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n'est pas une plaisanterie la dette de la France. Quand on a été Premier ministre et qu'on dit la France est en faillite, quand on s'appelle M. Bayrou et que pour faire peur à tout le monde et faire avaler un budget qui est une incohérence économique absolue, alors on dit nous allons, nous marchons à la faillite. Quand on s'appelle Mme Le Pen, qu'on est candidate à l'élection présidentielle, que tout le monde annonce qu'elle a gagné d'avance et qu'elle dit la France va au-delà, au-devant d'une crise obligataire, il n'y a rien qui permet de dire ça. Donc moi, je les considère comme des nuisibles qui, par leur comportement, aggravent la situation. Je vais vous dire comment. Mais
s'il n'y a pas d'affolement, pourquoi vouloir à tout prix supprimer ces 600 milliards de dettes
sûr. Vous allez voir pourquoi. Parce qu'il y a une charge sur une dette. Vous en avez entendu parler. Bien sûr. Et moi, je dois faire deux choses. 1. Nous protéger. C'est-à-dire, si je peux alléger la charge, tant mieux. 2. Si je peux vous rassurer, encore mieux. 3. Si j'arrive politiquement à marquer le point de dire la Banque Centrale Européenne reconnaît que l'argent que nous devons à la Banque Centrale Européenne, c'est de l'argent que nous devons à nous-mêmes. Et que par conséquent, je l'oblige à intervenir, comme elle l'a déjà fait en 2015, en achetant des titres de dette d'État. Et comme elle a déjà fait face... Sur un marché secondaire. Pardon ? Sur un marché secondaire. Voilà. Ah, donc c'est pas une annulation au bilan de la banque. Non, non, non, attendez, attendez. Elle l'a fait. Parce que d'habitude, la question que vous avez prévue à la suite, c'est de dire, ça n'est pas légal à cause du traité de fonctionnement de l'Union. Vous avez privé. Bien sûr. Article 13, je la connais, tout le monde me l'a fait. C'est toujours la même. Or, la Banque centrale l'a fait sur le marché secondaire. De quoi je vous parle en ce moment ? La dette que détient la Banque centrale européenne, c'est de la dette qu'elle a achetée sur le marché secondaire. Il n'y a rien dans les textes européens qui disent « voilà ce que la Banque centrale a le droit de faire ou de ne pas faire avec ce qu'elle a dans son bilan ». Il n'y a rien. Donc si elle veut, elle le fait. Il faut convaincre les partenaires,
les partenaires
européens. Vous allez vite, hein,
tout à fait. On revient à notre première question.
Prenez le temps de savourer ce que je viens de vous dire. Prenez le temps, prenez le temps de déguster. D'accord ? Parce que vous voyez qu'on n'est déjà plus en train de parler de la même chose. On n'est plus en train de parler de la dette catastrophique, vite pourrons-nous cacher dans notre bunker. On est en train de se dire comment Mélenchon va s'y prendre pour convaincre les Allemands, convaincre les Allemands, notre modèle, la gestion sérieuse d'un État qui est en ruine et qui va emprunter l'année qui arrive plus que tous les autres pays européens. D'accord ? On commence par s'en rappeler. Par conséquent, figurez-vous qu'il y a donc une institution européenne. Comme vous le savez, les institutions sont des constructions provisoires. Par exemple, nous ne vivons plus sous l'Empire ni sous l'Ancien Régime. Nous vivons en République avec une sécurité sociale, concept inimaginable, il y a un siècle. Donc venons au moment. La Banque Centrale Européenne... possède légalement des titres achetés sur le marché secondaire, et c'est cela que je propose d'annuler. Car nous avons une charge qui résulte de la possession de ces titres, virgule, attention, voici une objection. Oui, mais M. Mélenchon, comme cet argent remonte à la Banque Centrale, alors nous récupérons nos sous. Erreur, jeunes gens. Pas vous, parce que c'est pas à vous que je m'adresse, je m'adresse au gros malin qui écrive dans le journal Le Monde et le reste, qui explique que nous allons nous priver d'une ressource. Ou pire, il y a l'opinion. Je vous recommande ce journal, c'est un journal qui vit des aides publiques et qui est 100% libéral. Donc ce journal dit, oui mais nous allons nous priver. Mensonge, l'ensemble des recettes de la Banque Centrale sont partagées dans le bilan avec tous les composants, c'est-à-dire tous les membres de l'Union. Et nous ne possédons que 18%. Donc, nous ne récupérons que 18%. Si nous annulons, nous annulons tout, c'est-à-dire 100%. Vous voyez que dans l'affaire, on y gagne. Donc, c'est un rapport politique. Je dis à la Banque Centrale Européenne, nous annulons quelque chose qui ne va coûter zéro à votre bilan. Zéro, ça ne changera rien. C'est de l'argent qu'on se doit à nous-mêmes. Vous avez deux possibilités. La foutre au feu, j'entre dans votre sujet, ou la mettre au congélo. Je suis disponible. C'est-à-dire que si vous voulez la mettre au congélo plutôt que la mettre au feu, ah, ça se discute. Je peux l'entendre du moment que je ne paye pas.
Si les Allemands ne veulent ni l'un ni l'autre, ni le congélo,
ni le feu. Non, mais c'est d'accord, parce qu'à ce moment-là, on n'a qu'à demander à M. Schmoll, là. de diriger la France, puisque c'est lui qui décide. Moi, j'ai l'idée que c'est nous qui décidons pour nous. Mais attendez, là aussi, prenez le temps d'entendre ce que je vous dis avant de passer à la question rituelle habituelle. Parce que dans un instant, vous en êtes aux Pays-Bas et vous n'aurez plus rien à me dire. Donc prenez les étapes. Donc première étape, pose ce problème et je lui dis, regardez bien maintenant ce que vous faites. Écoutez-moi, parce que vous pourrez comme ça resservir ça au suivant qui passera ici. Que se passe-t-il ? Supposons que par mon irresponsabilité, le fait que ce que je propose ne peut même pas s'écouter parce que les Allemands ne veulent pas, et que quand les Allemands veulent, un bon français est au garde-à-vous, c'est ça ? Pas
que les Allemands, il y a le Pays-Bas, l'Autriche... Les autres,
c'est la clientèle. Donc, non, non, mais je connais tout ça. Là, je fais bref parce que vous-même... Non, mais
c'est-à-dire qu'il y a des règles européennes, vous en convenez, donc... Vous en convenez, vous aussi ? J'en conviens.
Vous obériez, vous obéirez.
Oui ou non ? Est-ce qu'on peut annuler une dette si la BCE le refuse ? C'est simplement la question. Vous dites qu'on est maître du jeu, pas tellement en réalité, quand une dette est détenue par la BCE, est-ce qu'on est vraiment maître du jeu ? Admettons,
je prends, je fais le pari du fou, d'accord ? Je vous dis, ouais, on est maître du jeu. Vas-y, prends-moi de force du fric. Comment tu fais, BCE ? Ah oui, donc vous annulez unilatéralement cette dette. Non mais attends, c'est vous qui venez de me le dire. C'est pas moi, moi je vous ai parlé d'autre chose. Et vous ne me laissez pas terminer, mais je vais venir. Mais je veux vous prendre au piège des mots dans lesquels vous, vous êtes enfermé, pas moi. Je vous dis que si... Mais supposons, on met la France en défaut, d'accord ? Puisque c'est ça qu'on nous soupçonne de vouloir faire. Si on met la France en défaut, vous avez dit, il y a des lois, on les respectera, les autres aussi, vous êtes d'accord ? Très bien, en 2012, on a voté, on a adopté le mécanisme européen de stabilité financière. Si la France est en défaut, nation qui a 3500 milliards de dettes, et bien les autres, vous vous les répartissez. Parce que la dette sera payée à cause du mécanisme européen de stabilité financière qui lie tous les pays de l'Union européenne. Si Tsipras avait dit, au lieu de dire « je vous paye », comme il l'a fait, s'il avait dit « eh bien écoutez-moi, j'ai pas de sous, et comme je suis 2% de l'économie européenne, je peux rien », eh bien les Français auraient payé 45 milliards. Et les Allemands, 65 milliards. Par conséquent, arrêter de faire comme si nous étions les mauvais élèves de la classe et que les autres, nous dominant, de leur regard suprême, nous donneraient des ordres auxquels nous serions obligés d'obéir. J'envisage tous les cas devant vous. Ce n'est pas le cas que je souhaite. Si je m'adresse à l'Union européenne, je lui dirai, vous me permettez d'exposer ce que je dirai ? Des arguments de raison. Vous avez intérêt à ce que les taux d'intérêt baissent pour la part du fric qui arrive de l'extérieur. C'est votre intérêt à tous en Europe. Pourquoi ? Parce qu'il y a 5 pays qui sont au-delà de la règle absurde des 100% de dette. Et ce n'est pas des petits dépassements. 5 pays, que je ne me trompe pas dans l'ordre, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la France, la Belgique. 5 ! Et ces 5 pays représentent 50% du PIB de l'Europe. Alors ne me dites pas que la Banque Centrale et les Allemands s'en foutent. Parce que si vous faites trébucher les Français, vous faites trébucher tout le monde. Pourquoi ? Parce que, comme lorsqu'il y a eu la crise grecque, qui, je vous rappelle, a démarré à 110% du PIB de la Grèce. Ils ont dit, ah, 110, c'est trop. Nous sommes déjà plus loin, les 5 pays que je viens de dire. Non, l'Espagne a reculé, elle est passée sous 100%. J'ai oublié le cinquième, peu importe. Mettons même que 4. Mais ça représente 50% du PIB de l'Europe. Si nous trébuchons, tout le monde trébuchera. Personne n'a intérêt à faire trébucher la France. Dans un rapport de force, vous avez deux possibilités. Vous êtes le plus fort et vous imposez. où vous êtes le moins fort, supposons qu'on soit, et alors tout le monde est mis dans la même sauce que vous. Voilà pourquoi je dis, ne croyez pas que la situation française soit une situation réservée aux Français. Elle concerne tous les pays de l'Union Européenne qui se trouvent pris dans cette situation et qui ont tous intérêt à une sortie. Quant à nos bons amis allemands, après avoir emprunté les 500 milliards qui s'apprêtent à emprunter... pour déclencher leur économie d'armement en vue de la paix perpétuelle à laquelle ils visent et dont ils sont coutumiers, eh bien, figurez-vous que eux aussi ont intérêt à regarder de plus près ce que vont être les taux d'intérêt. Si on met des taux d'intérêt à 6% pour les Français, il n'y aura pas beaucoup de temps avant qu'eux aussi se mettent à payer plus que ce qu'ils ont envie de payer. Par conséquent, ce que je vous demande d'entendre, c'est de cesser les raisonnements qui sont des purs mécanismes. Comme A, alors B, alors C, alors écoutez, même dans les sciences dures, la réalité est devenue probabiliste. Alors il n'y a que l'économie, cette foutaise de science. dans lequel la réalité serait enchaînée par des causes et des effets. Mais vous plaisantez, ça n'existe pas. Personne ne peut accepter la faillite de la France. Et je n'ai pas l'intention de la mettre en faillite. Je fais le contraire. J'essaye de trouver une solution rationnelle qui nous permet de quoi ? De faire baisser la charge et le niveau de la dette, de manière à faire baisser. Si vous croyez, vous là, si vous croyez que c'est le marché... qui domine et que le marché c'est une règle pure et abstraite. Et que
se passe-t-il alors si on annule cette dette sur les marchés justement ? Vous voyez que vous l'améliorez
là, vous en avez déjà imaginé qu'on l'annule. Ah
oui, je vais dans le futur avec vous, faisons une petite fiction, on annule cette dette, que se passe-t-il sur les marchés financiers demain, par exemple au niveau des taux selon vous, comment réagissent-ils ?
Normalement, si c'est ce qu'on vous apprend à l'école. Que nous sommes dans un marché pur et parfait, préoccupé seulement d'offres et de demandes, et n'intégrant aucune spéculation ni esprit cupidité... L'inverse de la réalité,
Dugo.
Hein ? L
'inverse
de la réalité, Dugo. mon avis, oui. Le marché désigne une chose inconnue. Le troc, c'est un marché. L'échange monétaire, c'est un marché. Mais là,
sur les taux qui augmentent, est-ce qu'ils augmentent ? Ou d'ailleurs, c'est moi qui le
postule, mais augmentent-ils ? Non, mais attendez, j'ai vu que j'étais capable de vous amener à des conclusions plus positives qu'au départ. Là, vous en êtes à en annule. Bien. Que va-t-il se passer avec les marchés ? Normalement, si ce sont des marchés, voient la quantité de dette diminuer, ils voient la charge de la dette diminuer, et aussitôt, ils se disent, oh, comme c'est merveilleux ! La charge ayant baissé, nous allons baisser nos taux. Sauf qu'il s'est produit une ou deux choses à laquelle vous n'êtes pas attentifs et qui ne figure nulle part dans vos questions, car vous vivez dans le monde pur et parfait. Mais dans ce monde pur et parfait, premièrement, il y a une masse monétaire qui circule à l'intérieur d'une sphère. qui est tellement, comment dire, appétissante, goulayante, que le capital préfère se placer dans cette sphère plutôt que dans la production. Prenons un exemple bien concret et qui touche à ce que nous sommes en train de dire. Quand la Banque Centrale Européenne a racheté des titres de dette, primo, normalement elle aurait dû déclencher de l'inflation. Où est l'inflation ? Parlez-moi de l'inflation de l'année 2015-2018. Ah, non, il n'y en avait pas. Et quand le président de la Commission européenne a déclenché celui qui buvait sec, là, comment vous l'appelez, le Premier ministre du Luxembourg
Juncker ? Jean-Claude Juncker
Schmoll, voilà, on va dire comme ça. Donc celui-là, bon, quand il a fait des propositions aux banques, il a fait trois plans de relance. Et il a dit, je vous propose de l'argent si vous êtes capable d'en prêter à des gens pour construire des maisons. Résultat, walou, personne n'aura pris son argent. Et à la fin, il a fini par dire, allez, bon, voilà, il y a des sous, 86 milliards par mois. 86 milliards par mois que la Banque Centrale Européenne, sous l'influence d'un homme qui avait la tête sur les épaules, qui voyait l'Europe commencer à s'enfoncer dans la stagflation, il a distribué ça aux banques privées.
Donc vous dites que les taux vont diminuer, c'est ce que vous avez dit en début. Normalement. Alors Nicolas Dufresne, l'économiste qui, selon le monde, vous a soufflé l'idée de l'annulation de cette dette, dit lui-même 'une situation d'annulation unilatérale créerait une panique financière. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
D'abord, le monde m'attribue des influences qui sont un peu présomptueuses. Car voyez-vous, je sais bien que cette année vient commencer avec ceux qui ont été pondus cette année, mais la question de la dette ne vient pas de surgir dans l'actualité. Elle existe parce qu'il y a eu le thème de la dette odieuse pour tous les pays de l'Amérique latine. Elle existe parce qu'il y a eu toute l'Afrique qui a été le cahier, le cahier de brouillon. de cette politique pendant plus de 10 ans, qui a tout détruit. Ensuite, on est passé à l'Amérique latine, et là, il y a eu une commission devant laquelle j'ai été appelé à témoigner de l'ONU sur un mandat de l'Équateur et de l'Afrique du Sud pour savoir comment on obligeait les entreprises à respecter leurs obligations, et auparavant, l'Argentine avait déclenché une commission avec un mandat de l'ONU sur les dettes souveraines. Donc pardon de dire à Nicolas qu'il n'a pas l'âge de m'avoir suggéré quelque chose qui était dans le débat public depuis déjà... au moins 15 ans. Voilà.
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