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Bonjour à toutes et à tous. On commence à l'heure pour avoir bien le temps de discuter ensemble. Bienvenue à cette conférence des Amphis édition 2026 intitulée « Après le faux soyeur Emmanuel Macron, une politique du logement pour toutes et tous ». En préambule, je vous prie de bien vouloir excuser Sandrine Nozbé qui est retenue pour des raisons techniques et... mécanique, et qui donc est remplacée au pied levé par la députée Anaïs Belouassa-Scherifi, avec qui elle travaille régulièrement, et donc qui pourra assurer sans aucun souci cette conférence. Je vous souhaite la bienvenue, quelques mots d'introduction et puis ensuite on laissera la parole aux intervenants, intervenantes. Et l'objectif est d'avoir un temps d'échange avec quelques questions. Vous le savez, vous avez fait plusieurs conférences déjà, on n'aura peut-être pas le temps de faire un nombre de questions importants, mais en tout cas on pourra en prendre quelques-unes et avoir un temps d'échange à la suite. Pourquoi nous organisons cette conférence ? D'abord parce que le logement touche par définition toutes et tous les habitants de ce pays et pourtant il est au cœur de l'affrontement politique majeur actuel entre le libéralisme et le libéralisme national de la droite et de l'extrême droite et la politique du logement pour tous que porte notamment la France insoumise. C'est ce qui s'affronte depuis dix ans. depuis la création de la France insoumise et l'avènement de Macron au pouvoir. Et c'est ce qui va s'affronter à ces élections présidentielles. Alors qu'est-ce que c'est ? 10 ans d'Emmanuel Macron au pouvoir, c'est avant tout un libéralisme national appliqué à la politique du logement, avec deux volets principaux. Le premier, c'est la marchandisation, la dérégulation du secteur du logement. Et un deuxième volet, qui est l'utilisation de la politique du logement pour un tri social et un tri racial avec des répressions. Pour donner quelques exemples et illustrer cette question de la dérégulation et la marchandisation du logement, le chiffre que vous commencez à connaître mais qu'il faut marteler, c'est que 3,5% des propriétaires détiennent 50% des logements mis en location. Autrement dit, la propriété est extrêmement concentrée et de plus en plus concentrée dans les mains de quelques rentiers au détriment du bien logé. Autre exemple pour un peu illustrer l'essor de cette marchandisation, c'est le phénomène du co-living avec plus de 500 millions d'euros investis rien qu'en 2025 dans ce phénomène-là, où des spéculateurs profitent de la pénurie du logement et d'un flou juridique pour imposer des loyers beaucoup plus importants. Ensuite, les logements vacants. On en parle et on a raison d'en parler de plus en plus. Entre 2005 et 2023, leur nombre a augmenté... 2,3 fois plus vite que le nombre total de logements. Et les logements vacants, c'est de la spéculation parce que la vacance, elle est concentrée chez les détenteurs de plusieurs biens et en zone tendue. On n'est donc pas là sur un manque de demande, mais bien sur une rétention des logements en anticipation de la plus-value. Donc il y a une marchandisation du logement, mais aussi, et c'est important, c'est couplé à une politique de tri, d'assignation résidentielle, de répression sociale et raciste. Il y a les questions du record du nombre d'expulsions locatives qui explosent depuis la loi Caspari-Enberger, mais aussi je pense à la suppression des APL pour les étudiants étrangers. Le gouvernement utilise la politique du logement pour ses fins xénophobes et finalement... on va empêcher des personnes étrangères de venir en France ou les dissuader. Un autre exemple de cette politique-là, c'est la politique de Bruno Retailleau, qui permet désormais, depuis sa loi contre le narcotrafic, qui permet l'expulsion des familles... de leur logement social au prétexte qu'un membre de la famille aurait été condamné ou a été plutôt condamné pour trafic de stupéfiants. Concrètement, ce sont des familles, des mères, des pères, des enfants qui sont mis à la rue, puisqu'à l'excuse de leur logement social, sur une condamnation d'un autre membre, d'une autre personne qu'elle-même. C'est donc l'utilisation de la politique du logement à des fins de répression et à des fins de tri social et racial. Les conséquences de cette politique, c'est le logement cher, c'est la dégradation des conditions de vie. Et je pense que Manuel Domergue pourra revenir davantage sur l'aggravation de l'insalubrité des logements. Mais il y a une dégradation de la qualité des logements qu'on peut constater. C'est l'aggravation du sans-abrisme également. Je pense notamment à la grève du Samu Social de Paris qui a été déclenchée à l'annonce par la préfecture de Paris de la suppression de 1 200 places et la mise à la rue de 160 familles. Une grève qui a duré presque deux mois. qui s'est finie lundi dernier sur un protocole d'accord, mais qui montre donc qu'il y a une aggravation du sans-abris et une politique des préfectures de mise à la rue, de remise à la rue, alors qu'on était en gros épisode de forte chaleur. Quatrième conséquence, c'est le démantèlement du parc social. La demande de logement actuellement est cette fois supérieure à l'offre disponible parce que la production diminue et parce que les aides publiques diminuent. Alors, devant ce constat-là, ce qu'aura à faire le mouvement France Insoumise en 2027, ce sera de donner à voir cette opposition entre la vision libérale nationale du logement, que comportaient les candidats et candidates de la droite, mais aussi de l'extrême droite, et la vision du logement comme un droit universel afférent à chaque personne. Il s'agira donc de montrer, de donner à voir cette opposition, et également de donner à voir ce que fera un gouvernement insoumis sur les questions de politique du logement. Cette conférence en fait partie et le programme est en cours de travail, mais on sait déjà, parce qu'on n'est pas un mouvement né de la dernière pluie, parce qu'on a un gros travail parlementaire qui a fait, on peut déjà donner un petit peu des pistes de ce que fera le prochain ministère du Logement. Un, ce sera de protéger immédiatement les plus précaires et donc de garantir un droit à l'hébergement inconditionnel, d'interdire les expulsions sans relogement public. 2. Ce sera de lutter contre le logement cher. Et alors qu'aujourd'hui, il y a des tergiversations pour pouvoir continuer à préserver l'encadrement des loyers, au contraire, un gouvernement insoumis viendra geler les loyers et les encadrer dans un second temps à la baisse dans les grandes villes. Donc protéger immédiatement les plus précaires, lutter contre le logement cher, troisièmement produire massivement du logement public, puisque le marché a montré son incapacité structurelle à proposer un nombre de logements suffisants, à adapter les logements au réchauffement climatique et à garantir une qualité suffisante du logement. Il s'agit donc de mettre la puissance publique d'Etat au service de la politique du logement et donc de produire et rénover le maximum de logements. Quatrièmement, mettre fin à la spéculation et déconcentrer la propriété immobilière. On l'a vu tout à l'heure, mais ça fait partie des principaux problèmes structurels à la crise du logement. C'est qu'il y a cette spéculation qui est permise. Alors avec des mesures simples et qui en plus pourront remplir les caisses de l'Etat et financer par exemple la production de logements. C'est par exemple une taxe sur les hautes transactions financières. C'est par exemple une taxe foncière. progressive pour décourager la propriété, la multipropriété. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas d'empêcher d'avoir une résidence secondaire, il ne s'agit même pas d'empêcher d'avoir une troisième résidence, il ne s'agit même pas d'empêcher d'avoir une quatrième résidence mise en location, mais au bout d'un certain nombre de logements qui devient un nombre indécent, on va dire, et qui empêche finalement l'accès à la propriété et même l'accès à avoir un petit logement à mettre en bail si vraiment on le souhaite, déconcentrer la propriété immobilière avec cette taxe foncière progressive. Et enfin, l'encadrement des prix du foncier, qui fait partie du programme du nouveau Front populaire par ailleurs, donc on ne sort pas du chapeau, mais qu'il s'agit là non pas d'en faire un vœu pieux, mais de le mettre réellement en application. Et avec cet encadrement des prix du foncier, avec cette taxe foncière progressive, avec la taxe sur les hautes transactions financières, on va pouvoir limiter, bien entendu, cette spéculation. Cinquièmement... et il faudra qu'on puisse réussir à insister là-dessus, c'est faire respecter les droits des locataires. Parce qu'il y a besoin aussi d'être au service des locataires et de garantir aux locataires un logement de qualité. avec notamment la création de ce qu'on imaginerait comme une inspection du logement. Il s'agit de partir du constat, du principe que, de la même manière que, par exemple, dans le monde du travail, il existe dans le monde du travail une suggestion de fait entre employeur et employé, de la même manière le locataire est, de facto, en position d'infériorité vis-à-vis de son bailleur. Par conséquent, le droit du travail, dont est garante l'inspection du travail, vient compenser cette faiblesse structurelle. Il s'agit aussi pour nous de rétablir un nouvel équilibre, un réel équilibre entre locataires et propriétaires. et de venir, on va dire, compenser cette faiblesse structurelle avec cette inspection-là. On a parlé pendant les municipales des brigades du logement, on est sur la même logique. Il s'agit de créer un corps qui puisse contrôler les bailleurs, délivrer un permis de louer. C'est-à-dire vérifier en amont de l'allocation si les critères de salubrité sont respectés, si les critères d'encadrement des loyers sont respectés. Donc délivrer le permis de louer et doter de pouvoirs de police suffisants et conséquents pour obtenir une sanction de démonquement et avoir une politique coercitive. Voilà les différentes pistes qu'on peut avoir et qu'il s'agit de discuter et sur lesquelles ce serait intéressant de lancer ces élections. constater et un petit peu faire ce bilan et nous projeter sur cette politique du logement pour toutes et tous. Je donne la parole pour commencer à Manuel Domergue qui est directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés. La question qui se pose et qui est un peu large, ce serait de savoir quel bilan la Fondation fait-elle des deux quinquennats macronistes et ensuite quelles seraient les priorités qui pourraient être fixées au futur gouvernement qu'on espère représenter.
Merci, merci beaucoup Cassandre. Bonjour à toutes et à tous. Donc je vais vous parler un petit peu depuis notre poste d'observation, la Fondation pour le logement des défavorisés, l'anciennement Fondation Ave Pierre que vous connaissez. Le bilan de ces 10 années, déjà si on regarde l'état des lieux, est-ce qu'il y a plus ou moins de problèmes de logement aujourd'hui par rapport à il y a 10 ans ? Il y en a plutôt plus. Tu l'as bien dit. Quand on regarde le nombre de personnes sans domicile, donc des personnes qui sont soit à la rue, soit en hébergement, 350 000 personnes. Je rappelle que le dernier chiffre officiel de l'INSEE, c'était 2012, c'était 143 000 personnes. Donc on a plus que doublé en quelques années dans un pays qui s'est plutôt globalement enrichi. Donc c'est extrêmement choquant. On regarde tous les jours les personnes qui appellent le 115. Il y en a entre 7 et 8 000 qui réussissent à joindre le 115 et qui sont refusées faute de place. Et ça aussi, on voit des situations de plus en plus dramatiques, et Bérangère pourra en parler aussi par la suite, d'enfants, de femmes enceintes, de personnes qui restent durablement à la rue, alors qu'elles sont parmi les plus vulnérables des vulnérables, même si évidemment toute personne à la rue est par définition vulnérable. Quand on dézoome un petit peu les problèmes de logement, on voit que la précarité énergétique s'est beaucoup aggravée. On a un doublement. ces dernières années, depuis 2019, du nombre de personnes qui disent « j'ai eu froid chez moi pendant l'hiver », doublement, alors que pendant des années, voire des décennies, c'était assez stable, à peu près 10% des gens qui disaient qu'ils avaient froid, et maintenant c'est deux fois plus, parfois même trois fois plus certaines années. Donc ça, c'est aussi lié au prix de l'énergie, c'est pas que à cause de Macron, mais on verra un peu ce qui a été fait ou pas fait ou mal fait. Précarité énergétique d'été également, ça, ça nous a sauté au visage à tous. Je rappelle qu'auparavant, on avait à peu près chaque hiver 10 000 morts en plus. liées au froid dans les logements. Et on était sur une tendance de 3 à 4 000 personnes qui mouraient chaque été à cause de la canicule et des logements mal adaptés aux canicules. On va désormais avoir quasiment autant de morts l'été que l'hiver. On est déjà à 7 300 morts là, à cause des canicules, juste pour les mois de juin, juillet. Donc on voit qu'on est sur maintenant un problème qui ne diminue pas en hiver à cause du réchauffement climatique, mais vient s'aggraver en été. Donc c'est quelque chose qui est extrêmement préoccupant. Quand on regarde les expulsions, tu en as parlé, on est à plus de 30 000 ménages expulsés avec le concours de la force publique chaque année, en général pour des raisons d'impayés. Quand j'ai commencé à travailler à la fondation il y a 12 ans, on était à 12 000. Donc on voit qu'on est sur des explosions alors que le monde de l'immobilier est un monde en général où les choses évoluent lentement. Mais là, en bas de l'échelle, ça évolue très vite et très mal. Donc c'est très inquiétant. Et dernier chiffre, dernière évolution sur ces 10 années, on a 3 millions de ménages qui attendent un logement social. Au début du quinquennat Macron, du premier quinquennat, on était à 2 millions. Donc on voit que là aussi, il y a 100 000 ménages en plus dans la file d'attente chaque année. Donc c'est très impressionnant, très inquiétant. Alors ce n'est pas que la faute de la politique gouvernementale. Il y a aussi des événements nationaux, internationaux, le réchauffement climatique, le Covid, la hausse des taux d'intérêt, la hausse des prix de l'énergie. Bon, évidemment, un gouvernement a un rôle à jouer, mais c'est aussi des facteurs internationaux. Mais qu'est-ce qu'a fait le gouvernement pendant 10 ans pour essayer de... Lutter, compenser, c'est tendance plutôt négative. Il a fait plutôt des choses négatives, donc c'est un peu inquiétant. Vous vous rappelez, pour ceux qui s'en souviennent, en 2017, quelques semaines après l'élection, une des premières décisions, c'était de couper les APL de 5 euros. Ça, c'était l'urgence. En juin 2017, 5 euros, mais c'était juste le début des coupes dans les APL. Ça fait un peu de bruit parce que c'était symbolique, c'était facile à comprendre. Et en réalité, il y a eu maintenant chaque année 4 milliards d'euros de coupes dans les APL. L'APL, c'est les aides personnelles au logement, ça aide à payer le loyer pour les personnes qui gagnent le SMIC ou moins que le SMIC, pour une personne seule. Donc on voit que ça touche vraiment uniquement les personnes en difficulté, uniquement les locataires. Donc vraiment, c'est une coupe sociale très dure pour les personnes en difficulté. Et évidemment, ce n'est pas totalement innocent dans la hausse des expulsions locatives. Ces coupes dans les APL, Cassandre l'a dit aussi, ça touche les locataires, ça touche les organismes HLM, les bailleurs sociaux, parce qu'ils ont dû compenser une partie de ces baisses des APL, et ça touche désormais... mais aussi les étudiants, pas n'importe quels étudiants, les étudiants étrangers extra communautaires. Donc ça, c'est non seulement antisocial, mais c'est purement discriminatoire. Et ce n'est pas un coup d'essai, puisque ça avait été essayé dans la loi immigration, qui avait été en partie retoquée, d'avoir une sorte de délai d'attente pour les ménages étrangers qui arrivent sur le territoire. plusieurs années avant de toucher les APL, le RSA, etc. Donc ça, on voit qu'il y a une tendance au coût budgétaire dans les budgets sociaux et encore plus ciblée sur les étudiants et sur les étrangers. Donc évidemment, vu les échéances qui nous attendent électorales et vu le risque d'arriver de l'extrême droite au pouvoir, on a l'impression qu'il y a une sorte de voie qui est pavée pour eux pour préparer l'opinion. Et c'est extrêmement, évidemment, c'est extrêmement pernicieux pour les étudiants qui vont perdre 200, 300 euros par mois. Donc évidemment, quand on est étudiant étranger, qui plus est, c'est... pas du tout anodin, c'est très grave. Mais en plus, ça ouvre la voie idéologiquement pour dire, écoutez, si les étudiants étrangers n'ont pas le droit aux APL, pourquoi est-ce que les étrangers en général auraient droit aux aides sociales en général ? C'est la même logique. Il n'y a absolument rien qui s'oppose à généraliser ce type de mesure qui est une mesure de préférence nationale. C'est le programme du Rassemblement National aux autres aides sociales et à tous les étrangers. Donc ça, c'est extrêmement inquiétant. Il y a eu des coupes également très fortes sur les bailleurs sociaux. Et là c'est vraiment purement idéologique, c'est-à-dire que Macron est arrivé et trois mois plus tard son ministre de Normandie a coupé, c'est ce qu'ils appellent la réduction de loyer de solidarité à hauteur de 1,3 milliard chaque année, alors ça a un peu varié, sur les budgets des organismes HLM. Et donc sans surprise... Les organismes HLV ne faisant pas de profit, ne distribuant pas de dividendes, ils n'ont pas pu baisser les dividendes de leurs actionnaires, puisque ça ne marche pas comme ça. Ils ont baissé l'investissement dans l'entretien, la rénovation énergétique et la production de logements sociaux. Et la production de logements sociaux s'est effondrée. Au début du quinquennat, on avait 125 000 logements sociaux agréés chaque année. C'était insuffisant, mais c'était quand même une progression et on allait dans le bon sens. Et on est redescendu à 80 000 logements sociaux agréés il y a un an. On est un peu remonté à 100 000 l'an dernier. quand même des niveaux très inquiétants et si on additionne tous les logements sociaux qu'on aurait pu avoir juste en gardant les mêmes conditions que en 2016 2017 c'est plusieurs centaines de milliers de logements sociaux qui nous manque aujourd'hui et donc les trois millions de ménages qui attendent un logement social il serait sans doute beaucoup moins nombreux si on avait pu produire du logement sociaux juste pour rester au niveau du quinquennat précédent alors qu'en fait l'objectif serait d'aller beaucoup plus loin là dedans et puis eu d'autres d'autres défaites d'autres recul très inquiétant notamment et qui sont à la fois sociaux mais aussi idéologique, comme pour les APL pour les étudiants, c'est la question des expulsions locatives. Il y a eu une offensive qui n'était pas que liée au gouvernement, qui n'était pas que liée à la majorité, qui était aussi partagée par beaucoup de médias d'extrême droite, mais pas que. C'était un mouvement assez général pour diaboliser les locataires et les squatteurs. On avait l'impression que le problème en France, c'était les petits propriétaires qui se retrouvaient à la rue parce qu'ils avaient des locataires qui ne payaient pas ou des squatteurs dangereux, menaçants, qui leur volaient leur maison. On avait l'impression que les sans-abri en France, c'était les propriétaires. Alors que quand on creuse un peu, il n'y a pas un seul propriétaire bailleur, et tu l'as dit, la plupart sont multi-propriétaires, qui s'est retrouvé à la rue à cause de squatteurs ou de locataires. Ça n'arrive jamais. Ça peut leur poser des problèmes, ça fait des procès. Ça fait des ennuis, il faut contacter son avocat, etc. Parfois, il faut contacter la télé aussi pour médiatiser. Et la télé, parfois, répond plus vite. Mais il n'y a pas de problème de propriétaire en difficulté à cause de ça. Par contre, ça a créé une sévérité, une répression très forte sur les squatteurs et les locataires. Les locataires, ça a été dit, 30 000 expulsions locatives par an, c'est très impressionnant. Il y en a 2 à 3 fois plus qui partent de leur logement à cause de la procédure. Donc, c'est 100 à 200 000 personnes qui sont expulsées. pour des raisons d'impayés de loyers, parce que les loyers sont trop chers, en France, et donc ils se retrouvent hébergés chez des amis, à la rue, dans des hôtels sociaux, etc. Donc évidemment, ça crée de la misère, ça crée de la difficulté. Et puis, idéologiquement, les squatteurs sont devenus les ennemis publics. Et donc ça a été ensuite traduit dans des lois, notamment la loi Casbar-Lenberger, mais tous les ans. Tous les six mois, il y a une nouvelle loi, un nouvel amendement un peu dégueulasse qui arrive pour supprimer les droits des squatteurs. Et au départ, c'était pour protéger les propriétaires. Chez vous, là où vous habitez, des squatteurs viennent à la fin de votre week-end et vous mettent dehors. Et en fait, au nom de ce cas qui est ultra microscopique, parce que les squatteurs ne sont pas idiots, ils ne viennent pas là où les gens ont leurs meubles, là où ils habitent, ils viennent dans des locaux désaffectés, etc. Au nom de ce faux problème, ça a été étendu avec des peines de prison et des excuses. Expulsion en 48 heures sans passer devant le juge pour tous les squatteurs de tous les locaux, y compris des hangars, des bâtiments vides, des bureaux vides depuis 10 ans, etc. Où il n'y a pas d'urgence, évidemment, à expulser les gens. Il y aurait plutôt une urgence à les reloger. Donc là, on voit que le gouvernement a prêté le flanc, le gouvernement et la majorité, a prêté le flanc à une offensive médiatique dont ils ont profité au détriment des plus pauvres, au détriment des locataires en difficulté, parce que les locataires en difficulté, en impayés... à 99% sont des personnes qui ont eu des accidents de la vie, qui ont des loyers trop élevés, des décès, des maladies, des licenciements. Ce n'est pas des gens qui tout à coup s'amusent à ne plus payer leur loyer et s'amusent à être expulsés par la police au petit matin. Ça n'arrive pas. Donc on voit qu'il y a eu beaucoup de malhonnêteté. Et malgré tout ça, malgré ces offensives qui ont quand même compliqué la vie des locataires, on a toujours cette musique qui dit que les propriétaires sont les victimes dans l'histoire et que les rapports... se font au profit des locataires, alors que tu l'as très bien dit, c'est comme une relation salariale, la partie forte c'est l'employeur, c'est le propriétaire, la partie faible c'est le locataire, c'est l'employé. Pour résorber cette inéquité, d'après le gouvernement, ils ont lancé une étude, un rapport, pour rétablir l'équité des rapports locatifs. Et ils l'ont confié quand même, tenez-vous bien, au président de l'association des propriétaires de France. On est quand même chez les fous. Ils ne font pas vraiment semblant de nous marcher sur la gueule. Donc c'est quand même assez inquiétant. La rénovation énergétique est... Je l'ai dit, le précarité énergétique, ça a beaucoup augmenté. C'est le seul sujet sur lequel il y a eu quelques progrès en début de quinquennat, avec des aides qui ont augmenté, objectivement, et des nombres de travaux de rénovation énergétique performants qui ont augmenté. Mais comme ça marchait, ils se sont empressés de tout casser. Et ça, c'était il y a deux ans. La réforme, elle a dit il y a deux ans, c'était ce qu'on proposait. 90% de prise en charge par l'État pour les ménages très modestes qui font des rénovations performantes dans leur logement. Très bien. Ils ont décidé de diviser ça par deux et de suspendre les guichets. déposer ses demandes de dossiers alors que c'est quand même un truc hyper consensuel de faire la rénovation énergétique de son logement c'est bien pour tout pour la planète pour les factures pour l'indépendance énergétique pour tout Et bien, comme ça marchait et qu'ils ne voulaient pas dépenser d'argent pour aider les pauvres à sorte de la précarité énergétique, ils ont suspendu ça et ils ont divisé les aides par deux. Et ils s'aperçoivent aujourd'hui que les gens, finalement, ils sont moins motivés pour faire ce type de travaux de rénovation énergétique. Et donc, pour aller vers la conclusion et de dire qu'est-ce qu'on peut proposer, Cassandre, dans les pistes que tu as mises en avant, on est dans les mêmes philosophies. On travaille souvent ensemble d'ailleurs. Quelques éléments concrets pour aller plus loin. Il y a deux plans logements d'abord. qui ont été intéressants, qui ont été lancés dans leur philosophie. On est plutôt sur un échec au final quand on voit le résultat, mais dans la philosophie de dire il vaut mieux que les personnes sans abri aient accès à un logement directement plutôt que de passer par toutes les étapes de l'hébergement. C'est bien, sauf que ça n'est pas allé assez loin et donc on s'aperçoit que toutes les tendances négatives à contre-courant ont augmenté le nombre de personnes à la rue et en hébergement. Donc il faut un vrai plan logement d'abord 3 avec davantage de logements. très sociaux, pas n'importe quel logement social, quand on est à la rue, au RSA, à la Hache, ce n'est pas des logements sociaux à 15 euros du mètre carré qui vont vous aider, il faut que ce soit à 5 ou 6 euros du mètre carré, les logements très sociaux, et donc il faut mieux les financer, il en faut au moins 60 000 par an, mais si on pouvait en faire plus, ce serait tout à fait bénéfique. Il faut que le parc privé soit mis à contribution également pour loger les personnes sans domicile, avec des accords donnant-donnant avec les propriétaires pour prendre en charge une partie des loyers s'ils acceptent de... les baisser et de les consacrer à des personnes qui sortent de la rue. Et puis la meilleure mesure pour sortir les personnes de la rue, c'est la régularisation des personnes sans domicile. C'est tout simple, ça ne coûte rien, ça rapporte beaucoup d'argent, ça rapporterait beaucoup d'argent à l'Etat et des pays comme l'Espagne ou même l'Italie le font. Et une des causes principales de l'augmentation du sans-abrisme, c'est la précarisation des personnes en situation irrégulière, à droit incomplet, sans papier, etc. Parce qu'évidemment, ils n'ont pas de possibilité de travailler légalement, facilement. d'accéder au logement social, d'accéder aux appels, ils n'ont pas le droit, et d'accéder au logement, évidemment, sans titre de séjour, c'est extrêmement difficile. Donc là, il y a vraiment la mesure immédiate à faire pour un gouvernement qui arrive au pouvoir. pour lutter contre le sans-abrisme, c'est ça. C'est pas forcément d'ouvrir des centaines de milliers de places d'hébergement, puisque les personnes ont besoin de logement plus que d'hébergement. Ça peut être utile à court terme, mais la mesure la plus simple, c'est d'organiser un plan de régularisation des personnes qui sont à la rue pour qu'elles puissent travailler, se loger, toutes seules, tranquillement. L'autre solution rapide... qui est plus difficile, c'est de réorienter les attributions de logements sociaux pour les personnes qui sont sans domicile. C'est plus difficile parce qu'il y a une telle tension que si vous orientez un peu plus les attributions pour les personnes qui sont à la rue, pour qui objectivement c'est le plus urgent, c'est le plus vital, évidemment il y a moins d'attributions, un peu moins d'attributions pour tous les autres qui ont aussi des urgences, qui ont aussi des nécessités parce qu'ils sont en surpeuplement, dans des logements insalubres, des femmes victimes de violences, etc. Mais il faut que les attributions HLM soient vraiment sur les personnes les plus... prioritaire donc ces familles de violence enfants en danger personne sans domicile personne en sous peuplement accentué et il ya quand même 500 mille maintenant 400 mille attributions de logements sociaux par an il ya moyen de satisfaire les situations les plus graves mais C'est difficile. Évidemment, pour desserrer cet état-là, il faut produire davantage de logements sociaux et très sociaux. Et même si c'est compliqué, pour le coup, parce qu'on essaie d'avoir une forme de sobriété foncière, c'est le ZAN, le zéro artificialisation nette. Construire aujourd'hui, il y a des normes supplémentaires et c'est bien normal. Normes handicap, normes thermiques, etc. Et c'est bien normal. Mais donc, il faut une aide supplémentaire de l'État pour... porter du foncier pour que le foncier qui reste, qu'on peut encore artificialiser, et il faudra qu'il y en ait de moins en moins pour des raisons écologiques, que les quelques fonciers qui nous restent dans les années qui viennent soient fléchés en priorité pour le logement, plus que les data centers, les bureaux qui restent vides, etc., les résidences secondaires, les logements en résidence principale et les logements sociaux. Parce que les logements sociaux, évidemment, c'est de l'empreinte carbone, c'est du foncier utilisé, mais au moins, on sait que ça va pour des résidences principales, pour des personnes en difficulté, pour des loyers modérés. et que c'est sans profit, sans plus-value pour les organismes HLM qui n'en font pas. Donc ça, c'est la priorité, je pense, la plus importante pour le logement. C'est l'État qui doit mettre beaucoup plus au pot alors qu'il a beaucoup coupé. Il faut forcer les maires aussi à respecter la loi. La loi, c'est la loi SRU, 25% de logements sociaux dans chaque commune. Il faut l'augmenter à 30% dans les communes les plus tendues, la centrer davantage sur les logements très sociaux. Donc ça, on peut y arriver. Et puis dans cette affaire qui nous préoccupe sur les rapports locatifs, il faut un plan de prévention des expulsions locatives. Une ministre comme Valérie Létard, qui était dans le gouvernement précédent, qui n'était pas à LFI, elle avait un plan de prévention des expulsions locatives. Le nouveau ministre Vincent Jambrun, quand il est arrivé, alors qu'il y avait 30 000 expulsions par an, il l'a jeté à la poubelle. Et son prédécesseur à Valérie Létard, Guillaume Casbarian, le célèbre auteur de la loi Casbarian-Berger, s'est réjoui. du record d'expulsion locative. Il s'est réjoui, ancien ministre du logement. Donc là, il y a quelque chose à faire pour rétablir une forme d'équilibre dans les rapports locatifs et faire que l'expulsion soit impossible et que quand on va vers l'expulsion, elle soit accompagnée d'un re-logement, en logement social si possible, des personnes qui sont concernées. Évidemment, on a une proposition de loi que Anaïs Bélois-Sacherifi avait déposée avec nous et 158 députés l'été dernier. le printemps dernier, qui s'appelait Zéro logement bouilloire. Elle proposait des choses assez consensuelles, puisque ça avait été signé par 8 groupes parlementaires différents, installé des volets partout dans les logements qui en manquent, financé par l'Etat, financé par les bailleurs sociaux. obligatoire pour les bailleurs qui ne veulent pas en mettre et sur lesquels les architectes bâtiments trans ne pourraient pas s'opposer. Je pense que c'était une bonne idée. Je pense qu'après les 7300 morts qu'on a connues au 21 juillet cette année, c'était une bonne idée. Le gouvernement s'y est toujours opposé. Il ne l'a jamais mis à l'ordre du jour. Et aujourd'hui, quand on lui demande que les bailleurs aient l'obligation minimale de mettre des volets, ça coûte quasiment rien, et des brasseurs d'air, le gouvernement dit « Ah non, pas d'obligation nouvelle pour les bailleurs. Ils sont déjà en difficulté, on vient de le dire avant. » Donc là, c'est absurde. C'est absurde, c'est complètement fou. Et il faut des financements publics supplémentaires pour que les bailleurs sociaux, en quelques années, équipent leurs logements, tous les logements, de ces équipements de base pour sauver des vies des personnes. Et je conclue. en disant que la crise du logement, c'est une crise des inégalités par rapport au logement. La France, elle est bien logée, en général. Elle est mieux logée qu'avant. On est mieux logé que nos parents, nos grands-parents. En moyenne. Mais évidemment, la moyenne, c'est pas là où on se loge. Par contre, il y a l'enrichissement, les inégalités, elles reflètent, mais elles sont creusées par l'immobilier. Il y a des personnes, et c'est pas des spéculateurs, c'est des personnes qui ont acheté au bon moment, dans les bonnes conditions. Il y a aussi des spéculateurs, mais qui ont acheté au bon moment, dans les bonnes conditions, et qui ont vu leur bien, leur patrimoine... triplé de valeur avec la hausse des prix de l'immobilier. Il faut redistribuer cette ronde foncière. Il faut le faire. Le moment le plus simple pour le faire, c'est au moment de l'héritage, les successions, au moment où ça n'appartient plus à personne pendant quelques secondes, entre le décès des parents et l'héritage des enfants. Et donc il faut taxer beaucoup plus. Aujourd'hui, le niveau de taxation, c'est 5% en ligne directe des héritages. Il faut que ce soit plus cher pour... les grands héritages, pour les gens qui transmettent 5, 6, 10 appartements. Et là aussi, dans les choses négatives, il y a eu les coupes budgétaires du gouvernement. Il n'y a pas eu que des coupes budgétaires, ils ont fait des cadeaux fiscaux. pour pouvoir donner avec moins de fiscalité, plus de cadeaux fiscaux, pour faire des donations pour ses enfants et ses petits-enfants. Et donc dans le Figaro Immobilier hier, il y a une dame de 28 ans qui dit « mais moi j'ai pu acheter 300 000 euros cash sans faire d'emprunt grâce aux donations de mes parents et de mes grands-parents ». Voilà, voilà la priorité de ce gouvernement. Il faut reprendre de l'argent à ce moment-là pour le redistribuer. Il y a quelques années, il y avait 2% du PIB qui était utilisé, l'équivalent de 2% qui était utilisé pour la politique publique du logement. Aujourd'hui c'est 1,5%, il manque 15 milliards d'euros. 15 milliards d'euros, on peut les reprendre ici à ce moment-là très simplement. Il faut taxer les plus-values, taxer les héritages sur l'immobilier. Et on peut tout à fait avoir une politique du logement qui tienne la route pour résorber cette crise du logement qui touche 5 millions de personnes.
Merci beaucoup. Maintenant... Je vais donner la parole à Bérangère Grisoni, qui est présidente du collectif Les Morts de la rue. Pour commencer, Bérangère, est-ce que tu pourrais nous présenter le collectif, les objectifs, le fonctionnement
merci. Bonjour à toutes et tous. Le collectif Les Morts de la rue a un peu plus de 20 ans. On ne pensait pas être là aujourd'hui. Il s'est créé en 2002-2003. Il s'est créé, il a été initié par une association au captif La Libération. qui, en faisant des maraudes dans le centre de Paris, dans les années 1980, constatait qu'il y avait beaucoup plus de jeunes hommes qui décédaient. alors qu'ils étaient suivis par les maraudes, sans s'expliquer pourquoi. Et donc ils voulaient essayer de comprendre pourquoi il y avait comme ça des décès en cascade. Et donc ils ont mené une enquête avec différentes maraudes sur Paris. C'était le début du VIH. Et une fois qu'ils ont... pu comprendre, confondre leurs données, leurs constats avec d'autres équipes de Maraud. L'association a dit, on a les explications, on va arrêter cette étude. Et la personne, la chargée de mission, Cécile Roca, qui avait participé à ce travail, a dit non, il faut l'étendre. Il faut l'étendre à l'île de France, il faut l'étendre à la France, on ne peut pas s'en arrêter là. Et donc les bénévoles et Cécile ont créé, quelques années après, le collectif Les Morts de la rue. Mission statutaire de faire savoir, faire savoir qu'une expérience de vie à la rue sans chez soi tue prématurément et souvent. avec des causes violentes, agressions, noyades, chutes. Donc ça, c'est la première mission. Les autres missions, c'est d'honorer, de rendre mémoire, de désinvisibiliser ces personnes mortes dans des conditions inadmissibles, mourir par défaut de son propre habitat. Comme autre mission, c'est également de veiller à la dignité des obsèques. A l'époque, et je parle notamment pour Paris, pour les obsèques des personnes... Alors le terme était indigente. Il a heureusement changé depuis dans le code des collectivités territoriales. Mais en tout cas, ces personnes sans ressources, pour lesquelles certaines familles de sans-abri n'avaient pas les moyens financiers, les obsèques étaient souvent indignes. Des personnes de la rue qui assistaient aux obsèques de leurs copains... était scandalisée, et je pense à un mouvement en Ile-et-Vilaine qui s'est constitué comme ça, d'assister à une mise en bière, de constater que le copain de la rue n'avait pas été lavé, était avec ses vêtements souillés, que le cercueil était brut, que c'était complètement indigne, qu 'il n'y avait pas de nom. Sur le cercle, etc. Donc c'est d'accompagner les proches en deuil. Et les proches en deuil, c'est au sens large les copains de rue, les amis, la famille, les bénévoles, les professionnels, les personnes pour lesquelles le défunt, la défunte a compté. Et puis l'une des missions, c'est également de... On publie chaque année un rapport épidémiologique pour dénombrer. ce fléau et ce rapport épidémiologique qui s'appelle dénombrer et décrire. Il y a forcément la partie dénombrer qui est importante, mais on veut faire plus que faire un dénombrement et une analyse au travers des statistiques. L'idée, c'est vraiment aussi d'essayer de comprendre. Et donc se décrire, c'est essayer de comprendre, de trouver des éléments. pour comprendre ces parcours résidentiels, ou être sans-abri. Ce sont des parcours résidentiels chaotiques. Et donc on a tout un protocole, une étude standardisée, pour essayer, par téléphone, de retrouver un professionnel, un bénévole qui a... à un moment donné, accompagner une personne décédée et qu'elle puisse nous répondre. On a tout un protocole. Et on est en train de préparer le 14e rapport annuel des nombrés et d'écrire. Voilà un peu pour l'émission principale. Merci beaucoup.
Et à partir de ce combat et à partir de ce travail de terrain dans la rue littéralement, quelle est aujourd'hui la réalité du sans-abrisme et quelles sont ou quelles seraient les responsabilités des gouvernements macronistes
la réalité du sans-abrisme... Nous, forcément, le collectif Les Morts de la rue, on connaît mieux les conditions de vie qui vont mener à une mort prématurée. On parle depuis le début des enquêtes, des nombres et des écrits. On dénombre de plus en plus de personnes mortes de la rue, alors mortes de la rue, mais elles ne décèdent pas toutes en rue. Ça peut être à l'hôpital, ça peut être en centre d'hébergement, ça peut être dans un squat, dans une voiture, etc. On a toute une classification. Ce qui est dramatique, c'est que tout à l'heure je vous disais, c'est souvent de morts violentes. accident. Je pense à une dame qui dormait sur un chantier et qui a été écrasée par le camion qui commençait sa journée. On a une moyenne d'âge au décès. Je ne parle pas d'espérance de vie. On est incapable de pouvoir faire une projection sur l'espérance de vie des personnes sans-abri parce qu'il n'y a pas de recensement exhaustif des personnes sans-abri. J'y reviendrai tout à l'heure. En tout cas, nous, on parle de moyenne d'âge au décès. Ça, par rapport à notre dénombrement, on est capable de tirer une moyenne d'âge au décès. Et cette moyenne d'âge au décès, elle n'a jamais dépassé 50 ans. Selon les années, ça fluctue entre... 47 à 50 ans, alors que la moyenne d'âge au décès de la population générale, elle, elle continue d'augmenter. Donc ça représente plus de 32 ans actuellement de différence entre la population générale et les personnes sans-abri. Et vraiment, je sais que vous en êtes convaincus, mais il ne faudrait pas croire que c'est une fatalité et que ces personnes sans-abri seraient une sous-population. Ce sont des êtres humains comme vous, comme moi. Moi, j'ai la chance de ne pas avoir connu le sans-abrisme, mais ce sont les nôtres. On parle de personnes qui ont de plus en plus... des profils pluriels. Il y a toujours, et depuis le début des enquêtes, il y a toujours une majorité d'hommes, mais les femmes sont plus nombreuses. Les premières enquêtes, elles représentaient 5-6%. Là, c'est plutôt 12 à 15%. Ce qui est aussi très inquiétant, c'est le nombre d'enfants, de jeunes enfants. On en dénombre de plus en plus. Je fais attention à... Notre épidémiologiste le dirait mieux que moi, mais on ne peut pas expliquer pourquoi... On a plusieurs raisons d'expliquer pourquoi on recense de plus en plus de décès de personnes sans abri. On l'explique parce qu'on pense qu'on travaille mieux. On a maintenant une expérience. On se fait mieux connaître. Les partenaires pensent mieux à nous remonter les décès. Donc on pense que c'est dû à ce travail et aux partenariats qu'on développe. On pense aussi... que l'une des raisons, c'est qu'il y a de plus en plus de pauvreté, d'inégalité, de personnes qui sont en situation d'exclusion. Et notamment, Manuel, chaque année, avec leur rapport, actuellement, vous faites une projection, il y a 350 000 personnes sans abri. Et tout à l'heure, je vous disais... Il n'y a pas de recensement exhaustif des personnes sans-abri. Là, il y a la troisième enquête INSEE qui est en train de se terminer. Cette enquête INSEE, là aussi, ça donne un ordre de grandeur. La première, je crois que c'est aux alentours de 82 000 personnes sans-abri. Les projections sont actuellement de 350 000. Ça ne concerne que l'Hexagone. Et voilà. Alors il y a des nuits de la solidarité, là aussi, qui peuvent... Alors c'est pas exhaustif, mais si c'est fait régulièrement sur un même territoire, on peut suivre une évolution. Mais on est vraiment incapable de dire combien de personnes ça représente. Par contre, ce qu'on est capable de dire, c'est que les profils sont de plus en plus pluriels. Il y a toujours des hommes, il y a des familles monoparentales, il y a des mineurs, il y a des personnes très âgées. Tout à l'heure, je regardais dans « Dénombrer et décrire ». On anonymise tous les noms et on retrace quelques histoires de vie de personnes. Et il y a deux ans, c'est une dame de 90 ans dans les pays de la Loire qui a été expulsée de son logement. sans solution. Elle a aéré quelques semaines dans la rue avec plusieurs manteaux sur elle. Elle a fini par être hébergée dans un CHRS à 90 ans où elle est décédée le lendemain. Ça laisse sans voix. On marche sur la tête. Et procéder à des expulsions sans solution, de la même manière qu'il y ait des sorties d'institutions, des sorties sèches, on serait tout à fait capable de pouvoir faire autrement. Là, ce sont vraiment des volontés politiques. Il faut arrêter de casser des personnes qui sont déjà cabaussées par des mesures qui sont de plus en plus... Tout à l'heure, on parlait également de mesures anti-mondicité, par exemple. Je voyais que hier ou avant-hier, c'est la face PACA Corse qui a fait une demande au maire d'Avignon pour qu'il puisse revoir son arrêté anti-mondicité qui a eu lieu les jours derniers. Il y a une autre façon de pouvoir... s'emparer de ces questions de personnes sans-abri. Il vaut mieux s'emparer des questions du sans-abrisme, de pouvoir voir avec le CCS, les associations, etc. comment on peut répondre à une personne sans-abri. Le logement est un droit fondamental. Voilà la situation. Je suis désolée de plomber l'ambiance. Mais ce sont des réalités qui sont extrêmement préoccupantes. On n'en voit pas la fin. Et on est extrêmement préoccupés par... Nous, c'est un iceberg. On est un peu un lanceur d'alerte. On ne sait pas du tout réellement combien de personnes perdent la vie chaque année du fait du sans-abrisme en France. Merci.
Ce sont des données et des histoires et des réalités qui sont insoutenables. À partir de là, qu'est-ce que le collectif Les Morts de la rue attend du futur ministère s'il est insoumis ?
Alors là, vu la situation, vu toutes les personnes qui sont solution, il y a forcément besoin de mise à l'abri. Mais des mises à l'abri, là aussi, il faut les revoir. Il ne faut pas que ce soit une gestion au thermomètre où on le voit périodiquement lors des vagues de grand froid ou les plans canicules. On va ouvrir des gymnases. Et puis quand la température va redescendre de quelques degrés ou l'inverse, on va refaire des sorties sèches. Il faut arrêter cette gestion au thermomètre. Il faut faire de réelles mises à l'abri. On a pu le faire avec les Ukrainiens, donc il n'y a pas de raison qu'on le fasse avec le reste de la population qui est sans solution. Et là, pour les ouvertures de gymnase, il faut pouvoir accueillir aussi la personne avec son chien, parce que sinon, elle ne va pas venir, ne va pas séparer les couples. Les hébergements, il y en a besoin. Et l'inconditionnalité des hébergements, là aussi, il faut le rappeler. Il faut humaniser tout ça. Mais bien entendu, la finalité, c'est le logement. Le logement dans toutes ses formes, par rapport à toutes les situations vécues par les personnes. Le logement accompagné, l'accès à la propriété. C'était pour certains. Le logement très social, Manuel vous en a parlé. C'est le logement qui est un droit fondamental. Il y a la loi contre les exclusions qui avait été portée par ATD Carmonde, qui est une très bonne loi, qui date de 1998. Il n'y a plus qu'à la mettre en application. Voilà rapidement ce qu'il faudrait pour démarrer.
beaucoup. Et maintenant, Anaïs Belouassa-Scherifi, tu es députée de la première circonscription du Rhône. Autrice de plusieurs propositions de loi qui touchent au logement sur la question des bouilloires thermiques, sur la question du sans-abris, de l'encadrement des loyers et du logement cher. Donc en première ligne et présidente du groupe d'études pauvreté, précarité, non recours au droit et sans-abris à l'Assemblée nationale. Par conséquent et de ce point de vue là, à quoi ça ressemble le front face à la droite et à l'extrême droite sur les questions de logement
Merci Cassandre, merci à toutes et tous d'être là pour cette conférence parce qu'à entendre ce qu'a dit Bérangère mais aussi Manuel, je crois que là il faut mener la bataille pour le droit au logement et surtout pour le droit à la dignité. Ce qu'on a entendu comme histoire, finalement c'est pas des petites histoires ou des choses qui sont ponctuelles, c'est présente en bas de chez nous, c'est présent de plus en plus. de plus en plus jeunes, ça touche de plus en plus de personnes. Et face à tout ça, la Macronie, depuis 10 ans, n'a rien fait. Et pire que ça, ils savent ce qu'ils font, mais ils décident de ne rien faire. Et on a eu plusieurs échanges, on a déposé plusieurs propositions de loi, on a évoqué les chiffres qui sont dramatiques. Je ne vais pas les répéter, on les a assez entendus, mais il faut faire mieux. Il faut faire mieux et si on gagne l'élection présidentielle, parce qu'on va la gagner. on fera mieux parce qu'il n'y aura plus personne à la rue, parce qu'il n'y aura plus un enfant à la rue, parce qu'il n'y aura plus d'expulsion sans relogement, parce que tout le monde vivra dans un logement digne, parce que le droit au logement, c'est un droit fondamental, inconditionnel, et surtout, c'est le point de départ de tout dans une vie. C'est la condition de tous les autres droits, celui du droit à l'éducation, à l'emploi, à la santé. Et si vous n'avez pas de toit, vous n'avez plus rien. Et c'est ça qu'en fait les macronistes ne comprennent pas. Et c'est ça qu'on va se résoudre à faire dès qu'on arrivera au pouvoir en 2027. Pourquoi on en est là avec la Macronie ? C'est évidemment parce que leur objet premier, leur obsession, c'est d'aller enrichir leurs petits amis qui se gavent sur le dos des locataires, les multipropriétaires, les 3,5% de personnes qui détiennent 50% du parc locatif. C'est ça en fait aujourd'hui. C'est des gens qui dérégulent le marché, qui spéculent et qui nous font payer des loyers exorbitants. On a corrélé à la fois l'augmentation du taux de pauvreté en France, mais aussi l'augmentation de la part des loyers dans ce que peuvent mettre les ménages par mois. Ils mettent plus de la moitié de leurs ressources dans un loyer et donc dans le logement. Mais d'un autre côté, si la Macronie veut faire ça, c'est bien sûr pour exonérer tous ces petits amis qui spéculent, qui font de la multipropriété. Mais derrière, nous, en tant que bataille parlementaire, ça a été évidemment de mettre en lumière l'encadrement des loyers. L'encadrement des loyers, pour nous, il faut même aller plus loin. Je vous l'ai dit, les locataires consacrent plus d'une partie de leur revenu à leur loyer. Et aujourd'hui, si vous avez le malheur de vous prendre les pieds dans le tapis... Eh bien, vous inquiétez pas, il y a la loi Casbarian-Berger, et là, vous vous prenez vraiment les pieds dans le tapis. Parce qu'avec cette loi, c'est l'impunité totale de l'exclusion. Donc de l'exclusion, l'expulsion. C'est ce que veut ce gouvernement. Et nous, on a été fiers, avec un certain nombre de mes collègues à l'Assemblée nationale, d'essayer d'aller plus loin sur la question de l'encadrement des loyers, justement pour essayer de résoudre cette question de l'expulsion locative qui a augmenté de 20% en un an. Et M. Casbarian était fier de dire, oui, je suis très fier de mettre des femmes, des enfants, des nourrissons à la rue. Bah non, nous, on n'est pas très fiers, et d'ailleurs, on ne dormirait même pas la nuit. Donc il y a la question du logement et donc de l'encadrement des loyers. Parce qu'il faut que les loyers soient moins élevés. Ça fait 40 ans que les loyers n'arrêtent pas d'augmenter. Et que ce soit dans les zones tendues ou non tendues, ce qu'on a proposé à l'Assemblée nationale, c'est d'avoir une généralisation de cet encadrement des loyers. Mais surtout, un truc assez technique, c'est la suppression du complément de loyer. En fait, aujourd'hui, les propriétaires vont dire « mais si, je respecte l'encadrement des loyers, ne vous inquiétez pas, mais par contre, je vais mettre un complément de loyer parce que vous savez, mon logement est exposé plein sud ». Et en fait, ce sont des critères qui ne sont pas objectifs. Et donc, les propriétaires vont pouvoir augmenter les loyers en détournant. justement cet encadrement de loyer grâce au complément de loyer en disant oui mais mon logement est exceptionnel et personne vient vérifier ça. Donc nous on souhaite aller plus loin sur ce dispositif parce que bien évidemment on peut pas laisser les gens faire tout ce qu'ils veulent et surtout se faire du beurre sur le dos des locataires. Ensuite, Manuel en a parlé, on vient de vivre un épisode caniculaire très important, et pourtant on avait déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale sur les logements bouilloires. Entre 2025 et 2026, les gens qui déclarent avoir souffert de la chaleur dans leur logement a augmenté de 7 points. C'était 42% l'année dernière. Cette année, c'est 49%. Et on n'est pas au bout de nos surprises parce que vraisemblablement, on devrait avoir d'autres épisodes caniculaires. C'est aussi des gens qui souffrent dans leur logement. Le logement, c'est une question de santé, j'en ai parlé tout à l'heure. Quand vous êtes dans un logement bouilloire, vous avez... le risque d'avoir des maladies cardiovasculaires très importantes. Quand vous êtes dans un logement insalubre, vous inhalez des champignons, des produits toxiques, et bien évidemment, ça attaque votre santé. Mais qui sont dans ces logements insalubres ? Qui sont dans ces logements bouilloires ? Ce sont les personnes les plus précaires. Et aujourd'hui, quand on va rentrer à l'Assemblée nationale, il y a le ministre Jean Brun, un ministre de droite, clairement, qui décide de faire un projet de loi sur le logement. Nous, on se dit super, c'est génial, pas du tout, comme vous pouvez vous l'imaginer, mais ce qu'il souhaite faire, c'est remettre sur le marché locatif les logements qui étaient à la base interdits, donc les DPEG, ça a été interdit grâce à la loi Climat et Résilience, ça, il va la remettre sur le marché locatif. Parce que vous comprenez, il n'y a quand même pas assez de logements dans notre pays. Mais pourquoi il n'y a pas assez de logements ? Parce que la baisse de la construction de 30% depuis que vous êtes arrivés, parce que vous avez augmenté la TVA sur les nouvelles constructions, parce que vous avez refusé de faire de l'investissement public, en fait. Pour vous dire, la part du PIB consacrée au logement, c'est 1,2%. Ça n'a jamais été aussi faible. En fait, ils ne comprennent pas que si vous n'avez pas un investissement public dans le logement, si vous n'avez pas une politique de construction de logements sociaux aussi, et pas juste des logements intermédiaires comme ils essayent de nous faire croire souvent dans la répartition. Nous, on parle de PLUS, PLAI, on parle de logements précaires, très précaires, pour faire en sorte de loger tout le monde, et que personne ne se prenne les pieds dans le tapis, et que personne ne subisse une expulsion locative. Vous voyez, tout est lié dans le logement. Mais eux, ils pensent sectoriel, ils pensent rentabilité, ils pensent spéculation. Et donc, pour revenir sur la question des logements bouilloires et de ce que propose le ministre du Logement, c'est bien sûr de mettre en location des logements bouilloires, des logements insalubres, toujours pour les plus précaires et pour ceux qui souffrent le plus. Vivre dans son logement, c'est la condition à tous les autres droits, je l'ai dit tout à l'heure. Mais on parle aussi souvent de ceux qui n'ont pas de logement. Et il y a évidemment les 350 personnes qui sont sans domicile fixe, mais il y a aussi les 15 millions de personnes qui sont dans le halo du chômage. Vous savez, être logé chez un tiers, c'est ne pas avoir de logement. Être logé dans un logement salubre, c'est pas avoir de logement décent. Donc c'est vraiment essayer de comprendre comment il y a une articulation dans toute cette politique du logement. Nous, c'est clair, quand on va arriver au pouvoir, c'est 200 000 logements sociaux et très sociaux qu'on fera par an avec un objectif de 1 million de logements à la fin du quinquennat. Parce qu'aujourd'hui, vous avez près de 3 millions de personnes qui sont en attente d'un logement social dans notre pays. Et même si on va plus loin, en réalité, 70% des Français sont éligibles au parc social. Je vous parlais tout à l'heure de la loi Casbarian-Berger d'expulsion locative. Quand vous prenez les pieds dans le tapis et quand vous avez connu la rue, il est difficile de remonter sur le cheval. Il est difficile de remonter la pente. Bérangère en parlait tout à l'heure, mais son témoignage m'a poignée parce que je sais que maintenant, il y a évidemment une diversité des personnes qui sont mortes de la rue. Avant, on avait plutôt affaire aux hommes seuls. Là, on a des femmes, on a des enfants, on a des nourrissons. À côté de ma circonscription à Lyon, en août dernier, c'est un nourrisson de 11 jours qui est décédé. Parce qu'il n'y avait pas de solution d'hébergement. Alors oui, il faut investir dans les centres d'hébergement d'urgence, ouvrir davantage de places. Et c'est ce qu'on avait réussi à gagner. J'avais déposé un amendement sur le projet de loi de finances pour ouvrir 10 000 places supplémentaires en centre d'hébergement d'urgence. Il était passé en commission, il avait été voté. Et bien sûr, le gouvernement, 49-3, balayé aux oubliettes. Alors bien évidemment, nous, nous ferons de la politique du sans-abrisme une politique de priorité, parce que plus personne sera à la rue. Il y a évidemment à penser le parcours résidentiel, c'est comment on fait en sorte que les gens sortent des centres d'hébergement d'urgence, c'est bien sûr souvent les régulations, tu l'as dit Manuel, mais c'est aussi la construction de logements sociaux, et c'est aussi ensuite faire en sorte que les gens montent dans le parcours résidentiel pour faire en sorte de loger tout le monde. Tout à l'heure, on parlait aussi notamment de tout ce qui est la grande arnaque, je trouve, du moment, c'est les logements vacants. Pardon, on s'est parlé du nombre de chiffres de personnes qui sont à la rue et du nombre indécent de logements vacants qu'il y a dans notre pays. On compte 1,2 million de logements vacants dans notre pays depuis plus de deux ans. Et là, je vous parle depuis plus de deux ans. Donc imaginez déjà ce qui reste. Nous, au pouvoir, c'est clair. Taxation des logements vacants, taxation des résidences secondaires. Il faut faire en sorte que les gens remettent ces logements sur le marché locatif. Parce que souvent... Quand ils font ça, en fait, ils achètent, et puis ils font de la défiscalisation, et puis ils le font rentrer au patrimoine, et vous inquiétez pas que leur objectif, c'est pas de loger tout le monde, c'est bien sûr de s'enrichir toujours et encore. J'en ai parlé de l'encadrement des loyers, et je voulais aussi vous évoquer une chose qui est un élément un peu d'actualité, vous l'avez vu. Tous les ans, les organisations syndicales étudiantes sortent un peu le panier, le coût de la vie étudiant. Il ne vous a pas échappé que c'est tous les ans pire, que les étudiants et les jeunes ont de moins en moins de moyens, qu'ils ont de plus en plus de difficultés aussi à se loger. Et qu'est-ce que nous a sorti ce gouvernement pour faire des économies sur le dos de nos jeunes, sur le dos des plus précaires ? On va supprimer les APL parce qu'on va trouver une mécanique, c'est-à-dire on va prendre en revenu de référence fiscale celui des parents et pas celui du jeune. Et donc avec cette petite manœuvre-là, ça supprime à 200 000 étudiants les APL et ça baisse les APL en plus à 150 000 étudiants. Donc aujourd'hui on a un système boursier étudiant qui a la ramasse, on a des APL qui vont clairement baisser même si on va bien sûr s'opposer à tout ça, mais on a un gouvernement qui tape toujours sur le même clou, c'est-à-dire les plus précaires, c'est-à-dire les personnes qui sont le plus en difficulté et surtout les personnes les plus vulnérables. Je ne sais pas si j'ai répondu un peu à tout, mais au pire, je répondrai à vos questions avec grand plaisir. Mais sachez que nous sommes encore en train de travailler à la fois avec le programme L'Avenir en commun sur la thématique du logement. On agrège un certain nombre de propositions de lois parlementaires et vous pouvez retrouver... Ce petit livret sur le stand de la France Insoumise du groupe parlementaire, il décrit les 10 ans de macronisme, les chiffres clés, il aide vraiment à comprendre comment en réalité la Macronie a détruit y compris tout le parc social en retirant tous les moyens aux offices HLM et aux organismes des logements sociaux. Et franchement, c'est très bien fait. Merci aux camarades qui l'ont fait d'ailleurs. Et c'est vraiment très important parce que... Le logement, c'est le point de tout dans une vie, mais c'est aussi souvent le point d'une discussion que vous pouvez avoir en porte à porte sur un marché. Et souvent, c'est aussi le point de mobilisation dans des quartiers, en bas des immeubles. Et nous, insoumis, quand on comprend les réalités, quand on veut avoir des politiques qui soient en face des réalités de la vie quotidienne, on va dans toutes ces batailles, dans toutes ces luttes. Et donc vraiment, je vous invite à investir ces luttes-là. celle des locataires ensemble, celle de tout ce qui est rénovation urbaine, qui sont en réalité de la gentrification, parce que c'est important de porter notre projet politique, et puis surtout de faire en sorte que ces personnes ne soient pas seules et qu'on puisse être déroulés. Je vous remercie.
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