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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Et on se retrouve dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Bonjour Michel. Bonjour Laurence. Un menu chargé encore aujourd'hui avec une actualité bien lourde. La France, vous le savez, retient son souffle alors que la liste des manifestations prévues dans les prochaines semaines s'allonge. La journée du 5 novembre s'annonce déjà compliquée avec des syndicats qui appellent à une grande mobilisation et des mouvements de grève à la clé. Est-on entré dans un cycle de violence qui peut nous mener jusqu'à la présidentielle ? C'est ce que l'on verra avec vous Michel. On s'intéressera aussi à la dimension... européenne de ces mobilisations qui connaissent aussi des épisodes de violences similaires, que ce soit en Espagne ou en Italie. S'agit-il de l'influence des réseaux sociaux ou bien d'une internationale d'extrême-gauche bien organisée ? Je vous pose la question. Qui pour payer les dégâts ? La loi casseurs-payeurs a été votée au Sénat. Elle doit permettre de condamner les groupes de casseurs qui sévissent et pas seulement les individus. Les prestations sociales pourraient être ponctionnées pour les fauteurs de troubles. Que pensez-vous de ce principe ? Peut-on invoquer justement le principe de responsabilité, d'autorité et de réparation dans notre pays ? évoquerons aussi l'exploitation politique faite par l'extrême gauche de l'attentat terroriste raciste de Trappes qui a fait un mort et plusieurs blessés dans une petite fille de 12 ans. Un hommage national sera organisé par le gouvernement. On reviendra sur les scènes navrantes d'invective à l'Assemblée nationale sur la technique de conflictualisation utilisée par la gauche pour confisquer le débat et la mise en cause systématique de la presse et des journalistes. L'élection présidentielle est la droite qui part en ordre divisé avec plusieurs candidats qui pour l'instant refusent de s'astreindre à une primaire. Pour tenter de départager un gagnant, il s'agirait de choisir entre Edouard Puy-Libre, Bruno Retailleau, David Lysnard. Qu'est-ce qui bloque et qu'est-ce que l'histoire de la cinquième nous a appris Michel sur les éternelles divisions de la droite ? Enfin, le point philo, ce sera Kant, la critique de la faculté du jugé. Alors là, joli programme, vous allez nous expliquer pourquoi ça résonne bien avec l'actualité de cette semaine. On commence, Michel, par les Français qui sont inquiets dans la perspective de ces nouvelles journées de violence, avec un point d'or qui pourrait être, entre guillemets, le 5 novembre, puisque les syndicats se joignent au mouvement et appellent à la grève. On a déjà beaucoup évoqué la semaine dernière le dispositif du maintien de l'ordre, il y aura beaucoup de policiers sur le terrain, on le sait. On va simplement entendre le président de la République qui s'est rendu en début de semaine à Marseille, qui a reconnu... une très mauvaise anticipation des faits, notamment pour le 17 octobre.
'est tout à fait vrai qu'à Marseille comme ailleurs, il n'y avait pas assez de force le 17 octobre, on le sait très bien, parce qu'on n'avait pas du tout anticipé ce qui s'est passé. C'est-à-dire que le 17 octobre n'avait pas été anticipé le fait qu'on aurait autant de forces d'ultra-gauche qui se mobiliseraient dès très tôt le matin, de manière très atypique, pas en opportuniste à la fin des cortèges, mais très tôt le matin, ce qui s'est d'ailleurs passé ici. On n'avait pas anticipé qu'on aurait au-delà de cette mobilisation de l'ultra-gauche, aussi de la délinquance qui viendrait dessus. Et donc les forces de police n'étaient pas dûment proportionnées. Donc c'est tout à fait vrai, ce n'est pas ce qui s'est repassé le 24.
Voilà pour Emmanuel Macron qui dit que ça ne se reproduira plus. Quand on avoue, on dit faute avouer à moitié pardonné, est-ce que vous validez ou pas Michel Onfray ?
Je trouve sidérant qu'un président de la République puisse dire « on ne savait pas, on n'avait pas prévu son métier depuis dix ans ». Et on a des services secrets qui travaillent très bien, encore qu'on ne leur donne pas beaucoup d'argent, ce n'est pas facile pour eux. Eux aussi pourraient descendre dans la rue en expliquant qu'on ne peut pas travailler correctement si on n'a pas des budgets qui vont avec. Et donc il y a des gens qui donnaient des renseignements, mais évidemment comme d'habitude. Moi, on m'a mal renseigné, donc c'est la faute des gens qui m'ont mal renseigné, qu'ils fassent couper des têtes à ce moment-là, qu'ils fassent tomber des têtes. Enfin, je ne veux pas utiliser non plus cette formule. Non, voilà, pas de formule
révolutionnaire dans cette émission, Michel, s'il vous plaît. C
'est une image. C'est pas une bonne image, mais qu'on est irresponsable. Et puis qu'on sache, non, là, il n'y a aucun responsable. Il y a un ministre de l'Intérieur dont on prétend qu'il a présenté sa démission, dont on prétend que la démission a été refusée. Et moi, je pense qu'effectivement, ils se sont dit, on va jouer à ça, tu démissionnerais, puis je dirais que, et puis voilà, et ça passe. Il n'y a plus qu'une responsabilité, et surtout pas du chef de l'État. Il y avait Georgina Dufoy qui avait inventé cette jurisprudence extraordinaire du responsable, mais pas coupable. Ben si, ça marche ensemble. S'il y a une responsabilité, il y a une culpabilité. Et puis on assume quand on est chef de l'État. On est investi de... plus que soi quand on est chef de l'État. Il n'a pas compris ça. Il n'a pas compris que, et beaucoup d'autres d'ailleurs avant lui, ne l'ont pas compris. C'est-à-dire qu'il y a une espèce de transfiguration qui fait que le jour où le peuple vous a désigné, vous êtes là pour tout le peuple et pas seulement pour une partie du peuple avec la possibilité de détester le reste du peuple. Donc vous avez des devoirs et vous n'avez pas que des droits. Et vous avez le devoir d'être à la hauteur. Vous n'avez pas le droit de dire « j'étais pas informé, on n'était pas informé ». On ne m'a pas dit. Dans ces cas-là, on démissionne. On dit qu'il y a eu un problème avec la chaîne d'information. Peut-être que ce personnage-là est responsable, est coupable, mais moi je suis responsable, parce que je suis le chef de l'État.
Mais à chaque fois qu'il y a un problème de maintien de l'ordre, le chef de l'État démissionne.
Non, ce n'est pas ça. Il n'est pas passé quoi ce jour-là ? C'est devenu une date emblématique. Ce n'est pas seulement une date... À mai 68,
ça aurait pu aussi provoquer une démission.
On parlera peut-être... Il y a eu quelque chose d'approchant. Oui, il est parti, mais il est revenu. Non, ce n'est pas qu'il est parti, c'est qu'il a dissous l'Assemblée nationale. Ce n'est pas seulement... Il n'a pas juste eu Baden-Baden, il est parti à Baden-Baden pour savoir ce qu'il était susceptible de pouvoir envisager comme type de réponse. Il a vu le Massu qui, comme un bon soldat, n'a jamais dit ce qui s'était passé véritablement. Quand on dit « il », on le nomme le général
de Gaulle.
On ne l'a même pas nommé, il est omniprésent dans notre tête. Et puis il dit, je veux renouer avec le peuple, donc c'est une façon de dire je démissionne. Il dit je déçous l'Assemblée nationale, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous votez contre moi aux législatives, je m'en vais. Or, le peuple vote pour lui et il dit ça ne me suffit pas. Moi, je veux que vous me le disiez une deuxième fois. Il appelait ça les élections de la trouille en disant je veux que vous me fassiez savoir que vous voulez toujours de moi. Et il propose effectivement ce référendum avec toute la gauche qui dit on va le flinguer. Puis avec une droite de gens dont on ne parlait pas à l'époque, qui s'appelait Balladur, qui s'appelait Chirac, qui s'appelait Pompidou et qui ont dit bon, on s'en débarrasse, le moment est venu. Non, le général de Gaulle a fait ce qu'il devait faire, c'est-à-dire il a dit je remets mon mandat entre vos mains. Donc la démission. elle était sous-entendue avec cette histoire de dissolution de l'Assemblée nationale, quand le général de Gaulle le perdrait. Je parle au conditionnel. L'Assemblée nationale, ils s'en iraient. Je parle au conditionnel. Quand Emmanuel Macron les a perdus, il est resté. Pas exactement la même chose. Donc ça va toujours dans le même sens. C'est-à-dire coupable de rien, responsable de rien. Ce sont juste les autres, mais les autres étant invisibles, impossibles à désigner. Si quelqu'un est coupable, qu'on nous fasse savoir qui. Il n'est pas normal, quand on est chef de l'État, de feindre qu'on découvre qu'il y a des black blocs, qu'il y a des manifestations qui sont légitimes, qu'il y a des manifestations qui dégénèrent, qu'il y a des... d'individus institutionnels, je pense à la France Insoumise, je pense à un certain nombre de syndicats, et d'autres partis associés, qui veulent absolument lâcher en lit, et qu'on ne doit pas jouer la surprise, ou feindre la surprise. Je ne savais pas. Je pensais qu'à 9h le matin, les Black Blocs dormaient dans leur lit, et qu'ils attendaient, ils faisaient une petite grasse matinée avant de venir l'après-midi, parce que finalement, en temps normal, il y a des manifestations, puis c'est après les manifestations que ces gens-là... Mais qu'est-ce que ça veut dire ? C'est du propos de bistrot, ce n'est pas un propos de chef de l'État. Ce n'est pas le propos d'un descendant du général de Gaulle à ce poste-là. C'est un poste qui exige que vous sachiez. Il a maltraité de toute façon le chef de l'État, il a maltraité les renseignements, il a maltraité l'armée française, il maltraite la police, il fait savoir à la police qu'il faudrait qu'elle montre un peu plus d'empathie. La police, elle risque la mort en permanence, on veut la tuer, on dit qu'elle tue, on laisse faire et on laisse dire, et on dit en plus de ça aux policiers, un peu plus d'empathie s'il vous plaît. Donc là pour le coup, ce sont les renseignements qui s'en prennent plein la figure. Alors comme ce sont des gens qui ne sont pas bavards et qui ne viennent pas à la télévision pour dire c'est pas vrai, on lui a dit ou je ne sais quoi, moi j'ai raconté des choses à l'époque de Hollande. Les renseignements savent très bien et ils renseignent le chef de l'État. Et le chef de l'État, qui est décisionnaire dans la Ve République, doit trancher. Il doit savoir. Et quand ça ne marche pas, c'est lui qui est coupable, c'est lui qui est responsable. Donc, bon, voilà, il y a d'autres moments où il nous dit « je ne comprends pas dans quel État nous nous trouvons six mois avant les élections présidentielles ». Mais le problème, ce n'est pas le futur de la France, c'est son passé qui est un passif depuis dix ans. Donc le problème, ce n'est pas ce qui va se passer dans six mois avec une élection présidentielle qui justifierait une espèce d'excitation généralisée. Non, ça fait dix ans qu'il maltraite la France et les Français qui ont tous, peu ou prou, quelque chose à lui reprocher. Donc il y a des manifestations légitimes. Les gens ont raison quand ils descendent dans la rue pour le pouvoir d'achat, pour la souffrance, pour le prix de l'essence, pour l'avenir des enfants. Tout ça est légitime. Mais c'est de toute façon contaminé par Mélenchon qui arrive, comme il avait déjà contaminé les Gilets jaunes, dont les revendications étaient... légitime. Aujourd'hui, les gilets jaunes ne savaient plus rien dire du tout. C'est un cache-sexe pour les Black Blocs. Ils s'habillent en noir, puis se mettent un gilet jaune, et d'un seul coup, ils passeraient inaperçus. Non, il y a une vraie crise terrible, et ils n'en tirent pas les conséquences, parce qu'ils ne le tirera pas, jamais.
Michel Onfray, vous avez été aussi frappé par le fait qu'il y a une dimension européenne dans ce mouvement, dans ces violences. On en a vu en Espagne, on en a vu en Italie, on a vu en Albanie, dans un certain nombre de pays. Comment est-ce que vous l'expliquez ? Est-ce qu'il y a une contagion par les réseaux sociaux ou est-ce qu'il y a une internationale d'extrême-gauche qui est bien organisée ?
Non, vous allez rire ou sourire, mais moi je pense toujours à Maastricht. Je pense qu'il y a des réponses particulières aux mauvais traitements qui sont infligés au peuple d'Europe. Et vous avez des gens qui ne bougent pas trop en Allemagne parce qu'ils ont l'AFD, et que l'AFD permet de concentrer ces revendications, pour ne pas dire cette agressivité à l'endroit des gens qui nous gouvernent. En France, on paie beaucoup d'impôts et on ne voit rien avec ces impôts-là. On se dit, mais pourquoi est-ce qu'on est autant taxés ? Pourquoi est-ce que ça marche aussi peu ? Pourquoi est-ce qu'on nous dit, les élèves nous le disent, que dans les lycées, il n'y a pas de matériel, ce n'est pas propre, il y a des rats, la nourriture n'est pas correcte, etc. Mais où est le budget là ? Où passe-t-il ? Où va l'argent ? Où va l'argent ? C'est la question que pose Sarah Knafo, fort judicieusement d'ailleurs. C'est la même chose avec l'hôpital, c'est la même chose avec la police. Il y a aussi des policiers ou des commissaires qui nous font, eux aussi, des photos pour nous montrer l'état dans lequel sont leurs locaux. Il y a même des gamins qui ont été en garde à vue et qui ont fait des photos pour montrer dans quel état. les cellules dans lesquelles on les gardait à vue, c'est indigne. C'est absolument indigne. Et pourquoi pas d'argent non plus là-dessus ? Et on nous dit, il y a encore de l'argent pour l'Ukraine, il y a encore de l'argent pour l'Europe, il va falloir, etc. Donc les gens ont juste compris qu'on leur volait leur travail, qu'on ne leur donnait rien. Alors je ne parle pas des campagnes, parce que dans les campagnes aussi, il y a de la misère, il y a de la pauvreté, et on ne tue personne, on ne massacre personne, on ne pille personne. Et les gens qui pillent, ils ne viennent pas piller des boucheries, des charcuteries, je n'invite pas à ça, ou des épiceries. Parce que quand c'est des épiceries, ils balancent tout, comme ça, c'est une façon de tout casser. détruire, mais ils veulent des montres de luxe, des chaussures de luxe, des machins de sport, des articles, etc. Il y a une misère en province qui ne débouche pas forcément sur la colère. Il y a juste des gens qui disent « nous on va voter Marine Le Pen ». On leur dit fasciste, nazi, terroriste, salaud, descendant d'Adolf Hitler, promoteur de la Shoah, etc. Antisémite, on ne dit plus rien. Mais voilà, il y a un mécontentement généralisé, disant « ça suffit » si je puis recycler le slogan qui a été celui qu'on a opposé au général de Gaulle à l'époque. disant que les gens n'en peuvent plus avec quelqu'un qui, en plus de ça, fait comme Néron, c'est-à-dire qu'il s'en va écouter Céline Dion, alors que s'il avait voulu être informé, sa place n'était pas à écouter Céline Dion, mais auprès des services de renseignement qui lui auraient donné tous les renseignements nécessaires qui lui auraient permis de montrer une intelligence qui lui a fait défaut.
Michel Onfray, on est sur CNUS et sur Europe 1 dans votre émission face à Michel Onfray. On va maintenant évoquer la loi Casseur-Payeur qui a été votée cette semaine par le Sénat. C'est assez intéressant et je trouve qu'il y a un aspect philosophique qu'on va évoquer avec vous. Elle permet de créer une solidarité financière pour tous. toute personne ayant participé sciemment à un groupement formé en vue de commettre des dégradations. Ça veut dire que l'État pourrait directement aller prélever dans le RSA et les prestations sociales. C'est une loi qui existait, mais qui a été abrogée en 1981. On va juste écouter l'explication par Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur. Puis après, on va se poser la question de cette philosophie de la responsabilité, de la réparation et de l'autorité.
ce projet de loi, le gouvernement entend parallèlement faciliter le recouvrement de la créance de l'Etat sur les auteurs des violences et dégradations traduits devant le juge pénal en rendant recevable sa constitution comme partie civile. Dans ce même objectif, le gouvernement souhaite également que certaines prestations sociales versées à des auteurs définitivement condamnés puissent, dans des conditions encadrées et sans porter atteinte au reste à vivre, contribuer au financement des réparations des dommages causés.
'est une notion qui vous parle, cette notion de responsabilité collective et non pas de responsabilité individuelle, Michel Onfray.
oui, ça c'est une question. Mais il y en a une autre qui est le... Ils vont payer. Mais ils ne vont pas payer. Ils ne paieront jamais. L'État n'est plus capable de se faire respecter. Sauf si vous êtes un bon citoyen et que vous avez traversé à 57 à l'heure un village où la limitation de vitesse est à 50. Là, il n'y a aucun problème. Vous allez recevoir le PV trois jours plus tard dans votre boîte aux lettres avec le logo de la République française. Moi, à chaque fois que je reçois une lettre avec un logo de République française, j'ai peur. ne devrait pas avoir peur normalement en disant « mais qu'est-ce que j'ai encore fait ? Qu'est-ce que je vais encore devoir payer ? Qu'est-ce qui va m'arriver ? Quelle police va débarquer pour me reprocher ceci ou cela ? » On le sait très bien qu'ils ne paieront pas. Concrètement, la mairie de Limoges a été incendiée, on a l'air de savoir par qui. Une personne a été identifiée et peut-être deux ou trois autres autour. Ça coûte combien la reconstruction de la mairie de Limoges ? Ça coûte combien ? Des millions. Des millions. Vous pensez que ce garçon, il va payer, il va rembourser. Du reste à vivre, nous dit même ce monsieur Nunez, du reste à vivre. C'est-à-dire que je ne sais pas combien gagne ce monsieur, mais il va falloir lui laisser du reste à vivre, parce qu'il va dire, moi j'ai besoin de manger, ce qui est normal, de me loger, etc. Et on va lui prendre quoi ? 100 euros par mois pendant 20 ans ? Faites le total. Ça va couvrir quoi ? On va racheter le portail d'entrée de la mairie. Non, mais c'est le principe
que
vous avez appris. Non, mais on ne fait pas la loi avec des principes comme ça, en disant juste, on a un texte de loi. Nicolas Sarkozy jadis il n'était pas encore candidat aux présidentielles et je l'avais rencontré pour pour philosophie magazine et on disait mais on a trop de lois et quand j'arriverai au pouvoir et bien je supprimerai un certain nombre de lois etc il a raison il faut peu de lois mais des lois qu'on puisse respecter si on ajoute des lois aux lois sachant que les lois ne seront pas respectées parce qu'elles ne sont pas respectables ça ne sert à rien c'est juste du temps perdu c'est même de l'argent perdu c'est du travail parlementaire perdu donc on ajoute encore un texte on n'aura pas les moyens de faire respecter ce texte
Mais alors sur la responsabilité collective, par rapport à la responsabilité individuelle, est-ce que ça vous parle ou
pas ? Je ne crois qu'aux responsabilités individuelles, mais quand vous faites une somme de responsabilités individuelles... Vous finissez par obtenir une responsabilité collective, si on le dit plus précisément. Vous avez la photo de quelqu'un qui est en train de taper sur une vitrine pour la casser, et que vous avez 10 personnes tout autour qui restent là et qui attendent que la vitrine soit cassée pour aller chercher, voler et piller. Il y a un certain type de responsabilité. Alors après, on dirait, mais on ne juge pas sur les intentions. Ça nous ramènerait à Kant, pour le coup, mais on n'a pas le temps de développer. Mais on ne juge pas sur les intentions. Ces gens-là, ils sont juste ici. Si ça se trouve, quand le type, il fracasse, il rentre, les autres s'en vont. pas les punir. On peut dire, si, il y aura une morale de l'intention dans cette aventure et on peut imaginer que ce qui va suivre, c'est pas quelque chose du genre, alors que tout le monde danse, s'excite et a très envie de rentrer dans le magasin, de dire, juste après, quand ça va tomber, la vitrine va dire, maintenant on rentre à la maison parce que c'est pas bien de voler, c'est pas bien de piller. Donc oui, on leur dit, si vous voulez ne pas être pris, tirez-vous. Partez. Partez comme une volée de moineau et vous ne serez pas interpellé. Je pense que s'il y a une grand-mère qui passe avec son petit chien à 10 mètres de l'endroit, la police ne dira pas « Madame, vous êtes responsable, vous êtes coupable, vous faisiez partie du... » C'est-à-dire qu'il y a du discernement chez les policiers. Ce sont des gens intelligents, ce ne sont pas des gens qui sont dans l'idéologie en disant « Le matin, je vais m'en taper 10 et je vais en tuer deux, etc. » La police ne tue pas. La police, elle fait d'abord ce qu'on lui demande de faire. Je rappelle que s'il y a quelqu'un qui tue, d'abord, ce n'est pas la police ni les policiers, mais c'est celui qui a demandé aux policiers de faire leur travail. Et pour le coup, c'est le chef de l'État qui est en dernier recours l'ultime responsable. C'est quand même comme ça que ça fonctionne dans la Ve République. Je pense que les responsabilités, on peut dire à un moment donné, quand la police dit maintenant « dispersez-vous », la police dit « dispersez-vous ». Si vous ne vous dispersez pas, vous n'obéissez pas. Si vous n'obéissez pas, alors là, vous pouvez être puni parce que vous rentrez dans une logique de responsabilité. Simplement, je redis ce que j'ai dit précédemment, c'est-à-dire que, c'est un pléonasme, mais je redis que ça ne sert à rien. de créer des lois si on n'a pas les moyens de les faire respecter. C'est un peu comme le projet, je ne sais pas, on va peut-être en parler, de Marine Le Pen, il n'y a qu'un, il faudrait, on va faire ceci, on devra, etc. Oui, d'accord, tout ça est formidable. Et comment vous faites après, concrètement ? Mais
il y a aussi cette notion de groupe, d'entraînement du groupe, comme on l'a souvent décrit, de foule haineuse, qui a souvent émergé pendant les périodes violentes de notre histoire, Michel. Ça, ça existe aussi, l'entraînement. Oui,
moi, je me suis trouvé embarqué dans une manifestation quand j'avais 17 ans, que j'étais à la fin, qu'elle passait, je ne sais plus, ça devait... la loi Devaquet ou je ne sais quoi, j'étais avec un copain, il me dit on y va, etc. Bon, pourquoi pas, j'ai dû rester dix minutes. J'ai été, je suis allé une fois, parce qu'on pourrait retrouver des archives à Argentan, dans une manifestation pour défendre une usine qui était en train de fermer, etc. Donc on ne me sort pas l'article du journal de l'Anne en me disant si, en 1990, vous aviez manifesté. J'ai souvenir d'avoir manifesté et je ne le regrette pas à cette époque-là. D'autant plus de ça que c'était bon enfant, que c'était des gens que j'aimais, que je connaissais. Moi, je n'ai pas ressenti un effet d'aspiration. Je me suis tout de suite séparé de ce truc en disant que c'est une foule dangereuse. C'est ce que dit Gustave Lebon, toutes les foules sont dangereuses. C'est-à-dire que la somme des individualités ne suffit pas à constituer une foule. Quand vous avez fait une addition de tout le monde, il y a plus que cette addition. Il y a quelque chose comme une bête furieuse qui se trouve susceptible d'être conduite par un dictateur. C'est ce que dit Gustave Lebon quand il aborde la psychologie des foules. Je me suis dit qu'on en ferait un moment philo un jour. Mais il dit, voilà, quand vous avez fabriqué ce monstre, il suffit que quelqu'un arrive, il y a K, il faudrait, on devrait, etc. Et vous avez des gens qui disent, on y va. Il faut tuer, on y va. Il faut piller, on y va. Il faut massacrer, on y va. Puis d'autres individus qui disent non, je m'en vais, je n'en suis pas. Donc ça veut dire en fait qu'on peut aussi punir des gens qui obéissent à la voix de la bête. et qu'on pourrait ne pas punir ceux qui refusent d'obéir à la voix de la bête en disant non, moi je manifeste parce que j'ai des revendications légitimes, je veux des augmentations de salaire, je veux une retraite digne, je veux des choses qui sont tout à fait défendables en matière de manifestation, et puis de dire non, là ça commence à chauffer, je m'en vais, je n'en suis plus. Si vous ne partez pas, ça veut dire que vous restez, si vous restez, ça veut dire que vous prenez votre part de responsabilité.
va faire une petite pause Michel, on se retrouve pour la seconde partie de l'émission. On reviendra, vous avez évoqué le discours de Marine Le Pen à Orléans, vous l'avez écouté. Vous avez beaucoup de choses à nous dire. Et puis aussi, cet abominable attentat raciste attrape. Il y a les faits et puis il y a la récupération politique qui en a été faite, notamment par l'extrême gauche. Est-ce que c'est pour tenter de confisquer le débat ? C'est ce que nous verrons dans un instant. A tout de suite sur CNews et sur Europe 1. On se retrouve pour la seconde partie de Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Michel, on va revenir sur cet attentat abominable raciste de Trappes qui a fait un mort et plusieurs blessés la semaine dernière. Un hommage national sera rendu dans les prochains jours à ses victimes. C'est le gouvernement qui l'a annoncé. Il y a l'aspect politique des choses. Cela a donné lieu à des affrontements politiciens extrêmement violents. Après la minute de silence qui a été observée à l'Assemblée nationale par les députés, la gauche, l'extrême gauche, se sont livrés à des attaques. extrêmement véhémente, contre le gouvernement, contre le Rassemblement national, même contre les médias, accusant certains de nos médias même, d'alimenter un climat raciste et xénophobe. On va d'abord écouter M. Lecornu, qui accuse la gauche de recel politicien et d'instaurer un climat nauséabond. Et après, on écoutera les tenants de l'extrême gauche.
voir ce spectacle dans lequel tout sent la campagne présidentielle matin, midi et soir, tout sent le recel politicien, marque une forme d'indignité et croyant combattre le racisme, précisément, vous êtes en train de faire le jeu de l'extrême droite du Rassemblement National. Vous devriez justement, précisément, être présent dans cet hémicycle, ne pas avoir déserté, mener le débat, défendre l'unité de la République, défendre les valeurs de la République et faire corps, faire bloc
et
ne rien
lâcher. Voilà pour Sébastien Lecornu. Qu'est-ce que vous pensez du spectacle qui a été offert à l'Assemblée nationale dans ses moments graves, Michel Onfray ?
C'est un spectacle généralisé, c'est-à-dire que M. Lecornu fait partie du spectacle aussi. Il ne faut pas qu'il nous fasse le coup du « vous faites de la récupération politicienne », il n'en fait pas lui. Monsieur Macron, il n'en fait pas non plus. Et le camp du bloc central, comme il est dit, ceux que j'appelle les nationaux européistes, ils n'en font pas non plus. De la récupération, tout le monde en fait. Dans cet hémicycle, tout le monde. Il n'y en a pas rien qui n'en fasse pas. C'est le boulot des gens qui font de la politique politicienne, qui font de la politique leur profession, d'avoir des feuilles de route quasiment maintenant en temps réel sur leur téléphone portable. On leur dit ce qu'il faut penser. Voilà les arguments, les éléments de langage. Sur ce sujet, voilà, 10 idées qu'il va falloir, et vous avez même parfois des gens qui, d'un plateau l'autre, d'un invité l'autre, mais d'un parti qui reste le même, utilisent les mêmes mots, le même vocabulaire, pour dire exactement les mêmes choses. Tout le monde fait de la récupération. Tout le monde. Et puis après, on récupère la récupération en disant qu'il ne faut pas faire de récupération, etc. Alors, M. Lecornu, qui s'est aussi fait une profession de dire qu'il est gaulliste, franchement, arrêtons. Le général de Gaulle ne faisait pas de politique politicienne, il combattait la politique politicienne. Et il voulait, lui plus qu'un autre, l'unité nationale, réaliser l'unité nationale. On ne peut pas réaliser l'unité nationale quand on a désigné des gens en disant que ces gens-là sortent du cercle républicain. Interdire le Rassemblement national, ça n'a aucun sens. Interdire la France insoumise, ça n'a aucun sens non plus. On n'interdit pas des partis. On ne peut pas dire d'un côté que ces gens-là veulent interdire des presses. Interdisons donc ces partis. C'est de la surenchère d'interdiction. Moi, je suis pour les libertés d'expression. Je suis pour que le parti de Jean-Luc Mélenchon existe, pour que le PC, que n'importe qui, n'importe quoi existe. très loin. On peut aller très, très loin en disant je veux même bien que des gens qui disent des sottises, des imbécilités puissent continuer à les lire sur la question du principe. C'est le principe qui m'anime. Si vous commencez par dire liberté d'expression pour tout le monde, sauf pour machin, bidule, intel, vous finissez par dire liberté pour moi tout seul et interdiction pour tous les autres. On sait qu'à la Révolution française, des rédactions, on n'appelait pas ça comme ça, mais enfin, les endroits où se fabriquaient les journaux, donc c'était des rédactions, ont été pillées, vandalisées. On a confisqué les presses. Les presses qui faisaient des journaux qui n'étaient pas des bons journaux, comme on le disait à l'époque, on les a confisqués et on s'en est servi pour fabriquer des journaux jacobins, par exemple. Ten raconte tout ça très bien. Comme moi, il y a eu des pillages de rédaction. Donc c'est la vieille tradition de Mélenchon. Moi, je ne suis pas pour l'interdiction de Mélenchon et de son parti, je suis pour le fait qu'on puisse dire ce qu'est ce parti, qui est Robespierre. Quand on voit un gamin à la télévision qui dit « Moi, je voudrais t'arracher la tête » et l'autre qui dit « Mais on ne fait pas ça ! » Enfin, le journaliste en face dit « Mais on fait ça ! » On ne fait pas ça en France. L'autre qui dit « mais Robespierre, tu connais ? » Moi je veux dire, viens mon garçon, on va parler de Robespierre, puis après tu auras le droit de le choisir si tu le veux. Mais ne dites pas que Robespierre n'est pas ce qu'il est. Robespierre sans la terreur, sans la révolution française, sans le tribunal révolutionnaire, la loi sur les suspects, c'est pas Robespierre. Il ne faut pas nous dire qu'il était contre la peine de mort, comme disent les gens qui défendent Robespierre. Il l'est pour un discours très opportuniste, il est même très pour la peine de mort, puisque dans les années 80 avant la révolution française, il défend le principe de la guillotine. et qui n'est pas inventée par Guillotin, mais qui est améliorée par Guillotin parce qu'elle existe précédemment. À l'époque, on tranchait la tête avec des haches et ce n'était pas terrible. Au moins, c'est propre, c'est noble, nous dit Robespierre. Donc je suis pour des luttes d'idées, pour des luttes de pensée, pour des luttes de réflexion, pas pour des insultes, pas pour des interdictions et pas non plus pour des récupérations en disant si le type, on a entendu le procureur, mais qui nous a dit qu'il prenait des cachets, il a été suivi par un psychiatre, il a été interné dans un hôpital psychiatrique. Il a fabriqué des autocollants par lui-même, du Rassemblement national, pendant que le monde a dit qu'on avait trouvé des tracts du RN dans sa voiture, ce qui est complètement faux. Là, ils vont pouvoir dire, oui, mais enfin, nos informations n'étaient pas si fausses que ça. Ce n'étaient pas des tracts, ce n'étaient pas des autocollants, ce n'étaient pas dans sa voiture, mais c'était chez lui. Et ça va ennuyer les gens, fatiguer les gens, exciter et énerver les gens qui vont se dire, est-ce qu'il n'y a pas plus important que de rendre responsable un parti, un groupe tout entier ? des électeurs tout entiers. C'est-à-dire un type détraqué qui se comporte comme il se comporte en faisant un acte raciste. Tout ça est évident. D'un seul coup, il fabriquait des autocollants du Rassemblement national. Donc, c'est tout le Rassemblement national qui reste droit. Donc, ce sont tous les électeurs du Rassemblement national. Le type qui, lui, n'en peut plus parce qu'il n'a plus d'argent, parce qu'il est en train de vivre la misère, la pauvreté, parce qu'il va être obligé de vendre son magasin, parce qu'il va se prendre, parce que c'est un paysan, parce que c'est un pêcheur qu'on empêche de travailler, etc. Celui qui vote Marine Le Pen, on dit, vous êtes vous. responsables de ça. Non, il y a des gens qui sont responsables, mais en fait, on va faire toutes les missions sur la question de la responsabilité, c'est pas si mal. Mais c'est bien, c'est
le fil rouge. On va aussi écouter Mathilde Panot, la patronne du groupe LFI à l'Assemblée nationale, parce qu'il y a un climat vraiment extrêmement compliqué, notamment autour des journalistes et des rédactions écoutées.
Évidemment, il y a le tireur et l'auteur de l'acte terroriste qui disait vouloir venger la case du 17 octobre sans prendre aux Noirs et aux Arabes, celui chez qui on a retrouvé un exemplaire de Mein Kampf. Il y a aussi ceux qui ont armé idéologiquement ce terrorisme, ceux qui répandent un racisme systémique, ceux qui, comme Éric Zemmour la semaine dernière, ont passé leur temps sur les plateaux à fustiger les hordes arabes aux musulmanes comme étant responsables de la case du 17 octobre. La responsabilité des politiques est posée de tous ceux qui disent... diffuse ce racisme systémique. La responsabilité de beaucoup de médias doit l'être aussi.
Voilà, la responsabilité des médias. Là, on en est à désigner tel ou tel média comme susceptibles de pouvoir assister à telle ou telle conférence de presse. Notre groupe est visé, particulièrement C News. Quand on en arrive à faire la chasse aux journalistes, on en est où, Michel Onfray
Moi, ça me paraît très clair. Ça fait 20 ans que je dis que cette référence à Robespierre dit tout. Et donc l'interdiction des livres, l'interdiction des gens qui pensent mal, à l'époque on les décapite. Ou décapiter des journalistes parce qu'ils n'ont pas fait un bon papier. Vous envoyez au tribunal révolutionnaire quelqu'un parce qu'il n'a pas bien pensé. Et vous avez même avec la loi sur les suspects la possibilité d'envoyer en prison des gens qui n'ont pas manifesté assez de zèle révolutionnaire. Le problème, ce n'est même pas d'être contre-révolutionnaire. On peut dire la noblesse, l'aristocratie, le clergé, faisons de cette affaire une affaire idéologique. Mais vous dites non, non, moi je suis contre la noblesse, le clergé, etc. Mais vous ne voulez pas décapiter votre propre voisin. Vous avez manqué de zèle, on vous décapite vous aussi. C'est-à-dire quand on en arrive à dire que c'est le zèle qu'on va juger, c'est même pas ce que vous êtes. Il n'y a plus grand chose à faire. Donc ils n'avancent pas masqués, ces gens-là. Mélenchon le dit depuis très longtemps. Et puis un certain nombre d'autres individus. Et puis même, ils célèbrent les anniversaires de Robespierre. Et puis même, ils réactivent la sémantique et la mythologie de la Révolution française. On voit réapparaître des guillotines. On voit réapparaître des simulations de décapitation. On voit réapparaître des fausses têtes coupées avec le pied sur la tête, etc. On ne peut pas dire que ces gens-là ont caché ce qu'était leur projet. Mais ils
veulent même maintenant exclure de l'Assemblée nationale certains journalistes, accrédités, notamment notre chaîne.
Lisez une histoire de la révolution française, c'est très exactement l'histoire de ce qui se passe tout de suite. La persécution des journalistes, le fait qu'on interdise de parole. Je vous mets berger à CNews depuis quelques temps, mais je suis interdit de service public depuis plus de dix ans. Et ce n'est pas seulement les hordes de barbares de la France insoumise. Je mets des guillemets à tout ça. Attendons-nous bien. C 'est justement pour aller dans leur sens quand je dis ça. C'est pas eux qui décident de ce genre de choses. C'est le petit système maastrichtien. Ceux qu'on appelle l'extrême centre. Monsieur Lecornu, Macron et ses amis qui interdisent... Je fais le tour du monde en faisant des conférences dans les alliances françaises avec le Quai d'Or. C'est plus rien du tout depuis 10 ans. Interdit. Je suis allé au Japon, je suis allé en Inde, je suis allé dans tous les pays d'Amérique du Sud, je suis allé en Afrique, je suis allé dans presque tous les pays d'Europe. Fini. Donc ça fait longtemps que ça couve. C'est un feu qui couvre. Et d'un seul coup, des gens commencent à découvrir qu'il y a un feu et des gens qui attisent les braises. Et là, ça devient plus clair parce qu'on dit machin, bidule, untel. Et là, pour le coup, c'est la totalité d'une chaîne de télévision. Parce que vous avez fait des cadres, on sait très bien que le cadrage est politique. Godard, le cinéaste Godard, le faisait savoir. S'il se passe quelque chose dans la rue et que vous cadrez comme ça et que vous montez, vous allez choisir, cadrer, montrer, monter. Et donc montrer, monter, c'est montrer. Et que vous allez faire savoir quelque chose. Si maintenant vous dites BFM et tout, coupable, là les gens commencent à comprendre. si effectivement Valeurs Actuelles étaient d'extrême droite, mais qu'après ça, des journalistes à France Inter sont aussi d'extrême droite, parce qu'ils disent juste qu'on ne va pas couper la tête de quelqu'un qui fait un petit billet de deux minutes le dimanche matin, etc. Puis là, on s'aperçoit qu'en gros, quiconque n'est pas avec nous et contre nous, et quiconque est contre nous a le droit d'être tabassé, massacré, insulté, voué aux gémonies, et puis on peut peut-être de temps en temps le tabasser, le massacrer, et puis on peut justifier finalement qu'on le tue en lui donnant des coups de pied dans la tête, en estimant qu'après tout, c'était un néo-nazis. Je ne sache pas que Quentin Durand ait fait l'éloge. Les néonazis, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on voudrait refaire des trains dans lesquels on mettrait des juifs pour les envoyer dans les camps de concentration. Je ne sais pas si c'est ça qui était sous-entendu. Néo-nazi, il faut faire de la sémantique. Ça veut dire qu'on les tue dans des chambres à gaz et qu'ensuite on gère les cadavres avec des fours crématoires. C'est ça être un néo-nazi ou le faire petitement pour justifier le néo. Donc il y a une sémantique qu'on laisse faire. De la même manière qu'on laisse faire des sémantiques du genre antifa. Ces gens ne sont pas des antifascistes. L'abréviation antifa dit antifasciste, mais ils ne sont pas du tout antifascistes. Ils sont même, si on veut faire un effet de paradoxe, les fascistes du jour sont des gens qui ne respectent pas le vote. Je rappelle quand même que des gens aujourd'hui nous font savoir en long, en large et en large. qu'il va falloir bien voter et que si on vote mal, le vote ne sera pas respecté. Il faudra de l'allégeance aux minorités. Et ces choses-là sont dites et il n'y a pas un seul procès pour ces gens-là. Les procès, c'est pour nous.
On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. On va parler de la droite, des Républicains et d'abord de Marine Le Pen. Vous avez écouté son discours au congrès d'Orléans, congrès qui s'est tenu sous haute sécurité puisqu'il y avait des dizaines de milliers de policiers déployés pour assurer la sécurité des militaires. tant qu'il voulait juste venir écouter Marine Le Pen. Elle a martelé le thème de la Renaissance de la France. Ça vous a intéressé ? On a écouté un petit extrait et vous allez nous dire ce que vous en pensez.
voix, mes amis, que je vous propose de tracer est celle de la Renaissance. La Renaissance pour la France. La Renaissance, c'est d'abord une méthode, ce n'est pas une rupture brutale et encore moins une révolution destructrice. C'est l'élévation progressive de tout un pays vers le beau, le vrai, le juste, vers la sécurité, la prospérité, la créativité.
pour le message de Marine Le Pen. La Renaissance, une France apaisée, c'est vrai qu'elle martèle ses thèmes en opposition à ce qu'elle... Je pense que l'extrême gauche promeut, qui est l'inverse, la mort, la destruction, le chaos.
Oui, la France est en guerre. Moi, je dis guerre civile. Quand je vois sur les plateaux, les gens disent « Ah, pré-guerre civile, peut-être guerre civile. On va vers les guerres civiles, etc. » Enfin bon, j'ai fait savoir quand même qu'il y avait une centaine de coups de couteau qui étaient donnés tous les jours depuis des années. Si ce n'est pas ça, la guerre civile, quand est-ce que ça commence, la guerre civile ? Il y a des menaces de mort, etc. La question est, c'est formidable le discours de Marine Le Pen. Ce serait tellement bien si tout le monde s'aimait, s'il n'y avait pas un oiseau avec une aile droite, un oiseau avec une aile gauche, mais qu'on était l'oiseau soi-même et qu'on en finissait avec la misère, le chômage, la pauvreté, qu'on arrête, qu'on retrouve une France, etc. Mais surtout pas de manière brutale ou violente. Oui, mais comment on fait dans ces cas-là ? C'est bien, moi je trouve très bien de dire, on aimerait bien que la France soit autre chose que ce qu'elle est. 100% d'accord, tout le monde est d'accord, qui ne peut pas être d'accord avec ça ? Maintenant la méthode c'est quoi ? Qu'est-ce qu'on fait avec les hordes, avec les barbares, avec les gens qui interdisent, avec les gens qui n'ont que la révolution française à la bouche ? Qu'est-ce qu'on fait dans l'école, par exemple ?
Et dans le fond, vous dites aussi que c'est toujours le même cadre européiste et maastrichtien, Michel. C'est moi qui le dis en premier, aujourd'hui, dans l'émission. Je
vous remercie de m'y conduire, parce que c'est ce vers quoi j'allais, en vous disant que la question, ce n'est pas ce vers quoi nous aimerions aller, tout le monde est à peu près d'accord, c'est comment ? La question des moyens. Et là, il dit, il ne faut pas brutaliser. Je ne pense pas que Clémenceau ait pu aborder la question de la guerre en disant qu'il ne faudrait juste pas brutaliser les Allemands. Ils sont juste en face, mais on va essayer de leur faire voir que ce serait tellement mieux la paix, peace and love quasiment. C'était un discours de ce type-là. On a envie d'un discours qui nous permettrait, alors peut-être qu'elle en fera d'autres, ça commence, mais un discours de la méthode. Un discours de la méthode. On fait comment ? Qu'est-ce qu'on fait devant Radio France ? Qu'est-ce qu'on fait devant les syndicats d'enseignants qui se viennent nous expliquer qu'à l'école, on va enseigner ce qu'on a l'intention d'enseigner et pas autre chose et pas autrement ? Qu'est-ce qu'on fait avec les journalistes qui distribuent des fake news ou qui insultent ? Le monde est devenu... Il a été longtemps le journal de référence. Quand je démarre l'université populaire en 2002... Je fais mon premier livre de contre-histoire de la philosophie, il y a 11 ou 12 volumes, et Roger Pauldroit, qui s'occupe de la fille ou dans le monde, dit que je suis le Jdanov de l'histoire de la philosophie. C'est-à-dire que je suis le terroriste, ministre de la culture de l'Union soviétique. Donc c'était déjà là, il faut arrêter. C'est comme les gens qui nous disent « Ah, 1789, c'est pas 1789, 93, je rappelle que la prise de la Bastille, on commence à décapiter des gens, leur mettre du foin dans la bouche et à mettre les têtes au bout des pics. » Ça commence la terreur là. Simplement la terreur, elle devient gouvernement d'État. mais elle est déjà là en 1789. Donc il faut se poser la question des moyens. Pas de révolution, pas de brutalité. Qu'est-ce qu'on fait avec... Méthode
pour l'école, magistrature, service public. Qu'est-ce qu'on fait par exemple
avec le service public, Madame Le Pen ? Qu'est-ce que vous faites ? Pas les brutaliser, on leur parle de petits oiseaux, d'aile de droite, d'aile de gauche. Il y
a un programme d'URN.
Oui, c'est la France entière qu'il va falloir régler, mettre en coupe réglée en disant qu'est-ce qu'on fait ? Il n'y a pas que ça, il y a aussi l'économie, et puis il y a aussi le FMI qui nous guette, et puis il y a aussi tous les économistes de l'Europe de Maastricht qui vont spéculer contre la France. Et on s'y prend comment ? C'est un chantier considérable. Et je pense que les gens ont envie de réponses concrètes. Alors il y en a qui disent, il suffit d'ouvrir des prisons dans lesquelles on va mettre 300 000 personnes, on va remigrer, mettre des gens dans des avions, etc. Ça c'est des méthodes auxquelles je ne souscris pas, mais on a envie de méthodes alternatives. Et ces méthodes alternatives, quelles que soient, là pour le coup j'élargis le cercle en disant, mais au-delà de Marine Le Pen, quand vous écoutez les propos de la classe politique, c'est assez indigent, il n'y a qu'à, il faudrait, on devrait. Ça ne l'est pas chez Mélenchon qui a dit, nous on sera sévère.
Et il a déjà tout planifié.
Qu'est-ce qu'on fait devant des gens qui nous ont dit, on sera très sévère, et vous verrez, et il a le doigt, il est menaçant, il dit ceci, et on répond, non, non, non, on ne va brutaliser rien ni personne.
Michel, juste un tout petit mot de la droite qui se divise, et après on a le point philo, donc il ne faut pas qu'on perde de temps. On va juste écouter Bruno Rotailleau et David Lissnard, les deux candidats de la droite républicaine, qui sont à touche-touche dans les sondages, et qui ne veulent pas pour l'instant se départager par le biais d'une primaire. On les écoute.
n'ai jamais été opposé à la primaire. Je n'ai pas du tout peur de la compétition. Au contraire. Simplement, une primaire, simplement avec David, ça sert à quoi ? Si Edouard Philippe n'est pas dans la primaire, ça sert à quoi ? Donc, si demain, les gens se retrouvent avec cette idée de primaire, à condition qu'elle soit ouverte... Pas de primaire fermée, une primaire ouverte, où il y a tout le monde et où on s'engage. Tout le monde sait de qui ? Non, mais la droite et le centre. Eric Zemmour,
non. Je propose depuis des mois le moins mauvais des systèmes, c'est-à-dire une grande primaire ouverte, c'est-à-dire une compétition. pour sélectionner les candidats et pour éviter la division qui fait perdre. Bruno Rotaillot, quelqu'un que je respecte, qui en a été dans le même mouvement, je le respecte profondément, mais j'estime qu'aujourd'hui, un mouvement neuf, une pensée différente de rupture, d'alternative claire, non seulement au RN et à la gauche et à l'extrême gauche, mais surtout à ceux qui nous ont dirigés jusqu'à maintenant.
Voilà, David Lysnard et on a entendu avant Bruno Retailleau. La primaire c'est quelque chose qui est dans l'ADN de la droite républicaine ou pas Michel Enfray ?
Non, c'est sidérant ces histoires de primaire. D'ailleurs c'est facile d'aller trouver ce début. Glucksmann en a trouvé 100 000 électeurs. sorti de nulle part, reparti, disparu, et il a obtenu ses 60%. Et on se dit, tiens, comment se fait-il ? On sait très bien que jadis, on bourrait les yeux à nos partis socialistes, qu'on faisait élire des gens, qu'on s'associait à une époque, un certain Hollande et un certain Mélenchon avaient prétendu s'associer. Et puis Mélenchon, il s'est fait avoir par Hollande, qui lui a dit, tiens, je ne me suis pas associé du tout, etc. Et donc, les partis fonctionnaient comme ça. Mais on sait aujourd'hui comment ça fonctionne quand on fait aussi des primaires. Donc, moi, je pense qu'il y a trop de... et pas assez d'idées. Et que chacun y va en disant faisons l'union derrière moi. Et donc avec tout le monde, oui, sauf avec machin, etc. Donc on se dit, ils veulent tous l'union derrière eux, ils veulent tous l'union, mais pas avec bidule, pas avec un tel, etc. Macron a écrit quelque chose d'assez singulier parce qu'il est arrivé en laissant croire que son en même temps était une idéologie et il n'a pas tort parce qu'il a réussi son coup d'état sur ce sujet-là. Il a cassé la droite en deux, il a cassé la gauche en deux. Une partie du PS est venue parce que c'est... ça sentait bon la soupe, chez lui, et puis une partie des Républicains est allée chez lui parce que ça sentait bon la soupe. Et puis il y a ceux qui sont restés, qui se sont dit, mince, on ne m'a rien proposé, sinon j'y serais allé, mais finalement j'ai bien envie d'y aller quand même, parce que globalement c'est le même système, c'est le même système, Maastrichtien pense exactement la même chose. C'est juste des histoires de personnes, alors à la marge, on trouve un petit truc, il y en a qui dit, moi je ferai ceci, ah bah oui, moi c'est pas ça, moi je serai à 61 ans, l'autre dit, non mais moi c'est 62, ça change tout, c'est considérable comme différence. Non, pas du tout. Il y a des gens qui effectuent... effectivement défendre le système maastrichtien, il y a les autres. Il y a les souverainistes de droite, de gauche et d'ailleurs, et il y a ceux qui ne le sont pas. Ils pensent tous la même chose sur tous les sujets concernant l'immigration. Simplement, l'immigration, c'est l'Europe qui décide. Ce ne sont pas les partis. La politique, elle ne se fait pas aujourd'hui dans les primaires. Elle ne se fait pas non plus avec les individus. Elle se fait avec les idées et les programmes. Et dans les idées et les programmes, je veux que quelqu'un me dise, il va falloir qu'on sorte de l'Europe parce qu'on ne pourra rien faire. L'Europe, le Conseil constitutionnel, enfin tout ce dispositif. Et c'est là qu'on attend Marine Le Pen en disant, on en fait quoi ? Parce qu'on va se faire rattraper par la patrouille très vite et on dirait mais vous n'avez pas le droit. Etat de droit. En sachant qu'un état de droit, ça veut dire quoi ? Heureusement que le droit a changé. Jadis, on décapitait les femmes qui faisaient des avortements. Aujourd'hui, on les rembourse pour la sécurité sociale. Le droit a changé. Jadis, on décapitait. Aujourd'hui, on ne décapite plus. Donc je pense simplement qu'il faut aujourd'hui qu'on parle de méthode et pas d'individu, qu'on ne parle pas d'union. Mais il y en a un qui a bien trouvé ça. Il en est question, semble-t-il, dans le cas d'Aroch est né cette semaine. Mais c'est Nicolas Sarkozy qui dit que Marine Le Pen va arriver. Faisons quelque chose avec elle parce qu'il faut reconstruire une droite. Et donc Mitterrand a fait ça très bien en disant on va reconstruire une gauche, la reconstruire avec l'EPC, avec les radicaux de gauche à l'époque, pour faire quelque chose qui deviendrait un parti présidentiel. Nicolas Sarkozy fait un travail d'homme de parti. Les autres ne font pas des travaux d'homme de parti, ils font des petits machins, des petits problèmes de business personnel. Et ça devrait être la même chose à gauche. Hollande, il fait son petit trajet personnel, mais la gauche devrait dire non, on n'a rien à voir avec ce monde-là. Là, pour le coup, il faudrait des souverainistes de droite, il faudrait des souverainistes de gauche, en sachant que ce qui est intéressant dans le souverainiste de droite et le souverainiste de gauche, ce n'est pas droite et gauche, c'est souverainiste. Ceux qui pensent à la France.
Mais Michel, c'est le point philo. Vous nous conseillez aujourd'hui à la lecture de Kant
la
critique de la faculté de juger. Expliquez-nous.
Alors j'invite les gens à ne pas lire ce livre dont je vais parler. Parce que c'est très compliqué. C'est très compliqué. Parce que parfois, quelques libraires me disent merci pour le... Des éditeurs plutôt que des libraires. Mais merci pour d'avoir parlé d'un tel... On en a vendu beaucoup, etc. On a fait marcher, par exemple, le Montagne ou le Sénèque. Et donc, on est prescripteur. Donc, je ne voudrais pas que les gens se disent on va aller acheter la critique de la faculté de juger parce que c'est vraiment un livre... Compliqué, extrêmement technique. Quand est quelqu'un, 1724-1804 pour les dates, est quelqu'un qui écrit trois gros livres qui s'appellent Critique de la raison pure, Critique de la raison pratique et Critique de la faculté du G. Et à partir du mot critique, en grec critique c'est le crible, on passe au crible, il pose trois questions. Dans la Critique de la raison pure, c'est comment peut-on penser, quelles sont les limites de la connaissance, que puis-je penser ? Et il nous dit, on peut penser plein de choses, mais il y a des choses qu'on ne pense pas et qu'on postule, Dieu, la liberté et l'immortalité de l'âme, 600 pages pour ça. La critique de la raison pratique sur la question, mais quelle morale est possible si on n'a pas envie de s'accrocher à Dieu, un clou théologique. Donc c'est la question de la morale de l'intention, etc. Et puis la critique de la faculté de juger aborde partiellement la question du jugement de goût. Et c'est pourquoi j'ai choisi ce livre, parce qu'on a vu avec l'extrait de Marine Le Pen qu'il nous parle du bien. Le bien, le beau, le vrai, etc. C'est une vieille triade que Victor Cousin, philosophe qu'on a appelé éclectique au XIXe siècle, avait réactivé, s'est emprunté à Platon. Mais c'est passé de mode. Je pense que quand Marine Le Pen utilise le mot beau, il faudrait qu'on s'entende sur ce qu'elle veut dire par là. Et donc quand il pose la question du beau, il dit « est beau ce qui plaît universellement et sans concept ». Les beaux, ce qui plaît universellement, c'est un concept. C'est 300 pages comme ça, vous voyez que c'est un peu compliqué. Je comprends alors. Qu'est-ce que ça veut dire ? On préfère votre résumé,
Michel.
Alors, est beau, ce qui plaît universellement, ça veut dire que quand on a quelque chose de beau, ça plaît partout. Et sans concept, ça veut dire qu'on n'a pas besoin de l'expliquer. Concrètement, ça veut dire que si vous allez chercher en Papouasie-Nouvelle-Guinée quelqu'un qui vit là-bas dans une tribu et que vous l'amenez à Bayreuth... et que vous lui dites tu vas assister pendant 4 jours à la représentation de la tétralogie de Wagner, 4 fois 4 heures d'opéra, 4 fois 5, ou parfois il y a 17 heures en cours d'opéra. Comme c'est beau, ça te plaira à toi, puisque ça plaît universellement et sans concept, c'est-à-dire ça plaît à tout le monde et sans explication. Si, le beau est très exactement le contraire. Il plaît particulièrement et avec concept. C'est-à-dire qu'il plaît parce qu'on aura expliqué. Et parce qu'on aura un art particulier. C'est-à-dire que l'art japonais n'est pas l'arc mer, qui n'est pas l'art européen, qui n'est pas l'art précolombien, qui n'est pas l'art préhistorique, etc. Jamais dans l'art, on ne s'est posé, les artistes ne se sont posé la question du beau. Jamais. Lisez les correspondances, je n'ai pas la prétention de les avoir toutes lues. Enfin, j'en ai lu beaucoup, les correspondances d'artistes. Celle de Van Gogh, celle de Degas, celle de Matisse ou de Picasso. Jamais ils ne parlent du beau. Ça ne les intéresse pas, le beau. L'art ne produit pas du beau, il produit du sens. Ce n'est pas exactement la même chose. Quand dans les cavernes préhistoriques, les hommes décident des bisons, des aurocs ou des petits chevaux, ils ne sont pas là pour dire je vais faire un joli bison, un joli auroc. Ils disent quelque chose. On n'a plus le mode d'emploi. Mais on a perdu le mode d'emploi de la peinture du XVIIe, par exemple, qui est une peinture très compliquée à comprendre. On dit c'est beau parce que la femme qui est représentée, elle est vraiment bien représentée. Oui, sauf qu'elle a un tissu particulier, elle a un bouquet de fleurs. Dans les fleurs, il y a une dizaine de fleurs. Ces fleurs ont toutes leurs symboliques et c'est un portrait. spirituel, etc. Et l'art contemporain, c'est la même chose. Donc, ce n'est pas parce qu'il y a des croûtes dans l'art contemporain, il y en a beaucoup, ce n'est pas parce que l'art contemporain est maîtrisé par une espèce de caste de nihilistes qui fait de l'argent, qui fait de l'investissement en tablant sur trois ou quatre noms, que pour autant, c'est tout l'art contemporain. Non, il faut défendre l'art au-delà du beau. Le beau, c'est une période particulière, période pré-romantique, 18e siècle, avant le 19e, qui est le grand moment du romantisme, et où on parle du beau et du sublime, également. Et je pense qu'il faudra que maintenant... Mme Le Pen fasse un discours tout entier consacré au beau pour nous expliquer quel est le beau qui est le sien.
Et nous, on garde notre faculté de juger, bien entendu, et de dire ce qui se passe dans notre pays. C'est la marque qui fabrique de nos antennes. Merci Michel Onfray, passionnant de vous entendre. Bonne semaine sur CNews et sur Europe 1.
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