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ST' 501 Depuis le 17 octobre, plus aucun sondage ne le qualifie pour le second tour de la présidentielle. Longtemps présenté comme l'un des favoris pour 2027, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe est-il en train de déchanter. Il était dimanche 1er novembre l'invité du JT de TF1, JT durant lequel il a fait polémique en réduisant les violences du 17 octobre à la seule question d'une supposée mauvaise intégration de l'immigration, extrait qui lui a valu une passe d'armes ensuite avec la France Insoumise notamment. C'est l'occasion de faire un point sur la candidature d'Edouard Philippe, ses propositions. ses galères, son espace politique qu'on a du mal à déterminer dans l'abondante offre à droite. Pour en parler avec moi, Aurélien Souchère, chef du service politique Société de l'UMA. Salut Aurélien. Salut Cyprien. Du coup, on voulait faire un petit peu un point sur Edouard Philippe. Avant d'aller sur la question de cette fameuse séquence polémique sur l'immigration qu'on gardera pour la fin de la vidéo, on va prendre un petit peu ce qu'il a dit. C'est assez court cet extrait à TF1. L'interview de TF1, ça a duré 8 minutes à peu près. C'est relativement rapide. Mais n'empêche qu'il y avait quand même des éléments intéressants à analyser. D'abord, il y avait cette fameuse... question soulevée par Gabriel Attal qui propose une grande primaire des démocrates, c'est l'expression utilisée Gabriel Attal. Les démocrates chez Gabriel Attal, ça va de Raphaël Luxman, candidat de Place publique et maintenant de l'espace socialiste. à Bruno Retailleau, le candidat des Républicains. Et donc Edouard Philippe nous dit, non, pas de primaire, la primaire n'aura pas lieu, ça ne m'intéresse pas. Qu'est-ce qu'on en tire de ça ? On sent quand même qu'il y a toujours cette volonté chez Edouard Philippe, qui a, je l'ai dit en début, été longtemps présenté comme le favori, le candidat naturel de son camp, il va peut-être déterminer ce que c'est que son camp d'ailleurs, on pourrait en parler, de s'imposer comme le candidat naturel en fait, et donc sans passer par la case primaire, or... Comme on l'a dit, les sondages le fragilisent aussi.
Oui, les sondages le fragilisent parce que ça fait plusieurs sondages qui ne le donnent pas présent au second tour. D'ailleurs, Attal et d'autres parlent de cataclysme. Ils disent que s'il y a un second tour, RN et LFI, c'est un cataclysme. Ils essayent de tracer une équivalence de danger entre LFI et le RN, ce qui est absolument scandaleux. Il y a un projet qui est républicain et il y en a un qui ne l'est pas du tout. Ce jeu-là est très dangereux. Mais pour Edouard Philippe, son but, c'est d'être le candidat naturel, comme tu dis. par une primaire pour être le candidat de l'espace politique qui va de la Macronie jusqu'à LR, jusqu'à Bruno Retailleau. Il a été membre de LR jusqu'à devenir Premier ministre d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, il n'avait pas adhéré à La République En Marche à l'époque. Et aujourd'hui, il a son parti Horizon et son but, c'est de recréer l'espace de la droite. dite traditionnelle, dite républicaine, même si elle est en mutation permanente, cette droite, et on le voit d'ailleurs, on va en parler sur les propositions sur l'immigration d'Edouard Philippe, ça dérape pas mal et ça regarde du côté de l'extrême droite, et des libéraux, en gros, des libéraux, il essaye de faire ça, mais c'est compliqué, c'est difficile, il y a Attal, donc Gabriel Attal qui est pour une primaire, il y a François Bayrou, même s'il est un peu démonétisé aujourd'hui, il y a plusieurs Retailleaux qui disent pourquoi pas, en fait tous ceux qui sont derrière Edouard Philippe dans les sondages à droite sont pour une primaire, et lui il espère s'imposer sans... parce
qu'en fait il est toujours devant eux mais pas avec un écart suffisamment large pour qu'il s'impose comme candidat naturel il est toujours autour de 11-12 et là où Philippe est à 15 en gros mais L'écart n'est pas suffisant pour dire que le match n'est pas plié.
Donc on verra si cette primaire a lieu ou non. Par exemple, Raphaël Glucksmann considérait, son entourage, que c'était un échec de devoir aller à la primaire du PS et de l'espace social-démocrate. On l'imagine mal,
aller derrière. Et finalement, Glucksmann
y est allé, il est devenu, il l'a emporté. On verra ce que donne sa campagne par la suite. Ça ne veut pas dire que sa campagne va décoller ou va réussir. Edouard Philippe, pour l'instant, il est donné derrière Le Pen et Mélenchon pour la course pour passer au second. autour, on verra bien ce que ça donne, parce que la campagne est encore longue, même si effectivement là, il est plus bas que ce qu'il pensait, et ça patine, et il n'imprime pas, il n'imprime pas dans le débat public.
Ça c'est très important, et effectivement, il y a la question de l'espace politique, parce que tu l'as dit, finalement, on raisonne un petit peu à bloc constant, comme s'il y avait encore un espace qui serait un espace macroniste, encore défini, or là tu l'as dit, Edouard Philippe, il essaie quand même de recréer un espace plutôt à droite, quand même, or il y a quand même une offre de droite. qui est très abondante. Je mets de côté les communautés d'extrême droite, mais qui font aussi partie maintenant pour un électorat de droite qui est assez volatile entre l'extrême droite et la droite, qui fait partie de l'offre maintenant. Un électeur de dél'air peut aller voter RN, c'est un pas qui a été franchi. Il y a Edouard Philippe, Gabriel Attal, mais il y a aussi David Lissnard, il y a Bruno Retailleau. Tous ces gens-là gredonnent dans un espace libéral-conservateur, on pourrait dire, en gros avec des nuances. Oui,
parce que Lysnard et Retailleau, il y a vraiment des accès en extrême droite dans pas mal de leurs discours.
Donc la question, c'est comment on se distingue de cette course de petits chevaux dans cet espace-là ?
Edouard Philippe, il a pris soin de dire à un moment donné, il a qualifié certains... Il a dit je ne vais pas faire une primaire avec ceux qui veulent poursuivre le macronisme.
Oui, en parlant de Attal. Il
essaie, lui, de se détacher. Mais en fait, il porte le bilan d'Emmanuel Macron. Gabriel Attal... portent le bilan d'Emmanuel Macron aussi. Et ce qui est terrible, c'est qu'à chaque fois qu'on entend Gabriel Attal ou Edouard Philippe parler, ils n'ont que leurs prétendues compétences à mettre en avant. Je dis vraiment compétences, je mets des guillemets parce que les mots-arts de la finance, on a vu ce que ça a donné. Mais sinon, tout leur programme a déjà été appliqué, a déjà été fait par Emmanuel Macron. Donc ils sont en très grande difficulté. Ils essayent d'inventer des nouvelles choses sur la justice. Mais quand ils parlent de justice, généralement c'est pour abîmer davantage la justice, mais quand ils parlent d'hôpitaux, d'écoles, de... police, de services publics, de dettes. En fait, tous les arguments sont cramés. Macron a déjà utilisé tous les jokers et épuisé tous les arguments. Je ne sais pas si ça annonce la fin du capitalisme, parce que derrière, tu as Marine Le Pen qui va défendre le capitalisme, mais en version extrême droite. Mais oui, on a l'impression que tous les arguments tombent à plat. Ils sont déjà cramés par tout ce qu'a fait Emmanuel Macron. Pour te dire même, dans la
question des vieux pots, j'ai quand même relevé deux expressions qui vont forcément te rappeler quelque chose, puisqu'il a quand même dit, et on va l'écouter dans un extrait juste après, qu'il va falloir travailler plus pour gagner plus. Je pense que ça, ça te rappelle évidemment Nicolas Sarkozy. Il reconnaît que
la formule était culée, mais elle dit qu'elle marche. C'est ce qu'il va défendre, en tout cas.
Et après, il parle de fractures sociales. Et là, pareil, Chirac. Donc, on sent qu'il y a aussi une cotonnance à repuiser dans les vieilles phrases de candidats de droite, pour le coup. Mais rien de neuf. Parce que quand Sarkozy le
dit en 2007, on avait démontré dans l'humanité que c'était faux. Ça n'a pas empêché Sarkozy de gagner cette présidentielle, malheureusement. Mais en réalité, ce n'était pas travailler plus pour gagner plus. Le but in fine de la droite, c'est toujours de défiscaliser les heures supplémentaires. C'est toujours le but d'Edouard Philippe, d'ailleurs. C'est de passer au-delà des 35 heures. Et derrière, on défiscalise, ce qui fait que soi-disant, on gagne plus, alors qu'en fait, tu gagnes plus de net, mais avec la perte sur le brut, tu n'es pas gagnant.
Exactement, c'est ce qu'il a dit sur TF1. Il a parlé du fait que pour lui, l'augmentation du SMIC était illusoire et qu'il fallait plutôt passer par la défiscalisation des heures supplémentaires dans le cadre d'un monde où on travaillerait plus. On va l'écouter. Et ce qui est intéressant, c'est que là, on est en plein dans la stratégie aussi, presque en termes de ton. et de stratégie corporelle d'Edouard Philippe, c'est d'incarner le sérieux et l'homme qui vous dit la vérité et qui vous annonce la facture. On va l'écouter et on en parle après. supplémentaire à la fin de l'année, la condition de travailler plus et que les ors subs soient défiscalisés.
Il y a deux choses à dire là-dessus. D'abord, il dit, oui, on a l'impression que l'économie française va très très mal, croissance en berne, etc. Il y a des façons de relancer la croissance, ce qui ne les intéresse pas du tout à droite. En réalité, quand on regarde, d'ailleurs, il y a une façon de relancer la croissance. D'ailleurs, si tu investis à fond sur l'écologie, tu crées plein d'emplois, tu règles plein de problèmes. Ils ne veulent pas du tout regarder de ce côté-là, mais ce qu'ils ne disent pas... Il a un discours alarmiste. En fait, l'économie française est une des plus puissantes au monde. Et c'est loin d'être la misère. C'est le discours décliniste de droite. Même si, sous Emmanuel Macron, il y a deux choses différentes. Le fait que le pays est riche, par contre, il n'y a jamais eu autant de pauvres. Parce que les richesses sont mal réparties. Et ce que dit pas Edouard Philippe, c'est que sur les richesses créées, quand on regarde les richesses créées, la part prise par le capital des dividendes des actionnaires augmente en permanence. Alors que la part pour les salaires et pour les travailleurs, elle n'augmente pas. Il y a un décrochage depuis 20 ans là-dessus. Et c'est ça le sujet. Et on peut augmenter le SMIC si l'État y va, s'il accompagne les petites et moyennes entreprises, les TPE, s'il y a une politique incitative. Ça, ça peut fonctionner, mais lui, il ne veut pas du tout aller là-dessus. Il veut continuer avec les vieilles recettes. Et après, sur le SMIC, si tu défiscalises, lui, il dit on va gagner un demi-SMIC, un SMIC en défiscalisant, mais si tu défiscalises, comment tu finances la sécurité sociale derrière ? Parce que si tu as gagné un demi-SMIC ou un SMIC sur l'année, mais que par contre, tu n'es plus remboursé, tu n'as plus d'assurance chômage, tu n'as plus de retraite, tu n'as plus de remboursement. des soins ou des opérations ou des hospitalisations, à la fin, tu as perdu de l'argent. Mais c'est toujours... Ils font des tours de passe-passe, comme ça, de pseudo-prédigisateurs. Je n'arrive même pas à sortir le mot, mais c'est pas grave. Le tour de magie. Par contre, ce qui est vachement intéressant sur ce qu'on disait tout à l'heure, c'est qu'au début, il dit que c'est la primaire de ceux qui veulent continuer le macronisme. Et après, lui-même, il a un tic de langage à un moment donné où il se met dedans, puisqu'il dit je refuse la primaire. Et ensuite, il dit... Il donne rendez-vous en février. On verra bien en février qui est le plus fort à droite, qui s'impose à droite sans primaire. Et il dit au mois de février, si les Français ont décidément envie de passer à autre chose, eh bien écoutez, j'en tirerai les conséquences. Passer à autre chose.
Ils ont décidément
envie de passer à autre chose, c'est-à-dire sortir de la voie. Ce qui est celle du macronisme, même si demain tu peux appeler ça le philippisme, ou l'Edouard Philippisme, il s'est mis, il se remet de lui-même. Il incarne de fait une
forme de continuité, enfin s'il était élu président, ce serait une forme de continuation du macronisme par d'autres moyens finalement. Ça c'est une évidence. Et d'ailleurs les gens ont en tête, et je pense que le bilan d'Edouard Philippe, notamment on rappelle que c'était le premier ministre pendant les Gilets jaunes aussi. Là on est en train de vivre des épisodes qui nous rappellent les Gilets jaunes depuis la fin septembre. Donc voilà, il y a aussi ce rappel du début du premier mandat. Macron qui a lieu.
– Et du coup, c'est très compliqué pour Edouard Philippe et pour Gabriel Attal, parce qu'en fait, de fait, ils incarnent la continuité. Parcoursup, là, le mouvement lycéen et étudiant, c'est très compliqué pour
eux, parce que
Parcoursup, c'est
eux. – Oui, précisément, je trouve ça intéressant, parce qu'avant d'aller sur la phrase qui a déclenché une polémique sur son lien entre les violences et l'immigration, Il est à noter que depuis le 17 octobre, donc depuis que le mouvement social a pris une intensité supplémentaire, on va dire, depuis cette fameuse journée du 17 octobre, avec les violences et les pillages, eh bien, Edouard Philippe et Gabriel Attal, mais Edouard Philippe, c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui, a décroché. Depuis, c'est toujours Mélenchon et Le Pen qui sont qualifiés au second tour. Dans tous les sondages, il y en a eu une dizaine depuis le 17 octobre, mais aussi parce qu'Edouard Philippe et Gabriel Attal ont été invisibles, en fait, dans cette séquence. Il n'y a eu aucune proposition, il y a eu... des lamentations sur, oh là là, il y a des poubelles qu'on brûlait, des magasins qui ont été détruits, d'accord, ça c'est de la constatation, il n'y a jamais eu de proposition de l'apport de ces candidats, et singulièrement de Doir Philippe.
– Ou elles n'impriment pas, parce que quand tu fouilles dans son site internet, même s'il n'a pas de programme, il y a des mesures, il promet, mais il promet qu'il y aura une école pour tous, une école de qualité pour tous, mais en fait ce qui se passe, c'est que ça n'imprime pas, pour l'instant ça n'imprime pas. D'un côté, il y a les candidats de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon est celui qui a la plus belle... dynamique et de loin, il domine le débat pour l'instant, et de loin, qui propose un nouvel modèle de société, un retour à la promesse républicaine, à la justice sociale et à la justice écologique. Ça, c'est une nouveauté à gauche depuis quelques années. Donc là, les Français peuvent être pour et peuvent être contre, mais ils identifient un projet. Avec Marine Le Pen, c'est la poursuite du capitalisme, même s'il y a un vernis social qui craquelle très vite, et surtout, pour pas qu'on s'en rende compte, marteler que le problème, c'est l'immigration, c'est l'immigration, c'est l'immigration. il y a un autre... Bon, c'est un piège énorme, mais... C'est identifié. C'est identifié, et il y a un chemin. Et là, donc, on voit deux chemins. Et alors qu'avec Édouard Philippe, les Français se disent, à la fin, peut-être qu'ils vont voter Édouard Philippe, et peut-être qu'Édouard Philippe sera président, mais on voit bien que c'est la poursuite du macronisme. Même s'il essaye, par différentes circonvolutions, de faire croire autre chose, on voit que c'est la poursuite du macronisme. Moi, j
'avais une question, c'est sur le même... Parce que c'est une stratégie, c'est de dire, bon, je vais être le candidat, en gros, je dis qu'il y a des candidats... Donc, Édouard Philippe dit... Donc d'un côté l'extrême droite, d'un côté l'extrême gauche pour lui, donc la France insoumise. En gros, il dit, eux, ils vous promettent tout et n'importe quoi. Donc, en gros, ils vous promettent n'importe quoi sur l'immigration pour ce qui est du RN, ils vous promettent n'importe quoi sur la dette pour ce qui est de Jean-Luc Mélenchon. Et moi, je vais vous dire un discours de vérité. Et le discours de vérité, c'est qu'il faut de l'austérité, il faut une nouvelle réforme des retraites pour travailler plus longtemps. Il faut travailler plus longtemps de manière générale. Donc, ça ne se joue pas que sur la question de la retraite, c'est aussi sur le volume d'heures travaillées avec les fameuses heures supplémentaires défiscalisées. Ce discours un peu du sang et des larmes, finalement, et du père sérieux, du père sérieux de la nation qui vous dit, moi, je vous promets. rien de magique, je vous annonce la facture. Est-ce que ça, c'est un discours qui peut marcher après dix ans de macronisme où les gens ont été épuisés précisément par les mêmes recettes ? Parce qu'on est encore dans une politique de l'offre, tu l'as dit.
Surtout, c'est déjà ce que promettait Macron il y a dix ans. Alors après, il y avait un peu la pseudo-promesse de modernité que Attal, parce qu'il est jeune, essaye toujours d'activer, mais ça ne fait pas un programme présidentiel. Mais sinon, on voit sur le site d'Edouard Philippe, il y a une phrase qui revient souvent, c'est « voir loin, décider juste ». Tenir parole. Tout le monde est pour, voire loin. Tout le monde est pour décider juste. Tout le monde est pour tenir parole. Et si c'est ça qui te démarque des autres, si tu n'arrives pas à... à avoir un souffle, un projet de société vraiment identifiable, identifié. Ça va être très compliqué pour lui. Sur les retraites, tout à l'heure, tu disais le sang et les larmes. Il a été étiqueté pendant longtemps comme le candidat des 67 ans. Il voulait faire une réforme de la retraite où on partait à 67 ans. Donc c'était très impopulaire. Il a un petit peu changé son fusil d'épaule, mais pas tellement, puisque maintenant, il parle de départ à 65 ans, avec une durée de cotisation de 45 ans. Dans les faits, il y a plein de gens qui vont partir après. comme il a vu qu'il se faisait défoncer dans les pas publics là-dessus. Maintenant, il ajoute qu'un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, que tous ceux qui sont en mauvaise santé pourront partir à 55 ans en situation de handicap. Bon, alors qu'en situation de handicap, des fois, tu peux arrêter de travailler tout court. 60 ans en incapacité permanente, 62 ans en invidilité. Mais on voit là le projet de société. Si tu pars plus tôt, c'est parce que tu es en incapacité permanente. 62 ans parce que tu es en invalidité. A 55 ans si tu es en handicap. Mais en fait, un projet de société où tu finances la retraite à 62 ou même 60 ans, c'est possible. Ça peut être mis en débat. Et là, la promesse, c'est au travail ou cassé.
C'est intéressant parce qu'en fait, il ne s'empêche pas dans sa propre mesure choc, qui est censé être un marqueur dans une campagne. C'est l'homme qui défend la retraite à 65 ans. Et en fait, tu te rends compte que comme il se fait attaquer là-dessus forcément par ses adversaires, En fait, il s'enlise lui-même dans sa propre mesure. Après, on ne comprend plus rien. Alors que la retraite à 60 ans, c'est clair. Pour ce qui est de la gauche. Enfin, d'une partie de la
gauche. En plus, quand les retraites ont été généralisées en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'idée, c'était de sortir de la retraite de l'antichambre de la mort et qu'il y ait un nouvel âge de la vie. Que la retraite soit un nouvel âge de la vie. Et ça, c'est vraiment là où est le combat aujourd'hui. Une partie de la gauche, pas toute, qui veut que la retraite soit un nouvel âge de la vie. Et la droite qui dénonçait le boulot comme seul horizon avant d'être cassée.
Alors tu dis donc qu'il n'imprime pas. C'est vrai que par exemple, du coup, à droite, certains ont essayé de marquer des points. Alors Bruno Retailleau avec un discours très offensif, notamment vis-à-vis de la France insoumise. Mais pour l'instant, Retailleau, il ne décroche pas trop dans les sondages. On a quand même aussi l'émergence. Probablement un des éléments qui expliquent aussi le fait qu'Edouard Philippe ne grimpe pas tant que ça, l'émergence de David Lissnard, candidat à droite, ancien de LR lui aussi, qui a fondé son propre parti, Nouvelle Énergie, le maire de Cannes, qui lui assume une ligne, on va dire, milléiste, du nom de Javier Milei, le président libertarien de l'Argentine. On ne va pas faire une vidéo sur David Lissnard, mais ce candidat-là... forcément c'est vrai que ça marche, puisque maintenant il est même dans un certain sondage devant Bruno Retailleau, il est autour de 7, 7,5. Lui il incarne quelque chose, il incarne le moins d'États possible, etc. Les gens imprimaient que c'était l'homme qui allait réduire les dépenses publiques à la tronçonneuse, pour reprendre l'image du président argentin. Lui, au moins, a réussi à incarner quelque chose dans la campagne. Et du coup, ça participe à mordre aussi sur la dynamique d'Edouard Philippe, je pense. Parce qu'Edouard Philippe, encore une fois, on ne sait pas trop. On comprend bien qu'il lui aussi voudrait durer la dépense publique, mais on ne sait pas exactement. Enfin, ce n'est pas clair. C'est beaucoup moins identifiable que David Lissnard.
Lissnard, déjà, il y a un coup de com. L'idée qu'il se passe quelque chose qui est publié à fond par ses partisans sur Twitter. Avant même qu'il se passe quelque chose, il disait « il se passe quelque chose ». Mais ça a marché. Pour l'instant, il y a un mouvement dans les sondages. Il y a un mouvement électoral. Il vampirise surtout Bruno Retailleau. C'est potentiellement une épine dans le pied d'Edouard Philippe. Mais pour l'instant, ce n'est pas encore celui qui peut lui barrer la route. Mais sur l'effort, il y a quand même un chiffre dans le programme d'Edouard Philippe, dans les mesures sur son site internet. Il dit que pour sauver une stratégie de sauvetage des dépenses publiques... Pour sauver les dépenses publiques, il faut supprimer une grande partie des dépenses publiques. Il dit que 50% de l'effort devrait être fait sur les dépenses sociales. Les dépenses sociales, c'est tout ce qui est la sécurité sociale, les services publics, etc. Après, il dit qu'il y aura un quart sur l'État et un quart pour les collectivités. Et un quart grâce à la croissance. Mais un quart sur l'État et les collectivités, c'est aussi de l'argent en moins pour les Français. Donc il promet une saignée, il ne le dit pas aussi frontalement que l'ISNAR ou Retailleau. – Mais de fait, ce serait la conséquence de la politique. – Parce qu'en Lysnard ou Retailleau parlent du nombre de fonctionnaires, plus de 100 000, même 400 000 fonctionnaires, pas supprimés, ils disent pas supprimés, avec des parents retraites non renouvelés, donc à la fin, ça fait des fonctionnaires en moins, des gens qui sont là au quotidien pour les Français, mais il a une stratégie aussi de gros saignée. Il propose un référendum, Edouard Philippe, mais il veut la règle d'or, aussi budgétaire, ce qui passe par une saignée aussi.
– Règle d'or que Marine Le Pen dans la Constitution, par ailleurs. Du coup, on en vient à un candidat de droite qui patine, qui n'arrive pas à être identifié dans les sondages, qui par ailleurs est largement distancé par Marine Le Pen et le Rassemblement National. Qu'est-ce qu'on fait quand on est un candidat de droite et qu'on est distancé par le RN ? On parle de l'immigration, c'est un peu malheureusement la mécanique bien connue de notre débat public. On va écouter Edouard Philippe qui est amené à commenter le 17 octobre et à répéter des propos qu'il avait déjà tenus sur le lien entre immigration et viol. Pour l'extrait qui a fait polémique, qui a été qualifié de calomnie raciste par Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, qu'est-ce qu'on en pense de cet extrait ? Edouard Philippe fait un lien entre jeunes issus de l'immigration et pillage le 17 octobre. Tout ce qu'il requint du 17 octobre, c'est que finalement, il y a eu des jeunes issus de l'immigration et qu'il y a donc un problème d'intégration dans ce pays.
Tout est hallucinant dans ce passage. Il n'y a rien qui va. Il n'y a rien qui va déjà dans la question de la journaliste, parce que pour la journaliste, il y a un constat. Mais quel constat ? D'ailleurs précisons qu'Edouard Philippe a aussi
attaqué TF1 en disant, l'entretien était complaisant, il aurait dû le couper, etc. Mais quel est
ce constat ? Est-ce que TF1 a fait un constat ? Edouard Philippe lui-même est plus prudent. Il utilise des mots un peu plus... On sent qu'il est embarrassé par sa propre... Franchement, à partir de quoi on mesure qu'il y a des jeunes issus de l'immigration ? C'est quoi être issus de l'immigration ? Par exemple, tous les deux, on est en partie issus de l'immigration. Sur quoi se base Edouard Philippe pour parler de jeunes issus de l'immigration chez les casseurs ? Vraisemblablement, je ne vois rien d'autre. La couleur de peau. Parce que la couleur de peau dans la République française, et la citoyenneté, c'est deux choses qu'on peut faire. Quelle que soit la couleur de peau, on est citoyen. Et d'ailleurs, dans l'histoire de France, quelle que soit la couleur de peau, ça ne veut pas dire qu'on vient d'arriver dans le pays. On peut être blanc et être arrivé y a deux jours. On peut être noir et être là depuis des siècles. Même si majoritairement, ce n'est pas le cas. On voit bien l'impensé. Il a vu des Noirs et des Arabes dans les cortèges.
C'est
ça qu'il a vu. Parmi les casseurs, on a des journalistes de l'humanité qui sont allés aux comparutions immédiates des casseurs et des Black Blocs. Il y avait des Blancs, des Noirs, des Arabes. Est-ce que c'est ça qui fait que tu deviens casseur ? Est-ce que c'est d'être issu de l'immigration ou pas qui fait que tu deviens... Donc il n'y a rien qui va, alors que c'est quelqu'un de très intelligent, il leur fait livre un par ailleurs, pour avoir suivi plein de questions au gouvernement quand il était Premier ministre, et puis après pour avoir suivi celles de Castex, Borne ou Attal. C'est ce qu'il fait. Je ne dis pas, il a un programme dangereux pour la France, mais il est beaucoup plus malin que d'autres. Et des fois, d'ailleurs, à certains moments, il était un peu plus responsable lors des questions au gouvernement sur... notamment sur les questions d'immigration. Là, il est en train de courir complètement derrière le Rassemblement National. Et tu posais la question tout à l'heure, qu'est-ce qu'on fait quand on est de droite et qu'il y a la dynamique de l'extrême droite ? Souvent, on fait la pire erreur qui soit, c'est-à-dire reprendre les propositions de l'extrême droite, ce qui ne fait que nourrir l'extrême droite. On entend souvent dire d'ailleurs à l'extrême droite, dire qu'à la fin, les Français préféreront l'original à la copie. C'est exactement ce qui se passe. Marine Le Pen n'a même plus besoin d'attaquer l'État de droit aujourd'hui. Elle continue de le faire, mais celui qui va le plus fortement, c'est Brune Retailleau. Elle n'a même plus besoin de parler de droit du sol ou droit du sang. C'est Édouard Philippe lui-même qui le fait quand il parle de Mayotte. Et donc, ils sont complètement en train de perdre leur boussole républicaine, sous couvert de responsabilités à deux balles.
Rappelons à ce titre que la seule victoire parlementaire obtenue par l'ERN lors d'une niche parlementaire, c'est quand l'ERN présente ses propres propositions, c'était sur la dénonciation de l'accord franco-algérien. Et la victoire parlementaire a été obtenue grâce aux voix d'horizon, c'est-à-dire le groupe d'Édouard Philippe. C'est son groupe, puisqu'il n'est pas député, mais c'est le groupe des députés d'Édouard Philippe qui a permis aux Rennes d'obtenir sa seule victoire parlementaire
à date. Et là-dessus, ce qui est frappant, c'est qu'il mélange tout, alors qu'il y a plein de choses intéressantes à dire sur les Black Blocs. Et après, comme il est un peu malin, à la fin, il parle de comment faire nation, et ensuite il propose un service national obligatoire. pour faire revenir ce sentiment d'appartenance à la France. Mais ce sentiment d'appartenance à la France, si on met de côté les Black Blocs, puisqu'on parle des manifestations qui ont eu lieu dans le cadre du mouvement lycéen. Il y a les Black Blocs, et en plus il y a les
pilleurs qui étaient opportunistes, qui n'avaient rien à voir avec un engagement politique. En fait, il n'a pas de
discours fin, il n'analyse pas, il n'a pas de discours rationnel sur le sujet. Et derrière, le sentiment d'appartenance, puisqu'il en parle, on peut aussi lui en parler, le sentiment d'appartenance des jeunes qui manifestent pacifiquement et qui bloquent les lycées et qui se mobilisent pour les lycées et les entreprises contre Parcoursup, etc. eux, leur sentiment d'appartenance, il est là. Ils veulent que la République honore sa promesse républicaine de justice sociale, d'égalité. Et ça, donc, il l'écart complètement. Mais sur l'immigration, pour finir, parce que quand même, c'est fou, quand on regarde son programme, il a écrit un objectif clair divisé par deux l'immigration dans notre pays. Pourquoi par deux ? Pourquoi pas 0,5 ? Pourquoi pas 3 ? Pourquoi pas 4 ? Pourquoi pas 6 ? Pourquoi pas tout supprimer l'immigration ? Quel est le problème avec l'immigration ? S'il y en a un, quelle est la solution ? Non, diviser par deux. Je trouve ça ultra déshumanisant, en fait, quand on lit le programme. Oui, c'est un rapport comptable, en fait. Suspendre le regroupement familial pour la durée du quinquennat. Donc s'il est lu pendant cinq ans, il n'y a plus de regroupement familial. Pourquoi ? Que produit de si dangereux le roulement familial ? On parle de gens qui viennent vivre en France et qui font venir leur famille. Et il y a des règles en plus, on ne fait pas ça. Je trouve ça hallucinant. Et donc il y a toute une chaîne comme ça de propositions qui sont dingues et qui constituent une rupture totale, non seulement avec les fondamentaux républicains du pays. En fait, l'immigration est tellement diabolisée que la droite n'a même plus besoin d'expliquer pourquoi il y aurait ou non un problème. S'il y a l'immigration, donc fermeté.
Pour moi, ça en dit long sur ce qu'est devenu l'électorat de droite et en tout cas ce que les candidats de droite identifient comme leurs électeurs potentiels. C'est-à-dire qu'en fait, on ne peut plus être un candidat de droite sans avoir des propositions ultra dures sur l'immigration. On considère que l'électorat de droite maintenant est anti-immigration. Donc si on veut convaincre ces gens-là qui sont partis pour une grande partie au RN, ou qui sont tentés de le faire, il faut forcément accompagner le mouvement xénophobe de la société. Parce que c'est de ça dont on parle. Et la sortie de Dwarf Philippe, elle est xénophobe, puisqu'elle fait ce lien un peu chelou, sans avoir d'élément pour le crédibiliser. Et par ailleurs, oui, il y avait des jeunes, notamment des jeunes issus des quartiers populaires, où les descendants d'immigration sont nombreux, qui ont pris partie. au pillage, notamment autour des grandes villes, ça a été le cas à Marseille, ça a été le cas à Paris. Tu disais, on a un collègue qui a suivi les comparutions à Bobigny, et effectivement, il y avait souvent des jeunes hommes, d'ailleurs, qui étaient issus de l'immigration maghrébine ou nord-africaine. D'accord, mais en fait, à un moment, il faut peut-être se poser la question sociale aussi. Et en fait, ça, c'est quelque chose que ne s'est jamais posé Edouard Fiel dans la séquence, c'est-à-dire se dire, mais concrètement, qu'est-ce qui amène à ce que des jeunes... profitent d'un mouvement social pour aller piller des magasins. Et là, je vous renvoie vers les contenus qu'on a pu faire à Luma avec des sociologues, etc., qui essayent de trouver des pistes d'explication. Parce qu'en fait, ce qui est terrible, c'est que la première explication qui lui vient, c'est qu sont issus de l'immigration, donc il y a un problème avec l'immigration. Comme si, fondamentalement, l'immigration produisait de la délinquance. Le but, c'est
de parler d'autre chose que de Parcoursup, de parler d'autre chose que des lycées, des étudiants. Après, lui, il dit qu'il faut faire nation, il est un peu plus malin que Retaillou. Il avait fait une interview qui était hallucinante. L'urgence, aujourd'hui, ce n'est pas Parcoursup.
L
'urgence aujourd'hui, ce n'est pas la vétusté des lycées. L'urgence aujourd'hui, c'est qu'il y a des casseurs en France. On voit bien la stratégie qui vise à ce qu'on parle de complètement autre chose que des revendications d'origine. Et juste pour finir sur Edouard Philippe, quand il est allé à Mayotte, il avait fait sa rentrée politique à Mayotte en septembre dernier. Et donc il dit on va suspendre le droit du sol. Et on va... Donc ça, ça fait... On a presque l'impression que ça scandalise de moins en moins, parce qu'il y a toute une partie de l'extrême droite et de la droite qui le dit depuis des années, mais c'est parfaitement scandaleux, parce que la citoyenneté française, c'est pas le sang, c'est le sol. Et c'est une définition qui... Ça existait même avant, d'ailleurs, avant la République. Le droit du sol, mais bon, bref, on va pas partir dans un tunnel sur le droit du sol. Mais aussi, il a dit, je vais supprimer le droit d'asile. Et donc, on en est arrivé à un niveau où la droite dite républicaine se dit que le droit d'asile... le supprimer, c'est OK quand on lutte contre l'immigration. C'est complètement hallucinant. Le droit d'asile, on parle de gens qui sont en danger dans leur pays, et c'est régi par des conventions internationales. Alors peut-être que Retailleau nous dirait que les conventions internationales ne sont pas intangibles, comme l'état de droit. Mais c'est assez hallucinant, cette abolition, cette défiance de rationalité.
Et généralement, après ce genre de sortie, ça se termine avec une séquence de... où Marine Le Pen savoure et elle dit « c'est une victoire idéologique pour nous ». Elle dit juste ça et ça suffit, elle ramasse la mise. Et on voit d'ailleurs que dans les sondages, c'est sans effet puisque Marine Le Pen est toujours aussi haut et Edouard Philippe baisse. Merci beaucoup Aurélien d'avoir fait ce point sur ces premiers mois de campagne Edouard Philippe en difficulté. On va suivre ça évidemment avec attention sur la chaîne de l'humanité.fr. Abonnez-vous. Salut, à la prochaine.
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