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Et Guillaume Tabard pour l'éditorial avec le Figaro à 8h10. Bonjour Guillaume.
Bonjour David. Et
bon retour parmi nous ! Alors que de plus en plus de voix réclament une primaire du bloc central, Edouard Philippe a une nouvelle fois fermé la porte à cette idée. C'était hier soir à la télévision. Par ce refus, fait-il courir un risque au bloc central ? Si on s'en tient
à une analyse purement arithmétique, oui. Mais si on réfléchit en termes de stratégie politique, il se pourrait au contraire qu'une primaire ne soit pas la solution miracle espérée. par certains. Alors, faire de l'arithmétique, c'est dire que s'il y a sur la ligne de départ Edouard Philippe et Gabriel Attal et Bruno Retailleau et David Vissnard, il se pourrait qu'aucun ne soit présent au second tour. Mais vous le savez, en matière électorale, 1 plus 1 plus 1 plus 1, ça ne fait jamais. Ensuite, on a constaté qu'une primaire donnait un élan à un camp déjà en dynamique. Ce fut le cas du PS en 2011 ou de la droite en 2016, avant l'accident Fillon. Mais des primaires n'ont jamais sauvé un camp sur le déclin. Regardez Benoît Hamon en 2017 ou Valérie Pécresse en 2022. Or là, la leçon des sondages de ces dernières semaines, c'est que tous les candidats de ce qu'on appelle le bloc central sont en baisse. Et donc, s'en remettre à une seule primaire pour inverser la tendance, de mon point de vue, c'est plutôt une illusion.
Alors, si l'Union n'offre aucune garantie de victoire, la division ne donne-t-elle pas la certitude de l'échec ? Vous avez raison,
on ne peut pas balayer la question d'un revers de la main, mais je pense que le débat actuel sur la primaire est conduit à l'envers. Car Philippe Attal-Rotaillot-Lysnard, il ne serait pas aberrant qu'il se dise... Que défendons-nous en commun ? Sur quoi sommes-nous d'accord ? Pouvons-nous gouverner ensemble ? Et si un accord de fond existe, alors chercher quelle figure est la plus crédible ou la plus consensuelle pour la porter peut avoir un sens. Mais comme l'a souligné hier soir Édouard Philippe, quoi de commun entre les héritiers du macronisme et les partisans d'une union des droites ? Et faute de ce travail préalable sur le fond, la primaire apparaît comme une sorte d'injonction uniquement tactique, fondée non pas sur le souci de donner le maximum de chance à un projet commun, mais par la peur de disparaître du paysage politique, un paysage qui serait reconfiguré par un duel Mélenchon-Le Pen.
Mais sans candidat commun, comment ce bloc central peut-il éviter d'être broyé en tenaille par le duo Mélenchon-Le Pen ? Tout simplement en parlant
de projet plus que de procédure, en parlant de ce qui intéresse les électeurs et pas du moyen de préserver leurs intérêts à eux. Je ne sais pas si par exemple l'effet listener est réel ou durable, mais en tout cas il intéresse en ce moment parce qu'il est perçu comme étant différent des autres. Et voyez-vous, le défi d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal et de Bruno Retailleau n'est pas de commenter les sondages, mais d'attirer l'attention sur leurs idées. et ainsi d'aller chercher les électeurs qui, pour l'instant, votent plus à gauche ou plus à droite. Voyez-vous, au fond, se remettre par principe à une primaire, c'est ne pas croire en leur propre capacité à séduire et à élargir. Et ça, les électeurs le sent.
Guillaume Tabard, l'éditorial avec le Figaro, que vous retrouvez en vidéo sur lefigaro.fr et sur la chaîne YouTube de Radio Classique.
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