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nous accueillons ce matin, Sud Radio vous explique. François Calfon, bonjour. Bonjour. Merci François Calfon d'être en direct sur l'antenne de Sud Radio, député européen du Parti Socialiste. Quel regard vous portez sur ce troisième samedi de manifestation en France ? Il y avait encore beaucoup de monde dans les cortegiaires.
crois qu'on a fait un mouvement social qui change de nature. On est parti d'un mouvement lycéen qui n'a pas été écouté pendant six semaines. Et un peu comme une traînée de poudre, ce mouvement se généralise. Alors oui, il y avait un peu de reflux hier, mais on voit bien que le 5 novembre, il y aura énormément de monde, qu'on aura affaire à une mobilisation interprofessionnelle d'une ampleur inédite. Moi, ce qui me frappe, c'est la montée d'une certaine forme de colère, finalement, un peu hors de contrôle, notamment dans la nouvelle génération.
Vous diriez, François Calfon, que vous faites le distinguo entre les manifestations, les cortèges, la colère légitime des lycéens, mais pas seulement, des Français qui s'inquiètent pour le coup de la vie, et ce phénomène systématique désormais de casseurs qui s'invitent, si je puis dire, en fin de cortège.
Enfin moi je ne le distinguerai pas complètement parce qu'il y a une espèce de volonté d'un mouvement social général qui ressemble un peu à mai 68 en réalité et qui ressemble au gilet jaune, c'est-à-dire qu'il y a une espèce d'exaspération générale, après j'en reviendrai sur la violence, j'ai lu pas, mais d'exaspération générale du pays qui est un peu incroyable et une France silencieuse qui elle n'en peut plus des manifestations, il y a absolument les deux. Tout ça à six mois d'une élection présidentielle, même un peu moins. Donc c'est un pays qui perd ses repères, qui perd sa boussole. Dans la nouvelle génération, il y a comme ça une espèce de... finalement fascination pour la violence et par ailleurs il y a des phénomènes minoritaires mais ultra violents de casseurs.
Nous avions ce matin Rudy Mana, délégué national communication du syndicat UNSA Police, qui évoquait le ras-le-bol des forces de l'ordre également. Il y a là-dedans des salariés, des pères de famille qui protègent la République. Ils ne sont pas des ennemis de la nation. Qu'est-ce que vous dites ce matin de ce qui se produit en fin de cortège ? Ces casseurs, ces pilleurs qui désormais s'expriment partout ?
Je dis qu'il y a aussi un problème de police. D'abord, je condamne les casseurs, bien sûr. Il n'y a même pas l'ombre d'une hésitation me concernant. Mais il y a aussi un petit problème de repérage, d'une certaine manière, de ces groupes d'ultra-gauches extrêmement violents qu'on n'arrive pas à juguler en amont des manifestations. Il y a un petit sujet. Mais plus globalement, on a l'impression d'avoir un pays sans queue ni tête. même pas six mois d'une présidentielle. J'insiste, c'est quand même la première fois qu'on voit ça, dans un contexte international très dégradé, avec des finances publiques qui sont... Voilà, je pense que le pays a perdu une forme de rationalité. François Calfon, comment est-ce
qu'on en sort, François Calfon ? Parce que là, il faudra bien trouver une solution. Là, il y a Noël qui approche. C'est dans cinq mois, c'est long.
Oui, mais je ne vois pas d'autre solution que cela. Et par ailleurs, à chaque fois, le gouvernement semble hésiter et prend les haies avec retard. Donc, prenant les haies avec retard, il y a un effet de cumul et de colère qui s'accumulent. Donc, c'est quand même un peu le problème. Sur la jeunesse, on peut avoir une reprise de feu dès demain, enfin après-demain, oui, demain, avec la rentrée scolaire et les blocages. Qu'est-ce qui
serait à même de calmer la colère des jeunes, selon vous, François Calfon ?
Au grand mot, je pense que le 5 novembre est une solution. C'est-à-dire qu'à un moment donné, ça a toujours été comme ça, une grande journée interprofessionnelle et des négociations qui suivent, j'espère que le gouvernement a prévu de recevoir les centrales syndicales, peut être une solution. Et je pense que ça passe parce qu'en substrat à tout ça, il y a le coût de la vie. Alors certes, on débloque des stocks stratégiques, mais en attendant le litre de gasoil, il y a 2,30€ ou 2,40€, les gens limitent leur déplacement. Il faut une mesure de pouvoir d'achat extrêmement forte. Donc ça se cristallise dans la campagne sur le SMIC. Déjà, il faut peut-être anticiper la hausse du SMIC qui doit avoir lieu traditionnellement au début de l'année 2027 en novembre et donner un coup de pouce. Et puis par ailleurs, mettre en œuvre ce que nous... souhaitions, sur la taxation des super-profits pétroliers. Et là, ce n'est pas un fantasme de gauche de la gauche. Rien qu'en un trimestre total a vu ses bénéfices augmenter jusqu'à 8 milliards d'euros. C'est totalement incroyable. C'est une
revendication très forte à gauche. François Calfon, vous soutenez, j'imagine, la campagne de Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire socialiste ? Nous sommes d'accord ? Oui, absolument. Où est-il, votre candidat ? On ne l'entend pas pendant cette
crise. On n'entend pas beaucoup de candidats, en fait. Je sais bien que... Parce qu'on entend, on surentend M. Mélenchon, on suppose qu'on n'entend pas les autres, mais il était à Trappes avec tous les leaders de la gauche. Donc ça, c'était, je crois, avant-hier. Et hier, il y a la mobilisation que vous connaissiez. Peut-être que vous auriez voulu le voir sur les barricades, je ne sais pas. Et vous l'entendrez la semaine prochaine. Donc je pense que c'est un approche qu'on ne peut pas lui faire.
Vous avez Edouard Philippe ce soir sur TF1 et Raphaël Glucksmann qui a remporté au
lundi. Je ne vais pas travailler, mais dès demain matin, il est matinal. On l'entend, et c'est vendredi, samedi et dimanche, il y a une manifestation, on est dimanche matin 7h40, vous n'avez pas entendu Raphaël Wixman depuis 24h, et vous reprenez l'antienne de la France Insoumise sur le fait qu'on n'entend pas M.
Wixman. Pas du tout, je me posais la question naturellement, sans avoir besoin de recours à qui que ce soit. François Calfont, vous disiez à l'instant, et ce sera la dernière question, Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'il est surreprésenté, est-ce qu'il procède d'une forme de récupération, une tentative de récupération de ce mouvement social ?
mais enfin, comme d'habitude, je ne suis pas choqué par ça. Pourtant, je n'ai pas beaucoup de sympathie pour le personnage. Mais Jean-Luc Mélenchon, plus on le voit, plus finalement il fait part de ses outrances, plus son... plafond de verre descend, parce qu'en réalité, ces scores de premier tour sont conformes à ce qu'ils ont toujours été. Mais par contre, la détestation dont il est l'objet, elle grandit. Donc je pense que c'est le plus mauvais candidat du second tour et qu'au contraire, il faut un candidat à la fois nouveau et qui n'est pas impliqué, c'est ce qui me frappe en politique, puisque c'est notre dernière question qui est politique, qui n'est pas impliqué dans la Macronie, parce que la Macronie va être emportée telle l'eau du bain du bébé. par ce mouvement social d'une ampleur assez singulière.
Et vous nous dites que le 5 novembre, à vos yeux, est une solution. Merci François Calfon, merci d'avoir été en direct ce matin sur Sud Radio. Je rappelle, vous êtes député européen du Parti Socialiste.
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