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Et effectivement, à chaque fois que j'en ai vu un petit peu, c'était plutôt dans 5 ans. A chaque fois qu'on nous mettait un plan, c'était plutôt on va y aller mollo au début et puis dans 5 ans, vous verrez, on fera des gros efforts. Donc moi, pour l'instant, je ne les ai pas vus, ces objectifs ambitieux. Et alors quand vous parlez du point d'indice, le point d'indice, vous savez qui ça touche le plus ? Ce sont les élus. Ce sont les élus, vous n'allez pas le dire, vous voyez. Mais les élus, nous, ça fait un moment qu'on a un point d'indice gelé et qu'on a des indemnités gelées. Ça ne se dit pas, on n'aime pas dire. Mais par contre, la masse salariale de l'État, elle, si vous aviez regardé la progression sur les dernières années, avec l'avancement à l'ancienneté, les promotions, les revalorisations... Revalorisation catégorielle, les recrutements, parce qu'en 2027, on va recruter 12 000 personnes. On est en super déficit et on dit on va recruter 12 000 fonctionnaires.
21 octobre 2026, le Sénat ouvre l'audition budget 2027. Qu'en pensent les économistes où 4 experts passent la France au crible sans ménagement
'ai dit l'autre jour, les Français ont le seum. Alors là, je vais dire, c'est la même chose, mais en pire. Puisque quelle que soit la sensibilité qui est la vôtre, vous dressez, j'ai envie de dire, un réquisitoire assez sévère sur une période relativement longue et dans laquelle s'inscrit depuis 2017 l'exécutif. Et je le dis ici. C'est assez douloureux pour nous de constater cette dérive des comptes publics qu'on avait une mission d'information ici même au Sénat pointée parce qu'on a eu une forme d'arrogance du gouvernement et des ministres en charge à l'époque et on s'aperçoit que malheureusement ce qu'on redoutait se passe et que c'est pire encore. Vous l'avez dit, l'endettement, les comptes publics. Donc c'est, comment dirais-je, il ne faut pas s'extraire, personne ne peut s'extraire, même nous qui avons fait des propositions. Mais je pense qu'il faut regarder les choses. Et les Français aujourd'hui, pourquoi aussi ils expriment une certaine colère, d'où qu'ils soient, y compris le monde économique ? 'est parce qu'il n'y a plus de gouvernement, il n'y a plus de trajectoire, il n'y a plus de cadre, il n'y a plus d'effort. C'est chacun fait, comme dans la chanson, ce qui lui plaît. Et ça... Je pense, et vous l'avez dit, j'ai entendu. Alors on a un cocktail explosif pour la France. La dette publique est insoutenable en l'absence de réformes. Vraiment, tout est particulièrement inquiétant. Deux sujets, oui, pardon. Deux sujets.
vous dire un peu ce que disent les investisseurs, je suis actuellement dans le golf, et donc j'ai beaucoup passé du temps la semaine dernière à Bangkok, aux assemblées du Fonds monétaire, à discuter avec des investisseurs sur ce qu'ils pensent de la France. Qu'est-ce qu'ils disent ? Je vous le livre de manière brute. Ils disent « on n'a plus vraiment confiance dans la capacité de la France à rétablir ses finances ». Alors quand on leur dit « qu'est-ce que ça veut dire ? », ils disent « vous voyez bien, ça fait depuis plusieurs années que vous nous parlez de 5% de déficit, et en fait vous n'arrivez pas à le faire, vous n'arrivez pas à l'exécuter ». Premier commentaire. Deuxième commentaire, parce que c'est pour moi le plus important. ils disent beaucoup « votre croissance est très faible », ça a été commenté. Mais ils ne disent pas que « votre croissance est très faible », ils disent aussi « on ne voit pas les moyens que vous avez de rétablir une croissance forte ». Et je pense que c'est vraiment ça le point qui est le plus intéressant dans leur feedback, et je reviendrai aussi après sur les solutions qu'on peut avoir ou qu'on peut mettre en avant. Et enfin, troisièmement, ils disent, bon, ils appellent ça sujet de gouvernance, donc ils disent les élections qui viennent, mais à la limite…
sur un certain nombre de points, sur les objectifs ambitieux de redressement de nos comptes publics. Vous dites, il ne faut pas avoir des objectifs trop ambitieux qu'on ne tient pas. Moi, j'aimerais savoir quand est-ce qu'on a eu des objectifs ambitieux. Et effectivement, à chaque fois que j'en ai vu un petit peu, c'était plutôt dans cinq ans. A chaque fois qu'on nous mettait un plan c'était plutôt on va y aller mollo au début et puis dans 5 ans vous verrez on fera des gros efforts. Donc moi pour l'instant je ne les ai pas vus ces objectifs ambitieux. Et alors quand vous parlez du point d'indice, le point d'indice vous savez qui ça touche le plus ? Ce sont les élus. Ce sont les élus, vous n'allez pas le dire, vous voyez. Mais les élus, nous, ça fait un moment qu'on a un point d'indice gelé et qu'on a des indemnités gelées. Ça ne se dit pas, on n'aime pas dire. Mais par contre, la masse salariale de l'État, elle, si vous avez regardé la progression sur les dernières années, avec l'avancement à l'ancienneté, les promotions, les revalorisations catégorielles, les recrutements, parce qu'en 2027, on va recruter 12 000 personnes. Vous voyez, on est en super déficit et on dit on va recruter. Le
premier économiste ne prend aucun gant. Pour lui, la trajectoire file droit vers un endettement qu'il refuse de qualifier, de maîtriser.
Même les pays d'Europe du Sud, qu'on appelait souvent les pays du Club Med, ont fait des efforts considérables pour revenir à leur niveau de 2019. Donc là, on devient quand même une anomalie au sein de la zone euro. Alors on peut toujours contester les règles européennes au passage, à la fois des règles de déficit et de dette, mais on ne peut pas le faire une fois qu'on est hors du champ, qu'on est le mauvais élève. Ça ne marche pas comme ça, on ne remet pas les règles, j'allais dire, on ne peut pas les discuter une fois qu'on ne les respecte absolument plus. En tout cas, on n'est pas crédible pour le faire aujourd'hui et on a un vrai sujet, me semble-t-il, parvenir à retrouver le contrôle de ce taux d'endettement public qui aujourd'hui, je vous le dis sincèrement, est explosif. Notre dette publique est insoutenable en l'absence de réforme. Si on ne fait pas de réformes, le taux d'endettement public va continuer d'augmenter de 3 à 4 points de PIB par an et ça se terminera très mal. Donc évidemment, les investisseurs croient qu'on va faire, qu'on pense qu'on va faire des réformes, je l'espère, mais sans réforme, on va dans le mur. Ça, il faut vraiment l'avoir en tête. Un point qui, alors qu'est-ce qui pourrait faire au fond que la tension s'apaise ? Évidemment que l'on ait un but d'espace, une fuite des cerveaux. Donc on n'attire pas des mouches avec du vinaigre. Et ça, je crois que c'est... Un gros problème français, à la fois on est fier de notre modèle social, mais on ne voit pas les effets négatifs qu'ont la fiscalité aujourd'hui, à la fois sur les entreprises et sur les ménages aussi. Ça pose des problèmes de pouvoir d'achat, donc ça ne veut pas dire qu'il faut tout privatiser ou que sais-je, mais il faut avoir une réflexion quand même sur les effets négatifs qui induisent nos niveaux de prélèvement obligatoires. Par exemple, sur les entreprises, on voit bien que le secteur privé est beaucoup trop petit. On se dit qu'on ne sait pas sur qui faire peser l'effort budgétaire, mais c'est parce que la taille du gâteau est trop petite. Et ça, il faut absolument qu'on ait un secteur privé plus gros. Il faut plus d'entreprises en France. Et ça, pour le coup, pour en avoir plus, je vous assure que notre modèle social et nos prélèvements tels qu'ils sont calibrés ne le permettent pas, en tout cas ne le favorisent pas. L'idée qu'on aurait une France attractive est pour partie un mirage. On n'est pas une terre d'accueil des entreprises. Il n'y a pas d'investisseurs qui se battent. Alors, on a des atouts. C'est pour ça qu'on arrive à tirer des projets, mais quand vous prenez la globalité, on a quand même sincèrement un sujet d'attractivité, la capacité à retenir nos entreprises. On a des sublimes multinationales.
Et là, surprise, un intervenant contredit son prédécesseur sur l'ampleur de l'effort. Les chiffres qu'il avance vont faire grimper la note.
vais partager ma présentation avec lui, mais il a deviné que j'allais parler du taux d'intérêt réel et de la taxe inflationniste, donc je ne vais pas y manquer. Alors, après la question, on va se mettre d'accord sur le fait qu'il faut un ajustement budgétaire, mais je pense qu'un point de désaccord, peut-être, c'est qu'à mon avis, il va être très, très difficile à faire et dans l'ordre de grandeur dont on parle aujourd'hui. C'est-à-dire, on parle de l'ordre de 125 milliards d'euros et encore, c'est sans prendre en compte l'effet multiplicateur sur la croissance. Donc, pour obtenir 125 milliards d'euros, on le sait historiquement, il faut en général faire beaucoup plus d'efforts que ça. plutôt de l'ordre de 180, voire de 100 milliards. Donc une inquiétude sur la faisabilité de ça, et une inquiétude d'autant plus qu'à mon avis, on ne va pas pouvoir aller vers les solutions faciles, c'est-à-dire qu'on ne va ni pouvoir faire peser l'effort uniquement sur les ménages, ni uniquement sur les entreprises, ni uniquement sur les ultra-riches. Et donc en fait, il y a vraiment un problème qui est que, à mon avis, le débat politique, en disant qu'elle est de l'ordre de 68 milliards d'euros, aujourd'hui plus élevée que le budget de l'éducation, Je pense que c'est une erreur de faire cette comparaison parce que ce qui compte, ce qu'on apprend en première année d'économie, ce n'est pas un taux d'intérêt nominal sur la dette, c'est un taux d'intérêt réel sur la dette. C'est-à-dire qu'il faut déduire du coût de la dette, du coût nominal, l'érosion par l'inflation. Cette érosion par l'inflation, elle est assez consensuelle parmi les économistes. D'ailleurs, historiquement, on s'est souvent débarrassé de la dette via l'inflation. C'est pour ça que la Banque Centrale Européenne a un mandat qui est très clair. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a diminué la dette en augmentant l'inflation. Et ça, c'est quelque chose qui n'apparaît pas ni dans la charge d'intérêt ni dans le chiffre du déficit. Or, le déficit, il est très fortement réduit par le fait qu'il y a une taxe invisible sur les créanciers qui est tout à fait considérable et que chacun... y compris la classe moyenne, est amené à payer. Je ne suis pas en train de vous dire que c'est quelque chose de bien, mais je suis en train de vous dire que c'est une recette qu'on n'enregistre pas et qui relativise peut-être un petit peu ces histoires de charges de la dette. C'est vrai aussi quand on l'exprime en place. Le salarial public n
'a pas augmenté dans le PIB sur les 30 dernières années. C'est vrai. Moi, je suis étonné des faibles gains de productivité dans les administrations publiques. C'est très peu digitalisé. On est à l'ère de l'IA, on devrait faire des gains, mais fulgurants. Honnêtement, c'est frappant. On devrait même rendre du pouvoir d'achat en quelque sorte au ménage. Il n'y a pas de raison. Si le service public ne s'améliore pas, la part des salaires dans le PIB devrait baisser. Il y a des raisons parfois pour lesquelles ça peut rester stable, mais je suis frappé de voir qu'on est si peu exigeant sur les gains de productivité qu'on demande aux administrations publiques. Sur la commande publique, c'est pareil. Est-ce que c'est une bonne... idée d'en maintenir une plus grande part, en tout cas adresser à nos producteurs. Probablement, mais il va falloir être très vigilant sur la gouvernance, parce qu'on ne sait pas avoir une bonne gouvernance des dépenses publiques. Donc il ne sait pas le tout, j'allais dire en quelque sorte, de dire on va la donner aux Européens, encore faut-il que l'argent soit bien dépensé. On a quand même un certain nombre d'exemples d'argent très mal dépensé quand il s'agit des collectivités locales. Et j'en profiterai pour dire, je suis très sceptique quand on dit qu'il faut protéger l'investissement public. Le nombre d'investissements publics ne servent pas du tout à la croissance potentielle. Ce qui s'est passé en Italie, si vous détenez votre propre dette, si vous avez un accident, vous contaminez aussi votre propre secteur financier. Donc ça, c'est assez dangereux. Il faut être prudent sur le fait qu'on puisse remplacer les non-résidents par des résidents. Les déclencheurs d'une crise peuvent être nombreux et les candidats ne manquent pas. Alors bien sûr, la France est trop grosse pour tomber. On ne fera pas faillite, mais il y a un aléa moral dingue. Oui, la BCE finira par intervenir. À quel prix ? Elle nous demandera des réformes très dures. Et la réalité, c'est est-ce qu'on est capable de se réformer ? J'ai des doutes, sincèrement. Et le vrai sujet, c'est proposer une trajectoire crédible de rétablissement de nos finances publiques. Et j'en terminerai en vous disant, les économistes ont très longtemps dit qu'il fallait faire des efforts progressifs, mais dans la durée. Un plan d'ajustement à 5-7 ans, je n'y crois pas. On n'a jamais su tenir une trajectoire pluriannuelle. Dès la première année, on est déjà en dehors des clous. Je pense qu'une nouvelle majorité doit proposer un plan dur, mais sur une période plus courte, et qui permette aussi de donner du ciel bleu à la population à un horizon de temps. Pour
Chlore, une sénatrice n'en revient pas, elle remonte à un avertissement oublié et dresse un constat glaçant sur ce qu'est devenu le pays.
Oui, merci Madame, Messieurs pour vos présentations. Un constat et deux questions. Le constat c'est le même, on n'est plus un pays de production en fait. Et dans l'espace européen, on n'est plus un espace non plus de production. Donc il y a un moment, quand on n'est que des espaces de consommation, il nous arrive ce qui nous arrive. Ça c'est la première remarque. La deuxième, je suis sidérée au regard de l'importance des retraites dans la dépense sociale. que personne ne se souvienne qu'un certain monsieur qui s'appelait Jacques Rueff nous avait prévenu. Il nous avait dit que le système par répartition était un système exceptionnel et qu'il n'était absolument pas tenable dans la durée. Et en fait, je ne comprends pas les responsables politiques qui se sont succédés, qui ont pu rêver qu'on ait un taux de croissance mini de 5% par an sur un temps long et de ne pas avoir acté du fait qu'un système hybride seul pourrait nous sauver. Alors aujourd'hui, on est en train de payer, je pense, toutes ces additions. Je serais intéressée de savoir...
Dites-moi en commentaire, est-ce qu'il avait raison ou pas ? Encore une fois, ils ont juré de dire la vérité. Et rien que la vérité. Sous serment.
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