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Débatteur, Jules Torres, journaliste politique au JDDS, Sébastien Ligné, chroniqueur et journaliste politique. On va parler de Charles Aloncle. Il devient porte-parole de la campagne de Marine Le Pen dans un entretien au journal du dimanche. Le député UDR y voit la concrétisation de l'alliance nouée en 2024 entre Éric Ciotti et le Rassemblement National. Il appelle les autres droites à une certaine humilité. Il assume pourtant les divergences. L'UDR prône le report de l'âge de départ à la retraite quand Marine Le Pen promet de le maintenir à 62 ans. Mais l'union n'a jamais signifié l'uniformité absolue, dit-il. Jules Torres, un député UDR proche d'Éric Ciotti, devient porte-parole de Marine Le Pen. L'union des droites est-elle en train de devenir réalité ?
En tout cas, l'union des droites, elle existe parce qu'il y a en son sein, au sein de la grande famille de la droite nationale, des composantes. Et ça, pour le coup, c'est une chance pour Marine Le Pen de pouvoir compter sur Eric Ciotti, de pouvoir compter sur Charles Alon, de pouvoir compter sur l'UDR, de pouvoir compter là aussi sur un dauphin qui s'appelle Jordan Bardella, qui peut lornier sur des terres électorales que Marine Le Pen n'avait pas jusqu'ici. Et justement, c'est une bonne chose qu'il n'y ait pas une uniformité. un caractère autoritaire, si je puis dire, au Rassemblement National, qui ne tolère pas d'autres lignes. Heureusement qu'il y a d'autres lignes. Dans tous les grands partis, il y a eu des lignes. Il y a eu des lignes au Parti Socialiste, il y a eu des grandes lignes au sein de l'UMP et auparavant au RPR. Il y avait quand même dans le même parti, dans le même Conseil des Ministres, par exemple sous Nicolas Sarkozy, dans les réunions de la majorité, on allait de Philippe Devilliers à Jean-Louis Borloo, en passant par Alain Madeleine. Donc évidemment qu'il peut y avoir dans une grande famille politique qui, dont on gouvernait des passerelles. Toute la question est de savoir, est-ce que c'est facile d'avaler des couleuvres dans un pays, dans un gouvernement, qui serait dirigé par Jordan Bardella, avec un président Marine Le Pen, par exemple sur la question économique. On sait que Charles Aloncle, même s'il est député UDR, qu'il est porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, ça va être compliqué pour lui, je le sais, vous le savez aussi, puisque c'est vous qui avez mené l'interview, chère Hélène, que défendre la retraite à 62 ans, ça va être compliqué pour Charles Aloncle. Défendre un certain nombre de taxations d'entreprises, ça va être compliqué. Il y a un seul parti depuis... Il a dit que c
'était un soldat, à de nombreuses reprises. Mais justement, le
soldat avale des couloves, le moine soldat, il avale des couloves, demandé à Sébastien Lecornu. Donc vous voyez qu'il s'était qualifié lui-même de moine soldat. Mais donc vous voyez que ça va être compliqué, mais il faut quand même... Et ça pour le coup, c'est plutôt les journalistes qui vont devoir accepter le fait que oui, dans des parties, il y a des passerelles. Dans des parties, il y a des écuries différentes. Dans des parties, il y a des sensibilités différentes. Et ça c'est vrai qu'on voit chez nos confrères la volonté de dire... « Oh là là, vous avez une petite différence avec un tel. Oh là là, vous avez une petite différence avec un tel. » C'est ce qu'ils ont essayé de faire pendant plusieurs années avec Jordan Bardella et Marine Le Pen. Et donc, le principal point d'attaque que va subir Charles Long dans cette campagne, c'est ça, c'est de dire « Mais vous ne pensez pas ça, pourtant vous défendez ça.
» Quel élan cette nomination peut donner à la campagne de Marine Le Pen, Sébastien Lignier ? Est-ce que ça peut séduire notamment un électorat de droite classique ? On évoque également Nicolas Sarkozy dans cette interview. Est-ce que Nicolas Sarkozy, qui en plus observe avec intérêt ce qui est en train de se construire dans ce camp entre l'UDR et le Rassemblement National, est-ce que ça peut donner un élan à cette campagne ? En tout
cas, ça envoie un message d'ouverture. Ça vient aussi d'une certaine manière tendre le bras un petit peu à cette idée, qui n'était pas complètement fausse d'ailleurs, d'un Rassemblement National qui avait un petit peu... une position hégémonique et qui voulait... finalement, gouverner et gagner tout seul et pas forcément s'ouvrir aux autres. Je pense malgré tout que le RN a compris que maintenant qu'ils sont en posture réelle de pouvoir remporter l'Elysée, que la grande question qui s'amènera à se poser pour eux, c'est gouverner avec une majorité si possible stable et qu'aujourd'hui, malgré la posture, on va dire, officielle du ni droite ni gauche de Marine Le Pen, tout le monde au Rassemblement National a bien compris que s'ils doivent gouverner avec un camp politique pour avoir une majorité en 2027, ce sera plutôt avec la droite. Et donc, il faut créer des passerelles, il faut créer... des SAS. Et l'UDR, ça a été aussi créé pour ça. C'est un SAS pour des élus de droite qui, pour plein de raisons, se disent qu'ils ne peuvent pas rejoindre directement le Rassemblement National. Et donc, ils passent plutôt par l'UDR. Ça permet aussi de faire un SAS, en effet, pour les électeurs. Mais d'ailleurs, on parle souvent de l'union des droites. Mais en réalité, l'union des droites sur le terrain, elle est déjà acquise. C'est-à-dire que Marine Le Pen n'est pas passée de 23%, c'est-à-dire son score au premier tour de 2022, à aujourd'hui 35% des attentions de vote. Par magie, ces 12 points, elle ne les a pas récupérés chez les abstentionnistes. Elle ne les a pas récupérés chez les communistes, les écologistes ou les insoumis. Elle les a récupérés dans un électorat plutôt de droite bourgeoise, voire pour une partie de centre droit, voire pour une partie d'anciens électeurs d'Emmanuel Macron, qui se tournent aujourd'hui vers Marine Le Pen parce qu'ils voient des évolutions. Par exemple, Marine Le Pen parle aujourd'hui ouvertement d'une ouverture à la capitalisation sur les retraites par le biais d'un fonds souverain. Pardon, mais c'est... Entendre Marine Le Pen parler de capitalisation, ne serait-ce que d'ouvrir avec un fonds souverain, il y a 10 ans, c'était impensable. Donc il y a quand même des évolutions. Reprenez le programme de Marine Le Pen en 2017, regardez aujourd'hui les premières propositions pour 2027. Sur le volet économique, on est quand même sur un virage à un bon 90 degrés quand même.
Alors dans l'interview où on parle évidemment d'union des droites, Charles Allong demande à Bruno Retailleau, David Lissnard ou encore Sarah Knafo l'humilité de reconnaître qu'on est moins bien placé, je vais y arriver, pour gagner. Est-ce que tout est une question d'égo, Jules Torres ?
Oui, malheureusement, en politique, tout est une question d'ego, et particulièrement à droite. C'est-à-dire que la gauche, elle est capable de s'allier alors même qu'elle s'insulte en campagne, alors même qu'il se déteste. Et c'est vrai que je ne pense pas qu'il se déteste moins à droite, mais je pense qu'il y a beaucoup plus d'ego. Il y a une capacité à se rassembler qui est beaucoup moins forte. Et puis, encore une fois, oui, il y a des luttes de chapelle, il y a des tentations hégémoniques qui existent un petit peu partout. Et puis, ils ont toujours tendance à penser qu'ils sont le dénominateur commun, c'est-à-dire que tout le monde réclame l'union des droites, mais à condition qu'elle se fasse derrière soi. Donc c'est vrai que c'est un petit peu problématique quand vous entendez ça. David Lissnard veut l'union des droites, mais il veut que ce soit derrière lui. Sarah Knafo de la même manière, Eric Zemmour de la même manière, Marine Le Pen ne veut pas l'union des droites. Donc c'est vrai que quand vous regardez tout ça, vous vous dites, c'est un petit peu compliqué, il y en a un seul en réalité. qui a fait cette union des droites, qui a franchi le rubricon, qui a eu du courage de le faire, c'est Éric Ciotti. Et il a réussi à le faire. Au départ, c'est vrai qu'en 2024, il part avec des forces qui sont amoindries, mais il a réussi à créer un parti qui s'appelle l'UDR. Et en acceptant de ne pas être
numéro un.
En acceptant parfois même d'exprimer sa sensibilité, mais tout en disant « Oui, j'appartiens aussi à la grande famille du Rassemblement national. » Et donc, il y a des politiques publiques avec lesquelles je suis en désaccord, mais que je vais devoir défendre dans la campagne. Ça, ça existe. Et puis, dernière chose, C'est un des arguments qui étaient contre le RN ces dernières années, c'est qu'on se demandait qui étaient les ministres. C'est quoi un gouvernement RN ? Aujourd'hui, il y a des figures qui émergent, et à ce titre-là, j'ai l'impression qu'avec l'UDR, et notamment avec Charles Aloncle, il y a des potentiels ministres, des ministrables, qui sont en train d'éclore dans le débat public. Et encore une fois, je trouve intéressant d'ailleurs que Charles Aloncle ne se réduise pas à la seule commission Aloncle, au rapport Aloncle. Ce n'est pas parce que Charles Aloncle a mené une commission d'enquête sur l'audiovisuel public qui sera ministre de la Culture, forcément.
Alors évoquons la primaire ou pas... Je vous propose d'écouter pour commencer Bruno Retailleau, candidat LR à l'élection présidentielle. Il n'est pas contre une primaire à condition qu'elle soit ouverte. Il était l'invité cette semaine de Laurence Ferrari.
Je n'ai jamais été opposé à la primaire. Je n'ai pas du tout peur de la compétition. Au contraire. Simplement, une primaire, simplement avec David, ça sert à quoi ? Si Edouard Philippe n'est pas dans la primaire, ça sert à quoi ? Donc, si demain, les gens se retrouvent avec cette idée de primaire, à condition qu'elle soit ouverte, pas de primaire fermée, une primaire ouverte, où il y a tout le monde. Tout le monde sait de qui ? Non, mais la droite est le centre. Éric Zemmour, non. Non, parce que, de toute façon, si il y a Éric Zemmour, il n'y a pas Édouard Philippe. À quoi ça sert ? Édouard Philippe est à 14 ou 15 % dans les sondages. S'il est écarté, ça ne sert à rien à la primaire. Si on veut se donner des chances, moi, je veux en tout cas une quartée et je veux une ligne qui soit à droite.
Bruno Retailleau parle d'Edouard Philippe, ça tombe bien, Edouard Philippe sera l'invité du 20h dans quelques minutes sur TF1 ce soir. Que peut-il annoncer Bruno Retailleau ? Effectivement, si Edouard Philippe ne partit pas à la primaire, lui n'y va pas. Donc en réalité, le projet servirait un peu à rien. Est-ce que vous pensez qu'Edouard Philippe peut annoncer quelque chose ce soir ? Ou alors, comme grand habitué du macronisme, il nous fait une feinte comme Emmanuel Macron ?
Plus la deuxième possibilité, selon moi. Non mais ce qui est terrible, je vais vous dire, c'est que faire l'union... dans le seul but de sauver son poste et d'avoir une potentielle chance d'accéder au second tour, ça n'a aucun sens. L'Union, quand elle a réussi à se faire à gauche comme à droite, il y a quand même eu soit un enjeu électoral extrêmement ferme, typiquement avoir une majorité à l'Assemblée Nationale dans le cadre du Front Populaire, soit un programme commun. le programme commun de la gauche notamment en 1981, mais l'idée de faire une union avec des gens qui ne s'entendent absolument pas, qui ont des divergences profondes, parce que pardon, j'ai quand même entendu Gabriel Attal nous expliquer qu'il faudrait faire une union, voire une grande primaire qui irait de Raphaël Glucksmann à Bruno Retailleau. L'intérêt de reformer l'UMPS pour sauver son poste et faire en sorte que le système survive 5 ans plus,
je
ne suis pas certain que ce soit ce dont les Français ont envie après 10 ans de macronisme. Je pense qu'ils ont plutôt envie de radicalité, de vision pour la France. et aujourd'hui il n'y a que deux visions qui s'affrontent, celle de Jean-Luc Mélenchon et celle de Marine Le Pen. Et tiens, scoop au hasard, c'est les deux visions qui sont aujourd'hui données au second tour.
grand merci à mes débatteurs du soir, Jules Torres et Sébastien Ligné. J'en profite pour vous rappeler que Christine Kelly vous donne rendez-vous du lundi au jeudi de 11h à 13h pour vous donner la parole et débattre en direct avec ses chroniqueurs et invités sur tous les sujets d'actualité. Sur Europe 1, votre parole compte. Appelez Christine Kelly au 01 80 20 39 21. Christine Kelly et vous, c'est de 11h à 13h sur Europe 1, la radio libre. Tout de suite, c'est le journal de 20h de Frédéric Joncheret. Moi, j'aurai le plaisir de vous retrouver vendredi prochain de 18h à 20h pour Europe 1. Je vous souhaite une excellente soirée sur Europe 1.
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