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est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Raphaël Luxman. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, candidat PS Place Publique. Vous êtes également député européen. Très nombreuses questions à vous poser à l'aube de cette semaine qui sera une semaine sociale, une semaine de mobilisation. On l'a vu à l'instant sur les images de BFM TV, des tentatives de blocage devant quelques lycées. Est-ce que vous estimez que ces blocages, que ces mobilisations, elles sont nécessaires ou est-ce qu'elles sont excessives aujourd'hui ?
Moi, j'estime que les lycéens sont mobilisés depuis des semaines et des semaines et que le gouvernement a tenté pendant plus d'un mois et demi le pourrissement, de ne pas répondre aux revendications et finalement d'espérer que les vacances de la Toussaint allaient répondre à sa place à ce que demandent les jeunes Français. Et franchement, les demandes sont parfaitement légitimes. C'est pouvoir aller étudier sans avoir des rats dans les toilettes des lycées. C'est pouvoir avoir un professeur, un enseignant face à soi quand on veut... C'est le bac, c'est donc qu'il y ait des remplacements, c'est pouvoir simplement vivre sa vie de lycéen. Mais il y a eu
un début de réponse. Oui, il y a eu un début de réponse. Et d'ailleurs, c'est tout à fait reconnu par les lycéens, mais qui disent qu'il faut maintenir le rapport de force.
Trop tard, trop tard et surtout encore trop flou. Moi, j'ai été à Matignon avec un plan de sortie de crise. Et dans les points que nous avons proposés, certains ont été repris par le gouvernement. C'était bienvenu, ça vient trop tard. Mais maintenant, il faut voir si dans les faits, c'est vraiment inscrit au budget, par exemple. Tout est resté très flou. Encore faudrait qu'il
y ait un budget.
Oui, d'accord. Mais là, le gouvernement peut faire un geste et montrer que ce ne sont pas des promesses en l'air et que finalement, il y a l'instruction en budget des promesses faits aux lycéens. Mais est-ce qu'il n'y a pas un moment où il faut retourner en cours Déjà, ce n'est pas à moi. Moi, je ne suis pas à l'origine de ce mouvement. Les lycéens sont auto-organisés.
Non, mais qu'est-ce que vous leur dites aux lycéens ? Moi,
c'est ce que je leur dis. C'est très simple. Vous avez obtenu beaucoup. Eh bien, désormais, faites attention à ce que vous obtenez et que vous l'obteniez réellement. Et donc, je comprends tout à fait l'attitude qui consiste à continuer la mobilisation. Après, oui, il va falloir un moment retourner en cours, mais retourner en cours en ayant été entendu par le gouvernement.
On a notamment des proviseurs. Je recevais l'une des proviseurs d'un lycée parisien qui avait été pris pour cible, qui dit « Moi, je m'inquiète désormais aussi pour les élèves les plus en difficulté, qui sont privés de cours depuis un bon bout de temps et qui pourraient se retrouver... » avec une incapacité ensuite à prendre le train en marche quand les cours vont reprendre. Est-ce qu'il faut malgré tout entendre aussi cette question-là et la prendre en compte ?
Il faut totalement l'entendre et totalement la prendre en compte. Et c'est pour ça que les lycéens qui aujourd'hui sont mobilisés, je suis sûr, ont des discussions entre eux sur comment on fait pour ne pas sacrifier cette année, tout en obtenant réellement. Et encore une fois, ça ne vient pas de nulle part. On a des lycées, des collèges partout où je vais. Moi, je vais voir les collèges publics, les lycées publics. Et je suis scandalisé. Par exemple, par l'état du bâti, on a 30% des lycées français qui sont délabrés ou insalubres. On est dans une situation où la République française invite ses enfants dans des conditions absolument inqualifiables. Mais au-delà
de ça, il y a désormais les étudiants également, avec un mot d'ordre, notamment, c'est la fin de la sélection. Est-ce que c'est souhaitable une société dans laquelle il n'y aurait plus de sélection ?
qui est souhaitable, c'est une société dans laquelle chaque enfant de France a une formation qualifiante. Et donc peut aller soit à l'université, soit obtenir une formation professionnelle. Tout le monde n'ira pas à l'université. Mais par contre, vous savez que ce mouvement, c'est important de le noter. C'est une question presque
philosophique. Est-ce qu'il faut à un moment ou à un autre faire sauter l'idée même de sélection ? C'est ce que certains des représentants des étudiants demandent.
Ce qu'il ne faut pas faire sauter, c'est l'idée d'orientation. d'orientation. Tout le monde n'a pas vocation à aller en fac et il y a une nécessité d'avoir des formations professionnelles. Et vous noterez que ce mouvement, c'est pas anodin et c'est pas fréquent, est parti d'abord des lycées professionnels et des lycées professionnels des quartiers populaires, c'est-à-dire les lycées qui sont aujourd'hui les voies de garage, qui sont complètement abandonnés dans les politiques publiques. Et donc il faut partir de l'origine de ce mouvement et répondre d'abord à ces questions des lycées improfessionnels qui aujourd'hui...
Est-ce que la sélection, malgré tout, ça reste nécessaire ? Est-ce qu'il faut continuer à avoir des sélections ?
Le but, je vous l'ai répondu, c'est d'avoir une orientation. Une orientation bien en amont. Et le but, c'est que finalement, quand on choisit une voie professionnelle, on ne soit pas considéré comme absolument... les déshérités de la République. Moi, ce que je crois, c'est que comparé aux voisins européens qui sont les nôtres, en France, on a sacrifié la voie professionnelle, on a sacrifié la formation professionnelle. Et que donc, il va falloir aujourd'hui faire un effort massif sur les questions de formation. Vous avez par exemple un sujet qui nous arrive en pleine tête et personne n'y fait attention. C'est l'intelligence artificielle. Comment ça en parlez quand même ? Oui, mais dans l'éducation nationale, vous êtes dans une situation où en réalité, on a une institution qui n'est pas prête à faire cette... Mais est-ce qu'on va jusqu
'au bout de la loi ? de l'intelligence artificielle, quand on regarde en Chine par exemple, désormais ils ont carrément supprimé une partie des formations estimant que à l'heure de l'intelligence artificielle ça n'a plus de sens. Est-ce qu'il faut aller jusque là ? Est-ce qu'il faut en réalité devenir dans une forme de lecture presque d'efficacité des filières en se disant bah celle-là on la supprime parce que à diplôme plus 5 vous avez personne qui a trouvé du boulot. Est-ce qu'il faut rentrer dans cette logique ? Non
ce qu'il faut c'est se saisir de cette révolution technologique, cet outil et le placer au coeur du contrat social et donc ce qu'il faut c'est former nos jeunes à l'utilisation de l'intelligence artificielle. Il faut une UNIA souveraine et ça, ça se décidera à l'échelle européenne. Je reprends l'exemple de la Chine à partir de la
sixième en Chine. On vous parle d'intelligence artificielle et il y a des formations sur l'intelligence artificielle. Est-ce qu'il faut le faire ?
L'éducation numérique, l'éducation à l'intelligence artificielle, je ne sais pas si c'est depuis la 6e, je ne me suis pas plongé suffisamment dans le dossier, mais c'est sûr que ça devra être une composante essentielle de la formation de nos jeunes. Parce qu'en réalité, aujourd'hui, vous avez une IA qui n'est pas souveraine en Europe. Vous êtes dominé. par la Chine et par les États-Unis. Vous êtes menacés de devenir une colonie américaine et chinoise. Donc il faut une IA souveraine. Et derrière, ce qu'il faut, c'est ensuite un plan Marshall de la formation pour que nos jeunes, puis nos travailleurs, tout au long de leur carrière, soient formés à l'utilisation d'une intelligence artificielle. Et ça, c'est un effort qui n'est pas aujourd'hui produit et qui sera... Dans le débat présidentiel qui nous attend, il ne faut pas qu'on fasse comme si on n'était pas dans une période de mutation extrêmement profonde. Et moi, je m'étonne que par exemple, ce ne soit pas un débat qui mobilise aujourd'hui l'opinion. Mais chiche, mais
chiche. Raphaël Glucksmann, il y a la mobilisation des lycéens, il y a la mobilisation de l'intersyndicale avec un appel à une grève générale jeudi. Est-ce que vous soutenez ?
Moi je soutiens et je serai dans la rue aux côtés des syndicats et de l'intersyndical parce que les Français n'en peuvent plus en fait. On est dans une situation où on n'arrive plus à boucler sa fin de mois, où des gens qui se tuent au travail n'arrivent plus à vivre dignement de leur salaire. Et donc il y a une question en France qui est la question de la vie chère mais qui est la question des bas salaires. Vous savez en France on est dans une situation où vous travaillez et vous ne touchez pas assez pour pouvoir vivre dignement. Et ça c'est quelque chose auquel le gouvernement doit répondre de manière urgente. Il a répondu à une partie. des demandes lycéennes, mais rien n'est arrivé sur le pouvoir d'achat, rien n'est arrivé encore sur le SMIC, rien n'est arrivé sur la question des salaires au-delà du SMIC. Les prix
à la pompe qui ce matin dans certaines stations ont baissé de 21 centimes.
Avec l'utilisation des stocks stratégiques, moi j'étais pour, je trouve ça... que c'est un pas positif. Et vous savez, quand il y a des pas positifs, il faut savoir le dire aussi. Mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas suffisant dans l'aide sur l'énergie. Ce qu'il faut, c'est augmenter le chèque énergie. Il faut le monter à 500 euros pour les 6 millions de foyers qui en bénéficient. Il faut l'étendre aux classes moyennes. Il faut aussi poser la question qui est une question centrale, qui est celle des salaires. Et moi, j'ai une solution que j'ai proposée au gouvernement. Vous baissez la CSG sur les salaires, vous la rendez progressive. Vous financez ça par la taxation des plus hauts patrimoines. Ce que vous faites, c'est que vous taxez la taxation des plus grands véritables. Alors, je n'ai pas compris si c'était 100 euros par an,
par mois. Il y a eu un doute là-dessus. Ça représente combien par personne ?
Ça représente 100 euros par mois pour un salarié qui est au salaire médian. Ça représente 83 euros si vous êtes au SMIC. Ce que ça représente, c'est finalement... Eh bien, un 13e mois à la fin de l'année. Et qu'est-ce qui se passe ? C'est qu'aujourd'hui, nous sommes devenus une société d'héritiers. Donc, il faut taxer les plus grands héritages. Il y a 50 ans, les deux tiers de la fortune des Français, c'était le produit de leur travail. Et un tiers seulement le produit de leur héritage. Aujourd'hui, c'est l'exact inverse. On est en train de devenir une société de privilégiés. Une politique fiscale intelligente, c'est une politique qui oriente la société. Est-ce qu'on veut être une société de privilégiés ? Est-ce qu'on veut que les inégalités se transmettent de génération en génération ? Ou est-ce qu'on veut être une société de travailleurs qui valorise le mérite, qui fait que quand vous allez travailler, vous pouvez vivre dignement ? Les plus grands héritiers, ils héritent, mais qu'ont-ils fait pour bénéficier ? Mais je vous repose la question de
la sélection, on en arrive toujours à ça en fait. C'est-à-dire, est-ce que vous venez de me dire le mot du mérite ? Est-ce qu'il faut aussi envisager, tiens, une rémunération au mérite ?
Ceux qui utilisent le mérite aujourd'hui en permanence sont ceux précisément qui refusent la taxation des plus grands héritages. Ce sont ceux qui acceptent le fait que la France soit un des seuls pays d'Europe à ne pas taxer les plus-values latentes. Ce sont ceux qui font qu'on puisse faire de l'optimisation fiscale sur les grandes successions. en transmettant son yacht via le pacte d'Utreil. Et nous, ce que nous promettons et ce que nous voulons porter, c'est justement une société du mérite, c'est-à-dire une société où les travailleurs sont replacés au cœur du contrat social, à la fois sur la question des salaires, sur la question des conditions de travail. Il faut qu'on remette les travailleurs au cœur de notre projet de société, et c'est ce que la gauche n'a pas fait pendant trop longtemps, et c'est surtout ce que les politiques fiscales successives ne font pas.
Vous avez dit, j'y serais le 5. dans la rue. Est-ce que vous vous dites que vous allez devoir faire attention, réfléchir à l'avance à où est-ce que vous allez aller ? Est-ce que vous pensez que vous serez bien accueilli ? Est-ce que désormais, c'est des questions que vous êtes obligés de vous poser ? Dans le climat ambiant.
Oui. Parce qu'on a un climat de violence, parce qu'on a une brutalisation du débat public, parce qu'on a des campagnes de harcèlement. Mais moi, ce que je veux dire, c'est que les brutaux ne m'impressionnent pas. Je serai partout, je ferai campagne partout dans le pays. Et j'irai oui le 5 en manifestation, parce que je soutiens les revendications des syndicats sur la vie chère. Je rappelle que vous et les partis socialistes, par exemple,
lors de l'hommage, le premier, après le dramatique attentat terroriste raciste à Trappes, Le maire de Paris a été hué à Stalingrad dans un moment d'hommage. Par des militants
insoumis. Par des militants insoumis. Et oui, et quand on organise des événements, ils viennent à l'entrée pour nous invectiver, pour nous bloquer. C'est quoi des méthodes comme ça ? On n'a jamais vu un militant socialiste ou place publique aller troubler un événement de la France insoumise ou de n'importe quel autre parti d'ailleurs. Donc ils installent une atmosphère via leur propagande haineuse, ils installent une atmosphère qui est détériorée. Et moi, je vous le dis, mais simplement, ils ne font peur. C'est-à-dire qu'on ira partout. Est-ce que finalement,
vous n
'allez pas quand
même être obligés, vous, peut-être vos porte-parole, de faire attention aux endroits où ils vont, de faire attention en permanence, de s'autocensurer ?
Non, alors l'autocensure, certainement pas. Je vais vous dire, je n'ai pas changé mon discours, je n'ai pas changé mes positions, parce qu'il y a des gens violents en ligne ou physiquement. Et quitte à prendre de la farine sur la tête, moi je pense que ça discrédite plus celui qui lance la farine que celui qui la reçoit, vous savez. Et donc, à la fin, moi je ferai campagne partout. J'irai partout porter ce message simple, que la gauche démocratique se refonde, qu'elle est aujourd'hui en mesure de gouverner le pays.
Comment on fait pour tenir jusqu'à les six mois de campagne ? Comment on fait dans ce climat dont vous dites que c'est devenu un climat de haine à votre encontre, à l'encontre des journalistes ? Ma consoeur Anne-Claire Coudray du 20h de TF1 s'est faite insulter ce matin ou hier soir par Jean-Luc Mélenchon qui annonce qu'il n'ira plus aux 20h de TF1. C'est-à-dire qu'en fait on a l'impression que désormais, que ce soit un jour M6, un jour BFM, un jour TF1, que ce soit vous les politiques, on est dans un climat. vraiment de quoi ? De violence ? De haine ?
est dans un climat de détestation. De détestation les uns des autres. Et je pense que ce climat est extrêmement dangereux. Je pense que la France, aujourd'hui, est menacée de dislocation. Si vous revoyez la séquence qu'on vient de vivre, le 17 octobre, tous ces commerçants qui se sont vus pillés, cette violence dans les rues de nos métropoles, si vous considérez l'attentat raciste de Trappes. Un homme qui vide son chargeur sur une fillette de 12 ans parce qu'elle n'a pas la bonne couleur de peau. Et si vous constatez de manière générale l'augmentation des discours de haine et des invectives partout, tout le temps, eh bien moi j'en ai marre de ce climat-là. J'en ai marre. Et je pense que la France a besoin d'être apaisée, réconciliée, transformée. Je pense que le changement profond qu'on porte, la rupture nette avec les 10 années de macronisme, tout ça doit se faire pour réconcilier les Français. Vous estimez que tout cela,
c'est un même... C'est un même climat de haine ? Je pense
que nous sommes dans une société qui se polarise de plus en plus. Pourquoi ? Parce que nous n'avons plus de projet commun. Parce que la République ne fait plus sens. Parce que nous sommes devenus une forme de constellation, de ghettos, de groupes qui ne se parlent plus les uns les autres et qui ont peur les uns les autres. Comment on sort de ça ? Eh bien, on sort de ça par un grand projet républicain. Moi, je porte un nouveau contrat. Est-ce
qu'il faut interdire certaines choses ? Le maire de Trappes, que je recevais ici même la semaine dernière, Annie Rabet, estime désormais qu'il y a un certain nombre de propos qui ne doivent plus même être débattus ou exprimés. Il parle par exemple de la théorie du grand remplacement qui a fait mal à notre société, je le cite, et qui arme idéologiquement de potentiels terroristes. Est-ce qu'il faut désormais considérer qu'il y a des propos qu'on n'a plus ? Tout simplement le droit même de tenir. J'ai
été à Trappes vendredi dernier et que j'ai regretté. J'ai regretté qu'il n'y ait pas ce moment d'unité nationale. C'était une cérémonie extrêmement digne, mais il n'y avait que des dirigeants de gauche à Trappes. Pourquoi ? Où était le gouvernement ? Où était la droite ? Pourquoi il n'y avait pas les ministres ? Pourquoi il n'y avait pas les représentants de la droite républicaine ? Pourquoi la droite libérale n'est pas venue ? Pourquoi il n'y a pas eu là ? d'unité nationale. On a l'impression que c'était un peu chacun dans
son coin. Certains ont été à un hommage, mais qui lui étaient à la ferrière. Pourquoi
? Parce que les victimes étaient noires et arabes ?
pensez que c'est ça ?
Je ne sais pas. Ce n'est pas à moi qu'il faut poser l'action. Moi, j'étais à Trappes. Moi, ce que je vous dis, c'est que c'était un moment important et qu'il fallait qu'on soit tous là pour réaffirmer la République une et indivisible et antiraciste. Et que je m'étonne de cette incapacité à faire ces moments d'unité nationale dans une période aussi grave et face à un attentat aussi abject. Et donc, y a la nécessité, oui, de combattre le racisme, mais finalement qui devient quasiment naturel
dans la société. Est-ce qu'il faut le combattre en en parlant, y compris en débattant ? Moi je me souviens de Jean-Luc Mélenchon débattant avec Éric Zemmour, c'était sur BFM TV, et c'était d'ailleurs la volonté de l'un comme de l'autre. Jean-Luc Mélenchon à l'époque voulait débattre avec Éric Zemmour. Est-ce qu'aujourd'hui il faut débattre ou il faut l'interdire, l'interdire de parole ?
C'est très compliqué d'interdire une idée aussi abjecte soit-elle, ou une idéologie. C'est à peu près la même chose quand on disait « il faut interdire l'idéologie des frères musulmans » ou « interdire l'idéologie salafiste ». C'est très compliqué. Par contre, ce qui est certain, c'est qu'il faut faire en sorte que ceux qui sont condamnés pour injure raciale ou incitation à la haine raciale ou pour antisémitisme, ne puissent plus être élus. C'est finalement la République exemplaire qu'on doit créer. Le racisme n'est pas une éligibilité. Et ce sont les élus qui tiennent des propos racistes qui doivent être sanctionnés.
Raphaël Glucksmann, il est temps d'être tous responsables. Voilà ce que dit Gabriel Attal. Il appelle à l'organisation d'une grande primaire des démocrates. On n'a pas tout à fait compris d'ailleurs si ça allait jusqu'à vous ou pas. En gros, il vous propose, y compris à vous, de participer à cette grande primaire démocrate. Qu'est-ce que vous répondez ?
primaire de ceux qui assument le bilan du macronisme, de ceux qui ont été premier ministre d'Emmanuel Macron, de ceux qui ont été ministre d'Emmanuel Macron. Et donc, ce n'est pas mon histoire. Et puis, je vais vous dire autre chose. Au fond, moi, je n'ai jamais cru au macronisme, notamment pour ça. Cette idée que... Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau, c'est soluble l'un dans l'autre. On peut faire du « et en même temps » entre la gauche et la droite. Je n'y crois pas. Je n'y croyais pas. Hier, je n'y crois pas. Aujourd'hui.
En même temps, à un moment, vous dites toujours « il ne faut pas les extrêmes ». Enfin, à un moment, si vous ne vous mettez pas ensemble, ce n'est pas très cohérent.
Non. La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose. Et vous savez, depuis 10 ans... Je pense qu'Emmanuel Macron a créé un mythe, un mythe politique que les commentateurs et les journalistes ont complètement acheté et que les politiques eux-mêmes ont fini par acheter. C'est le mythe de la tripartition. Il y aurait le centre rationnel, tous les gens rationnels qui sont réunis dans un même espace et face à cela, il y aurait deux populismes, celui de Mélenchon et celui de Le Pen. tripartition, je n'y ai jamais cru. Moi, je crois qu'il y a une gauche démocratique qui existe et que nous allons nous remporter. Mais est-ce qu'à la fin ? À la fin, vous nous remercierez tous d'avoir refusé les sirènes du macronisme, d'être restés dans l'opposition parce qu'aujourd'hui, il y a une alternative démocratique, rationnelle, crédible à ces dix années de gabegie, à ces dix années d'impuissance et à ces dix années d'injustice. Nous sommes, nous, L'alternative, nous pouvons sauver la démocratie justement parce que nous n'avons pas participé au gouvernement ces dix dernières années, parce que nous ne portons pas ce bilan. En gros, vous dites, Gabriel Attal et Edouard Philippe,
ils sont le prolongement du macronisme.
Ils sont de facto le prolongement du macronisme. Et je suis convaincu, moi, qu'il n'y aura pas de majorité de Français pour élire un ancien communiste et continuer exactement les mêmes politiques. Parce que si nous sommes dans cette situation, c'est parce que depuis dix ans, des politiques injustes qui ont conduit à l'impuissance de l'État, comme on a pu le constater dans les rues de Paris et d'ailleurs. Eh bien, ces politiques ont mené à une forte, forte volonté de changement profond, de rupture nette. Hier soir, Emmanuel Grégoire, qui
est maire de Paris et qui est votre soutien, il estime que vous êtes son candidat. Mais il dit, je pense que ce serait une très mauvaise idée d'avoir une candidature commune avec le socle commun, comme vous. Mais voilà ce qu'il ajoute. Ça n'interdit pas. quand on sait que personne n'est assez fort pour gouverner le monde tout seul, de s'imposer après des négociations intelligentes, de la même façon qu'il faudra sans doute le faire avec la gauche LFI, écologiste, communiste, et avec le Bloc Central. Est-ce que vous reprenez ces mots ? Il faudra sans doute le faire, ces négociations, y compris avec la gauche LFI, écologiste, communiste.
J'ai une élection présidentielle à gagner.
Mais est-ce que c'est ça que vous préparez finalement derrière ? Et c'est la
gauche démocratique qui va la gagner. Ensuite, je m'adresse à tous les électeurs. Qu'ils aient choisi Jean-Luc Mélenchon ou qu'ils aient choisi Emmanuel Macron. Et je leur dis, nous sommes l'alternative crédible. Nous sommes la rupture tranquille, si vous voulez. Nous sommes la rupture réaliste. Nous allons remporter cette élection. Et cette élection, elle ne repose pas sur des négociations. Il y a des offres politiques concurrentes. En gros, il y a Jean-Luc Mélenchon. Si vous voulez voter pour Jean-Luc Mélenchon, votez pour Jean-Luc Mélenchon. Il y a l'offre que moi je porte. Il y aura une offre de droite libérale, héritière du macronisme, et il y aura l'offre de l'extrême droite. Et ce sont les quatre grandes familles. qui en réalité structureront la vie politique. Et ensuite, les électrices et les électeurs feront leur choix. Et bien sûr que moi, j'espère qu'il y a des gens qui ont choisi Mélenchon et qui ont choisi Macron et qui viendront sur nous. Et qui se diront une chose simple. En fait, on n'a plus besoin de sacrifier une partie de nous-mêmes pour voter. On peut voter en adéquation avec l'ensemble des principes qu'on porte. C'est notre faiblesse, la faiblesse de la gauche démocratique qui a fait l'émergence de Mélenchon et de Macron. Pas si je vais y
arriver, mais j'en ai encore d'autres. Une, d'abord la date de l'élection, avec un deuxième tour qui tombe le lendemain du 1er mai. Est-ce qu'il faut avancer ces élections d'une sorte ? semaine pour ne pas que ça tombe le lendemain d'une grande journée de mobilisation et potentiellement d'affrontements. C'est une journée traditionnellement très forte pour le RN avec leur rassemblement autour de Jeanne d'Arc et une journée évidemment des travailleurs et des mobilisations. Est-ce qu'il faut se dire on sort la présidentielle de ça et on la met une semaine avant ?
Je pense que ce serait intelligent, oui. Vu l'état de polarisation, vu l'état de détestation, vu l'état de violence dans la société, je pense que ce serait intelligent effectivement de changer la date de l'élection.
Deuxième question, la Pologne, est-ce qu'il s'agit d'un coup d'État ? Est-ce qu'aujourd'hui, ce qui est en train de se passer, coup d'État, c'est ce qu'estime être cette situation en Pologne aux yeux de Marine Le Pen ? Je rappelle, c'est un peu complexe, mais qu'en gros, on a un président de la République d'extrême droite, on a un Premier ministre qui, lui, est progressiste et qui, aujourd'hui, voudrait pouvoir changer les juges du Conseil constitutionnel polonais. Sauf que cette procédure, elle est bloquée en ce moment même par le président.
Et le président bloque toute nomination de nouveaux juges. Et le tribunal constitutionnel a été utilisé par les ultra-conservateurs, les amis de Marine Le Pen au pouvoir pendant dix ans auparavant en Pologne, pour finalement politiser la justice. Et donc ce que fait le Premier ministre polonais aujourd'hui, c'est qu'il remet... de l'état de droit dans un pays qui n'en connaissait plus. Et il faut le soutenir. Moi, je vous le dis, j'ai vu le soutien absolu de Marine Le Pen et de Jordan Bardella aux ultraconservateurs polonais. Et je vois à quel point et Poutine et Trump soutiennent ces ultraconservateurs polonais pour démanteler l'Union européenne. Eh bien, il faut tenir bon, il faut tenir ferme. Et ce que montre ce soutien de Marine Le Pen et de Jordan Bardella... Au président,
donc, qui bloque la transformation ou l'évolution de la Constitution.
Et le camp opposé à l'Union européenne, le camp de la déconstruction du projet européen, le camp de la déconstruction de l'État de droit. Et en agissant ainsi, il prouve une fois de plus qu'ils sont les valets serviles de Trump et de Poutine. Et en 2027, la France ne peut pas s'offrir à des gens qui sont si peu patriotes et qui sont si proches des idées trumpistes et des intérêts poutiniens.
Merci Raphaël Luxman d'avoir répondu à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes le candidat à l'élection présidentielle PS et Place publique. 31 sur RMC et BFM TV.
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