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Bonsoir ou rebonsoir à tous si vous nous rejoignez sur France Info. C'est votre grand enjeu ici ce soir sur France Info Canal 16 en partenariat avec ici le réseau régional de l'audiovisuel public. Avec moi pour vous interroger Jean-Michel Blanquer, bonsoir. Bonsoir. Je suis avec Yael Goz, éditorialiste politique France Info Canal 16. Bonsoir Alexandre. Et Céline Brousseau, journaliste à ici Haute-France.
Bonsoir Alexandre, bonsoir Jean-Michel Blanquer.
On va parler ce soir de ce livre que vous publiez, je le montre à nos téléspectateurs, La démocratie et la fureur. C'est aux éditions Plon, mais on va d'abord commencer par les questions d'actualité. On voulait votre regard ce soir, Jean-Michel Blanquer, sur la question des lycées. Forcément, profitez de votre casquette d'ancien ministre de l'Éducation nationale. Après deux semaines de vacances de la Toussaint, les lycéens appellent à nouveau à bloquer les établissements. Manifestement pas convaincus par les annonces qu'a fait le gouvernement au début de semaine. Avant de vous faire réagir, je voudrais qu'on les écoute, ces lycéens. C'était au micro des journalistes du réseau ici, à Mulhouse, à Nantes et à Lille-Écouté.
nous propose 15 000 places en plus dans l'enseignement supérieur alors qu'on sait que cette année, 158 000 lycéens et lycéennes se sont retrouvés sans affectation. Concernant Parcoursup aussi, c'est ridicule. On nous dit qu'on va réformer Parcoursup. Déjà, ça veut dire quoi réformer Parcoursup ? On ne nous donne pas de réel changement. Il faut rentrer la lutte des classes
dans les mobilisations lycéennes. Sinon, on ne comprend pas la mobilisation et ça n'a plus de sens. On n'a pas de réponse sur mon master, on n'a pas d'abrogation de Parcoursup, on n'a pas d'investissement dans le cruise. On appelle à plein de plus et à continuer la mobilisation, que ce soit dans les lycées ou dans les facs, même si pour l'instant les facs sont fermées, mais dans les prochains jours. Dans un climat où on est angoissé, où on a peur, la joie, c'est gratuit déjà et on en a besoin.
va revenir au fond des revendications qu'on vient d'entendre, Jean-Michel Blanquer, mais ces blocages qui sont à nouveau appelés dès demain dans les lycées, j'imagine que vous êtes contre.
De façon générale, je rappelle quelque chose qui n'est pas souvent appelé, mais le droit de blocage n'est pas un droit démocratique. Le droit de manifester, oui, il est constitutionnellement protégé, c'est très important. Mais
qu'est-ce qu'on fait ? J'insiste là
-dessus parce qu'on s'est habitués en France à penser qu'un blocage c'est normal. Non, un blocage c'est illégal. En revanche, le droit de manifester c'est au contraire un droit constitutionnel très important. de mettre ces frontières-là. Donc il y a une trop grande
tolérance selon vous ? De façon,
mais pas cette fois-ci particulièrement. De manière générale, on s'est habitué à l'idée qu'un blocage, c'était quelque chose d'anormal. Mais ça n'est pas normal. Parce que très souvent, vous avez des gens qui sont pour et des gens qui sont contre. Donc il faut respecter ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. On envoie les cordons de
CRS dès demain matin devant les disciplines ? Non, ce n'est
pas ce que j'ai dit, mais c'est qu'il faut tout simplement déjà le rappeler. Et puis c'est vrai que quand il y a l'ouverture d'un établissement, il faut essayer quand même... Autant que possible de garantir que l'ouverture se passe et pas tout de suite céder à un blocage. Justement, Michel
Blanquer, vous êtes vous-même prof de droit public à l'université Paris-Panthéon-Assas. Et des blocages, vous en avez connu plusieurs côtés étudiants depuis le début du mouvement. Est-ce qu'il y a une méthode pour les éviter ? Je crois que vous avez vous-même, ces dernières semaines, contribué à déloger des poubelles, à laisser passer les étudiants qui voulaient travailler.
Non, mais là, ce serait anecdotique de parler de ça. Mais ça rejoint un petit peu ce que je disais avant. Si à 7h du matin, on s'assure, avec les forces présentes, que tout simplement les lycéens et les étudiants peuvent rentrer, on évite bien des blocages. Il faut arriver avant les bloqueurs, c'est ce que vous dites ? Oui, c'est ce que je dis, tout simplement. Mais je dis des choses très normales, c'est-à-dire le respect du droit par tous. Et il faut, encore une fois, un droit des manifestants, mais aussi un droit de ceux qui demandent la continuité du service public. C'est tous
à la fac, si on vous écoute.
Oui, d'ailleurs, vous savez pourquoi je dis ça ? Ce qui m'inspire quand je dis ça ? C'est ma bienveillance envers les étudiants et les lycéens. J'ai des étudiants, je sais ce qu'ils ont perdu ces dernières semaines avec ce qui s'est passé. Et donc autant, je pense qu'il faut continuer la discussion puisque j'entends ce que disent ceux qui manifestent quand ils disent finalement on ne sait pas très bien ce qu'on a comme résultat, ça je l'entends. Mais j'entends aussi que le gouvernement a ouvert les discussions, donc maintenant le temps des slogans est passé, il faut le temps des arguments. Quand j'entends ce que j'entends sur Parcoursup, ça veut dire… En fait, il faut s'asseoir et savoir de quoi on parle et devenir rationnel.
Sur le fond, Jean-Michel Blanquer, on a entendu ses revendications, Céline Rousseau.
Vous vivez comment le fait que cette jeunesse attaque ce que vous avez mis en place il y a 10 ans
D'abord, pour moi, on l'a entendu dans la bouche de la dernière intervenante de votre reportage, c'est une angoisse de la jeunesse qui existe et que je prends au sérieux.
Qui n'est pas nouvelle.
Qui n'est pas nouvelle, qui est compréhensible. À cause de nous tous, si je puis dire, puisque nous n'avons que des discours gris, que des discours pessimistes sur l'avenir. Alors il y a des dangers objectifs réels, il y a la question du climat, il y a les questions géopolitiques, il y a la question de l'intelligence artificielle et de ces éventuels effets négatifs sur l'emploi. Tous ces sujets sont des sujets sérieux qui en effet peuvent créer une angoisse sur l'avenir, y compris pour les adultes d'ailleurs. – Il n'y a pas que des sujets macro,
très large dans les revendications des étudiants. – Non mais j
'y viens, j'y viens, mais je veux dire que ce point-là… qui fait que vous avez aussi aujourd'hui des manifestations en Italie, en Allemagne, en Espagne, et que vous avez donc un mouvement qu'il faut prendre au sérieux, en tant qu'il exprime quelque chose sur l'avenir. Pour moi, la première des réponses, le point très important, c'est le projet de société. Il manque un projet de société à notre pays, comme à d'autres pays d'ailleurs, et un projet de société dans lequel les jeunes peuvent sentir qu'ils auront une place. C'est la chose qui manque aujourd'hui, et à mes yeux, ce projet de société, c'est... reconquérir notre territoire. C'est un point très important. – Ça, on va en parler dans le cadre de la campagne présidentielle. – Ensuite, sur le fond précis,
sur le manque de professeurs, sur les emplois du temps à trou, sur Parcoursup aussi, qui sont quelque part votre bilan en tant que ministre de l'Éducation nationale.
– Oui, que j'assume totalement. Alors, je suis un peu le seul devant les micros aujourd'hui pour le dire, mais néanmoins, nous étions un certain nombre à élaborer cela pour répondre aux problèmes qui existaient il y a 8 ou 9 ans. –
Pourquoi vous êtes si seul ?
'est sans doute significatif de la situation politique générale, c'est-à-dire qu'on n'assume pas. Je pense qu'en plus, il se passe quelque chose de très particulier, de très inédit dans le double quinquennat d'Emmanuel Macron, c'est qu'à partir du début du deuxième quinquennat... Il n'a plus défendu véritablement ses propres politiques publiques. 7 ministres
depuis 2022, un seul, 5 ans avec vous au départ. A partir du moment où on n'a jamais parlé... C
'est parce que vous me posez la question, je réponds. Mais s'il y a une telle vulnérabilité de ces politiques publiques, c'est aussi parce que le gouvernement lui-même n'a pas été suffisamment explicite sur le sens. Parce que là aussi, c'est la question du sens. Pourquoi on a fait ça ? Pas pour faire une réforme, pour le plaisir d'une réforme. On l'a fait pour les jeunes. Et avec quels critères ? Quel était le premier critère ? Mais vous
continuez à dire que c'est une question de communication et pas juste que peut-être ces réformes avaient des défauts finalement ? Le sens
des défauts, il y en a toujours et je vais y venir. Mais la question du sens, ce n'est pas qu'une question de communication. C'est partager le sens d'une politique publique. C'est ce qui fait qu'elle va réussir ou pas réussir. Et s'agissant de Parcoursup, ce que j'aime à rappeler quand même, c'est que le critère que nous avions, c'était... Hélas, ce chiffre désastreux de 60% d'échecs en fin de première année, c'est-à-dire en fait une sélection par l'échec qui est un gâchis monstrueux pour les jeunes. Et ce chiffre, il est tombé à environ 50%.
Ça veut dire qu'il faut toujours une sélection à l'entrée de l'université pour vous ? Et sur quels critères
? Ça dépend de ce qu'on met derrière les mots. Une sélection, il y en a toujours une à un moment donné. Par exemple, quand vous échouez en fin de première année et que vous sortez de la fac sans diplôme, c'est une sorte de sélection, c'est la pire des sélections. Mieux vaut avant... avoir eu des mécanismes qui vous permettent, un, de réfléchir à votre orientation. Alors ils sont insatisfaisants aujourd'hui, je suis le premier à le dire. – Vous reconnaissez
ça aujourd'hui ? – Bien
sûr, mais on a fait quelques améliorations, mais elles sont insuffisantes. Donc tant mieux si les débats actuels permettent d'aller vers de nouvelles améliorations. Vous savez, je n'étais pas tout puissant sur tous les sujets. J'ai fait mon maximum sujet par sujet. J'affirme que ce sujet-là n'a pas régressé, il a un peu progressé, et pas assez, celui de l'orientation. –
Il y a la question de la réforme du BAC aussi, Céline, qui… angoisse certains parents, notamment sur la question du contrôle continu, la question de ces emplois du temps à Trougou, notamment.
Des 8-18 heures, effectivement, il y a tellement d'options aujourd'hui, 9 en général dans le lycée, ça donne des combinaisons improbables, 260 possibilités, vous la comprenez, vous la partagez, vous aussi, vous êtes père Jean-Michel Blanquer, vous avez porté Parcoursup, mais aujourd'hui c'est les enfants qui sont au lycée, comment vous faites avec cette jeunesse, avec votre fille aussi, qui vous disiez tout à l'heure, qui est en première ?
– Je rappelle qu'on l'a fait. Pour les élèves, déjà pour faire baisser le chiffre que j'ai indiqué tout à l'heure, on l'a fait pour qu'ils aient plus de liberté. Si on doit expliquer ce qu'est cette réforme, c'est comment en préparant le baccalauréat, je prépare ce qui me fait réussir après le baccalauréat. Donc c'est une réforme de la liberté et donc aussi de l'autonomie de l'établissement. Et le problème que l'on a, si vous voulez, c'est que la démocratie est très bonne pour résoudre ou en tout cas traiter les contradictions qui existent à l'intérieur d'une société. Elle ne peut plus rien faire. quand il s'agit de traiter les contradictions qui traversent chaque individu. Or, aujourd'hui, on demande une chose et son contraire. C'est-à-dire qu'on veut la liberté, mais on se plaint de la complexité qui va avec. Donc, quand il y a liberté, on dit complexité. On veut plus d'exigence du système scolaire, et j'affirme qu'il est devenu plus exigeant. Tous les programmes ont été changés dans le sens d'une plus grande exigence. C'est la première fois en un demi-siècle que c'est arrivé. Alors là, on dit stress. Donc, liberté. Exigence, ce sont des mots que j'assume. Et puis alors, quand on dit sélection, alors à ce moment-là, on dit tri. Donc c'est une façon de décrire les choses. Mais pour moi, il est tout à fait normal qu'il y ait à la fois de la liberté, c'est un acquis pour les élèves. Et d'ailleurs, si on rentre dans le détail et qu'on commence à demander aux élèves, est-ce que vous seriez d'accord pour qu'il y ait moins de choix et pour revenir aux séries antérieures, je vous garantis, je prends le pari, bien sûr, qu'ils diront non, bien entendu. Est-ce que votre fille, vous arrivez à la convaincre ? Alors là, je ne vais pas rentrer dans la vie privée. Après, je ne souhaite pas parler d'elle particulièrement, mais elle est, par exemple, tout à fait bénéficiaire de ça, parce qu'elle est passionnée par la matière histoire, géographie, sciences politiques, géopolitique, qu'elle a pris une matière assez originale qui n'existait pas auparavant en deuxième, dans le lycée où elle est. Et donc, vous dites quoi ? Elle manifeste ou pas ? Non, ça c'est... Joker, j'en dirais pas plus. Mais vous leur
dites quoi, finalement, à ces lycéens, ces étudiants qui manifestent ? Vous leur dites finalement... Ce que vous dites, on l'entend, mais ce n'est pas réalisable. Donc rentrez chez vous, il n'y a rien à voir.
non, je dis vraiment le contraire de ça. Moi, si vous voulez, j'ai consacré l'essentiel de ma vie aux élèves. J'aime la jeunesse, je pense que c'est l'essentiel. Donc en aucun cas, j'aurai des propos méprisants ou des propos de fermeture. En revanche, j'essaie de discuter pour aller discerner le meilleur intérêt. Donc je pense qu'il y a une sortie par le haut de tout ça. Parce que le ressenti, je ne le méprise pas. Il faut juste faire attention qu'une fois de plus, on ne se trouve pas dans la situation... de jeter par-dessus bord des choses qui, en réalité, sont au service des élèves. Est
-ce
que vous faites partie de ceux
qui estiment que ce mouvement lycéen, il est récupéré politiquement, ou au contraire, vous dites, une jeunesse qui se politise, qui s'intéresse à son avenir, c'est bien parce que ça crée des citoyens.
C'est les deux à la fois, on le voit bien. Et le fait que des jeunes se prennent en main, une des manifestantes le disait la dernière, c'est celle qui m'a le plus plu d'ailleurs, parce que je pense qu'elle a vraiment dit l'authenticité des choses, c'est-à-dire la joie d'être ensemble, la joie de se projeter dans l'avenir en essayant d'avoir des revendications, tout ça va dans le bon sens. – Il n'y a pas que de la joie, par exemple, quand ils parlent de l'état de leurs établissements,
par exemple, ce n'est pas franchement
dans la joie. – Je reprenais juste ces propos. Vous me demandez les motivations, les motivations de se regrouper, de se projeter ensemble. Ça, ça va dans le bon sens. Ça crée ce lien social entre les jeunes qui est très important. En revanche, qu'il y ait de la récupération politique, personne ne peut le nier. Il y en a, LFI, on le sait bien. – C'est les seuls qui parlaient à la jeunesse aujourd'hui ? – Non, pas les seuls, mais ils ont été très efficaces d'ailleurs, de ce point de vue-là. C'est le seul parti qui a pris très au sérieux la question de la bataille des idées et de… dans l'organisation de la jeunesse, avec des idées qui, à mon avis, vont complètement contre les intérêts réels de la jeunesse. Mais en tout cas, ça a de l'efficacité, oui.
Je voudrais qu'on s'arrête rapidement sur l'autre pan de cette grande mobilisation sociale, parce qu'il n'y a pas que les lycéens qui sont dans la rue. Nouvelle journée de manifestation avec des appels à la grève générale pour jeudi. Parmi les revendications, des hausses de salaire, notamment le SMIC. Le gouvernement envisagerait une hausse, lit-on, anticipée entre 1 et 2 %, ça fait entre 15. Et 30 euros net, est-ce que c'est de nature à calmer la colère selon vous ?
toute façon, tout ce qui va dans le sens du pouvoir d'achat est bon. Simplement, on sait bien que ce gouvernement... Ce n'est pas grand-chose, 15 ou 30 euros. Bien sûr, on est d'accord. Mais de toute façon, nous ne nous voilons pas la face. Le gouvernement a des marges de manœuvre extrêmement étroites. L'économie est dans une situation difficile. Les choses vont se jouer pour l'élection présidentielle. Aucun d'entre nous, aucun Français aujourd'hui, ne doit faire semblant de ne pas voir l'immense difficulté dans laquelle se trouve le pays. Alors, on peut discerner les causes. Chacun aura un point de vue différent. Mais en tout cas... L'idée est surtout d'avoir un vrai projet de société à l'occasion de la prochaine élection présidentielle qui passera par le rétablissement des comptes publics et l'amélioration du pouvoir d'achat. C'est les deux choses en même temps. On va
en parler dans un instant, mais vous parliez. Pouvoir d'achat justement, le pouvoir d'achat. Dans cette thématique, il y a la question des prix des carburants qui sont eux aussi au cœur des revendications. Je vous propose d'écouter ces mots automobilistes dont on a recueilli la parole à Lille et à Nantes aujourd'hui.
l'âge déjà un petit peu, ça change, mais au lieu de 120, ça passe déjà à 90, mais il faudrait que ça descende encore. Il faudrait que ça descende à 1,47.
Oui, ben 102 euros. Voilà, c'est presque normal maintenant. Mais il pourrait baisser. Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. C'est déjà pas mal. Il faut espérer
que ça va encore baisser plus. Et ce qui est quand même triste, c'est que maintenant on est content à 2,15. Mais enfin bon.
Ah ben toujours trop cher. Pour nous, petits retraités.
baisse donc un peu à la pompe. 10 centimes des IR chez Total, 21 centimes dans les magasins Leclerc. Pas assez vite visiblement. Comment on doit agir ? Est-ce qu'il faut bloquer les prix, supprimer des taxes, attendre la présidentielle comme vous le suggériez ? Quelles sont les marges de manœuvre réduites du gouvernement à part de déstocker des stocks stratégiques
'abord, on sait très bien que les déterminants sont internationaux. Par exemple, on parlera tout à l'heure des élections américaines, mais aujourd'hui, le prix à la pompe a beaucoup augmenté aux États-Unis et créé des réactions du même ordre. Et en Europe, on a la même réaction aussi. C'est-à-dire qu'il y a en ce moment un énorme problème de pouvoir d'achat, non seulement dans les pays occidentaux, mais aussi d'ailleurs dans d'autres sociétés, tout simplement parce que les événements d'Iran et aussi d'Ukraine et quelques autres événements... ont créé cette hausse du prix du pétrole. Ce que vous dites, c'est qu'on ne
pèse rien si Trump refrappe en Iran. Alors ce geste-là de déstockage de 10 millions de barils de diesel ne suffira pas à compenser l'attaque de Trump ? Non, c'est très bien.
Ça servira un peu à la marge. De même que les efforts des compagnies, comme on le voit, peuvent avoir une utilité. Et donc tout ce qui peut permettre cela est important. Ce qui est important aussi, c'est de cibler certaines aides. vis-à-vis des populations, notamment en milieu rural, qui sont dans les situations les plus difficiles parce qu'elles dépendent de la voiture et qu'elles doivent trouver une solution. Et tous les gouvernements, je pense au gouvernement britannique, cherchent à des formules de ce type. Elles sont bonnes, mais ce sont des formules intermédiaires. – Pour l'instant, il n'y a pas de formule du tout. – Non, tout à fait. Ce sont des formules qui permettent de baisser un peu les prix, par exemple, ou d'améliorer pouvoir d'achat de certains. Ce sont les deux leviers sur lesquels on peut jouer. Maintenant, on peut jouer aussi un peu sur les stocks, c'est le troisième levier, mais il est marginal. Donc, évidemment, il y a la question de l'amélioration de la situation géopolitique, bien sûr, mais ça ne dépend pas de nous. Et puis, deuxièmement, il y a l'accélération de tout ce qui est électrification du pays. On voit d'ailleurs monter l'achat des voitures électriques actuellement. Et puis, à moyen et long terme, il y a des solutions, bien sûr. Et c'est pour ça que c'est très important. que la France ait ce parc électrique qui est le sien, et notamment l'énergie nucléaire et les énergies
renouvelables. Jean-Michel Blanquer, je voudrais vous faire réagir à une phrase que l'on a appris aujourd'hui, une phrase de l'entourage d'Emmanuel Macron à France Info. Le débat électoral et les urnes doivent prendre le pas sur la démocratie sociale et sur la rue. Qu'est-ce que ça vous inspire, cette phrase ?
Je ne suis que partiellement d'accord ou en désaccord. Il faudrait l'analyser très précisément. Mais je ne pense pas que ça doit prendre le pas sur la démocratie sociale. Mais ça doit prendre le pas sur
la
rue ? Ça dépend de quelle rue on parle. Encore une fois, le droit de manifester, il est constitutionnel. Mathilde Panot, aujourd'hui, elle dit que la rue aussi, c'est la démocratie. – Ça n'est vrai que si c'est pacifique. Quand il commence à y avoir de la casse et quand il commence à y avoir de la brutalité, vous savez, la démocratie, c'est le contraire de la violence. Et donc, toute cette brutalité que certains partis politiques ont mis dans le débat public, brutalité qui commence par la parole et qui finit toujours d'une manière ou d'une autre physiquement, toute cette brutalité, en réalité, est antidémocratique. Elle va contre l'intérêt de la démocratie. La démocratie, c'est être capable, c'est ce que j'essaye de faire dans le laboratoire de la République, c'est-à-dire qu'on rassemble des gens qui sont différents. qui ont même du plaisir à ce que l'autre pense quelque chose de différent, mais qui savent argumenter, s'écouter. Il faut qu'on reprenne cette habitude-là. Donc la rue, elle a sa légitimité par le droit de manifestation, mais on ne doit pas se laisser imposer quelque chose simplement parce qu'il y a eu une manifestation, c'est évident. Par contre, la démocratie sociale… – Il y en a eu plusieurs quand même. – Oui, bien sûr, mais après, on peut écouter, mais après, c'est la responsabilité politique que de prendre en compte… l'opinion exacte du pays, qui ne se manifeste pas que dans la rue. Après, la démocratie sociale, c'est une des formes de la démocratie représentative. Il faut évidemment la respecter, c'est très important.
– Eh bien justement, la démocratie, elle est au cœur de votre livre. On en parle dans notre séquence Demandez le programme. Vous publiez, je le disais, un ouvrage aux éditions Plon intitulé « La démocratie et la fureur ». Dans ce livre, vous faites dialoguer fictivement Tocqueville avec l'Amérique contemporaine et vous parvenez à un constat, la démocratie peut se détruire de l'intérieur. Est-ce que vous estimez que c'est ce que nous sommes en train de vivre en France aussi ? Ce
risque existe, tout à fait, oui. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai écrit ce livre. Vous savez, dans les années 1830, quand... Tocqueville visite les États-Unis. Son idée, c'est à la fois d'avoir une interprétation de ce qu'est ce nouveau pays en train de grandir, et qu'il prévoit la grande puissance qui est en train d'arriver, mais c'est aussi de voir un laboratoire de la démocratie, ce pays neuf qui est en train d'expérimenter quelque chose de très nouveau. Et donc c'est pour ça que son livre de la démocratie en Amérique reste une très grande référence, aux États-Unis notamment, mais même chez nous, parce qu'il a eu toutes les intuitions sur à la fois la force et les risques de la démocratie. Et l'un des risques qu'il pointe, peut-être même le principal, c'est l'individualisme. Le fait que l'homme démocratique, l'être, le citoyen démocratique risque de se replier sur lui-même. Et donc il y a le risque de la fragmentation de la société, le risque de l'individualisme, du communautarisme. Et donc de ce point de vue-là, il rejoint ce que disait Platon sur la démocratie, c'est-à-dire le risque qu'un jour elle se retourne contre elle-même. Autrement dit qu'elle appelle des réflexes autoritaires pour remettre de l'ordre parce que la fragmentation... devient insupportable. Et ce risque-là, nous le voyons déjà à l'œuvre dans plusieurs pays, à commencer par les États-Unis. Nous devons faire très attention à ce que ça ne nous arrive pas à nous, d'où ce livre qui est à la fois un livre, je dirais, qui essaye de mettre en perspective avec calme, mais qui en même temps est un livre d'alerte. Sur ce risque-là. Et Céline Rousseau, je crois que vous vouliez faire réagir Jean-Michel
Blanquer à un extrait.
Vous parlez beaucoup du pouvoir spectacle dans cette société américaine. Vous écrivez « Trump owes tout ». Et c'est à cela qu'il est reconnu par les siens. Le citoyen n'est plus convié à juger, mais à rire ou à haïr. Il se moque de la France. Encore ces derniers jours, on va regarder un extrait.
vous
voulez voir ce qui est en jeu dans ces élections, regardez ce qui se passe en France. Une nation autrefois grande qui a été conquise, saccagée et brûlée par des migrants, des djihadistes et des
communistes. – Voilà, les coups de griffe de Donald Trump, comment vous les interprétez ? Il encourage même les Américains à ne pas aller en France, sauf si vous aimez la révolution, sous ces mots.
y a toujours eu, au sein du Parti républicain, une frange, on l'avait vu au début des années 2000, au moment de l'invasion de l'Irak, des gens qui aiment bien ne pas aimer la France. Et moi, comme j'aime la France, je n'aime pas quand on n'aime pas la France. Là, je vous dis des choses très simples, mais je commence par là quand même. Ensuite… Je pense que ce qui est caractéristique de Donald Trump, c'est évidemment les déclarations à l'emporte-pièce, c'est-à-dire qu'il dit une chose et son contraire. Un des buts du livre, et notamment dans la première partie, c'est quand même de rappeler justement tout ce qui a été dit. Puisque ce qui est très frappant Donald Trump, mais là encore une fois, ça n'est jamais que l'exagération, l'accentuation de phénomènes qu'on connaît par ailleurs. Trump n'est jamais qu'un symptôme. Mais ce qui est très frappant, c'est le fait qu'on finit tous par oublier des choses qu'il a pu dire la veille, parce qu'il y a une telle succession de choses extravagantes. que ça les banalise, et que donc, ce que j'ai cherché aussi avec le livre, c'est de rappeler tout ce qui a été dit et fait, de façon à l'analyser, d'abord à montrer les contradictions, puisque souvent il dit une chose et son contraire, mais aussi à essayer d'expliquer quelles sont les lignes directrices à l'intérieur de ça. Et cette défiance vis-à-vis de la vieille Europe, cette espèce de paternalisme aussi dans la façon d'en parler, alors que les mots américains sont au moins aussi importants que les mots européens aujourd'hui, au lieu de rechercher... L'alliance atlantique qui permettrait d'être plus fort face au problème, c'est évidemment une attitude qui est très dangereuse. Est-ce que cette défaite au mid
-terms, annoncée dans les sondages en tout cas, intention de vote, état par état, le système est plus compliqué que le nôtre, est-ce que vous y stémez que ça changerait quelque chose
? Oui, bien sûr. C'est-à-dire que là, on peut prévoir que très vraisemblablement, la Chambre des représentants va passer aux démocrates, puisque le taux de popularité de Donald Trump aujourd'hui est de l'ordre de 30%, 31%. Ça va amener presque certainement à une bascule de la Chambre des représentants. Du côté du Sénat, c'est beaucoup plus incertain. Et donc, on verra bien, puisque ça va déterminer pas mal de choses. Néanmoins, il pourra continuer. notamment en politique étrangère, d'avoir les mains assez libres. Donc ça va changer les choses, mais il y a une autre chose aussi qui pourrait changer, c'est le fait que, vous savez, c'est la Chambre des représentants qui décide des procédures d'impeachment. Il y a beaucoup de sujets qui sont dignes d'impeachment, si je puis dire, notamment les questions d'enrichissement personnel, les questions de conflit d'intérêt, etc. Donc il y aurait le début de cette procédure de la part de la Chambre des représentants. En revanche, c'est beaucoup plus difficile d'imaginer que le Sénat y donnera suite, puisqu'il faut une majorité qualifiée qui ne serait probablement pas réunie. Mais tout ça, c'est l'avenir qui le
dira. Pour revenir en France, Jean-Michel Blanquer, est-ce que selon vous, dans notre pays, il y a quelqu'un qui pourrait incarner une sorte de Trump à la française dans le paysage politique ?
Marine Le Pen revendique cette place, il me semble, donc oui, elle est dans cette situation. – Elle est la Trump française pour vous ? – Oui, d'ailleurs, lorsque Trump a été élu, il me semble que les personnes du RN se sont… – Et donc un danger pour la démocratie comme Donald Trump ? – Je pense qu'à partir du moment où vous appliquez les recettes de Donald Trump, vous créez des dangers pour la démocratie, c'est évident. Les deux extrêmes créent des dangers pour la démocratie, parce que dans la mesure où ils contestent un certain nombre d'éléments qui sont… à la base de la démocratie. Mais vous avez cité spontanément Marine Le Pen. Parce que vous m'avez demandé quel serait le Trump français. C'est elle, oui, bien sûr. Pas Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, c'est un Trump de gauche. Si je cite Marine Le Pen, c'est parce que c'est sur le fond. Sur la forme, Jean-Luc Mélenchon ressemble encore plus à Donald Trump que ça n'est le cas de Marine Le Pen, oui, bien sûr. C'est-à-dire que là, effectivement, c'est un Trump d'extrême gauche, on pourrait utiliser
cette expression. Je voulais qu'on aborde un autre sujet ensemble dans cette séquence demandée, le programme. C'est les suites de l'attentat de Trappes qui a eu lieu la semaine dernière. Attentat raciste qui a fait un mort et blessé cinq personnes gravement. Les habitants sur place sont encore traumatisés. Je vous propose de regarder ce reportage diffusé dans le 20h de France 2 de Laurence Nahon, Loïc Germain et Antoine Plassier.
Depuis l'attentat raciste, l'effroi a gagné la ville. Gina n'ose plus aller seule comme avant, à ses activités. Elle demande à son père de l'accompagner.
Ils tuent les noirs, les musulmans, tous ceux qui ne sont pas de la même religion qu'eux et de la même couleur. Du coup, j'ai peur d'être morte vu
que je suis musulmane. Ca, ces paroles-là, ça vous fait quoi de les entendre
Ca me fait très mal. Chaque fois, je lui dis qu'il faut que tu saches que t'es française. Comment peut-on construire une société avec des enfants qui ont peur dès le plus jeune âge
'ai peur d'être morte parce que je suis musulmane. Comment répond-on à cette petite fille à son papa ?
la fermeté républicaine, il est évident que plus il y a de l'unanimité dans le pays pour condamner ce type d'attentat, plus l'État est fort, par sa police en particulier, pour déjouer ce type d'attentat et en tout cas punir ceux qui les commettent. Et plus nous sommes clairs et nets sur ces enjeux, mieux c'est. On voit que là, il y
a eu manifestement un dysfonctionnement puisque l'auteur de cet attentat avait été interpellé trois jours avant après l'agression d'un homme noir. Il avait été relâché le temps de le... d'une audition qui devait avoir lieu le jour de l'attentat. Est-ce que sur la question du racisme, il n'y a pas un certain laxisme dans la police et dans la justice française
? ne sais pas, c'est la procédure judiciaire qui permettra de le déterminer. Je m'abstiens toujours de faire des condamnations rapides et a posteriori de ce qu'on aurait pu éviter, parce que c'est évidemment toujours plus simple a posteriori. Mais s'il y a une défaillance, il faut qu'elle soit notée. Et puis il faut qu'on soit juste et équanime sur le spectre de tout ce que ceci recouvre. C'est-à-dire que ce que vient de dire cette petite fille musulmane est vraiment épouvantable. Et chaque enfant devrait vivre... tranquillement ce qu'il est, tout simplement, ne pas avoir ce type de peur. Je pense aux enfants juifs aussi qui vivent encore aujourd'hui dans cette inquiétude de l'antisémitisme. Les attentats antisémites se sont multipliés ces dernières années. Et c'est vrai aussi des attentats antichrétiens. Bref, que l'on ait une religion ou qu'on n'en ait pas, aucun enfant de ce pays, évidemment, ne devrait... avoir le type de peur que vient de traduire cette petite fille. Vous parlez d'unanimité,
Jean-Michel Blanquer, vendredi à Trappes, pour le rassemblement de soutien, il y avait 12 000 personnes, il y avait toute la gauche, il y avait Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Guzman, Marine Tondelier, aucune figure du bloc central ou de droit de membre du gouvernement. Est-ce que ça vous a choqué ? Est-ce que vous-même vous y seriez allé
suis dans le passé allé souvent dans des rassemblements de ce type et sans connotation de gauche de droite. Honnêtement, je ne connais pas le contexte local, la façon dont ça s'est passé. Ils ont sûrement eu leur raison. -être qu'il y aura d'autres occasions de signaler cette unanimité.
Vous disiez au début d'émission, il y a les mots parfois qui arment. C'est-à-dire que la violence verbale peut aboutir à la violence physique. Qu'est-ce que vous pensez de l'appel du maire Ali Rabet, du maire de Trappes, qui voudrait rendre illégal... l'utilisation de la théorie du grand remplacement, l'évocation de la théorie du grand remplacement, signée de Renaud Camus. D'ailleurs, il y a une proposition de loi PS écologiste qui est déposée à l'Assemblée en ce sens.
Je pense que, et c'est aussi un des thèmes du livre, il faut faire très attention à ce que la liberté d'expression ne soit pas rognée au fil du temps. Il y a toujours cet arbitrage entre liberté et sécurité, entre liberté et ce qu'on a envie d'entendre et pas envie d'entendre. Donc, si on rentre... – Et c'est normal, les paroles antisémites dans notre pays. – Bien sûr, de même que les paroles racistes sont condamnées. – Est-ce que ça ne fait pas partie des paroles racistes Écoutez, je n'ai pas un point de vue tout fait sur ces questions, mais ce que je sais, c'est que j'ai une méfiance de principe sur toutes les restrictions à la liberté d'expression. Il doit y en avoir. – Est-ce que c'est la liberté
d'expression que de parler du grand remplacement matin, midi et soir ?
Je pense que la liberté d'expression, c'est que chacun puisse s'exprimer. Peut-être qu'il y a trop de personnes qui parlent du grand remplacement, mais si vous voulez, on ne peut pas, dans une démocratie, être tiré sur des boutons pour savoir quelle théorie on n'aime pas, quelle théorie on aime, sauf quand on est évidemment dans le domaine du racisme et de l'antisémitisme, bien sûr. – Vous ne partagez pas, vous ? Non, bien entendu, je ne les partage pas. Mais ce qui est du débat, ça me paraît très sain. J'ai la même attitude vis-à-vis de tous les points de vue. Je n'ai jamais réclamé ni que l'extrême droite ni que l'extrême gauche ne puissent pas s'exprimer. Je ne suis pas d'accord. Mais comme disait Voltaire, je suis prêt même à mourir pour que celui avec qui je ne suis pas d'accord puisse s'exprimer. Ça me paraît très important. On peut débattre
même dans les termes d'Ali Rabé qui dit… Il y a des mots qui tuent, qui arment. Il dénonce aussi, par exemple, des paroles de gens de votre camp. Par exemple, Édouard Philippe, qui, cette semaine dans Le Point, pointait la surreprésentation de jeunes issus de l'immigration dans les casseurs du 17 octobre, alors qu'a priori, il n'y a pas de preuves. Aurore Berger aussi, qui est très ambiguë sur cette question du grand remplacement. Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité de votre famille politique dans une forme de légitimation de la parole raciste
– Certainement pas, et ce que vous dites est un peu l'illustration du propos que je tenais avant, c'est-à-dire qu'à ce moment-là, bientôt, il va demander qu'on interdise à Edouard Philippe de parler. Donc à un moment donné, il faut accepter le débat et parler de choses concrètes. Par exemple, cette question d'où sont régénères les casseurs, ça s'objective, donc ça me paraît être un débat légitime. – Il n'y a pas de chiffres
aujourd'hui. – Oui,
on commence quand même à avoir des comptes rendus des procès, on commence à voir certaines choses. – Il est dit
dans un moment où il faut apaiser, attraper après un meurtre raciste. – Bien sûr,
je ne suis pas sûr que ce soit des paroles d'apaisement justement. Et donc vous voyez que depuis tout à l'heure, ce que je dis c'est que justement il faut éviter qu'on soit dans la brutalité. Et puis je distingue toujours ce qui relève du droit et ce qui relève de l'attitude de chacun, ce qu'on pourrait appeler les us et coutumes de nous tous. Et donc il faut être très prudent en matière de droit de ne pas se mettre à interdire mille choses et de rentrer dans une sorte de surenchère de ce que l'on interdit. J'entends que les candidats à l'élection présidentielle sont toujours en train de dire qu'il y a trop de normes, trop de choses qui compliquent la vie, etc. Donc arrêtons de chercher toujours une réponse forcément juridique à un problème qu'on rencontre. En revanche... que chacun essaye de donner l'exemple d'une absence de brutalité de sa parole, d'une absence de désignation d'autrui comme un ennemi plutôt que comme un adversaire. Nous sommes tous des Français, nous sommes supposés avoir des différences politiques, mais l'autre n'est pas supposé être un ennemi. Et puis, aussi bien d'un point de vue juridique que du point de vue des us et coutumes, il y a quand même une grande différence à faire entre l'attaque personnelle vis-à-vis de quelqu'un, par exemple une injure raciste vis-à-vis de quelqu'un qui est intolérable et qui, bien sûr, relève du droit. Il y a les propos racistes généraux, ça aussi, ça relève du droit. Et puis, il y a les opinions politiques en général. Et ça, c'est évidemment la démocratie qui garantit qu'on puisse les
exprimer. – Jean-Michel Blanquer, c'est l'heure maintenant de passer à notre rendez-vous avec le réseau régional de France Télévisions. C'est votre séquence vue d'ici. Et c'est avec vous Céline Rousseau.
cette question, Jean-Michel Leblanquer, comment sauver Noël ? Réponse en travaillant les dimanches. Le gouvernement a annoncé cette semaine qu'il allait encourager les maires, les préfets à l'autoriser, alors pour amortir évidemment la perte de clientèle avec ces samedis de mobilisation, une fréquentation qui est en baisse. Et le samedi, on le sait, c'est le jour le plus fructueux pour les commerçants. C'est un reportage de nos collègues d'ici Toulouse. Sophie Pointer, Robin Dorot.
Black Friday et les achats de Noël, ces périodes cruciales pour les commerçants, sont menacées. Alors certains réfléchissent à changer leurs habitudes. Ouvrir leur magasin plus tard le soir ou
bien le dimanche. On s'est déjà posé la question de commencer à ouvrir les dimanches. Alors on est sûr d'ouvrir les dimanches du mois de décembre, mais effectivement on a commencé à s'organiser pour ouvrir en novembre pour pallier justement à ce manque de chiffres.
On n'a pas attendu que les choses se passent mal pour ouvrir les dimanches. On a ouvert les lundis après et les dimanches après, en général à partir d'octobre.
La préfecture et la mairie vont officiellement autoriser l'ouverture tous les dimanches du mois de novembre. Une dérogation exceptionnelle, souhaitée par la Fédération des commerçants de Toulouse Métropole.
fallait qu'on trouve des solutions pour accompagner les commerçants, les artisans à continuer à vivre. Bien sûr, ça ne va pas rattraper le chiffre d'affaires qui est perdu sur les samedis passés, mais ça va permettre à nos clients de se déplacer et de venir faire leurs achats et pour les entreprises de compenser un petit peu toutes ces pertes.
Dès ce dimanche, pour profiter de l'animation en centre-ville autour du Marathon de Toulouse, de nombreux magasins et restaurants seront ouverts toute la journée.
-ce que c'est une bonne solution selon vous d'ouvrir les dimanches ? Est-ce que c'est une solution qui est durable, une solution qui est temporaire, une solution qui peut aussi créer des inégalités
d'abord, j'ai une immense empathie pour les commerçants, pour les personnes qu'on vient de voir. C'est ce qu'ils ont vécu. D'abord, c'est difficile, même indépendamment des manifestations, pas facile d'être commerçant aujourd'hui dans beaucoup de cas. Et deuxièmement, avec ce qui s'est passé, c'est absolument catastrophique, non seulement pour ceux qui ont été victimes, c'est déjà pour qui c'est très grave, mais même pour d'autres qui pâtissent des effets indirects de l'ambiance qui existe aujourd'hui. Donc tout ce qui permet, au moins dans cette phase un peu intermédiaire, de leur permettre de sauver leur... Leur revenu en 2026 doit être fait, donc ça me paraît aller dans le bon sens. Après, ça ne veut pas dire qu'il faut changer structurellement les règles de l'ouverture du dimanche. Je pense que c'est important pour un pays respirer le dimanche, que ce soit un jour différent des autres, qu'on n'aboutisse pas à une forme de standardisation commerciale du pays. D'ailleurs, là aussi, Tocqueville s'inquiétait de l'évolution vers la standardisation. Nous ne sommes pas que des êtres de consommation. Je pense que c'est toujours important de le rappeler. En revanche, que nous soyons extrêmement bienveillants, extrêmement attentifs à ce que les commerçants demandent dans la période actuelle, je crois que ça va dans le bon sens. Pas
des êtres de consommation, vous dites, mais la consommation va mal en France. L'INSEE montre un dernier trimestre à moins 0,1% de croissance. S'il y en a deux comme ça, on parlera de récession. Et puis la question du moral des ménages, ça pose globalement pour la présidentielle la question des rythmes. de travail, du temps de travail. On a Edouard Philippe, par exemple, pour le bloc central, qui veut passer aux 37 heures, en échange de 1000 euros de plus par an, avec sur 35 heures, plus deux heures supplémentaires par semaine défiscalisées. Est-ce que ça, par exemple, c'est votre tasse de thé économique
je pense que l'un des problèmes qu'a la France aujourd'hui, quand on se compare très objectivement avec les autres pays, c'est justement que nous ne travaillons pas suffisamment. Donc ce qui se passe, c'est que... Vous avez le travail qui est concentré sur une faible partie de la population, en tout cas une partie insuffisante de la population, aussi bien du fait de notre durée hebdomadaire du travail que du fait de notre départ à la retraite. Et donc ce taux d'emploi et la durée du travail posent un problème très important. Donc pour vous, fin des 35
heures et encore augmentation d'âge légal de départ à la retraite ?
Et augmentation du pouvoir d'achat des Français. Tout fait système. Travailler plus pour gagner plus. Oui, on peut le résumer comme ça, mais ça n'est qu'un résumé. Mais en fait, la question, elle est systémique. C'est-à-dire que vous devez jouer sur plusieurs paramètres à la fois. Vous avez d'abord à faire une réforme des retraites en France. C'est indispensable. À quel âge on
part
Moi, je fais partie de ceux qui pensent que c'est plutôt la formule de la retraite à points qui est la bonne formule, parce qu'il y a des situations tellement différentes. Et on doit tellement valoriser aussi ceux qui ont fait des travails pénibles au cours de leur existence que… On ne peut pas mettre le même âge pour tout le monde. Je pense que le système... Écoutez, ça a le mérite d'aller dans le sens de plus de travail, d'un réalisme dans ce qui est nécessaire pour l'équilibre des comptes. Je rappelle que dans le grand déséquilibre des comptes français, qui est un peu unique en son genre actuellement en Europe, qui est très grave, donc il faut prendre très au sérieux, la question des retraites joue un rôle considérable. Donc si on réussit à faire une réforme des retraites qui est comprise de tous les Français et admise parce qu'elle serait juste... alors on va arriver à quelque chose. Moi, ce que je préconise aujourd'hui, on y a beaucoup travaillé au laboratoire de la République, c'est d'arriver à ce que nous créons un fonds souverain français. Que l'augmentation de trois points de TVA que l'on peut préconiser en ce moment serve à alimenter ce fonds souverain et qu'elle serve notamment pour que les dividendes de ce fonds souverain qui investiront dans l'économie française et notamment dans l'ensemble du territoire français, je parlais du projet de société pour revitaliser le territoire, bien que ces dividendes-là soient versés dans... 10 ou 15 ans, pour les générations qui ont moins de 50 ans aujourd'hui et qui pensent éventuellement à juste titre, et j'espère pas à juste titre, qu'ils sont les sacrifiés d'aujourd'hui. Il faut leur envoyer le message qu'ils ne sont… – La capitalisation d'État,
qu'est-ce que c'est ? –
Oui, c'est effectivement un bon compromis entre la logique de la capitalisation et l'intérêt national garanti par l'État, c'est-à-dire que nous avons besoin de réinvestir dans notre territoire. Il y a 6 000 milliards… d'euros d'épargne française. Très souvent, cette épargne, elle va dans des fonds américains qui parfois rachètent des entreprises françaises. Quelque chose ne va pas. Nous devons retrouver notre force nationale. Cela signifie faire d'une pierre plusieurs coups, c'est-à-dire... investir dans notre propre économie, que tous les Français se sentent concernés par la réussite de l'économie. Aujourd'hui, certains parlent de l'entreprise, on a l'impression que c'est l'adversaire. C'est le bien commun, c
'est ce que vous appelez réhabiliter le bien. Bien sûr, le bien commun,
c'est non seulement l'État dans ses services publics, mais c'est aussi la prospérité générale au service de tous. Et c'est ça qui est aussi vecteur de fraternité. Les
Français doivent
devenir sociétaires de la France. C'est-à-dire, tout Français doit être bénéficiaire de la réussite de la France, pas seulement quelques-uns. Donc ça c'est la dimension sociale, mais aussi au service d'une efficacité, ça c'est la dimension économique. – Cet échec
sur de la réforme des retraites, notamment porté par Emmanuel Macron, est-ce que ça fait partie de ce ratage complet, je cite vos mots, de ce que vous estimez être le ratage complet du second quinquennat d'Emmanuel Macron ?
Oui, moi je fais une grande différence entre le premier quinquennat et le deuxième quinquennat. – Parce que vous n'étiez pas dans le deuxième ? – Non, je ne suis pas une cause, je suis une conséquence. De toute façon, ce que je dis, chacun peut le vérifier. Et pour ma part, c'est vrai que j'ai commencé à dire dès 2022, et même en réalité un peu avant, qu'on ne prenait pas une bonne route, et notamment pour des enjeux de cap, et donc de cohérence. Vous savez, si on a du déséquilibre… des finances publiques, qui ne datent pas des deux quinquennats d'Emmanuel Macron. – C'est aggravé
sous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
– C'est aggravé dans le deuxième quinquennat, pas dans le premier. Si vous regardez les comptes publics du premier quinquennat, vous avez évidemment la crise sanitaire qui crée un endettement spécifique, mais sinon les comptes étaient tenus. Le vrai dérapage commence vers 2022, même 2023. Et ça aggrave même en 2024. Or, pourquoi les autres pays n'ont pas ça ? C'est pour plusieurs raisons. Mais l'une d'entre elles, c'est que quand vous êtes responsable de quoi que ce soit, même d'une famille, d'une entreprise, d'un État, vos choix budgétaires, vous les faites en fonction d'un cap. Parfois vous dites oui, parfois vous dites non. – Mais alors qui pourrait incarner ce cap maintenant en 2027 à la présidentielle ? – Regardons le futur un peu. – Pour moi, si vous voulez, il faut peut-être qu'on essaye cette fois-ci de prendre les choses dans l'autre sens. C'est-à-dire plutôt que de se dire on va désigner un homme ou une femme providentielle… Et puis ensuite, cette personne va former une équipe. Et puis ensuite, ils vont éventuellement avoir un projet. Faisons l'inverse. – Tout le monde dit
ça à chaque fois et ça fonctionne assez rarement. – Et on est au mois de novembre 2026 quand même. – Non, non, non, non. Par exemple, il y a quelques mois, vous disiez qu'Edouard Philippe était le mieux placé, était quelqu'un qui, je vais retrouver votre citation, « Edouard Philippe fait partie des gens tout à fait dignes de la fonction ». Est-ce qu'Edouard Philippe est votre candidat pour 2027
? Non, je dis exactement la même chose qu'il y a quelques mois, c'est-à-dire qu'il fait partie des personnes tout à fait dignes. Pourquoi vous dites la même chose ? Parce que vous sentez que ce n'est pas forcément… Je dis la même chose que ce que je disais il y a deux mois, ou même il y a six mois. J'ai beaucoup d'estime pour Edouard Philippe. Je pense que si ça devait être lui le président de la République, on aurait une personne digne de la fonction. Je pense que ce qui est important, c'est que… Vous ne vous mouillez pas trop, là. Non, non, mais laissez-moi développer, vous verrez, vous me mouillez de plus en plus. Là, il y a d'une part… Pour une part, notre détermination à tous, ça doit être sur le programme, sur le fond, plutôt que de savoir si quelqu'un a un beau visage ou un beau sourire. Mais au mois de novembre, il reste peu de temps. Non, mais c'est justement ce que je suis en train de dire, c'est que premièrement, il faut un... projet, et c'est le travail comme d'autres, pas de manière solitaire, mais que j'essaye de faire avec le laboratoire de la République, de précédents ouvrages que nous avons fait, etc. Ces idées sur la réforme des retraites et sur bien d'autres sujets. – Primaires ou pas primaires ? – Je finis juste mon raisonnement et je vous réponds. Mais c'est d'une part la question du programme et d'autre part la question de l'expérience de la personnalité qui va aller pouvoir. Je pense que nous savons aujourd'hui qu'il est bon que la personne ait fait un certain nombre de choses dans la vie. qu'elle ait eu une expérience dans le privé, qu'elle ait dirigé quelque chose, qu'elle ait mené des projets. – Ça serait qui le candidat avec de l'expérience ? – Par exemple, puisqu'on parlait d'Edouard Philippe, il en fait partie. Je ne suis pas en train de vous dire que je le soutiens. – Et vous par exemple Non, vous voyez bien que je ne suis pas en situation d'être candidat. –
Ça peut être Christine Lagarde, ça peut être Jean Castex. – Oui, non, mais je dis que c'est une… Mais oui,
mais c'est quand même si vous passez au filtre de l'ensemble des candidats actuels, avec ce que je viens de dire, vous pouvez crémer déjà pas mal. Donc je pense que c'est très important. Et c'est important qu'une personne qui ait le sens de l'équipe, que la personne que les Français vont élire, doit être quelqu'un qui sait créer du collectif. – Vous l
'avez identifié, vous, cette personne-là ? – Non, j'aimerais,
j'aimerais beaucoup, mais en tout cas, je suis capable de dire que… telle personne rentre dans la catégorie. – Et comment les primaires ou pas primaires ?
–
Alors, je ne suis pas un chaud partisan des primaires parce que je pense qu'elles ont un côté dangereux et qu'elles ont dans le passé pas fait complètement leur preuve. S'il le fallait, je pourrais être convaincu par ça. Il y a peut-être d'autres modes de désignation qui sont possibles. Je pense que c'est vers le mois de décembre que nous allons pouvoir en avoir le cœur net. – Sous la forme d'un sondage géant, sous la forme d'un grand sondage à un grand panel ? – Par exemple, ça peut être une formule, ça peut être aussi un consensus à un moment donné, tant il y aurait une personne qui se détacherait dans ces circonstances. Donc il y a effectivement Édouard Philippe, vous avez eu raison de le citer, puis il peut y avoir une ou deux personnes qui vont émerger dans les temps qui viennent, et là on verra, mais il faut quelqu'un qui gagne. La question aussi… de la situation de cette personne au deuxième tour est absolument fondamental. Donc il faut regarder de quoi est capable Edouard Philippe dans ce deuxième tour, il faut regarder aussi comparer avec d'autres. Et ça, ce sujet-là, il est fondamental, être capable d'accéder au deuxième tour, être capable de gagner ensuite. – On va passer à la
dernière séquence de l'émission, si vous voulez bien, c'est l'info en plus. C'est l'info un petit peu passée sous les radars de l'actualité et dont vous avez choisi de la mettre en lumière ce soir. Jean-Michel Blanquer, ce soir, vous voulez nous parler du Salvador.
et surtout de Haïti, en fait. C'est-à-dire que les deux pays, en ce moment, ont des raisons de se parler. Mais c'est le cas de Haïti que je voudrais souligner. D'abord, parce que j'aime ce pays, j'aime l'Amérique latine. Vous savez, j'y ai consacré aussi beaucoup une partie importante de ma vie. Et Haïti est un pays particulièrement à aimer de la part de la France. Nous avons une histoire commune et nous n'en parlons presque jamais. Donc, comme vous m'avez donné cette possibilité, j'ai voulu parler de Haïti. est dans une situation dramatique, parce que, pour plusieurs raisons qui datent de nombreuses années, mais notamment les gangs et la drogue. Et c'est pour moi l'occasion de parler d'un deuxième sujet qui est en effet les gangs et la drogue. La question, juste pour montrer la situation, vous avez Haïti qui est une sorte de schéma qui accentue un problème que nous avons. y compris en France, c'est-à-dire l'emprise des gangs, de la drogue et du crime organisé.
– Mais est-ce que votre méthode, par exemple, ça serait celle du président salvadorien, Naïb Boukele, qui dit qu'il va déployer 2500 troupes en Haïti, on sait que pour le coup, c'est pas un franc démocrate, Naïb Boukele. – Non, non,
là vous m'avez demandé, j'ai en aucun cas envie de… – Vous ne le prenez pas comme modèle ? – Je ne le prends pas comme modèle, non, non, je l'essaye de répondre à votre invitation qui est de… donner aux téléspectateurs un fait qui passe sous le radar et qui, probablement, va générer différentes choses qui se verront dans le radar dans les semaines qui viennent. Donc, si je résume ce qui se passe… – La France n'en fait pas
assez contre le trafic de drogue aujourd'hui
On n'en fait jamais assez. Je pense qu'il faut, si on revient à la France, mais je vais vous dire quand même la totalité, s'il nous reste du temps, si vous me laissez développer. D'abord, vous me parlez de la France. Un mot là-dessus. On n'en fait jamais assez contre le crime organisé et le trafic de drogue. Ça fait partie des plaies de la France actuellement. Je pense que d'ailleurs, là aussi, c'est un sujet sur lequel on peut faire d'une pierre plusieurs coups. Je préconise des mesures drastiques pour confisquer les biens mal acquis de tous les trafiquants et tous les malfaiteurs de France. Si on commence à faire cela, je peux vous dire que ça fait partie des choses qui vont... renflouer les caisses publiques. Il y a des zones du pays qui sont des zones de non-droit et où demain, il faut rétablir l'ordre et prendre l'argent et montrer qu'il y a de la sévérité. Ça, c'est un point. Si je reviens à Haïti très rapidement, ce que ça signifie, c'est un peu l'illustration de ce que je dis dans le livre aussi, c'est que quand on va trop loin, si on laisse trop faire le crime, organiser le gang, alors les solutions qui semblent se présenter sont des solutions autoritaires comme celle de M. Boukelle. Donc on va voir ce que donnent les prochains jours et les prochaines semaines. mais en tout cas l'arrivée de ce contingent salvadorien. Derrière ça, il y a les États-Unis, bien sûr. Mais ce qui est frappant de voir, c'est que les haïtiens, les citoyens haïtiens, semblent être plutôt d'accord avec cette solution qui pourtant heurte leur patriotisme, parce que c'est ce qui semble être la seule solution, alors même que le gouvernement a très peu de légitimité, c'est un gouvernement de transition. Donc il faut qu'aucun pays ne soit en situation d'en arriver là, parce qu'on aurait trop laissé le crime organisé prendre du pouvoir.
Merci beaucoup Jean-Michel Blanquer d'avoir été notre invité ce soir. Merci Céline Rousseau, journaliste à Ici Hauts-de-France d'avoir été avec nous. Merci Yael Gauze. On vous retrouve dans la dernière partie de cette émission. Jean-Michel Blanquer, je rappelle votre livre « La démocratie et la fureur », c'est aux éditions Plon.
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