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Radio J. Le forum Radio J. Frédéric Aziza. Radio J. Radio
J.
et bienvenue au forum Radio J dont vous êtes l'invité Bernard-Henri Lévy. Bonjour. Alors depuis un demi-sier que vous avez toujours été là où s'est jouée l'histoire, Bernard Rang, il est évident, le monde comme en France. Et depuis un demi-sier que vous tenez un journal, le livre de votre vie, que vous racontez dans Mémoire Provisoire, ce livre de 864 pages en forme d'autoportrait publié chez Olivier Nora, édition. On vous y croise avec tous les chefs d'État, Français et étrangers, les grands écrivains et les penseurs. que vous avez rencontré et qui ont marqué ces 50 dernières années. C'est le livre du philosophe, de l'écrivain, du citoyen du monde, de l'européen et du juif que vous êtes. Le livre d'un homme qui s'est toujours battu pour la paix, pour la solution à deux États, Israël-Palestine, qui depuis des années dénonce le fascistamisme et dont on constate aujourd'hui des ravages. dans l'opinion mondiale et notamment chez nous en France. Votre parcours, Bernard-Henri Lévy, vous a conduit à aller depuis 1971 à l'autre bout du monde pour voir des guerres ignorées ou oubliées, pour sentir le monde et la nature humaine, mais aussi chez nous, pour vous interroger, pour nous interroger sur le modèle français. Alors si vous deviez comparer notre époque à un moment historique, Bernard-Henri Lévy, lequel choisiriez-vous ? Les années 30, mai 68 ou une période entièrement nouvelle ? Les
années 30.
années 30 et pourquoi
? Parce que la colère comme sentiment dominant, parce que les ligues factueuses qui se multiplient, parce que l'extrême droite et l'extrême gauche qui emploient les mêmes mots... Et qui se mêlent quelques fois. Et qui emploient les mêmes mots, qui se retrouvent dos à dos et souvent au coude à coude. Donc ça, c'est les années 30. Alors
les années 30, on sait sur quoi elles ont débouché ? Elles peuvent déboucher sur la même chose ?
Non, parce que cette fois-ci, on le sait. Et qu'il y a tout de même un certain nombre de citoyens éclairés qui savent à quoi ces petites plaisanteries peuvent conduire. Donc je pense qu'il y aura un sursaut.
Et vous le savez, à quoi elles peuvent conduire, le citoyen éclairé que vous êtes
Elles peuvent conduire à la guerre civile, elles peuvent conduire au fascisme, elles peuvent conduire à l'antisémitisme ou au racisme d'État, bref, à toutes les formes du pire. Elles peuvent conduire à l'auto-destruction de la
démocratie. – France, on en vient à la France. Est-ce que le plus grand danger aujourd'hui, c'est l'explosion sociale, c'est l'affalbissement de la démocratie ou c'est l'embrasement généralisé ?
Le plus grand danger, c'est tout ça à la fois. C'est la liquéfaction du lien social. C'est la dissolution de ce qui fait lien entre les Français. C'est l'absence de perspective et d'espérance. C'est le temps sans repère. Moi, quand je compare l'époque où nous sommes aujourd'hui à toutes les époques que je raconte et que j'ai vécues, 'est ça qui me frappe le plus. Les mouvements sociaux ou les mouvements étudiants de ma jeunesse, ce n'est pas pour faire le vieux con, mais il y avait de la violence. On va dire plutôt le vieux sage. Il y avait de la radicalité. Il y avait tout ça. Mais c'était porté par des passions positives. C'était porté par une espérance. Et par des réflexions. C'était porté par de la pensée. Aujourd'hui, la pensée, bien souvent... encore cette nuit, elle se réduit à quelques mots, quelques borborygmes. Et de la violence. Et la casse et le pillage. ça, je crois que ça n'était... Je raconte ça dans le livre. En 1968, il y a eu un, je crois, un exemple de violence. Un lycée ou un établissement scolaire qui a été vandalisé. Il y a eu une tentative de vandalisation. C'était Sciences Po. par un groupuscule d'extrême droite qui s'appelle l'Occident. Et les lieux, les amphithéâtres avaient été sanctuarisés et protégés par les groupes d'extrême gauche, ancêtres de ceux qui aujourd'hui font du pillage et du caillassage de l'alpha et l'oméga de l'oméga. Parce qu'à l
'époque, on hurlait contre ça. Aujourd'hui, on applaudit. Pardon ? À l'époque, on hurlait contre ces violences, contre l'attaque de tout ce qui est éducation. Et aujourd'hui, on
applaudit.
À
l on pensait surtout que l'éducation était un progrès. On pensait que les livres rendaient libres. On pensait que la pensée était un progrès de l'humanité. 'hui, on tourne le doigt à tout ça.
Il faut parler d'un climat insurrectionnel ou pas
17 octobre, oui. Il y a eu un moment de sidération de l'État, sûrement. Mais enfin, soyons honnêtes, l'État s'est repris, par exemple, cette nuit. J'ai l'impression que l'État a repris les rênes. du pouvoir, le ministre Nunes, qu'on a beaucoup critiqué, à tort à mon avis d'ailleurs le 17 octobre, je crois qu'en contraire qu'il a eu les mots qu'il fallait, et il a probablement conduit les choses comme il le fallait. La responsabilité d'un État, dans des circonstances de ce genre, c'est de maintenir l'ordre, mais c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas de catastrophe, qu'il n'y ait pas... Qu'il n'y ait pas un policier brûlé. On a vu ce qui s'est passé hier soir. Et qu'il n'y ait pas non plus un lycéen gréement blessé. Il y en a eu. Il faut reconnaître qu'il y en a eu. Et
il faut le regretter. Vous parlez de mai 68. Vous êtes présent sur les réseaux sociaux. Mai 68, avec les réseaux sociaux, qu'est-ce que ça aurait donné ? Parce qu'aujourd'hui, ce qui se passe aujourd'hui, c'est aussi à travers les réseaux sociaux.
aurait donné un mai 68 moins intelligent. Parce que mai 68, c'était quand même une explosion aussi d'intelligence et d'imagination. Parce que les réseaux sociaux, c'est quoi ? C'est l'activisme pour les cons, par les cons ? Ça rend idiot. Ça réduit le langage à 200 mots. C'est des réflexes... Des réflexes de... de débiles mentaux. C'est la porte ouverte à l'antisémitisme. C'est la porte ouverte au racisme le plus épais. J'y suis. Oui. Mais en réfléchissant. J'écris sur les réseaux sociaux, j'écris mes messages moi-même et ils sont travaillés. Ce n'est pas des espèces de réflexes comme ça, spasmodiques, où j'exprime l'esprit de petite exaspération qui me passe par la tête. Il y a quelque chose de pathétique dans l'expression. Moi, je vois les commentaires. Parfois, je ne les lis pas beaucoup, mais on me les montre. J'ai une collaboratrice, qui s de ces réseaux sociaux, qui, de temps en temps, me montre. Mais c'est tellement grotesque. C'est tellement triste. Lorsque je me mets une seconde à la place de ces gens. qui écrivent ces horreurs et ces insanités sur moi, mais je les plains. Ça peut faire
mal. Alors vous faites référence dans Mémoire Provisoire à votre passage par l'ENS. Vous dites, comme beaucoup, l'école, avec un E majuscule. Comment le normalien que vous êtes, que vous avez été, mais que vous êtes toujours dans la tête, juge la crise des CN d'aujourd'hui, de 2026 ? Parce qu'on va préciser les choses, crise des CN, c'est autour d'un certain nombre de revendications. Abrogation de parcours sup. Réforme des bourses, création de 250 000 places à l'université, mise en cause du rythme scolaire, de la sélection, de la pénibilité du travail scolaire, des moyens matériels, du bâti scolaire, des classes surchargées ou de la restauration scolaire. Est-ce que toutes ces revendications des lycéens... qui réduisent aussi la demande de 10 milliards d'euros pour l'éducation, et les filles sont légitimes. Comment vous voyez tout ça ? Vous, le normalien. Un
grand nombre d'entre elles sont légitimes, bien sûr. Les lycées vétus, les classes surchargées, l'absentéiste professeur, je crois que c'est vrai. Là où il y a quelque chose qui n'allait pas dans les débuts de ce mouvement lycéen, c'est que... D'un côté, on protestait contre la vétusté du lycée de Nelson Mandela, et de l'autre côté, on le brûlait. On y mettait le feu. Donc là, il y a quelque chose qui ne va pas. On ne met pas le feu à un endroit que l'on demande de restaurer. Là, il y a quelque chose qui ne fonctionnait pas et qui exprimait sens propre le désarroi. de ces jeunes gens. Le désarroi, il vient peut-être d'autre chose. Il vient du fait que derrière ces revendications explicites que vous mentionnez, il y a d'autres qui ne sont pas dites et qui, elles, créent une angoisse phénoménale. Lesquelles ? L'angoisse face à l'avenir, l'angoisse face au climat, l'angoisse face à l'intelligence artificielle. Être un adolescent de 18 ans, vouloir faire, je ne sais pas moi, faire du cinéma... Est-ce que ce métier existeront toujours avec l'intelligence artificielle ? Est-ce qu'on n'entre pas dans un monde où ces métiers... vont disparaître. – On dit ça à chaque révolution industrielle. – Ah oui, mais celle-là est quand même assez spéciale. – Et celle-là va beaucoup plus vite que les autres. – Parce que là, d'après ce que j'en comprends, l'IA, c'est un peu plus qu'un outil, c'est un remplaçant. – C'est le grand
emplacement
? C'est un remplaçant d'une partie du cerveau humain. Et jusqu'à présent, les révolutions industrielles, elles servaient à prolonger la main, à enrichir le cerveau, ou peut-être même à le faire aller un peu plus vite. Aujourd'hui, ce qui semble nous être offert par ces grandes entreprises d'IA, c'est un remplaçant du cerveau humain. Aujourd'hui, même notre mémoire... Mais il faut que le cerveau soit ouvert à ça.
mais
regardez ce qui s'est passé avec Internet, par exemple. Moi, il y a un test très simple. Internet, je m'en sers beaucoup, comme tout le monde. Il y a 20 ans... J'avais une mémoire phénoménale. Je connaissais par cœur des dizaines ou des centaines de numéros de téléphones. Vraiment, de numéros de téléphones. Et c'est fini ? Mais aujourd'hui, j'ai externalisé, j'ai off-shore-isé ma mémoire dans mon téléphone. Et il y a beaucoup de choses que je n'ai plus besoin de mémoriser parce que je sais qu'elles sont disponibles à volonté.
En tout cas, toutes les références littéraires, vous les avez dans votre cerveau encore, dans votre téléphone ? Ça oui, bien sûr.
Heureusement. Mais je vois bien ce processus possible d'exfiltration de la mémoire vers une petite machine qu'on a dans la poche de sa veste.
Ça, c'est triste. Vous seriez lycée aujourd'hui, étudiant éventuellement. Est-ce que vous seriez dans les manifestations ? Est-ce que vous manifesteriez
je pense que je manifesterais, mais je foutrais Mélenchon dehors. Et Rima Hassan, et Mathilde Panot. Pourquoi Parce qu'ils ne sont pas au niveau. Pourtant, c'est eux qui mènent. Eh bien, c'est ça qui me gêne. Vous savez, dans les manifestations étudiantes du début de la modernité, c'est-à-dire les années 60, même Pierre Manasse-France, Même François Mitterrand, c'était quand même un autre niveau que Mathilde Panot. On les foutait dehors. Et quand Mendes France et Mitterrand au stade Charletti se proposent de rejoindre le mouvement étudiant, les étudiants leur répondent « on ne veut pas de vous ». Aujourd'hui, quand je vois... Les gens que je viens de vous citer, M. Manuel Bompard, qui est franchement le dernier de la classe, qui est un...
C'est une tête quand même. Non, je crois pas. Au niveau scientifique.
Mais au niveau politique, il est nul. Si vous le comparez aux générations d'extrême-gauche, aux générations de gauchistes j'ai pu connaître... dont je retrace un peu la vie et le geste dans mon livre. C'est franchement, mais c'est 25 niveaux en dessous. À l'époque,
ils ne disaient pas Mitterrand président, Madès Florence président. Non, ils disaient
pas Mitterrand dans les cortèges. Et aujourd'hui,
ils disent Mélenchon président. Oui. Et ils l'acclament. Et ils se font
photographier à côté de Mélenchon. Pour
diffuser ça sur les réseaux sociaux.
Et à côté de M. Babayako.
Et à côté de Riemassane.
On était bien plus exigeant que cela dans les mouvements étudiants précédents. Beaucoup plus exigeant que cela quant au niveau intellectuel des parrains que l'on se donnait.
La question qui se pose aujourd'hui, il y a encore une annonce. Tout ça, c'est lié à votre livre. C'est pour ça qu'on parle de l'actualité, mais c'est lié aussi à votre livre. 864 pages. Mémoire provisoire. Prochain rendez-vous, c'est le 5 novembre, cette manifestation intersyndicale avec un appel à la grève générale de Sophie Vinet pour la CGT. Est-ce qu'il faut redouter, est-ce qu'il faut souhaiter une convergence des luttes comme en 68 ? Et on précise les choses quand même parce que la question qu'on ne se pose pas, que personne ne pose, on est à six mois d'un présidentiel, est-ce que le débat présidentiel doit se faire dans la rue ? où il doit se faire, dans le cadre de cette campagne.
Vous savez, j'ai été formé à l'école de Michel Foucault, et de Jean-Paul Sartre, et de Maurice Clavel, qui croyaient à la divergence des luttes. Divergence des luttes, et pas convergence des luttes. Qui croyaient que les luttes, elles étaient... si on voulait les mener sérieusement, elles étaient singulières. On ne mélange pas tout. l'époque, je me souviens, il y avait une lutte contre les quartiers de haute sécurité dans les prisons. Il y avait des luttes contre la manière dont les malades étaient traités dans les hôpitaux psychiatriques. Il y avait des luttes sur la condition ouvrière et le travail à la chaîne. Quand on s'occupait d'une de ces luttes, on s'en occupait sérieusement. pas en les mélangeant aux autres. Je ne crois pas que ce soit les mêmes instruments, les mêmes mots, les mêmes discours qui permettent de lutter contre les abus de l'internement psychiatrique et l'horreur du travail à la chaîne. – C'était la grève
générale de Sophie Binet. Vous en avez quelque chose à dire ou pas ?
Mais grève générale, pourquoi faire ?
C'est ça la question. Pourquoi faire ? À six
mois de la présidentielle, d'où ma question. Pourquoi faire ? Si ça veut dire pour faire partie de le président de la République avant son terme... Ça s'appelle comportement factieux ou insurrectionnel et antidémocratique. – Il
cède ou il part ? Mélenchon, Badon et compagnie. – Mais ce qui prouve
qu'ils ne sont pas républicains. Républicains, ça veut dire que le mandat il dure 5 ans. On peut être content, pas content. Le type peut tomber à moins 12 dans les sondages, il est élu pour 5 ans. – Ce n'est pas les sondages qui dictent la République. – Et c'est le jeu. Ce qui dicte la vie politique, sauf à changer les règles. Alors on peut changer la constitution, on peut décider constitutionnellement qu'un président est révocable par sondage ou par référendum citoyen. Mais pour l'instant, la règle démocratique, la règle républicaine, c'est que le président, il a un mandat de 5 ans, qu'il a le droit pendant ces 5 ans de faire des erreurs et qu'on a le droit au bout de 5 ans de le chasser. De
toute façon, dans 6 mois, il ne sera plus là. Voilà. Et donc la question, c'est ça. Il y a la question qu'on devrait se poser. Est-ce que ça peut dire encore six mois comme ça, des manifestations tous les week-ends ou tous les trois jours ? Et est-ce qu'on peut imposer au pouvoir en place de régler le problème de l'éducation et les autres en six mois ? Ou est-ce qu'il faut que ça fasse partie du débat présidentiel, de la campagne présidentielle ?
L'idée même, vous venez de le formuler, vous-même. C'est puéril. Comment peut-on demander à un pouvoir de régler en six mois par quelle pensée magique ? Par six mois, aucun jour. Par quelle pensée magique croit-on qu'un pouvoir peut régler en six mois des problèmes hérités de 10, 20, 30 ans ? tantôt d'impéritie, tantôt de problèmes structurels accumulés. Évidemment que c'est un extravagant. Il y a de la puérilité, de la pensée magique chez ces responsables politiques. Là encore, je vous parlais tout à l'heure du degré zéro de la vie intellectuelle chez les insoumis. Là, on est au degré zéro du discours politique chez tous ceux qui raisonnent de la façon que vous dites.
– Crisis, c'est une violence, pillage, émeute. Est-ce que vous parlez, puisque vous parlez d'LFI, est-ce que vous parlez aussi d'un tour de chauffe de LFI et de l'ultra-gauche avant la présidentielle ? Et puis avec quel objectif ? On se souvient des déclarations de panneaux. Si Marine Le Pen était élue, ça serait la resurrection.
– L'objectif des Assoumis, c'est de plus en plus clair. – C'est quoi ? – Faire élire Marine Le Pen. – Ah, vous croyez que c'est ça ? crois que c'est ça. – Ce qu'ils disent, c'est pour faire élire Mélenchon. Ils savent bien que Mélenchon ne sera pas élu. Ils savent bien que la seule manière de faire battre Marine Le Pen, c'est qu'il y ait face à elle un candidat républicain modéré de droite ou de gauche. C'est comme ça. ne va pas changer de peuple, comme disait Bertolt Brèche. Le peuple français, aujourd'hui, c'est comme ça. Il ne va pas élire Mélenchon. Donc là, si Mélenchon est au deuxième tour, c'est la garantie. d'élection pour Marine Le Pen ou quiconque la remplacerait à la dernière minute. C'est ainsi. Le Pen, aujourd'hui, c'est l'agent électoral... Pardon. Mélenchon, c'est l'agent électoral de Le Pen.
L'agent électoral de Le Pen. Vous vous souvenez de CRSS de 68 ? Vous l'avez entendu. Vous l'avez peut-être même clamé. Vous le rappelez dans votre livre. Est-ce qu'il se retrouve dans la polystute de Mélenchon, ce slogan ? CRSS de 68.
Oui, mais ça, c'était la partie la plus conne de mai 68. Et aujourd'hui, c'est ça. En pire, il y a des tentatives de meurtre contre les policiers. Ce qui s'est passé hier soir... ce jet de cocktail Molotov qui aurait brûlé vif le policier s'il n'avait eu, si j'ai bien compris, une combinaison iniffugée. Et tous ceux qui étaient autour de lui. Et ceux qui étaient autour de lui. C'est un crime d'une gravité exceptionnelle. C'est d'une sauvagerie et d'une barbarie innommable. Cet homme, il a une famille, il a des enfants, il a une vie. Il fait son travail. Il gagne peut-être moins que le connard des meutiers qui lui a lancé le cocktail Molotov. Et puis, il défend la République. Il défend la République. On les appelait autrefois, du temps, la génération d'avant moi, les gardiens de la paix. C'est ça, on l'appelait comme ça, les policiers. C'est une grande noblesse, être les
gardiens de la paix. Quand vous entendez toutes ces politiques, LFI, Ségolène Royal aussi, faire le procès de la police, de la violence policière, Ségolène Royal hier qui disait, cette stratégie de gouvernement, c'est ça qui... qui conduit les lycéens à manifester, à être violent. Qu'est-ce que vous en pensez
'est nul. C'est grotesque. C'est de la démagogie, c'est du populisme et c'est de l'irresponsabilité. C'est pas la violence policière. qui induit l'émeute et le pillage. Je trouve au contraire que les policiers et la République en général, et ce sont devoir d'ailleurs, d'une patience exemplaire vis-à-vis de ces actes d'émeute et de pillage. C'est normal, mais c'est une patience exemplaire. Dans mémoire provisoire... Vous savez, j'étais interrogé récemment dans un grand journal américain, dans le Wall Street Journal. Et la question qui m'était posée, mais très sérieusement, par le grand journaliste qui m'a interrué, c'est, mais mon Dieu, pourquoi est-ce que la police française n'est pas plus, j'ose à peine vous le dire, plus violente, etc. – Et d'ailleurs,
quand vous entendez les dirigeants de LFI, les Haumans, tous les dirigeants, Panot, Mélenchon, dire la France est un pays autoritaire. qui fait, en faisant état aussi de violence policière, et ils n'ont pas de mots durs, les mêmes mots durs concernant la Chine. –
D'abord, évidemment, ceux qui sont autoritaires pour l'instant, c'est eux, ils se conduisent… – La France est
une dictature,
pas la Chine. Eux se conduisent comme des petits dictateurs, ils ont un fonctionnement de secte, ils marchent en meute et ils admirent au monde, quand vous les écoutez bien, il n'y a pas une dictature pour laquelle il n'y a pas d'admiration. En effet, la Chine, ils se refusent à condamner le chinoïde des Ouïghours. Autrefois, Bachar Al-Assad, ils trouvaient qu'ils faisaient du bon travail. Poutine, ils sont pour. Et les dictateurs vénézuéliens... Chavez et Fils, si j'ose dire, c'était leur modèle pour ne pas parler de Cuba. Donc les insoumis sont soumis de la manière la plus vile et la plus veule. Ils sont soumis à toutes les dictatures de la planète qui leur passent sous le regard.
On revient à votre livre, Mémoire provisoire. Vous vous rappelez dans ce livre ce débat de 1977. Les nouveaux philosophes sont-ils de droite ou de gauche ? La gauche d'aujourd'hui, elle est toujours à gauche ou pas ? Elle est toujours de gauche En tout cas, pas celle
dont je viens de vous parler. Une gauche qui se couche devant les puissants. Elle n'est pas de gauche. Vous dites, elle est fille, c'est ça ? Oui, elle est fille, qui se couche devant Poutine, qui se couche devant les Chinois, qui se couche devant les Iraniens, qui dit, oh là là là, avec l'air patelin que prend Mélenchon dans ces cas-là, nous l'Iran, on ne va pas se mêler de ça. Ou que c'est le Hamas, le Hezbollah, ainsi de suite. ne parlons pas des groupes islamistes, encore pire, bien sûr. Pareil, cette gauche-là, elle n'est pas de gauche.
Elle
n'est pas de gauche, elle tient le discours qu'a toujours tenu la droite la plus extrême, y compris en effet aujourd'hui sur la laïcité. Grand acquis de la gauche depuis 1905, foulé aux pieds, jeté au dépotoir. par une grande partie de la gauche aujourd'hui. Une
grande partie de la gauche, il y a un chapitre de votre livre consacré à Ségolène Royal, que vous avez soutenu en 2007. Vous décrivez donc, dans Mémoire provisoire, votre proximité avec elle à l'époque, et vous écrivez, cela peut sembler étrange aujourd'hui, j'ai moi-même peine à y croire quand je vois ce que sont devenues ses positions. Sa proximité affichée avec Mélenchon, les accusations de génocide portées contre Israël, sa complaisance affichée envers l'Algérie et ses hiérarques. Et avant cela, les déclarations terribles où elles doutent du bombardement de la maternité de Mariupol en Ukraine. Alors de quoi Ségolène Royal est-elle le nom ? N'est-elle pas la preuve, par les paroles et par les actes, d'une gauche en perdition, d'une gauche qui a nié ses valeurs et ses raisons d'être
Oui, c'est un autre exemple, bien sûr. Ça va de pair avec ce que je vous disais à l'instant sur LFI. Le symbole d'une gauche qu'est brillée ? Ségolène Royal a été un personnage extraordinairement honorable.
Il
y a 20 ans, elle a mené une belle campagne. Aujourd'hui, elle s'est perdue. Et en effet, elle parle... Il y a des accents, pour moi, terribles. de soumission, à ce qu'il y a de pire aujourd'hui dans ce qu'elle nous dit. Et ça me rend extrêmement triste, franchement. Mais ça sent dans vos pages. Oui, bien sûr, quand on a aimé quelqu'un, quand on l'a estimé, quand on voit cette personne se perdre à ce point. Moi, je n'ai pas la jubilation mauvaise. Je ne prends pas plaisir à voir les gens s'abîmer. J'aime que les gens s'élèvent. C'est une passion triste ? Oui, bien sûr. Cette espèce de jubilation narquoise qui est une des caractéristiques de l'époque, le ricanement. Le ricanement mauvais. Ce
n'est pas moi, ça. Vous ne dites pas que j'aurais dû voter Sarkozy ?
Non, je dis… – Parce que vous en parlez aussi. – On ne peut pas réécrire sa vie, Frédéric Aziza. Il se trouve qu'à ce moment-là de ma vie, pour des tas de raisons sur lesquelles je reviens, je ne pouvais pas faire ce choix-là, je ne pouvais pas voter quelques sympathies et même quelques amitiés.
que
j
'ai eu. Vous racontez sa rencontre avec lui quand il était maire de Nuy, au début de son mandat. D'ailleurs, il vous dit quelque chose d'étonnant. Je ne savais pas ça. Ma mère m'a là, sa mère n'était pas juive. Il vous dit ça ? Oui,
il me dit ça, absolument. Il est en effet très jeune, il n'a pas 30 ans. Et moi, j'ai un peu plus de 30 ans. Et c'est un jeune fauve en liberté, extraordinairement sympathique. extraordinaire, étonnamment brillant, renseigné, curieux, déjà à l'époque grand lecteur, contrairement à ce que diront les mauvaises langues par la suite. Mais... L'amitié est une chose et puis la politique en est une autre. Je suis assez ouvert pour être ami avec des gens avec lesquels je ne suis pas d'accord. Mais quand je ne suis pas d'accord, je ne vote pas pour eux.
L'amitié et la politique, justement. Vous parlez dans votre livre de votre proximité. Vous savez avec qui ? Vous le savez. Mais les auteurs ne le savent pas. Mais ils le savent aussi. André Glucksmann et de son fils Raphaël que vous avez connu. comme enfant, dites-vous, il était à peine né, il est venu de naître, et dont vous aimiez, dites-vous, je vous cite, la drature, le bruit intellectuel, l'engagement sans calcul. Alors, 40 ans après, vous pourriez voter pour lui ? Est-ce que Raphaël Glucksmann peut faire...
Les caractéristiques que vous venez dénuer là, ce n'est pas à sa naissance, c'est aujourd'hui. Oui, je sais très bien.
Mais est-ce qu'il peut faire à mon président ? Est
-ce que vous pouvez voter pour lui ? Je pense qu'il ferait sûrement... Il ferait un bon président, naturellement. Et
vous allez voter
pour lui ou pas Cher Frédéric Aliza, je vais vous dire une chose très sérieuse. Je voterai... celui qui me paraîtra le moment venu, le mieux à même d'empêcher ce face-à-face morbide et terrible entre Mélenchon et Le Pen. Celui qui, en gros, empêchera Le Pen d'être au deuxième tour. Parce que M. Le Pen empêchera Mélenchon d'être au deuxième tour, parce que Mélenchon au deuxième tour, ça veut dire Marine Le Pen, présidente de la République. Donc c'est le vote utile. C'est ce qu'on peut appeler le vote utile. Mais c'est toujours... La démocratie, c'est toujours le moindre mal. On ne vote jamais pour le bien. On ne vote jamais pour un bien idéal. On vote pour ce qui est le moindre mal à un moment donné. Mais je réponds tout de même à votre question. Je trouve Raphaël Glucksmann... toutes les qualités requises pour un président de la République dans une démocratie moderne, ça incontestablement, y compris d'ailleurs la bienveillance, y compris la douceur, y compris la capacité à ne pas brutaliser, antagoniser le débat et les rapports entre les uns et les autres, évidemment qu'il a de très grandes qualités.
Je vous rends d'hommage aussi à... François Hollande, à travers un chapitre que vous intitulez « Ukraine, justice pour François Hollande », est-ce que vous souhaitez qu'il revienne en 2027 et qu'il soit candidat à la présidentielle dans six mois
l'instant, dans ce chapitre, ce que je dis, je lui rends grâce. Je lui rends grâce sur deux ou trois sujets où je pense qu'il a été d'un grand courage. Sur l'Ukraine, il a posé des bases de la politique ukrainienne de la France. Dans l'affaire par rapport aux Russes, il y avait un grand débat sous son quinquennat. C'était est-ce qu'on livrait ou pas les navires de guerre mistral que la France avait promis à la Russie ? Vous vous
rappelez que Fillon était pour la livraison ? Et
d'autres, et d'autres. Et lui a tenu bon. À peu près tout le monde était pour la livraison. Les gens lui disaient, si vous ne livrez pas, vous déshonorez la signature de la France. Plus personne ne signera de contrat avec l'entreprise française. Il a tenu bon, il n'a pas livré les Mistral. Et heureusement, parce qu'aujourd'hui, les Mistral, ils seraient en face d'Odessa et de Mikolaïev. Et ils auraient détruit les villes côtières ukrainiennes.
Vous-même, vous l'avez rappelé, au moment de l'invasion. de Poutine en Ukraine, s'ils avaient ces mistrales, ça aurait changé le cours de cette guerre. Même si on ne sait pas sur quoi ça va déboucher. Vous en parlez d'ailleurs de Zelensky et de la guerre. Pour revenir à François Hollande, ça peut être un bon rempart, le meilleur rempart contre Mélenchon et Le Pen ou pas ?
ne va pas faire de la langue de bois. C'est très simple. Si Raphaël Luxman se maintient, se développe, gagne en popularité, il n'y aura pas besoin. Imaginons que ça soit l'inverse et que pour une raison ou autre, ça ne fonctionne pas. À ce moment-là, il faudra François Hollande. est dans une époque de crise telle en France. Il n'y a pas pire aujourd'hui que d'avoir le choix entre Le Pen et Le Pen. et Mélenchon. Il n'y a pas pire que d'avoir le choix entre deux populismes jumeaux. Donc, peu importe, vraiment, à ce moment de notre histoire, peu importe celui qui viendra pour nous empêcher de se faire sa face morbide. – Celui
qui viendra, ça peut être David Isna
ça peut être David Isna, ça peut être… – Mais c'est la guerre ? On en parle.
Peu
importe. Peu importe. Naturellement, peu importe. Le mieux placé, celui qui fera que Mélenchon n'accèdera pas au deuxième tour, que Mélenchon échouera dans son projet de faire élire Marine Le Pen. Marine Le Pen et l'Elysée, et lui dans la rue. C'est ça le partage de pouvoir dont
rêvent les insoumis. – Vous évoquez dans Mémoire Provisoire votre proximité avec tous les présidents de la République depuis François Mitterrand, et même Giscard. Enfin, c'était moins une proximité, mais il y avait des échanges. Au point qu'il vous a proposé la Villa Médicis, que vous avez refusé. Giscard, qui vous avait invité à déjeuner à l'Elysée en 1978, après la publication de votre livre « Barbarie » à visage humain. Chirac, vous avez proposé la bise sur la culture. Si Marine Le Pen est présidente, vous faites quoi
reste en France et je fais mon métier. Si elle vous
invite à l'Élysée, vous faites quoi ?
Je n'irai pas.
Second tour Mélenchon-Le Pen, vous faites quoi
refuse d'envisager la question. Pour la raison que je viens de vous dire, je refuse d'envisager et je voudrais même d'ailleurs... Je vous recommande de ne pas la poser à vos invités, de moins la poser souvent, parce que c'est à force de la poser qu'on crée la situation.
Après l'attentat raciste de Trapp, Emmanuel Macron a dénoncé une désinhibition d'un antisémitisme chez certains, comprendre LFI, et une désinhibition du racisme chez les autres visant le Rassemblement National. Vous faites la même analyse que lui ? Sur ce point,
il a raison, bien sûr. Là, il y a une espèce de lâcher de passion meurtrière qu'on a... Pas vu dans notre histoire depuis 80 ans, ça c'est sûr.
Oui, parce que là vous parlez de l'antisémitisme, mais on parle aussi du racisme anti-musulman, anti-noir. Mais naturellement. L'antisémitisme n'avait jamais disparu, n'a jamais disparu après au Suisse, mais il s'est devenu honteux. Et ce que l'on constate, ce que vous avez constaté depuis le pogrom du Hamas du 7 octobre, c'est qu'il revient de manière décomplexée, éparée de vertus, sous couvert d'antisionisme. Alors la question qu'on se pose, comment on a pu en arriver là ? C'est ça aussi le rapport avec les années
30 ? Mais même pas seulement sous la forme de l'antisionisme. Vous savez, on parlait de Mélenchon. Quand Mélenchon dit que les juifs sont responsables de la mort du Christ, ou que Moscovici parle de la finance
internationale,
que Zemmour est programmé par l'ADN de sa communauté d'origine, c'est même pas l'antisionisme. C'est l'antisémitisme le plus épais, le plus crasse, et le plus archaïque. Le vieux antijudaïsme chrétien. L'idée. que les juifs ont mis leur co-religionnaire Jésus sur la croix, ça c'est l'antisémitisme chrétien le plus traditionnel. C'est celui de Mélenchon. il rend le CRIF responsable, ou l'équivalent du CRIF en Angleterre responsable, des ennuis qu'il peut avoir en France, et de la chute de son copain Corbyn en Angleterre, ça c'est l'antisémitisme. des années 1890, à l'époque de Jules Gaise et... Avant Dreyfus. Oui, au début de l'affaire Dreyfus, de l'extrême droite et de l'extrême gauche.
Vous citez Lévinas longuement, votre maître Yankelovitch, vous les citez abondamment dans le livre. Qu'est-ce qu'il dirait aujourd'hui de cette renaissance de l'antisémitisme par la gauche, de la gauche, à savoir par les filles ? Qu'est-ce qu'il dirait aujourd'hui ? Ils
seraient épouvantés, je crois, l'un et l'autre. Ils seraient épouvantés. Ils avaient Yankelevich, qui était un... qui était sorti de la Seconde Guerre mondiale en se faisant le serment, par exemple, qui était absurde d'ailleurs de ne plus jamais parler allemand, alors qu'il était un germanophone accompli, qui pensait qu'il avait mis, et que la société française et européenne avait mis toutes les digues possibles devant l'antisémitisme. S'il voyait cette crue, ce déferlement, cette déferlante antisémite aujourd'hui, je crois qu'il serait... proprement et effaré. Et Lévinas,
il écrivait quoi
Lévinas, la même chose. Lévinas, cela dit, le voyait venir. J'ai eu des conversations avec Lévinas.
Précisez les choses. Je l'ai vu, vous allez le voir chez lui, Rumi Kellange, Alenio. Oui, au-dessus de l'appartement qu'il
occupait au-dessus de l'école normale israélite orientale. Il avait un joli appartement bourgeois. Rempli de livres, vous dites. Pardon ? Rempli de livres. Rempli de livres, avec des services à thé délicats, des petits biscuits servis sur des jolies petites assiettes en porcelaine et des discussions philosophiques de très haut niveau. et des conversations politiques dont l'un des cœurs était cette montée et ce retour de l'antisémitisme qu'il prévoyait. Et Lévinas avait une obsession à l'époque, pour nous, pour lui, moi, vous, les juifs, c'était des alliés. Il pensait qu'il fallait se faire des amis.
Il
pensait que les juifs ne... survivraient plus difficilement s'ils s'enfermaient ou s'ils étaient enfermés par l'adversité dans une orgueilleuse solitude. Son obsession était nouée des alliances, nouée des alliances avec les chrétiens, nouée des alliances avec les athées de probité. Lévinas était obsédé par exemple par l'idée que les catholiques avaient opéré avec Vatican II et l'encyclique Nostra et Athée, l'une des révolutions. et peut-être la révolution politique la plus réussie du XXe siècle.
C
'est-à-dire la rupture avec l'antisémitisme catholique. L'idée que les Juifs n'étaient même plus des pères, parce qu'un père c'est censé mourir et vous laisser son leg, mais des frères. Lévinas pensait ça. Et il était obsédé à l'idée qu'il fallait renforcer ses amitiés. Une question d'ailleurs.
Votre père, il dirait quoi aujourd'hui de ce qui se passe avec votre mère ? Qu'est-ce qu'il dirait aujourd'hui
Mon père, il dirait, je te l'avais toujours dit. Je te l'avais toujours dit.
Et votre mère
ma mère serait triste parce qu'elle était imprégnée de littérature française. C'était une immense lectrice, femme très cultivée. Elle a voulu ignorer, je crois, tous ces personnages juifs décrits sous des traits parfois antipathiques. Elle a voulu ignorer tout ça. Et je crois qu'elle verrait tous ces éléments-là de la grande littérature. et de la grande culture française dont elle s'est nourrie, réapparaître comme à l'encre sympathique et en relief, et elle serait effondrée.
Alors vous évoquez votre engagement à SOS Racisme avec Arlem Désir, avec Julien Dray, avec Éric Guébaly, SOS qui avait su avec l'UGF rapprocher et unir juifs et arabes autour du slogan « Touche pas à mon pote ». 40 ans après, cette proximité entre juifs et arabes paraît avoir disparu. Est-ce qu'il ne serait pas temps de dire Bernard Henrivy « Touche pas à mon foge ».
Oui, bien sûr. Touche pas. Mais le pote à l'époque, à l'époque de Julien Drey et à l'époque d'Arlème Désir, le pote, il était feu, il était arabe et il était... C'était, on va dire, l'union sacrée. 'était la fraternité, pas l'union sacrée. Il y avait une chose très belle dans cet SOS racisme si diffamé aujourd'hui, c'est que c'était un...
Parce que la SOS raciste d'aujourd'hui n'est pas la SOS raciste des années 80. Si,
Dominique Sopo n'a pas démérité. Mais en tout cas, il faut s'imaginer ce qu'a été, loin de là, il n'a pas démérité, loin de là. L'apparition des SOS racistes, une espèce de météore dans le ciel politique français, un météore de fraternité. Grand mot républicain. Et à propos de République, on organisait une manifestation contre un crime raciste. Dans l'équivalent de Trappes aujourd'hui. Tout le monde était ensemble. Non, il y avait un, tout le monde était ensemble, mais deux, qu'est-ce qu'on chantait ? On chantait la Marseillaise. Les jeunes beurres français et les jeunes français non-beurres étaient unis et chantaient ensemble l'hymne patriotique français. C'était ça et sur la tradition. Et aujourd
'hui, c'est des drapeaux palestiniens, des drapeaux... Aujourd'hui, c'est des keffiers.
C'est Free Palestine. C'est From the River, tout aussi. Palestine will be free. Et on sait ce que ça veut dire. C'est pas la République.
Au passage, le rappeur Médine sort une nouvelle version d'une chanson de titre. d'attente 2024 qui commence ainsi, David est juif, ses parents sont des colons, une chanson au semel, un antiseptisme crasse, un appel à l'hérédication de la population juive d'Israël, qualifiée de squatteur indésiré, et même une apologie du terrorisme à travers ces trois mots, David est mort, David victime d'un kamikaze dans un bus, que Médine dépeint à la manière du Hamas, et des islamistes comme un martyr. Ça ressemble quelque part à un appel au meurtre contre les juifs. Est-ce qu'on peut laisser faire ça ? Jusqu'à quand va-t-on laisser Médine Zawish mettre des cibles dans le dos des Juifs français ? Médine et les autres. Vous
me l'avez appris en entrant dans ce studio, je l'ignorais. Je ne sais pas sur quelle plateforme et sur quelles ondes ce tissu d'insanité est diffusé. Mais
de quoi il est le nom Médine ? – Inviter aux universités d'été des écolos, de LFI et ainsi de suite.
– Après ce que vous venez de me lire là, honnêtement je l'ignorais. Je vois pas quelle université d'été ou quelle université d'hiver ou quel rassemblement politique peut encore tolérer sa présence dans ses rangs. Ça c'est pas possible. – Bon
part l'a défendu. dont vous parliez tout à l'heure.
– Écoutez, alors c'est une preuve de plus de ce que je vous disais tout à l'heure, Bompard, Manuel, c'est ça ? – Manuel. – Un, c'est un imbécile, et deux, c'est un naze et c'est un facho. Parce que cette chanson-là, c'est une chanson facho. Donc ça confirme ce que je vous disais, et sur le niveau intellectuel de Bompard, et sur son orientation politique.
– Alors on en vient aux élections israéliennes, Bernard-Henri Lévy de mardi. Résultat incertain, Les figures d'Israël, les Ben-Gurion, Goldamir, Minachem Begin, Israq Shamir, Ariel Sharon, Israq Rabin, Shimon Perrex, que vous avez rencontré et que vous racontez dans le chapitre 36 de ce livre, est-ce qu'elle manque à l'Israël de 2026 ? Oui, oui, oui. C'est Israël des pères fondateurs.
Voilà, mais Israël n'échappe pas à la crise générale qui frappe les démocraties dans le monde et qui est aussi une crise de leadership. C'est vrai qu'on a... Moi, en tout cas, j'ai envie en Israël d'une grande figure. qui soit à la hauteur de ces grands juifs que j'ai admirés, puisqu'en effet, je les ai tous connus. Y compris Ben Gurion, après sa retraite, dans son kibbutz, à son établi, avec une chemise genre bleu de travail, me parlant de la Bible comme d'un... Quand on va chez
lui, dans son appartement de Tel Aviv, on voit des livres partout, dans toutes les langues. Des livres, des cartes,
et des outils. de ce jour-là, il avait un établissement. Un visionnaire comme Simon Peres.
Comme Simon Peres. Comme
Simon Peres qui, jusqu'à la fin, jusqu'à notre dernière rencontre, il avait 90 ans passé, nourrissait encore des rêves et des utopies pour l'humanité, pour les Juifs et pour Israël. Une union
des pays du Proche-Orient sur le modèle de l'Union européenne. Oui,
voilà, mais avec des schémas, avec des schémas intelligents, avec des schémas institutionnels compliqués, autour de la culture, autour de la science. J'avais été l'éditeur, je raconte ça, d'un livre qu'il avait écrit avec, personnage bien oublié aujourd'hui, Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de l'Express. Il m'avait donné ensemble un livre. Honnêtement, vous le relisez 40 ans plus tard. Vous ne pouvez pas ne pas vous dire que c'est dommage qu'il ne serait pas pris cette voie-là. Il ne reste plus
beaucoup de temps, beaucoup de questions. Aucune des coalitions, coalition Azenkot, coalition Netanyahou, n'a la majorité seule. Gadier Azenkot est en mesure de l'obtenir en s'alliant avec les partis arabes. Benjamin Netanyahou l'accuse, accuse des partis arabes d'avoir volé les élections. Qu'est-ce que vous inspire cette rhétorique ? Et est-ce que vous la comprenez ?
Non. Ils n'ont pas volé les élections. Ils sont citoyens. Ils sont électeurs. Nous avons assez dit les uns et les autres qu'Israël était un État démocratique, qu'il n'y avait pas d'apartheid, qu'il n'y avait pas de citoyenne première et deuxième zone. Voilà, donc c'est le moment aujourd'hui. C'est l'épreuve de vérité.
C'est la solution à une majorité judéo-arabe ?
Non, il y a plusieurs solutions. Il y a cette solution-là, et puis il y a une autre solution. Moi, je comprendrais très bien. Une nationale ? Je comprendrais très bien. qu'une partie du clan Netanyahou et une partie du camp Eisenkot s'aperçoivent qu'ils sont beaucoup plus d'accord qu'ils ne le pensent et qu'ils fassent un gouvernement ensemble.
Avec qui comme Premier ministre ? C'est ça la question.
verra. Écoutez, Israël, on a parlé de la France depuis une heure qui traverse un tel moment de crise. C'est vrai d'Israël aussi. Israël vraiment est en danger. En danger. En frontière, oui. en danger aux frontières, en danger avec l'Iran,
et
puis en danger de crise morale. – Une fracture au sein de la société israélienne ? – Oui, face à un danger de fracture, il faut prendre des décisions courageuses. Une décision courageuse peut être par exemple que les ambitions personnelles doivent passer après des communions de pensée fondamentales. Honnêtement, est-ce que vous pensez qu'entre les sionistes… proches d'Aisenkot, derrière Aisenkot, et les sionistes derrière Netanyahou, pensez qu'il y a une différence ontologique ? Sauf
si on met à travers les sionistes proches d'Aisenkot, Ben Guérin. Non, mais ça c'est des fascistes,
ça c'est autre chose. Je vous parle des sionistes fidèles, fidèles à l'héritage de Ben Gurion et de Menem Begin, fidèles à l'héritage de Goldamer et de Isaac Shamir. C'est ça les sionistes ? En tout cas, c'est ceux que j'ai connus. C'est ceux par qui Israël m'a fait rêver. C'est ceux qui ont fait qu'Israël n'est pas un pays comme les autres, qu'Israël est une grande démocratie. Vous êtes toujours
attaché à Israël. Mais je suis attaché à Israël. Vous avez, 2024, vous avez parlé de la solitude d'Israël. Vous la percevez toujours ? Et est-ce que pour sortir de cette solitude, il faut, comme le disent une grande partie israélien, que Netanyahou parte
faut que Netanyahou parte, de toute façon, pas pour sortir... Je ne pense pas que ça fera sortir Israël de la solitude. Ce n'est pas pour qu'Israël... Il faut que Netanyahou parte pour des tas de raisons qui tiennent à la situation d'Israël. Après, est-ce que ça brisera la solitude ? Malheureusement, je ne veux pas être prophète de malheur, mais je crains que non.
Alors, vous consacrez aussi un chapitre au président américain, Trump, Obama et d'autres. que vous avez rencontré, vous racontez que Trump, que vous avez croisé en 1978 à New York, il avait 32 ans, 30 ans, 32 ans, vous avez alors demandé de résumer votre philosophie en cinq phrases. Ça veut dire qu'il s'intéressait quand même à la culture.
mais je crois qu'il s'intéressait. Il était là. C'était une fête donnée en mon honneur. Une boucle partie. 78. La barbarie visage humain. La barbarie visage humain. Et donnée par un de mes grands amis qui s'appelle Marty Peretz, qui était le directeur d'un grand juif, d'ailleurs, et un grand ami d'Israël. De l'Upper East Side. Au consulat français. Non, mais c
'est votre ami de l'UPR. Mon ami de l'UPR.
Et parmi les invités, il y avait des gens, des esprits élégants du New York Times. On l'appelle Flora Lewis, des gens comme ça. Et puis... Il y avait un grand blond, à la main broyeuse, assez mince, avec une tête de fils de famille un peu dévergondé, qui vient me voir et qui me dit, pareil, vous êtes philosophe, moi je suis développeur, développez-moi le philosophie
en
trois phrases. Je lui réponds que développer une philosophie est une tâche un peu plus compliquée et que ça nécessite un peu plus de trois phrases. Là, il insiste, je persiste et il s'impatiente. Il dit, écoutez, si vous n'êtes pas capable de développer une philosophie en trois phrases, c'est que vous n'êtes pas digne d'intérêt. Et il se tourne vers, à l'époque, Flora Lewis, qui était dans le petit groupe. Oui, le genre est très
connu à l'époque. Et d'ailleurs, vous écrivez qu'il a fait l'objet de mépris de la part des dignitaires, des messieurs et dames, vous dites, de l'Epericide. Et vous vous êtes dit plus tard, plus tard, ce mépris dont il a fait l'objet, il leur fait payer. C'est
ma théorie sur Trump. Oui, je pense que Trump... La blessure narcissique de Trump, je le pense, je le conclue, c'est la seule fois où je l'ai vue, mais en repensant à cette scène originaire, sa blessure narcissique, c'est le mépris dont il se sentit l'objet. par les beaux esprits libéraux du New York intellectuel
de l'époque. – Trois minutes, les Américains jusqu'à la fin de l'émission. Vote mardi pour renouer la Chambre des représentants et une partie du Sénat. Le résultat va déterminer notamment les marges de manœuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat. Si les démocrates reprennent le contrôle du Congrès, est-ce que ça pourrait profondément changer la politique étrangère américaine ? Qu'est-ce que pourraient être les conséquences de ces élections pour Israël, l'Europe et la guerre en Ukraine ?
dépend quel démocrate, Frédéric Aziza. Vous savez, c'est comme en France. Il n'y a plus la gauche et la droite. Il n'y a plus les démocrates et les républicains. Parmi les démocrates, vous avez des gens comme Hillary Clinton. Ou comme Abdel
ou Abdoul, je ne sais pas quoi. –
Abdoul el-Sayed, qui est un esprit brillant, je crois un grand médecin, mais qui est un pro-palestinien déchaîné, qui pense comme le maire de New York, Mamdani, que la Palestine doit être libre de la mer à la rivière, et qui pense lui aussi que les grandes organisations juives américaines dictent la politique de la Maison-Blanche et que cela n'est pas normal. Donc est-ce que c'est lui les démocrates ? Ou est-ce que c'est Hillary Clinton et d'autres ? C'est ça la question. On va le savoir mardi. On le saura dans les jours
qui viennent. Alors vous faites la liste aussi, on arrive à la fin de l'émission, vous faites la liste de vos amis ou proches disparus. On va citer Benny Lévy, André Guixman, Emmanuel Lévinas, votre maître rencontre Aligno, Vladimir Yankelevich, Albert Cohen, Romain Garry, Pierre Benichoux aussi, Thierry Lévy, l'avocat Robert Van Inter, Pierre Berger, Simone Veil. François Giraud, je vais l'oublier beaucoup, Philippe Solaire, Claude Lansman, Jean-Daniel, Hélène Rittmann, assassinée par son mari Louette Lucère, vous consacrez un chapitre, ou même Alain Delon. Est-ce que, bien entendu, vous pensez à la mort ? Est-ce que vous en avez peur ? Et, puisque vous publiez ces mémoires proviseurs, il y en aura sans doute d'autres, qu'est-ce que vous voulez qu'on retienne de vous ? Et ce n'est pas une question morbide, pas du tout. sûr que j'y
pense, évidemment. À la mort ? Oui, à la mort. Je pense à la mort. 'en ai raisonnablement peur. Mais vous avez une vie bien remplie. Je pense... Non, attendez. Je... Je sens instinctivement qu'elle n'est pas là. Elle ne rôde pas encore. Même quand je me mets dans des situations de danger extrême. Même quand je vais tourner quatre documentaires de guerre en Ukraine sur les fronts. Même quand vous êtes protégé 24 heures sur
24, parce que vous êtes ciblé.
Même lorsque je suis ciblé dans mon propre pays. Vous avez, comme vous l'écrivez, une cible sur la tête. Écoutez, oui, je fais partie en tout cas des personnes que la République juge bon de protéger par des femmes et des hommes d'ailleurs extraordinaires qui sont devenus des amis souvent et qui font leur métier avec beaucoup de tact et d'efficacité. Mais malgré ça, je ne sens pas… la mort qui rôde, donc l'heure n'est pas venue de dire encore ce que j'aimerais qu'elle retienne de moi, parce que je pense que l'aventure n'est pas finie. Et si le livre s'appelle Mémoire provisoire,
c
'est parce que je pense qu'il y aura encore beaucoup à raconter, un
jour. – Merci en tout cas Bernard-Olivier. Alors avant de conclure, je rappelle que votre livre, Mémoire provisoire, est publié chez Olivier Nora, édition. Merci en tout cas Bernard-Olivier d'avoir répondu à notre invitation. Bonne fin de journée sur Radio-G, et à dimanche prochain. Merci.
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