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news peut-elle être supprimée ? En moins d'une semaine, la pétition lancée en juin pour demander l'interdiction de la chaîne d'extrême droite a recueilli plus de 500 000 signatures. 500 000 signatures, c'est la barre qui peut déclencher un débat sur le sujet dans l'hémicycle. Sophie Taillépoyan, députée du Val-de-Marne du groupe écologiste et social, vice-présidente de la commission des affaires culturelles et porte-parole de François Ruffin, est avec nous pour en discuter. Bonjour Sophie Taillépoyan, merci d'être avec nous. Peut-être la première question que tout le monde se pose, c'est après les 500 000 signatures, c'est quoi la suite ? C'est quoi la prochaine étape
'abord, moi, je voudrais vous dire quand même une chose très importante. On ne peut pas, et c'est très bien ainsi, décider à l'Assemblée nationale de fermer un canal TNT. Pourquoi c'est très bien ? Parce que sinon, ça voudrait dire que le pouvoir politique... pourrait décider tout seul, sur une simple majorité à l'Assemblée, de fermer telle ou telle chaîne de télé ou de radio. Donc ça s'appelle un régime totalitaire. Donc autant moi je soutiens la tenue de ce débat parce que je pense que ça fait partie des choses qui doivent être débattues. Qu'est-ce qui aujourd'hui caractérise notre système médiatique, notre paysage médiatique ? Est-ce qu'on est allé trop loin ? Est-ce que l'ARCOM a joué son rôle ? Si on pense qu'elle ne l'a pas joué, pourquoi ? Est-ce qu'il faut faire des modifications législatives ? Est-ce que ? Je ne sais pas. Moi j'ai mon avis, mais ça, ça mérite d'être débattu. Donc c'est la raison pour laquelle je soutiens le fait que la pétition fasse l'objet d'un débat. mais pas qu'il y ait un vote et que je ne pense pas que ce soit une bonne chose que l'Assemblée commence à pouvoir décider toute seule de fermer les chaînes. Je le sais parce qu'on va être accusé d'être des staliniens de service, on a l'habitude, il y a une autorité indépendante qui s'occupe de ça, est mandatée par l'Assemblée nationale puisque son rôle est décrit dans la loi. Et c'est la raison pour laquelle c'est intéressant qu'on en débatte à l'Assemblée nationale, mais c'est à elle de prendre les mesures vis-à-vis de cette chaîne.
Justement, vous mentionnez l'ARCOM, ça pourrait être son rôle d'attribuer ou non une fréquence TNT à une chaîne ou pas. Là, est-ce que vous estimez que l'ARCOM a fait son job depuis qu'elle est en place, depuis qu'elle a remplacé le CSA ? Est-ce que l'ARCOM a fait son job ? Est-ce qu'on peut compter sur elle pour être effectivement le gendarme de l'audiovisuel public ?
je considère que l'ARCOM, les missions qui lui ont été confiées, c'est un constat d'échec. Nous n'avons pas réussi, dans le cadre juridique actuel, à faire en sorte que, sur la télévision, le pluralisme interne soit respecté. De toutes les manières possibles, le Conseil d'État l'a d'ailleurs pointé. Le travail de Reporters sans frontières, la saisine de nombreux... Juriste, derrière Madame Broyel, a également démontré, en tout cas, posé les bases d'un débat juridique qui montre qu'il y a un problème. De toute façon, on le voit, il suffit d'allumer la télé sur ces news, on voit bien qu'il y a un problème quand on est un peu doté d'humanisme et de valeurs républicaines, d'antiracisme. d'antisexisme, etc. Donc, pour moi, il y a un problème. Et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle j'ai obtenu une mission d'information dans le cadre de la commission culture sur l'ARCOM. Là, on est en plein travail d'évaluation pour regarder si les moyens juridiques, les moyens financiers de l'ARCOM sont au bon niveau. Ou pas. Donc je le fais avec une collègue LR, qui s'appelle Madame Duby-Mullet, et nous allons rendre nos conclusions avant Noël, juste début janvier. Et par exemple, le débat pourrait avoir lieu sur la base de ces conclusions.
Quand on parle de pétition, on pense aussi à celle en 2025 sur la loi Duplon, qui avait recueilli plus de 2 millions de signatures. Pourtant, elle avait été presque totalement ignorée, notamment par l'Assemblée. Est-ce que ça veut dire aujourd'hui que ça ne sert plus à rien de signer une pétition ?
ne sert pas plus à rien. Qu'est-ce que c'est important dans le rapport de force qu'on a besoin de construire et que le débat d'idées qui agite notre pays soit sur des thèmes qui nous sont chers et qui nous semblent les plus importants. Et là pour le coup, moi je n'ai pas envie qu'on s'arrête d'évoquer les causes et les conséquences. de l'attentat terroriste commis à Trappes. J'ai envie qu'on puisse, dans la société, avoir ce débat, comprendre. Et parler de ces news fait partie de cet élément de compréhension. Donc non, continuons ce genre de choses. C'est comme ça qu'en démocratie, on exprime une idée, on défend une cause. Et c'est une belle initiative que ce citoyen, que je ne connais pas, a prise. et qui prend de l'ampleur.
Justement, vous mentionnez l'attentat de Trappes, on le rappelle, c'était le 23 octobre à Trappes et à Verrières, qui a coûté la vie au jeune Pengo Bossio Wangui, qui a blessé grièvement plusieurs personnes, dont une fillette de 12 ans, qui a été criblée de nombreuses balles. C'était un extrémiste de droite, biberonné notamment à CNews. Et donc c'est vrai que l'accélération de cette pétition s'est vraiment faite à ce moment-là, parce que les gens ont aussi fait le lien entre le déversement de la parole raciste dans les médias avec la mise en acte de cette parole raciste. Est-ce que ça veut dire qu'on a besoin de ce genre de drame, de ce genre d'attentat, pour enfin prendre conscience de la dangerosité de ce discours
préférerais qu'on n'en ait pas besoin, évidemment. Alors je ne sais pas si la pétition a été déposée avant ou si elle a été déposée juste après.
Elle a été déposée au mois de juin et c'est vraiment depuis une semaine qu'elle a connu une très très forte accélération.
Alors c'est vrai que j'avais oublié qu'elle avait été déposée en juin. Mais vous me rappelez que je l'avais vu passer à ce moment-là. Ce n'était pas la première, mais cette fois-ci elle a trouvé écho parce que ce qu'elle dénonce, ce qu'elle annonçait finalement, c'est-à-dire la possibilité de violence commise de manière... directement liées à la ligne éditoriale de cette chaîne. Donc c'est une excellente chose que cette initiative citoyenne.
Vous disiez tout à l'heure que ce n'était pas le rôle des députés, le rôle de l'Assemblée, d'interdire de faire fermer une chaîne ou pas. Déjà, est-ce que c'est déjà arrivé qu'une chaîne de télévision soit fermée, interdite ? Est-ce que c'est possible ?
c'est juridiquement possible. D'ailleurs, le CSA l'a fait une fois. Après, c'était sur des motifs qui ont été non validés par le Conseil d'État. Mais c'est pesable, c'est dans les attributions de l'Arcone que de couper le signal. Après, ça n'interdirait pas à CNews d'aller sur des plateformes qui ne sont pas régulées de la même manière que la TNT. C'est pour ça que j'aimerais bien qu'il y ait un débat, parce que ça permettrait quand même que les gens qui s'intéressent à la chose puissent avoir tous les arguments et une pleine connaissance des enjeux. La CNT, il y a des règles particulières, CNU ne les respecte pas, c'est la raison pour laquelle il ne doit plus pouvoir y émettre. Ça ne veut pas dire qu'il faut empêcher Pascal Pro de créer ses propres médias, évidemment.
Ça fait plusieurs fois que vous dites qu'il faut que le débat ait lieu. Vous, vous avez votre avis, mais il faut qu'on puisse en débattre. Comment est-ce que vous, vous allez pousser pour que justement le débat ait lieu ? Quels sont vos outils pour faire en sorte que le débat ait vraiment lieu et que l'Assemblée nationale ne balaide pas cette pétition comme si elle n'avait jamais existé ?
Écoutez, je vais essayer de convaincre mes collègues du bureau de la commission culture. J'ai demandé aujourd'hui, cet après-midi même, une réunion en urgence et le président vient de convoquer une réunion de bureau demain. Donc il y aura une réunion de bureau à ce sujet. Donc on verra ce que le bureau de la commission en pense, s'il soutient l'organisation d'un débat ou pas. Moi je pense que ce serait une excellente chose et peut-être notamment le faire assez rapidement après la sortie de notre rapport qui pourrait donner un peu de grain à moudre entre guillemets au débat. Sachant qu'il n'est pas encore écrit, on est en plein en train de réfléchir à tout ça et évidemment on est complètement percuté par trappe. Moi, pour faire une confidence, j'ai commencé à travailler sur la question des médias et à m'interroger sur quelles actions on pouvait mener après la première cabale contre CRAB qui a eu lieu en février 2021. Donc ce n'est pas nouveau. Donc voilà, je vais essayer de courir avec mes collègues du bureau de la commission culture-éducation de l'Assemblée nationale. Et j'ai des collègues, je pense, qui essaieront aussi d'obtenir la réunion du bureau de l'Assemblée nationale pour convaincre la présidente, les présidents et vice-présidents et secrétaires de l'Assemblée nationale.
On parle beaucoup de CNews, mais je voulais aussi vous parler d'un autre média. Dans une lettre adressée à leur direction et au groupe CMA Média, plus de 160 salariés dénoncent une dérive idéologique vers l'extrême droite de BFM TV. Est-ce que ça veut dire que BFM TV est en train de s'inscrire dans les pas de CNews et de devenir aussi dangereux ? que c'est news
moi j'essaye de dire qu'un important c'est que les médias soient indépendants. Donc chacun en tant que citoyen a son point de vue. Et le juge de PEP, tout ça, c'est censé être la com. l'instant, j'observe que à la fois les saisines... Et les sanctions prononcées à l'égard de BFM ne sont pas du tout au même niveau que celles d'ores et déjà prononcées contre ces news, et ceci depuis plusieurs années. Donc même si je ne partage pas la ligne éditoriale de BFM, je considère qu'on ne peut pas les mettre dans le même panier. Après il peut y avoir un débat citoyen, il doit y avoir un débat citoyen, que chacun puisse avoir son opinion sur les lignes de Corian, celle de BFM. n'est pas proche de mes idées. Néanmoins, on n'est pas dans le même niveau que ces news en termes de déversoirs, de propos stigmatisants, offensants pour tant de personnes dans notre pays.
Vous mentionnez l'indépendance des médias, c'est vrai que c'est un sujet hyper important. Je ne sais pas si vous partagez l'impression que j'ai, mais j'ai l'impression que... en réponse à la radicalisation vers l'extrême droite de CNews et puis peut-être d'autres, que les médias indépendants prennent aussi un petit peu leur envol que de plus en plus de personnes suivent, soutiennent les médias indépendants. Il y en a plein qui se créent, c'est toujours très difficile de vivre. Mais j'ai l'impression que face à l'extrême droitisation des médias, notamment des chaînes d'info, qu'il y a aussi les médias indépendants qui essayent de faire du travail... correcte. Est-ce que vous partagez cette impression
y a une inquiétude énorme, c'est la concentration des médias. il y a un espoir immense. C'est les médias indépendants qui se développent, c'est vrai. Et moi, s'il y a un message à passer à chaque citoyen, citoyenne, si vous en avez les moyens financiers, abonnez-vous à ces médias.
Peut-être un dernier mot pour conclure. On a parlé des chaînes d'infos, on continue, on a parlé de CNews, on a parlé des médias indépendants. Et le service public dans tout ça, c'est quoi son rôle, c'est quoi son état aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut, est-ce qu'on doit toujours pouvoir compter sur lui
devrait toujours pouvoir compter sur lui pour donner une information de qualité, mettre des moyens dans le journalisme, sur toutes ses dimensions, que ce soit le suivi des événements très récents, très chauds, ou que ce soit sur de l'enquête plus longue, ce qu'aujourd'hui le service public peine à faire parce qu'il a été fragilisé ces 10 ou 15 dernières années par des coûts budgétaires, par la suppression de la redevance et par l'immense... campagne de pression qui est menée sur lui par l'extrême droite. Je soutiens le service public de l'audiovisuel parce que ces missions sont essentielles. Après, encore une fois, indépendance des médias, je ne vais pas vous raconter quelle séquence m'a plu, quelle séquence m'a... Même si je suis comme tout sous-citoyen ou citoyenne. Mais on doit pouvoir compter sur des médias de services publics et leur donner les moyens. Et je voudrais aussi adresser un coup de chapeau aux salariés de ces entreprises publiques qui ont vécu une année très difficile l'année dernière pendant la commission à l'oncle. Ils se sont vraiment sentis pointés du doigt alors qu'ils font quand même un travail extraordinaire. 80% du temps, 90% du temps.
Merci beaucoup, Sophie Taillé-Poyan. Je rappelle, vous êtes députée du Val-de-Marne du groupe Écologiste et Sociale et vice-présidente de la Commission des affaires culturales. Merci à vous et à bientôt. Merci.
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