s'agit de rétablir une sélection juste, fondée sur les connaissances et le mérite, pour donner à chaque jeune une véritable chance de réussir et assumer la mission de l'école bien décrite par Paul Langevin quand il était président de la commission de réforme de l'enseignement créée en 1944, et qui était celle-ci, la promotion de tous et la sélection des meilleurs. Je vous remercie.
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