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Je pense que si j'étais blanc, il n'aurait pas fait usage de son arme. Et moi, je pense que ce qui a motivé cet acte-là, précisément, c'est un sentiment d'impunité. Dimanche, en fin d'après-midi, vers 18h, on voit qu'il y a pas mal de groupes de jeunes qui traînent un peu au centre-ville et on a eu des alertes comme quoi certains pourraient s'organiser pour essayer de vandaliser un commerce. Je descends au niveau de la place des tilleuls et dès que je vois des jeunes, je leur demande de s'écarter, voire de partir. parce que l'intervention de police a commencé. Je reste, j'observe plusieurs instants, notamment avec mes collègues. Et là, on voit le début de la vidéo se lancer avec un policier de la BAC qui me pousse à plusieurs reprises. Donc je lui dis que je suis adjoint au maire. Je suis adjoint au maire ! Et que du coup, tout ce fait, il doit comprendre que je souhaite aussi observer la suite de l'opération. Il me pousse à plusieurs reprises. Et là, un des policiers, un fonctionnaire de police en uniforme, qui n'a pas assisté au début de la scène, s'avance vers moi et là, me gaze sans aucune raison. pas de sommation, il n'y a aucune raison qu'il utilise son arme, avant lui aussi de me tourner le dos, preuve une nouvelle fois que je n'étais pas un danger et que je ne gênais pas l'opération, et il repart sur ses pas comme si de rien n'était. J'ai eu évidemment extrêmement mal aux yeux parce que c'était à bout portant, et encore heureusement que j'avais mes lunettes parce que je pense que ça aurait pu être pire, parce qu'il a immédiatement visé mon visage. J'ai eu des sensations de brûlure quand même assez fortes au niveau du cou, parce que quand je me tourne, c'est cette partie-là qui prend directement le gaz lacrymogène, et j'ai eu pareil. des sensations de brûlure au niveau de l'oreille et j'ai même un peu pelé pour dire vraiment que c'était une arme. Nous sommes, avant d'être de gauche, des élus. notre fonction doit être respectée. Mais manifestement, et probablement aussi encouragée par certains discours politiques, quand on a des ministres qui viennent expliquer que la gauche, pour ne pas dire la France Insoumise, incite à la casse, etc., sans absolument le prouver puisque c'est totalement faux, d'une certaine manière, on autorise les policiers à dire qu'ils font partie des casseurs. Finalement, ils méritent un peu. Voilà, ils méritent. Faites ce que vous faites aux casseurs. Élus ou pas élus, faites ce que vous faites aux casseurs. Et c'est extrêmement grave parce qu'on est en train d'observer une pente. où effectivement, en fonction de si on a un élu plutôt proche du pouvoir ou plutôt contestataire, ça peut nous exposer à certaines réactions de la part de la police qui est censée juste protéger et servir.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.