Chargement...
Chargement...
Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Jordan Bardella a-t-il, oui ou non, écrit des messages antisémites ? Trois jours après ces révélations de choc, le site Mediapart dévoile ses preuves. D'abord des conversations entre ce qui serait le compte de Jordan Bardella et son entourage entre 2013 et 2014. Les messages ont été transmis directement par la maison mère de Facebook, puis authentifiés par un huissier. Et ensuite... Comment Mediapart peut-il affirmer que c'est bien Jordan Bardella qui en est l'auteur ? Selon les journalistes, le compte en question donne tellement d'éléments très précis sur la vie intime, la vie privée de Jordan Bardella que ça ne peut être que lui. Le président du RN dénonce un montage grossier. Et Marine Le Pen reste étrangement silencieuse. Nouvelle preuve de Mediapart, jusqu'où Jordan Bardella peut-il nier ? C'est le titre de notre émission ce soir avec Bruno Jeudy. Bonsoir.
Bonsoir Aurélie.
Ça faisait longtemps Bruno, vous êtes directeur. déléguée, éditorialiste à la Tribune dimanche. Et dans votre prochain numéro, un dossier sur la crise lycéenne. On aura l'occasion d'en parler aussi ce soir. Christophe Barbier, bonsoir.
Bonsoir Aurélie. Vous
êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction Affrontireur. Anne Rosanchard, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice déléguée de la rédaction de l'Express. Elle a une cette semaine, Poutine, les nouvelles menaces sur la France. Et je rappelle votre livre, Un chagrin français, publié aux éditions de l'Observatoire. Et enfin, Abel Maître, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes éditorialiste au Monde, vous avez suivi l'extrême droite de 2009 à 2010. à lire votre enquête Jordan Bardella, une jeunesse au FN sous l'influence idéologique d'Alain Soral. Et je rappelle votre livre avec Caroline Monod, Le système Le Pen chez De Noël. Que valent les preuves produites par Mediapart pour attester que Jordan Bardella a produit des écrits antisémites ? C'est d'abord une enquête très technique, Bruno Jeudy. On va la décortiquer ce soir. Tout part d'une conversation sur la messagerie Facebook Messenger entre Jordan Bardella et deux personnes.
Exactement, ça nous ramène en 2013, à l'époque où on échangeait sur MSN. C'est vrai qu'on exhume une façon de converser qui n'existe plus aujourd'hui. Mais c'est à cette époque-là que Jordan Bardella, qui n'était pas majeur, échange avec des proches, des amis. Mediapart fait état de deux sources différentes. Qui ne se connaissent pas. Qui ne se connaissent pas. Et à partir de leurs échanges, Mediapart a enquêté et obtenu, extirpé en quelque sorte, les messages grâce à Meta. Oui,
en fait, une de ces sources a demandé à Meta, comme on peut le faire, on le découvre aussi ce soir. Donc la maison mère de Facebook lui a dit, je veux l'historique de mes conversations. Facebook les a renvoyées.
La personne qui a demandé, qui les a obtenues et qui les... que Mediapart a pu consulter.
Et ça, ça nous montre quoi ? Ça veut dire que ces conversations ne peuvent pas avoir été modifiées depuis 2013 ?
Exactement. Dans sa défense, Jordan Bardella lui dit que ce sont des faux. Il laisse entendre que ce serait un faux conte, qu'on aurait parlé à sa place. Si c'est le cas, la personne est très machiavélique. Elle aurait inventé des messages en 2013 pour les publier 10, 12 ou 13 ans plus tard. Bon, c'est sa ligne de défense, elle paraît assez fragile. En tous les cas, l'enquête est assez solide. Maintenant, il reste un angle mort qui est que nous, journalistes, on ne peut pas vérifier à 100% que c'est bien son compte, son compte de l'époque. C'est sans doute maintenant l'autre élément. Alors l'enquête n'est peut-être pas terminée, Mediapart a sans doute d'autres éléments, mais ça devient accablant pour Jordan Bardella.
Est-ce que vous êtes d'accord avec ça Christophe Barbier ? Est-ce que ça devient accablant, sachant que, je le précise, il n'y a pas la preuve ultime ? Est-ce que c'est vraiment ce conte Jordan Bardella qui a eu des écrits antisémites ? Est-ce qu'on peut vraiment le dire comme ça ? L'argumentaire de Mediapart, c'est de dire les informations, les éléments autobiographiques sont tellement précis que ça ne pouvait être que Jordan Bardella, quand il dit être passé dans le passé. parisien à cause de sa pétition contre la suppression de la bourse au mérite, quand il se demande d'avoir aidé des migrants à apprendre le français. Tous ces éléments, on va les retrouver 11 ans plus tard dans les mémoires de Jordan Bardella. Comment une personne a pu avoir ces infos aussi précises 11 ans plus tôt ?
Oui, ce qui est attesté par cette deuxième publication de Mediapart, c'est la solidité de leur processus de vérification. Pour aller plus loin et aller jusqu'à la vérité judiciaire scientifique, il faudra sans doute attendre les événements. éventuelles enquêtes que la justice déclenchera puisque Jordan Bardella a porté plainte, ou bien des compléments techniques sur l'authentification du compte émetteur. Les dégâts politiques sont déjà réels pour Jordan Bardella. C'est-à-dire que tout son discours sur la dédiabolisation du RN, sur son parcours irréprochable, pur, de ce côté-là, est mis à mal. D'autant qu'à côté de cela, on voit surgir, mais ce n'est pas la première fois. Il y en a déjà eu dans des articles de presse, il y en avait déjà eu dans la biographie de Pierre Stéphane Faure, le grand remplacé. On a des éléments d'ambiance qui montrent qu'à l'époque, à cette époque-là, Jordan Bardella fréquentait des cercles qui, eux, officiellement, sans s'en cacher, baignaient dans l'antisémitisme ou dans des idéologies proches. Donc les deux convergences, ça fait un véritable problème politique pour lui et pour Marine Le Pen.
Est-ce qu'au vu de ces dernières révélations de Mediapart qui fournit donc les preuves, c'était hier soir à 18h, est-ce qu'on peut dire qu'il n'y a plus de doute possible à de Rosancher ?
Écoutez, il y a en tout cas un faisceau de preuves convergent qui montre une méthode extrêmement rigoureuse et qui fait que globalement, l'homme de bonne foi ou la femme de bonne foi qui va s'informer va se dire que quand même, visiblement, ce serait compliqué que ce soit des faux absolus. Après, pour le vérifier, pour en attester vraiment, c'est la justice qui aurait des moyens encore plus grands de le prouver. annoncer vouloir porter plainte. Je ne sais pas si Mediapart a reçu déjà cette plainte, parce que ce qu'on sait, c'est que par exemple, il avait déjà dit qu'il voulait porter plainte contre, je ne sais plus, c'était un complément d'enquête, etc.
Au moment
où, complément d'enquête, je crois, avait dit qu'ils avaient vu un compte Twitter anonyme qui aura appartenu à Jordan Bardella, où il avait été dit des choses extrêmement... radicales, voire racistes, etc. Et il avait annoncé vouloir porter plainte et s'était arrêté avant, là où la justice aurait pu éventuellement faire la lumière intégrale sur la question. Donc est-ce que là, il va aller jusqu'au bout ? Et dans ces cas-là, combien de temps mettrait la justice à établir les faits, etc. ? Tout ça, pour l'instant, ce sont des scénarii, on va dire, dont on ne peut pas nous prédire ni dans quel sens ils vont partir, ni le... le timing, entre guillemets, le calendrier auquel il se déroulerait.
Les révélations sont tombées hier soir. Toujours pas de réaction de Marine Le Pen. Il y a celle de Jordan Bardella.
ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite. Maintenant, je n'aurais évidemment pas tenu les propos qu'il a tenus sur le point de détail. Alors
vous comprenez bien qu'il s'agit d'une archive, on la décryptera plus tard. On va écouter la toute dernière réaction de Jordan Bardella aux preuves avancées par Mediapart. On va l'entendre tout de suite. Quels sont très précisément les éléments qui permettent aux journalistes de dire que Jordan Bardella est l'auteur de ses écrits antisémites ? Nicolas Fleury, Aurélie Sanner.
Mediapart avait promis des preuves. Hier soir, le journal a publié les documents originaux. Ces messages antisémites que le site d'information attribue à Jordan Bardella. Les banques sont toutes détenues par des juifs. Les journalistes dévoilent les coulisses de leur enquête.
Nous publions ces documents et vous faisons la démonstration qu'ils sont authentiques et qu'ils sont ceux de Jordan Bardella.
Le président du RN continue de nier être l'auteur de ses écrits. Je suis concerné par la légèreté de cette enquête.
Mediapart n'a avancé absolument aucun argument. Donc nous en expliquerons devant la justice
et je pense que Mediapart pourrait se renommer Mediaflop.
C
'est le scandale qui a secoué le RN toute la semaine. Je
ne sais même pas de quoi vous parler, mais ça me paraît tellement dingue.
Hier, Mediapart prend donc le soin de détailler ses méthodes. Le journal dit avoir récupéré ses échanges sur l'application Facebook Messenger auprès de deux sources différentes, s'appuyant sur l'une d'elles pour établir leur véracité.
Pour s'assurer qu'ils sont authentiques, nous lui avons demandé de solliciter Meta, la maison mère de Facebook. L'extraction de ces données par Meta a été certifiée par un huissier. Elle nous permet d'affirmer également que cette conversation n'a subi aucune modification depuis 2013.
Qu'importe pour le RN qui y voit une campagne de dénigrement.
opération de déstabilisation. Le but n'est pas de dire une vérité qui n'existe pas sur le jardin de Bardella de la part de Mediapart, c'est de salir, de diffamer. Selon le vieil adage, salissez, salissez, diffamer, diffamer, il en restera toujours quelque chose.
Depuis hier, pas de commentaires de Marine Le Pen. Elle, qui avait été si virulente ces derniers jours.
Nous allons démonter cette manipulation et nous saurons qui est derrière. cette manipulation. Donc maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar.
Kevlar, la matière des gilets pare-balles. L'analogie sonne comme une menace.
puisqu'ils ont manifestement envie de jouer aux petits soldats dans une sorte de guerre de tranchées, demandant des éléments de notre enquête. Nous les publions avec un degré de vérification. que je peux qualifier de scientifique. Ce n'est pas 99,99%, c'est 100%.
Alors, faut-il croire les dénégations de Jordan Bardella ? Le ministre de la Justice a sa réponse.
Moi, je trouve que c'est un débat vraiment de faux cul. Quand on a 16, 17 ans, 18 ans, qu'on est militant du RN de Jean-Marie Le Pen et qu'on écoute Alain Soral, oui, on a sans doute eu des propos antisémites. Tout n'est pas sur le sans doute. Si c'est établi, ça ne change pas. On voit bien que le Rassemblement National n'est pas le lieu de protection des Juifs. Ça se saurait. Ou alors, je n'ai pas bien compris mon histoire de France. Ce n'est pas ma question.
À gauche, les appels à la démission du président du RN se
multiplient. Je trouve sa réaction absolument stupéviante. C'est du Trumpisme. Il n'y a plus de réalité, on ne peut plus rien démontrer. Je crois que l'enquête de Mediapart sur ce sujet est sérieuse et que M. Bardella devrait en assumer les conséquences.
Est-ce qu'il peut rester député européen ? À mon avis, c'est complètement incompatible.
Jordan Bardella ne l'entend pas ainsi. Dès la publication des documents de Mediapart, il dit avoir porté plainte contre le journal pour faux et usage de faux.
comment vous analysez justement cette réaction de Jordan Bardella qui dit avoir porté plainte, c'est à vérifier, qui qualifie Mediapart de mediaflop, qui dit les pseudo-preuves sont enfin sorties, des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus.
On s'interroge sur les raisons de cette ligne de défense. Tout le monde voit que ça ne tient pas, Bruno Jeudy le disait, ça ne tient pas très longtemps l'épreuve des faits. Il aurait pu faire comme son proche François Paradol, dont Mediapart avait révélé la proximité avec Alain Soral il y a quelques mois, dire voilà c'était une erreur de genèse, j'ai changé. Il ne le fait pas, on a l'impression qu'ils veulent gagner du temps quand même au Rassemblement National parce qu'ils ont une échéance qui est importante, c'est celle du Congrès, qui a lieu dans à peine un mois, le 25 octobre je crois, de mémoire. C'est le seul candidat en liste. Les candidatures sont closes. Enfin, ça va être très compliqué pour eux de devoir démettre Jordan Bardella avant cette échéance. En plus, dans l'ambiance de la campagne électorale où il était censé apporter un apport à Marine Le Pen envers la jeunesse, envers une partie de la droite, envers une partie du patronat. Donc ils essayent de... de gagner du temps. C'est ce qui explique aussi leur choix judiciaire, de stratégie judiciaire. Alors ça, il
faut nous l'expliquer. En quoi le fait de porter plainte avec constitution de partis civils, ça permet de gagner du temps ?
Parce que ça prend du temps d'audiancer l'enquête, que le procès ait lieu. C'est en gros un an, un an et demi, donc après la présidentielle.
Ils pouvaient faire quoi d'autre ?
Par exemple, la citation directe, qui est une procédure plus rapide. Il y a d'autres procédures aux civils aussi, qui sont plus rapides. La citation directe avait l'avantage de... d'obliger Mediapart à faire une offre de preuve et lui à dire, voilà, moi j'ai une contre-offre de preuve et je montre pourquoi ces éléments sont faux. A priori, ce n'est pas le choix qu'il a fait. Donc c'est
étrange. C'est étrange,
mais en tout cas, ce n'est pas étrange si on se met à leur place et dans leur perspective de gagner du temps, encore une fois, et d'essayer... de permettre à Marine Le Pen et au parti de dire, tant que la vérité judiciaire n'a pas été établie, on peut le croire. On peut le dire de deux façons.
On peut le voir comme une stratégie, en effet, parce qu'il y a le Congrès et qu'il y a la présidentielle, etc., donc gagner du temps, mais aussi certains peuvent se dire, s'il est innocent, pourquoi ne veut-il pas le prouver au plus vite ? Pour se décharger de cela.
Puis Christophe Barbier l'a dit, c'est que non seulement il y a cet élément, mais il y a aussi le poids que ça va prendre dans la campagne électorale, dans la campagne présidentielle. C'est-à-dire qu'à chaque fois que Marine Le Pen sera en débat, quelqu'un lui ressortira les citations de Jean-Dan Bardella et lui posera la question de savoir pourquoi il est toujours en place. À chaque déplacement, on l'a connu quand on a suivi le Front National, donc l'ancêtre du RN, il y a quelques années, il y avait des contre-manifestations, des associations antiracistes, des associations de défense des droits de l'homme qui avaient peu à peu disparu. Je pense qu'ils en viendront. Donc voilà, ça va créer une ambiance quand même pas très dédiabolisation.
La question de Philippe dans les Bougirons. Marine Le Pen a-t-elle réagi aux nouveaux éléments de preuve apportés par Mediapart
Non, à cette nouvelle salle, il n'y a pas de réaction. A la première, il y avait la réaction qu'on a un peu entendue. C'est dingue, c'est une dinguerie. Donc elle ne venait pas sur le fond. Et puis elle a participé d'abord du parti qui fait bloc autour de son président Bardella, mais aussi de la mise en cause des opposants politiques et de cette idée de machination. C'est très compliqué pour elle parce qu'elle a érigé Jordan Bardella en numéro 2 sur le tandem, sur le ticket pour la présidentielle et pour Matignon. Elle en a en effet besoin pour toute une série de raisons qui ont été dites. Donc elle ne peut pas le lâcher maintenant. Mais elle devra estimer à partir de quel moment il devient un boulet. Avoir choisi la stratégie judiciaire longue, c'est en effet étrange. Si vous êtes sali par quelque chose que vous savez faux, vous avez envie que la justice se prononce très très rapidement. Si là il donne du temps, c'est uniquement parce qu'il compte sur une alliée. Et cette alliée, c'est l'opinion. Il espère, elle espère aussi que dans quelques jours, des sondages vont expliquer que pour l'opinion, ça n'a pas tellement d'importance. C'est pas bien, mais... il avait 17 ans, et puis les problèmes de la France font qu'on se concentre sur l'élection. Et si ça montre autre chose
?
Si ça montre autre chose, là le problème sera pour Marine Le Pen. Comment garder à l'arrière du tandem quelqu'un qui vous tire vers le bas ? Si Marine Le Pen perd 2, 3, 4, 5, 10 points dans les sondages sur des franges électorales conquises récemment, par exemple des gens qui venaient plutôt du vote ELR, de l'ancien vote UMP, là elle devra se poser. La question, il était un ticket, est-ce qu'il ne doit pas devenir un fusible ?
On va essayer de répondre à cette question. Jusqu'où Bardella peut-il nier ? C'est le titre de notre émission et vous êtes avec nous, Barbara Gabriela Belaïde. Vous êtes experte en cybersécurité, fondatrice et directrice numérique et cybersécurité de SternTech. Comment savoir si c'est bien Jordan Bardella qui est derrière ce compte ? Quelle serait pour vous la preuve ultime ?
Alors, c'est difficile en termes de cybersécurité de parler de preuves ultimes. On peut parler du fichier technique et l'export qui a été réalisé. C'est un export technique. Derrière, on a un fichier qui contient des données. Derrière ces données, c'est un identifiant. Un identifiant, c'est une série de chiffres uniques qui est attribué à un compte. Et ce chiffre est éternel, on va dire. Et donc, dans ce contexte-là, nous avons un expéditeur. et un destinataire. Donc on a bien deux ID différents. Et cette ID dépend de l'adresse mail ou du téléphone qui a créé le compte sur Messenger ou sur Facebook. Donc derrière sont rattachées évidemment des informations. Nous, on peut faire les liens techniques. Mais qui a créé le compte avec cette telle adresse mail et tel téléphone ? il y a 15 ans, ça, je ne peux pas dire que c'est Jordan Bardella. Ça, c'est une recherche supplémentaire qui devra se faire, qui est d'identifier que cette adresse mail était bien à Jordan Bardella en 2013. Et c'est ma question, comment on fait alors ? Alors là, c'est de l'investigation. Nous, on va parler technique, on va parler des traçabilités. On peut parler aussi des adresses IP, c'est-à-dire à partir de quelle adresse IP ces messages ont été envoyés. Une adresse IP est une série de chiffres qui est attribué à des objets connectés qui permettent de communiquer sur Internet. Donc, c'est à l'instant T, à chaque moment, on sait. à partir de quelle adresse IP a été envoyé ce message, on peut connaître le lieu, on peut connaître la date et l'heure, et potentiellement on peut connaître aussi l'abonné. l'abonné quand on est avec un fournisseur d'accès Internet. Mais ça, pour avoir l'abonné de l'adresse IP, là, c'est la justice uniquement qui peut réclamer. Nous, on ne peut pas demander. Enfin, nous, journalistes ou experts en cybersécurité, nous ne pouvons pas récupérer les abonnés qui sont derrière les
adresses IP. Merci beaucoup pour cet éclairage. Enfin, j'ai enfin la réponse. C'est-à-dire que même si ça date il y a 13 ans, Bruno Jeudy, la justice pourrait très bien remonter jusqu'à Jordan Bardella ou pas. C'est-à-dire qu'il est possible d'avoir la réponse à cette question ?
Absolument, la justice régulièrement remonte des comptes et identifie les propriétaires. Donc pour la justice, c'est tout à fait possible. C'est vrai que la question qui se pose, c'est le choix de la stratégie judiciaire de Jordan Bardella. qui signe, j'allais dire, au minimum l'embarras du parti, au pire, forme d'aveu implicite. Jordan Bardella ne veut pas que la justice s'empare rapidement de cette affaire. Alors, il y a le calendrier pour des affaires partisanes, la présidence du parti. Il y a aussi de gagner du temps, parce que c'est vrai que cette campagne, elle est à la fois pas très loin, et puis ça peut peut-être tenir. Les candidats en campagne, ils disent ça va tenir. On a déjà connu des candidats qui avaient des ennuis judiciaires en début de campagne. Ça ne s'arrange pas au cours de la campagne. Peut-être que Jordan Bardella fait ce calcul et Marine Le Pen avec. Je suis un peu surpris quand même que Marine Le Pen n'ait pas réagi hier après la deuxième salle de Mediapart. Je ne sais pas, c'est difficile à interpréter. En tout cas, ça peut être de l'embarras. Ça peut être aussi que Jordan Bardella, parce qu'elle a d'expérience des campagnes, elle a déjà vu des campagnes sous pression, avec des affaires, avec des incidents. C'est un fait de campagne majeur en ce début de campagne. Est-ce que Jordan Bardella ne va pas devenir le boulet de Marine Le Pen ? La question est posée. On verra bien. Mais surtout,
est-ce qu'elle est en train de le lâcher ? Si on remonte le fil, et c'est intéressant, Mediapart avertit Jordan Bardella de cette enquête et lui envoie des questions ce week-end. Après la messe du pape, Jordan Bardella n'était plus en présence de Marine Le Pen et visiblement, il ne l'a pas informée. Elle a appris très tard et quand elle dit que c'est une dinguerie, on a l'impression qu'elle l'apprend en même temps que nous. Peut-être qu'Edune, elle lui en veut et que de deux, elle se pose la question de le lâcher bientôt ? En
tout cas, elle doit être très embêtée, même politiquement, parce que cette lumière éclaire quelque chose qu'on savait du Rassemblement National. Mais là, ça le met en lumière de façon très crue. C'est que c'est un parti, un mouvement qui est composite entre l'ADN hérité du Front National, Canal Historique, Jean-Marie Le Pen, où il continue d'y avoir, dont sont issus toujours des cadres du parti, des élus du parti, des directeurs de cabinet. des responsables de presse, etc. On le sait, donc il existe encore un lien organique entre ce vieux Front National et le Rassemblement National d'aujourd'hui, dont Marine Le Pen, depuis 15 ans, est en train d'essayer d'imposer un autre discours avec de nouvelles incarnations qui sont beaucoup plus tournées vers, on va dire, l'idée de la fracture sociale, géographique, culturelle de la France qui se sent lésée par la... mondialisation, par la métropolisation. On a bien vu son discours de rentrée qui était essentiellement sur le logement et donc qui vise des électeurs déçus de la gauche populaire, de la droite populaire, des Français des classes moyennes ou populaires et qui... comment dire, vote aujourd'hui, entre guillemets, Marine, parce que c'est ainsi qu'il l'appelle, mais ne voterait pas pour son père. Et donc, jusqu'à maintenant, la tectonique du Rassemblement National, ce qui lui permet d'atteindre l'étiage auquel il est au premier tour aujourd'hui, c'est-à-dire quand même entre 12 et 17% au-dessus de n'importe quel autre concurrent au premier tour, c'est d'avoir conservé les premiers, je dirais, tout en en attirant de nouveaux qui ne seraient pas effrayés par les... premier, dans cette espèce de stratégie, de dédiabolisation, etc. La question qui se pose, c'est à quel point est-ce que ça tient face à ce genre de révélation et surtout face aux mensonges qu'il peut y avoir derrière. C'est-à-dire que quelque part, là, les Jordans de Bardella s'enferrent là-dedans. Est-ce que Marine Le Pen va se dire « mais en fait là, c'est trop évident, les gens vont de toute façon penser qu'il a écrit ça ». et que nous le planquons. Et dans ces cas-là, elle pourrait être en effet peut-être amenée dans sa stratégie de dire, moi je vise un étiage de français qui ne se résume pas au FN canal historique, de peut-être, j'en sais rien, je ne suis pas du tout dans sa tête, mais en tout cas de prendre de grandes distances.
Est-ce qu'on sait s'il y a des réunions de crise où on envisage chacun des scénarios, et il y a celui-là qui semble évident aujourd'hui, si Mediapart continue à faire d'autres réponses ? où s'il est définitivement confirmé que c'est bien Jordan Bardella qui a eu ses écrits antisémites, il se passera quoi
Marine Le Pen, déjà, ça doit lui rappeler aussi des passages de sa présidence avec son père qui multipliait les sorties antisémites alors qu'elle était sur une stratégie de conquête du pouvoir. Et ils ont bien vu au Rassemblement National, enfin d'abord au Front National puis au Rassemblement National, qu'ils arrivaient à passer un cap à partir du moment où ils coupaient. le cordon, avec Jean-Marie Le Pen, et en disant, voilà, maintenant on est irréprochable, on a même viré le cofondateur, on ne peut plus nous faire ce procès. Là, elle recule de trois cases, Marine Le Pen, quand même, puisque c'est le président qu'elle a elle-même, alors il a été élu, mais bon, elle l'a désigné quand même, c'était son poulain. C
'est son fils spirituel ?
Peut-être pas, mais en tout cas, elle voulait que ce soit lui qui prenne le parti à sa suite. Donc c'est sa création, en tout cas si ce n'est pas son fils spirituel. Et on voit que ça revient avec les vieux démons du Rassemblement National et du Front National. Donc j'imagine qu'il doit y avoir des rayons de crise à cette... à cette précision près, plutôt, c'est qu'au Rassemblement National, on n'a pas une culture du dialogue et de l'échange extrêmement développée. C'est quand même quelque chose de très vertical. Tout se passe en face à face entre Marine Le Pen et ses conseillers. Il n'y a pas d'instance démocratique où on peut discuter.
'est-à-dire que Jordan Bardella peut très bien apprendre demain qu'il est débranché. Ça peut se faire de façon aussi verticale.
Jean-Marie Le Pen l'avait appris un peu comme ça. Donc j'imagine que si son père et son cofondateur du parti... Il a appris qu'il ne serait pas candidat...
Il a appris le fameux mardi du jugement en cours d'appel. Il a appris quasiment en deux portes qu'elle serait candidate et que lui ne le serait pas et puis circuler.
Et c'est la question d'Anne-Lise dans les Hautes-Alpes. S'agit-il d'un règlement de compte interne au Rassemblement National ? Puisque vous parlez de ça, de ce moment où en effet... Bardella qui a cru qu'il serait le candidat du RN apprend presque en même temps que nous qu'il ne le sera pas. Il y a ce contexte de recherche de taupe en ce moment au RN. Eric Tegner du Médial Infiltré promettait mardi soir de donner le nom de la taupe qui alimenterait plusieurs médias dont Libération sur l'avis interne du Rassemblement National et justement qui donnait des informations sur le rififi entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Finalement. zéro révélation mardi soir à la suite de pression visiblement selon libération c'est marine le pen qui a contacté arnaud lagardère actionnaire de l'infiltré et elle lui a dit s'il te plaît arrête cette traque
'est dire, si on a peur, que tout ça soit révélé à l'intérieur du RN. Ce qui laisse plutôt accréditer que ce n'est pas Marine Le Pen qui est derrière ça, parce que la machine lui échapperait. Lui, Bardella, sait peut-être qui sait, parce que cette messagerie, elle était partagée entre quelques militants, quelques dizaines de militants. Peut-être a-t-il identifié à ses yeux des suspects. S'il était aujourd'hui le candidat, Jordan Bardella, si Marine Le Pen avait été écartée par la justice, vous imaginez ? Marine Le Pen empêchée, Bardella décrédibilisée, il n'y aurait plus. de candidats et reines de substitution. Ce n'est pas Sébastien Chenu ou Jean-Philippe Tanguy qui en aurait la dimension. Donc vous auriez comme ça une trentaine de pourcents de l'électorat, pouf, sans candidats, lâché dans la nature, si évidemment les propos prêtés à Bardella étaient authentifiés. Il a manqué une occasion évidente, Bardella, mais pas là, il y a quelques semaines, en 2015. Il est nommé porte-parole. Il aurait dit à ce moment-là, comprenant que Marine Le Pen veut notabiliser le parti, le dédiaboliser, il aurait dit... J'ai dit des choses atroces dans ma jeunesse, j'ai écrit des choses atroces, mais elle m'a ouvert les yeux, je me rends compte de mon erreur et pour éviter que mes cadets fassent la même erreur, j'avoue tout, je vous demande pardon et je vais m'efforcer que ça n'arrive plus du tout dans notre parti. Mais là, comme il ne l'a pas fait, au-delà du mensonge, ça jette ombre. sur toute la stratégie de Marine Le Pen, cette dédiabolisation, est-ce qu'elle était seulement cosmétique ? Alors oui, quand on attrapait un candidat incantonale ou un militant qui dérapait verbalement ou qui avait eu un passé nauséabond, on l'écartait tout de suite. On l'a encore vu récemment avec le policier de Carcassonne. Mais jusqu'à la présidence du parti, on n'avait pas fait le travail de recherche en profondeur. Et donc toute cette idée d'un parti normalisé, meilleur défenseur de la communauté juive, c'était donc un maquillage. C'est à cela qu'elle devra répondre. si évidemment les propos prêtés à Bardella sont authentifiés. Est
-ce qu'il peut y avoir un lien entre ces sources qui parlent à Mediapart et qui font ces révélations sur Jordan Bardella et le climat interne en ce moment au RN où bardellistes et marinistes se regardent comme dans un western ?
Jusqu'à présent, on avait fait un sondage à la rentrée de septembre sur le poids des tensions présumées ou confirmées entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Un sondage dans la tribune. Et au fond, les Français y prêtaient peu attention. D'ailleurs, on voit bien que dans les sondages, ça n'a absolument pas affecté, altéré la cote de Marine Le Pen, qui a d'ailleurs continué à progresser tout au long du mois de septembre. Il y avait un élément quand même... Ce qui peut s'aggraver pour Marine Le Pen, c'est que parmi les freins des Français à voter pour le Rassemblement national et Marine Le Pen à l'élection présidentielle, il y avait traditionnellement le programme économique et social, il y avait le risque pour la démocratie, mais il y avait un autre élément qui peut avoir son importance, c'est l'entourage de la candidate Marine Le Pen. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'avec ce qui arrive à Jean-Pierre, cette affaire, cette volonté d'avoir un entourage qu'elle aurait nettoyé, ce qu'expliquait Abel à l'instant, eh bien ça, ça peut justement devenir un vrai frein, peut-être pas pour le premier tour, mais pour le second tour et les légistes, sûrement.
On va en parler dans un instant, mais j'ai besoin que vous nous racontiez cette atmosphère. Depuis que Jordan Bardella n'est plus le candidat du RN, que s'est-il passé ? C'est Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, qui dit « Je suis en mode torture. » Je ne me mêle pas de leurs affaires. Ça dit quelque chose quand même. C'est à ce point-là qu'il y a un climat presque de paranoïa. Il le disait avant les révélations de Mediapart.
En fait, ce que ça dit, c'est ce que je disais. Tout à l'heure, c'est que comme c'est un parti qui ne règle pas ses différents politiques dans une enceinte collégiale, c'est un parti où il n'y a pas de courant, où même le mot courant est proscrit. C'est-à-dire que courant, c'est quasiment un synonyme de trahison. C'est-à-dire que si on fait un courant minoritaire, on trahit la ligne de la presse. Qui
parle à la presse ? Qui nourrit la presse aujourd'hui au RN ?
Comme dans tous les partis. Mais comme les différents ne se règlent pas politiquement, ils se règlent personnellement. Donc peut-être que Jordan Bardella et son entourage... ont fait preuve d'un peu trop d'assurance avant le 7 juillet, le jugement de la Cour d'appel de Paris, qu'il se voyait déjà un peu trop le candidat, que ça n'a pas plu à Marine Le Pen ni à son entourage, et que, alors, c'est déconnecté de ce que Mediapart révèle, que du coup, une fois que c'est elle qui est candidate... les comptes se règlent et ils se règlent comme toujours au Front National, c'est-à-dire de façon rapide et expéditive.
L'élément manquant, en effet, c'est ce que l'opinion va en dire. Est-ce qu'elle peut avoir de la compassion pour les erreurs de jeunesse ou pas ? Si jamais on en arrive à ce moment-là de la défense de Jordan Bardella, qui pour l'instant dit qu'il est innocent. Il y a ce que dit un parlementaire RN dans le monde qui se souvient de ce qu'il disait à ses copains à 17 ans, à l'âge où l'on peut dire un bon mot pour amuser la guerre. galerie, qui n'a jamais tracé une croix gammée avec son compas sur une table au lycée ou à la faculté ? Je ne sais pas si vous l'avez...
Non, absolument.
Voilà, on a déjà une réponse.
Non, non, et je pense, comme Christophe l'a dit tout à l'heure, que s'il y avait cette stratégie de mea culpa, elle aurait dû avoir lieu très en amont, et là, en plus, maintenant, elle est impossible, cette stratégie, mais maintenant, si c'est faux, alors... Si Mediapart dit vrai, alors ça veut dire que Jordan Bardella ment depuis une semaine. Les effets sur l'opinion, en vérité, soyons humbles, on ne peut pas les savoir à l'avance. En vérité, il y a deux logiques. Il y a une logique très politique qui travaille le pays et dont on sait où elle nous mène aujourd'hui, c'est-à-dire... pour des raisons structurelles qui traversent d'ailleurs toutes les sociétés occidentales. Le diagnostic d'une France qui se sent reléguée a fini par monter, monter et... Le parti qui a réussi à capter ce diagnostic-là, c'est le Rassemblement National, qui a travaillé sur les abandons des autres partis. C'est en cela que je considère que nous avons eu des irresponsables. Alors, ce n'était pas évident pour eux, et notamment ceux qui ont exercé le pouvoir, mais globalement, il y a eu énormément de choses, et notamment la vocation majoritaire de la politique, qui ont été abandonnées au fur et à mesure. Donc, il y a cette force tellurique. Je dirais qu'ils travaillent. politiquement la société. Néanmoins, il y a aussi une question d'offre en politique. Et là, l'offre politique, à chaque fois, le Rassemblement National montre qu'ils ont quand même un problème de sérieux, de sincérité dans leur transformation, de sérieux, de tout ce que vous voulez, qui fait qu'à chaque fois, d'abord, elle est souvent plus haut dans les sondages qu'en vérité dans les urnes. Donc il y a cet aspect un petit peu, je veux dire que je suis en colère, mais devant les urnes, Je me dis qu'il faut faire attention à qui on donne les clés du camion. Et puis, il y a cette histoire du second tour que Bruno évoquait tout à l'heure, à savoir, s'il y a toujours une majorité de gens qui veulent faire barrage pour des raisons, par exemple, de front républicain, eh bien, cette fois-là encore, et malgré tous les invariants politiques que j'ai dit avant, elles pourraient, encore une fois, échouer. Et ce genre de révélations peuvent jouer dans un front républicain.
Abdel, en Belgique, sur les réseaux, cette affaire ne gêne pas les supporters du RN, mais quid des... électeurs qui pouvaient voter pour Marine Le Pen.
Ça ne jette pas le noyau dur des supporters, ceux qui sont passés tranquillement du FN au RN. Ça gêne peut-être les nouveaux électeurs conquis depuis 2022. On voit sur la France âgée, sur la France rurale, sur des Frances sociologiques qui résistaient au lepénisme des nouveaux arrivants. Ceux-là, ils sont peut-être un petit peu moins tolérants. Quant à ceux qui auraient pu rejoindre le RN, faute de mieux si j'ose dire, à cause de la crise de la droite ou parce qu'il y aurait un second tour avec Mélenchon, oui, là ça peut être un blocage. Néanmoins, outre le fait qu'il avait 17 ans et que c'était... peut valoir une indulgence de l'opinion. Il y a un autre courant, c'est qu'une partie de l'opinion se dise, non mais l'antisémitisme d'extrême droite, avec même les derniers nostalgiques du Troisième Reich, c'est très grave, mais c'est devenu résiduel, pour reprendre un mot de Mélenchon. Ce qui ne l'est pas résiduel, c'est l'antisémitisme d'extrême-gauche importé du Proche-Orient, pro Hamas. Et donc, j'ai plus peur de l'antisémitisme porté par cette extrême-gauche, avec les accusations contre Mélenchon et LFI, que de ce qui peut rester comme reliquat à l'extrême-droite. Et c'est peut-être ce à quoi s'accroche Bardella pour que l'opinion lui donne un acquitus sur ce sujet.
C'est l'autre axe de cette enquête, démontrer l'influence que l'antisémite complotiste Alain Soral a eue sur Jordan Bardella. Alain Soral adoubée par Jean-Marie Le Pen, qui a ensuite quitté le parti... Après des désaccords majeurs avec Marine Le Pen, multicondamné en France et en Suisse pour incitation à la haine raciale, apologie du terrorisme, propos antisémite et homophobe, il serait aujourd'hui en Russie. Anne Mackignon, Ariane Morrison.
Loin, très loin, depuis la Russie où il est exilé, Alain Soral se rappelle aux bons souvenirs de Jordan Bardella.
Quand il avait 17 ans...
Hier soir, première apparition en visioconférence aux côtés de Dieudonné depuis les révélations de Mediapart.
C'est vrai qu'il a baigné dans le bain, on va dire idéologique, de ce qu'était l'idéologie montante au Front National à l'époque où j'étais au Front National. Si je veux chercher dans mes souvenirs, j'en ai des souvenirs. Mais je me rends compte qu'en fait, je l'avais très bien formé au départ. C'est pour ça que là, ça me rassure. Je me dis finalement, je vais peut-être voter pour lui.
Il est ravi. Il est ravi Alain Soral. On lui explique que le président d'un des principaux partis de France, celui qu'on annonce comme le possible premier ministre de la France, a été éveillé à la politique par... Lui, il est extrêmement ravi.
Mathieu Mollard est un journaliste spécialiste de l'extrême droite. Il a longtemps enquêté sur Alain Soral, dont les idées ont gagné au début des années 2010 une partie de la jeunesse frontiste.
Alain Soral, c'est quelqu'un qui explique le monde. C'est une sorte de gourou d'Internet, un peu tempétueux. Il s'est fait connaître parce qu'il faisait de très longues vidéos sur YouTube, assis sur un canapé rouge.
Ladies and gentlemen, bonsoir.
Les
palmes d'or sont données en général pour des raisons de pure géopolitique impériale. On
décrypte l'actualité en expliquant ce qu'on nous cacherait, les ressorts secrets derrière les événements du quotidien. Et très souvent... Ce qui se cache dans l'ombre, c'est ce qu'il appelle le lobby juif ou le lobby sioniste où il met des guillemets.
Un discours masculiniste, antisystème et antisémite.
Les juifs sont capables de mentir. Ils te disent qu'on est des bons républicains. Mais parce que ce sont des menteurs. Plus on creuse sur le 11 septembre, plus on voit que tout amène à Israël. Tout amène à Israël.
Pour ses propos, Alain Soral a été condamné à de multiples reprises. Contestation de crimes contre l'humanité, provocation à la haine, un jeu racial. Le polémiste rejoint en 2005 le Front National.
est condamné une première fois en 2006. Que fait le Front National ? Le Front National ne le vire pas du tout. Ils sont très heureux d'avoir Alain Soral, qui est considéré comme une personnalité publique, une prise de guerre dans un parti qui compte assez peu de figures médiatiques.
le voit ici en campagne en 2007, aux côtés de Marine Le Pen.
Alain Soral, il est membre du bureau politique du Front National. Donc il a des liens avec toutes les figures du parti. Il fait une campagne avec Marine Le Pen. Soral est invité aux anniversaires de Jean-Marie Le Pen à Montretout sur la fin de vie de Jean-Marie Le Pen.
2009, il quitte le parti, mais continue ses diatribes en ligne avec son mouvement Égalité et Réconciliation. Des millions de vues chaque mois et des meetings organisés secrètement.
dit des choses interdites. Donc voilà, c'est un mouvement transgressif, très conspirationniste et très antisémite.
Il faut à un moment donné remettre tous ces escrocs et ces abrutis à leur place.
C'est terrifiant. Soral dans une salle, c'est terrifiant. Ce jour-là, il est sur scène, habillé tout en noir, à tenir un discours d'une radicalité que n'aurait pas renié Benito Mussolini.
proches de Jordan Bardella ont participé de près ou de loin à ce mouvement. François Paradol, directeur de cabinet du président du RN, était adhérent d'égalité et réconciliation. Ou encore Frédéric Chatillon, mentor du député européen.
sociétés de Frédéric Chatillon travaillent. pour le Rassemblement national, mais travaille aussi pour Alain Soral. C'est l'une de ces sociétés qui fait la maquette d'une espèce de lettre confidentielle qui s'appelle « fait et document », qui est très antisémite elle aussi, et qui appartient à l'écosystème d'Alain Soral et qui est maquettée par les mêmes graphistes que ceux qui font les tracts de Jordan Bardella au Parlement européen.
Cet après-midi, nouvelle provocation. Dans un tweet, Alain Soral se dit prêt à accueillir Jordan Bardet au sein de son mouvement, si le RN lui tournait le dos.
va regarder ce message publié sur X par Alain Soral qui écrit, entre autres, « Assume petit au lieu de nier, tu pourras enfin arrêter de mentir, de te trahir et de te prosterner devant la pire engence que la Terre ait jamais portée et qui fait aujourd'hui tant de mal à la France. » Des propos encore une fois antisémites. C'est un baiser de la mort
Oui, d'ailleurs c'est ce qui fait que du côté du RN, certains soupçonnent. Alain Soral et ses troupes d'être à l'origine de ces révélations, pour tirer vers le bas, pour tirer vers la défaite, non seulement la carrière de Bardella, une sorte de traître à leur cause, mais aussi Le Pen et le RN. Ils n'ont surtout pas envie que ça réussisse puisqu'ils se considèrent comme étant la seule véritable droite nationaliste.
On voit aussi qu'il jubile, Alain Soral. Alors, il a quelle puissance aujourd'hui ?
Aujourd'hui, son étoile a franchement pali, parce qu'il était important au début des années 2000. Aujourd'hui, son antisémitisme est tellement délirant que... personne ou très peu de gens ne peuvent lui accorder du crédit. En revanche, au début des années 2000, il arrive au Front National, dans un parti qui vient de subir quelques années auparavant la scission, donc de Bruno Maigret, qui est parti avec la majeure partie des cadres et des intellectuels, et donc un parti qui vivote et qui n'a plus d'idées. Ils ont l'impression au Front National que c'est l'idéologue qui va leur livrer une vision du monde, comme disait Mathieu Mollard dans le sujet. Il dit venir de la gauche. Il
dit qu'il était militant communiste.
Il dit qu'il était militant communiste. Il parle de Marx, il parle d'auteur de la gauche révolutionnaire. Tout ça, ça intéresse les gens du Front. Et puis il apporte une ligne. Il apporte une ligne qu'on a pu voir dans le discours de Valmy en 2006 de Jean-Marie Le Pen sur l'assimilationnisme. Il est derrière aussi la campagne de 2007 où Jean-Marie Le Pen était allé sur la dalle d'Argenteuil, où il parlait aux Français d'origine immigrée. Donc voilà, il impulse une nouvelle stratégie avec Philippe Pénin qui est un ancien chef du GUD et proche de Marine Le Pen. Mais bon, la présidentielle de 2007, c'est la présidentielle où Nicolas Sarkozy gagne. Jean-Marie Le Pen fait 10%, donc sa ligne est quelque part invalidée par les faits. Il reste quand même au Front National. Jusqu'au 2009, où aux Européennes, Marine Le Pen, voyant la personnalité, on va dire, pas facile facile d'Alain Soral, décide de ne pas l'investir pour les Européennes. Alors
qu'elle avait quelle relation avant avec lui ? Parce qu'il y avait des photos qu'on voit beaucoup, on les voit ensemble.
Ils avaient plein d'amis en commun. Je parlais de Philippe Pénin, qui était un ancien président du GUD. Frédéric Chatillon, ancien président du GUD aussi dans les années... Ah, c
'est la photo dont je parlais.
Voilà, qui est proche d'Alain Soral. Philippe Pénin... Les Amis de Chatillon et Soral créent Égalité et Réconciliation en 2007, donc c'est quand même dans l'écosystème mariniste, Alain Soral au départ. Mais toujours, ça ne fait pas très dédiabolisation. Donc comme c'est une stratégie de communication pour dire que le Front National a changé, mais en réalité on voit tous les jours que ce n'est pas le cas, elle se dit qu'il vaut mieux s'en séparer et elle met quelqu'un d'autre que lui.
c'est la relation entre Marine Le Pen et Alain Soral. Celle entre Jordan Bardella et Alain Soral, est-ce qu'elle est claire ?
Alors Jordan Bardella à l'époque c'est un jeune militant. C'est un jeune militant, mais ce milieu-là... FNJ, le mouvement de jeunesse du Front National, baigne dans les écrits de Soral. Encore une fois, le Front National de la Jeunesse a été, pendant plusieurs années, dirigé par David Rachin, aujourd'hui maire de Fréjus, qui ne s'est jamais caché de sa proximité avec Alain Soral. Plusieurs jeunes militants étaient abreuvés des vidéos d'Alain Soral sur le canapé rouge. Alain Soral donnait des conférences au FNJ au moment où il était au Front National. C'est une acculturation de cette pensée. Et qu'un jeune militant frontiste de l'époque soit abreuvé de ses écrits, franchement, c'est totalement logique.
Parce que c'est l'autre élément de cette enquête de Mediapart. Il y a à la fois le compte Facebook, dont on a beaucoup parlé en début d'émission, les écrits antisémites. Et puis il y a aussi les e-mails entre le compte, qui serait celui de Jordan Bardella, et l'oranger, ancien responsable du MFNJ de Seine-Saint-Denis, qui n'a jamais caché son intérêt pour Alain Soral, encore lui. Et Mediapart a interviewé ce... Bruno Jeudy. Il affirme aux journalistes que Jordan Bardella accordait de l'intérêt aux terroristes sur la possible survie d'Adolf Hitler après la Seconde Guerre mondiale qui circulait à l'époque. Il dit aussi que Jordan Bardella avait comme livre de chevet les secrets de la réserve fédérale de l'écrivain négationniste Mullins, ouvrage là encore adoubé par Alain Soral. C'est une façon de dire que Jordan Bardella baignait dans cet environnement-là.
Oui, alors bon, tout ça évidemment demande à être authentifié, mais c'est vrai que ce sont des années, Abel y faisait référence, ce sont des années lorsque Jordan Bardella entre au Rassemblement national, même si c'est… peu après l'éviction de Soral du Front National qui va devenir le Rassemblement National, c'est là où ça pose plus de problèmes. Parce qu'en fait, avant, oui, le FNJ, j'allais dire version Front National, c'était un FNJ qui était vraiment abreuvé par tous ses écrits, toute cette culture d'extrême droite, j'allais dire. Enfin, à l'ancienne. Là où c'est plus surprenant, c'est que là, on est dans une période post-Soral, officielle au IRN, et que Jordan Bardella aurait fréquenté justement des cercles différents, des cercles... qui sont extérieurs au parti et qui leur étaient alimentés, formés en quelque sorte comme un jeune militant d'extrême droite. C'est pour ça que l'authentification est évidemment centrale. Mais jusqu'à présent, on avait plutôt... eu le parcours d'un jeune militant classique qui s'était pas...
Proche aussi de Frédéric Chétillon, ancien du guide.
Oui, proche de Chétillon, proche de... Vous faisiez référence à David Rachlin, qui a depuis été mis un peu à l'écart du parti. Il était proche de ces gens-là, il s'en est jamais caché, mais c'était plutôt le parcours d'un militant classique, mais qui n'avait pas mordu la ligne, mordu le trait sur ces questions-là, jamais pris en flagrant délit. Même s'il y avait eu quand même cette affaire de compte X qu'il a contestée, révélée
par complément d'enquête,
il n'a jamais finalement porté
plainte.
C'était quand même déjà une première tâche sur ce parcours fulgurant du jeune Jordan Bardella.
Une mini-explication, en tout cas, sur le décalage que Bruno Jeudy vient de signaler entre le départ de Soral et l'arrivée de Jordan Bardella au Front National, c'est que... Les partisans de Soral ne l'ont pas suivi quand il part en 2009. Il part tout seul parce qu'il n'organise aucune scission, il est complètement autocentré, il part, il claque la porte. Il rejoint Diodonné et il crée la liste antisionniste, exactement. Mais les gens qu'il avait fait venir au Front National ou qui étaient venus au Front National par lui sont restés au Front. ils continuent à diffuser leur message. Et c'est ça qui explique aussi la permanence de ce... Oui,
et on regarde, on réécoute des propos différemment. Par exemple, la photo de Jean-Marie Le Pen avec Jordan Bardella, avec le jeune Jordan Bardella, forcément prend une autre résonance aujourd'hui. Surtout quand on se souvient que Jordan Bardella a eu beaucoup de mal à dire que Jean-Marie Le Pen était antisémite.
Oui, il a d'abord dit qu'il ne l'était pas, puis après il est revenu dessus, etc. En vérité, c'est ce que tout le monde dit ici. Quelque part, ce n'est pas une énorme surprise. Parce que d'abord, Alain Soral, en effet... au moment des années 2000, a énormément eu de... Il avait une audience. Il avait une audience qui était très large, pas forcément que des gens qui étaient ultra fidèles, mais il y avait beaucoup de jeunes hommes, surtout des jeunes hommes, parce que comme il était quand même très misogyne, pas trop sur les femmes, mais de jeunes hommes qui y allaient, alors certains qui étaient complètement endoctrinés, qui adoraient, c'était le hors-héros, d'autres que ça faisait marrer, d'autres qui allaient même presque pour être choqués, mais il y a eu un moment où il a eu... Il était dans des émissions de télé.
Enfin, on l'a oublié, mais il a même fait « c'est mon choix ».
Vous voyez, il était avant les influenceurs qu'on connaît parfois désormais. Et il avait à ce moment-là de l'influence, d'ailleurs, avec Dieudonné. C'est une étoile morte maintenant. C'est-à-dire que quelque part, il y a aujourd'hui des gens qui ont été, entre guillemets, biberonnés ou qui ont aimé Alain Soral, qui ont désormais 30 ans à peu près, etc. Et donc, est-ce qu'ils ont changé ? Est-ce qu'on peut changer sur scène ? ces questions-là, c'est des questions qui sont bien plus ouvertes. En France, ça ne représente plus grand-chose à l'extrême droite. Néanmoins, là où il ne faut jamais totalement fermer la porte, c'est que, par exemple, aux Etats-Unis, on voit revivre à l'extrême droite des influenceurs très... très similaires à Alain Soral, Denis Fuentes, par exemple, qui ont énormément d'audience dans ce qui est quasiment la droite de Maga, maintenant, et qui sont sur des discours de type Vivi-Hitler, etc. Donc, j'étais tout à fait d'accord avec ce que disait Christophe Barbier tout à l'heure sur le fait qu'il y a eu cette espèce de discussion, de controverse sur où est l'antisémitisme aujourd'hui et de quoi aujourd'hui les Français... Juifs font peur en priorité dans les nouvelles formes de l'antisémitisme. Cette forme d'antisémitisme-là, en tout cas, est en train de reprendre aux États-Unis.
Quel est l'avantage de la Russie à accueillir Alain Soral ?
Avant qu'il soit extradé pour venir rendre compte à la justice, il est quand même protégé. Ça dit tout d'ailleurs du personnage que de finir par être obligé de se réfugier en Russie, où sans doute il espère qu'il pourrait avoir quelques faveurs du régime. C'est en effet une étoile morte. reste de cette équipe-là que Dieu donnait, lui aussi condamné par la justice, inéligible, qui essaye de faire ticket avec Francis Lalanne pour la présidentielle. Mais enfin, c'est quand même très nuisible dans le débat. Dans le débat public, ça pollue et puis évidemment, il y a toujours des esprits faibles qui peuvent, à force de vidéos, se laisser entraîner et répandre ces idées-là. Par ailleurs, ça pose un problème par radiation, si j'ose dire, à Marine Le Pen, c'est que tout cet univers... qu'opinage affectif, où on les a vus passer des soirées ensemble, ça la rattrape dans la mesure où il y a aussi Frédéric Chatillon, il y a aussi le GUD. Alors on nous dit au RN depuis des années, rupture idéologique, économique et affective. On voit au Parlement que la rupture économique, les sociétés qu'on fait travailler, ce n'est pas évident. Rupture affective. Mediapart montre qu'un cliché de vacances de Frédéric Chatillon à Venise a été liké par Jordan Bardella en 2020. Il est vice-président du parti, il est député européen, c'est une figure montante de la politique française, et il like, c'est-à-dire qu'il envoie un clin d'œil affectif, amical en tout cas, à Frédéric Chatillon, tout en disant publiquement, terminé, Oresco Reference. Il y a une contradiction éthique sur laquelle on aimerait entendre les explications de Jordan Mardela.
Autre actualité de ce vendredi, le mouvement de colère des lycéens qui se durcit avec de nouvelles violences. Une enquête est ouverte après l'agression filmée d'une policière à Paris, après le lynchage au sol d'un policier à Belfort. Des proviseurs aussi ont été agressés, une centaine de lycéens blessés. Le gouvernement accuse la France insoumise d'avoir orchestré ce mouvement.
À Rennes, ce matin, des policiers chargent. Même situation en région parisienne ou à Lyon, avec des affrontements entre forces de l'ordre et lycéens. Une nouvelle journée de violences urbaines, avec cette image d'une rare violence à Belfort aujourd'hui aussi. Celle d'un policier en civil jeté à terre par des émeutiers et frappé plusieurs fois au visage. Hier déjà, une vidéo montrait une policière à Paris poursuivie par plusieurs individus la faisant chuter au sol avant de lui donner des coups de pied.
Maintenant on a une situation qui s'est dégradée parce qu'en fait le mouvement a changé de nature, parce qu'il a été pris en otage très clairement par des groupuscules violents et c'est à ça qu'il faut mettre fin.
Pour contenir les violences, l'Etat a décidé de fermer 400 lycées aujourd'hui partout en France. Pas de quoi décourager ces lycéens lillois rassemblés ce matin, toujours déterminés.
'ils avaient proposé des solutions dès le début, au lieu de nous envoyer les CRS, la BAC, etc., le pays ne serait pas comme ça actuellement, les jeunes ne seraient pas aussi énervés, il n'y aurait pas autant de casse actuellement.
Des lycéens rejoints par des étudiants qui continuent de réclamer plus de moyens.
Les plafonds qui s'effondrent, les températures allongent jusqu'à 8 dans certains lycées en hiver et 35 en été. C'est vraiment des conditions qui ne sont pas propices au travail et au niveau de l'éducation.
Nous, on est en BTS audiovisuel, donc on a quand même des matériaux bien spécifiques à savoir utiliser pour nos connaissances, pour le diplôme. On a une régie, on n'a pas de light, on ne voit rien. Et les profs mettent de leur salaire juste pour que nous, on puisse étudier. Et donc, ça nous fait même chier pour les profs, en fait.
En début d'après-midi aujourd'hui, des représentants de syndicats lycéens ont été reçus au ministère de l'Éducation.
fait des années qu'on bosse en fait sur ces sujets-là, sur les temps scolaires, sur l'état du bâti scolaire, sur un grand nombre de sujets qui préoccupent les lycéens. J'attends aussi de monsieur le ministre qu'il ne fasse pas l'amalgame vis-à-vis de la mobilisation lycéenne et des émeutes qui sont en cours.
colère sociale et une crise politique. Cellule interministérielle hier à Matignon, l'exécutif met en cause la France insoumise.
Les services de renseignement français estiment que le mouvement est une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche.
Depuis le début des blocus, défilé d'élus de LFI aux côtés des lycéens. Mais le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se défend de souffler sur les braises de la contestation.
doit y avoir un proxy, puisque manifestement il faut parler comme ça. Et il est à Matignon, il s'appelle M. Lecornu, puisque c'est lui qui est responsable de cette situation. C'est les gouvernements successifs qui ont, budget après budget, supprimé des postes d'enseignants, des postes de surveillants, des équipes éducatives.
À quelques mois de la présidentielle, pour la droite et l'extrême droite, une occasion en or de décrédibiliser l'adversaire.
violence et le chaos, c'est le mode opératoire d'LFI. C'est sûrement la raison pour laquelle j'espère bien que les
Français ne leur feront pas confiance. On a un parti absolument sédicieux qui a une fascination pour la violence. Je pense aujourd'hui qu'il y a une question qui se pose.
Laquelle
'est la question de l'interdiction de LFI.
Jusqu'où ira la mobilisation lycéenne débutée le 17 septembre dernier ? Plusieurs syndicats, dont la CGT, appellent à une grande manifestation de soutien et à la grève, mardi prochain.
Qu'est-ce qui vous marque dans ces images, Bruno Jeudy ? Comment vous analysez ce mouvement ?
D'abord, c'est un mouvement que le gouvernement n'a pas du tout vu venir. Ils s'attendaient aux Jacry Paysanne. Ils ont craint les gilets jaunes. Ils surveillaient les universités. Et finalement, ce sont les lycéens qui sont dans la rue, avec un mouvement qui ressemble plus, c'est vrai, à des mouvements... Et là, je vais dire ça comme ça, mais un peu qui ressemble à des violences urbaines, qui a des mouvements classiques de lycéens où on voyait, il fallait faire du nombre, ça montait, ça montait. Et là, on voit bien que c'est vraiment... C'est plus proche
des Gilets jaunes ?
Il y a un côté Gilets jaunes, oui. Gilets jaunes. Mais c'est vrai que c'est un mouvement que, franchement, le gouvernement, alors à mon avis, ils sont passés complètement en dessous, ils n'ont rien vu. Pourquoi ? C'est assez révélateur d'un pouvoir finissant qui arrive, c'est quand même un président qui est très jeune quand il est élu, et on est en fin d'une décennie où, au fond, les jeunes, alors après, la violence n'est absolument pas excusable, mais il y a des revendications. Les revendications, c'est quoi ? Elles sont un peu gazeuses, mais c'est en gros des lycées dégradés, c'est des profs qui sont... pas remplacés et c'est assez documenté. Après, ce qui est compliqué, c'est qu'il n'y a pas que l'État, il y a aussi les régions. Donc tout ça fait qu'un État qui n'a plus d'argent et des régions qui sont aussi assez longs de construire des lycées, en tous les cas, il y a tous les ingrédients pour une crise qui peut durer et peut-être entraîner d'autres corporations ou d'autres colères.
On a l'impression que le gouvernement est dépassé, ne serait-ce que quand on regardait le budget hier, on voyait ces annonces qui... Elle est forcément embrasant encore plus la colère, les frais d'inscription pour les étudiants en BTS et pour les classes préparatoires. Finalement, hier, au 20h de France 2, le ministre de l'Éducation dit qu'on règle ses mesures. C'est étrange quand même.
Ils sont pris de court, ils sont pris de court par le fond et par la forme, parce que, je ne répète pas ce qu'a dit Bruno Jeudy sur, en effet, le catalogue de revendications dont certaines peuvent être tout à fait légitimes, et ce n'est pas faute de l'avoir dit aussi quand on commente notamment la politique en ce qui concerne l'école en France depuis 20 ans ou 40 ans. Mais en revanche, le message est quand même brouillé, disons-le, parce que les images, elles sont très... Et d'ailleurs, il y a des images qui m'ont choquée sur lesquelles j'aimerais revenir, c'est celle sur les professeurs. Parce qu'en fait, il y a eu ce professeur qui a été coursé au lycée, je crois, César Baggio de Lille. On voit la trouille dans ses yeux, honnêtement, par des jeunes gens qui sont masqués, qui sont d'ailleurs peut-être pas des lycéens, mais on est saisi par la peur de ce professeur. Il y a eu ce personnel enseignant qui se saisit sans d'un extincteur. essayer d'éteindre le feu qui prend, fini au sol, très molesté. On sait qu'il y a eu des jets d'essence sur improviseurs et les personnels enseignants. Non, ce n'est pas tout à fait clair, parce que le rectorat ne dit pas la même chose que sur Estrosi, en disant qu'il mettait de l'essence dans les conteneurs et ça a éclaboussé. Ça aurait éclaboussé. Dans ces cas-là, je retire cet exemple-là. Néanmoins, je crois que le ministère de l'Éducation parle de 65 personnels blessés ou molestés au passage. Je sais que ce n'est pas du tout l'intégralité des lycéens et que ce n'est même peut-être pas toujours des lycéens. Moi, ce que je voudrais dire, en fait, c'est presque indépendant du blocage, c'est qu'est-ce que c'est que ce pays qui martyrisent autant ses professeurs ? Mais sérieusement, ils sont mal payés, très mal payés par rapport à la moyenne des pays occidentaux. Ils sont de plus en plus insultés par les parents, de plus en plus parfois désormais menacés par des élèves. On sait que c'est une profession qui a été extrêmement endeuillée. Je ne m'y fais pas, vraiment, et je pense que nous sommes très nombreux à ne pas nous y faire, et en marge, ok, d'accord, de cette mobilisation, c'est quelque part quelque chose qui m'est ressorti comme une vérité du moment, c'est-à-dire, mais... Après, on s'étonne de ne pas avoir recruté des professeurs. Mais vous voyez, les images, c'est des images qui
sont plus violentes chaque jour. Christophe Barbier, c'est ce qui doit inquiéter l'exécutif qui a réuni tous les ministrières et qui leur demande de ne faire aucun déplacement avant la semaine prochaine.
Aucun déplacement, fermer les lycées aujourd'hui, oui, on a un pouvoir qui semble désemparé. D'abord parce qu'il n'a pas vu venir cet empilement des manifestations lycéennes sur des sujets concrets. Les casseurs qui viennent se mêler à cette foule, sachant que la police ne pourra pas... pas les déloger, et puis l'action politique de LFI pour transformer ça en force de contester. C'est ce que dit le
gouvernement. Le gouvernement dit que la France Insoumise a orchestré cela.
Là, peut-être pas orchestré au sens organisé depuis le début, mais a vu l'opportunité d'en faire un mouvement social et politique. Et ça, on s'en est rendu compte le mardi, alors que ça avait commencé le vendredi. Mais entre-temps, le gouvernement a été occupé par le pape. Il n'y avait Dieu que pour lui et d'organisation. Vous ne dites
pas que c'est de la faute du pape, non ? Non,
ce n'est pas de la faute du pape. C'est un gouvernement qui n'a pas été attentif à cause de ça et à cause de la préparation du budget. Sébastien Lecornu est resté muet dans cette période. Il a laissé Jeffrey à l'éducation et Nunez un peu seul au front. Et je pense que là, il y a eu une erreur de management politique de cette... crise par ailleurs on a quand même un effrayant échec technique de la police deux jours de suite une policière plus un policier seul coupé de leur escouade qui deviennent des proies voilà un mouvement et ce ne sont pas des lycéens là ce sont des émeutiers ou ce sont les émeutiers qui chassent les policiers et pas l'inverse donc on a un véritable problème technique sur les manifestations classiques la police avait trouvé des solutions contestables mais qui avait leur efficacité la bravème etc là Quel échec technique ? Ils ne savent pas comment faire.
On passe à vos questions SMS. Les violences de la crise lycéenne peuvent-elles rapporter beaucoup de voix au Rassemblement national ?
Le RN ne peut que se réjouir de cette diversion de l'actualité parce que déjà on s'occupe plus et à juste titre de la crise plus que lycéenne. Dans le mal-être de la jeunesse, les images de violences, les images de violences, et ça je voudrais le préciser quand même, qui sont aussi des violences policières parfois. Il y a eu un tir pendu quand même de grenade lacrymogène.
Il y a 4 enquêtes ouvertes à l'IGPN. Une
jeune femme qui a été immobilisée par clé. par une clé, donc ça nourrit aussi l'escalade de la violence, donc pour un appel au calme généralisé, et aussi, concerne aussi les forces de l'ordre. Ensuite, ils ont évidemment tout lieu de dire, c'est les organisations d'extrême-gauche qui orchestrent ça, etc. Sauf que, quand on voit, comme Christophe Barbier vient de le rappeler, quand on voit le déroulé du mouvement, on voit que c'est quelque chose de spontané, et c'est d'ailleurs pour ça que les...
À Créteil, c'est spontané ? Oui,
à Saint-Exupéry, c'est spontané, mais même ailleurs. C'est-à-dire que les mots d'ordre sont tellement diffus, sont tellement différents. Je veux dire, quand il y a un mouvement étudiant, un mouvement lycéen qui est encadré par des organisations, il y a des mots d'ordre. Il y a retrait de la réforme Parcoursup, par exemple. Il y a retrait machin, des trucs. étalés sur tout le territoire pour avoir des prises de guerre potentielles. En disant on a gagné, on a eu ça. Là on voit que c'est pas du tout ça. Et les filles effectivement a essayé d'orchestrer, de surfer sur le truc. Bon le RN maintenant ils vont jouer à fond la carte de l'ordre. du Parti de l'Ordre, des jeunes, et d'ailleurs on le voit sur certaines chaînes, déjà le discours, c'est la Nouvelle France qui casse, etc. On verra
si le RN est audible sur cette question en pleine affaire Bardella, c'est pour ça que la semaine qui s'annonce sera très intéressante. Question d'Annelise dans les Hautes-Alpes, connaît-on l'identité de la taupe qui a renseigné Mediapart
n'a pas été révélée, il y a plein de noms qui sont avancés. Pour l'instant, elle restera, elle reste inconnue.
Oui, et puis c'est au nom de la protection des sources, Mediapart voulait à tout prix les protéger. C'est pour ça d'ailleurs que les preuves ont tardé à venir. Question de Jean-Paul dans la Loire. Pourquoi beaucoup de numéro 2 du FN ou du RN ont été évincés, maigrés, golnich, etc. Le RN est un parti familial. Place à Marion maintenant. Qui veut répondre ?
Ah ben là, oui, Abel Mestri, c'est un grand spécialiste, va nous le dire.
Il y a un adage au front. national et haut rassemblement national, qui dit qu'il n'y a qu'un numéro au rassemblement national, c'est le numéro 1. 'est-à-dire que le 2, il ne finit jamais bien, il est toujours écarté, etc. Et quand c
'est en famille
Est-ce que Mario Maréchal... En gros, elle pouvait être compliquée au Front National. Si jamais
Jordan Vardella est, entre guillemets, débranchée, est-ce que c'est Mario Maréchal qui prendra sa
place ? Elle n'est pas encore revenue officiellement dans le parti. Moi, je verrais plutôt un Louis Alliot. Louis
Alliot... Pour après une crise, c'est-à-dire celui qui a été candidat contre Bardella pour la présidence, l'ancien compagnon de Marine Le Pen qui est plutôt une figure apaisante, un peu comme Pierre Moroy avait réglé la crise du PS, ça serait le bon choix. Sérieusement, un ticket, la tante à l'Elysée, la nièce à Matignon, ça ne serait pas sérieux.
Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été nos invités ce soir. Tout de suite, c'est à vous Mohamed Bouafsi, bonsoir.
Bonsoir Aurélie, c'est l'homme au cœur du mouvement lycéen. C'est lui qui était présent devant plusieurs établissements bloqués de sa ville alors que la tension montait. Bali Bagayoko est le maire insoumis de Saint-Denis. Les propos sur la violence légitime ont choqué. Il a choisi cet avou pour s'expliquer. Il est notre invité dans quelques instants. Et les révélations de Mediapart continuent de bouleverser le Rassemblement national. Le média d'investigation a révélé des propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du RN dément. Quelle va être la stratégie de Jordan Bardella ? Comment réagit Marine Le Pen ? Vous saurez tout dans un instant. C'est à vous. Ça démarre dans quelques secondes, Aurélie.
Très bonne soirée sur France 5. Et moi, je vous dis à demain, 17h25.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.