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déjà, moi, je voulais commencer cette conférence par vous remercier d'être présent pour parler de marchandisation du savoir. Et d'ailleurs, vous êtes plutôt nombreux. Je sais qu'il y a une grosse compète avec Ujul d'un côté, Manu, qui n'est pas très loin, avec Manuel Serviza-Mézal. Donc, merci d'être là et de venir écouter nos intervenants et intervenantes, que je remercie d'avoir fait le déplacement jusqu'à Valence pour venir nous parler de leurs études et de leurs recherches. Et puis, on est obligé en tant qu'insoumis, je pense, aujourd'hui, de commencer nos conférences par saluer vraiment... chaleureusement tous nos volontaires qui sont eux-mêmes insoumis, insoumises, qui ont fait ce matin l'organisation des voitures, du parking. Quelqu'un qui a vraiment œuvré pour que les voitures puissent passer, y compris la mienne. Donc merci beaucoup pour tous les volontaires du service d'ordre. Merci d'être insoumis déjà et en plus de faire en sorte que ces amphis se passent. Alors à mes côtés vous voyez il ya aussi jérôme le gaffe qui va intervenir donc aux côtés de matisse d'aquinault et de claire marchal je vous laisserai vous présenter parce que vous le ferez beaucoup mieux que moi je pense on en a parlé tout à l'heure mais je voulais commencer cette conférence en vous parlant un peu du contexte global avant qu'ils puissent nous éclairer de leurs recherches de l'or et donc des résultats et des analyses qui tirent eux aujourd'hui en tant que journaliste et chercheurs sur la question de la marchandisation du savoir et de comment l'état aujourd'hui finance le privé et appauvrit le public, comme on le voit dans tout un tas d'autres secteurs, particulièrement l'hôpital par exemple. Et puis après mon intervention, Jérôme interviendra notamment sur deux rapports qui viennent de sortir, celui de l'IGAS et de l'IGF, donc il vous en parlera tout à l'heure. Et puis on politisera un peu la question. sur l'aspect de la lutte des classes qui se passe aujourd'hui sur le savoir et sur aussi l'instrumentalisation idéologique qu'on peut faire de ce savoir-là, notamment sur tout l'aspect... instrumentalisation sur les questions de guerre sur le capitalisme etc donc jérôme pourra en parler tout à l'heure et puis je conclurai avant de vous laisser la place pour vos questions le but c'est qu'on ait une petite demi-heure de questions réponses donc vous pouvez les noter au fur et à mesure voilà donc je voulais commencer par cette conférence par illustrer par ce qui est devenu aujourd'hui et Claire en parlera tout à l'heure le nom d'un symptôme d'un secteur qui est devenu incontrôlable c'est le scandale Galiléo, peut-être que vous avez déjà entendu parler. Et sinon, vous allez avoir un beau panel aujourd'hui. Et il y a un livre en vente à la librairie, mais tu en parleras tout à l'heure, je pense. Claire Marshall a écrit un livre qui s'appelle Le Cube, qui est donc à la librairie, et qui documente les méthodes du groupe Galileo Global Education, qui est le premier groupe européen, et pas uniquement français, d'enseignement supérieur privé à but lucratif. C'est-à-dire se faire de l'argent sur le savoir. Donc je vous donne quelques chiffres, et comme ça, ça pose un peu le contexte. C'est 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, 210 000 étudiants, 61 écoles dans 18 pays, dont en France le cours Florent, l'EM Lyon, et l'enquête de Claire révèle... une logique de transformation des écoles rachetées en... En gros, usine à étudiants. Les classes sont surchargées, il y a un non-respect des normes de sécurité des bâtiments, les frais de scolarité sont très élevés, entre 6500 et 10 000 euros par an pour les familles. Et il y a une faible insertion professionnelle malgré les promesses commerciales évidemment que ces grands groupes font maintenant sur Parcoursup, avec un accompagnement pédagogique qui est quasi inexistant. Et on peut même carrément, en plus de payer sa place 10 000 euros chez Galiléo, on peut réserver des places qui ça aussi coûtent... de l'argent, j'y reviendrai tout à l'heure. Donc, si je commence par parler de Galiléo, et Claire en parlera, je redis mieux que moi, puisque c'est son travail, c'est que c'est le symbole de la porosité claire entre... pouvoir politique et intérêts privés, puisque Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail sous Emmanuel Macron, et à l'origine précisément d'ailleurs de la loi de 2018 sur l'apprentissage, ça aussi j'y reviendrai tout à l'heure pour comprendre un peu les effets de la marchandisation, elle a fait exploser le secteur de l'apprentissage et du privé, et bien aujourd'hui notre cher Muriel est dans les instances dirigeantes de Galiléo. Donc voilà, tout ça montre... comment il y a une porosité entre l'aspect politique et financier. Et ça a joué, ça a amorcé une bascule totale vers le privé. Donc en quelques chiffres, aujourd'hui, un étudiant sur quatre... est inscrit dans l'enseignement supérieur privé. La part du secteur est passée de 15% dans les années 90-2000 à aujourd'hui 26,1%. Donc c'est en tout 766 000 étudiants qui sont concernés par le secteur privé. Et entre la rentrée 2010 et la rentrée 2022, les inscriptions dans le privé ont augmenté de près de 72%. C'est énorme, contre seulement dans le public, donc dans l'université, 11%. En parallèle, il y a 126 000 jeunes étudiants cette année qui se retrouvent exclus de Parcoursup. L'année dernière, on avait passé la barre des 103 000 exclus, donc c'était la première fois qu'on passait le cap des 100 000. 103 000 l'année dernière ? 126 000 cette année. Donc tout ça, ça sert directement les écoles privées. Et je le disais tout à l'heure, l'apprentissage, ça a été un principal moteur de ce système-là. La loi du 5 septembre 2018, qui s'appelait « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », a ouvert une manne financière pour le secteur privé, puisque la dépense nationale pour l'apprentissage a atteint 25 milliards d'euros en 2023, soit 26 000 euros par apprenti. C'est une aide à l'embauche de manœuvre bon marché, bien avant d'être une politique de formation, ça c'est une certitude, et les formations privées du coup s'accaparent, une part disproportionnée de tout le reste. 84% des formations proposées en apprentissage sur Parcoursup sont privées, 92% des formations proposées par les établissements privés sans contrat avec l'Etat sont réalisées en apprentissage. Le coût pour l'état de l'apprentissage, et là je vous dis dans le supérieur précisément, pas apprentissage général, mais dans le supérieur, le enseignement supérieur, ça a atteint 8 milliards d'euros, sans distinction entre ce qui bénéficie aux privés lucratifs et le reste du secteur. Et ces 8 milliards d'euros, j'aimerais bien que vous les reteniez, parce que j'y reviendrai après. Donc selon l'OFCE, sur le million d'emplois d'apprentis en 2023, il y a 45% qui sont liés aux nouveaux paramètres de la prime du coût de 2018, la prime liée à l'apprentissage, et 44% de ceci aurait été créé même sans une aide. C'est-à-dire que l'OFCE a montré... que s'il n'y avait pas eu la prime Macron pour l'apprentissage, qui a fait exploser les chiffres du chômage, qui était caché, c'était juste de l'apprentissage, donc ça vous le savez, j'imagine que vous avez entendu plein d'économistes en parler, même s'il n'y avait pas eu cette prime Macron, il y aurait 44% qui auraient quand même été créés comme place d'apprentissage. Donc ça a juste été... Une subvention publique pour ces entreprises, sans contrepartie, avec beaucoup de fois d'ailleurs des apprentissages qui se terminaient du jour au lendemain avant de passer le diplôme et des étudiants qui se trouvaient perdus, qui ne pouvaient plus poursuivre leur formation et par contre des entreprises qui avaient l'aide et qui se gavaient sur le public. Donc voilà, j'essaye de rattraper vite ce que j'allais vous dire. Tout ça montre que, d'ailleurs c'était un rapport de la Cour des comptes, peut-être que vous en parlerez tout à l'heure, mais en fait que ça a été un système d'aubaine pour le privé et qui a eu un coup dévastateur pour l'État, mais qui du coup a impacté le financement et le projet de loi de finances sur la partie publique de l'enseignement supérieur. Et ça aussi j'y reviendrai tout à l'heure sur le PLF puisque on y arrive bientôt malheureusement. Aujourd'hui, la Cour des comptes dit que le dispositif de l'apprentissage mis en place par Pénicaud et Macron en 2018, c'est le dispositif normal d'emploi le plus coûteux de l'histoire de la Vème République. De quoi vous le voyez relancer le débat que Jean-Luc a relancé hier et qui a fait pleuvoir la presse ce matin sur l'histoire de la dette, notamment, et de comment on utilise l'argent public pour le service public. Aujourd'hui, on le dit, nous, à chaque PLF, il n'y a pas de contrepartie aux subventions publiques d'État. Là, c'est un très bon exemple, l'apprentissage sur les manes financières du privé sans contrepartie et qui, du coup, va nous occuper, je pense, largement en septembre si les macronistes arrivent à tenir le débat budgétaire parce qu'on arrive avec quelques propositions, nous, en tant qu'insoumis. Aujourd'hui, tout ça, c'est un flou juridique qui organise une impunité parce que... Les écoles privées peuvent utiliser différents statuts. Elles peuvent par exemple décider d'utiliser le statut associatif qui va masquer des flux financiers vers des sociétés commerciales tierces et dont la quasi-totalité sont des groupes privés lucratifs à effet de levier les LBO qui ne versent absolument pas de dividendes visibles mais qui peuvent être envoyés dans différents pays. Peut-être aussi que vous pourrez y revenir parce que j'imagine que vous l'avez bien... Il y a un autre flou juridique, c'est que dans ces établissements privés, ils utilisent des termes, mais j'en suis certaine que vous l'avez vu pour tous ceux qui ont passé Parcoursup malheureusement. des termes comme bachelor, master et pas master. Et donc ils entretiennent des termes trompeurs, c'est un flou qui est possible par la loi, pour entretenir une confusion entre leur statut, qui n'est pas dans les règles européennes de la RNCP, donc ça j'y reviendrai aussi après, et les diplômes publics, les masters, les licences et les doctorats. Et donc les titres RNCP, ils sont délivrés par le ministère du Travail et non celui de... de l'enseignement supérieur et ils peuvent aujourd'hui par ces établissements privés être loués entre organismes certificateurs pour environ 1000 euros par élève en toute légalité pour donner une apparence de crédibilité des formations et donc faire venir encore plus d'étudiants d'ailleurs la première année de parcours sup d'ailleurs je crois les deux premières années parcours sup les établissements où le privé est arrivé sur Parcoursup, les établissements n'étaient pas annotés comme établissements privés. Donc les étudiants s'inscrivaient jusqu'à finir par voir qu'ils allaient avoir 3 500, 7 000, 10 000 euros de frais d'inscription. Ça a été changé, maintenant il y a une petite gommette qui apparaît, il y a écrit privé, sans forcément écrire les montants de l'inscription, et carrément, mais ça aussi j'y reviendrai tout à l'heure, ben non j'y reviens maintenant, ils ont créé des labels. Mais donc, je finis juste sur... Je veux vous dire qu'avant qu'on arrive au pouvoir, le gouvernement, aujourd'hui, il tente de déréguler encore plus ce qu'ils ont déjà dérégulé. Même, il crée des lois. La dernière, là, c'est le PJL-Baptiste. Nous, on l'appelle comme ça en interne. Le projet de loi... Alors, une PPL, proposition de loi, c'est que ça vient des députés. PJL, projet de loi, c'est que ça vient du gouvernement. PJL-Baptiste, est-ce que vous connaissez Baptiste ? Philippe Baptiste, c'est notre ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Donc ça, ça illustre bien la situation de l'enseignement supérieur. Juste avant, on avait Edzel. Est-ce que vous connaissez Patrick Edzel ? Il n'a pas resté longtemps parce que c'était sous le gouvernement de Barnier. J'avais même un trou de mémoire sur notre ancien Premier ministre. Pour vous dire, bientôt on arrive et là vous retiendrez les noms des ministres insoumis, ça c'est une certitude parce qu'on changera les choses. Donc ils essayent, avant de partir, parce qu'ils savent que c'est la fin de ce qu'ils ont cassé, c'est la fin de l'ère macroniste, ils nous font des accélérations de lois libérales ou extrêmement violentes, même racistes. Donc on a eu juin-juillet des lois... horrible à vomir. Pour moi, ça a été les deux mois les plus durs de mon mandat de député. Il y avait la loi permis de tuer, il y avait la loi sur les violences sexistes et sexuelles sur les mineurs, il y avait la loi agricole avec les pesticides, enfin c'est horrible. Et notre ministre a décidé de sortir sa loi, qui elle est inscrite pour le moment en septembre, qu'on appelle le PJL Baptiste, et qui va sortir un label qui est déjà en place, qui s'appelle le label Calliope, donc c'est ce que je vous disais, les labels c'est en gros un utri-score. pour l'enseignement supérieur à la recherche. Donc ils veulent, dans cette loi, renforcer ce Nutri-Score, Calliope. Deuxième spoiler, ça ne résout absolument pas les problèmes. Calliope ne garantit pas la qualité du process et du contenu des formations. Il est délivré par des organismes certificateurs privés qui sont eux-mêmes rémunérés par les établissements qui veulent être audités pour avoir le label. Vous voyez le conflit d'intérêts qu'il y a dans cette super idée de notre gouvernement. Et puis en plus, il y a des conflits d'intérêts structurels et qui se superposent à des centaines de labels dont je vous ai déjà parlé, par exemple le RNCP, l'ISO 9001. On pourrait en citer 20 000. Et donc concernant le projet de loi Baptiste, qui arrive à l'heure du jour de septembre apparemment, mais vu qu'il échange tout le temps et qu'on va beaucoup se battre sur le budget, je ne pense pas qu'ils vont avoir beaucoup de temps pour réinscrire des lois d'ici aux présidentielles. En tout cas, on va faire en sorte qu'elles ne passent pas. Mais il dépose le 30 juillet 2025 une loi avec Elisabeth Borne. Vous imaginez que c'est sympa. Il s'appelle « Régulation de l'enseignement supérieur privé ». qui a été évidemment préparé sans concertation, enfin quasi, avec les syndicats, avec les experts du monde de l'enseignement supérieur et de la recherche. Et sur le fond, c'est un texte qui ne remet jamais en cause le caractère lucratif des établissements. Il crée un système à deux niveaux de reconnaissance, un système d'agrément et un système d'agrément d'intérêt général qui légitime durablement la présence des opérateurs à but lucratif dans le paysage institutionnel de l'enseignement supérieur privé. Le texte, il ouvre la possibilité pour des établissements privés. dit partenaire ou agréé de délivrer des diplômes nationaux. Et c'est là où je vous parlais tout à l'heure, les masters, bachelors. Aujourd'hui, même le privé, la licence, le doctorat, le master étaient protégés dans la sphère publique. On savait qu'on allait dans le service public quand on obtenait un diplôme, qui était protégé dans le type d'enseignement obtenu, dans les crédits, qui avait une reconnaissance européenne et qui avait une reconnaissance de formation et d'établissement en établissement. Par exemple, moi, j'étais éducatrice spécialisée, je fais trois ans d'études, mais vu que je rentrais dans les accréditations RNCP et que c'était un établissement public, pu aller faire un master après à l'université. Là, ça y est, le privé va aussi bénéficier des titres de licence, de master et de titres d'ingénieur, jusqu'alors réservés au public et aux écoles qui étaient reconnues. Philippe Baptiste, notre chère ministre, dit lui-même d'ailleurs, et là je vous cite, vous voyez à quel point... Aucune morale, donc sans détour, il a résumé son texte et sa philosophie en « Ce texte ne vise absolument pas à restreindre les libertés ou à taper sur l'enseignement supérieur privé, qu'il soit lucratif ou non, je n'ai aucune difficulté avec cela. » Donc voilà le ministre et la philosophie de l'enseignement supérieur et du savoir qu'on va aller affronter. C'est quelqu'un qui se fiche qu'on se fasse de l'argent sur le savoir et qui puisse être possédé que par une infime partie de la population, ceux qui peuvent payer. Et d'ailleurs je sais qu'on viendra tout à l'heure sur les types de profils des personnes qui se font avaler par ces usines à étudiants comme Galiléo. dans le texte il dit on va quand même réguler donc on va mettre des amendes aux établissements qui vont pas respecter en fait il ya plein de problèmes avec ces établissements des professeurs qui sont pas certifiés qui n'ont pas les bonnes diplômes ou des absences totale de pédagogie des frais d'inscription démesurés des places qui sont réservées en absence de contenu des fois il n'y a même pas de préparation aux examens et des fois il ya même par exemple à rennes ils n'ont pas pu mettre en place les examens donc il ya juste eu Une absence d'examen pour les étudiants. Ils ont été en cours et puis point. Il n'y avait rien qui venait certifier la fin de leur année. Il dit qu'on va faire quand même quelque chose. Philippe Baptiste dit qu'on va mettre une amende. 3 750 euros d'amende pour l'établissement. Je vous ai dit tout à l'heure que les étudiants payaient 10 000 euros leur frais d'inscription. Donc vous voyez, l'étudiant paye 10 000 euros. L'amende que l'État va donner à ses établissements pour défaut pédagogique, 3 750 euros. Vous voyez la différence ? Donc c'est dérisoire par rapport à la fois... aux frais d'inscription des étudiants, mais aussi au regard du chiffre d'affaires en jeu. Pour rappel, Galiléo, c'est 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires par an. Donc voilà, maintenant, ils vont aussi avoir accès à Parcoursup de manière libre, mais conditionné à un agrément dont les critères ne sont aujourd'hui juste absolument pas connus. Donc ils vont avoir une pastille, et on ne sait pas qui la donne, pourquoi ? Est-ce que c'est la pédagogie qui est dedans, le nombre de places ? Donc voilà, le flou artistique organisé par le gouvernement. Pendant ce temps, le robinet budgétaire reste ouvert au privé, mais il se ferme de plus en plus au public, puisque le budget par étudiant dans le public a chuté de 23 points entre 2008 et 2025. Et puis le projet de loi de finances 2025, l'année dernière, a amputé la mission enseignement supérieur et recherche que je suis pour le groupe de la France Insoumise avec Arnaud Saint-Martin. Il travaille beaucoup sur la question du privé avec moi aussi. Le budget l'année dernière a amputé de 1,5 milliard d'euros. Une fois l'inflation prise en compte, le budget de l'enseignement supérieur recherche sur un budget total de 31 milliards. Conséquence directe, en 2026, c'est 100% des universités qui sont aujourd'hui en déficit. Selon le SNESUP, je vous ai dit de retenir un chiffre tout à l'heure, le SNESUP, FSU, mais aussi beaucoup d'autres syndicats, je pense notamment aux syndicats étudiants, il manquerait environ 8 milliards d'euros aujourd'hui à l'enseignement supérieur public pour financer les 150 000 places manquantes, rénovation du bâti, revalorisation des salaires, amélioration des taux d'encadrement. Donc c'est le chiffre qui est vraiment à mettre en regard avec l'aide directe de 8 milliards d'euros que coûte chaque année à l'État l'apprentissage. dans le supérieur, très largement capté par le privé, puisque je vous ai donné la part du privé dans l'apprentissage. Donc l'Etat a, au sens strict, les moyens de financer l'université publique. Et pour conclure cette partie, je veux vous dire qu'après des années de lutte syndicale, de mon côté en tant que syndicaliste étudiante, et aujourd'hui de lutte politique, je suis convaincue, mais à la France insoumise, on est convaincu qu'il y a une seule réponse à ce système aujourd'hui à donner politiquement. C'est une réponse simple et efficace. Interdire le lutte politique. tout bonnement dans l'enseignement supérieur et la recherche et donc dans la gestion du savoir. J'essaye de me dépêcher parce que j'ai déjà fait 15 minutes et je veux entendre nos intervenants, c'est ce qui est important. Quelques mesures, cinq mesures très claires du programme. Elles seront évidemment à mettre en perspective avec tout un programme qui va sortir en septembre prochain, je crois, donc l'avenir en commun. Mais pour nous, ce qu'il faut là aujourd'hui, c'est sortir du lucratif et pas seulement moraliser le secteur. C'est concrètement interdire le caractère lucratif, comme je vous le disais, avec un Dédé de deux ans laissé aux structures existantes pour se transformer en organisme à but non lucratif ou cesser tout bonnement leur activité sous peine, pas de 3 700 euros. d'amende, mais de 100 000 euros d'amende directement. C'est une proposition de loi justement qui a été déposée avec Arnaud Saint-Martin le 11 juillet 2025 à l'Assemblée nationale, donc nous comptons bien l'appliquer une fois au pouvoir. Nous avons aussi bien sûr quelques garde-fous complémentaires. Assainir le marché de l'apprentissage en réservant les financements du public aux seuls organismes publics à but non lucratif, ce qui est aujourd'hui le principal moteur financier du secteur lucratif. C'est ça qu'il faut couper, c'est pas seulement encadrer les usages, c'est juste... arrêter la prime de l'apprentissage qui les nourrit. C'est interdire les subventions extra-légales des collectivités territoriales, donc toutes les collectivités territoriales, à l'enseignement supérieur privé pour concentrer ces financements vers le secteur public. C'est réserver le terme... université et tous les diplômes universitaires, licence, master, doctorat, diplôme d'ingénieur, aux établissements publics reconnus par l'Etat avec des pouvoirs de contrôle donnés aux agents de la DGCCRF pour constater les infractions et aussi mettre des amendes. Interdire purement et simplement l'allocation, je vous ai dit pour 1000 euros, des titres RNCP pour permettre aux établissements privés de mettre les grades de licence et de master. C'est interdire les frais de réservation et de dossiers qui ont explosé. passe de 3 ans dans ces écoles-là, rembourser le double des sommes versées en cas de manquement de formation aux étudiants, et évidemment, l'abolition de Parcoursup, le démanteler purement et simplement. Parce que ça... Je compte bien qu'on teste rapidement ça. Parce que ça garantit pour tous les bacheliers une inscription dans l'enseignement supérieur. Aujourd'hui, et normalement, d'ailleurs, il me semble que c'est la Constitution qui dit ça, c'est que chaque étudiant qui veut continuer à apprendre peut apprendre. Et donc l'État doit mettre les moyens dans le service public de se permettre ça. Spoiler encore, 76% des Français, sondage Harris Interactive en juillet 2021, déjà en 2021, 76% des Français sont pour l'abolition de Parcoursup. Donc voilà, Parcoursup, il faut se dire, et peut-être que tu y reviendras aussi Jérôme, c'est le cheval de Troie de la marchandisation de l'enseignement supérieur et de la recherche qui permet l'existence d'une politique de tri entre étudiants qui libéralise de facto les universités et l'accès aux universités. En l'abolissant, on ferme le robinet qui alimente le privé lucratif. Enfin, établir purement et simplement, par nos actions, mais aussi par la philosophie insoumise qui sera enfin au pouvoir, que le savoir et donc le diplôme ne seront jamais des marchandises. Je passe la parole à Mathis et ensuite à Claire, après à Jérôme. Je vous retrouve pour conclure deux minutes tout à l'heure. Merci.
à toutes et à tous. D'abord un grand merci pour l'invitation et pour l'organisation de cet événement. Je suis Mathis D'Aquineau, je suis professeur de sciences économiques et sociales et je mène une recherche sur le secteur de l'enseignement supérieur privé depuis trois ans. Je débute une thèse sur l'action publique qui accompagne le développement de l'enseignement supérieur privé. Alors ce que je vais essayer de vous faire, c'est d'abord faire un espèce de panorama historique du secteur, pour essayer de quoi on parle quand on parle d'enseignement supérieur privé. Alors d'abord, c'est que, Marie l'a dit, l'enseignement supérieur français, c'est un des arguments du privé et libre, depuis la loi de 1875, qui permet à n'importe quelle personne de créer un établissement d'enseignement supérieur. Et depuis 1875, c'est institué d'abord progressivement. deux secteurs de formation, les écoles d'ingénieurs d'un côté et les écoles de commerce qui sont les deux premiers pôles de formation du privé en France dans le supérieur. Ces établissements-là ont acquis progressivement, c'est la thèse de Marianne Blanchard, une reconnaissance institutionnelle, une reconnaissance par les diplômes. Exemple d'établissements, le SCP, HEC, l'ESSEC, qui sont des écoles de commerce historiques, qui sont fondées sur des structures associatives. Alors pour l'instant on n'est pas à but lucratif. Ces établissements-là vont croître de manière considérable après la Deuxième Guerre mondiale pour former une élite commerciale, une élite économique et qui vont constituer progressivement ce que Pierre Bourdieu a appelé des écoles-refuges, c'est-à-dire des écoles qui vont ouvrir des programmes. suffisamment accessible scolairement parlant, mais très cher pour permettre à une élite économique avec un capital scolaire assez faible d'avoir un filet de sécurité pour poursuivre l'activité de leurs parents en ayant un gage de diplôme pour maintenir ce que l'idéologie méritocratique souhaite montrer, c'est-à-dire un diplôme permettant de justifier sa position sociale. Ces établissements-là captent à cette époque-là, des publics très aisés économiquement parlant. Donc on n'est pas du tout sur un secteur de masse en termes de nombre d'étudiants. Et progressivement, ce secteur va s'institutionnaliser, notamment à partir de 2002. où on a trois conjonctures simultanées. Premièrement, c'est le processus de Bologne, qui va harmoniser l'ensemble des systèmes européens d'enseignement supérieur avec les fameux systèmes des ECTS, qui permet de capitaliser la formation. Une année de formation équivaut à 60 crédits ECTS, pour comparer les systèmes de formation entre la Pologne, la France, l'Italie, etc. Les écoles privées vont se saisir très vite de ce système pour permettre d'envoyer leurs étudiants dans cet espace. En même temps, on a l'ouverture du fameux RNCP, le Répertoire National des Certifications Professionnelles, qui est piloté par le ministère du Travail. Le détail a son importance. Les écoles privées vont ouvrir deux systèmes de formation parallèles. D'un côté, les programmes traditionnels adossés... à des diplômes, puisqu'en 2002, c'est la troisième conjoncture, le ministère de l'enseignement supérieur accorde le grade de master à certaines écoles de commerce. Et donc ces trois conjonctures simultanées vont permettre à ces écoles-là de s'internationaliser. et d'ouvrir des programmes également parallèles, donc un programme classique adossé à un grade de master, c'est le fameux PGE, le programme grande école, et des programmes de bachelor, des programmes de BBA, Bachelor of Business Administration, parallèles, qui leur permet de capter des nouveaux publics et de s'étendre de manière considérable. Le secteur va ensuite, aux alentours des années 2010, se financiariser. Et ça, c'est ce que me raconte un ancien... un ancien partenaire d'un fonds de private equity, donc c'est des fonds d'investissement qui viennent investir dans le secteur de la formation en France. En 2007, on a une loi qui s'appelle la loi LRU, loi sur la responsabilité des universités, qui va mettre en valeur les difficultés budgétaires des universités, puisqu'il y a de nombreuses mobilisations universitaires, des syndicats étudiants, des enseignants, etc. Et ça va donner des idées. à des fonds d'investissement étrangers, puisqu'il y a une visibilisation des difficultés de l'ESR publique, et un certain nombre d'entrepreneurs, d'édupreneurs, c'est comme ça qu'ils s'appellent eux-mêmes, les entrepreneurs de l'éducation, qui vont voir dans le secteur de la formation en France un gisement de profit, c'est les termes qui sont utilisés, c'est-à-dire qu'il y a des sous à se faire quelque part, il suffit de les saisir. Et donc vont s'installer un certain nombre de fonds américains, canadiens, norvégiens et suédois, en France. pour racheter ou permettre à des édupreneurs français de racheter des écoles. C'est la structuration de plusieurs pôles d'enseignement, de plusieurs groupes d'enseignement supérieur. Galiléo, sur lequel Claire reviendra de manière abondante. Omnes Education, qui s'appelait à l'époque Low Rate Education. Non, pardon, Low Rate, c'était le Galiléo. Et l'INSEC U, c'est devenu Omnes. Et le groupe est du service. Quelques noms d'école. Alors, les groupes sont assez inconnus du grand public. Mais les écoles le sont davantage. C'est par exemple l'INSEC. Le cours Florent, les écoles ESG, HEIP, une école de sciences politiques, quelques exemples, ou des écoles d'art, Modart, l'EFJ, une école de journalisme, etc. Ces écoles vont ensuite s'étendre, s'étendre, s'étendre de manière considérable jusqu'à arriver à se structurer en pôle éducatif sur trois créneaux sectoriels différents. Le secteur ingénierie au sens large, c'est-à-dire pas des écoles d'ingénieurs qui délivrent des titres d'ingénieurs, mais des écoles d'informatique, par exemple de jeux vidéo, etc. sur le pôle ingénierie. Des écoles commerciales, c'est le cœur du dispositif. et des écoles d'art. C'est aussi une croissance assez importante du secteur portée par le pôle artistique. Et deux secteurs émergents que l'on voit en ce moment en grand dynamisme, c'est le secteur de la santé, puisqu'il y a une espèce de casse du monopole public sur le secteur de la santé, et le secteur politique et juridique pour les mêmes raisons. Les facultés de droit étant accusées d'échecs massifs des promotions en licence, permet d'une certaine manière, faute d'investissement public, de capter les étudiants qui sont les déçus de Parcoursup ou qui n'arrivent pas à passer l'AL. Et on arrive à 2018. On arrive à 2018 puisque là c'était la structuration d'un secteur de formation, mais qui était en termes de nombre d'étudiants assez encore contingenté. Et 2018 va faire complètement exploser le secteur pour une raison qui est celle de la solvabilisation des publics étudiants. Jusqu'à présent, les frais de scolarité devaient être déboursés exclusivement par la famille. 10 000 euros, c'était à peu près entre 6 000 et 12 000 euros, c'est à peu près la moyenne des frais scolarités dans ces établissements-là, qui, pour le coup, ne sont pas reconnus par l'État et ne délivrent pas de diplôme reconnu par le ministère de l'enseignement supérieur. C'est aussi un des points majeurs de ce pourquoi ces établissements sont très problématiques également. Et donc en 2018, trois conjonctures parallèles. Là encore, première séquence réformatrice en 2002, qui a institutionnalisé le secteur, deuxième séquence, 2018, qui l'a fait exploser. D'abord, alors ça c'est assez méconnu du grand public, c'est ce qu'on appelle les EPE, les établissements publics expérimentaux. Ces espèces de mastodontes universitaires qui fusionnent tout, des établissements publics, des universités, des écoles publiques, des écoles privées, par exemple Paris 2. Panthéon-Assas, est en EPE. Il y a six écoles privées dans l'EPE Paris 2, une université, quelques écoles publiques. Et donc, le terme de bachelor va infiltrer complètement la sphère privée, la sphère publique, tout le monde. Les bachelors universitaires de technologie, les bachelors agro, qui sont des formations publiques et reconnues. Et donc, il y a une espèce de privatisation cognitive des repères de l'enseignement supérieur. Bachelor, on ne sait plus si c'est privé, si c'est public. Il y a une espèce de privatisation par osmose. Deuxième conjoncture, parcours sup. Parcoursup, c'est un système de sélection. L'objectif de Parcoursup, c'est la thèse d'Alban Misi, c'est rationaliser les places dans l'enseignement supérieur et, d'une certaine manière, gérer les flux. Et donc, quand on gère les flux, il y a des personnes qui restent sur le bord du chemin. Ces personnes qui restent sur le bord du chemin peuvent se faire capter de manière très facile, et on comprend pourquoi, dans des établissements privés. Mais il y a également tout le système d'angoisse qui a été... amené par le système Parcoursup du fait des procédures, du fait de la sélection, qui permet de dresser l'argument du hors-parcoursup. Et c'est la manière dont les établissements privés recrutent dans les salons étudiants. Hors-parcoursup, sécurisation du parcours, vous venez chez nous, vous avez une réponse dès septembre. Septembre de la rentrée, pas besoin d'attendre Parcoursup. Et le troisième point en 2018, c'est la loi pour l'apprentissage qui a permis de solvabiliser une demande étudiante, y compris populaire. Ces établissements vont s'adresser en masse à des publics populaires, d'où leurs parents n'ont pas forcément fait l'étude supérieure et qui ne sont pas en capacité de décoder l'offre d'informations qui leur est proposée dans les salons étudiants. En leur disant, vous gagnerez un salaire et en plus de ça, votre formation est gratuite puisque c'est l'entreprise d'accueil et les subventions publiques qui payent votre formation. Et donc on a essayé de chiffrer ça, combien ça a coûté entre 2017 et 2024 ? Combien de fonds publics ont nourri l'enseignement supérieur privé ? C'est très difficile, puisque la Cour des comptes, France Compétences, qui est un organisme rattaché au ministère du Travail, qui gère l'apprentissage, c'est d'une complexité absolument invraisemblable. Personne ne donne le même chiffre, mais à partir des données de l'OFCE, qui ont été précédemment évoquées, on estime, entre 2017 et 2024 inclus, que 60 milliards d'euros auraient permis... d'abonder le secteur de l'enseignement supérieur privé. Les étudiants en sont en partie bénéficiaires, puisqu'ils ont des subventions qui leur sont directement adossées. Par exemple, ils ne sont pas imposables, donc ça, c'est ce chiffre. Mais les CFA, les organismes de formation du supérieur privé, enfin les CFA privés, ont capté 27 milliards d'euros entre 2017 et 2024. Donc c'est à peu près le double d'une année. du budget annuel des universités publiques, qui sont pour le coup financées par des subventions publiques. Pour la petite anecdote, certains établissements privés, 100% en alternance, sont financés à 100% par l'argent public, tandis que des universités sont financées entre 70 et 80% par l'argent public. On arrive à aujourd'hui, en 2025, où le projet de loi permet au contraire que de réguler, permet d'institutionnaliser le secteur, puisqu'il ne remet ni en cause la loi pour l'apprentissage, ni les fondements juridiques et cognitifs sur lesquels se sont basées la croissance du privé, mais au contraire propose une institutionnalisation des diplômes par l'intégration au paysage de l'enseignement supérieur. Ce qui place en difficulté le problème des vulnérabilités étudiantes n'est absolument pas résolu. Et la question de l'abondance des financements publics vers ces fonds privés n'est pas non plus résolue. Je vais passer la parole à Claire pour revenir sur le mécanisme de captation des étudiants. Merci beaucoup. J'ai cru que mon temps était fini. Il me reste cinq minutes ? Ok, super. Parce que là, j'ai chanté complètement. Alors voilà, maintenant sur les justifications. C'était le pont qui me permet d'arriver à la conclusion. Sur les justifications de l'action publique pour justifier les politiques publiques qui ont accompagné ce secteur-là. C'est le cœur de mon travail de recherche. Quand on fait des entretiens avec le ministère du travail, le ministère de l'enseignement supérieur, il y a un mot que Marie a pu évoquer en filigrame, c'est le mot de complémentarité. Dans la tête des décideurs publics actuels, le privé remplit une mission d'employabilité et de professionnalisation des formations. C'est ce qui est souhaité, c'est-à-dire que l'enseignement supérieur ne doit pas ou plus être un milieu où on apprend. pour s'émanciper, où on apprend pour trouver un emploi, tout à fait, mais pas que. Le périmètre, l'horizon de l'enseignement supérieur, pour les décideurs publics actuels, et ça se retrouve avec une acuité particulière dans les analyses lexicométriques, c'est pas un phénomène marginal, c'est l'ensemble des entretiens, peu importe les ministères, peu importe les directions générales concernées. L'horizon... principal de l'enseignement supérieur, c'est trouver le plus vite possible un emploi et réduire la durée des études. Et ça, ça vient souvent, et ça vient également dans le programme de Ensemble pour la République, le programme EPR de la majorité. C'est marqué clairement, réduire l'enseignement supérieur. Un des objectifs, c'est d'accélérer l'entrée sur le marché du travail des étudiants en raccourcissant la durée des études à un bachelor, trois ans. C'est une des raisons pour lesquelles la loi de 2018 a souhaité à ce point flexibiliser, je reprends les termes qui me sont souvent communiqués, flexibiliser l'offre de formation pour permettre une plus grande agilité des étudiants et agilité de l'offre de formation pour couvrir. un périmètre large des besoins du marché du travail. L'objectif des décideurs publics, c'est de faire correspondre directement une formation avec un besoin du marché du travail. C'est la logique RNCP. Le RNCP, ce n'est pas un diplôme. Le RNCP, c'est un titre délivré par le ministère du travail qui est censé montrer l'adéquation immédiate entre les besoins du marché du travail. et la formation suivie. Le problème du RNCP, c'est deux choses. Le premier, c'est que le titre peut s'envoler en cours d'année de formation. Et c'est arrivé cette année. Les étudiants de l'ISEFAC ont été bien surpris quand ils ont remarqué qu'en fait en janvier... leur titre RNCP, pour lequel ils étaient censés valider leur année, avait disparu en cours d'année, puisque leur accréditation n'avait pas été renouvelée par le ministère du Travail. Ça, c'est un des principaux risques. Deuxième risque, c'est qu'un titulaire du RNCP peut voir son titre disparaître dans le référentiel, puisque c'est un référentiel qui est continuellement renouvelé. Et justement, si l'objectif c'est une adéquation immédiate, la question de la durabilité du diplôme n'est absolument pas assurée. Pourtant, les politiques de formation actuelles ne visent uniquement l'adéquation immédiate avec les besoins du marché du travail. C'est une des raisons qui explique la volonté des décideurs publics de marchandiser à ce point l'enseignement supérieur pour permettre une insertion rapide sur des métiers et sur des compétences qui sont extrêmement éphémères. Et c'est ça un des points de difficulté. Et donc justement, la régulation actuelle, je termine de manière un peu plus calme, la régulation actuelle ne remet absolument pas en cause cette manière de voir l'enseignement supérieur, au contraire, considère qu'il faut intégrer les formations privées au système... général de formation en leur donnant accès aux diplômes nationaux pour les institutionnaliser dans le paysage. La régulation qui est proposée, c'est une régulation par le marché. C'est-à-dire, on met un label et la responsabilité est aux familles de décoder si le label, comment dire, si une école n'a pas le label, si les familles décident d'inscrire leurs enfants, c'est de leur responsabilité. L'action publique se dédouane de toute responsabilité en matière de réglementation des formations. Et je conclurai là-dessus. Je vous remercie.
Bonjour à toutes et à tous. Merci également pour l'invitation. Je suis ravie d'être là. Je m'appelle Claire Marchal, je suis journaliste d'investigation, autrice et réalisatrice de documentaires. Et entre 2023 et 2025, pendant deux ans, j'ai enquêté sur l'enseignement supérieur privé lucratif. Et donc principalement sur Galileo Global Education, leader du secteur en France, en Europe, si ce n'est dans le monde, comme l'a communiqué à plusieurs reprises déjà le groupe. Et cette enquête de deux ans, elle a permis, en tout cas le travail que j'ai mené à... et les nombreux entretiens aussi que j'ai pu faire, ont révélé les dérives finalement d'un système dans lequel la quête de rentabilité et de profit va se faire au détriment de la qualité pédagogique et au détriment du bien-être de dizaines de milliers d'étudiants et des salariés aussi, ou des travailleurs, travailleuses de ces groupes-là. Donc je vais vous en parler un petit peu, je vais vous raconter un petit peu ce qu'il en est ressorti justement de ce travail d'enquête. Tout d'abord, pourquoi j'ai travaillé sur ce sujet ? C'était juste par rapport à un constat dont on a déjà parlé, qui a déjà été évoqué, c'est la croissance exponentielle du nombre d'étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur privé. Aujourd'hui, on dit que c'est à peu près un quart des effectifs étudiants, et cette croissance-là a largement été favorisée par les inscriptions dans ce qu'on appelle le privé lucratif. Je ne vais pas réexpliquer ce que c'est, puisque ça a déjà été fait. Je ne parle pas assez fort, pardon. Ok. Ah oui, c'est peut-être beaucoup mieux si je suis plus proche. Et donc, je voulais comprendre, finalement, pourquoi est-ce que les étudiants étaient de plus en plus nombreux et nombreuses à s'inscrire dans ces établissements-là, qu'est-ce que proposait ces établissements, et puis quelle était la qualité des cours, la qualité du bien-être dans ces établissements. Pour comprendre déjà pourquoi les effectifs étudiants sont de plus en plus nombreux dans ces établissements, je me suis rendue sur les salons étudiants. Comme il y en a partout, je suis allée au salon de Montreuil à côté de Paris au mois de janvier, qui est un des plus gros salons du début de la saison de recrutement pré-parcoursup. Ce sont des déambulations avec d'abord les grandes écoles associatives, non lucratives, HEC, ESSEC, EDEC, puis ensuite une ribambelle de stands. avec ces écoles privées, lucratives, de tout un tas de groupes, Galileo, Global Education, on l'a cité, mais il y en a d'autres, Omnes Education et du Service, par exemple, donc plein d'écoles. Et puis, ce que j'ai l'habitude de dire, c'est qu'à la fin, et là c'est vraiment ce qui s'épaisse, ce que j'ai pu observer dans ce salon-là précisément, à la fin, vraiment, au moment où le plafond du salon est un peu plus bas, il y a beaucoup moins de lumière, il y a les facs. C'est un peu vraiment le bout du salon, quoi. Et là, il y a les universités publiques, et c'est un peu la fin du parcours, finalement. Mais avant ça, lors de cette déambulation, on nous offre tout un tas de petits goodies, des sacs, des bonbons, des chocolats, pour nous encourager à nous rapprocher des stands et à écouter finalement les discours de communication qui sont faits. Donc je vais vous parler de ces discours de communication. Pourquoi est-ce que ces étudiants s'inscrivent si nombreux dans ces écoles ? Déjà parce que les personnes qui communiquent, qui les encouragent à s'inscrire, ce sont des étudiants eux-mêmes, des ambassadeurs, ambassadrices des établissements qui souvent... pour leur revenu sur les salons sont rémunérés entre guillemets par les établissements via des bons cadeaux par exemple, des bons d'achat pour du matériel ou par des bonnes notes pour valider leur diplôme. Donc ces étudiants-là, ils expliquent à quel point l'école est géniale. Moi je parle souvent un peu de la proposition du séjour 5 étoiles. C'est des super campus tout refait à neuf, des super intervenants professionnels, la possibilité de faire des voyages à l'étranger. et puis après, tout ce qu'on raconte de la vie... étudiantines, c'est-à-dire des groupes sociaux, la fête, des rencontres pour la vie, etc. Pourquoi pas, à la rigueur, ça donne envie. L'autre argument qui est fait, c'est, on en a déjà parlé, c'est Parcoursup. Ces écoles-là, les écoles privées lucratives de Galiléo, par exemple, mais aussi d'autres groupes, ne sont souvent pas sur Parcoursup. Et alors que, effectivement, certaines écoles privées sont sur Parcoursup, celles-ci n'ont pas pour beaucoup l'intérêt à y être. Parce que Parcoursup, comme on l'a évoqué, ça génère énormément d'anxiété chez les étudiants. qui ont peur de ne pas avoir l'orientation de leur choix ou de devoir déménager à l'autre bout de la France, ce qui n'est pas chose aisée lorsqu'on a 18 ans et lorsqu'on ne vient pas forcément d'un milieu favorisé économiquement, ça représente beaucoup de coûts. Et donc ces écoles-là, elles disent, nous on n'est pas sur Parcoursup, elles communiquent en long, en large et en travers sur leur site internet, dans leur communication et sur ses salons, en disant, comme on n'est pas sur Parcoursup, nous c'est possible de s'inscrire dès le mois de janvier, c'est réglé, c'est à côté de chez toi, tu vas pouvoir suivre les études de tes rêves et on n'en parle plus. Et ça, ça vient directement répondre à une anxiété. Et c'est effectivement des discours de communication qui sont vraiment vivement valorisés. sur ces salons-là. Donc l'autre argument aussi qui est fait, c'est que nous, ce n'est pas la fac. Attention, les amphis ne prennent pas l'eau, tu auras du boulot à la sortie des cours, à la sortie de ta formation. C'est vraiment ce genre de discours qu'on entend. Ce n'est pas la fac, ce n'est pas la fac, ce n'est pas la fac. Ce qui fait que finalement, ces écoles-là communiquent sur le délabrement, la faillite financière et la crise de réputation de l'université publique qui existe du fait de cette faillite financière qui malheureusement existe depuis plusieurs décennies déjà et qui ne s'améliore pas. Et donc cet argumentaire-là, il vient répondre aussi à une autre anxiété de beaucoup de futurs étudiants et étudiantes. C'est ce qu'on fait après les études. La réputation de l'université, cette mauvaise réputation, c'est le côté, il n'y aura pas de boulot à la fin, etc. Ces écoles-là vont dire, nous, c'est un fort investissement, c'est entre 5 000 et 12 000 euros l'année, mais à la fin, il y aura du boulot. Il y aura du boulot, c'est sûr. Moi, ce qu'on m'a dit, c'est que si tu veux t'endetter, il y a des partenariats avec les banques, mais t'inquiète pas, de toute façon, tu auras du boulot à la sortie, tu rembourses... sera très facilement ton emprunt. Ou l'autre argument, c'est si tu n'as pas les moyens de t'endetter, ou si tu n'as pas les moyens de payer, de toute façon, maintenant, il y a l'alternance. Et effectivement, l'apprentissage, depuis 2018, on en a parlé, a explosé, et il permet à des étudiants et des étudiantes qui n'ont pas les moyens de financer des études à 10 000 euros, de se les faire financer, finalement. Donc, le fait est que si l'étudiant ne paye pas, ce n'est pas que la formation est gratuite, c'est bien que c'est l'État qui paye. Donc, ces écoles-là, FB... de cet argent public, on en a parlé et c'est un discours qui permet de recruter massivement des élèves qui ne viennent pas souvent de milieux économiquement favorisés. On pourrait imaginer que les élèves qui s'inscrivent dans des écoles privées lucratives ou dans des écoles privées en général sont des personnes riches. On observe sociologiquement dans ces établissements que ce n'est pas du tout le cas. Ce sont beaucoup de personnes qui ont besoin, qui ont envie de trouver très vite un emploi à l'issue de leur formation et qui vont courir vers ces écoles-là. qui font des promesses qui, encore une fois, font rêver. Et donc moi, à la sortie de ce salon, je me dis dis donc, c'est super ce qu'on nous propose, ça donne envie. Et donc, est-ce que c'est vraiment bien, finalement ? Et donc, je vais commencer à enquêter. J'ai enquêté pendant deux ans, comme je le disais, sur Galileo Global Education. Je réactualise les chiffres donnés tout à l'heure. Galileo, aujourd'hui, c'est plus de 300 000 étudiants dans le monde, 60 écoles dans 20 pays. Un chiffre d'affaires a priori, effectivement, d'un plus d'un milliard d'euros. Le fait est que les comptes consolidés ne sont souvent pas publiés. Donc du coup, c'est compliqué de savoir combien, effectivement, sont les chiffres d'affaires de ces écoles-là. Donc les écoles, elles sont des écoles d'art. On a parlé des cours florents. Il y a aussi des écoles de mode, des écoles de... design, de jeux vidéo, d'animation, dans des secteurs qui font vraiment envie à pas mal de jeunes aujourd'hui et qui sont peu représentés par l'université publique et qui sont représentés, qui existent, mais beaucoup moins que dans le privé. Tout un tas d'écoles de business, de commerce, de finance, de RH, des écoles de santé et des écoles en ligne, beaucoup aussi, permettant de faire les mêmes parcours, mais en distanciel, 100% en ligne pour moins cher. Enfin, voilà, ils sont sur à peu près tous les domaines qu'on peut avoir envie... de suivre en études supérieures. Et donc à la tête de Galiléo, ce sont des fonds d'investissement privés, notamment dans le cas de Galiléo, le fonds familial de Bettencourt, et après d'autres fonds d'investissement, je ne vous les détaille pas, mais c'est à peu près, comme on l'a dit, toujours le principe de ces groupes-là. Donc je vais enquêter sur la croissance de ces groupes-là. Dans le cadre de ce travail d'enquête de deux ans, je vais mener à peu près 150 à 200 entretiens avec des étudiants et étudiantes de ces écoles qui sont encore en études ou qui en sont sortis, avec des salariés, des professeurs, des intervenants, des personnes dirigeantes aussi d'école. Et puis je vais aussi recueillir plus de 1000 documents dont une grande partie sont internes et confidentiels à Galileo Global Education et qui vont me permettre de comprendre vraiment les rouages finalement de ce système financier. parce que c'est un système financier justement, et de comment est-ce que ces groupes-là font de l'argent aussi, finalement, dans le cadre de... Qu'est-ce qui fait que c'est très lucratif l'enseignement supérieur ? Donc voilà, pour vous lister un petit peu les choses que j'ai pu découvrir. Déjà, lorsque les écoles sont rachetées, parce que c'est des groupes qui fonctionnent par acquisition, ils vont racheter des plus petites écoles et puis ils vont constituer des groupes d'écoles. On observe très rapidement qu'à la suite de ces rachats, il y a une optimisation des coûts pédagogiques qui est mise en œuvre. Donc ça va constituer en baisser le nombre d'heures de cours, augmenter les tarifs de nombre d'heures de cours. le tarif des formations par an, supprimer les demi-groupes, les demi-classes, donc augmenter finalement le nombre d'étudiants par classe, mettre plus de cours en distanciel, puisque du coup on a plus d'étudiants dans les murs, mais on ne peut pas accueillir tous ces étudiants dans les murs, donc on va faire des cours en distanciel, comme ça il y aura plus d'étudiants qui sont à l'extérieur des murs. L'apprentissage aussi permet ça d'ailleurs, on a plein d'étudiants inscrits, mais ils ne sont pas à l'école, ils sont en train de travailler, donc on peut en accueillir toujours plus. On va recruter aussi des professeurs qui font des intérêts. l'intervenant professionnel qu'on va payer en facture, par exemple, ou en contrat d'usage. Souvent, ce sont des anciens... étudiants et étudiantes qui sont sur le marché de l'emploi, qui ont parfois eu des difficultés à trouver un boulot suite à leur formation, et donc on va les recruter pour qu'ils donnent cours à leur tour à des étudiants et des étudiantes, quand bien même des fois ces formateurs-là n'ont pas le réseau professionnel qu'on a promis aux étudiants parce qu'ils n'ont pas encore travaillé, et qu'ils n'ont pas été formés eux-mêmes à la pédagogie. Voilà, donc tout ça combiné fait que pour une école entre... Pour des écoles entre 6 500 et 10 000 euros l'année, moi ce que j'ai découvert c'est qu'à peu près 20% des coûts sont dédiés à la pédagogie. Le reste ça va être donc des frais de fonctionnement des établissements à peu près à 40% et puis une quête de rentabilité de l'ordre de 30-40% dédié donc à faire du chiffre pour ces groupes-là. Pour recruter des étudiants, enfin pour faire de l'argent dans ces groupes-là, il faut optimiser les coûts et puis il faut recruter des étudiants. Donc il y a un recrutement massif d'étudiants via des centrales d'appel, des commerciaux qui travaillent et qui vont appeler toute la journée les étudiants qui vont rentrer leurs coordonnées personnelles sur les sites d'Internet de ces établissements puisque c'est souvent la seule façon possible d'obtenir les plaquettes de cours, par exemple. Il faut rentrer son numéro de téléphone, etc. Je vais découvrir dans le cadre de mon enquête, je vais recueillir des enregistrements de réunion de CODIR, donc de comité de direction du groupe, notamment de son pôle business. Et dans ces enregistrements-là, j'entendrai souvent le nom Le Cube, c'est le titre de mon livre, mais ce n'est pas anodin, c'est parce que c'est aussi le nom du logiciel qui est utilisé par le groupe pour optimiser, observer, analyser plutôt en temps réel les entrées et les sorties des étudiants dans le groupe, les effectifs grandissant du groupe. Donc Le Cube est une boussole finalement d'analyse. permettant d'observer si on est dans la croissance, si les chiffres s'affichent en vert, s'il y a plein d'étudiants qui s'inscrivent, c'est une bonne nouvelle pour le groupe. Et puis si les chiffres sur le cube s'affichent en rouge, ça veut dire qu'on n'est pas dans la croissance et donc c'est pas une bonne nouvelle. Et donc il va falloir faire d'autres mesures d'optimisation des coûts, notamment celles que j'évoquais plus tôt. Donc le cube est une boussole et dans ces enregistrements, on entend que les étudiants sont appelés des pioupious, que les écoles qui fonctionnent sont des vaches à lait. et qu'on est sur des discours où, finalement, il y a une phrase que j'ai citée dans le livre Les Piu-Piu, on les sert un peu au début, on les sert un peu, ça couine un peu au début, et puis après ça passe. C'est un peu ça la politique de recrutement de ces établissements-là. Pour aller plus rapidement, les conséquences, je n'ai pas parlé avec beaucoup d'étudiants, ce sont des élèves qui sont parfois lourdement endettés, de plusieurs dizaines de milliers d'euros, qui n'ont pas forcément eu des formations dans de bonnes conditions, qui racontent ne se sentir absolument pas capables de s'insérer sur le marché de l'emploi malgré les promesses qui leur ont été faites, et qui souvent ne se retrouvent pas d'emploi parce qu'on leur promet des taux d'insertion de 80-90% parfois, alors qu'en réalité sur des marchés comme l'animation, le jeu vidéo par exemple, aujourd'hui c'est loin d'être ça, les taux de... On a des étudiants qui voudraient pouvoir continuer des études à l'université par exemple, mais comme ils n'ont pas obtenu des diplômes universitaires, mais des certifications RNCP, les passerelles ne sont pas forcément toujours possibles et donc ils se retrouvent en difficulté pour reprendre des études malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils se trouvent. Bien entendu, Galiléo propose la formation professionnelle via des formes. des cours en ligne, via sa plateforme Studi par exemple. Donc pour des étudiants ou des anciens étudiants qui veulent continuer leurs études et se reconvertir, il y aura toujours des groupes d'enseignement supérieur privé pour leur proposer de continuer leur formation. Donc en tout cas, tout ça, comme je le disais, ça fait des étudiants qui sont dans une certaine détresse, et puis des travailleurs et travailleuses aussi du secteur qui sont dans une certaine détresse. Ils travaillent certes dans l'enseignement supérieur privé lucratif, mais pour beaucoup il y a de la dissonance, c'est-à-dire qu'ils sont rentrés dans ces établissements. en ayant envie d'accompagner des jeunes vers l'épanouissement personnel et professionnel. Et pour beaucoup, il y a du mal-être au travail. Un quart des salariés chez Galileo Global Education partent avant la fin de leur période d'essai, par exemple. Et moi, j'ai échangé avec des personnes qui étaient dans une grande souffrance, dans une grande détresse psychologique suite à leur expérience au sein de ces groupes-là. Tout ça, comme on l'a dit, je n'y reviendrai pas, c'est beaucoup d'argent public, juste dans le cas de Galileo Global Education. C'était 130 millions d'euros en 2022 dans le cadre d'argent public. public pour l'apprentissage par exemple. On l'a évoqué, l'apprentissage mis en oeuvre par Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail, qui est aujourd'hui au conseil d'administration de Galiléo. Donc tout ça, ça interroge finalement sur la capacité de contrôle et de régulation des pouvoirs publics pour la protection des étudiants finalement, la protection des étudiants qui s'engagent, qui engagent leurs rêves, leur quête d'épanouissement personnel et professionnel dans ces écoles-là et qui parfois se retrouvent heurtés à la réalité qui sont finalement des rêves brisés. Et parfois ça fait en cœur de les entendre très sincèrement. à quel contrôle, quelle régulation possible, quel financement aussi des institutions de contrôle et de régulation comme France Compétences par exemple, comment est-ce que les pouvoirs publics vont pouvoir continuer dans ces conditions-là, à laisser des étudiants dans ces conditions d'enseignement, c'est une question que je pose, c'est pas à moi d'apporter la solution. Voilà, en tout cas c'était un très très bref compte-rendu de cette enquête et je laisse la parole pour la suite. Merci beaucoup.
Bonjour à toutes et tous. Une petite, pas une précision, mais une remarque pour commencer. Ça fait 10 ans, je crois, que je participe aux Amphi. C'est la première fois que pour une conférence, on va dire, de taille plus modeste que les grandes conférences qui peuvent avoir lieu avec d'autres, c'est la première fois que je vois autant de monde. Et franchement, c'est un signe plus qu'encourageant. Ça, c'était la première chose que je voulais dire. La deuxième chose, évidemment, merci à celle et à celui. qui m'ont précédé, parce que les informations, tous les éléments, les chiffres, tous les faits qui ont été apportés, tous les éléments d'analyse qui ont été apportés sont évidemment extrêmement éclairants. Alors, quant à moi, je n'ai pas l'intention de répéter, de rajouter des faits à tous ceux déjà accablants qui ont été apportés, même si je donnerais deux, trois infos peut-être supplémentaires, mais je pense qu'il n'est pas... Pour enfoncer le clou, je pense qu'il n'est pas inutile de donner une perspective d'ensemble, en tout cas telle que moi je l'apprécie. Parce qu'effectivement, depuis maintenant plusieurs années, on assiste à une véritable explosion de l'enseignement supérieur, lucratif, privé. Ça, ça a été démontré. Mais ça s'inscrit dans un cadre d'ensemble. Ça s'inscrit dans un cadre d'ensemble qui recoupe étroitement les tendances profondes et les grandes lignes de fond du système dans lequel on est, du système capitaliste et du modèle qui est porté par l'ensemble de ses tenants. Et Macron, évidemment, en est à la fois l'ultime avatar et puis le représentant le plus... Presque le plus caricatural et insupportable, c'est une certitude. Il n'en a plus pour longtemps à ce poste-là en tout cas, et déjà en soi une bonne nouvelle, mais enfin quand même. Je pense qu'il faut rappeler une chose, et qu'il faut être clair. Pour le système capitaliste à son stade actuel, l'université publique, c'est en trop. L'université publique est en trop, comme est en trop la possibilité... pour une masse importante de la jeunesse d'accéder librement à l'enseignement supérieur. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils ont fait Parcoursup. Avant Parcoursup, n'importe quel bachelier, parce qu'il était bachelier, parce qu'il était titulaire de ce qui est le premier grade, de ce qui était plus exactement le premier grade universitaire, le baccalauréat, parce qu'il en était titulaire, il pouvait accéder à l'enseignement supérieur et à la formation de son choix. d'ailleurs ne manque pas de le dire oui mais enfin avant c'était c'était pas parfait bah oui c'est sûr que c'était pas parfait ils avaient commencé à supprimer massivement des postes dans l'enseignement supérieur ce qui fait que dans toute une série de formations les étudiants sont assez au point que notamment Des modalités comme le tirage au sort avaient dû être mises en place. Mais enfin, c'est mieux que si c'était pire. C'est quand même une manière de concevoir les choses qui est quand même assez particulière. L'université publique pour le système capitaliste actuel est en trop. La possibilité pour la jeunesse d'accéder à la formation de son choix dans l'enseignement supérieur pour ce système et pour ses tenants, c'est en trop. De la même manière que la possibilité pour la jeunesse d'accéder à des qualifications, pas à des chiffons de papier sans valeur comme ça a été évoqué à l'instant, mais à des qualifications, à des diplômes nationaux, tout ça en étant soustrait à l'exploitation patronale. comme c'était le cas avant et ça j'y reviendrai, tout ça... C'est en trop et tout ça, c'est tout cela qui doit disparaître. Et c'est ce programme que portent des gens comme Macron et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils sont à la tâche. Ce programme, ils le mettent en œuvre. Je pense que pour appréhender ça, il n'est pas inutile de rappeler une chose. L'université publique et l'école publique aussi d'ailleurs sont le produit, ces deux conquêtes. démocratique et sociale fondamentale, elles sont le produit de deux mouvements. De deux mouvements qui sont à la fois contradictoires et concomitants. Le premier de ces mouvements, c'est qu'à un certain stade du système capitaliste, quand la bourgeoisie nationale par exemple devait réaliser un marché national et aller à la conquête, y compris de nouveaux marchés, elle avait besoin d'une manœuvre qualifiée. Elle en avait besoin. Cela ne veut pas dire que la bourgeoisie, à une certaine époque, je parle plus précisément de la fin du 19e siècle, du début du 20e, cela ne veut pas dire qu'elle a octroyé, comme ça, gratuitement, et sur la base de sa bonne volonté et de sa générosité, à la masse de la jeunesse, aux travailleurs, à la classe ouvrière, elle ne leur a pas octroyé un système. d'instruction publique, gratuit et obligatoire. Non, ce n'est pas venu comme ça. L'autre facteur, c'est tout simplement la lutte de classe. Et d'ailleurs, l'une des revendications majeures du mouvement ouvrier dès le 19e siècle, c'est la possibilité pour les enfants de la classe ouvrière d'accéder à l'école, d'accéder à l'instruction. Et donc il y a ce double mouvement, à la fois le besoin pour la bourgeoisie de disposer d'une manœuvre qualifiée, et contradictoirement à ça, la revendre. de la classe ouvrière que tous ces enfants puissent accéder à l'instruction. C'est sur la base de ce mouvement qu'a été conquise l'école publique, qu'a été arrachée l'instruction publique, gratuite, laïque et obligatoire. C'est sur la base de ce mouvement, de cette lutte de classe, qu'a été arrachée, après la seconde guerre mondiale en 1945, l'enseignement professionnel. Il faut rappeler qu'avant, le système, c'était l'apprentissage. Pour apprendre un métier, on était remis dans les mains d'un patron. qui vous apprenaient certes un certain nombre de tâches, mais qui au passage vous exploitaient, parce que l'entreprise est d'abord et avant tout un lieu d'exploitation. L'entreprise n'est pas, contrairement à ce qu'on entend souvent, notamment dans la bouche des macronistes, n'est pas un lieu de formation et d'apprentissage. Non, c'est un lieu d'exploitation. Et la revendication du mouvement ouvrier, c'était de dire... Nos enfants, nos jeunes doivent pouvoir se former en étant soustraits à l'exploitation patronale et c'est comme ça qu'on a conquis l'enseignement professionnel que les macronistes se sont. et vertuées précisément à détruire. Et de la même manière, c'est la lutte de classe qui a arraché, non pas ce que les réactionnaires de tout poil appellent la massification de l'enseignement supérieur, mais bel et bien la démocratisation de l'enseignement supérieur. C'est la mobilisation de la jeunesse et du mouvement ouvrier qui ont permis de l'arracher. Et il se trouve qu'aujourd'hui, nous sommes dans une situation et à un stade où précisément... Mais la bourgeoisie, alors c'est un peu difficile de parler aujourd'hui de bourgeoisie nationale parce que si vous prenez un mec comme Macron par exemple, lui il regarde du côté des marchés financiers, du côté de grands groupes, de grands monopoles anglo-saxons aux intérêts desquels il est directement relié et je vais y revenir. Mais Macron n'est pas le premier à s'en prendre à toutes ces conquêtes que je viens de citer. Déjà dans les années 50, le patronat français dit « il y a trop d'étudiants à l'université ». Et De Gaulle, avant 68, tente d'instaurer des mesures de sélection à l'entrée à l'université. Il va d'ailleurs y laisser un certain nombre de plumes, il va s'y casser les dents, puisque la grève générale de 68 va mettre pour un certain temps un terme à ses velléités. Macron, notamment, y reviendra. Mais en tout cas, pour le capital financier tel qu'il fonctionne aujourd'hui et pour tous ses tenants, il n'y a plus besoin de main-d'oeuvre qualifiée en quantité. Ce dont il a besoin, ce dont ce système a besoin aujourd'hui, c'est d'une armée de réserve. C'est d'une armée de réserve ultra précarisée, exploitable à volonté, exploitable à merci, vouée à l'exploitation patronale en fonction de ses besoins. On rejoint d'ailleurs ce que tu expliquais tout à l'heure sur l'employabilité en particulier. collés, ça doit être en... Les titres qui sont délivrés, par exemple, doivent être en adéquation avec les besoins immédiats du marché. Et lorsque le marché a d'autres besoins, ces titres, ils tombent, ils deviennent caduques, ils n'ont plus de valeur. Et ceux qui les détiennent, leur vocation, c'est d'être purement et simplement jetés et mis en quelque sorte de côté. Et donc aujourd'hui dans ce système actuel tel qu'il fonctionne, il n'a plus besoin de qualifications, il a besoin de vagues compétences en quelque sorte qui sont attachées à l'individu, qui sont sans valeur en termes de droits collectifs sous forme de titres achetables, commercialisables, bref des chiffons de papier souvent sans valeur. En tout cas pour eux c'est ce qui suffit. Alors, vous me direz peut-être que c'est une exagération, une vision un peu catastrophiste des choses, je ne pense pas, et je pense qu'il suffit de regarder ce qu'a fait Macron sur ces dix dernières années, et en particulier ce qu'il fait dès le départ. La première mesure que Macron met en place lorsqu'il arrive au pouvoir en 2017, c'est de poursuivre la réforme El Khomri, la réforme El Khomri de 2016, de destruction du code du travail, et que d'ailleurs il avait largement inspiré. et même co-rédigé. Mais ça n'allait pas suffisamment loin, donc il charge Muriel Pénicaud, dont vous avez parlé, d'aller jusqu'au bout, de parachever cette réforme. Et Muriel Pénicaud se met au travail, avec l'aide d'ailleurs, il faut malheureusement bien le constater, d'un certain nombre de dirigeants syndicaux. Moi avant j'étais syndicaliste à FO, je me rappelle comment Maïs était comporté à l'époque. Tout à coup, il avait les yeux de chimène pour Muriel Pénicaud. Et quant à la CGT, à part quelques vagues protestations... Il ne s'est pas passé grand chose. Bref, je ferme cette parenthèse, mais je tenais à le dire parce qu'eux aussi portent quand même une certaine responsabilité dans ce qu'on subit aujourd'hui. A l'inverse d'ailleurs de ce que pensait l'immense majorité des militants syndicalistes qui, eux, voulaient en découdre et qui ont prouvé à de maintes reprises qu'ils étaient parfaitement capables de le faire. Bon, comme j'ai dit que je fermais cette parenthèse, je la ferme vraiment. Mais en 2017, Pénicaud... elle se met en tête d'aller jusqu'au bout et elle pulvérise ce qui est la base des droits collectifs dans ce pays depuis des décennies, elle pulvérise la hiérarchie des normes et elle fait de l'entreprise le point de référence et le centre, la base en quelque sorte du système de droit du travail dans ce pays. Ce modèle-là, ce n'est pas un hasard si c'est Macron qui le promeut et qui décide de le mettre en place dès les premiers mois de son arrivée à l'Elysée. Macron, c'est l'homme de McKinsey. Macron, c'est l'homme des fonds de pension. C'est l'homme de BlackRock. Je rappelle que la première réforme des retraites de Macron, elle a été écrite. par ce fonds de pension américain qui s'appelle BlackRock. Macron, c'est l'homme d'une société comme Uber, par exemple. Et Uber et les droits collectifs, je suis désolé, mais c'est l'eau et le feu. Ce sont deux termes rigoureusement antagonistes et rigoureusement contradictoires. Tout se tient et forme un ensemble parfaitement cohérent. Et ce n'est pas un hasard si au moment où Pénicaud fait sa réforme de destruction du Code du travail et de tout l'édifice des droits collectifs dans ce pays, au même moment... Il y a la réforme de l'apprentissage, de généralisation de l'apprentissage de Macron. Il dit, nous voulons avoir, nous devons avoir dans ce pays un million d'apprentis. On y est quasiment. On y est quasiment. Des emplois qui sont, des emplois, je ne devrais pas dire emplois, qui sont entièrement financés, qui sont entièrement sous perfusion d'argent public, qui sont entièrement financés par l'argent public et qui ne coûtent quasiment rien. aux tauliers, qui ne coûtent quasiment rien aux patrons, qui, sur ces apprentis et sur les alternants, sont totalement exonérés de cotisations, par exemple, de cotisations sociales. Ce n'est pas un hasard si, au même moment, il y a la réforme de destruction de l'enseignement professionnel. Ce n'est pas un hasard si, au même moment... Mais c'est simultané, ça se passe exactement, c'est une affaire de quelques mois. Si au même moment, Blanquer fait passer sa réforme du bac et la mise en place de Parcoursup. Quand je dis que tout se tient et que ça forme un ensemble cohérent, là on a vraiment, si j'ose dire, un cas d'école. Et la conséquence, c'est tout ce qui a été décrit par celles et ceux qui m'ont précédé. Parce que l'une des conséquences, c'est effectivement que ce système, c'est une aubaine sans nom pour les groupes d'enseignement privé. Alors il y a effectivement un rapport qui vient de tomber, qui a été rédigé pas par des bolcheviques qui s'ignorent, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque ces auteurs sont des membres de... Comment ça s'appelle ? De l'IGF, donc de l'Inspection Générale des Affaires Sociales et de l'Inspection Générale des Finances. Voilà, j'ai dit ce que j'en pensais, donc c'est pas utile que j'aille au-delà. Voilà ce qu'ils écrivent. Les groupes privés, c'est un rapport qui est tombé il y a deux ou trois mois. Les groupes privés étudiés affichent une forte rentabilité reposant sur des financements publics importants et des frais de scolarité élevés, selon que le jeune effectue ou non sa formation en apprentissage, une structure de coûts fortement optimisée caractérisée par des montants pédagogiques faibles. Complété parfois par des politiques de mutualisation étendues ainsi que par une souplesse accrue permise par le recours massif à des intervenants. La croissance externe constitue un levier stratégique central, acquisition rapide d'écoles, maillage territorial renforcé, diversification sectorielle, ça peu importe. C'est tout ce qui a été décrit avant moi. Cette dynamique de croissance s'est accompagnée d'un recours important à l'endettement qui combine à l'exigence de rentabilité, conduit les écoles à devoir générer chaque année une trésorerie suffisante pour assurer la soutenabilité du modèle. Cette pression importante peut à son tour conduire à l'utilisation de pratiques commerciales. trompeuse ou à une recherche d'optimisation des coupes pédagogiques, comme l'ont montré certains contrôles de la mission, etc. Bref, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce rapport qui a été commandé par le gouvernement lui-même, dont on sait déjà qu'il ne fera rien, puisque Farandou, le ministre du Travail, a dit, il n'y a pas assez d'apprentis dans ce pays, il l'a dit il y a quelques jours, il n'y a pas assez d'apprentis dans ce pays, il faut aller plus loin. Et on sait qui va s'en charger. Au passage... Au passage, je pense que toi, tu es confronté exactement à la même situation. Moi, je suis atterré depuis septembre dernier par le nombre de demandes qu'on reçoit dans nos permanences de jeunes, notamment en situation d'alternance, dont les parents ou eux-mêmes ont payé des sommes folles pour pouvoir être scolarisés dans des groupes privés sous statut d'alternant. Et l'école, qu'est-ce qu'elle leur dit ? Elle leur dit, mon pote, maintenant, tu as intérêt à trouver un stage. Tu as intérêt à trouver le patron qui va t'utiliser et t'exploiter comme alternant. Et bien souvent, ces alternants se retrouvent dans une... C'est la croix et la bannière, purement et simplement, pour trouver un stage. Que fait l'école qui a empoché le pognon ? Bien évidemment, le pognon qui a été déboursé par les parents ou par l'étudiant ou l'étudiante en personne, ce pognon est encaissé, ça n'y a pas de problème. Mais si l'étudiant, à la date qui lui a été indiquée, n'a pas trouvé de stage, il est purement, ou l'étudiante, ils sont purement et simplement foutus dehors. Et des exemples de ce type... Malheureusement, j'en ai des dizaines. On s'est arraché les cheveux pour trouver pour un certain nombre d'entre elles et eux des solutions. Malheureusement, le plus souvent, c'est quand même très compliqué. Et bien évidemment, ce système est construit de toute pièce. Sur la réalité de l'apprentissage, je ne résiste pas à la tentation de citer ici ce que j'avais dit à la ministre de l'enseignement professionnel de l'époque qui s'appelait Carole Grandjean et qui d'ailleurs ne m'avait fait aucune réponse. Mais d'ailleurs, ils ne font jamais de réponse. Quand on leur donne des faits, en règle générale, ils ne répondent pas. Et je lui avais dit, mais enfin, la réalité de l'apprentissage, c'est ce que dit cette syndicaliste de Carrefour. Il se trouve qu'il y avait un Carrefour en France qui était en grève. depuis pas mal de temps, pour des questions de salaire notamment, et une syndicaliste avait été interviewée, j'avais vu ça dans un quotidien de la presse locale. Et la syndicaliste, elle dit la chose suivante, elle dit le patron n'embauche pas. La seule chose qu'il fait, c'est d'avoir recours à des apprentis, et une fois que c'est terminé, il en prend un autre. Je termine sur un point. que je voulais évoquer dans le cadre de cette explosion du recours au privé il y a la course à la militarisation de l'école et à la militarisation de l'enseignement supérieur. Je vous rappelle qu'il y a quelques temps, le général Mandon, pour ceux qui ne savent pas, c'est le chef d'état-major des armées, donc ce n'est pas un simple troufion, le général Mandon avait dit la chose suivante, la France doit être prête à sacrifier ses enfants. Déjà qu'il y aille, lui, et puis qu'il nous foute la paix. Et le général Mandon, il devait inaugurer il y a quelques mois un cursus à la Sorbonne. Un cursus dans le cadre de ce qu'on appelle les World Studies, donc les études consacrées à la guerre. C'est vrai que par les temps qui courent, il semblerait que la guerre ait un bel avenir devant elle, malheureusement. Et là, il y a du blé à se faire, d'une certaine manière. Donc on voit toute une série de grands groupes dont l'appétit est particulièrement aiguisé, qui investissent. l'enseignement supérieur. Le général Mandon avait voulu se pointer à la Sorbonne pour inaugurer ce cursus de formation. Il en a été empêché par un certain nombre d'étudiants et de syndicalistes enseignants. D'ailleurs, je sais qu'il y en a quelques-uns qui sont ici. Je les salue. Ils avaient accueilli Mandon en disant... L'armée n'a pas sa place à l'université. Il avait dû renoncer à faire son blabla à la Sorbonne et c'est très bien comme ça. Mais par contre le cursus il existe. Et quand je dis que ça infiltre partout, ça infiltre y compris une institution comme Sciences Po. Je ne sais pas si vous connaissez Louise Vassy qui est l'actuel dirigeant de Sciences Po. C'est un mec assez sinistre qui a été nommé là évidemment par Macron, c'est d'ailleurs un pote de Macron, qui l'a nommé notamment pour réprimer les étudiants qui régulièrement, et c'est tout à leur honneur, ils sont de notre fierté, occupent Sciences Po pour exiger la fin du génocide du peuple palestinien et pour dire tout le mal qu'ils pensent des partenariats avec Israël. Le patron de Sciences Po, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a mis fin à un cursus qui s'intitulait, c'est bien l'objet de Sciences Po d'ailleurs, comment comprendre et contenir l'extension et la généralisation des conflits et des guerres au XXIe siècle. C'est vrai que c'est d'actualité. Il a mis fin à ce cours qu'il trouvait en trop, qu'il trouvait trop bavard. Et à la place, il a instauré... Il promeut le développement d'un think tank dans le cadre justement de ces World Studies. Et alors ce think tank, il est assez exceptionnel et je promets que je suis tout près de la fin. D'une part, il est ouvert, il est placé sous le mécénat de groupes industriels qui ne sont pas spécialement des grands philanthropes puisqu'il s'agit de Thalès et de Safran. qui sont y compris au conseil d'administration de ces écoles. Vous savez, c'est ces groupes qui vendent notamment des armes à Israël, bien que le cornu prétende le contraire. Et un prof d'ailleurs de Sciences Po avait dénoncé dans une tribune l'OPA de l'industrie de l'armement sur l'enseignement de Sciences Po. l'un de ses responsables et était par le passé le secrétaire général adjoint de l'OTAN bon j'arrête ici je pense que vous avez compris le tableau bref on voit bien où ils veulent nous emmener et précisément ce qu'il s'agit d'imposer et c'est l'un des enjeux évidemment de l'élection présidentielle de 2027 ce qu'il s'agit d'imposer aujourd'hui c'est une rupture nette franche et radicale avec ce modèle dont nous ne voulons pas et puis ce qu'on parle Puisqu'on parle d'université, eh bien oui, il faudra l'abrogation pure et simple de Parcoursup, le rétablissement pour tout jeune bachelier d'accéder à la formation de son choix dans l'enseignement supérieur, le rétablissement de l'enseignement professionnel permettant de soustraire les jeunes à l'exploitation patronale, et bien sûr, puisque ça a été évoqué tout à l'heure par rapport au lucratif privé, il y a un moyen simple. de régler cette question. C'est de rétablir ce bon vieux principe républicain. L'argent public ne doit bénéficier qu'à l'école et à l'université publique. Le privé, il se démerde. Il se démerde. Mais l'argent public ne doit aller qu'à ceux qui sont ses véritables destinataires, c'est-à-dire l'école et l'université publique. Et nous le ferons.
Merci à tous. C'est d'autant plus important parce que l'université des services publics et les jeunes sont une des grandes causes de la question présidentielle aujourd'hui, notamment parce que c'est l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi parce qu'il nous faut toute une jeunesse. On est à plus de 300 000 postes dans la bifurcation écologique, le recyclage par exemple, et tout un tas de postes dans la planification écologique. Donc plus on mettra de l'argent dans le privé, moins on en aura pour des ingénieurs, des techniciens, pour faire face aux grands enjeux sociaux. démocratiques, économiques. Donc, en effet, il faut aujourd'hui arrêter le lucratif parce que, comme Jean-Luc le dit, le futur, c'est maintenant qu'on est en train de l'organiser. Donc, déter comme jamais, en mai, tout va changer quand on sera au pouvoir. Et malheureusement, il ne nous reste que 10 minutes de questions. Alors, je vous invite à lever la main. Il y en a une là.
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