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Bonsoir, monsieur le maire. Bonsoir, madame Mabrouk. Merci d'être avec nous.
Bonsoir, monsieur le maire.
Vous vous connaissez ? Oui, on se connaît. Mais c'est la première fois, je crois, que vous échangez sur un plateau.
C'est la première fois qu'on débat publiquement, mais on se connaît. Mais on s'était dit qu'on le ferait avec plaisir. On devait le faire. Je vous
remercie tous les deux. Merci de nous donner cette
occasion.
Écoutez, c'est moi qui vous remercie, monsieur Boebran. Et je précise que c'était l'occasion aussi de la sortie d'un livre vraiment très intéressant. Parce que depuis tout à l'heure, vous en parlez en réalité. C'est soit le chemin de l'espoir. et je pense qu'il existe encore dans le pays, soit celui du mépris. Vous avez beaucoup insisté sur cela, aux auditions Plon. Et à chaque fois, Karim Bouamran, dans son livre, part de son expérience personnelle, de ce qu'il a vécu lui-même, d'ailleurs, en tant qu'homme, en tant que fils, en tant que probablement... Mère aussi. Effectivement, mère à Maillé-R.E. Et il projette cela sur un projet. Et je trouve que vous, les élus, les maires, vous êtes encore le dernier maillon, peut-être l'ultime recours. Donc on vous écoute, monsieur le maire. Contexte social explosif. Contexte politique délété. Est-ce qu'on peut encore se parler sur un plateau de télévision
? On peut se parler. Monsieur le maire a évoqué dans son propos liminaire la notion de mépris. On a beaucoup de divergences politiques, mais il y a un point convergent, c'est la lutte contre le mépris. Effectivement, vous avez toujours été méprisé. Méprisé parce que vous n'étiez pas dans une case, méprisé parce que vous étiez en autoproduction, méprisé parce que vous étiez soi-disant inclassable. Et le problème qu'on subit une bonne partie des responsables politiques, économiques, culturels, dans notre pays, c'est le mépris. Le mépris de classe, le mépris des idées, le mépris de notre capacité à transformer les choses. Et on est devenu un pays méprisant et nous mourrons à cause de ce mépris. Et le mépris, c'est quoi ? C'est notre incapacité à se remettre en question. On a 4 000 milliards de dettes. On est incapable d'assurer notre état de providence pour les 20 prochaines années. On est incapable de bien appréhender le virage de l'intelligence artificielle pour pouvoir financer justement notre état de providence pour un état protecteur, que ce soit sur les questions de santé, sur les questions... en direction des collectivités territoriales, sur les questions de sécurité, sur les questions d'éducation, et également sur les questions de sécurité. Mais vous estimez
qu'on a méprisé une partie de la population du peuple et une partie de la jeunesse qui est dans la rue ? C'est du mépris aujourd'hui par rapport à eux, même si vous estimez peut-être qu'une partie de leur revendication, que c'est très protéiforme, mais est-ce qu'aujourd'hui, c'est le retour en boomerang du mépris ? Mais
vous savez, les scores que font incroyables du Rassemblement national, c'est ça aussi. C'est le produit de ça. Quand on disait aux petites gens, vous votez pour des fachos, vous êtes des fachos, comment tu veux bien le prendre ? C'est un truc insupportable. On peut ne pas être d'accord et ne pas s'envoyer des insultes à la figure et des qualificatifs qui te discréditent. Moi, je l'ai vécu, je ne le supporte pas. Mais il y a tout un tas de gens. Chez moi, dans le Sud, on est loin de chez vous, mais dans le Sud, il y a beaucoup de maires qui sont très à droite, même s'ils ne sont pas au Rassemblement National, qui se sont fait traiter de tous les noms d'oiseaux. C'était une chose. Mais leur électorat... se faisait traiter comme ça. C'est pas parce que tu penses que la sécurité, il faut mettre des gens en prison, que tu es un facho méprisable. Et ça, je pense que c'est un truc dont on ne mesure pas à quel point ça a fait des dégâts. Ensuite, moi, je pense que l'intérêt des maires, c'est qu'on peut... À un moment donné, vous savez l'intérêt de discuter avec les maires, moi ça m'est arrivé, y compris avec des maires avec qui j'avais encore plus de désaccord, parce que je ne crois pas qu'on en ait tant que ça sur un certain nombre de sujets, il faudrait le regarder. Moi, je voyais qu'on mettait la même réalité derrière le même mot. Vous voyez ce que je veux dire ? Quand on parle d'une cantine scolaire, on sait ce que c'est vous et moi, et on sait que tu ne changes pas les cantines comme ça toutes les 5 minutes, que ça coûte un million ou un million et demi pour la mettre en état, et que tu ne fais pas ce que tu veux. Que la gratuité d'un certain nombre de choses, c'est bien quelqu'un qui va la payer. Ce que je pense, c'est que les maires, c'est le terreau peut-être du renouveau de ce pays. Je pense que si on était assez intelligent, si on était assez intelligent pour se dire... Vous êtes socialiste, je ne le suis pas. Mais sur un certain nombre de choses, sur 15, 10 points, on peut se mettre d'accord et on se mettrait vite d'accord sur les 10 points. On ne va pas tout promettre, mais on va au moins dire qu'on va se battre pour ces 10 choses. Après, le reste, c'est plus compliqué et tout ça. Mais je pense qu'on pourrait avancer. Le problème, c'est qu'il faut... Alors vous, c'est facile avec moi, pour moi, parce que comme vous êtes socialiste, mais enfin un peu, vous disiez, inclassable, inclassable chez les socialistes aussi. Je le dis comme un compliment, j'espère que vous l'avez pris comme ça. Vous n'êtes pas dans la ligne, vous n'êtes pas un type d'appareil qui va me répondre toujours les mêmes choses. Si on arrivait à sortir d'un langage formaté, si on arrivait à s'écouter, juste à écouter, à se dire, tiens, peut-être qu'il a raison sur ce point. Moi, tout à l'heure, il y avait une question qui m'était posée sur le débat. part de monsieur Macron, je suis pour qu'il parte maintenant. Mais j'entends, vous avez compris, je peux comprendre un certain nombre d'arguments autres et je ne vais pas me tuer avec quelqu'un parce qu'il ne pense pas la même chose que moi. Je pense qu'on devrait être, putain, si on n'était pas trop con, on devrait un certain nombre de maires se dire, j'en ai parlé avec Jean-Louis Borloo et tout ça, je dis, on pourrait, parce qu'il a été maire aussi, on pourrait se retrouver ensemble. On pourrait discuter ensemble et avancer ensemble. Mais voilà, là, il faut faire abstraction des appareils politiques. Moi, c'est facile pour moi, je suis dans aucun parti. C'est facile, Karim Warbran, aujourd'hui ? Pour vous aussi, vous leur avez fait tellement de choses à votre parti, un peu plus, un peu moins.
Non, ce qui doit prévaloir, ce qui doit primer, c'est l'intérêt du pays, l'intérêt des Françaises et des Français. Aujourd'hui, je pense notamment à nos jeunes. Plus les semaines passent, plus les mois passent, plus l'avenir s'assombrit. Il s'assombrit, vous l'avez évoqué tout à l'heure, il y a aussi le sujet de la santé mentale. On voit bien qu'il y a un gamin sur quatre qui a été pris. de pulsions suicidaires, 1 sur 7 qui a mis à exécution ces pulsions. On a une grande partie de nos lycéens et de nos étudiants qui sont en train d'étudier pour un métier qui n'existera plus, avec l'intelligence artificielle. On a une crise du logement, on a un taux de pauvreté chez nos jeunes qui est trois fois plus que celui des retraités. Donc il faut se tourner vers notre jeunesse et donner un espoir et une espérance plus radieuse. Monsieur le maire. Moi, je suis d'accord avec tout ce que vous voulez dire. Juste par rapport au mépris, sujet qu'il y a, c'est par rapport à ceux qui trouvent comme valeur refuge le Rassemblement national. La gauche, mon camp, a toujours traité avec mépris ceux qui se prenaient en pleine figure le déclassement, le ghetto territorial. L'absence de services publics, les déserts médicaux, l'absence de protection, l'absence de sécurité. Pendant longtemps, le régalien a été laissé pour la droite et la droite extrême, ce qui a fait que pendant longtemps, à part le côté moralisateur en direction d'une partie de la population qui souffrait et qui se disait « je vais trouver comme vale-refuge le populisme », on a été incapables d'apporter des solutions concrètes. Vous par exemple. Les points de divergence qu'on a sur la préférence nationale, sur la communautarisation, une lecture de la société, ce sont des différences, on va dire, idéologiques, philosophiques. Mais quand vous regardez le résultat que vous faites dans les quartiers populaires, doit interroger une partie de la gauche. C'est intéressant. Il fait 70% dans les quartiers populaires, comme moi. Donc ça veut dire qu'il y a des Arabes. Et des Noirs qui, malgré sa position de M. Ménard sur le sujet de la préférence nationale, se disent dans ma quotidienneté, le logement, l'emploi, la sécurité. Vous savez quoi ? J'ai l'impression que ma vie s'améliore. Ça veut dire que ça, ça doit interroger. Ça signifie que ça doit interroger nous, sociodémocrates, en se disant, si on lâche le terrain, si on lâche la possibilité à
être proche du peuple, et bien dans ces cas-là, on
décroche.
Parce que cette gauche-là, moi j'ai été il y a très longtemps. Je sais, je sais. Cette gauche-là, elle a trahi le peuple. Elle l'a oubliée. Elle a préféré d'autres combats. Elle a préféré d'autres combats. Les prolos, ça ne l'intéressait plus. Le mépris dont vous parlez, vous savez, il y a une autre forme de mépris. Le mépris qui consiste, mais on va être d'accord là-dessus, qui consiste à faire des promesses dont on sait pertinemment qu'on ne les tiendra pas. Aujourd'hui, moi j'en veux à Marine Le Pen, je ne parle même pas de M. Mélenchon, et à la gauche social-démocrate de faire des promesses dont ils savent qu'ils ne les tiendront pas. On moque les gens. Les jeunes, moi, l'excuse que je leur trouve, et Dieu sait qu'il y a certains, je ne leur trouve pas d'excuse. L'excuse, c'est qu'ils ont cru aux espèces de... d'enfantillage qu'on leur a raconté. Quand on leur dit, encore une fois, il n'y a pas de sélection dans la vie, vous allez tous faire les études que vous voulez. Mais ça n'existe pas. Et ça n'existera pas plus que... Attendez, je vous l'ai tous dit, pas plus si c'est Marine Le Pen que si c'est M. Mélenchon. Ça n'existera jamais. Parce que ça n'existe pas. Il y a des gens, vous mesurez je ne sais pas combien, moi je mesure 1m67, toute ma vie j'ai regretté de ne pas être plus grand. C'est pas plus grand. Je le regrettais. Oui, mais je vous le dis, mes malheurs, des fois, ils tiennent à des bêtises comme ça. Et c'est comme ça. Pardon, madame. Il y a des filles qui sont jolies. Il y a des filles qui sont... Non, non, non. C'est plus
important. Non,
c'est pas plus important. C'est essentiel. Faire croire à notre jeunesse que tout le monde sera traité... On a tous des différences. Psychologie, physique, intellectuelle. Mais ce qui
m'intéressait dans ce qui vient d'être dit...
Leur faire croire que ça n'existe pas... pour reprendre le titre de votre livre, c'est les mépriser. –
Comment vous expliquez que Robert Ménard, comme le dit Karim Bouhambran, alors qu'il a certaines positions sur certains sujets qui... On pourrait penser que vous ne soyez pas apprécié, pour le dire rapidement, par des Français de la deuxième ou troisième génération d'immigrés. Vous le soyez ?
Parce que je ne leur raconte pas des craques, madame. Parce que les soucis, vous croyez qu'ils ont envie, ils sont dans les quartiers les plus difficiles où tu as le plus de problèmes d'insécurité. Quand j'arme la police et quand je la développe et je mets des caméras de vidéosurveillance, mais ils applaudissent. Enfin, personne. Tout à l'heure, je vous parlais, je me suis... J'ai perdu un procédé à ce niveau-là. J'ai mis un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans, qui ne soient pas tout seuls dans la rue. Mais attendez, vous croyez que la maman qui naît dans le même pays que moi ou venant du même pays que moi, en l'occurrence l'Algérie, elle aime moins ses enfants et elle n'est pas soucieuse de ses enfants comme les autres et qu'elle n'applaudit pas au maire qui prend une décision comme ça ? Toutes les mesures autoritaires que je prends, toutes les mesures autoritaires que je prends, ils sont plébiscités par la population issue de l'immigration. C'est pour ça, pour ça, c'est pour ça que vous avez compris, je déteste. qu'on parle de l'immigration. Il y a des immigrés qui ont des histoires différentes et qui sont des gens différents. Moi, je
considère que l'autorité doit être apportée par de l'espoir et de l'espérance. Et très concrètement, c'est emploi, formation, logement. Et justement, on va... On va continuer à citer Mao, parce que c'est de ça dont il s'était agi avant que j'arrive. L'objectif, ce n'est pas de donner un poisson tous les jours, mais de leur apprendre à pêcher. Et moi, ce que je reprends, c'est justement le mépris, c'est infantiliser toute une génération, notamment la jeunesse qui vienne des quartiers populaires, qu'ils soient urbains ou ruraux. mettre en avant, mettre tous les moyens pour promouvoir l'entrepreneuriat. Vous entendez la France Insoumise parler d'entrepreneuriat ? Mais il s'en met l'œil, c'est leur fond de commerce, le malheur des gens. Et derrière, le Rassemblement National considère que quand nous ne sommes pas Français, nous n'avons pas la possibilité d'apporter... une valeur ajoutée dans notre pays, dans notre beau pays, dans notre belle république, qui est la France. – Là, vous êtes caricatural,
vous ne pouvez pas dire ça, parce que ce n'est pas vrai. – Et ils le disent, c'est malheureusement leur lecture. – Non, monsieur le maire, on ne va pas être bisounours ici. Un, dans une partie de l'immigration, comme une partie de la population française, dessous, je ne sais pas comment il faut dire, il y a des connards, des gens dangereux, et on ne va pas être gentil avec eux. Et qu'ils soient français ou immigrés. C'est le fameux Duralex-Adlex. Il n'y a aucun problème là-dessus. Quand tu vas dans une prison, tu remarques que la population étrangère et la population ici de l'immigration, elle est largement majoritaire, à part de ne pas avoir foutu les pieds dans une prison. Enfin, vous êtes rentré dans une prison ?
Vous venez à
Bézier avec moi, je vous amène, j'amène M. le maire, et vous verrez d'où était... Quand je dis ça... Je dis ça, mais il n'y a pas une personne issue d'immigration qui ne sait pas que ça ne veut pas dire que je condamne l'immigration dans sa totalité. Aujourd'hui, les gens les plus opposés... au non-contrôle de l'immigration, c'est les immigrés eux-mêmes qui ont eu tant de mal à se faire leur place parce que c'est plus compliqué que pour moi de se faire la place dans la société française. C'est tellement compliqué quand tu arrives d'un pays qui n'a pas la même culture, les mêmes habitudes, la même langue. C'est difficile. C'est eux qui savent bien qu'une immigration contrôlée, ils seront les premiers. à en faire les frais, parce que les gens qui arrivent, est-ce qu'ils vont vivre dans mon immeuble ou dans leur immeuble, d'après vous ? – Robert Mellin, moi j
'interroge en fonction du climat politique qui est le nôtre en ce moment, si de tels propos peuvent encore être tenus, je ne vous dis pas que vous ne devez pas les tenir, je pose action, est-ce qu'ils peuvent être encore tenus aujourd'hui, puisque suite à l'attentat raciste de Trappes, certains, beaucoup, ont dit, à gauche, je ne sais pas si c'est votre avis, monsieur Boimbran, il faut mettre un cordon sanitaire. par rapport à certaines personnalités politiques, mais aussi par rapport à certains maux. -ce que vous estimez aujourd'hui que les maux peuvent être des armes utilisées par certains esprits faibles, au sens où ils vont les ingurgiter tout de suite, et les opposer
Le problème n'est pas en fonction de l'origine d'où vous venez, le problème est avant tout social. Donc, avec plaisir pour visiter les prisons, c'est surtout, ce qui est prégnant, c'est leur origine sociale, pas leur origine ethnico-religieuse. Et en France... La loi dit que les statistiques ethniques sont interdites et qu'on regarde... Mais c'est une corde, monsieur le maire. Attendez, attendez, attendez, monsieur le maire. Donc, laisse-moi finir mon propos. Donc, ils sont probablement issus de l'immigration, comme on a tous un grand-parent sur quatre issus de l'immigration, mais c'est surtout une population issue du milieu pauvre. Concernant votre question, madame Mabrouk, fameux cordon sanitaire républicain contre le Rassemblement national. Alors je dis oui, chiche. À partir du moment où tout le monde, je dis bien tout le monde, cotise, Edouard Philippe doit se positionner clairement en disant, quelle que soit la configuration, j'appellerai à voter contre le Rassemblement national. Jean-Luc Mélenchon. doit se positionner de façon extrêmement claire. Pas plus tard qu'hier, vous avez une des militantes qui s'exprimait dans une de vos émissions en expliquant que si jamais il y avait un candidat social-démocrate contre Jean-Luc Mélenchon, contre Marine Le Pen, elle n'appellerait pas à faire barrage contre Marine Le Pen. Donc nous on veut bien cotiser en expliquant, attention... Le RN, il faut faire un bloc sanitaire. Et M. Rabel l'a évoqué dans son discours en faisant référence à Jacques Chirac lorsqu'il avait appelé justement au cordon républicain contre le Rassemblement National. Très bien, mais j'appelle tous les candidats à se positionner de façon extrêmement claire dans toutes les configurations. Et auquel cas, on
discute. Mais M. le maire, comment vous pouvez dire ça ? Comme je viens de le faire. Attendez, comment ? Parce que le Rassemblement National, il est moins républicain que la France Insoumise. le maire, on est sérieux deux minutes ? On oublie les casquettes politiques, la rhétorique et tout ? Sérieusement, vous pensez qu'aujourd'hui, le Rassemblement national, ils sont moins respectueux des institutions, de la République, du droit de vote, de la démocratie que la France insoumise ? Vous me le dites là. Dites-moi que la France insoumise, ils sont plus respectueux des règles de notre pays que la Rassemblement nationale. Vous avez entendu mes prises de position sur la France insoumise à plusieurs reprises ? Mais attendez, mais donc,
c'est pour ça que je suis sidéré. Aujourd'hui, la question, pardonnez-moi si je vous ai sidéré, mais ce n'était pas l'objet du débat. L'objet du débat, c'est est-ce qu'aujourd'hui... rebondissant sur l'islamophobie, l'antisémitisme, le fait que nous avons un président d'un parti qui s'appelle M. Bardella, qui a été non pas condamné, pas encore, j'espère qu'il le sera un jour, qui a porté des idées antisémites. Et la question... Et les propos antisémites... Je les ai toujours condamnés,
le premier. Alors moi je vais vous poser une question. Claire, si demain... Vous avez à choisir entre Marine Le Pen et M. Mélenchon, parce que ce n'est pas une hypothèse absurde, au deuxième tour, vous votez pour qui ? Mais
c'est exactement la question à laquelle je viens de répondre. Vous votez pour qui ? Vous votez pour qui ? Est-ce que vous me permettez ? Pardonnez-moi. Mais la question est assez difficile. Vous êtes prosaïquement grossier et je m'en excuse. C'est une question à la con. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que c'est exactement le piège dans lequel Mélenchon veut nous emmener. Parce que la première assurance vie de Marine Le Pen, c'est Mélenchon. Donc, moi, je me bats, je me bats, je me bats pour pas qu'on soit dans une configuration Mélenchon-Le Pen. Je me suis battu. Attendez, laissez-moi finir. Je me suis battu et je continue à me battre dans mon camp pour qu'il y ait... une ligne claire contre la France insoumise qui a toujours une vision insurrectionnelle, chaotique. La question à laquelle on doit répondre, c'est la suivante. Est-ce qu'aujourd'hui en France, compte tenu de la dangerosité que représente le Rassemblement national sur le plan idéologique, sur le plan philosophique, compte tenu de ses positions islamophobes, racistes et antisémites... On est prêt à faire un bloc contre eux, ce parti-là. Je dis, je dis, je dis, je dis. Vous dites, vous répondez pas aux questions qu'on vous pose. Mais monsieur le maire, laissez-moi juste finir mon présentement, s'il vous plaît. Vous
noyez le poisson. Je vous demande un truc très simple. Aujourd'hui, est-ce que vous voteriez au deuxième tour pour Jean-Luc Mélenchon ? Moi, je vous dis, malgré tout... Qu
'est-ce que ferait Jean-Luc Mélenchon si jamais il y a Glucksmann ou moi face à Marine Le Pen
? Mais vous êtes... Attendez, c'est pas possible de... Répondez à ma question, qu'est-ce qu'il ferait ? J'en sais rien, je m'en contrefouille. Moi, je ne m'en contrefiche pas à moi. Justement, là où est la question... Parce que vous n'osez pas, vis-à-vis de vos copains de gauche, de répondre à une question qui est aussi simple que ça. Moi, je vous dis, malgré toutes les critiques que je porte sur Marine Le Pen, et de dimanche en dimanche, je le dis, si j'avais à choisir entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, je voterais Marine Le Pen. Aujourd'hui, je vous demande de me dire, puisque vous êtes social-démocrate et tout, si demain, vous aviez à faire le même choix que moi, après tout ce que vous avez dit, je comprends. Moi aussi, je suis pour, comme vous, qu'il y ait une autre alternative que cette alternative-là. Peut-être que
M. Boimran irait à la pêche ou qu'il voterait blanc. Alors
vous le dites. Mais vous savez quoi ? Je n'irai jamais à la pêche le jour d'un vote. Et vous voterez pour qui ? Et vous savez quoi ? Je mettrai tout en œuvre pour que ce duel n'arrive pas. Et je vous le dis et je vous le répète, c'est une question à la con. Quand on fait de la politique, on ne raisonne pas. Si, c'est moi qui vous la pose, c'est pas grave. Non mais on ne raisonne pas comme ça. Je dois pas faire de la politique. Moi, exactement, c'est ce qui me différencie, monsieur le maire. Non mais
attendez, mais... C'est ce qui me différencie d'un homme politique. C'est que je réponds clairement aux questions qu'on me pose. Et la réponse,
c'est qu'aujourd'hui, aujourd'hui, j'étais le premier, un des premiers à gauche à dire... dos à dos, LFI et le RN. Et là, on arrive avec cette spectacularisation de la vie politique. On tombe encore dans le piège en nous disant alors Mélenchon, Le Pen, comme si déjà Mélenchon était déjà au second tour. Non mais c'est important ça. C'est important lorsqu'on parle d'espoir. Vous savez que même votre
non-réponse va vous être reproché par la gauche. Parce que votre non-réponse est une réponse. Si vous ne choisissez pas entre M. Mélenchon et Mme Le Pen spontanément... Parce que
c'est des questions pièges. Vous imaginez-vous bien que ça fait depuis des semaines que tout le monde me pose ces questions-là. Et aujourd'hui, pourquoi on fait campagne ? C'est une possibilité dans les sondages. Mais bien sûr, mais c'est une possibilité. Mais moi, ce que je dis... Et c'est là où il y a un autre angle, Mme Mabrouk, que peu de personnes évoquent. C'est si... On part du principe que le danger pour notre pays, c'est que les fachos prennent le pouvoir. Que les fachos prennent le pouvoir. Dans ce cas-là, je demande solennellement à toutes celles et ceux qui se positionnent comme étant des candidats républicains dire très clairement que nous nous positionnerons de façon claire contre Marine Le Pen. On
a commencé cette émission en disant qu'il ne faut pas mépriser les électeurs. Vous ne méprisiez pas les électeurs et de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, je ne méprise pas du tout les électeurs. Je suis premier à dire que, justement, à gauche, la meilleure façon de les mépriser, c'était de leur faire des leçons de morale et de ne pas penser à leur quotidiennement. Vous les dites de fachos, comment vous pouvez... Non, je parlais de l'organisation politique. Mais Marine Le Pen, fachos... Au contraire, les électeurs ne sont pas du tout fachos. Attendez, est-ce que moi, je dis... Gardez-la avec ces prises de positions antisémites, ce n'est pas des... Attendez, d'abord,
ça reste à prouver. Pardon, juste... – Très bien, très bien, très bien. Les différentes
condamnations de certains militants RN avec les
dépris de production, ça reste à prouver. – Je me suis gêné, attendez, je me suis gêné pour le dire. – Mais je ne vous veux pas en procès d'intention, je suis en train de revenir sur le fait que vous dites qu'ils sont… – Je dis juste le mépris dont vous parliez tout à l'heure, qu'il ne faut pas utiliser, je suis d'accord avec vous. – Très bien. – Quand vous dites du Rassemblement National, du parti, ce sont des fachos… – Je ne parle pas des électeurs, M. Ménard, on est bien d'accord. – Monsieur le maire, j'ai bien compris, je vous connais, je ne pense pas à un instant que vous dites ça. Je vous dis que quand vous avez cette phrase-là, c'est vécu comme du mépris pour tous les électeurs. Qui est ici, moi, électeur, c'est vrai, on ne te traite pas de fachos, mais tu votes pour des fachos, vous vous rendez compte ? Vous vous rendez compte ce que ça veut dire ? C'est terrible, en plus c'est à l'encontre de ce que vous êtes. Parce que moi, j'aime bien débattre avec vous, parce que vous êtes un des seuls, à gauche, un peu. qui sort du moule, je ne sais pas comment dire, prenez-le bien, vous avez compris, quand je vous dis que vous sortez du moule. Non, mais sortir du moule, ça veut dire, vous ne répétez pas comme des éléments de langage tout ce qui arrive de votre parti. Il le saurait, sinon vous ne les auriez pas fait chier comme vous l'aurez fait depuis un certain nombre de temps. C'était deux fois qu'on le
répétait, on a compris. Il les a emmerdés tout le
temps. Le but,
ce n'est pas d'embêter qui que ce soit. Je rigole. Non, non, mais le but, c'est lorsqu'on parle aux électeurs qui souffrent, lorsqu'on parle aux électeurs qui se disent aujourd'hui... Je vis avec 800 euros par mois. Aujourd'hui, je suis en
incapacité à me loger. Aujourd'hui, je suis en incapacité à me soigner. Ils sont 35% ou 38% à voter aujourd'hui pour le Rassemblement National. Et vous ne pouvez pas dire à ces gens-là que vous allez voter pour une facho. D'abord, parce que moi, je connais Marine Le Pen, personnellement. Et que vraiment, vous ne pouvez pas dire un instant d'elle. Je parle d'elle et c'est elle qui est candidate. Ni qu'elle est raciste. ni qu'elle est antisémite, ni qu'elle est homophobe, ce n'est pas vrai. – Vous avez oublié l'islamophobe ? Elle n'est pas islamophobe, vous ne pouvez pas le dire. – Je vous pose une question, s'il vous plaît, messieurs, messieurs les maires,
parce qu'on a dit les maires, c'est le dernier recours. Je disais contexte social explosif, climat politique délétère. C'est à six mois d'une présidentielle qui va probablement… changer le destin, vraiment. Parfois, certains disent le visage de la France. Vous, au pouvoir, s'il y avait un maire, un élu de terrain, par quoi vous commenceriez justement pour un antidote au mépris ? Une première mesure. Une première mesure,
déjà, Mme Mabrouk, c'est de faire ce qu'on est en train de faire. Parler avec des personnes qui sont directement en prise avec la réalité et ancrer avec le réel. Il y a 36 000 maires. Je sais que vous allez recevoir mon ami maire de Marseille, mais... La vie, ce n'est pas Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg ou les grosses villes. On a des maires de petites communes qui, aujourd'hui, je pense à Daniel Barbe, un maire d'une petite commune en Géronde, qui est encore en train de gérer les conséquences des incendies et de la canicule, parce qu'on les a vite oubliés. Et souvenez-vous, je vous l'avais dit, ici dans ce plateau, dans deux mois, on va les oublier. On a des problèmes de marge de manœuvre budgétaire. Parce que concrètement, à l'État, Madame Mabrouk, nous, maires... On est obligé de voter un budget à l'équilibre. Vous arrivez
au pouvoir, l'un ou l'autre. Première décision. La première
décision, c'est une décision, je l'ai dit, je le redis, pardonnez-moi, M. Ménard, protection de l'enfance. c'est 170 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, 3 enfants par classe. Il faut arrêter ce déni.
Il
faut arrêter ce déni.
Moi, je pense que la priorité absolue, c'est l'école. L'école, c'est là. Et attention, pas construire une école qui ferait 90% de reçus au bac, je ne pense pas que c'est comme ça qu'on mesurerait sa progression, mais une école qui réapprenne aux petits à écrire. Attendez, à écrire. Aujourd'hui, il y a 40 ans, je vous le dis parce que c'est un truc qui m'a effrayé, il y a 40 ans... Sur une dictée de 10 lignes, sans difficulté par un portant. Sur une dictée, il y avait 30% de gosses qui faisaient plus de 15 votes. 15 votes sur 10 lignes. Aujourd'hui, vous savez combien il y en a ? 90%. Alors si on ne donne pas à nos gosses les moyens de s'exprimer, de compter, compter, d'écrire, de lire, ça, si on arrête... de leur faire croire avec le collège unique qu'ils sont tous pareils alors que ce n'est pas vrai. Si on prend en compte leurs différences, si on arrête de leur donner des diplômes comme si le diplôme valait quelque chose et qu'on les respecte. Comme si on simplifiait les choses, si on faisait ça. Si on arrêtait de leur mentir, je pense que c'est la première chose. Parce que si on n'a pas ces gosses-là, si on a encore des gosses... Moi, j'ai vu un gosse de 13 ans dans ma commune, le 17, non, c'était avant même le 17, jeter un cocktail Molotov sur la police. Comment à 13 ans ? À 13 ans, monsieur le maire.
Je suis d'accord avec le rapport avec l'autorité. Oui, mais alors on arrête de critiquer l'autorité. Démocratiser l'excellence éducative pour donner... Pas démocratiser. L'excellence éducative, parce qu'au bout d'un moment, quand vous allez dans certains lycées à Paris, excusez-moi, quand vous avez un capital social, les problèmes que vous décrivez... Ils sont tranquilles en termes d'emploi, de formation, de grandes écoles et surtout de reproduction des élites. La meilleure façon de
lutter pour l'égalisme, c'est le mérite, monsieur le maire. Le mérite. Tu travailles bien, tu es récompensé,
monsieur le maire. Vous ne travaillez pas, vous. Ensuite, logement. 400 000 logements par an qui manquent. 80% des sources d'inégalité, c'est un manque de logement. On ne peut pas aujourd'hui donner des perspectives pour nos jeunes, pour nos lycéens qui manifestent, pour nos étudiants qui doivent se réadapter au regard des enjeux technologiques, des capacités, des assurances pouvoir être logés dignement. Et
c'est là où la
notion de l'application de la loi SRU pour tous les maires... solidarité, rénovation urbaine,
durcir l'arsenal
juridique lorsque les maires, notamment les maires Rassemblement National, si les maires Rassemblement National appliquaient les 25% de logements sociaux, on aurait déjà 40 000. Sur 500 000 logements, le social qui manque.
Paradoxalement, je suis d'accord avec lui. Je suis d'accord avec vous, Karim. Moi, il y a un certain nombre de maires de droite, y compris de candidats de droite, qui sont contre la loi qui nous oblige, pour parler en clair, qui nous oblige à construire 25, voire 25% de logements sociaux. Moi, je suis pour les rendre inéligibles et leur enlever le permis de... Les cieux, là, on va arriver à la fin. Pardonnez-moi. On peut faire de la politique politicienne. Ah non, mais ça, c'est vrai. Non, non, non. Moi, je connais plein de mairies qui ont de l'argent. Oui, ils payent l'amende. et qui préfèrent payer un amende. Rendez-le inéligible et enlevez-leur leur permis. Non, parce que la politique politicienne, c'est quand vous dites les maires du Rassemblement national. Tu n'as pas besoin d'être au Rassemblement national pour te comporter comme un maire qui préfère payer une amende que consulter l'ensemble social. J'en connais de gauche.
Mais
ça fait 40 000 pour les...
Vraiment merci pour ce débat. Merci à vous. Donc l'espoir, le mépris.
Sortie. Par l'eau,
oui, sortie du livre, sortie par l'eau, on choisit l'espoir. Et surtout,
ça reprend exactement une bonne partie des problématiques.
Et on aura l'occasion d'en débattre, M. le maire. Merci.
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