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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Bonsoir à tous, vous regardez le grand oral BFM TV, le Figaro, le nouveau rendez-vous politique de BFM TV. Bonsoir Emmanuel Grégoire. Bonsoir. Et merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes évidemment, s'il fallait le rappeler, le maire de Paris, le maire socialiste. Et on rappelait aussi que votre parole était rare, attendue aussi dans ces moments. Comment les qualifier d'inflammables ? Avec nous pour vous interroger ce soir, Marc Fauvel, évidemment. Et Loris Boichaud,
le
journaliste politique du Figaro. Bonsoir
Emmanuel Grégoire. On va parler évidemment de ces week-ends de manifestations à répétition, des dégâts qui ont été commis à Paris. Tout simplement, vous demandez tout d'abord de nous raconter de l'intérieur ce que vous avez vécu il y a deux semaines, maintenant les week-ends des 17 et 18 octobre qui ont sidéré la France, ces images d'émeutes et de pillages à Paris. D'abord, est-ce que vous vous souvenez précisément du moment où vous vous êtes dit, où on vous a dit peut-être, il est en train de se passer quelque chose de grave ?
Disons que j'ai commencé à avoir des inquiétudes en fin de matinée, pour être très clair. Donc un, on savait qu'il y avait une mobilisation. Deux, il y avait des alertes, mais pas du tout à la hauteur de ce qui s'est produit sur le fait que ça fait quand même des années que les mobilisations sociales peuvent donner l'occasion à des casseurs de se greffer dessus. Et j'ai une expérience très intime et au cœur de l'action des Gilets jaunes. Donc j'en ai vu beaucoup au cours de ces dernières années. Et la physionomie de fin de matinée du samedi 17 octobre n'était pas très bonne. D'abord parce que les rassemblements ont commencé un peu plus tôt que prévu. Et on a vu que la physionomie ne ressemblait pas à ce qui se passait d'habitude. Et je le dis d'un souvenir très personnel, autour de 11h-11h30 le samedi matin, lorsque j'étais en cellule de crise de notre police municipale, on a accès à toutes les caméras. Et puis une expérience personnelle plus simple, c'est que j'avais
déambulé
une bonne partie de la fin de matinée, matinée, fin de matinée, déjeuner. Et en fait, ça a tourné vinaigre très tôt. Et ce sera des questions. J'ai eu l'occasion d'en parler avec le ministre de l'Intérieur, avec le préfet de police. Mais la NAS très tôt de République, aux alentours de 12h30, incontestablement, fait déraper les choses. très rapidement et dans un secteur surtout très élargi. Pourquoi ça fait déraper
les choses ?
Parce que, moi j'en ai été témoin, parce que je me suis retrouvé moi-même nassé à l'extérieur de République, et il se trouve que l'anecdote fait que j'habite dans ce coin-là, donc je connais bien. Assez tôt, ils ont fermé République, alors ils auront des éléments à expliquer ça, parce qu'ils m'ont dit qu'ils avaient dû intervenir parce qu'il y avait des premiers casseurs sur le secteur République, mais ils ont fermé la place de la République, et des milliers, des milliers de personnes, manifestant de bonne foi pour l'immense majorité d'entre eux, se sont retrouvés coincés à l'extérieur du périmètre sur trois secteurs. Le secteur 10e, Strasbourg-Saint-Denis, Canal Saint-Martin. Le secteur Avenue de la République et tout ça prolongé vers l'axe 19e, 20e. Et puis tout le secteur Paris-Centre, arrêt métier. C'est-à-dire là où il y a eu de la casse. Exactement. Et en fait, ils ont dû gérer de facto ou non pas. une grosse manifestation à République, mais qui, elle, je le rappelle, s'est plutôt bien passée dans son déroulé qu'elle est jusqu'à la place de Clichy. Mais ils ont dû gérer trois contre-manifestations avec des manifestants qui n'étaient pas contents, et je les comprends, de ne pas pouvoir rejoindre le cortège officiel. Et puis, parce que je l'ai vu de mes yeux, donc c'est une réalité, assez rapidement, des fauteurs de troubles qui ont vu l'opportunité d'une manifestation aussi éclatée sur un périmètre aussi large que la police. ne serait manifestement pas capable de gérer. Mais on va revenir sur
le profil justement de ces individus, juste pour reprendre la question de Marc, aller dans le détail de ce que vous avez vécu. On vous voit dans cette cellule de crise. Est-ce que vous, le maire de Paris, en lien avec le préfet de police, en lien peut-être aussi avec le ministre de l'Intérieur, vous dites, vous êtes en capacité de dire... Ça dérape, attention peut-être, ce n'est pas la bonne manière de gérer ce qui est en train de se passer. Est-ce que votre voix à ce moment-là porte ?
Non, elle ne porte pas et il faut comprendre que la police s'est elle-même saisie. Ce qui est flagrant sur cette journée, et je crois que le ministre de l'Intérieur l'a reconnu lui-même, ils ont été débordés. Beaucoup de commerçants
ont dit... Où était la police ? Se sont demandé où était la police. Est-ce que vous avez la réponse à cette question ? Non, je n'ai pas la réponse, mais j'ai quatre questions. Vous ne savez pas où était la police ? J'ai quatre
questions à poser lors de la commission d'enquête au Parlement. Je les ai déjà évoquées, et c'est normal que ce soit dans le débat public. Surtout qu'encore une fois, l'idée, ce n'est pas d'accuser, etc. L'idée, c'est comment faire mieux, comment protéger les manifestants qui se sont retrouvés mis en danger dans cette situation-là, protéger les forces de l'ordre aussi et ne pas les exposer de façon inconsidérée, et empêcher... les forces qui infiltrent le mouvement social pour perturber, casser et piller. La première, c'est pourquoi il y a eu une sous-évaluation du nombre de profils à risque.
Le
préfet de police a lui-même reverbalisé plusieurs jours après, donc documenté, 10 000 casseurs. On n'a jamais vu ça à Paris. Jamais. Et ils ont
reconnu d'ailleurs une sous-estimation. La première,
c'est un sujet de renseignement. La deuxième, c'est, et elle est très liée à la première, y avait-il assez de policiers sur le terrain ? Ma réponse est non. Mais il faudra obtenir la transparence sur les chiffres de mobilisation réelle. Et on le voit d'ailleurs dans les deux samedis qui viennent de s'écouler. Le chiffre des forces mobilisées nationalement avait été annoncé, 70 000 forces de police. Et c'était 60 000 pour le 17 octobre. Mais ce n'était pas annoncé. Je rappelle qu'à l'époque, il n'y avait pas eu de transparence sur le chiffre mobilisé. Et c'est généralement le signe que le dispositif n'est pas aussi serré qu'on le souhaiterait. Troisième chose, pourquoi y a-t-il eu la NAS à République ? Parce qu'ils ont dû gérer toute l'après-midi un secteur éclaté qui représentait quasiment un tiers de la surface de Paris. Et la quatrième question, je l'ai dit publiquement, donc je le redis devant vous, à un moment donné, je crois que les autorités ont craint... la sécurité et l'inviolabilité d'un certain nombre de lieux de pouvoirs stratégiques, l'Élysée, Matignon, Sénat, Assemblée nationale, et donc c'est un secteur très élargi, rive droite, rive gauche, autour de Concorde, etc., qui a, je le pense, nécessité un rapatriement massif des forces de police de l'est de Paris vers l'ouest de Paris. Donc en quelque sorte, si je le lis, on a laissé faire les casseurs pour ne pas qu'ils prennent l'Élysée. On a voulu protéger les institutions. Et donc, il y a eu un redéploiement de force. C'est vraiment mon intuition. Au détriment de
certains quartiers.
Au détriment réel. Et tout ça est corroboré. Mais je crois que le ministre de l'Intérieur l'a reconnu lui-même. On a des quartiers dans lesquels on est attesté. Moi, je l'ai vu. Parce que vous me demandez comment j'ai vécu cette journée. Cette journée, je l'ai vécu de deux façons. La moitié, grosso modo, à plusieurs moments de la journée, dans le PC de sécurité, qui nous permet d'avoir un accès à tout, de parler à tout le monde, réunir toutes les directions. C'est ce qu'on appelle la gestion de crise. Et la deuxième, c'est sur le terrain, parce que je déambulais partout, etc. Je me suis retrouvé 40 fois nassé au milieu de tirs de gaz lacrymogènes, etc. Mais pour autant, vous n'avez pas cassé de vitrine. Non, ce n'est pas mon genre, Marcel. Je ne vous ai pas vu non plus. Je fais ça sous forme d'humour. Non, mais il faut le dire, l'immense majorité des gens ne casse pas de vitrine. Et c'est un peu le côté que je veux dénoncer avec la plus grande clarté. Il y a deux types de profils à risque dans ces circonstances. Il y a ceux veulent « profiter » de la mobilisation sociale pour déstabiliser l'État. Et on peut se dire, mais qu'est-ce que ça veut dire cette phrase ? Il y a des gens... qui aiment ça, ils sont convaincus qu'il faut renverser le système, renverser l'État et que casser est un moyen d'établir du rapport de force et de la peur médiatique et de la pression médiatique. C'est les Black
Blocs ? C'est les
Black Blocs, c'est ce que certains appellent l'ultra-gauche, qui est une galaxie assez obscure et en fait que l'opinion publique connaît assez mal, parce que c'est vraiment des théoriciens très engagés, très militants, très préparés, très coordonnés. Et puis à côté de ça... Il y a le phénomène qu'on peut observer dans tous les rassemblements de masse, dès lors que la police n'assure pas un contrôle un peu serré des dispositifs, qui se disent, mais les gars, c'est open bar, on va en profiter méthodiquement avec une immense agilité, avec des groupes qui étaient constitués de 10 à 50 personnes, parfois un peu plus sur les groupes de Black Bloc qui pouvaient monter jusqu'à 200-300 personnes. Et on les voyait, on les voyait sur les écrans. Et je l'ai dit aux forces de police, je l'ai dit après, à chaud et à froid. Quand vous avez des profils qui sont ultra jeunes, mobiles, pas mineurs, c'est plutôt des profils majeurs, très jeunes, mais pas mineurs. On le dit aussi avec l'expérience de ce qu'on a vu, les gardes à vue, etc. Qui sont extrêmement mobiles, coordonnés avec des outils numériques que chacun dans la pièce ici comprend, donc chacun comprend l'efficacité. Et qu'en face, vous avez des groupements. Peu importe les termes techniques, mais ça peut être des compagnies de CRS, ça peut être des compagnies de gendarmes mobiles, il y a plusieurs forces qui participent à ça, qui sont équipées en gros casques, qui sont essentiellement motorisées, qui se déplacent dans les convois que malheureusement on connaît désormais tout le temps à Paris, où il y a 20, 30 camions les uns derrière les autres. Il y en a qui sont très rapides et d'autres qui sont extrêmement lents. Et ils ont profité en fait de l'absence de force de police sur le terrain avec des témoignages. particulièrement touchant et troublant. C'est ce qui fait que j'ai vu des gens le dimanche qui ont dit qu'ils avaient eu peur. Est-ce que ça a été votre cas
? Est-ce que vous, Emmanuel Grégoire, à un moment... On a tous été stupéfaits devant les images de ces groupes qui faisaient ce qu'ils voulaient pendant des heures, qui cassaient, qui pillaient. Est-ce que vous, à un moment,
vous avez eu peur ? Non, moi, je n'ai pas peur. Ce serait un aveu de faiblesse ? Heureusement, je n'ai pas peur. Non, mais pas peur pour vous. Je peux avoir du peur. Je vais vous donner un exemple. Moi, le dimanche soir, qui a été un deuxième effet de saisissement. Parce qu'en fait, la police ne s'y attendait pas. Et là, il y a des groupes opportunistes et des casseurs qui sont revenus tester. Ils ont vu que c'était encore un peu... Le contrôle était quand même encore un peu lâche. Et moi, c'est pas que ça m'a fait peur, c'est que ça m'a rendu triste. J'ai reçu au moins une quarantaine d'appels de gens en pleurs, me disant... des commerçants, des riverains, en me disant, ça recommence, ils sont en bas de chez moi, ils essayent de taper à la porte, etc. Avec des tentatives d'intrusion dans des meubles d'habitation. Il y en a eu, c'est documenté. Moi, je vais vous dire, j'ai vu de mes yeux des choses qui m'ont profondément choqué, qui fait que je n'ai pas la moindre indulgence, pas la moindre indulgence pour ceux qui font ça. J'ai vu des gens jeter des objets incendiaires, des cocktails Molotov. Ailleurs, à l'image de celui ou de celle, je ne sais pas, qui a commis ça hier contre une force de police hier. Jeter des cocktails Molotov dans des commerces, en pied d'immeubles, au-dessus, ce sont des familles. Avec des gens qui habitent au-dessus. En vrai, on est nombreux à se dire plein de choses à améliorer, mais on s'est dit qu'il y aurait pu y avoir un drame. Un drame, c'est-à-dire des morts du côté des forces de police, du côté des manifestants de bonne foi, du côté de ceux qui habitent dans les immeubles qui n'ont rien demandé et qui ne sont pas tellement responsables de la précarité du monde. On a eu des incendies déclenchés volontairement par des gens au pied d'immeubles d'habitation. Et ils ne pouvaient pas ignorer que c'était des immeubles d'habitation. Parce qu'on voyait
les habitants.
Juste deux compléments quand même là-dessus, parce qu'il faut aussi rassurer les gens en disant la vérité sur ce qui s'est passé. Il y a eu des intrusions, des tentatives d'intrusions sur des immeubles d'habitation. Oui, pas tellement, mais il y en a eu pour deux motifs qui nous ont été remontés. C'était le cas dans mon immeuble. Dans mon immeuble, il y a un groupe qui est rentré, qui sont introduits dedans pour monter dedans. Je ne vous donne pas l'adresse précise, ça évitera que vous veniez me dire des choses en bas. Non, mais vous ne cassez pas de vitrine et je ne m'introduis pas au domicile. Parce qu'ils sont venus, deux explications. La première, c'est que certains y ont vu l'opportunité d'accéder au toit pour en fait cheminer par les toits, pour essayer de lancer des trucs ou en tout cas de déborder le système policier, la nasse policière. par l'accès au toit, et ont
réussi, ont jeté
des chemidés, des tuiles, des machins. Et la deuxième raison, c'est que parfois, il y avait des scènes de pillage où des riverains filmaient les scènes de pillage d'en haut, et il y a eu des invectives, et en gros, c'était, pardonnez-moi d'être un peu cash, Mais c'était, on va venir chercher ta vidéo, efface la vidéo, on va venir la chercher. Il n'y a pas eu d'intrusions au domicile de certains particuliers ? Je suis prudent parce qu'à ma connaissance, il n'y a eu aucune intrusion dans un appartement. Mais je suis prudent parce qu'on peut toujours découvrir des choses après. Mais à ma connaissance, il y a eu des intrusions dans des parties communes, il n'y a pas eu d'intrusions dans des appartements.
Vous évoquiez ces lieux de pouvoir. Raison pour laquelle, selon vous, et la commission d'enquête aussi le déterminera, que les forces de l'ordre se soient redéployées vers l'Elysée, vers Matignon, vers l'Assemblée nationale. Des lieux de pouvoir durant cette journée, ailleurs qu'à Paris, ont été visés. Je pense à la mairie de Marseille, je pense à la mairie de Limoges, à la mairie de Lille. Est-ce qu'à un moment donné dans cette journée, au vu de ce qui vous remontait d'informations, vous vous êtes dit que la mairie de Paris elle-même pourrait être attaquée ? Je ne pense
pas avec vous. J'ai eu une inquiétude le dimanche soir. Puisque après être toute la journée sur le terrain, je rentre chez moi et on m'informe d'une avancée d'un groupe vers le secteur de l'hôtel de ville, des slogans laissant à penser qu'ils ne sont pas indifférents au fait que l'hôtel de ville y soit. Et pour tout dire, j'ai pris mon petit bagage et je suis retourné dans ma mairie. Oui, j'ai vu ça, mon dégilet jaune, on a vu ça le 17 octobre. Il y a une partie des gens qui se greffent au mouvement, qui veulent vraiment attaquer, déstabiliser. Et on le voit, tout peut servir de cible. Alors c'est les mairies à Lille, à Limoges, à Marseille. C'est la résidence de la préfète à Bordeaux. C'est un peu opportuniste. Mais d'où la nécessité d'avoir des forces de police mobiles. Parce que je le redis... On sait très bien qu'on reparle de ça parce que c'est important qu'on tire tous les enseignements du 17 octobre. Mais je n'oublie pas qu'il n'y a pas de casseurs si le gouvernement sait répondre aux revendications du mouvement social. Et ce qui m'inquiète, nous avons eu deux samedis plutôt calmes. D'abord parce que nous avons collectivement bénéficié d'un très haut niveau de mobilisation des forces de police. Mais ce n'était pas non plus très agréable d'avoir les fouilles partout, d'avoir 10% des stations de métro fermées. C'est aussi des quartiers qui se sont mis en tension avec des mesures. Et la question, c'est savoir si ça peut
durer comme ça.
On sait que ça ne peut pas durer comme ça. On sait qu'on ne peut pas maintenir un aussi haut niveau de mobilisation des forces de police pendant des semaines ou des mois et des mois. Et je le dis notamment, on ne peut pas attendre l'échéance présidentielle en se disant, bon, on va faire le doron et on va gérer tout ça. Donc, je le redis, il y a les sujets de maintien de l'ordre, il y a les sujets... d'ordre public et de tranquillité publique qui doivent permettre à chacune et à chacun de manifester avec conviction, avec volontarisme, avec aussi régularité, de le faire en sécurité pour les manifestants, mais aussi de le faire en sécurité pour les villes qui accueillent ces manifestants. Vous avez évoqué
un sous-dimensionnement des forces de l'ordre, ça a été reconnu par le gouvernement. Qu'en est-il de la police municipale de Paris ? Est-ce qu'il est vrai qu'il a été demandé à la police municipale de ne pas aller sur le terrain, comme certains élus de l'opposition de droite ont pu l'affirmer ? C
'est faux, et je vais clarifier ce point. C'est faux, et c'est une insulte aux agents qui, je veux vous dire, je le crois, les met beaucoup plus en colère, eux, que moi. Vous l'avez lu dans
la presse, le maire adjoint est l'air du 15e arrondissement de Paris qui a parlé d'un ordre donné de
ne pas sortir pour la police municipale. C'est plutôt un retour. Il y a eu un
ordre samedi passé à toutes les divisions territoriales de la police municipale de faire rentrer leurs équipages dans les bases, de ne pas sortir. La consigne globale de l'état-major, de la direction de la police municipale et de la prévention est la suivante, ne pas prendre de risque et cela a été reconduit dimanche 18.
Vous dites que c'est faux ? Non, je vais être précis. D'abord, ce n'est pas de ne pas sortir, c'est de rentrer quand les incidents ont explosé. Nos agents de police municipale, et ça c'est valable à Paris comme partout ailleurs, peut-être même encore un peu plus à Paris, puisque la police municipale à Paris n'a même pas exactement les mêmes pouvoirs qu'une police municipale ailleurs. Je vous rappelle que ça fait que... En grosso modo, cinq ans qu'on a la police municipale à Paris. C'est très récent. Et qu'elle n'a pas d'armes létales. Elle n'a pas d'armes létales. Ce n'est pas la seule. Il y a d'autres places municipales qui n'en ont pas. Ça vous fait changer d'avis ? Non, pas du tout. D'ailleurs, je vais vous dire, on a vécu un samedi 17 octobre quand même effroyable sur le plan de la sécurité publique. Heureusement que les forces de l'ordre n'ont pas tiré à armes réelles. Donc toutes nos forces de l'ordre qui étaient là, ils étaient tous armés. Ça n'a pas franchement aidé. à mettre en œuvre leur mission de maintien de l'ordre et de sécurité publique. Et heureusement qu'ils n'ont pas tiré. Donc ceux qui utilisent cet argument-là, vraiment, sont idiots sur le plan du raisonnement. Et je le dis encore plus, quand vous avez un agent de police municipale qui n'est pas habitué à ça, pas formé à ça, le met dans une situation de risque de confrontation et de le doter d'une arme létale, au point d'ailleurs qu'il prenne un risque pour lui-même. Pourquoi
? Il y a des formations possibles, Emmanuel Grégoire. D'accord, mais un policier normal, un
policier normal... Ça sort son arme deux fois dans sa carrière et c'est rare que ça tire une seule fois dans sa carrière en situation réelle. Il faut arrêter de faire de l'arme létale. L'alpha et l'oméga de la tranquillité publique, je le redis, mais ça c'est un sujet de conviction. Je comprends que des gens le pensent, moi je ne le pense pas. Et d'ailleurs, dans tous les pays où il y a des mesures de libéralité sur la possession d'armes... Qu'est-ce que ça fait ? Eh bien, ça augmente les bavures, tout simplement, beaucoup plus que la sécurité. Mais qu'est-ce qui a
été dit à ces équipages ? Ces équipages-là, ils étaient sur le terrain. Ils
sont 2800, ils étaient 500 mobilisés ce jour-là, quand il y a eu l'acné du bazar. Assez
vite dans la journée.
Il leur a été demandé, après qu'il y ait eu deux véhicules détruits, regardez les images, les images de ma police municipale, je dis ma parce que je veux endosser cette responsabilité et pas leur faire porter sur eux, de leur véhicule caillassé à coups de barres de fer avec une de leurs collègues qui se retrouve avec des blessures liées au verre et des blessures à l'œil parce que la vitre, des bouts de bri de verre sont venus dans l'œil. À ce moment-là, on leur a demandé de se retirer. de la zone de confrontation. Tout simplement parce qu'ils ne sont pas plus formés que vous et moi et ils ne disposent pas de prérogatives légales plus que vous et moi. Si la droite n'est pas contente, et d'ailleurs c'est ce qu'elle avait en partie fait, elle change la loi. C'est ce qui était prévu notamment dans le cadre du projet de loi Retailleau, dit le Beauvau des polices municipales. Ce texte est encore une fois au limbe. On ne sait même pas où il est dans le tuyau législatif. De nombreuses associations
d'élus demandent de renforcer le pouvoir des polices municipales. Moi,
je demande surtout de clarifier les règles. Et en l'occurrence, le Beauvau des polices municipales permettait de bien clarifier qui fait quoi. La police municipale, elle est chargée. Elle le fait déjà beaucoup, mais je lui demande de le faire plus. Les cyclistes qui grillent les feux rouges, elle n'est pas chargée d'empêcher les gens qui ont des cocktails Molotov. de les envoyer sur les gens. Ce n'est pas sa mission légale. Et donc, je dis, c'est particulièrement juste. C'est comme si vous accusiez un gardien de square de ne pas intercepter un trafiquant de drogue. Ce n'est pas son métier, ce n'est pas sa formation. Et donc, la police municipale, elle était évidemment, je le rappelle d'abord, présente encore sur le terrain à Paris. où il y a ces missions courantes, parce qu'on oublie que pendant qu'il y a le 17 octobre et les manifestations violentes, il y a aussi toute la vie quotidienne qui continue. – On en avait un peu moins ce jour
-là.
Non mais pardon, on n'en a pas. C'est-à-dire que quand vous avez 70 000 forces de police qui sont concentrées à organiser le mouvement et à encadrer les mobilisations, c'est des policiers qui ne sont pas… les missions de proximité et de sécurité du quotidien partout nationalement sur le territoire.
Je voudrais revenir sur ce que vous avez dit il y a quelques minutes. Au début de cet entretien, vous vous avez demandé si vous saviez où étaient les policiers à Paris le 17 octobre. Vous avez dit non, je ne sais pas où était la police. Est-ce que ça veut dire que le maire de Paris, 2 millions d'habitants, siège de l'Elysée, Matignon, je passe là-dessus, n'est pas, la tour Eiffel, je pourrais continuer, n'est pas tenu informé dans les jours précédents ? Vous ne saviez rien ? Vous êtes comme
nous ? Peut-être pas comme vous, notamment parce que j'ai accès au réseau de vidéosurveillance qui me permet d'avoir... Mais vous savez pas où il y a une compagnie de CRS ? Je peux le regretter à titre personnel, mais c'est pas contraire au texte. C'est pas le maire de Paris.
Il y aurait une évolution à souhaiter de ce point de vue-là ? Moi, je vais vous dire,
je crois beaucoup. au couple maire-préfet pour faire fonctionner ce pays correctement. Mais dans un couple, il faut se parler. Dans un couple, il faut se parler. Mais d'ailleurs, nous l'avons fait mieux après le 17 octobre qu'avant le 17 octobre. Les textes, aujourd'hui, c'est qu'en matière de sécurité publique, il peut y avoir un dialogue, mais en réalité, c'est une prérogative exclusive de l'État et dans l'acmé de la crise dans les moments chauds. On ne m'appelle pas pour demander quoi que ce soit sur les patrouilles, sur ce qu'il faut faire, etc. Donc nous, on passe des coups de fil en disant attention, secteur signalé. On est utile quand même. Sur la remontée de terrain. Vous évoquiez la
commission d'enquête. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, sera auditionné mardi. Est-ce que vous pourriez l'être ? Est-ce que vous pourriez aller à l'Assemblée nationale ? J
'ai demandé à l'être. Vous avez demandé à l'être. J'espère. Mais comme j'espère, et tous les maires qui ont été confrontés à ça... Il ne faudra pas recevoir tous les maires, mais il faut trouver un format collectif. D'abord, je me plierai à ce que souhaiteront les députés parce que c'est eux qui décident. Mais moi, je dis ma disponibilité et même mon souhait d'être entendu. Non pas encore une fois seulement pour éclairer ce qui s'est passé le 17 octobre, mais pour faire en sorte que cela marche mieux dans l'avenir. Donnez un autre exemple qui est illustratif des différences. Et pardon, mais ça fait un peu picaillat et je comprends que ça lasse nos concitoyens. Mais après, c'est les textes et il faut les faire évoluer à Paris. La vidéoprotection est une compétence exclusive du préfet de police. Exclusive. Alors que dans les autres villes, c'est la mairie qui a la main sur les réseaux de vidéos surveillance. Moi, par exemple... Vous me demandez d'avoir la main. demande à mieux coordonner les choses. En l'occurrence, j'essaie de faire correctement mon travail. Je ne demande pas de compétences en plus, mais je demande à ce qu'on puisse avoir des cadres de discussion et de préparation. Par exemple, sur le parcours des manifs, qui est un peu au cœur du débat. Je comprends que ça lasse un peu les manifestants d'être contraints d'aller dans des endroits qu'ils n'ont pas choisis. En même temps, je pense que les organisations qui sont au cœur des manifs... comprennent qu'il peut y avoir une forme de lassitude quand c'est toujours le même endroit et la même rue qui est utilisée et donc éprouvée semaine après semaine. Mais je pense que trouver un cadre de dialogue dans lequel les maires seraient plus impliqués, et moi en particulier avec les maires d'arrondissement, pour discuter des parcours de manif, c'est une très bonne idée.
à l'extérieur de la ville, en périphérique ? Je ne les
soutiens pas. D'abord, ce n'est pas mon rôle. Je rappelle que la règle, c'est que ce sont les organisations syndicales qui choisissent leur lieu. Mais la réalité... Je vais vous la donner, moi, parce que je la connais, j'y habite. C'est qu'il y a une histoire sociale dans notre pays. Il y a une histoire sociale et une histoire de mobilisation qui est très concentrée sur un triangle qui est République-Bastine-Nation.
Pour Paris, oui, en effet. En vrai,
les organisations, on me dit pourquoi les manifs ne sont pas organisés porte-d'auteuil. Réponse, parce que les organisations ne veulent pas organiser les manifs porte-d'auteuil. Mais aussi parce qu'il y a eu une tendance à regrouper tout au même endroit. Moi qui habite à République, juste à côté. Il y a quatre manifs par jour à République. Il y a eu une tendance aussi à dire non partout ailleurs pour concentrer dans les mêmes endroits. Ça
ne vous choque pas plus que ça qu'on demande, vu ce qui s'est passé ces dernières semaines, que les cortèges évitent les centres-mêmes ?
Je pense que si on arrive à trouver un point d'équilibre, qui est celui d'avoir des manifestations spectaculaires, et j'ai trouvé que la manifestation d'hier était une très belle manifestation, mais celle du samedi d'avant... qui est la première qui a été organisée entre Port d'Italie et Port de Vincennes, elle était spectaculaire sur le plan des images, etc. Si on arrive à allier la liberté de manifester en sécurité et en même temps préserver certains quartiers qui sont tout le temps soumis à ces pressions, je pense au commerce, mais je pense aussi aux riverains, etc. Personnes à mobilité réduite, il y a des secteurs qui sont embolisés pendant extrêmement longtemps. Mais moi, en tout cas, je veux dire... Je suis attaché au fait que les manifestations, c'est un droit constitutionnel et que ce sont les organisateurs qui doivent prioritairement choisir leur lieu de manifestation. Et peut-être que plutôt que de se faire des trucs en... T.A. Conseil d'État dans la nuit. Jusqu'au vendredi soir. Conseil d'État qui a tranché à 4h du matin. Exactement. C'est une conséquence opérationnelle que chacun doit mesurer. Moi, derrière, je dois mettre en œuvre des mesures de prévention. Soit on dit on arrête tout et on ferme Paris complètement pendant X mois et donc on interdit la vie sociale. Enfin, c'est insoutenable pour l'économie du pays. Ce n'est pas seulement pour l'économie de Paris. C'est pour l'économie du pays, ça sera insoutenable. Et du coup, quand on a les choix trop tardivement, comment voulez-vous que moi, je fasse correctement mon boulot derrière ? en matière de mesures préventives pour retirer les trucs, les mises en sécurité. Là, ce qu'on a eu, c'est que le 17 octobre, le choix de la manifestation n'a été pris que le vendredi après-midi. Alors, on a bossé comme des dingues pour que le lendemain, ce qui fait que sur le trajet, ça s'est plutôt bien passé sur le trajet de la manif. Mais la semaine d'après, rebelote. Là, saisine du Conseil d'État avec décision à 4h du matin. Ce n'est pas une paille, la différence. La différence, c'est que vous avez un secteur porte de bagnolet. Maréchaux jusqu'à Port-de-Charenton. Et l'autre secteur, c'était Bastille Nation, République Nation. Ça aurait pu être discuté. Donc moi, je pense que l'une des bonnes mesures, ce serait au moins de prévoir les trajets plusieurs jours avant. en concertation des maires, des autorités de police et des organisateurs pour que d'ailleurs on puisse ranger les choses et faire en sorte que ça se passe du mieux
possible. Vous parliez il y a quelques instants des violences commises contre les forces de l'ordre et notamment de ce gendarme mobile qui hier a été visé à Paris, pas très loin du cortège, par un cocktail Molotov qui s'en est sorti heureusement avec une blessure assez légère grâce à son équipement. Il y a une enquête aujourd'hui qui a été ouverte pour tentative d'homicide. Est-ce qu'il y a une haine ? aujourd'hui chez certains contre les forces de l'ordre
'abord oui, je le pense évident de la part d'un certain nombre d'individus qui viennent pour faire mal quand vous jetez un cocktail Molotov sur quelqu'un, vous ne pouvez pas vous dire c'est pour rigoler, etc. Donc il y a le cas de la violence manifeste de la part d'un certain nombre d'individus contre la police, mais qui est une forme de violence physique qui traduit une violence sur une confrontation institutionnelle. Ils veulent casser du flic, pardon de le dire ainsi, mais c'est ça. Après, il y a le sujet différent. Est-ce
que vous mettez sur le même plan cette affiche qu'on voit beaucoup dans les cortèges aujourd'hui, Aqab, all cops are bastards, tous les policiers, tous les flics sont des bâtards, je traduis littéralement. Est-ce que vous considérez que ces mots-là, mènent à cette violence-là ? Ou est-ce que vous dites, comme Jean-Luc Mélenchon, c'est de la liberté d'expression ? On doit pouvoir tout dire.
Je ne suis pas à l'aise du tout, évidemment, avec ce que dit Jean-Luc Mélenchon là-dessus. Parce que j'entends sa petite musique sur le folklore de gauche et dans l'histoire... Il dit que
Brassens a dit des choses bien pires. Oui,
là-dessus, factuellement, il a raison. Prenez des chanteurs dans le folklore de gauche. Ou Renaud, le Renaud d'avant, pas celui qui embrasse les flics. Je l'aime beaucoup. Et comme quoi ? On peut faire plein de choses paradoxales. Et je me rappelle, je connais des gens qui sont très durs contre la police et en même temps qui étaient très en soutien de la police au moment des attentats, etc. Il y a une partie de la jeunesse. Honnêtement, entre nous, ça a été mon cas quand j'étais jeune. Vous avez dit des slogans anti-police ? Non, jamais. Je n'ai jamais dit ça. Vous n'avez jamais insulté les policiers ? Je n'ai jamais dit ça parce que d'abord, j'essaie de faire un truc qui est simple. C'est que je me projette dans la tête de celui qui est en face de moi, y compris quand c'est un adversaire. Et je me dis que c'est un humain. Je me dis que c'est un père, une mère, un frère, une sœur, peu importe. avoir de grandes différences avec lui, rien ne justifie l'insulte et encore moins la menace physique. Mais en gros, il y a cette partie de folklore de la gauche, etc., c'est pas ma cam, c'est pas ma tasse de thé, je ne dis pas ça et je ne dirai pas ça. Mais en même temps, il faut prendre conscience que dans la violence verbale... Il y a quelque chose qui initie aussi la violence physique dans la dureté. Et c'est la raison pour laquelle je vais inverser votre propos, dans lequel le ministère de l'Intérieur devrait montrer une exigence beaucoup plus forte sur la question des violences policières. Des enquêtes IGPN
ont été ouvertes. Oui, mais enfin, pardon, on fera
le bilan à la fin de combien aboutissent. Parce que, d'accord, le sujet, c'est des enquêtes, il y en a. Je ne sais pas, d'abord, je n'en sais rien combien il y en a. Plus d'une trentaine. Non, mais je lis le journal comme vous. Qu'est-ce qu'on en sait ? Moi, j'en sais rien. Donc, il faudrait, à la fin, aller vérifier combien ont été formellement engagés, combien ont été... Je vais vous donner mon sentiment. D'accord. Mais on verra combien... Ce que je veux dire, c'est... À la fin, on verra l'aboutissement de ces... Je vous le dis comme je le pense, je crois que le ministère de l'Intérieur, ce n'est pas une personne, c'est l'institution, devrait être beaucoup plus exigeant. sur la question des violences policières. Vous voulez dire que tous les policiers sont violents ? Non, je ne crois pas ce qu'on a dit. Vous allez essayer de dire jusqu'au bout. Ce que je veux souligner par là, Marc, vous le savez, il y a dans le débat public une injonction permanente à choisir son camp. Comme si vouloir, comme je le fais, défendre les policiers signifierait être indulgent avec les violences policières. Ou à l'inverse, comme si, comme je le fais, je soutiens le mouvement social, consisterait... à en excuser les dérives ou les excès. La réponse est non aux deux et je ne me tombe pas dans ce piège-là. La France insoumise
est émipégique sur
ce sujet-là ? La France insoumise peut parfois s'y laisser piéger. L'extrême droite le fait pareil. Et pour vous le dire, en étant maire d'un Conseil de Paris, quand j'entends les débats au Conseil de Paris sur ces sujets-là... trouve qu'il y a une dérive de posture qui consiste à se ranger dans un camp en oubliant tout sens de la nuance. Moi, je soutiens les mobilisations. Des manifs, j'en ai fait. Des manifs où je me suis fait bousculer par la police, j'en ai fait un paquet. J'ai arrêté depuis longtemps maintenant, mais je l'ai fait longtemps. Et on est beaucoup dans ce cas-là. Moi, on a d'autres armes que la manif pourrait y arriver. Et deuxième chose, je suis intransigeant aussi avec le respect de l'institution, avec le respect des forces de l'ordre. On a besoin d'eux. Il n'y a pas de République forte sans des autorités de tranquillité publique et de sécurité publique fortes. Et donc, je veux tenir cet équilibre-là. Et donc, je dis aux manifestants sont sincères, et je me mets dedans, soyons intransigeants vis-à-vis des casseurs. Et je dis au ministère de l'Intérieur, soyez intransigeants avec les violences communes. Dans lesquels je mets deux exemples. La complicité d'un certain nombre de forces de l'ordre avec des mouvements et des groupuscules d'extrême droite qui est documenté. Parlez
de complicité. Oui,
oui, pardon, de ce que j'ai observé. Encore une fois, il faut aller vérifier, faire des enquêtes. De ce qu'on a observé dans certaines villes, ce n'est pas le cas à Paris.
De poids, de mesures, c'est-à-dire de policiers qui peuvent être... Il faut être
intransigeant avec tout le monde si on veut que, entre guillemets... L'ordre tienne, si on veut que la concorde républicaine tienne, il faut être intransigeant avec les excès et les dérives d'où qu'elles viennent. Et pas seulement celles qui sont générées seulement par ses opposants. Il
faut qu'on avance. Emmanuel Grégoire évoquait aussi, vous l'avez dit, les conséquences économiques parfois insoutenables. Il y a ces commerçants, il y a ces pillages très nombreux, 3000 commerces sur toute la France. Un peu plus de 1500 sur la capitale. Et des images aussi qui vont rester. J'aimerais et on aimerait vous soumettre cette vidéo fabriquée en intelligence artificielle qui a circulé sur tous les réseaux. D'une certaine image de ce qu'est la capitale aujourd'hui. Regardez et on en parle ensuite. Oui, oui, vous êtes pour la tour ? Très bien, bienvenue mes amis, bienvenue à Paris City Tours. Aujourd'hui je vous montre la vraie Paris. Sous-moi, le fameux Moulin Rouge et bien sûr,
l'Eiffel Tower.
ici, voilà, la Mona Lisa. Et d'ici, vous avez la vue plus belle de Paris. Bien, ici nous sommes, votre hôtel. Au revoir. Ces images, encore une fois fabriquées en totale intelligence artificielle au lendemain de ce week-end de violences à Paris, ça vous fait sourire ou vous vous dites que ça va quand même laisser des traces indélébiles ?
D'abord, je ne les aurais pas diffusées. Moi, si j'avais cette responsabilité, parce que vous relayez d'une certaine manière une image qui a été... Avec toutes les prudences d'usage, encore une fois. En rappelant que c'est l'intérêt. Ça montre la puissance de l'image. Ce sont des vidéos, et ça c'est un des aspects que la commission d'enquête, j'espère, abordera, sur lequel je n'ai pas par définition d'information. Il y a incontestablement des mesures de déstabilisation extérieures qui viennent nourrir tout ça. Dans l'algorithmie... Oui, dans l'algorithmie, dans les vidéos, je l'avais effectivement vue celle-ci. Et je vais vous dire, déconnectée de ce que j'ai vécu, elle aurait pu me faire sourire. Vu ce que j'ai vécu, elle ne me fait pas sourire du tout. D'abord parce qu'elle est injuste. Elle est injuste. Rien de ce qu'on a vu dans ces images-là ne reflète la réalité. Il y a une différence entre faire un gros plan sur un commerce qui brûle. Les commerces qui brûlent à Paris... On n'a pas eu tant que ça le 17 octobre. Il y a un bar que je connais très bien dans le 10e arrondissement et je pense à ses propriétaires qui ont beaucoup souffert parce que non seulement ils se sont fait brûler leur barbe, mais en plus ils se sont fait casser la figure. Il y a eu d'autres tentatives que j'évoquais, mais grâce à nos pompiers extraordinaires, ils ont pu à chaque fois intervenir. Mais il y a un effet amplificateur. Et ce n'est pas anodin cette vidéo-là. a un écho avec ceux qui s'en saisissent au nom d'un combat politique, dans lequel je mets à la fois l'extrême droite française, dans lequel je mets l'extrême droite ou le champ de l'extrême droite internationale. Ce n'est pas anodin que Donald Trump ait à ce point repris le truc. Il l'a repris parce que c'est un élément narratif dans sa propre campagne électorale. pour expliquer que si les Américains avaient la mauvaise idée de voter démocrate, les États-Unis ressembleraient à cela. D'une forte ingérence de votre point de vue ? Bien sûr, on le sait, notamment en utilisant de l'algorithmie et probablement du sponsoring et de la manipulation de comptes de réseaux sociaux pour pousser ces contenus. D'abord, dire que ce n'est pas à l'image du pays, et peut-être vous dire là-dessus, ça me préoccupe évidemment beaucoup. La conséquence économique, je veux le dire d'abord, y compris aux irresponsables qui provoquent ça, ça ne touche pas le grand capital mondial, ce n'est pas le grand capital international qui a été déstabilisé le 17 octobre. Ce sont des petits commerçants, ce sont des salariés modestes qui gagnent le SMIC ou à peine plus que le SMIC pour l'immense majorité d'entre eux et qui se sont retrouvés au chômage technique. Ce sont des gens qui avaient mis toutes leurs petites économies. Vous avez les grandes
franchises aussi. Oui, mais ça, on fera
la bonne... Oui, d'accord. D'abord, généralement, derrière ces franchises, il y a un franchisé. Vous avez
une idée aujourd'hui, trois semaines après, du montant global des dégâts ? On a vu circuler des
chiffres. Oui, on parle de plusieurs centaines de millions d'euros et ce chiffre ne m'étonnerait pas. Ce chiffre ne m'étonnerait pas.
Et est-ce que vous avez des indications sur une éventuelle baisse de la fréquentation touristique ? Oui, on a
une première indication qui n'est pas très bonne. Il y a eu immédiatement des annulations qui ont suivi. Ce n'est pas dramatique. C'est difficile de la chiffrer, mais les Américains étant assez sensibles à ce genre d'enjeux, et en plus Paris, c'est un petit week-end bonbon, comme on dit, on vient pour passer un grand week-end, 2, 3, 4, 5 jours, donc c'est assez facile à annuler. Ce qui n'est pas très grave, c'est que c'est facile de le reprogrammer, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps. Et je le dis, ça ne déstabilise pas l'ordre établi, ce qui s'est passé le 17 octobre, ça déstabilise d'abord des milliers et des milliers de salariés modestes, de petits commerçants. qui ne demandaient pas grand-chose, si ce n'est à faire leur boulot. Comment vous
faites revenir les touristes après ça ? Est-ce que vous leur dites ce soir, profitant de cette interview sur le Figaro et sur BFM TV, revenez, soyez sûrs que tout va bien se passer, les violences, c'est fini. Je vais vous
dire, ils viennent beaucoup, tout le paradoxe de Paris, et peut-être c'est le paradoxe que vous voulez souligner de façon humoristique cette vidéo, c'est que notre pays est coutumier. de cette image de mouvements sociaux éruptibles. Peut-être pas à ce point-là. Deuxième chose, vous avez observé que ce n'est pas parisien comme phénomène. Ce phénomène de ras-le-bol contre la cherté de la vie, la crise du pouvoir d'achat, la crise de valeur, la question des angoisses sur l'avenir qui saisit la jeunesse, qui saisit tout le monde et qui est bien légitime et auquel je pense qu'on devrait avoir tous l'obsession de répondre. Je parle de la classe politique. Ça s'est vu à Milan. J'ai parlé beaucoup avec mes homologues à Rome, à Milan. Mais plus rare
à 6 mois d'une élection présidentielle. Ça, c'est le diagnostic du président de la République qui dit qu'il n'est pas normal que le pays soit dans cet état d'ébullition à 6 mois de l'élection suprême. Oui, ou à la 6
mois de la fin de son mandat, pardon d'être un peu... Oui,
ça peut... Les deux coïncités. Je
voudrais insister là-dessus. Est-ce que vous, sur cette analyse-là... Oui, on a un climat irrespirable de fin de mandat. Je le dis, tout le monde le sait. On ne parle que de ça les uns les autres, entre journalistes, personnalités politiques de tous bords d'ailleurs. Il y a un climat irrespirable et on se dit que ça ne pourra pas tenir comme ça jusqu'à la prochaine échéance électorale. Mais vous
sous-entendez quoi ?
Je sous-entends qu'on peut être parti pour des semaines de mobilisation sociale. Je vous donne mon avis, je connais bien ma ville. Demain matin, c'est reparti. Demain matin, c'est reparti dans les lycées parisiens. Ailleurs, je ne sais pas. Emmanuel Macron a dit pourtant
que la jeunesse a été entendue. Il fait référence aux réponses aux revendications. Il dit que ça doit se calmer. C'est votre analyse ? Pardon, je ne
parlerai pas comme ça à la jeunesse. En tout cas, je ne parle pas comme ça à mes enfants. La première chose, c'est que quand il y a une mobilisation sociale, il y a des demandes, il y a des revendications. On ne peut sans doute pas céder à tout, mais les manifestants ont le droit d'estimer qu'on n'a pas obtenu assez. Mais en même temps, vous dites qu'il faut que ça ne peut pas
continuer comme ça. Non, mais le problème avec
le gouvernement, il est simple, c'est qu'il y a une coagulation de mouvements sociaux qui n'ont pas forcément exactement les mêmes causes ou en tout cas les mêmes façons de sortir de la crise, quand je pense évidemment à la crise agricole. qui est gravissime, et notre pays a un devoir de solidarité avec les agriculteurs du pays. Quand je pense à la crise de tous ceux qui, économiquement, dépendent beaucoup de l'essence, et donc d'activité de logistique, activité à fort déplacement, etc., sur la question de l'augmentation des prix des hydrocarbures, etc., je pense à la jeunesse, sur la question de parcours sub, des moyens dans les lycées et dans l'enseignement supérieur. Les lycéens doivent retourner en cours demain ? C'est la rentrée. Je vous pose la question différemment,
pardon Marc. Vous, lycéens... Est-ce que vous retourneriez en cours demain ?
Moi, je vais vous dire, moi, lycéen tel que je me connais quand j'avais cet âge-là, non. Vous continueriez à bloquer votre lycée.
Mais est-ce que le maire socialiste, l'homme de gauche que vous êtes, encore une fois, on parle de la campagne présidentielle, on parle du rassemblement du 5 novembre prochain à l'appel de nombreux sadicats, et finalement, peut-être une succession de manifestations jusqu'au mois d'avril prochain. L'homme de gauche est face à nous ce soir souhaite... que ces manifestations se
perdurent dans le temps. Comme lycéen, j'aurais bloqué mon lycée, mais comme responsable politique, ça ne peut pas durer. Il faut qu'il y ait une réponse politique.
Mais pardonnez-moi, je voudrais quand même soulever deux questions. Et une reprise des cours demain pour être très précis sur ce point-là. Vous appelez les lycéens parisiens à reprendre le chemin de l'école ? Non, je n'ai pas
de conseil à leur donner. C'est ridicule si je leur dis... Vous êtes maire de Paris. Je ne vais pas ni leur demander de reprendre les cours, ni leur demander de ne pas reprendre les cours. D'abord, je vais vous dire un truc. Je pense qu'ils ne m'écoutent pas. Ils se moquent un peu de savoir ce que je vais dire là. Moi, ce que je veux dire, c'est comment je... pensent qu'on peut sortir de la crise. C'est plutôt ça qui est important. Et ça ne concerne pas que les lycéens, ça concerne aussi les enseignants, la demande de pouvoir d'achat, les salariés modestes, la question de l'augmentation du SMIC, la question du soutien. D'abord, il faut que le gouvernement clarifie une chose qui est fondamentale. Elle est un peu technique, mais c'est important parce que c'est dans le flou total. Nous avons un budget.
Initial.
Là, l'Assemblée, vous connaissez ça, moi j'étais deux ans député, donc j'ai fait ça deux ans, c'est horrible, ça ne sert à rien, passer des centaines d'heures en séance. Pourquoi ? Parce que soit un budget, il est adopté, soit il part en 149.3, soit il y a la voie des ordonnances. Votre intuition ? Mon intuition, c'est qu'il faut aller aux ordonnances. Pourquoi ? Parce que le 49.3, c'est organiser une succession de motions de censure qui ne fera pas avancer le schmilbic, et qui au contraire... Je pense renforcement à la crise sans offrir de perspective. Le gouvernement a une copie initiale du budget qui est totalement inacceptable. Il ne fait pas de doute là-dessus. Et en fait, il est coincé. Soit le budget est adopté, soit il passe en 49-3 sans que le gouvernement tombe par motion de censure. Mais ça veut dire qu'on a un truc horrible qui, à l'évidence, ne pourra satisfaire personne dans l'opinion publique. Donc je pense que le gouvernement doit faire un budget par ordonnance, mais qu'il doit prendre maintenant l'engagement. de faire soit une loi ordinaire portant diverses mesures pour compiler les réponses au mouvement social, il doit le faire dans le dialogue avec l'ensemble des formations politiques qui composent l'Assemblée nationale, soit de faire un projet de loi de finances rectificative qui viendrait immédiatement après. Pourquoi je dis « peu importe le véhicule » ? Mais en gros, il doit dire au mouvement social... Ce qu'il entend faire en prenant des mesures catégorielles en fonction de tous ceux qui ont des revendications urgentes en ce moment. Une mesure sur le SMIC qui peut passer par décret. Et puis, je le pense, dialoguer avec les forces politiques qui doivent ensuite voter cette loi ordinaire portant diverses mesures. S'il ne fait pas ça, pour l'instant, on est dans un flou total. Les annonces qui sont faites sur les lycéens ou les lancements supérieurs. C'est de la poudre de parler important, pour reprendre une expression chère au président. Parce qu'on ne sait pas dans quel texte législatif ça prendra pas en forme. Il peut faire croire que c'est dans des amendements budgétaires, mais ce budget n'ira pas au bout de toute façon. Et ce flou... Les organisations syndicales en sont parfaitement informées. Toutes les grandes confédérations ou organisations professionnelles savent parfaitement de ça. Il faut clarifier le véhicule et clarifier ce qu'on est dans.
Le temps file sur un tout autre sujet, mais qui a aussi profondément marqué le pays. La semaine dernière, à Trappes, un homme a été tué. Un attentat terroriste, raciste. Vous étiez à ce rassemblement ce vendredi soir, une semaine après ce drame. La droite, Valérie Pécresse ou encore Edouard Philippe, étaient eux à la... Vous, vous étiez avec Marine Tondelier, Olivier Faure, je crois. Jean-Luc Mélenchon était également présent. Ça veut dire que sur ces sujets-là, aujourd'hui, l'Union nationale est absolument impossible.
Oui, et je vous le dis, c'est triste. Effectivement, j'ai été attrapé. Je vous assure que je ne suis pas passé à autre chose. Ce qui s'est passé est un traumatisme pour le pays qui est profond. L'idée qu'en raison de supposer haine contre des races, déjà le concept en soi mériterait une émission entière. On puisse avoir des gens qui fauchent la vie à la mitraillette. Et c'est absolument insupportable. Les crimes racistes, les crimes antisémites me sont tout autant insupportables. Et c'est vrai que j'ai été surpris et je l'ai regretté qu'il n'y ait pas eu de représentants de droite. Je le cite, je le dis quand même, des conseillers de Paris, de centre droit de Paris, notamment Abdoulaye Kanté. J'étais très surpris qu'il ne soit pas là. Je vais en relayer une autre chose qui m'a troublé dans la semaine. J'étais moi-même à un 1er rassemblement le lundi, à l'appel d'associations antiracistes. Vous avez essuyé, c
'était plutôt pour simplifier, un rassemblement de gauche. Vous avez essuyé
vous des sifflets. Qui vous a sifflé ? Mais les mêmes qui crient tout le monde déteste la police ont crié tout le monde déteste le PS. Il y avait une partie de LFI, puisque j'ai bien identifié un certain nombre d'entre eux. J'ai cru comprendre d'ailleurs que LFI s'était désolidarisé de cela. Pourquoi est-ce que LFI vous siffle à un rassemblement contre le racisme ? Je pense qu'il y a deux raisons et elles sont toutes les deux mauvaises. La première, c'est que l'EPS leur apparaît comme une forme d'ultime obstacle leur stratégie d'hégémonie à gauche, pour un certain nombre d'entre eux. Je le dis avec... Un petit sourire amer, parce que beaucoup de ceux qui sont les cadres de LFI ont été plus longtemps adhérents du Parti Socialiste que moi, mais c'est une autre histoire. Et la deuxième raison, c'est le fait de ne pas pouvoir s'abstraire de ces médiocres intérêts particuliers dans des moments historiques qui le nécessiteraient. Et là, en l'occurrence, ce qui s'est passé à Trappes est un drame, et je veux saluer le maire de Trappes, Ali Rabé, qui a fait un très beau discours, un discours républicain, un discours que je considère... courageux parce qu'il ne cédait pas à la facibilité de la confrontation ou de la haine de l'autre. Dénonçant
des paroles racistes, dénonçant le Rassemblement national et un maire insoumis, Bali Bagayoko. qui dénonce une normalisation, je le cite, du racisme et qui veut interdire le RN dans les médias. Est-ce que vous considérez que c'est une atteinte à la liberté d'expression ? D'abord, je
partage les mots de Balibakayoko sur le fait qu'il y a un problème systémique avec le racisme dans notre pays. Je vais vous dire un message de vérité parce que c'est celui que je ressens tous les jours. C'est un racisme qui est d'origine parfois culturelle, mais c'est un racisme économique. C'est un racisme. Aujourd'hui, il y a des classes de petits blancs, il y a des classes de petits noirs, il y a des métiers qui sont quasiment tous racisés, etc. Non, je veux dire, il faut qu'on se regarde dans le miroir et notre miroir n'est pas beau. Et ce n'est pas le péché original de la gauche peut-être aussi ? Non mais si, alors que la gauche a des responsabilités là-dedans, c'est sûr, notamment parce que la gauche a toujours plaidé que c'était la question sociale. et les politiques sociales qui permettraient de lutter contre la discrimination, contre l'assignation à résidence, ça ne suffit pas. – Pardon, vous n'avez pas répondu sur l'interdiction du RN dans les médias ? – Non, je ne suis pas favorable, c'est la partie, j'avais une nuance avec Bali Bagayoko, je ne suis pas pour interdire, tout simplement, moi je veux vous dire, y compris… On va tout faire contre cela. Mais dans la perspective malheureuse où l'extrême droite gagnerait le pays, il ne faut jamais que les démocrates mobilisent des outils qui pourraient être mis en place à leur défaveur lorsqu'ils sont dans l'opposition. On n'interdit pas les gens parce qu'on ne les aime pas, parce que sinon un jour il y a des gens qui vont t'interdire parce qu'ils ne t'aiment pas. Et donc les démocrates, ils sont peut-être moins efficaces parfois, mais parce qu'ils doivent utiliser plus de nuances et plus de gravité dans les outils qui sont à disposition. C'est la raison, ça rejoint le sujet des manifs pour lesquels il faut manier. tous les outils subtilité, nuance et, entre guillemets, intelligence. Il nous
reste trois minutes. Emmanuel Grégoire, votre famille politique s'est choisie un candidat, d'une primaire, c'est Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous avez voté pour lui ? J'ai voté à
la primaire, mais je n'ai pas rendu... C'est pas ma question. J'ai pas compris. Vous posez la question que vous souhaitez et j'ai la liberté de répondre de la façon dont je souhaite. Non, mais vous le savez. En fait, pourquoi j'ai... Moi, j'ai voté à la primaire, évidemment, mais je n'ai pas voulu rendre public mon vote pour deux raisons. Le premier, c'est que je viens d'être élu maire de Paris en mars et j'ai qu'une obsession, c'est de dire aux Parisiennes et aux Parisiens que j'aime mon mandat, que j'y passe 20 heures par jour et ne pas me laisser happer par les débats nationaux. Vous auriez dit que dans ce cas-là, je ne vote pas à la primaire.
Ça, vous évitez la question. On
a le droit. Il y a même des journalistes qui ont voté à la primaire. Mais c'est votre candidat. Bien sûr que c'est mon candidat. Et la deuxième raison... C'est
votre candidat, vous avez voté à la primaire, donc vous avez voté pour lui. Et deuxième chose...
Non, non, je ne vous ai pas dit ça. J'essaye de traduire. Deuxième chose, j'ai pensé que ma parole... Je ne suis pas sûr que les militants de gauche attendaient ma parole sur le choix à la primaire. En revanche, je sais qu'ils attendent que je m'engage aux côtés du candidat de ma famille. Et vous le ferez ? Je le ferai totalement. En soutien à Raphaël Glucksmann. Il ne
finira pas comme Anne Hidalgo en 2022, 1,75% des voix. C'est le miracle
de la démocratie. C'est les électeurs qui en décideront, pas moi. Et donc, à nous d'être convaincants. On sait bien quel est le piège. Convaincants ou participer
peut-être à une coalition plus large. Je pense à Gabriel Attal qui propose une grande primaire. Je ferme
la porte à ça. Mais ce n'est pas ma famille politique. Ce n'est pas ce qu'on veut. suffisamment de confusion dans la vie politique qu'il y ait de la clarté dans les moments démocratiques essentiels. Donc je pense que ce serait une très mauvaise idée d'avoir une candidature commune avec le socle commun. Nous ne pensons pas la même chose. Ce qui n'interdit pas, quand on sait que de toute façon personne n'est assez fort pour gouverner le monde tout seul, de s'imposer après des négociations intelligentes, mais de la même façon qu'il faudra sans doute le faire. avec la gauche LFI, écologiste, communiste, avec le bloc central, parce que ce que je vois dans les sondages, je vous le dis avec gravité, m'inquiète beaucoup, c'est que la seule force qui aujourd'hui a une puissance suffisante, ou en tout cas bien plus importante que les autres, c'est l'extrême droite. Les autres, je pense qu'ils devraient être sérieux dans leur sincérité. Et dans leur façon de présenter leur programme, les électeurs choisiront. Et après, un peu d'intelligence pour protéger les sens.
Une minute, la dernière minute. Emmanuel Grégoire, pour le petit oral, ce sont des questions et des réponses plus courtes. Elles ont intérêt à être courtes parce que sinon la minute va filer vite. C'est Marie qui vous pose la première.
Réponse courte également. Est-ce que vous avez, Emmanuel Grégoire, des nouvelles d'Anne Hidalgo ? Est-ce que vous avez cherché à en avoir ? J
'en ai, elle va bien.
Elle va bien. Est-ce que
vous avez des nouvelles de Rachida Dati, votre opposante ? Je n'en ai pas, mais j'espère qu'elle va bien.
Kylian Mbappé a provoqué un tollé en Chine pour avoir qualifié Mao de dictateur. Il a dû présenter ses excuses face aux annonces de boycott en série. Est-ce qu'il a eu tort de s'excuser
'abord, c'est mon ballon d'or de cœur, je le dis, parce que je l'aimais énormément, ce joueur. Ce n'est pas la question. Je vais vous raconter une anecdote qui explique la difficulté de ce propos. Réponse courte. Sur Napoléon, qui est un personnage que j'aime beaucoup. Je disais quand même, Napoléon, c'est un grand homme. Un ami allemand me répondait... C'est un dictateur qui a massacré les peuples d'Europe. Il y a des circonstances historiques dans lesquelles les héros de quelques-uns sont souvent les dictateurs de quelques-uns. Dans quelle catégorie
vous vous rangez Mao ? Dictateur ou pas ?
Il est un peu des deux. Il est un peu des deux. Un peu un grand homme, un peu un dictateur. Mais bien sûr, c'est toute la difficulté. C'est comme vous me demandiez de juger Robespierre, Napoléon, etc. De l'art de la
subtilité également, c'est ça aussi.
Et d'arrêter de se mettre dans des casses comme ça. Mao Zedong a été un leader de la modernisation de la Chine. Et on comprend que pour la Chine, et pas pour le régime chinois, pour les Chinois eux-mêmes aussi, avec respect. Il représente un moment de dynamisme et d'expansion et de renaissance. Une réponse
courte, Emmanuel Grégoire, ce n'est pas possible. On ne
répond pas à ce sujet de la dictature et des valeurs avec une réponse courte ou alors elle est forcément mauvaise.
Peut-être dernière question. On se souvient de cette image de vous à votre victoire pour la mairie de Paris, traversant les rues à Vélib.
Vous
l'utilisez toujours un peu le Vélib ? Vous êtes venu ce soir avec ou pas ? Non,
je ne suis pas venu au Vélib. Et pour tout vous dire, je n'utilise pas énormément le Vélib. J'utilise beaucoup mon vélo personnel. J'ai un vélo électrique personnel. Moi, mon mode de déplacement, je prends beaucoup de métro pour être transportant avec vous parce que c'est mon bureau. Je fais mes mails et tout ça. Sinon, le soir, quand on pédale, on n'a pas le droit, je le rappelle, de lire ses mails et de répondre au téléphone. Et donc, j'utilise un peu de touche. Je suis comme un Parisien, je pense, de base. Des fois, c'est la voiture. Des fois, c'est le vélo. Très souvent, c'est le métro. Et le plus souvent, en réalité, il ne faut pas l'oublier, c'est « Je marche ». Merci Emmanuel Grégoire d'être venu
ce soir au Grand Oral. Merci au public qui nous a fait l'amitié de participer ce soir pour vous inscrire pour le Grand Oral. Ça se passe sur wiclap.fr.
Merci beaucoup Emmanuel Grégoire.
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