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Bonjour à toutes et tous. Est-ce que vous m'entendez bien jusqu'au fond ? Pas vraiment de la salle, mais du chapiteau. Alors, bonjour à toutes et tous. D'abord, merci à toutes les équipes bénévoles qui sont ici et qui, depuis le début des amphis, font un travail formidable. Vous avez vu qu'on est victime de notre succès. Alors, vous avez vu la queue qu'il y a pour rentrer ? Pour une raison, c'est qu'on est en train de battre le record de participation. On a deux fois plus de participants que l'an dernier. Et on est même en train de battre le record de toute université de mouvement politique en France. Ceci explique pourquoi vous avez eu du mal à rentrer. D'abord, je voudrais remercier énormément aussi les intervenants qui ont accepté de participer. D'abord, je commence par ma gauche, Mathias Tepo, journaliste à Mediapart. David Blaise, qui est secrétaire général adjoint de la CGT Métallurgie. responsable syndical d'ArcelorMittal pour la CGT. Et Èvre Cagnère, qui est la secrétaire générale, donc la responsable de la CFDT Santé Sociaux, qui a fait aussi, on le verra, un très gros travail contre la financiarisation de la santé. Ce que je vous propose, j'ai fait une petite intro d'un quart d'heure. On va chacun essayer de parler dix minutes, un quart d'heure. Donc ensuite, David, Blaise, Èvre et Cagnard, je vous laisserai intervenir sur notre sujet qui est celui des fonds prédateurs. Et on finira par Mathias Tepo. Ce qu'on a voulu, c'est à la fois avoir des regards, je dirais, plus macro. plus globaux. C'est le cas de Mathias et moi, puisque je reviendrai sur la commission d'enquête parlementaire que la France Insoumise a menée cette année. J'imagine que certains l'ont suivi sur les réseaux sociaux. Et puis, évidemment, ce qui est important pour nous, et d'ailleurs, ils ont alimenté énormément cette commission d'enquête. Ce sont les représentants de salariés qui vont nous dire aussi ce que concrètement, cette finance prédatrice, ultra prédatrice, elle fait aux salariés. les dégâts qu'elle fait, c'est-à-dire que ce n'est pas seulement une finance qui flotte au-dessus de nous, c'est une finance qui a des dégâts très concrets, très, très concrets sur notre économie. Et j'y arrive. D'abord, comment on est arrivé à cette commission d'enquête parlementaire ? Jamais, jamais, un rapport parlementaire administratif, quoi que ce soit, n'a été fait sur cette finance de l'ombre. C'est un truc hallucinant. Alors que c'est aujourd'hui cette finance de l'ombre qui domine, détermine l'ensemble de nos vies, de notre économie, malheureusement, puisque ça a une influence considérable quand on va le voir. On est parti. En fait, ce qui s'est passé à la fin 2025, c'est. une énième entreprise, en l'occurrence Novasco, peut-être que tu y reviendras, qui est une entreprise de métallurgie, qui en plus avait investi dans des fours électriques, qui se retrouve balayée, dévastée, pillée, du jour au lendemain, par un fonds prédateur britannique, en l'occurrence Gréboule. Sauf qu'en fait, on s'est rendu compte, et il y a quelques-uns, des sociologues, des journalistes, mais vraiment très très peu de monde, qui avaient travaillé déjà là-dessus. C'est-à-dire qu'il y a plein d'entreprises qui sont en train d'être pillées, saccagées par ces fonds prédateurs. Aujourd'hui, ça concerne à peu près un emploi sur six en France dans le privé. C'est énorme. Et en fait, il faut vous dire que toute votre vie est marquée par ça. C'est-à-dire le matin, quand vous allez emmener votre gosse à la crèche, ça commence par là. People and Baby, Babylou, tout ça, ça a été accaparé par des fonds prédateurs. Si ensuite, vous allez voir votre grand-mère, votre grand-père dans une maison de retraite, en général, ça appartient à un fonds prédateur comme Colisée. L'eau, par exemple, dont vous vous servez, il y a des normes. Par exemple, la SOR, elle appartient à un fonds prédateur. Toutes nos usines, tu vas en reparler. Nos usines, évidemment, ont été accaparées de métallurgie, de chimie. Tant d'usines jusqu'à nos fleurons. Nos fleurons, par exemple LMB Aerospace, qui fait des outils de défense pour, par exemple, les rafales, accaparés par, avec l'appui, je vais y revenir à chaque fois, avec l'autorisation de Bercy et du gouvernement, accaparés, là encore, par un fonds prédateur américain. Bio Garant, qui fournit un tiers de vos médicaments génériques, là aussi accaparé par BC Partners, là encore un fonds britannique. Ou encore, et on va y revenir, tous les laboratoires d'analyse médicale, par exemple Serba, puisque c'est à chaque fois, c'est KT Equity, pardon, c'est Equity, un fonds suédois, un des plus, le plus gros fonds européen. Et puis, tu reviendras par exemple sur la métallurgie. Donc tu vas revenir par exemple sur les fonderies de Bretagne. Là, c'est carrément des fonds vautours. Ces fonds, en fait, c'est la finance de l'ombre. C'est une finance complètement dérégulée Far West. En fait, il faut bien comprendre que les banques, c'est devenu has-been. Ça, c'est l'ancienne finance. qui a été un tout petit peu et à minima régulé après la crise de 2008. Mais il faut bien comprendre que la finance, elle a besoin, et parce qu'elle fait face aussi quelque part à un essoufflement des gains de productivité, elle a besoin de se renouveler pour poursuivre l'accumulation du capital et relancer les profits des ultra-riches. Et cette finance, elle permet un canal d'extraction fulgurante des richesses pour les ultra-riches. Il faut vous dire que ça permet de faire des profits pour ceux qui détiennent les capitaux et qui placent leur fortune là-dedans. Un taux de profit, alors combien vous diriez ? 15, voilà, on est à 15. 15% à peu près au moins, au bas mot. Et les Américains, tu vas revenir, c'est plus. Enfin, pour avoir une comparaison, pour ceux qui ont la chance d'avoir de l'argent sur un livret A, c'est combien ? 10 fois moins exactement 1,5%. C'est juste pour que vous ayez en tête à quel point les ultra riches nous se polient à travers cette nouvelle finance qui est en train et on va le voir de détruire nos vies. Ce que je veux dire aussi, c'est que tout ça, tout cela ne tient en réalité que par un système. D'abord, un système bien huilé de la finance. Il y a deux sortes de fonds prédateurs, grosso modo, aujourd'hui en France. Il y a les fonds qu'on appelle les fonds vautours. Là, on retrouve, par exemple, ceux qui sont en train de piller les fonderies de Bretagne. Donc, par le biais, on reviendra dessus des Ocapsa. Pardon, j'ai encore oublié le nom. Pardon. Alpha Blue Ocean, évidemment, avec d'ailleurs un Français qui s'est expatrié au Bahamas, qui est un véritable gangster et voyou qu'on laisse faire, qui s'appelle Pierre Vanineuse. D'accord. Et ses acolytes. Bien. Mais c'est aussi d'autres fonds vautours qui existent. Par exemple, le fonds allemand Mutares. Il y a pas mal de fonds allemands vautours. D'ailleurs, on a cité Gréboule. Ça, c'est les fonds vautours. Ils viennent prendre les entreprises quand elles sont en bout. Elles sont à bout. Elles sont. Voilà, c'est pas qu'elles sont plus rentables, d'ailleurs, c'est qu'elles sont plus assez rentables pour la finance néolibérale. Et là, elles arrivent et elles viennent pour finir d'essorer, finir de saccager. Peut-être revenir dessus. En fait, ce qui se passe, c'est qu'elles arrivent et elles aspirent totalement ce qui reste de trésorerie. Par exemple, le fonds allemand Mutares, il a bouffé, accaparé ce que vous connaissez sûrement, les magasins et les usines La Paire de bricolage. Ça, ils sont complètement essorés. Ils ont vidé radicalement toute la trésorerie. Comment ils font ? Ils viennent ponctionner, par exemple, en mettant des frais de conseil, en mettant des frais de gestion. ou en vendant le reste des murs et des usines. L'objectif, c'est de ponctionner tout ce qui reste pour aller alimenter à mort, et je dis bien à mort parce que ça tue l'entreprise, évidemment, pour alimenter à mort les fonds en question, évidemment, en allant chercher la seule valeur qui soit, c'est-à-dire celle qui a été créée par les salariés. D'accord ? Ça, c'est les fonds Vautour. Il y a un deuxième type de fonds, c'est ce qu'on appelle les LBO, Leverage Buyout. qui sont alors un truc ahurissant, c'est-à-dire que ces fonds-là, et c'est le principal moyen aujourd'hui, le principal levier d'accaparement par les fonds d'entreprise qui vont bien. Comment ils font ? Ils contractent une énorme dette auprès des banques. Donc les banques sont complices quand même. Et puis ensuite, qui doit rembourser la dette, à votre avis ? Ce n'est pas le fond. C'est l'entreprise, donc les salariés. C'est ce qui est en train de se passer à Serba. Donc Equity, le fonds suédois, a acheté avec une énorme dette le laboratoire d'analyse Serba. Du coup, Serba aujourd'hui a une dette monstrueuse. Et donc, c'est en train d'essorer totalement le laboratoire d'analyse médicale avec, mais je ne vais pas détailler, des conséquences très concrètes sur la vie des salariés, mais aussi sur les patients, sur les usagers. Et sachez bien que quand on s'en prend à la santé, mais tu vas revenir dessus. En fait, on s'en prend à quoi aussi ? Qu'est-ce qui fait aussi la valeur et la richesse de Serba ? C'est la valeur créée par les travailleurs. Mais c'est quoi aussi ? C'est la sécu. Donc, ils viennent piller. C'est un moyen d'aller piller notre sécu sociale. Mais c'est pareil pour Biogarant. Vous voyez bien comment Biogarant arrive à vivre. Mais c'est pareil pour LMB Aérospace qui fait du matériel de défense. Ça ne vit que grâce à la commande publique. Vous voyez ? Donc, en fait, c'est une manière de piller les cotisations sociales et même globalement les dépenses publiques de l'État. Et donc, c'est pour ça que je vous dis que c'est un canal d'extraction fulgurante. de la richesse produite par les travailleurs et produite dans ce pays pour alimenter les très grandes fortunes. Je vais finir simplement en vous expliquant peut-être quel est le système qui a été mis en place particulièrement depuis en fait en réalité que Macron est en place et c'est pas 2017. C'est bien avant. Bah oui, mais même avant d'être ministre de l'économie, dès que Hollande l'a nommé à l'Elysée secrétaire général, adjoint de l'Elysée, c'est là que ça a commencé. 2012, tout commence avec François Hollande qui met en place, lui qui était censé être l'ennemi de la finance, qui devient en fait l'ami de la finance néolibérale avec son meilleur acolyte, M. Macron. À ce moment-là, en 2013, il nomme à la tête de la soi-disant banque publique d'investissement une personne clé qui s'appelle M. Dufourque, qui fait de la banque publique d'investissement et donc de votre épargne, de notre épargne, un instrument de prédation. Et sachez que l'épargne... Notre argent, parce que en fait, du monsieur Dufour, que je l'ai auditionné deux fois dans la commission d'enquête, il dit bien j'ai l'argent des Français. Il nous dit ça quand même. Il le dit clairement. Bon, eh bien, qu'est ce qu'il fait de cette banque publique d'investissement? Sachez que l'essentiel des moyens de la banque publique d'investissement, ça sert à quoi? Non pas à aller investir dans des entreprises et des activités utiles, non pas à sauver des industries qu'il faut absolument sauver comme les fonderies de Bretagne. Ça sert à quoi? Ça sert à financer des fonds d'investissement dont on ne sait même pas ce qu'ils vont faire avec cet argent. D'ailleurs, vous n'avez pas idée de ce qu'ils financent, puisque même si c'est votre argent, il n'y a pas de liste publique. D'ailleurs, je sais que les journalistes rêveraient de l'avoir. On n'a pas la liste, mais nous aussi, on rêverait. Alors moi, je l'ai de manière confidentielle. Via la commission d'enquête. Mais en gros, la liste de tous les investissements, de tous les investissements faits par la banque publique des investissements. Mais c'est hallucinant. C'était même pas une donnée publique alors que c'est notre argent. Et je peux vous dire qu'ils financent des trucs absolument affreux. Et alors, ce qui était hallucinant, c'est la dernière audition où à un moment, je lui pose la question. Est-ce que ça vous dit quelque chose ? Bruno Bézard, ancien directeur de Bercy, qui est par ailleurs... un des chefs, un des patrons d'un fonds qui s'appelle KT Capital, un fonds franco-chinois qui est le premier fonds financé par la Banque publique d'investissement. Et là, surprise, il nous dit « Ah mais oui, mon ami Bruno Bézard ». Donc il a occupé tous les postes de direction à Bercy. Il dit « Bah oui, c'est même moi qui lui ai dit d'aller dans ce fonds d'investissement, c'est vachement bien ». Bien. Et puis après, qu'est-ce qu'on a découvert ? C'est que dans le fonds d'investissement en question, qui travaille, qui gagne plein d'argent dans ce fonds ? Par exemple, la fille de M. Pouyanné. Et plus que ça, allez, accrochez-vous, le fils de M. Dufourque. Mais pourquoi je vous donne cet exemple ? Parce que vous voyez bien que c'est tout un système de cooptation, de pantouflage, c'est la République des copains. En fait, tout ça... Tout ça fait système. Je ne peux pas. Vous n'imaginez pas le nombre d'anciens directeurs de Bercy qui sont aujourd'hui en train de gagner plein d'argent, des centaines de milliers d'euros chaque année grâce aux fonds d'investissement où ils se sont recyclés. Des anciens ministres. Florence Parny, Fleur Pellerin, Nathalie Cochusco-Morizé et même un ancien premier ministre, François Fillon. Voilà tout cela. Et oui, Raffarin, je l'avais oublié. Et puis plein de directeurs de cabinet ministériel comme celui de Darmanin, etc. Voilà, tout se tient. Vous comprenez bien qu'en fait, la Macronie, mise en place des François Hollande, d'accord, aura permis de renforcer. Tout un système de finances de l'ombre dérégulé, extrêmement prédateur, qui permet en fait au capitalisme financier de perdurer et même d'être encore plus brutal qu'avant. Je finis en disant que, évidemment, ce que nous mettons en avant... Quelle heure il est ? Oui, il faut que je finisse. Ce que nous mettons en avant aussi, évidemment, dans notre commission d'enquête, j'y reviendrai quand on vous passera la parole, quand on y répondra. Mais grosso modo, ce qu'on dit dans cette commission d'enquête, ce que nous portons dans le programme de la France insoumise et que nous mettrons en œuvre quand nous gouvernerons, parce que nous mettrons vraiment à bas la finance néolibérale, c'est interdire toutes les pratiques prédatrices de la finance. On commence par ça. Par exemple, les LBO, interdiction des LBO. Ce n'est pas un petit truc. Je vous le dis quand même, c'est le principal vecteur de prédation. Quand on dit interdiction des LBO, sachez bien qu'on est déjà dans la destruction en règle de la finance néolibérale, premièrement. Deuxièmement, contrôle des investissements étrangers. Par exemple, Atos, la première multinationale numérique de France, française, vient d'être revendue. Alors, sachez quand même que dans le conseil d'administration, il n'y a pas longtemps, il y avait Edouard Philippe. Avant, c'était Thierry Breton, le PDG, tout ça. Ça vient d'être revendu à ces créanciers et à des fonds spéculateurs spéculatifs étrangers. Donc, notre première entreprise numérique ne dépend plus que de fonds spéculatifs étrangers est en train de couler. Donc il y a besoin aussi de restaurer la souveraineté industrielle et numérique de la France. Et ça commence par un contrôle des capitaux et un contrôle des investissements drastiquement renforcés. Et je vous l'annonce, ça fera partie aussi de ce que nous porterons dans notre niche parlementaire le 29 octobre. Et je finis. Une toute dernière proposition que je n'ai pas le temps aujourd'hui de développer, mais on le fera d'ailleurs avec Frédéric Lordon cet après-midi, si vous venez au grand entretien avec Lordon, que j'aurai avec Frédéric Lordon. Je finis en disant que ça demande de socialiser. Le crédit, ça demande de socialiser l'investissement dans les entreprises. On ne peut pas dire aux fonderies de Bretagne. Désolé, il n'y a rien d'autre à faire que de vous vendre, de vous laisser vous vendre à Alpha Blue Océan et à Pierre Vanineuse, le gangster et le voyou. D'accord, on ne peut pas. Et donc il y a un vrai problème aujourd'hui, c'est comment on finance toutes ces activités, ces entreprises utiles à la France, comment on finance Serba, etc. Comment on prend le relais ? Et là, on ne peut pas faire autrement que de construire un véritable pôle public bancaire, une banque publique des besoins. Voilà. Ça veut dire, et je finis là-dessus, que c'est reprendre les rênes du crédit, reprendre les rênes de la finance. La finance, ce n'est pas un sale mot. D'ailleurs, la finance néolibérale n'est plus une finance. Elle prélève plus qu'elle ne finance aujourd'hui. On y reviendra cet après-midi. Donc il faut prendre le pouvoir sur la finance. Et ça, ça passe par une banque publique des besoins qui n'a absolument rien à voir avec ce qui, évidemment, existe aujourd'hui. Je m'arrête là. Merci pour votre attention. Et je passe maintenant. Alors, David ou Ève, je ne sais pas. On commence par les usines. Alors, on commence par la prédation des usines et puis ensuite, on arrivera à la prédation de la santé par cette finance de l'ombre. Et donc, je passe la parole maintenant à David Blaise, qui est secrétaire général adjoint de la CGT Métallurgie. Merci.
bonjour les camarades. Je suis enchanté d'être ici. Je remercie LFI pour l'invitation. C'est toujours un privilège de débattre avec les partis politiques progressistes. Je précise bien les partis progressistes. Je n'irai jamais débattre avec des libéraux ou avec Rassemblement national, bien évidemment. Alors Aurélie a emmené beaucoup de choses dans son intervention, notamment elle a cité l'effondrie de Bretagne, la cité de Novasco. Et je citerai aussi au delà des fonds prédateurs ou des fonds vautours, comme l'a précisé Aurélie. Il y a aussi la responsabilité des grands groupes du CAC 40, parce qu'aujourd'hui, c'est les premiers responsables du pillage de notre industrie en France. Je vais rappeler quelques chiffres. En 40 ans, la part de l'emploi industriel en France est passée de 26% à 11%. Plus d'un million d'emplois industriels a disparu depuis 1990. L'industrie ne pèse plus que 13% dans le PIB. Alors, il va peut être me confirmer, mais qu'en 1970, c'était au delà de 22%. Donc voilà, on voit bien, on a perdu. On a perdu beaucoup en dépeçant nos usines. Alors, on les dépeçant par ces fonds prédateurs, mais on les dépeçant aussi par ces grands groupes qui délocalisent pour aller faire toujours plus de chiffres à l'étranger. pour notamment ce qu'ils appellent quotidiennement le coût du travail. Juste rappeler qu'aujourd'hui, ce n'est pas le coût du travail qui coûte cher, c'est le coût du capital. Donc la vraie bataille qu'on doit mener, la vraie bataille qu'on doit mener. C'est gagner la bataille des idées aujourd'hui dans nos usines, politiquement, sur le coût du capital. Tant qu'on ne s'attaquera pas au capital et à cette finance, la bataille, on ne la gagnera pas. Il faut faire changer. La peur ne doit plus être du même côté. La peur, elle doit être du côté du patron, puis du côté des ouvriers, des travailleurs. Sur Fonderie de Bretagne, Aurélie l'a rappelé. Moi, je le dis, les premiers responsables, les premiers responsables de ce qui est arrivé au Fonderie de Bretagne, c'est le groupe Renault. Parce que historiquement, historiquement, les Fonderie de Bretagne étaient, on appelait SBFM, Fonderie de Bretagne. Ils étaient sous la coupe de Renault. Renault s'est désengagé complètement. leur ont enlevé tous les carnets de commandes et se retrouvent en difficulté depuis plusieurs années. C'est les premiers responsables, c'est ces groupes là, c'est des Stellantis, c'est des ArcelorMittal, c'est des Renault, c'est tous ces groupes du CAC 40 qui sont les premiers responsables de la situation industrielle en France. Voilà ce que je dis. Alors pourquoi ces usines aujourd'hui sont sous la coupe de ces fonds voraces ? C'est que, alors, il y a une chose essentielle, c'est ces entreprises qui se retrouvent en redressement. Il y a la question des tribunaux de commerce. Nous, ce qu'on dit à la CGT, il faut une véritable réforme de ces tribunaux de commerce. Parce qu'aujourd'hui, je vais vous prendre un exemple. Fonderie de Bretagne placée en redressement judiciaire, c'est deux mois pour retrouver un repreneur. C'est impossible. Quand on veut un repreneur, il faut un véritable plan industriel, montage financier. Donc la plupart des industriels n'ont pas le temps de le faire. Les périodes d'observation sont beaucoup trop courtes. Donc nous, ce qu'on dit à la CGT, c'est réformer ces tribunaux de commerce en intégrant les représentants du personnel dans les décisions des tribunaux de commerce. Parce qu'aujourd'hui, on est en face de personnes, de juges. qui prennent des décisions qui n'ont aucune connaissance sur l'industrie. La seule chose qu'ils font, c'est qu'ils regardent uniquement la partie finance. Et voilà pourquoi on se retrouve aujourd'hui avec des europlasmas qui reprennent des fonderies de Bretagne, qui reprennent Val d'une, qui reprennent les forges de Tarbes et qui mettent en difficulté les travailleurs et leurs familles. Donc nous, là dessus. On essaye aussi de communiquer beaucoup aux travailleurs et on a besoin des partis politiques aussi pour porter ce que portent les syndicalistes. On n'y arrivera pas tout seul. Nous, on mène la bataille dans les usines, on crée le rapport de force, on gagne la bataille des idées, mais derrière les lois, c'est les politiques. Comme le fait Aurélie, comme Aurélie l'a fait avec nous chez ArcelorMittal sur la question de la nationalisation. D'ailleurs, je remercie Aurélie. Je remercie aussi... Les députés, les députés du parti communiste qui ont fait aussi un gros travail avec la France insoumise sur cette question de la nationalisation. Et si on arrivait à voter en deuxième lecture ce projet de loi, c'est qu'il y a eu un travail croisé entre les syndicats et les partis politiques. Et ça, c'est indispensable. Je voulais, je voulais venir aussi. Je vais rajouter aussi sur les fonderies de Bretagne qu'Europlacement a repris les fonderies de Bretagne. Ils étaient sur une activité militaire, la production d'obus. Aujourd'hui, il n'y a aucun obus qui est sorti des fonderies de Bretagne. Alors pourquoi ? Parce que ces entreprises-là, quand elles rachètent les boîtes en difficulté, font la promesse d'investissement, d'investissement qui n'arrive jamais. Aujourd'hui, les fonderies de Bretagne ont besoin d'investissement pour produire. Tant qu'ils n'auront pas ces investissements de ces fonds prédateurs, qui, bien sûr, sont accompagnés par le gouvernement de Macron depuis des années. Donc ça, c'est un réel problème. Il faut revoir notre politique industrielle dans sa globalité. Même chose, Novasco. Aurélie l'a cité. Novasco a été repris par un groupe qui s'appelle Grébul, fonds de pension britannique. Au départ, il était conclu avec l'État. L'Etat finance 75 millions d'euros d'aides publiques et Grébul s'était engagé à poser sur la table 90 millions d'euros. Malheureusement, Grébul n'a versé que 1,5 million d'euros, ce qui a mis en difficulté, ce qui a mis en difficulté, évidemment, l'entreprise, alors que c'est une entreprise avec avec une entreprise totalement décarbonée. Alors, on le dit, aujourd'hui, on veut une industrie décarbonée. Quand on a une industrie décarbonée, on la ferme, on ne la protège pas. Donc, Novasco aurait dû nationaliser. C'est un secteur stratégique. C'est des aciers stratégiques. On aurait dû nationaliser. Et aujourd'hui, le ministre de l'Industrie que j'ai rencontré, la seule chose qu'il fait, c'est maintenant porter plainte contre Grébul. C'est quoi cette histoire ? C'est avant qu'il fallait réagir. Depuis des années, nous on le dit à la CGT, on veut des commissions de suivi quand il y a des reprises d'entreprises. Et que nous, les syndicalistes, on a un droit de veto sur les stratégies de ces entreprises. Tant qu'on n'aura pas ce droit de veto, on ne fera rien. Et tout ça, ça ne peut passer que par le législatif. A la CGT métallurgie et à la CGT dans sa globalité, je vous l'ai dit, on a plusieurs propositions. On a une première proposition qui s'appelle la loi donneur d'ordre sous-traitant. Je vous l'ai dit avant, les grands groupes sont responsables de ce qui se passe aujourd'hui dans le pays. Puisque la sous-traitance, je vous le rappelle, dans l'industrie, ça représente 90%. Les grands groupes, c'est que 10%. Donc nous, on a écrit un projet de loi qui s'appelle donneur d'ordre sous-traitant. Donc on va essayer de faire porter par une loi partisane. Donc il nous manque quelques signatures du côté de la majorité. Donc là, on se bat aussi pour gagner ce projet de loi. Et ça, c'est un projet de loi. Alors c'est pas la recette magique, mais ça va protéger notre sous-traitance parce qu'aujourd'hui, la sous-traitance, elle est très importante dans le pays, notamment dans la filière automobile qui est fracassée par des décisions aussi politiques de passer à tout électrique. Sur on a une autre proposition aussi, c'est de renforcer le pouvoir des représentants du personnel. Je vous l'ai dit par des droits de veto, par des expertises, puisqu'il y a eu des lois qui sont passées aussi ou maintenant sur les expertises en CSE. On est limité. Donc ça, on veut une loi vraiment qui protège aussi les salariés par ses droits de veto, ses expertises. Et ensuite, comme je vous l'ai dit. On le dit à la CGT, il faut absolument nationaliser les secteurs stratégiques. Il faut nationaliser les secteurs stratégiques. Je vais parler, je vais peut-être dériver Aurélie, désolé, mais je vais parler quand même d'ArcelorMittal parce que ça me tient quand même à cœur. Je suis salarié d'ArcelorMittal depuis 28 ans, donc je connais très bien l'entreprise. Mittal, arrivé en 2006, on était 30 000 salariés. Aujourd'hui, on est 15 000 salariés. Donc vous voyez le dégât qu'il a fait, d'accord, en faisant tous les ans de plus en plus de bénéfices, en augmentant des rachats d'actions, en augmentant les dividendes. Donc il faut absolument, la sidérurgie c'est un secteur stratégique pour le pays, c'est un secteur stratégique pour l'Europe. Il faut reprendre la main sur ces secteurs stratégiques. Sinon, on va être dépendant des autres pays. Et comme vous le savez, les camarades, vu la situation géopolitique qu'on vit aujourd'hui avec ces affreuses guerres dans tout le monde, on va être dépendant d'autres pays et on n'aura plus d'acier en France pour toutes nos filières avales, pour les alimenter en production. Donc ça, c'est indispensable. Le combat, on va continuer à le mener à la CGT. On va le continuer à mener avec... les communistes et la France insoumise. Et je vous dis, le combat, on va le gagner. On va le gagner avec le rapport de force avec tous les salariés. Merci à vous.
vais me présenter. Oui, bonjour. Donc moi, je suis Ève Rescanière. Je suis secrétaire générale de la fédération CFDT santé sociaux et je suis infirmière de profession. Alors vous allez vous dire, peut-être beaucoup se posent la question, mais qu'est-ce que fait la CFDT chez LFI ? Nous, les sociotraîtres, comme on m'a dit tout à l'heure. Alors, c'est parce que vous ne connaissez pas la CFDT, parce que si vous lisez les textes de la CFDT santé sociaux, il y a une grande similitude avec le programme de LFI et notamment sur le juste soin, sur la transition écologique et surtout sur l'utilisation de l'argent public. Et c'est à ce titre là. que je suis là aussi, puisque nous avons beaucoup travaillé avec, notamment Aurélie, pardon, je vais essayer de parler plus fort, notamment Aurélie sur la question de la financiarisation. En donnant un angle particulier à son rapport. Donc maintenant, le Parlement, il a documenté, il appartient de légiférer. Et c'est aussi pourquoi la deuxième raison pour laquelle je me trouve ici. Il y a quand même maintenant trois travaux convergents qui sont ceux du Sénat de 2024, de l'IGAS, de l'IGF en 2025. et du Parlement en 2026 au travers de la commission d'enquête. Ce sont trois travaux convergents qui, maintenant, doivent trouver une traduction législative parce que maintenant, on sait et qu'il faut le traduire, cette lutte contre la financiarisation, dans le PLFSS 2027. Voilà. Et donc, nous, on a travaillé, on aura des amendements à proposer. On en a proposé l'année dernière aussi, qui avaient été repris, mais qui ne sont pas passés à l'élection. Mais on aura des amendements à proposer sur cette lutte contre la financiarisation de la santé. Alors, je vais commencer par une citation de Thomas Fatom, qui est le directeur de l'ACNAM, de la Caisse nationale d'assurance maladie, pour vous expliquer ce que c'est. La financiarisation de la santé, c'est la prise de contrôle d'une offre de soins originellement détenue par les professionnels de santé par des acteurs financiers. Et au travers de mon expérience personnelle d'infirmière, je vais vous illustrer ça. Moi, je suis infirmière depuis 1990 et j'ai travaillé pendant 18 ans dans une clinique privée lucrative. départ, elle était détenue par des médecins et des radiologues qui donc détenaient leur activité de soins. À la fin des années 90, l'État... à demander les pouvoirs publics, ont exigé des investissements dans ces établissements-là, à juste titre, pour améliorer la qualité des soins et aussi pour mettre en œuvre certaines normes. Je vous en donne une très simple, la salle de réveil. La salle où vous allez après votre intervention pour vous réveiller a été une nouvelle norme de la fin des années 90 parce qu'il y avait des gens qui faisaient des problèmes en chambre sans surveillance continue. Donc, on a mis voilà. Et donc tout ça, ça a demandé des travaux, des aménagements. Et les médecins, à ce moment-là, ont jugé que ces investissements étaient trop lourds pour leur seule personne. Et donc ont vendu leur clinique à des gens qui savaient faire. à des gens qui savaient faire et qui ont dit au pouvoir public mais nous on sait faire et puis surtout on est plus souple, on est plus rapide, on est capable de mener des changements et on assure une maîtrise économique parce que aussi 1995, le plan Juppé, la Sécu, il faut faire des économies, soigner les gens coûte trop cher. Et donc tout ça arrive avec la volonté des pouvoirs publics. Donc moi, ma clinique a été rachetée par un petit groupe français qui s'appelait à l'époque Medipol Partner. Ça s'est traduit très concrètement par des effets tangibles dans la clinique, compression de la masse salariale, externalisation de la cuisine, du ménage, de la lingerie, enfin tout ce qu'on peut connaître. des mécanismes que l'industrie connaît bien, puisque nous, on a quand même cet avantage, c'est que notre activité n'est pas délocalisable. Mais ça s'est traduit très concrètement pour les salariés par une modification des conditions de travail, une intensification du travail puisqu'on a rationalisé les organisations du travail au plus juste. Et cette rationalisation se poursuit puisqu'aujourd'hui, vous allez vous faire opérer dans une clinique. Vous ne verrez. que 10 minutes, un quart d'heure des soignants. Pour le reste, vous serez seul à vous déshabiller, à mettre votre casier. Vous serez dans un vestiaire de piscine pour pouvoir vous faire opérer. Vous allez mettre vos affaires dans un panier à clés. Vous allez aller au bloc à pied parce que les mains dans les brancards, c'est plus la peine. On n'en a plus besoin. Voilà, tout ce sens et cette rationalisation, elle continue. Et puis, 2000, on a été racheté par Elsan, un peu plus de 2000, 2005. Donc là, on est passé à un niveau supérieur, un groupe international. Et là, avec des fonds, alors Medipol Parner était financé avec des fonds de pension américains et canadiens. On pouvait déjà se poser la question du fait que la sécurité sociale, que l'argent des cotisations sociales permettent à des retraités canadiens ou américains de se dorer la pilule sur une plage. On pouvait déjà se poser la question. Mais là, on est passé à un niveau supérieur avec des fonds. et des fonds prédateurs et dont on ne sait pas d'où ils viennent. On peut même se dire qu'on pourrait avoir de l'argent sale dans ces fonds et c'est l'objet aussi de nos prochains travaux. Voilà, donc c'est pour vous expliquer un petit peu comment ça a dérivé tout ça avec l'accord des pouvoirs publics qui se sont dit, oui, ça coûte moins cher de soigner les gens dans le privé lucratif. Donc, allons-y. Et pendant ce temps, on pressurise l'hôpital, bien sûr. Et tout ça, il faut savoir quand même qu'une clinique et notamment, nous, on a travaillé beaucoup sur le groupe Ramsey à 90%. et financée par l'argent de la sécurité sociale. Donc on est vraiment sur la prédation de l'argent public. Et puis donc c'est monté un mécanisme avec ces fonds prédateurs, et je vais vous l'illustrer toujours avec Ramsey. Ramsey, c'est 288 sociétés. Seules 178 produisent des soins et les 110 autres, elles vivent de l'activité des soins. Et notamment à travers les loyers, vous êtes une clinique, vous vendez votre clinique, vous vendez aussi votre bien immobilier, donc vous vendez vos murs. Vous ne changez pas d'activité, mais vous vous retrouvez à payer un loyer pour une chose qui est à vous au départ. Et Ramsey, en 2023, c'est 250 millions de loyers que les cliniques ont versés au groupe Ramsey et qui partent dans des SCI. Alors, je ne vais pas vous expliquer aujourd'hui ce que c'est des SCI, mais il n'y a pas d'impôt sur les sociétés. Et on n'est pas obligé de déposer les comptes. Vous avez compris ? Après, je vous explique. Et si on met ça à l'échelle nationale pour le secteur privé, c'est 2,5 milliards d'euros en 2023 qui seraient partis dans des loyers. Et ça représente le salaire de 82 000 infirmières. Voilà ce qui se passe aujourd'hui et comment ils arrivent à détourner l'argent public. Ça, c'est un exemple. C'est immeuble. Et puis, il y a un autre mécanisme. Ça s'appelle la centrale d'achat. Donc, c'est pareil. Ramsey a sa propre centrale d'achat qui n'a pas de stock et qui vend aux cliniques le matériel. Voilà donc encore un moyen de faire des profits. C'est une filiale de Ramsey et bien sûr, quand vous êtes une clinique, vous êtes obligé d'acheter le matériel de cette centrale d'achat, ce qui pose aussi un problème d'éthique puisque les médecins n'ont pas le libre choix du matériel. Ils doivent uniquement passer par du matériel qui est vendu par cette centrale d'achat. Donc, voilà un peu comment ils arrivent à faire le profit qu'ils génèrent. un dernier chiffre pour vous illustrer. Orpea, en son temps glorieux, avait versé des dividendes à ses actionnaires sur trois ans, sur trois exercices qui représentent 2321 années de SMIC. Donc, on n'est pas sur des petits profits. Et là, on est en train de chercher parce qu'il y a eu un engagement pendant toute la période Covid de ne pas verser de dividendes à des actionnaires. Alors oui, les groupes ont joué le jeu, sauf que depuis, ils ont fait des provisions. Voilà. Et donc, ils ont fait des reprises sur provision les années d'après, puisqu'ils ont été. bénéficiaires. Et donc maintenant, ils sont en train de se redistribuer tout cet argent-là. Quoi qu'il en coûte, eux, ils ne savent pas ce que c'est. Voilà. Donc, c'est un peu ça. Et on parle beaucoup des cliniques privées et des EHPAD. Mais aujourd'hui, tout le secteur est touché. Aurélie l'a dit, c'est les laboratoires. Aujourd'hui, vous n'avez pas d'autre choix. que de vous faire faire votre prise de sang dans un laboratoire privé. L'offre publique n'existe plus. Elle n'existe plus. Donc, ils ont le monopole. La petite enfance, les micro crèches, là aussi spéculation immobilière. L'État a donné, les CAF ont donné aux opérateurs privés lucratifs des conditions favorables pour acheter de l'immobilier. Ils ont fait deux années d'activité de crèche. Qu'est ce qu'ils ont fait? Ils ont arrêté l'activité et ils ont loué les locaux à d'autres gens. Et c'est là qu'ils se font leur beurre. Les maisons de santé, la radiologie, la pharmacie. Je parle même pas du secteur de la dialyse. Puisque là, on a carrément des labos pharmaceutiques comme Fresenius, qui au départ faisait du matériel de dialyse, qui maintenant a monté ses propres centres de dialyse, ce qui fait qu'il se vend son propre matériel. Les soins dentaires, il y a eu plusieurs scandales. Alors là, on est revenu un petit peu en arrière, mais il y a quand même plusieurs scandales. Bref, la même mise d'acteurs privés sur toute la chaîne de soins. Et c'est ce qu'ils veulent faire. Maintenant, les EHPAD, qu'est ce qu'ils font? Ils achètent du soin, du service à la personne. Comme ça, ils captent le patient au plus près. Il vous propose toute la chaîne de soins. On est sur des mains mises, sur tout. Aurélie l'a dit, vous avez toujours besoin. La crèche, le soin à domicile. Donc, c'est un petit peu le tableau que je vous plante. Mais il y a de l'espoir parce qu'on a mis à jour tout ça. On n'est plus seul à travailler là dedans. On a des acteurs à côté de nous et des acteurs importants et influents qui peuvent agir là dessus. Il faut aussi et nous, on a aussi cette part là qu'on veut travailler. Il faut qu'en tant que citoyen, on a quelque chose à dire. sur notre santé, sur cette santé que l'on finance avec nos cotisations sociales. Donc on va avoir des propositions aussi sur les dépassements d'honoraires, parce que le citoyen qui se fait soigner... Il a quelque chose à dire sur la façon dont il se fait soigner, où il se fait soigner et qu'est ce que le système lui apporte. Vous avez quelque chose à dire là dessus. Vous avez voilà, c'est important de reprendre les rênes du système de la santé parce qu'on est en train de les perdre. On est en train de les perdre ces reines là et on peut facilement les retrouver. Il suffit de légiférer intelligemment. D'autres pays européens l'ont fait. Ils l'ont fait avec beaucoup de pertinence et il n'appartient qu'à nous maintenant de mettre à profit tout ça.
Merci beaucoup. Merci beaucoup. J'en profite pour dire d'abord que la CFDT, santé sociaux, tout comme d'ailleurs la CGC, la CGT et donc un certain des syndicats ont eu un apport absolument décisif dans cette commission d'enquête. Je le dis aussi, il y a des salariés qui sont venus témoigner avec des menaces sur le dos. Je pense par exemple au sein à ceux des fonderies de Bretagne. Il y en a même les forges de Tarbes. Je vois José qui est là. Tu pourras peut-être prendre la parole tout à l'heure. Toi, tu n'es pas venu témoigner. Il y a une Monique Frétier qui est venue, qui est maintenant licenciée par... qui est au tribunal, pardon, le 7 décembre. Il faut savoir que ces fonds prédateurs, par ailleurs, ils ne prospèrent que parce qu'aussi ils ont toute une politique d'intimidation extrêmement brutale envers les salariés. Et il y a un certain nombre de salariés qui, avec beaucoup de courage, sont venus témoigner dans cette commission d'enquête. Donc déjà, merci à eux. Je finis en disant que nous, on est heureux que dans ces amphis, dans ces universités d'été de la France insoumise, on ait des grands responsables nationaux de différents syndicats, de la CGT, de la CFDT, il y a la CFECGC qui va intervenir aussi, de Solidaires, de FSU, etc. Moi, je vais vous dire une chose. Vous l'avez dit, on travaille ensemble, chacun dans son rôle. Évidemment, vous êtes autonome. On l'est. Mais ce qui est sûr, c'est que nous, on a besoin de syndicats forts pour arriver au pouvoir. On a besoin de lutte sociale. Et même une fois au pouvoir, on aura besoin de lutte sociale et de syndicats forts. Et on ne mettra en œuvre une politique de rupture, de gauche de rupture. face à la finance néolibérale, que si justement il y a des syndicats forts et des luttes sociales d'ampleur dans ce pays. Donc merci à vous aussi d'être présents et puis de vous battre tous les jours. Et je sais, on sait très bien, et je pense qu'il y en a beaucoup d'entre vous ici qui sont aussi syndicalistes en même temps que militants de la France insoumise. On sait ce que c'est, par exemple, de faire une grève. On sait ce que ça coûte. On sait ce que c'est d'être un travailleur en lutte. Voilà, pour vous dire en tout cas que... Pour nous, les syndicats sont vraiment des alliés, des partenaires, avec le respect de l'autonomie, évidemment, de chacun. Merci à vous. Et je passe maintenant la parole à Mathias Tepo, qui est un des rares journalistes qui a énormément travaillé et écrit sur ses fonds prédateurs. Je te passe la parole, Mathias.
Bonjour. Merci beaucoup de nous inviter. Parce que c'est toujours bien de parler de son travail journalistique. Vous m'entendez là ? Vous m'entendez, oui. Merci beaucoup de nous inviter. C'est toujours bien de parler de son travail de journaliste en public. C'est important aussi, pas que passer par l'écrit. D'abord, je vais compléter un peu ce qui s'est dit en accent vraiment sur les fonds d'investissement pour que vous compreniez un peu la mainmise qu'ils ont sur l'économie française au sens global aujourd'hui. C'est un phénomène qui date d'autour de 2015, pour trois grandes raisons. Il y a d'abord le fait que l'argent ne coûtait pas cher à l'époque, c'était les taux zéro. Les montages avec beaucoup de dettes que proposent ces fonds-là, mécaniquement, ça a attiré pas mal d'entreprises. Vous avez eu une politique très volontariste de Macron. qui, en fait, en gros, notamment par la loi Macron de 2015, la loi PAC de 2019 et la loi Industrie vert de 2023, qui sont des lois très caractéristiques de la Macronie, c'est-à-dire c'est des lois un peu fourre-tout, mais qui mettent beaucoup de mesures en place pour favoriser la financiarisation de l'économie. En gros, très concrètement, on a donné dans la loi Macron 2015 l'opportunité d'investir dans les fonds d'investissement via l'assurance vie. En 2019, via ce qu'ils ont créé, le PER, le plan épargne retraite, et aussi en maximisant avec l'assurance-vie, ils ont remis une couche en 2019. A chaque fois, ils proposent une part de plus en plus élevée, si vous avez pour le coup de l'assurance-vie ou du PER, dans ces fonds-là, pour qu'évidemment, ces fonds puissent accroître leur mise sur l'économie. Évidemment, sans surprise, je démarre direct là-dessus, parce que c'est un sujet quand même politique. Ces fonds-là poussent pour une réforme des retraites massive, la capitalisation du système des retraites en 2027. C'est déjà dans leur programme qu'ils ont publié en juin 2026. Et dedans, dans la capitalisation, ils veulent qu'il y ait une part énorme de ces cotisations. C'est près de 300 milliards d'euros de cotisations dans le système par répartition. Ils veulent capter une partie de ces cotisations pour faire leur montage. avec beaucoup de dettes. Juste pour ça. Il y a un troisième point évidemment qui est important au-delà des lois Macron, c'est évidemment le rôle de la BPI, mais qui est un peu d'une certaine manière une loi Macron en tant que telle. C'est le bras armé financier de l'État, à la fois pour financer les startups, ça ils le disent depuis le début, mais surtout pour créer un écosystème de fonds d'investissement privés avec, je vais revenir sur quelques exemples ensuite, parfois des dégâts et on se pose la question de ce que fait la BPI sur certains dossiers. Donc, tout ça fait que... Pardon. Ça va ! Et du coup, ça fait quoi en termes de chiffres ? Ça, c'est que la France, par exemple, c'est le pays, après évidemment l'Angleterre et les États-Unis, le plus ciblé par ces fonds-là depuis 2015. Notamment, vous avez deux fois plus d'opérations de fonds d'investissement à effet de levier en France qu'en Allemagne, par exemple, depuis 10 ans. C'est pas rien, quoi. Donc, voilà. Donc, quel secteur ils attaquent ? Alors déjà, peut être juste pour vous dire rapidement, Aurélie l'a expliqué, c'est quoi leur montage financier à ces fonds là ? Peut être d'abord même comment ils s'appellent ? En gros, les Américains, c'est Blackstone, KKR, Apollo, Carlisle. Vous avez des Anglais, ça s'appelle Sinven, ça s'appelle CVC. Et vous avez des Français qui s'appellent Ardian, qui vont s'appeler, il y a Eurasio un peu, qui est un peu à la limite, PAI, TKO, etc. Et vous avez un Suédois connu qu'Aurélie a cité, qui est très important en France, qui s'appelle EQT, on dit EQT. Donc voilà, ces fonds-là s'appellent comme ça. Quel est leur montage ? C'est intéressant, je vais essayer de faire un truc. Pédago, je ne sais pas si je ne vais pas me foirer, mais juste pour vous expliquer. En gros, très concrètement, quand ces fonds-là reprennent une boîte qui vaut 100, ils vont mettre 50 de capital, 50 de dettes. Le capital, ce n'est pas leur argent à eux. Ils vont aller le chercher auprès de fonds de pension, d'assureurs ou de grandes fortunes, type Bernard Arnault. Et c'est à eux qu'ils vont donner un rendement énorme. Les 50% restant de dettes, ils vont le lever auprès de banques et d'autres fonds comme eux. Mais en fait, durant la durée de détention de l'entreprise, en général entre 3 et 6 ans, Ils vont pressuriser l'entreprise pour rembourser ses 52 dettes. Pourquoi ils font ça ? Parce qu'en fait si au bout de cinq ans vous avez remboursé la dette, imaginons la boîte elle vaut toujours 100, vous avez doublé votre remise parce que la mise de base elle est de 50. Imaginons si vous avez bien remboursé la dette en général en cas de cinq ans c'est que la boîte marche bien parce que du coup elle crache beaucoup de pognon et en fait en général elle a augmenté de valeur donc si elle vaut 200, vous avez fait x4 sur votre mise et ainsi de suite. Donc c'est ça leur modèle. Pourquoi je vous explique ça ? Parce que même si des fois vous allez avoir des gens qui vont vous dire oui mais ça marche, ça finance quand même l'économie. De manière systémique, ce montage est dangereux financièrement pour l'entreprise puisqu'elle surendette l'entreprise et elle pressurise, elle prélève une partie énorme des résultats de l'entreprise pour rembourser cette dette plutôt que d'augmenter les salariés, réinvestir dans l'outil productif, etc. Et même faire face à une concurrence naissante. On l'a vu par exemple dans un secteur qui est mort aujourd'hui, entre guillemets, c'est les enseignes de prêt-à-porter qui étaient moyens de gamme au début des années 2000. Donc les camailleux, Kukai, Nafnaf, tout ça, vous en avez des tonnes. qui étaient sous LBO, donc sous les fonds d'investissement, ce que je vous ai expliqué, c'est ce qu'on appelle le LBO, et qui se sont fait écraser parce qu'elles n'ont pas pu répondre à l'arrivée de Zara, H&M, Uniqlo et maintenant Ishii Intemu, parce qu'en fait, à ce moment-là, où Zara H&M arrive sur le marché, ils sont sous fonds d'investissement et les fonds d'investissement, ils ponctionnent tous leurs résultats, toute leur trésorerie pour se payer des dividendes et pour réaliser une culbute in fine et pour rembourser la dette. Donc ils n'ont rien pu faire face à ça, si vous voulez. Et ces boîtes-là, depuis Périclite, la dernière qui a en grande difficulté, c'est IKKS. Moi, quand j'étais ado, il y en IKKS, ça m'a fait mal au cœur de voir ça. Mais il y en a plein, des boîtes comme ça. Et en fait, j'en viens, c'est une bonne transition par ailleurs, je ne l'ai pas fait exprès, mais en gros, ils ont deux types de secteurs à mon sens. Alors, ils ont plein de types de secteurs qu'ils investissent, mais il y a deux types de mentalités. Il y a la mentalité des loisirs et de la consommation populaire. où ils vont savoir que de toute façon, vous, en tant que consommateur, vous allez consommer les produits de ces entreprises ou les services, ou en les payant cher, ou tout simplement parce que c'est de la subsistance, par exemple, les supermarchés. Et en les payant cher, ça va être par exemple, ils ont repris toutes les cliniques vétérinaires. Vous avez une incroyable concentration et ils investissent massivement. Vous avez des super machines, des IRM pour les chats, etc. Vous pouvez payer jusqu'à 30 000 balles votre truc. Parce qu'il y a des gens qui sont prêts à payer énormément, si vous voulez, pour ça. Donc en fait, les fonds se positionnent là-dessus. Puisqu'évidemment, c'est des mannes importantes pour eux pour pouvoir réaliser leur culbute comme ils veulent le faire. Donc vous avez ça. Et vous avez effectivement tout ce qui est commerce, vous avez pas mal dans la grande distribution, par exemple Grandfrais, Picard, vous avez Action en termes de, c'est pas que de l'alimentaire. Le Boncoin si vous voulez aussi, mais bon ça c'est du e-commerce. Et puis vous avez plein de marques dans les rayons, Saint-Hubert, Panzani, Pompott, Mousseline, tout ça. Donc tout ça c'est sous ces fonds-là. En général c'est des marques qui marchent bien, donc ça se voit pas trop, ce que je vous ai cité, les montages, parce que les boîtes sont en difficulté, mais ça se voit pas parce qu'elles continuent à cracher du pognon. Donc en général c'est un peu sous le tapis. Vous avez aussi le foot, par exemple, ils ont pris le championnat de France de foot, tout le monde est prêt à payer son abonnement pour le foot, etc. Donc là, ils sont à fond là-dedans. Donc vous avez cette partie-là. Et puis vous avez aussi un peu des musées, mais c'est quand même plus embryonnaire. Et après, vous avez l'autre pan qui est immense, celui-là, et qui a été très bien évoqué par tous les intervenants jusqu'ici. que sont les secteurs qui ont été récemment privatisés et qui sont toujours énormément subventionnés à l'argent public. Donc évidemment, les crèches, c'est très important, les crèches, parce que c'est mis en concurrent. En gros, la mise en concurrence, elle date du début des années 2000. Vous avez quatre gros groupes qui font un quart des places de crèche en France, qui est quand même encore public, associatif, etc. Mais vous avez quand même un quart des places de crèche qui sont privées. Et c'est sur ce quart des places de crèche, vous avez quatre groupes qui ont 75%, qui ont les trois quarts. Et ces quatre groupes-là, c'est Babylou, People and Baby, Maison Bleue, Les Petits Charpeaux en Rouge, ils sont tous sous fond. Et ils sont tous en difficulté financière parce que les fonds ont fonctionné. Et là, ça ne rigole plus. C'est-à-dire que vous avez eu le problème du bébé mort empoisonné en 2022 chez People and Baby. Vous avez eu le scandale en 2023 où, je ne sais plus dans lequel de ces quatre groupes c'est, le fonds pour faire remonter le maximum d'argent demande aux directions des crèches de rationaliser le nombre de repas. Et du coup, il y a eu des pénuries de repas pour les bébés à des moments. Évidemment, les EHPAD, il y a la crèche. Il y a un truc qui est très important, c'est ce qu'on appelle l'enseignement supérieur privé. Vous sortez toutes les formations d'élite, les HEC, tout ça, ils ne sont pas dedans, ils vivent en huis clos, ils n'en veulent pas. Mais tout ce qui est, d'une certaine manière, les études d'enseignement supérieur. payantes, accessibles, entre guillemets, aux classes moyennes et populaires, ça a été repris par des fonds. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu les aides à l'apprentissage de Macron qui ont été massives. Et notamment, vous avez le groupe principal qui s'appelle Galileo, qui a plein d'écoles. Eux, ils ont carrément participé à l'élaboration de la loi en 2018, qui a augmenté les soutiens publics à l'apprentissage. Et derrière, les fonds, Galileo est sous fonds, mais aussi les concurrents de Galileo, ils sont tous sous fonds aussi, pareil. Et eux, ils ont ponctionné tout l'argent. Tout l'argent, pardon. Et depuis que les aides à l'apprentissage baissent, ça se casse la figure, tout simplement. Par ailleurs, je tiens à un petit côté, petite anecdote pantouflage. C'était Muriel Pénicaud, qui était ministre du travail, qui a fait les lois sur l'apprentissage très proche du patron de Galiléo, qui était pote de Macron. Et en 2022, elle a été embauchée au camp de l'administration de Galiléo.
Par
ailleurs, elle est aussi conseillère d'un fonds d'investissement qui s'appelle Bain Capital. Elle a pas mal de casquettes. Vous avez ça et vous avez aussi d'autres sujets très importants. D'autres sujets très importants qui sont les sujets qui ont trait à la souveraineté ou aux infrastructures. On a cité quelques-uns, il y a l'eau avec sort, mais vous avez aussi les télécommunications avec une boîte qui était très méconnue, qui faisait de la fibre optique, qui s'est fait massacrer par des fonds en seulement 5 ans, qui s'appelle NetSeed, qui était un fournisseur aussi de numéricables. Ils ont aussi subi le bordel de Patrick Drahi. Dans l'absolu, ça montre aussi que quand vous mettez trop de dettes, vous ne pouvez pas faire face à des problèmes conjoncturels, puisqu'en fait, vous ne pouvez pas répondre à ça. Alors moi, il y a un secteur que j'aime bien qui arrive, c'est la mise en concurrence de la SNCF. Là, c'est un gros fonds en tant qu'en tant qu'infrastructure partners, qui rigole pas, qui était celui qui avait embauché Nathalie Cossus-Comorisé entre 2021 et 2025. et dont le patron est un type qui s'était barré en 1981, parce que c'est pour ça qu'il y avait des charges soviétiques qui arrivaient en France, et qui aujourd'hui est content de mettre en concurrence la SNCF. Évidemment, on a tous marre de payer une blinde quand on prend le train, mais ce n'est pas pour autant qu'on doit accepter la mise en concurrence, parce que les Anglais en sont revenus, si vous voulez. sur l'eau je dis un truc un truc important aussi sur l'eau les anglais ils ont financiarisé massivement leur compagnie des eaux principales qui s'appelle times water times comme la tamise thames qui je pense il ya 16 millions de personnes qui sont qui déversent enfin voilà 16 millions de personnes et en fait c'est les fonds ont tellement pressurisé qu'à la fin ils n'entraînaient plus du tout les infrastructures donc il y avait excusez moi des matières fécales dans la tamise et aussi dans les villages qui étaient desservis donc voilà c'est aussi ça quand vous régulez pas du tout un secteur, ou quand vous le dérégulez comme le fait le pouvoir politique depuis 10-15 ans, c'est ce qui peut arriver à terme. Donc voilà. Si, dernière anecdote qui est quand même pas mal, la pharmacie, c'est très important. Aurélie a cité Biogarant. Il y a aussi évidemment eu Opela qui fait les Doliprane, qui est repris par un fonds américain en 2024. Biogarant par un fonds britannique. Et un truc pas mal que j'ai découvert, parce que j'ai écrit un bouquin sur ce sujet, je suis un peu à fond. Et un truc pas mal, c'est que, je ne sais pas si vous vous souvenez, Macron en 2020. Entre les deux premières vagues de Covid, il dit, c'est la première fois qu'il faisait un discours comme ça, un peu protectionniste, autosuffisant. Il dit, là maintenant, on va renationaliser, relocaliser le paracétamol, la fabrication de paracétamol en France. Un an plus tard, il bosse, il y a une usine qui doit faire ça, c'est l'usine de séquence à Roussillon dans l'Isère. Le groupe, c'est Séquence. Et la BPI rentre dedans pour accompagner. Sauf qu'au même moment, c'est dans la même opération, c'est repris par un fonds d'investissement américain qui s'appelle SK Capital, qui est vendu par un fonds d'investissement français d'ailleurs qui s'appelait Eurasio. Et donc la BPI rentre dedans. Et en fait, il se trouve qu'en fait, Séquence était une boîte totalement exsangue financièrement, qui était à son cinquième LBO. Et du coup, la BPI est allée. Et maintenant, cette boîte est beaucoup trop endettée. Elle a été obligée de fermer son usine à Villeneuve-Saint-Georges. Elle a aussi vendu des activités importantes à Limoges. Mais cette usine, qui est une sorte d'usine Potem King, pas mal financée par l'État, elle vient d'émerger, donc elle va marcher. Et du coup, elle va fabriquer des principes actifs pour Doliprane. Sauf que la boîte est exsangue financièrement. Donc c'est très étrange ce truc. On arrive six ans plus tard, l'usine arrive, enfin sort de terre. Mais en fait, la finance est passée par là. Je trouve que c'est un sujet assez intéressant. Juste un truc sur le rôle de la BPI qui est très critiqué. Il y a un rapport récent de l'inspection générale de l'enseignement supérieur, Edly Gass, qui a pointé le rôle de la BPI dans les boîtes d'enseignement supérieur en disant qu'en fait, ils ne comprennent pas ce qu'ils font. Ils se comportent comme un fonds d'investissement privé classique. Et c'est un peu la critique récurrente. Je ne vais pas aller plus loin. Je suis désolé, j'ai passé longtemps. Merci.
1, 2. Ça fonctionne ? On va l'utiliser ? Est-ce que ça fonctionne ? Non ? Oui, ça fonctionne ? Vous m'entendez bien, là ? Oui. Alors, avant de passer peut-être la parole pour... Je suis désolée, je pense qu'on devra faire 5 minutes et je vais la donner en priorité, si vous voulez bien. à des représentants de salariés victimes de fonds prédateurs, parce que je vois qu'il y a José qui va peut-être intervenir sur... Alors rapidement, s'il te plaît, José, je suis désolée, sur les forges de table. Je ne sais pas si Didier Chez de Quai-Mouane est déjà là. Je ne sais pas s'il y a Jean-Claude Garcia de la CFECGC qui est là pour Polytechnil. Bref, Didier Chez de la CGT peut-être là aussi. En tout cas, voilà, je vais la donner en priorité si vous voulez bien. On verra si on a le temps de faire plus. salariés victimes de fonds prédateurs qui sont en train de mener la lutte. Simplement, juste un mot pour vous dire qu'on n'a pas évidemment eu le temps de tout dire. Par exemple, je pourrais vous dire que toutes les professions réglementées sont en train d'être bouffées par des fonds prédateurs. Toutes ! Les experts comptables, les commissaires aux comptes, les architectes, les avocats, les médecins. Les dentistes, les cabinets de dentistes, ils sont tous repris petit à petit ou une grande partie par les fonds prédateurs, les ophtalmologistes, les prothésistes dentaires. Ils sont tous venus d'ailleurs témoigner. Les représentants de syndicats, ce n'est pas forcément nos copains. Quand vous avez le représentant syndical des laboratoires d'analyse médicale, ce n'est pas forcément nos partenaires privilégiés à la France Insoumise. Quand ils viennent témoigner dans une commission d'enquête pour vous dire en fait maintenant. Il y a par exemple des actes médicaux qu'on ne fait plus, comme la biopsie du sein, parce que ce n'est plus assez rentable pour les fonds d'investissement. Voilà ce qu'ils sont venus nous raconter quand même. Voilà ce qu'ils sont venus nous raconter. En fait, en six mois de commission d'enquête, on a vu des grosses entreprises les unes après les autres être pillées, saccagées et fermées. C'est le cas de Polytechnique, par exemple, dans la vallée de la chimie. La chimie, c'est une hécatombe. Toute la vallée de la chimie est en train, c'est juste au-dessus, juste en dessous de Lyon. Toute la vallée de la chimie est en train d'être captée par des fonds prédateurs. Toutes les usines, c'est un truc de fou. Et je finis là-dessus, ça va jusqu'à des techniques de prédation dont vous n'avez même pas idée. A Valeo, l'usine d'automobile à côté de Bordeaux, d'accord ? A Valeo, le fonds mutares allemand vient de voler la caisse de retraite des salariés. Pour la faire remonter vers une holding et financer ces autres usines qui vont fermer et donc il n'y aura plus de caisse de retraite. Donc c'est des années de cotisation des salariés qui partent en fumée. C'est pour vous dire...
'est
l'ancienne
usine Ford de Blancfort. C'est
Valor, donc MMTV Bordeaux. C là où était Poutou, exactement. Pour remettre les choses à leur place. Une dernière chose, on va en parler cet après-midi. Il faut bien vous rendre compte, tu l'as dit, Apollo, tout ça, c'est des monstres. Apollo, c'est je crois mille milliards. de gestion d'actifs, donc c'est le PIB d'un petit pays. Donc c'est des monstres, et en fait, ils vont être des acteurs, les principaux acteurs de la crise économique qui vient, à travers ce qu'ils font, c'est-à-dire du private equity et du private credit, mais je n'ai pas le temps de vous en parler là, on reviendra là-dessus de toute façon cet après-midi.
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