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Bonjour à toutes et à tous, est-ce que vous entendez bien ? Ben oui, il est là. Bon, je peux tout de qui elle parle. Bon, évidemment, je suis d'abord ravi de vous voir aussi nombreuses et nombreux. C'est normal, la sécurité sociale, c'est l'outil des masses, donc c'est là où il y a le plus de monde qui vient. C'est logique. Si on est ici aujourd'hui, c'est pour discuter. non pas d'un ton défensif ou larmoyant de la défense de la sécu, mais bel et bien d'une manière offensive sur ce qu'on va faire dans un an pour élargir nos droits à partir de cet outil. Car la manière dont nous voyons les choses, c'est assez simple, c'est que la sécurité sociale, c'est tout simplement la plus belle réussite des travailleuses et des travailleurs depuis maintenant 80 ans. La plus belle réussite parce qu'il y a 80 ans, oui, le grand âge, c'était synonyme d'indigence absolue. Il n'y a pas de pension de retraite permettant de faire plus que survivre au niveau du seuil de misère. Oui, il y a 80 ans, la maladie était synonyme de décès de manière extrêmement fréquente ou de très longue souffrance ou d'agonie. D'avoir affronté les risques de l'existence. C'est quelque chose qui a été héroïque pour celles et ceux qui l'ont créé à l'époque. Et qui nous montre que lorsque le plus grand nombre s'organise collectivement pour prendre en charge son existence, il arrive à tout. Même dans un pays ruiné, où il n'y a pas de caisse, où déjà à l'époque il y avait les macrons de service, ils disaient qu'il n'y a pas d'argent. Ils en ont trouvé de l'argent, figurez-vous. Comme quoi la volonté politique fait beaucoup de choses dans ce pays. Et c'est sans doute pour ça, pour ce qu'incarne la sécurité sociale, à savoir... un principe d'action démocratique du plus grand nombre, un principe de justice dans le fonctionnement, un principe d'efficacité dans le résultat, c'est pour ces trois raisons que le gouvernement n'a d'autre projet que de la liquider. Et c'est à cela qu'on sorte depuis maintenant dix ans de gouvernement Macron, enfin, gouvernement sous l'autorité de monsieur Macron. Évidemment, avant c'était François Hollande, c'était après la même chose. Mais... Comment ? je vous laisse tirer vos conclusions politiques sur ce que j'ai dit j'irai pas jusque là mais je suis tout à fait d'accord donc Donc la discussion qu'on va avoir là sur la sécurité sociale, vous pourrez l'avoir dans différents types d'ateliers au cours de ces amphis. Notamment, samedi à 15h30, on présentera, on aura une discussion autour du livre de l'Institut Labo ici, l'État et la révolution citoyenne, qui est aussi un livre de réflexion, de discussion théorique sur les frontières, le fonctionnement, le contenu de l'État à l'heure actuelle, c'est-à-dire les points d'appui qui existent pour les milieux. les milieux populaires, et puis évidemment les limites de l'action par et dans l'État. Bref, on aura une discussion là-dessus samedi, je vous invite à y venir. Mais pour aujourd'hui, on va se poser une question qui est celle non pas des contenus mais des formes. Alors c'est un peu des... des jésuitismes, si je puis dire, mais enfin, vous allez voir qu'il y a quand même une petite nuance. On voulait discuter des formes de la sécurité sociale, c'est-à-dire essayer de faire un pas de côté par rapport à ce qui existe aujourd'hui. Vous le savez, aujourd'hui, la sécurité sociale, ce sont des risques sur la vieillesse, des risques sur la maladie, des risques accidents du travail, des risques sur l'autonomie et des risques famille. Donc vous avez un ensemble de branches, comme on dit, qui viennent couvrir ces risques. Les individus, ils cotisent. ou maintenant, malheureusement, une partie, ça passe par la CSG, bon, je vous épargne ça, mais bref, vous contribuez à une caisse et il y a des indemnisations qui en découlent dans certains cas. Voilà, c'est comme ça que ça fonctionne, avec des frais de gestion 15 fois moins élevés que ceux de l'assureur privé. Ça, c'est ce qui existe. Et ce dont on voudrait discuter aujourd'hui, c'est ce qui pourrait, ce qui va, exister demain. C'est-à-dire appliquer ce principe de la sécurité sociale, à savoir ce grand principe historique, de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins, et l'appliquer à d'autres risques que ceux que j'évoquais là, d'autres choses que la vieillesse, d'autres choses que la maladie, la famille, etc. Et pour en discuter aujourd'hui, nous recevons trois intervenantes et intervenants qui nous ont fait l'honneur de venir avec vous. Je vous demande déjà de les applaudir avant même la présentation. pour aller dans l'ordre de leurs interventions. Nous accueillons aujourd'hui d'abord Mariella Eripré, je vous demande de l'applaudir, qui est une des responsables. Une des responsables à la caisse de sécurité sociale alimentaire dans la ville de Lyon, qui est venue de pas très très loin, mais qui va venir nous faire un retour sur ce que signifie, ce que représentent, comment fonctionnent des expérimentations qui posent la question du risque alimentaire, de l'alimentation en fait, comme étant un bien commun qui peut être sujet à des expérimentations de nature sécurité sociale. Donc la question de la sécurité sociale, de l'alimentation, on va la saisir à travers ton expérience et les réflexions qu'on peut en déduire. Ensuite, nous avons Rosène Le Sein. Rosène, qui est journaliste. qui est journaliste à reporter, notamment spécialiste dans les domaines de la santé, de la production médicamenteuse et pharmaceutique, et qui va revenir sur ce rapport qu'a la sécurité sociale aujourd'hui aux médicaments. Et poser un peu la question ensemble de savoir comment on pourrait, par la sécurité sociale, pas juste être des consommateurs de médicaments qui viennent des labos privés, mais discuter ensemble de comment on reprend la main sur la production même. du médicament. Et pas juste avoir la sécu comme étant une caisse qui co-finance des produits, mais peut-être comme une usine qui peut elle-même produire ces mêmes médicaments. Et enfin, troisièmement, à ma droite, façon de parler bien sûr, vous avez Alban Beaudoin qui est... qui est un des animateurs du collectif pour une sécurité sociale de la mort, avec lequel on travaille aussi depuis assez longtemps sur l'idée de socialiser, collectiviser une partie du secteur funéraire pour faire en fait du risque de décès, qui est quand même un risque assez général. assez général, un des risques couverts par des logiques de sécurité sociale. Il aurait dû être avec nous, mais malheureusement, il y a un accident familial qu'il a retenu, donc on pense à lui. C'est Benjamin Ferras, qui est membre de l'inspection générale des affaires sociales et qui venait pour discuter des questions de l'assurance climatique. J'ai mis un peu de temps à la fin, je l'ai eu au téléphone, donc j'ai... ces notes prises en stylo papier, donc je peux vous faire un petit résumé rapide, mais on verra s'il y a le temps, et puis s'il n'y a pas le temps, et bien tant pis pour vous, vous lirez ce qu'il a fait, et puis voilà. Bon. Donc, pour démarrer, je donne le micro, il est juste devant toi, Amariella, et on va parler sécurité sociale de l'alimentation, c'est à toi.
Bonjour à toutes et à tous. J'ai moins l'habitude de prendre la parole et moins d'aplomb que rien clouait, mais je vais essayer d'être le plus clair possible dans ma présentation. Je m'appelle Marie-Ela Éryprey, je travaille pour une association qui s'appelle Territoires à vivre Grand Lyon et qui est une association qui regroupe plusieurs structures de l'économie sociale et solidaire qui travaillent ensemble pour favoriser l'accès digne à l'alimentation de qualité pour toutes et tous, quels que soient ses revenus. On intervient sur le territoire de la métropole de Lyon. Et on porte notamment un projet, donc une caisse locale, qui s'inspire du projet politique de sécurité sociale de l'alimentation. En plus court, on dit SSA. Est-ce que, je voudrais savoir un peu dans l'Assemblée, qui connaît déjà le projet de SSA ? Beaucoup de gens déjà. Je vais quand même rappeler ce que c'est. La SSA, c'est un projet politique qui est porté par un collectif qui s'appelle le Collectif pour une sécurité sociale de l'alimentation. Qui depuis quelques années réfléchit à ce que pourrait être une sécurité sociale de l'alimentation. Donc l'idée c'est qu'il y ait une nouvelle branche de la sécurité sociale qui soit dédiée à l'alimentation. Avec le même principe que la sécurité sociale où tout le monde cotise selon son niveau de vie. Et ensuite chacun recevrait 150 euros par mois à dépenser dans des lieux d'alimentation de qualité. Des lieux conventionnés par les membres de caisses locales. Il y a trois piliers vraiment importants dans ce projet politique. C'est l'aspect démocratique. Il y a un conventionnement. Les lieux d'achat sont décidés par les membres des caisses locales. Un pilier sur le financement par la cotisation sociale. Et enfin, le troisième, c'est... Je l'oublie parce que j'ai le trac. Il y a trois piliers. Quelqu'un peut m'aider peut-être dans la salle ? L'universalité, bravo, très important le pilier de l'universalité. Ce serait pour aller faire un droit à l'alimentation pour tout le monde. En attendant que ce projet soit mis en œuvre au niveau national l'année prochaine peut-être, on verra. En attendant que ce soit mis en œuvre plus largement, il y a beaucoup d'expérimentations qui ont lieu en ce moment de caisses locales. Il y en a une centaine en France, dont celle de Lyon pour laquelle je travaille. On a eu la chance de pouvoir lancer une expérimentation, notamment grâce à la métropole de Lyon. qui était commandé par les écologistes. Pas de ou, s'il vous plaît, parce qu'en tout cas, en l'occurrence, c'était vraiment des... On a eu cette chance vraiment avec des élus qui avaient envie d'expérimenter sur la SSA. Et donc, en 2024, on a pu démarrer une expérimentation qui est à court encore maintenant. On a aujourd'hui 145 foyers. de tout profil socio-économique, donc des personnes en situation de précarité mais aussi des personnes sans soucis financiers qui cotisent à partir de 1 euro par personne. Il n'y a pas de limite, donc il y a des gens qui soutiennent le projet en cotisant plus que ce qu'elles vont recevoir. Donc les personnes cotisent, ça déclenche un versement de 150 euros par personne et ça peut aller jusqu'à un peu plus en fonction de la composition du foyer. Et cette somme, elle peut être dépensée dans 26 lieux dans Lyon. 26 lieux, donc c'est beaucoup de producteurs sur des marchés et aussi quelques magasins bio et des épiceries sociales et solidaires. dans lesquelles ces personnes peuvent aller faire leurs courses dignement puisqu'elles peuvent choisir les produits qu'elles veulent. Et personne ne sait quelle est leur situation puisqu'on ne sait pas combien elles cotisent. Donc en fait, tout un chacun qui fait partie de l'expérimentation peut aller faire ses courses dans ces lieux. Et ces lieux ont été décidés, choisis. par un comité habitant qui s'appelle le comité Calim 8 et qui est un comité d'habitants volontaires du 8e arrondissement parce que pour l'instant, le projet est que dans le 8e arrondissement. Et ce comité se réunit tous les mois pour à la fois se former sur les questions du système alimentaire qui est très, très vaste et très complexe. Et donc, il y a beaucoup de choses à chaque session. On apprend plein de choses sur différents aspects. Et en même temps, prendre des décisions sur le fonctionnement de la caisse. Donc ce sont eux qui ont décidé du montant minimum de cotisation, du montant du versement. Donc il y a eu plein de débats sur qu'est-ce que c'est un budget alimentaire, combien on a besoin pour vivre chaque mois au niveau de l'alimentation. Est-ce qu'on cotise 1 euro, 5 euros, 10 euros ? Là, le choix a été fait de 1 euro, mais ça aurait pu être plus, comme dans beaucoup d'expérimentations de caisse où c'est plutôt un peu plus élevé. Donc voilà, 145 foyers au profil très varié. Et on est à peu près sur le budget de la caisse, on est à 25% qui sont financés par les cotisations des personnes. Le reste, ça provient de financements publics, donc de la métropole de Lyon jusqu'à présent, puisque maintenant, elle a changé de bord politique. Et on ne sait pas encore s'ils vont soutenir, mais on pense que non. Mais on ne sait jamais, voilà. La ville de Lyon, on a aussi la Banque des Territoires, l'État qui finance l'ingénierie, donc les personnes comme moi qui travaillons pour le projet. Et également, on a des fonds privés, donc le réseau Biocop et un fonds de dotation qui s'appelle la Poule Rousse. C'est un projet qui, pour l'instant, fonctionne encore, mais on ne sait pas si... Déjà, on a dû prendre des décisions avec les habitants pour diminuer un petit peu les versements. Là, on est passé à 100 euros de versements par mois au lieu de 150 parce qu'on a moins de financements. C'était de toute façon prévu pour une expérimentation de un an seulement. Ça fait deux ans et donc on peut continuer encore. Et on continue à chercher des financements pour pouvoir continuer l'expérimentation. Parce que c'est vrai que ça peut être difficile pour des personnes qui comptent un peu sur cette aide financière. Et si ça s'arrête d'un coup, c'est rude, même si on savait que ça pouvait s'arrêter. Mais puisque ce n'est pas encore à l'ordre du jour de généraliser la sécurité sociale de l'alimentation, on aimerait bien réussir à continuer encore quelques mois, quelques années peut-être.
Bonjour, je suis Rosène Lecin, journaliste spécialisée en santé. J'ai récemment été embauchée chez Reporter, TE2RE, qui est un média indépendant. Il y en a peu. On a besoin de soutien. On est uniquement financés par les dons. Et c'est ce qui nous permet de pouvoir enquêter allègrement sur les grandes multinationales. On n'a pas besoin des annonceurs pour nous financer. Moi, ma spécialité, c'est l'industrie pharmaceutique. J'étais journaliste indépendante jusqu'à présent. Je travaillais surtout pour Mediapart. Et j'ai écrit un livre qui s'appelle Chantage sur ordonnance. Comment les labos vident les caisses de la Sécu. Merci pour la promotion. Édition du Seuil. Et l'idée, c'était de montrer que finalement, l'argent dévolu à la santé, on l'a, l'État l'a. Il faut savoir comment on a envie de le dépenser. Et en l'occurrence, en enquêtant, je me suis rendu compte que les millions et les millions d'euros étaient surtout dirigés vers les gros industriels pharmaceutiques. Depuis que je travaille chez Reporters, je m'intéresse aussi au lobby de l'agrochimie. Parfois, c'est pratique avec des entreprises comme Bayer via sa filiale Monsanto qui produit des pesticides et via sa filiale santé des anticancéreux. C'est les mêmes qui font deux choses différentes et les méthodes de lobbying sont souvent similaires. Et puis, je travaille aussi sur le lobby de l'agroalimentaire parce que de la même façon, pour nous vendre de la malbouffe, arguments et les méthodes sont les mêmes là je vais focaliser le petit speech sur le traitement de l'obésité pour pouvoir être en écho avec ce que nous a présenté Mariella qui était vraiment sur la dimension prévention là l'idée c'est de vous parler dans quelle mesure en France jusqu'à présent on traite le sujet de l'obésité plutôt par le curatif l'individu du sujet alors qu'on sait que c'est évidemment un sujet bien plus multidimensionnel que ça avec un environnement obésogène finalement avec un environnement très liées à l'alimentation ultra transformée. Il y a deux médicaments, le Moudjaro du laboratoire Lili et puis le Ouigovi de Novo Nordisk qui ont récemment été remboursés par la Sécurité sociale le 15 juin 2026. Vous connaissez peut-être plus le nom d'Ozampic. Parce que sur les réseaux sociaux, on en a beaucoup parlé. On a vu beaucoup, beaucoup d'influenceuses, surtout et d'influenceurs, montrer les petites injections hebdomadaires qu'elles se faisaient pour perdre du poids. Des personnes qui n'étaient pas du tout en surpoids. On a eu Elon Musk aussi, qui a vanté l'utilisation de ce médicament pour perdre du poids. Elon Musk, patron de X, qui finalement s'est vu dépasser par le... laboratoire Novo Nordisk qui produit l'Ozampic en termes de chiffre d'affaires. Le laboratoire est devenu plus riche finalement que X, plus riche même que son pays d'origine, le Danemark. Le chiffre d'affaires du laboratoire Novo Nordisk est supérieur au PIB du Danemark tellement il s'est fait d'argent avec ses traitements. Ce sont donc en fait les mêmes molécules qui sont utilisées dans l'Ozampic et dans le Ouigovi. Simplement, c'est l'avantage dans l'industrie pharmaceutique. En fait, il y a un système de... brevet qui fait que quand la recherche généralement publique aboutit à un médicament, l'entreprise pharmaceutique achète le brevet et ça lui permet d'avoir le monopole pendant 20 ans et d'imposer ses prix. Avec l'Ozampic, pendant 20 ans, il y a un monopole. Et puis, quand on découvre que ce médicament antidiabétique est aussi efficace pour perdre du poids, on dépose un nouveau brevet et puis on profite pendant 20 ans de ce médicament. Le médicament a mis longtemps à être remboursé en France. Les négociations avaient débuté en octobre 2024. Il a finalement été remboursé qu'en juin 2026 parce que le laboratoire, tout simplement, demandait un prix trop important. Pour vous donner un ordre d'idée, le traitement aux Ampic, qui est donc le même médicament, est vendu 80 euros par mois. Et puis, le médicament Ouigovid, Novo Nordis, qui était vendu plutôt autour de 400 euros pour un même médicament. médicaments dans le cadre de l'obésité quand il n'était pas remboursé par la Sécu. 15 jours avant que Novo Nordisk ait lancé sur le marché français sans remboursement son médicament anti-obésité, j'ai commencé à avoir des campagnes de sensibilisation dans la presse, dans le Figaro, dans l'Obs, dans le Monde, des journaux qui sont financés par la publicité, des personnes qui disaient, en gros, il faut parler à son médecin de l'obésité, dans le sens où, d'une part, on individualise le sujet soi-même. On doit se prendre en charge. Et puis surtout, c'était une incitation à se faire prescrire le médicament. Vous avez peut être vu dans le métro parisien, si vous êtes passé par là au printemps 2025, des grosses campagnes d'affissage aussi avec le message. J'ai décidé d'agir pour moi et pour ma santé. C'était une campagne qui était dirigeantée par Novo Nordisk et qui renvoyait vers un site Internet. Et sur ce site Internet, on avait ensuite des liens vers des sites de téléconsultation pour se faire prescrire le médicament. Le concurrent, Lily, avait aussi lancé une campagne de sensibilisation du même titre pour dire l'obésité, c'est un truc de malade parce que qui dit maladie dit traitement et c'est bon pour les affaires. Pour le coup, c'est normalement interdit en France de faire de la promotion de médicaments qui sont soumis à de la prescription médicale. Et d'une part, ça laisse à penser que l'obésité, ça se règle à coups de médicaments hors de prix. Et puis, ça oublie que la maladie est multifactorielle et environnementale. Et puis, ça pèse sur les comptes de la Sécu. Là, ça fait très peu de temps qu'il est remboursé par la Sécu, mais ça va évidemment être un prix. coûteux pour les comptes puisque visiblement les prix sont secrets. Mais puisque le laboratoire a accepté, c'est que le prix lui convenait et du coup devait être assez important. Au niveau de l'agence du médicament, là, c'est quand même pas passé. C'était un peu trop gros, toutes ces campagnes qui a eu d'affichage sur des médicaments. Il y a eu une amende de 2 millions d'euros qui a été donnée. Ça ne représente pas grand-chose pour ces laboratoires richissimes. Comme je vous disais, le laboratoire Novo Nordisk est plus riche que son pays. Tout ça pour vous dire que ça ne permet pas d'agir à la source. En fait, le Nutri-Score n'est toujours pas obligatoire. Il y a toujours des publicités pour l'alimentation ultra transformée. Ce qui fait dire à des ONG comme Foodwatch qu'on est inondé de malbouffe. Il n'y a pas de prévention du tout. Et ensuite, on fait croire que c'est de la faute des personnes et qu'il suffit de prendre un médicament pour changer ça. Les associations qui représentent les personnes obèses disent au moins que cet argent-là, de l'amende, serve à faire de la vraie prévention. Et puis l'argent de la sécu, plus globalement, l'obésité, ça touche 10 millions de Français. En fait, ça fait 18% des Français qui sont concernés par l'obésité, 21% des ouvriers et des ouvrières. Ces chiffres, on ne les obtient même pas grâce aux recherches publiques, puisqu'il n'y a pas d'études qui sont assez précises et menées dans le domaine. On les obtient grâce à une étude OFEO qui a été demandé à la demande de la Ligue contre l'obésité sur financement de Novo Nordisk. En fait, le laboratoire vraiment... a de A à Z la main sur ce marché. Et je voulais juste vous donner un exemple du lobbying qui est exercé et puis de l'omniprésence de ce laboratoire. En fait, la mairie de Lille, notamment, avait été contactée par le laboratoire pour organiser des actions de prévention via le laboratoire dans les quartiers défavorisés de Lille. Le Nord, c'est là où il y a le plus de personnes obèses en France. La mairie socialiste a refusé. En revanche, à Strasbourg, la mairie, à l'époque écologiste, a accepté. Et la personne en charge de la santé était bien désolée de me dire qu'elle avait vraiment envie d'agir pour faire de la prévention, mais vraiment, il n'y avait pas de fonds publics et qu'il n'était pas fier du tout d'avoir accepté ces fonds-là. Mais selon lui, c'était le seul moyen de réussir à aller toucher les personnes les plus concernées dans les quartiers et réussir à leur donner les... le BABA des mauvaises conséquences de la malbouffe. Et en réalité, pour le laboratoire, ça lui permettait de créer des études de marché futures, puisque ça lui permettait de savoir le taux d'obésité précisément quartier par quartier dans les quartiers défavorisés de l'obésité. Cette mairie-là, pourtant, avait des idées intéressantes en termes de prévention. C'est, il me semble, la première à avoir mis en place le sport sur ordonnance. Et puis, il y a eu des paniers bio gratuits pour les femmes enceintes qui ont été mis en place. Ça a été depuis copié par d'autres collectivités territoriales. La reporterne avait fait un reportage à Angoulême, notamment. Donc, en gros, tout ça pour vous dire que là, sur ce sujet-là bien précis, c'est surtout... La solution du médicament qui est présentée comme miraculeuse, même si très coûteuse pour les comptes de la sécu et la prévention est totalement mise de côté et la sécurité sociale de l'alimentation serait une des solutions pour pouvoir pallier ça.
Bonjour à tous, je suis Alban Baudouin et je suis dans le collectif pour une sécurité sociale. Vous entendez ou pas ? Parfait. Pour une sécurité sociale des obsèques ou de la mort. En fait, il y a dans le sujet, avant de parler de la mort, j'aimerais assister sur un point, sur les sécurités sociales sectorielles, on appelle ça comme ça, ou extension des sécurités sociales à d'autres domaines. Je pense, et je parle parce que je l'ai vécu, je pense que c'est difficile et c'est pas évident pour nous et a fortiori pour des gens qui sont pas aux amphis, de penser qu'on pourrait étendre la sécurité sociale. à d'autres productions qui ne sont pas strictement du soin, genre l'alimentation, le logement, la justice et le climat, comme on verra tout à l'heure. Et je pense que ce n'est pas évident parce qu'on se dit que la sécurité sociale, ce n'est pas une institution qui s'occupe de production, parce que le soin est un service. mais le soin est une production les travailleurs du soin sont des producteurs et c'est pareil pour les retraités qui sont qui sont qui sont des travailleurs c'est pareil pour les chômeurs etc on a tendance à penser que la sécurité sociale ne fait que subventionner des services non marchands mais elle fait déjà la solvabilisation elle reconnaît déjà le salaire de producteurs dans des productions voilà je pense que c'est je pense que c'est difficile de s'en rendre compte mais c'est telle qu'elle a été pensée cette institution dès 46 dès le départ Là, je fais uniquement redire les travaux qui ont été faits par Réseau Salaria. Vous trouverez le stand juste à côté et les travaux de Bernard Friot. Je fais du Friot pendant trois minutes et après, j'en fais plus. Je vais en faire pendant encore un quart d'heure. Alors pour la mort, le hiatus il est moins grand parce que la mort en effet c'est un peu du soin. Sauf que la mort a été libéralisée et la mort fait l'objet d'un marché lucratif depuis maintenant très longtemps. Depuis 1993, depuis la loi Sueur du sénateur Jean-Pierre Sueur, le marché funéraire il a été ouvert à la concurrence. Ça veut dire que quand on arrive sur le marché funéraire en tant qu'endeuillé... ou en tant que famille endeuillée, on se retrouve devant une multitude d'options à choisir. Les familles sont les personnes qui doivent choisir leur opérateur funéraire de manière libre et non faussée. Sauf que quand on est endeuillé, on n'a précisément pas la possibilité d'avoir un consentement éclairé. On arrive dans un délai qui est court, c'est 14 jours maintenant, mais c'était 6 jours avant pour choisir les obsèques. Et on arrive, vous imaginez, dans l'angoisse, dans le deuil, etc. Donc on n'a pas la possibilité de faire des choix rationnels. Alors que pourtant, le marché attend de nous qu'on soit des consommateurs rationnels, qu'on fasse des choix parmi les prestations qui nous sont proposées, un cercueil en chêne ou un cercueil en ébène, des fleurs, un capiton, etc. Et le marché le sait très bien. Et lorsqu'on est amené à faire un devis auprès d'un opérateur funéraire... On est dans une jungle qu'on ne connaît pas. J'imagine que vous ici, vous connaissez, si vous n'y êtes pas passé, vous ne connaissez pas vraiment les prestations obligatoires dans un devis d'un opérateur funéraire et les prestations qui sont considérées comme optionnelles. Vu qu'on n'y connait rien, c'est difficile et on en vient à payer des fois des sommes qui sont considérables. La moyenne des obsèques en France, c'est environ 5000 balles. Donc c'est quand même pas rien. C'est rare les moments dans nos vies où on doit dépenser une somme pareille d'un coup. Ça arrive pour la voiture, et encore tout le monde n'a pas de voiture. Et ça arrive pour le logement, et encore tout le monde n'a pas de logement. La mort, on est un peu obligé d'y passer. ont la possibilité de ne pas payer des sommes pareilles, c'est les personnes qu'on va considérer comme indigents, c'est le nom qu'on leur a donné pendant très longtemps, les personnes qui vont se retrouver au carré commun. Ça veut dire que c'est généralement des personnes sans abri, souvent. Et là, les frais d'obsèques, ils vont être pris en charge par la commune. Donc ça veut dire qu'en fait, on a déjà un peu pensé qu'il serait bien que les pouvoirs publics et les politiques publiques s'occupent un peu du secteur funéraire. Par contre, pas pour tout le monde. Alors nous ce qu'on propose c'est d'étendre la sécurité sociale au monde funéraire. Et la première chose qu'on propose c'est que les obsèques soient intégralement pris en charge par la sécurité sociale en termes de prestations. On ne propose pas d'allouer un forfait de 4000 balles à tout le monde parce qu'il y a des grandes disparités. Par exemple en Guyane, il n'y a pas de crématorium. Donc si vous êtes Guyanais et que vous voulez vous faire crématiser, vous voulez qu'un proche se fasse crématiser, il faut aller en Guadeloupe ou en Martinique et les frais d'avion sont à votre charge. Donc ça va coûter plus cher que 4000 euros. Par contre, si on rembourse des prestations, la prestation crémation, la prestation inhumation et toutes les prestations qu'on jugera bonnes à rembourser, dans ce cas-là, on fait comme ce qu'on fait déjà avec le soin, on rembourse la prestation carré chez le dentiste et tout est pris en charge. Donc c'est la première chose qu'on souhaite, c'est que des prestations soient remboursées et que les prestations, on les décide de manière collective, on les décide dans des collèges funéraires et qu'on y injecte un peu de démocratie. Parce que la sécurité sociale, à la base, c'est une institution démocratique où il y a des élections, où il y a des gens qui représentent des syndicats, etc. La deuxième chose sur laquelle on insiste, c'est que les agents funéraires, alors il y a toute une gamme d'agents funéraires, il y en a 25 000 en France. Mais les agents funéraires ont des conditions de travail qui sont, vous imaginez, très compliquées. Avec la canicule, ils ont aussi pas mal souffert ces derniers temps en voyant le nombre de décès augmenter. Et les agents funéraires ne sont pas du tout considérés comme des métiers du soin. Mais ce sont, pour la plupart d'entre eux, des métiers commerciaux. Dans certaines boîtes, la plus connue, c'est la boîte PFG, Pont Funèbre Général. Il n'est pas rare que dans des agences, votre agent funéraire ait une prime au nombre d'interments qu'il va faire. Il y a même une agence funéraire dans le Val-de-Marne, on l'a appris par une agente funéraire, où durant le mois, on regarde, je fais un peu du morbide, mais bon, où on regarde dans l'agence funéraire du Val-de-Marne, le PFG, quelle est l'agence qui a vendu le plus de monuments funéraires, autrement dit de pertes en balles, et les salariés de cette agence touchent un chèque cadeau pour ceux qui ont le plus vendu. Vous voyez, les logiques mercantiles et la mort, ça fait toujours un peu bizarre, un peu froid dans le dos. Alors nous, ce qu'on propose, c'est très simple, c'est de faire en sorte que les agents funéraires deviennent des agents du soin et que leurs salaires ne dépendent plus de leur entreprise, plus de leur performance, plus de leur productivité, pas de l'État non plus, parce qu'il existe aussi des régies municipales où il y a des agents funéraires. fonctionnaires si on veut, mais que les agents funéraires soient payés par la Sécu. comme le sont les fonctionnaires hospitaliers, comme le sont les médecins conventionnés, que la sécurité sociale de la mort passe convention avec des entreprises qui répondent à des critères de conventionnement, genre la gestion coopérative et l'absence de lucrativité. Et dans ces agences conventionnées, où il serait possible d'utiliser la carte mortelle ou la carte vitale de la mort pour pouvoir prendre en charge le coût des obsèques, les agents qui y travaillent seraient payés par un salaire. qui viendraient de la sécurité sociale, par un salaire lié à leur personne. J'avais dit que je ferais plus de friots, mais j'ai fait que ça. Voilà pour une présentation rapide.
Merci beaucoup. Moi, je voudrais bien vous relancer chacun et chacune sur un petit point respectif. D'abord, Mariella, sur la question de la sécurité sociale alimentaire, tu as insisté sur le fait qu'il y a une multiplicité d'expériences assez hétérogènes. Moi, ça me fait penser à la sécurité sociale avant 45, où il y a effectivement plein de caisses, mutualistes, prévoyances, ouvrières, patronales, etc. Et un des acquis... du régime général en 1946, c'est de collectiviser, c'est de mettre la main sur l'ensemble de ces caisses en les fusionnant en une grande caisse nationale. Et donc, est-ce que tu peux revenir un peu sur où est-ce qu'on en est aujourd'hui, sur le maillage actuel d'expérimentation tel qu'il existe ? Et est-ce que, puisqu'on parlait de soins juste après, est-ce que finalement, un des enjeux de la sécurité sociale alimentaire, ce n'est pas justement la prévention vis-à-vis des maladies politiques du siècle actuel ? Obésité, diabète, ingestion de pesticides, etc.
ça marche, oui. Alors, effectivement, je disais de toute l'heure qu'il y avait une centaine d'expérimentations en cours. Je suis sûre que vous en connaissez, beaucoup d'entre vous en connaissent déjà. Elles ont toutes des formes très différentes. Sur le mariage territorial, je crois qu'il y en a plus dans le sud de la France. Mais bon, après, c'est aussi porté par des associations qui portent ça, ça peut être des collectivités. Je sais que... À Grenoble, la ville de Grenoble a souhaité lancer une initiative. À Nantes aussi, je crois. Et c'est des fois des toutes petites caisses, des fois à des échelles plus grandes. Elles ont des fonctionnements différents. On travaille avec certaines dans un réseau inter-caisses pour essayer de mutualiser nos connaissances et nos pratiques pour améliorer nos fonctionnements. Et ça prend de l'ampleur. Moi, toutes les semaines, j'entends qu'il y a des nouvelles caisses qui se créent. Et sur l'aspect prévention, bien sûr, on sait qu'il y a beaucoup de maladies qui sont liées directement à l'alimentation et que si on avait tous une bonne alimentation, c'est-à-dire de manger plutôt bio, des produits frais, fruits et légumes, etc., on aurait une meilleure santé et donc moins de dépenses pour la sécurité sociale de la santé. Il y a un rapport qui est sorti l'année dernière, je pense, du Secours catholique, du réseau CIVAM, de la Fédération des diabétiques de France et de l'atelier paysan, je crois, en tout cas une association paysanne. Et donc ce rapport, il dit que les coûts cachés de l'alimentation de notre système alimentaire actuel seraient de 19 milliards d'euros par an. Et encore, c'est seulement une partie des coûts liés au problème de santé des personnes, liés au problème de pesticides, des pollutions, etc. Donc oui, c'est sûr que c'est certain, ça ne résoudrait pas tous les problèmes de santé, mais c'est une bonne partie de tout ça, tout ce qui concerne obésité, diabète. Et puis ce qui est intéressant dans ce projet de SSA, c'est vraiment de... qu'on reprenne en main ce sujet de l'alimentation et qu'on soit plus simplement des consommateurs, qu'on vienne aller chercher nos produits quelque part et puis avec notre argent. L'idée c'est vraiment de dire qu'est-ce qu'on veut supporter, qu'est-ce qu'on veut soutenir comme type d'alimentation si on préfère. Et c'est pas, dans mon association, c'est pas nous qui avons dit il faut soutenir les paysans locaux, bio, etc. C'est vraiment en discutant avec les personnes, en faisant venir des intervenants aussi. que les gens sont eux-mêmes, comme un peu une convention citoyenne, là où on apprend avec des différents experts, on devient meilleur connaisseur du sujet, et du coup on est mieux à même de prendre des décisions collectives, parce que du coup il y a aussi plein de débats, nos sessions à chaque fois elles durent trois heures, parce qu'il y a plein de discussions sur plein de sujets différents, et ça c'est vraiment un aspect qui est important aussi de... de reprendre en main ce sujet d'alimentation et de choisir quelle alimentation on souhaite soutenir.
moi, j'ai une seconde question, mais donc qui est pour toi, Rosen, sur justement cet aspect de la sécurité sociale sur les soins de santé et donc les différents produits de santé. Parce qu'on voit bien qu'il y a une activité importante d'acteurs financiers dans le milieu pharmaceutique pour conserver la main, conserver un monopole sur la production. Et on voit que ce monopole est d'autant plus frappant lorsqu'on compare la France avec d'autres pays. Je pense au Brésil où il y a une fondation publique ministérielle qui fait de la production. Je pense à l'Algérie, à l'Égypte, à Cuba. Bref, il y a un ensemble de pays de richesses et de situations politiques très différentes qui ont pour autant toujours des industries publiques qui assurent certains types de production. Les uns font des génériques, les autres font, je ne sais pas, des principes actifs. D'autres font des biotechnologies, des vaccins, etc. Comment est-ce qu'aujourd'hui, ces grands acteurs privés opèrent ? Pour garder la main, pour saboter toute tentative inverse de reprendre un contrôle public, que ce soit de la régulation ou de la production directe. Parce qu'aujourd'hui, on voit que c'est une demande de syndicats. On voit même que, pour vous dire, j'ai même entendu une ou deux fois des macronistes en parler. C'était à la buvette, mais quand même, quand même. Donc, c'est des sujets qui existent dans la tête, pas uniquement de la gauche radicale. Il y a des gens qui peuvent être des gentils centristes, qui disent que c'est quand même pas normal. qu'on n'ait pas accès à des génériques dans ce pays. Donc comment ils font ces acteurs-là pour garder le pouvoir qu'ils ont
la sortie du Covid-19, on s'est rendu compte qu'on était extrêmement dépendants des pays asiatiques, notamment sur la production des premières étapes du médicament. En fait, il y a 20-30 ans, les entreprises pharmaceutiques ont délocalisé ces étapes-là de la production des médicaments pour faire des économies et puis pour exporter la pollution qui découle de cette production de médicaments. Ça fait que déjà, on est forcément dépendant de cette première partie nécessaire de la chimie pour produire les médicaments. À force de lobbying, les entreprises pharmaceutiques réussissent à avoir des aides à la relocalisation parfois à la faveur du Covid-19. Encore une fois, on avait un Paul Hudson qui était patron de Sanofi qui, en mai 2020, donc au moment où on commençait tout juste à espérer avoir un vaccin contre le Covid-19, nous disait de toute façon les premiers vaccins que produira Sanofi, ce sera pour les Américains parce qu'on a obtenu plus d'aide de la part du gouvernement des États-Unis. que de la france avait choqué les français qui s'étaient pas encore aperçu que ça nos fils est une multinationale et que c'était plus un fleuron tricolore en tout cas son chantage a fonctionné puisque la commission européenne a commandé énormément de vaccins contre le kovid 19 de sanofi qui ont vu le jour Après qu'on ait déjà eu le deuxième rappel, donc en fin de compte, il ne nous a pas tellement été utile. L'État français a acheté énormément de doses qui sont parties à la poubelle. En fait, c'est toujours une question de rapport de force. Les industriels pharmaceutiques... veulent toujours montrer à quel point ils sont indispensables et les seuls à pouvoir produire des médicaments. En réalité, pendant le Covid-19, les pharmacies hospitalières se sont mises à produire des anesthésiants, etc. parce qu'on en manquait tellement qu'il fallait bien réussir à en avoir pour tout le monde. D'autant plus que ces vieux médicaments sont devenus génériques, c'est-à-dire que ce sont des copies de médicaments, puisque ça veut dire que le brevet de 20 ans est terminé. Ces médicaments-là intéressent moins l'industrie pharmaceutique, ils mettent moins de l'accent dessus, alors qu'ils sont tout aussi indispensables. En Hollande, les pharmacies hospitalières produisent aussi beaucoup de médicaments, et notamment des médicaments innovants, puisque ce sont les médicaments qui coûtent le plus cher à la sécu, puisqu'ils sont encore sous brevet, ils réussissent à filouter un petit peu. pour produire ces médicaments. Et là, on s'aperçoit du coût réel de production de ces médicaments, qui n'a absolument rien à voir avec le prix qu'on paye nous. Pendant le Covid-19, les vaccins ARN messagers contre le Covid étaient vendus à peu près 20 euros. Ils en coûtaient 1 euro à être produits. J'ai cité tout à l'heure dans la table ronde sur la marchandisation de la santé un exemple qui est assez probant. C'est Novartis. Le laboratoire suisse avait remporté le palmarès. du grand raquette que j'avais établi grâce aux chiffres de la sécu dans mon livre c'est le laboratoire qui profite le plus de l'argent de l'état et ce palmarès ne prenait même pas en compte son tout nouveau médicament qu'il venait de sortir à 2 millions d'euros la dose, l'unité. C'est un médicament qui permet de soigner la myotrophie spinale. C'est une maladie de dégénérescence. Les enfants, souvent, ne vivent pas plus de deux ans sans ce médicament-là. Donc, c'est un médicament miracle. Novartis l'a bien compris et a estimé que le coût de la vie d'un enfant valait 2 millions d'euros. Tout ça pour vous dire qu'en fin de compte, La production coûterait bien moins cher évidemment si elle était publique. Simplement avec l'exportation qui a eu des premières étapes de fabrication des médicaments à l'étranger, ce ne serait pas si simple. Mais ça se fait effectivement dans quelques pays et puis au moins sur quelques médicaments innovants ultra chers. J'étais allée à Barcelone pour Mediapart, observer comment une pharmacie hospitalière avait produit une thérapie cellulaire ciblée parce que c'était trop... En fait, c'était 80 000 euros le traitement pour soigner un type de cancer et ils avaient décidé de s'y mettre et puis de le faire eux-mêmes et puis de former d'autres établissements pour être en capacité de le faire. En gros, il y a beaucoup de salariés de Sanofi qui rêveraient de travailler pour un pôle public du médicament parce qu'ils n'ont plus de sens. Dans leur travail, en fait, ils sont venus là pour sauver des vies et pas pour arnaquer les comptes de la sécu, en gros. Donc ce ne serait évidemment pas simple. Ça se ferait sûrement au niveau européen, puisque la France, à elle toute seule, ne peut pas être autosuffisante en termes de médicaments. Mais si au moins quelques médicaments vitaux pouvaient être produits d'une façon publique et puis sans prendre en compte en premier objectif les profits, ça pourrait être... Une petite avancée.
c'est la raison évidemment pour laquelle avec le groupe parlementaire de la France Insoumise, nous avons déjà déposé un texte de loi visant à nationaliser Euroapi, Opela et LDR médical pour constituer une base industrielle afin de repartir à la conquête de nos propres médicaments. Je crois que c'est bon, les actionnaires vous ont entendu et ça coûtera moins cher à racheter. Donc, sur le dernier volet qu'on évoquait et dont discutait, avant d'avoir l'échange en vous passant le micro, sur la sécurité sociale du funéraire. Donc, tu évoquais tout à l'heure à la fois la mise en marché du funéraire par la loi du sénateur socialiste Le Sueur. Je rajoute qu'il était socialiste. Au cas où, non mais on ne sait jamais, c'est pour l'information du grand public. Et donc, Il me semble qu'il y a aussi un point très intéressant dans les travaux du collectif, c'est la question de la financiarisation, de la bancarisation également aujourd'hui des processus funéraires. Puisque, si je ne me trompe pas, il y a à la fois un phénomène de concentration entre très peu d'acteurs et de l'autre côté, il y a aussi une prise en charge par des acteurs financiers, notamment bancaires, de différents types de contrats, prévoyance au PSEC, assurance d'essai, etc. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui et qu'est-ce que ça apporte finalement de socialiser ? pour nous débarrasser de ces gens-là.
Alors oui, tout à l'heure, j'ai parlé de PFG, Pont Funèbre Général, qui est donc la grosse boîte du secteur. Et aujourd'hui, je partage le gâteau avec un autre grand groupe, c'est Funécap. Funécap, je pense que vous ne connaissez peut-être pas, mais c'est en fait, c'est des groupes qui possèdent à peu près toute la chaîne du funéraire pour chacun d'entre eux. C'est à dire que quand on va chez PFG et Funécap, il y a des enterrements, il y a des ponts funèbres low cost qui se présentent encore comme tels, comme ça a été le cas de Roqueclair à une époque. Et on peut aller jusqu'à des maisons funéraires haut de gamme. Par exemple, la maison Borgnol, qui est assez célèbre pour le coup. Et ces deux acteurs-là concentrent à peu près 35% du chiffre d'affaires. PFG, c'est détenu par un fonds de pension des enseignants à la retraite de l'Ontario. Le lien avec le funéraire n'est pas énorme. Et Funécap, c'est géré par deux anciens énarques. Et le PDG de PFG, c'est l'ancien PDG de la Halle aux chaussures. Donc il a changé de pompe, mais voilà. Je l'avais déjà faite. Et en fait, sur le contrat prévoyance, c'est assez massif. Il y a une personne sur deux, aujourd'hui 45%, qui recourt à un contrat prévoyance ou qui annonce sur l'idée qu'elle va en recourir à un au bout d'un moment. Et le contrat prévoyance, contrat prévoyance obsèque, soit on contracte en capital, ça veut dire qu'on met des sous de côté pour décharger ses proches le jour de sa mort. Et c'est quand même une idée particulière de ne plus être un poids le jour de sa mort. Ce n'est pas du tout quelque chose qu'on retrouve dans d'autres sociétés de vouloir être le plus discret possible quand on s'en va. On pourrait imaginer qu'on voudrait au contraire prendre le plus de place possible parce qu'on s'en va. Mais il y a le contrat prévoyance en capital et il y a le contrat prévoyance en capital et prestation. C'est un peu technique mais c'est important. Contrat prévoyance en capital et prestation, c'est quand on prévoit des sous-tours. Et en plus de ça, on donne des indications sur comment est-ce qu'on aimerait que la cérémonie se déroule pour soi, à ses proches. Et il se trouve que là, il y a un vrai hiatus de classe parce que les contrats en capital, c'est plutôt les classes populaires et les contrats capital en prestation où on s'imagine soi en tant que mort, c'est plutôt les classes aisées. Et pour les contrats en prévoyance, c'est le modèle du pari sportif. Ça veut dire qu'on contracte. Si on meurt trop tard et qu'on a cotisé plus que ce qu'on devrait pour accumuler un capital, genre on veut accumuler un capital de 4000 euros et qu'on arrive à 94 ans, qu'on a 6000 euros, on aura perdu de l'argent. Par contre le jackpot c'est quand on meurt tôt. On meurt à 75 ans, on aura cotisé 2700 euros et on aura son capital de 4000 euros. se pose la question de l'aspect sain de cette affaire, évidemment. Et les contrats prévoyants sont proposés par des banques, ils sont proposés par des assurances, ils sont proposés par des agences funéraires elles-mêmes qui espèrent fidéliser leur clientèle avant même le moment de la mort. Donc on étend et on étire le moment de la mort pour qu'il soit rentabilisé au maximum. Et évidemment que ça pose un problème. Si on socialise le secteur, il y a environ 600 000 décès par an aujourd'hui et il va y en avoir à peu près 800 000 dans les 20-30 ans à venir parce que la conséquence mécanique malheureusement du baby boom, c'est ce qu'on appelle le papy crash. Donc il va y avoir une hausse des décès au bout d'un moment. Et c'est pas moi qui l'invente, c'est des sociologues qui ont nommé ça comme ça. Et en fait, cette hausse de décès, ça se planifie encore une fois, ne serait-ce que pour les places dans les cimetières des grandes métropoles, ne serait-ce que pour les capacités d'accueil des chambres funéraires. On l'a vu pendant la canicule, il y avait des fois, il n'y avait pas de place. Les chambres funéraires et les crématoriums sont généralement des possessions de la commune ou de la collectivité territoriale, mais leur gestion est déléguée très souvent, soit à PFG, soit à Funécap, dans trois quarts des cas. Et il arrive très souvent, même si c'est illégal, que PFG et Funécap imposent leur horloge. imposent leur emploi du temps qui fait que les petites agences funéraires qui aimeraient se tailler une place au soleil pour avoir notamment des places dans les chambres funéraires sont contraints par les emplois du temps qui sont déjà faits par les gros du groupe. Donc aujourd'hui, il existe par exemple des coopératives funéraires qui se montent et qui ont une vision plutôt alternative de la mort, beaucoup plus saine. En fait, elles n'ont pas leur place dans les institutions et dans les dispositifs qui sont essentiels à gérer les morts. Donc c'est compliqué. Il y a déjà des coopératives funéraires qui ont ouvert il y a dix ans, qui ferment parce que la vie, elle est trop difficile. Donc si on prend en charge les 600 000 décès par an, pour un petit calcul financier qui fait plaisir, c'est qu'avec une cotisation de 0,27% du salaire brut, plus faible cotisation de la fiche de paye, on subventionne les 600 000 décès par an d'aujourd'hui, on solvabilise la demande complète, on conventionne des salariés, donc ça veut dire qu'on paye le salaire des 25 000 agents funéraires via la Sécu par une cotisation qui s'élèverait à 4,50 euros du SMIC.
on ne va pas tarder à vous passer le micro. Je vais juste prendre... Allez, deux minutes top chrono pour essayer de vous résumer moins bien que lui ce qu'aurait dit Benjamin Ferraz. Il a pu venir puisqu'il venait lui parler d'un des rapports qui a été rendu dans le cadre de France Stratégie qui concernait l'enjeu des assurances à caractère climatique, notamment des risques, puisque vous le savez, on est dans une période où le niveau, le volume et l'intensité des risques climatiques ne cessent de monter, que ce soit des questions de tempête, d'incendie, de séisme, d'inondation. Et face à cela, on a... une faillite, à tous les sens du terme, financière et morale, des assureurs privés. Puisque les aléas étant plus fréquents, les aléas étant plus chers, des instances privées qui doivent faire des bénéfices ont des difficultés croissantes à réussir à les couvrir. On parle d'augmentation de 4 milliards d'euros en plus par an. d'indemnisation en 5 ans. Donc c'est rigoureux, c'est absolument gigantesque et ça conduit une série d'acteurs privés à se défausser de plus en plus, c'est-à-dire soit à monter les cotisations pour l'ensemble de la population, soit à monter les cotisations pour les premiers concernés, soit, et plutôt ça, à désassurer une partie là aussi croissante de la population. Par exemple, si vous prenez un endroit de territoire français comme Mayotte, c'est 94% de la population qui n'est pas assurée. 84% du bâti, de la population qui n'est pas assurée, pour donner un exemple. Donc comment on fait pour répondre à ça ? Aujourd'hui, il y a deux régimes qui existent. C'est un régime catastrophe naturel. C'est le régime classique qui est déclenché en cas d'arrêté ministériel. L'assureur paye, l'État le réassure. Et après, vous avez une petite franchise qui n'est pas énorme. C'est 380 euros pour un logement. C'est un peu plus de 1 500 si jamais l'accident a été causé par des questions de sécheresse. Et vous avez... une surcote en fait une surprime après qui vise à rembourser quoi tout le monde paye un peu plus or on a eu une explosion aujourd'hui de ces surprimes il ya encore trois ans sur les contrats vous aviez 12% vous payez 12% pour les catastrophes naturelles sur votre contrat donc qui sert à on va dire socialiser les risques aujourd'hui c'est monté à 20% En fait, plus les assureurs privés se reculent à certains risques, plus il faut augmenter les primes de tout le monde pour couvrir les risques qui adviennent. Et puis vous avez aussi la garantie tempête grêle neige, la fameuse TGN pour les experts. C'est juste pour voir s'il y a quelqu'un qui est expert. Non, non, mais c'est au cas où. Comme ça, si j'avais un bug, je pouvais demander à quelqu'un. Super, ils ne m'aident pas. S'il n'y a aucun assureur privé qui vient, tant pis. Je suis sûr qu'elles auraient vachement intéressé de savoir dans quoi ils allaient travailler dans un an. Bref, mais avec ces garanties-là, c'est les garanties qui sont intégrées à vos contrats d'assurance ordinaire avec un niveau de franchise et de cotisation qui est tout à fait libre, qui est un mécanisme de marché pour couvrir ça. Quoi qu'il en soit, un, on assiste à une montée des zones qui ne sont pas assurées. Deux, on a des risques... 300 qui ne sont pas couverts. Par exemple, le recul du trait de côte, c'est-à-dire la montée des eaux, n'est pas couvert par les assurances historiques. Trois, les assureurs essayent de diminuer le volume d'assurance qui est versé. Face à ça, qu'est-ce qu'on fait ? Eh bien, une des pistes que vous proposez ce rapport-là, et c'est ça qu'on voulait discuter avec lui, c'est de créer une sécurité sociale du climat. C'est eux-mêmes qui ont le terme à France Stratégie. C'est-à-dire créer des cotisations climatiques. L'idée est assez simple. C'est qu'au lieu de cotiser par rapport au risque ou au risque que vous avez choisi de prendre avec votre assurance, c'est-à-dire vous dites quel moyen j'ai pour m'assurer au risque d'être ruiné après si je n'ai pas pris la bonne assurance, eh bien, on crée une assurance universelle obligatoire qui dépend de la valeur du bien. de chacun selon ses moyens. Plus votre bien a une valeur élevée, plus votre cotisation universelle est élevée. Évidemment, avec une surcotisation, quand vous avez une résidence secondaire ou du logement vacant. Bien sûr. Et vous recevez en fonction du risque qui est le même pour tout le monde et en fonction de l'intensité du risque qui s'est réalisé dans votre cas. Donc, c'est appliqué ce principe de sécurité sociale également au volet des risques climatiques. Dans le détail de leur proposition, ils proposent de créer différentes branches, une branche sécheresse, une branche météo, une branche zone habitable, une branche prévention. On peut le discuter. Nous, on n'est pas très favorable aux branches. On aime bien les caisses uniques comme en 46. Il y a moins de frais de gestion, c'est plus clair et ça évite que vous ayez un macroniste qui sorte en disant « Mais regarde, je t'ai trouvé une des 15 caisses où il manque 2 euros l'année prochaine, du coup il faut la fermer la caisse. » Bon, on les connaît, on sait comment ça marche. C'est comme ça que ça fonctionne. Plus vous faites des branches, il y a 40 branches, il y a forcément une en déficit. Si vous ne mutualisez pas. Donc, regardez, c'est terrible, c'est insoutenable, il faut privatiser. Bon, on connaît. Donc, si on faisait ce type de couverture, il suffirait aujourd'hui d'un taux moyen à 5,4% pour lever les 10 milliards d'euros qui sont nécessaires pour une couverture générale de l'ensemble des frais. En tout cas, je vous invite à lire ce rapport de France Stratégie qu'il a co-signé avec d'autres, notamment l'économiste Mathilde Viennot, différents autres experts, et qui propose d'avancer sur ce type de régime-là et ainsi de... d'intégrer la question climatique, même si elle est déjà quand même dans la question de la sécurité sociale alimentaire. Parce que si on conventionne des producteurs, évidemment que c'est aussi pour accompagner les relocalisations de différents types de production, éviter d'avoir juste la production qui est vouée à l'exportation. Après, du coup, en gros, vous produisez des céréales qui ont besoin de beaucoup d'eau pour l'exporter. En fait, vous exportez de l'eau et c'est pour ça que vous créez des méga bassines qui, en fait, sont des zones, sont des endroits où on stocke de l'eau. pour des cultures qui sont vouées à l'exportation. Vous exportez de l'eau française, en fait. C'est ça, concrètement, que vous faites. Donc, voilà, ça permet de poser cette question de l'assurance climatique de cette manière-là. Donc, il n'aurait évidemment plus expliqué que moi, car je n'ai pas écrit ce rapport en France Stratégie, mais j'ai essayé de vous le résumer de la manière la plus rapide et synthétique possible. Et on va faire passer le micro. J'ai essayé de gagner du temps pour permettre à tout le monde de s'organiser sur la passation du micro.
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