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ne va plus pour et dans le plug central, Retailleau, Philippe, Attal, ils sont dans le trou, dans le trou, écrabouillés par les champions des sondages, d'un côté Jean-Luc Mélenchon et puis évidemment très loin devant Marine Le Pen depuis le début, et bien que cette campagne a... Alors évidemment, d'être des anciens macronistes, c'est un peu destructeur. C'est le cas évidemment pour Attal et Philippe, qui sont des anciens premiers ministres. Un peu moins pour Rotaillot, mais il a du mal à se faire entendre, qui était ministre de l'Intérieur, il ne faut pas l'oublier. Alors il y en a un qui sort un petit peu la tête de l'eau, c'est effectivement David Lysnard, puisque lui, il est vierge de toute participation au gouvernement. Alors pourquoi ? Pourquoi ils en sont là ? Eh bien parce que quand vous promettez du sang et des larmes... Ça ne peut pas marcher aujourd'hui. Aujourd'hui, le cercle de la raison, eh bien, il est plus impopulaire que jamais. Et donc, il faut avoir le propos populiste, il faut avoir le propos un peu démagogue aussi, promettre monts et merveilles. Et c'est comme ça que, eh bien, vous arrivez, avec la radicalité, à vous faire entendre. Alors, il y a un mot magique, un mot magique pour sortir du trou, peut-être. Des primaires pour sortir de l'ornière. Certes, certes, certes, mais si ces primaires, eh bien, si ces primaires sont synonymes de peur de perdre, ça ne risquera pas de marcher. En revanche, en revanche, si c'est avec la rage de vaincre, il y a un petit espoir. Vous l'avez compris, vous êtes au club politique du Figaro et je suis très heureux de vous accueillir ce soir. Surtout que je suis très heureux d'accueillir quelqu'un qui n'est encore jamais venu, qui s'appelle Gilles Finkelstein, qui est avec nous, qui est le secrétaire général de la fondation Jean Jaurès, une fondation qui l'hante depuis de très nombreuses années et qui est l'auteur d'un livre que je vous invite à lire d'ailleurs, qui est sorti ces jours-ci, La démocratie à l'état gazeux. Et c'est un livre tout à fait intéressant, après tous les autres d'ailleurs. qu'il a écrit puisqu'il a une œuvre importante. Avec nous, et bien avec nous, Mademoiselle Gentilhomme. Bonsoir. Célestine, bonsoir. Merci d'être avec nous. Il n'y a pas de secret pour elle. La gauche, pour elle, c'est un jardin. Un jardin à la française. Même si ce n'est pas très... Elle taille bien les haies. Charles Aigu, vous l'avez reconnu. Bonjour Charles, merci de participer à cette émission. Alors, on va s'intéresser principalement à cet axe central. Je ne sais pas trop comment il faut l'appeler, où il commence, où il termine. D'ailleurs, c'est assez variable parce que tout le monde n'a pas la même définition de ce bloc central. Gilles Pigerstein, pourquoi ça ne marche pas ? On ira dans le détail après, mais...
ça ne marche pas dans les sondages ? D'abord, commençons par le périmètre. Vous dites depuis tout à l'heure... Bloc central, en réalité, vous parlez de ce que l'on a appelé à un moment le socle commun. C'est-à-dire cet espace politique qui va en gros de la Macronie jusqu'aux Républicains. Après, on peut déplacer un peu la frontière dans un sens ou dans l'autre, mais c'est en gros ce que l'on a appelé le socle commun, c'est-à-dire la droite ou les droites. Avec peut-être ce paradoxe que... Ça fait longtemps que les droites n'ont pas eu une telle centralité dans l'opinion, avec un déplacement, une droitisation de l'opinion quand on regarde les évolutions depuis 20 ou 30 ans, et que... Peut-être sont-elles aujourd'hui dans une difficulté électorale spécifique. Et en ajoutant un dernier point, c'est que je crois qu'il y a deux grands types de campagnes présidentielles quand on regarde les campagnes de ces 50 dernières années. Et que la ligne de partage tient au fait de savoir si le président de la République se représente ou pas.
Lorsque
le président de la République ne se représente pas, nous avons généralement des campagnes longues. souvent des campagnes de qualité. C'était le cas en 2007, notamment ? C'était le cas en 2007. C'était le cas en 2017. C'est le cas en 2027. On a une campagne longue. On verra si ce sera une campagne de qualité. Mais dans ces campagnes longues, il y a des phases différentes. Et on est aujourd'hui, pour moi, on n'est pas encore vraiment dans la campagne. La campagne présidentielle, je crois qu'elle se lance lorsque l'offre électorale est fixée. Le moins que l'on peut dire, c'est qu'elle est loin d'être fixée. On est dans une espèce de pré-campagne. Et cette pré-campagne, 'est une pré-campagne de sélection. Le problème, c'est que cette sélection ne se fait pas. Et que c'est aussi, je crois, une partie de l'explication de la difficulté dans laquelle se trouve le socle commun.
alors, elle tarde à se faire. Parce qu'il y a tellement de candidats dans ce socle commun qu'il y a un émiettement terrible, non Charles ? Oui, il
y a une fatigue, je pense, de l'opinion vis-à-vis de l'offre politique en général depuis un certain temps. C'est lié au dégagisme vis-à-vis d'Emmanuel Macron et de ceux qui l'ont servi, mais je crois que c'est un phénomène plus général. Donc les Français, je pense, sont prêts à penser à la présidentielle, mais vraiment le plus tard possible. Donc là, ils ne sont pas du tout dans cet état d'esprit. Je pense que ça nourrit un effet miroir. C'est-à-dire que les candidats eux-mêmes savent que ce n'est peut-être pas le moment de causer parce qu'on ne les écoute pas. D'autant plus, d'ailleurs, qu'il se passe beaucoup de choses, non seulement en France, mais hors de France. Mais là, les événements récents... ne sont pas forcément idéaux, ne conviennent pas forcément à une prise de parole forte en tant que candidat. Parce qu'on va se faire rattraper par des prises des positions qui peuvent ensuite être reprises contre vous. Peut-être qu'il faut en dire le moins possible. Je pense que d'un point de vue stratégique, la question peut se poser dans les états-majors. C un premier élément de réponse. Je pense que les Français ne sont pas du tout dans cette campagne. plus les présidentielles passent, plus elles démarrent vraiment tard. D
'accord. Sauf que là, Gilles disait le contraire. Quand le président sortant ne se représente pas... C'est là où on a des campagnes longues. Oui
et non, parce que 1995, qu'il n'a pas cité, il a fallu attendre fin novembre 1995 pour apprendre que Jacques Delors, qui était le grand favori, était à 27% dans les sondages, annonce qu'il ne se présentait pas. Et on a eu un candidat de substitution qui était le Jospin, dont on ne pensait rien du tout, et qui finalement a fait un résultat correct parce que sa campagne s'est développée, mais elle s'est développée sur la fin aussi. Idem pour Jacques Chirac, qui n'était pas attendu face à... Donc finalement, c'est bien le mois de février-mars qui sont décisifs en 1995. Et en 2007, il y a un cas très particulier, c'est que Nicolas Sarkozy sait depuis très longtemps qu'il veut être candidat. Il l'a fait savoir aussi, d'ailleurs. C'est une des rares campagnes impressionnantes de ce point de vue, où dès le mois de mai 2006, on voit... grands meetings et des grandes prises de position en termes de projet.
C'est toujours intéressant de se reporter à ce qui s'est passé par le passé. J'ai vu que Gilles voulait réagir là.
Oui, sur deux points. L'intérêt pour la campagne est très élevé aujourd'hui. On a des historiques. C'est une question qu'on pose dans toutes les enquêtes depuis 30 ans. Est-ce que vous vous intéressez à la campagne ? On est à des niveaux exceptionnellement élevés. Et mon pronostic ou mon intuition est qu'on aura une participation qui sera très forte. Ça fait des années qu'on parle d'apathie, de fatigue démocratique. Je crois que ce que l'on va constater en France, ce qu'on a constaté d'ailleurs aux élections législatives de 2024 après la dissolution, ce que l'on a constaté dans beaucoup d'autres pays dans lesquels il y a eu un enjeu qui était un enjeu très fort depuis deux ou trois ans, c'est que la participation suit. Donc je pense qu'il y aura... une participation forte et que l'intérêt, en tout cas aujourd'hui, est un électorat important. Et puis, deuxième point sur lequel je voulais réagir, vous disiez, à raison sur les élections de 1995 ou même de 2002, le mois de février-mars, c'est le moment où il se passe des choses. Et c'est vrai, au moment où l'offre électorale est fixée, disons 5 janvier, la mobilité électorale devient très forte. Mon pronostic, en tout cas ce qui s'est passé en 2017 et en 2022, c'est que ce qui se passe en février-mars n'est pas le fin mot de l'histoire et que les nouveaux comportements électoraux, beaucoup plus stratégiques… font que jusqu'au bout, jusqu'au dernier mois, jusqu'à la dernière semaine, jusqu'au dernier week-end, on a des évolutions qui sont des évolutions très importantes. Donc cette campagne, on a l'impression qu'on a bien avancé. D'une certaine manière, elle n'a pas encore vraiment commencé. Célestine.
'est vrai. Je rejoins complètement ce qui a été dit. Je pense qu'on est loin encore de l'échéance, même si je trouve qu'il y a quand même une cristallisation qui intervient assez tôt sur les deux pôles de radicalité. C'est-à-dire qu'on a deux électorats qui sont cimentés complètement ou d'un sondage à l'autre. Aujourd'hui, ils ont un bloc solide, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont tous les deux un bloc très solide qui ne s'effrite pas et dont on voit mal comment il va s'écrouler. de la campagne. Et ce qui est vrai, c'est sur tout cet espace du bloc central où personne ne s'impose vraiment et qu'un électorat beaucoup plus volatile qui fera un choix certainement dans les dernières semaines, dans les derniers mois et pour qui l'urgence, c'est surtout d'éviter le second tour RNLFI. Et c'est d'ailleurs tout l'objet de la primaire qui est proposé, c'est-à-dire de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'élimination du bloc central dès le premier tour. On est encore tôt, mais c'est ce qui explique aussi en partie cette espèce de concurrent. interne du vote utile, qui n'est pas seulement au sein du Bloc central, qui existe aussi chez Raphaël Glucksmann, parce qu'il y a tout un électorat aujourd'hui qui peut voter Edouard Philippe, mais presque par automatisme. C'est-à-dire que ce n'est pas un électorat qui est accroché à Edouard Philippe. Il ne vote pas Edouard Philippe parce que c'est Edouard Philippe, mais parce que en substance, il apparaît aujourd'hui, même si ce n'est plus tellement vrai quand on regarde les sondages, comme le mieux placé, comme celui qui peut éviter le duel.
Alors si j'interprète ce que vous dites... Il a perdu.
Non, non, non. Il n'est pas perdu. Non, il a... Ça
ne fait pas tellement envie, quoi, non ? Sa
campagne, honnêtement, pour l'instant, ne donne pas envie. On sent que le poison du doute s'est complètement installé. Et à part du moment où on a un pied dans le toboggan, le deuxième arrive vite. C'est compliqué. On va
écouter quelqu'un qui s'appelle Priska Thévenot, qui est la secrétaire, qui est la porte-parole du mouvement Renaissance, qui est celui de Gabriel Attal. Regardez ce qu'elle dit. Elle a dit... Il faut sans doute passer par une primaire quand même.
Marine Le Pen est à plus de 32%, Jean-Luc Mélenchon est largement derrière elle. Et ensuite il se passe quoi ? Il n'y a pas de petite finale pendant les présidentielles. Ce ne sera pas à qui sera le meilleur troisième. Ça sera à qui sera en capacité d'aller au second tour, et en l'occurrence à sa Marine Le Pen. On ne se relèvera pas du Rassemblement National à l'Elysée. Alors soit on regarde aujourd'hui les sondages comme une fatalité, et on continue à chicailler les uns les autres, soit on se relève les manches, et on considère qu'aujourd'hui ce ne sont pas les égaux qui doivent parler, mais bien le sens des responsabilités.
Alors Charles, primaire ? Non, non, pas du tout primaire. Je trouve que c'est la pire idée, tout à fait contraire à l'esprit de la cinquième. Le moment de la primaire, c'est la vraie primaire. On sent le gaulliste, là. Non,
mais
il n'y a pas de primaire aux États-Unis parce qu'il y a une élection présidentielle à un tour. Donc, vous ne pouvez pas faire de primaire. Il faut se mettre d'accord avant. Là, il y a deux tours. Le premier tour... Vous voulez dire qu'il y a eu une primaire aux États-Unis parce qu'il n'y a qu'un tour ? C'est ce que vous vouliez dire, vous avez dit le contraire. Oui, exactement, il y a une primaire pour cette raison-là. Et ce qui joue le rôle de primaire, c'est le premier tour de la primaire. Bon, ça, c'est une remarque, disons, un peu générale. Mais deuxièmement, il n'y aura pas de primaire parce que tous les candidats, aucun des candidats n'est d'accord pour dire quel sera le bon périmètre. Et puis, il est quand même... Alors, justement, on va vous montrer.
Personne n'a le même périmètre, vous allez voir. On a relevé des citations des uns et des autres. Alors on a monsieur Attal qui lui dit je ne crois pas que cette primaire aura lieu. Non c'est Philippe ça. Je ne crois pas. Non c'est pas Philippe que je veux. C'est pas Philippe que je veux. C'est Attal. Je tends la main à tous les candidats qui se retrouvent dans ces valeurs, qui ne veulent pas d'un deuxième tour entre LFI et le RN pour organiser une grande primaire des démocrates. Et il ajoute. Mezzavoce, il faut le comprendre, on peut aller jusqu'à Glucksmann. C'est ce qu'Atal a dit. Après, vous avez quelqu'un comme M. Fainaut. Alors lui, il écarte quelqu'un d'autre. Il écarte Lysnard. Nous refusons aussi toute compromission avec Jean-Luc Mélenchon. Et pas Knafo, pas Lysnard. Et puis, vous avez une troisième version qui va arriver. qui est... Non, ce n'est pas Édouard Philippe, c'est une autre version encore. Mais enfin, Édouard Philippe, lui, il n'est pas du tout pour la primaire, parce qu'il dit que c'est un objet de division et de... Voilà, c'est Aurore Berger qui dit, rien ne nous empêche de parler nous-mêmes à cet électorat du centre, de gauche, qu'il y ait besoin d'ajouter d'autres formations qui, de toute façon, ont déjà choisi leur candidat. et il nous appartient d'être cohérents. Alors voilà, avec tout ça, c'est compliqué de s'y retrouver. Gilles, qu'est-ce que... Vous, vous êtes primaire ou pas primaire
moi, je sais pas comment il faut qu'on remonte votre question. Moi, je suis un pragmatique de la primaire. Ah, ça c'est intéressant. Je n'ai pas de position de principe, soit contre, comme Charles Jégu disant, c'est contraire à l'esprit des institutions, ni, comme certains l'ont été à gauche, considérant qu'en tout état de cause, c'est le bon procédé pour désigner un candidat. Je pense que quand on peut se passer d'une primaire... C'est mieux. Et donc je comprends très bien que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui, qu'Emmanuel Macron en 2022 n'ont pas eu besoin d'une primaire. La question, elle se pose différemment lorsque dans un espace politique, on reviendra sur la définition de cet espace politique, il y a une concurrence pour le leadership. Et la question de savoir quel est le meilleur processus pour désigner un seul candidat, parce que dans la situation dans laquelle il y avait... Une forme de bipolarisation de la vie publique, qu'on a connue pendant 30 ans sous la 5e République, ce que vous disiez est juste. Lorsqu'on a une situation de tripolarisation, voire davantage, ce qui est notre cas, si sur un espace politique vous partez avec de nombreux candidats, vos chances d'arriver au second tour sont quand même plus réduites. Donc dans ce cas de figure-là, la question de savoir quel est le meilleur processus est une question qui se pose. Et c'est intéressant parce que la gauche et la droite... ont traité cette question-là de manière différente. Les socialistes ont dit qu'on organise une primaire. Ça a été difficile. Mais Raphaël Glucksmann a été désigné avec un score spectaculaire. La légitimité de sa candidature n'est plus contestée. Et il a eu, comme ça a été le cas toujours lorsqu'il y a eu des primaires, une petite dynamique d'opinion. Ça ne garantit rien pour la suite, mais au moins ce problème-là est réglé. La droite ? le socle commun, pour revenir sur la déficition de départ, dit qu'on n'organise pas une primaire, c'est une sorte de primaire sauvage, en espérant que la pré-campagne allait permettre de dégager un candidat. Bon, on constate qu'il n'en est rien et la question se repose, et le problème est qu'elle risque de se reposer au mois de décembre, au mois de janvier, et qu'on ne sera pas plus avancé pour trancher. Donc moi je suis, j'ai commencé par là, un pragmatique de la primaire, et je pense que dans la situation dans laquelle est le socle commun... Il n'y a pas de moins mauvaise solution pour désigner un candidat. Reste, évidemment, à se décider vite, parce que là, Charles Jégu a raison, le temps passe, et plus le temps passe, et plus c'est compliqué techniquement. Et puis reste à définir un espace. Honnêtement, je pense que s'ils en avaient la volonté, ce n'est pas si compliqué que cela.
Dans laquelle on ne pourrait pas mettre... Comme le suggérait Attal, Glucksmann, quand même. Parce que Glucksmann, il sort d'une primaire. Ça serait grotesque, là. C
'est non merci. Et il y a deux différences, je trouve, déjà, sur la primaire de Raphaël Glucksmann. La primaire dont il est sorti triomphant, ce n'est pas une question de narratif. Aujourd'hui, le narratif du Bloc Central sur la primaire, pour moi, est complètement ahurissant. C'est-à-dire que c'est une primaire pour éviter, par peur... C'est ce que je disais. Exactement, c'est une primaire par peur. C'est la peur de perdre. Et ça renvoie juste pour les Français... l'impression d'un syndicat d'élus, de sortants, qui a juste peur pour sa place. Et ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas déjà parce que le Front Républicain, qui se joue souvent au second tour, génère aussi des frustrations de la part de certains électeurs. Si le Front Républicain, il doit se faire aussi au premier tour par une pré-étape, qui n'est même pas celle du premier tour, c'est l'étape de la primaire, sans être sur un... projet politique. Alors effectivement, vous citiez tout à l'heure Marc Fénault, qui a des propos dans la tribune dimanche que je rejoins complètement, qui veut dire que cet espace central, il est saturé de calculs politiques, d'arrière-pensées permanentes, où on a l'impression que ce qui compte, c'est qui est devant qui, et donc ne parle plus vraiment aux Français. Quelle idée aujourd'hui le Bloc central a réussi à faire un fusil ? Alors le contexte étant, je veux bien, mais en fait, cette... Sempiternal, idée de la primaire qui revient tous les 15 jours. Tous les 15 jours, donne le sentiment que c'est un bloc central qui n'avance pas, qui va être hanté par cette primaire jusqu'au bout, et qui met la pression et qui fragilise, et je pense que c'est aussi le parrain de Gabriel Attal, qui fragilise Edouard Philippe, qui est déjà en chute libre dans les sondages, et dont le leadership est sans cesse contesté par cette primaire qui revient tous les 15 jours, et qui de fait l'emprisonne totalement, et il finira peut-être par craquer, ça c'est possible.
Oui. Alors Charles, le problème aussi c'est qu'il n'y a pas de récit. Alors si, il y a un récit, on a vu hier Edouard Philippe, j'étais un peu surpris d'ailleurs, quand je l'ai entendu, qu'il dit « mais il faut travailler plus ». Alors Sarko, au moins, c'était travailler plus pour gagner plus. Mais là, c'est travailler plus. Alors moi, je suis à 300% d'accord avec lui. Mais sauf que bon, l'état d'esprit des Français, il n'est pas tellement… Je ne sais pas, il manque quelque chose.
Oui, il y a d'autant moins de récits qu'on passe son temps à parler de la primaire plutôt que de parler d'autre chose. Je pense justement que les Français s'en fichent complètement des histoires de primaire. Moi, il paraît... Enfin, Gilles disait qu'il y a un intérêt pour cette campagne. Je pense que c'est un intérêt qui reste un peu abstrait, un peu théorique aujourd'hui. Un intérêt de principe. Tout le monde a conscience de l'enjeu, notamment à cause de ce que les Français entendent sur l'enjeu de la dette. Mais en revanche, sur les candidats, ils attendent que ça se décante. Et moi, je pense que pour une fois, on aura un effet sondage qui va jouer le rôle de la primaire au mois de février. Je pense que... D'ailleurs... Edouard Philippe l'a dit hier soir. Il a dit, il a dit, je saurais prendre mes responsabilités, ce que je trouve d'ailleurs très risqué de sa part, c'est déjà se placer dans la position de celui qui est sur le tombeau, qui est en train de mettre le deuxième. Au fond, il est déjà prêt à renoncer, à se désister pour quelqu'un. Il fixe le mois de février. Oui, le mois de février. Donc, moi, je pense que cette course de petits chevaux va durer très longtemps. et que la décantation va se faire par le biais des sondages inévitables. Je pense que l'accord sur une primaire ne sera pas possible, ça, peut-être que je serai contredit, mais quand on voit... J'ai vu, j'ai eu des échos d'une rencontre qu'il y a eu entre David Lysnard, Ménard et... Et Retailleau, ils n'ont parlé que de ça, et ils n'étaient même pas d'accord à Troyes, alors qu'ils ne représentent pas grand-chose. Parce que justement, Ménard disait, enfin Ménard Lissnard disait, moi je ne veux pas de primaire avec les anciens de l'équipe Macron, parce que je considère que les Français veulent dégager tout ce qui vient du... Donc pas de primaire avec. Voilà.
Ça c'est autodestructeur le macronisme.
C'est un point très important, c'est est-ce que la difficulté du socle commun, tient au fait qu'on ne peut pas les entendre parce qu'ils sont trop nombreux et qu'il y a une espèce de brouhaha où aucune voix ne se distingue. Ou est-ce que c'est parce qu'on ne veut plus les entendre, parce que le désir de changement, de tourner la page, de ceux qui, de près ou de loin, ont été trop proches ? du macronisme est posé. Et selon la réponse qu'on apporte à cette question, ce n'est pas la même chose. Après, il est possible que vous ayez raison, qu'il n'y ait pas de primaire et qu'au mois de février, les sondages imposent, les Français, par l'intermédiaire des sondages, imposent un des candidats du socle commun. La question, c'est si tel n'est pas le cas. Et c'est tout à fait possible que tel ne soit pas le cas. fait-on ? Que font-ils ?
C'est ça le sujet. Effectivement. C'est ce que tout le monde redoute. Parmi l'électorat, je dirais l'électorat qui est vraiment acquis, je dirais, j'appelle ça le cercle de la raison, c'est une expression d'Alain Minc. qui ne veut surtout pas voter pour l'un ou pour l'autre des candidats, c'est-à-dire les radicaux, ni pour le parti socialiste, enfin Glucksmann, les sociodémocrates, eux, ils commencent à avoir peur, je pense.
Ils commencent à avoir peur. Question complémentaire. Peut-être qu'il ne se passe... Qu'est-ce que se passe-t-il si, au mois de février, il ne s'est rien passé, si les sondages ne départagent pas les différents candidats potentiels ? Et puis, hypothèse dans l'hypothèse, si cette multiplicité de candidatures n'entraîne pas tout le monde vers le bas, parce que ce que l'on constate depuis le mois, depuis la rentrée, c'est que, en fait, tout le monde baisse. Edouard Philippe reste un peu devant les autres, mais la nouveauté de la situation, c'est que non seulement il ne l'emporterait pas. dans les sondages d'aujourd'hui, dans un second tour contre Marine Le Pen, mais que dans beaucoup d'hypothèses, et même aujourd'hui dans certains sondages, dans toutes les hypothèses, il ne se qualifie même pas. Donc si ce brouhaha emporte tout le socle commun vers le bas, je trouve que la question de la primaire mérite quand même d'être réfléchie. Je dis ça, je n'ai pas d'intérêt particulier. Il y en a
un qui sort la tête de l'eau. Regardez, on va l'écouter. Enfin, on ne va pas l'écouter lui, mais on va entendre parler de lui.
Je rencontre de plus en plus de gens qui me disent, Lysnard n'est pas testé, mais il monte, il monte. Et tout le monde connaît des gens qui
disent...
Non,
c'est vrai, c'est pareil, moi aussi. C'est incroyable. Le nouveau prétendant fait une percée remarquée dans les enquêtes. Le maire de Cannes, David Lysnard, omniprésent sur les réseaux sociaux, est persuadé qu'il peut encore bouleverser les pronostics.
En tout cas, il y a quelque chose qui se passe autour de David Lysnard. qui, auprès de l'électorat de droite, fonctionne exactement comme ça avait fonctionné pour François Fillon, c'est-à-dire qu'il y a quelqu'un à droite qui dit « il est intéressant ». Il l'a dit à quelqu'un d'autre qui dit « Ah oui, c'est vrai ». Et du coup, il s'y intéresse, il regarde. Il y a les vidéos sur les réseaux sociaux. Il fait une campagne décalée.
Alors, on va voir si deux journalistes du même journal disent la même chose. Donc, Carméus, que vous venez d'entendre, qui est du Figaro Magazine. On va voir le pluralisme interne. Alors, Charles, il y a quelque chose. Alors, il se passe quelque chose, effectivement, parce qu'il y a quand même un bourrage, j'allais dire, de crâne. Non, ce n'est pas vrai, mais un bourrage de réseaux sociaux. absolument incroyable. C'est très, très bien organisé. Il se passe quelque chose.
Pour reprendre un mot que Gilles aime bien, je dirais que c'est un candidat à l'État gazeux. Donc, il existe... J'espère qu'il vous écoute. Non, mais il a une candidature intéressante. Il existe par le biais des réseaux, de manière très efficace, dont acte. Mais il n'a pas de parti, pas de relais partisans. Donc, c'est un inconvénient quand même. pas totale dans le contexte de cette présidentielle. Et puis surtout, il n'est pas vraiment encore... établi dans les sondages. On a eu deux sondages pour le mesurer. On a eu Éric Zemmour à 17% à peu près. C'était en 2022, ça. C'est vrai que les lièvres, on les connaît. À chaque présidentielle, dans cette période de l'année, il y a les candidats de l'automne. On peut remonter loin dans le temps. Il y avait eu Chevènement. Est-ce que Lysnard sera un candidat de l'automne ou est-ce qu'il est capable de se transformer en plus que ça ? Je suis incapable de le dire. Ça relève de son talent. de son charisme. Je ne suis pas totalement convaincu qu'il a du talent, mais qu'il est le charisme présidentiel. Et donc, il a deux mois ou trois mois pour développer son jeu. Je
suis d'accord et ces équipes ont au moins compris la bataille de l'algorithme. C'est-à-dire que sur les réseaux sociaux, c'est dingue. Chaque publication sur David Disnard est relayée et ce que font par exemple les Insoumis, et ce que font très bien. Et on voit l'importance que ça donne, la caisse de résonance que ça donne à un candidat qui, sur le papier, n'a pas de parti, effectivement. Quoique, en tant que président de l'AMF, on se doute qu'il pourrait avoir les parrainages, donc il peut avoir des relais locaux.
Alors ça pourrait être un handicap pour lui maintenant, de vouloir. il brigue la reconduction de son mandat à l'AMF. Alors il y en a certains qui tendent le nez en disant « Oui, mais on ne peut pas être à la fois candidat à la présidentielle et puis vouloir être conduit à la tête de l'AMF.
» Ça, c'est sûr. Après, l'enjeu pour lui, effectivement, c'est un petit candidat pour l'instant. La question, c'est comment il passe à candidat avec un Bruno Retailleau qui est existant. Et quand on évoquait la primaire, est-ce qu'aujourd'hui, et David Lissnard le dit lui-même, est-ce qu'aujourd'hui un David Lissnard qui, effectivement, a besoin... D'une primaire, lui, c'est un avocat de la primaire depuis longue date, mais est-ce qu'il a envie d'aller dans une primaire ? Est-ce qu'il aurait intérêt à aller dans une primaire avec d'anciens macronistes alors que lui-même représente, et c'est ce qui fait son charme pour une partie des électeurs, y compris d'anciens macronistes, je pense, parce que c'est un libéral, ferme, régalien ? Est-ce qu'il a intérêt à aller se mettre, ne serait-ce qu'un bout de sparadam macroniste, en allant dans une primaire à débattre avec Gabriel Attal ? Je ne sais pas. Et en même temps, comment il fait, sans primaire ? Comment il fait ? est un peu coincé.
De
quoi est-il le nom alors, Gilles ? Pour l'instant, d'une formidable campagne de communication. Mais il ne faut pas penser que toute la vie se déroule sur X. Et donc, pour l'instant, c'est un petit candidat. Il se passe un petit quelque chose et il fait une petite percée. Il y a des sondages, il est à 5, 6 %. On est loin des phénomènes que vous évoquiez, même de Zemmour 2022. l'instant, c'est un peu, pour utiliser une formule un peu cruelle, c'est une rue qui se prend pour une avenue. Pas mal. On va voir. C'est vrai qu'il a l'avantage d'être un peu extérieur au jeu, pour le coup de ne pas avoir participé à aucun gouvernement de ces dernières années. Mais il est... encore relativement inconnue des Français. Et
où est-ce qu'on le positionne sur le curseur politique ? C'est quelle droite ? C'est une très bonne question. Cette question
-là, on ne l'a pas posée. C'est une question très intéressante qu'on pose dans les enquêtes. C'est comment vous positionnez les différents candidats sur une échelle gauche-droite, sur une échelle zéro, vous êtes très à gauche, 10, vous êtes très à droite. Donc on ne l'a pas encore fait pour David Lissner. Et c'est très intéressant de le faire et de le comparer aux autres. Donc je ne sais pas où il serait. Et je pense que les Français, aujourd'hui, sont incapables de définir politiquement qui est David Lissnard. Et je pense que l'étiquette libérale que lui-même revendique est un peu courte, au sens où il n'est pas totalement libéral, c'est-à-dire qu'il est très libéral sur les questions économiques, il est beaucoup moins en termes de libéralisme politique ou de libéralisme sociétal. Et puis il y a une forme de populisme, de dégagisme, et donc c'est quelque chose de plus complexe. qui pour l'instant est surtout très inconnu pour les Français. Ce n'est pas le petit frère d'Alain Madelin, qui était un
vrai libéral pur sucre. Non, absolument. Y compris sur les problèmes de société d'ailleurs, puisque Alain Madelin, il ne faut pas l'oublier, il est pour la libéralisation du cannabis, il y a beaucoup de choses, les gens ont oublié ça, c'est que c'est un libéralisme pur sucre. Alors que lui, c'est un peu différent, effectivement. Sur les problèmes régaliens, il est
très... Très franchement, si vous regardez le projet Retailleau, le projet Lysnard... C'est la même chose. C'est vraiment... Vous avez raison.
Je suis assez d'accord. C'est pas exactement la même chose, il y a des nuances, mais disons que ce sont deux libéraux conservateurs. Et d'une certaine manière, c'était la manière dont on pouvait définir François Fillon en 2017. Donc tout ça est à peu près la même filiation. Sur le libéralisme économique, il va quand même plus loin. Un point qui a été très peu remarqué et qui est intéressant parce que ça fait la balance entre le libéralisme et le conservatisme. David Lissnard ? prône la suppression de ce que l'on appelle la réserve héréditaire. C'est une vraie rupture par rapport à 200 ans d'histoire, c'est-à-dire le fait qu'en France, y compris de son vivant et à sa mort, on n'ait pas une totale liberté dans la gestion de sa succession, en ce sens que la moitié de ce que l'on doit transmettre doit revenir à ses enfants. Dans les pays vraiment libéraux, il n'y a pas de réserve. On a la totalité, la liberté de jouissance. C'est une rupture considérable, beaucoup plus libérale, beaucoup moins conservatrice. Ça serait intéressant de savoir, je ne suis pas sûr que les Français soient totalement enthousiasmés par cette idée-là. Et Rotaillot ne serait pas d'accord
avec ça ? Certainement pas. Alors jusqu'où on va aller dans ce bateau qui n'est pas loin d'être ivre pour le moment ? Mais enfin bon, on va voir. Alors il y en a un autre, n'a pas parlé, mais je vous ai réservé ça pour la bonne bouche. Ecoutez-le.
je suis quelqu'un qui veut se présenter comme un indépendant, comme quelqu'un de libre. Sauf que le moment aujourd'hui n'est pas venu. Avant l'heure, c'est pas l'heure. Et c'est certainement plutôt en fin d'année ou en tout début d'année qu'on y verra vraiment très clair. Aujourd'hui, on parle de quoi ? 20 candidats, 30, 40 candidats. Faut pas avoir la mémoire courte. Chaque élection présidentielle, on parle d'une tonne de candidats. Et à la fin, il y en a beaucoup moins.
Alors, Xavier Bertrand, on peut se sourire, mais il a raison, il dit la même chose que Gilles, c'est-à-dire qu'au début, il y a toujours plein de candidats. C'est vrai que là, on se gosse un peu. Il y en a un peu plus encore cette année, peut-être. Mais par exemple, tiens, Xavier Bertrand, est-ce qu'il a une chance, lui, s'il va se déclarer, s'il se déclare au mois de décembre, au mois de janvier, on peut encore arriver comme ça ? Je ne veux pas tuer
son projet de candidature dans l'œuf, mais je pense qu'il a zéro chance. Son point d'appui naturel, c'est LR. Il y a déjà un candidat LR. Très franchement, il peut se présenter comme un candidat... le régional de l'étape. Alors, il revendique quand même le gaullisme, lui, hein, le gaullisme social. Oui, enfin, le gaullisme, Marine Le Pen, dans son discours, elle a cité le général de Gaulle plusieurs fois de suite, donc le gaullisme est partout, surtout après le succès du film. Donc, non, non, je vois pas très bien qu'elle... Quelle trace il peut faire sur une piste qui est déjà très tracée par d'autres... Alors Gilles, une question
de court, mais une réponse courte. L'EPS et les LR, ils jouent leur survie là
? Écoutez, l'EPS a surmonté, ou à peu près surmonté, une élection présidentielle à 1,72%. LR, pour la première fois, ne s'est pas qualifiée au second tour de l'élection présidentielle deux fois de suite. Là, c'est quelque chose de sérieux, d'autant plus sérieux que j'ai l'impression que la ligne de clivage... continue de passer à l'intérieur de ce parti, sur l'alliance avec Marine Le Pen. Si
on ne porte pas la tête de l'eau, ce n'est pas écrit. Alors, on va parler du contexte aujourd'hui de cette élection présidentielle, parce qu'il est quand même un peu particulier. Il se déroule dans une France qui est, je dirais, en pleine ébullition. Je ne sais pas si ça va continuer, je ne sais pas si ça va durer. On va regarder certaines choses.
l'instant, tous les indicateurs sont au vert sur la réussite du 5 novembre. Ce sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes. C'est l'ensemble des organisations syndicales qui appellent. Notre objectif est clair, nous voulons deux choses. Un, des augmentations de salaires. Ça veut dire augmentation du SMIC immédiate de 10%, pas des clopinettes comme ce que nous propose le gouvernement. Augmentation du SMIC de 10%, augmentation du point d'indice des fonctionnaires qui sont très mal traités depuis 10 ans. Et puis nous voulons une révision du projet de budget du gouvernement qui en l'état est catastrophique pour le pays.
Alors, pour parfaire ce sur quoi on parle, voilà un petit agenda qui va vous donner un petit ordre d'idée de ce qui nous attend pour les jours à venir, c'est-à-dire qu'une reprise des blocages scolaires, ça a recommencé ce matin d'ailleurs, enfin bon, il y a très peu d'établissements scolaires qui sont bloqués. Le 5, donc, journée et grève interprofessionnelle, je vous rappelle, mais bon, comparaison n'est pas raison. qu'en 1968, les ouvriers qui étaient contre mai 68 avaient fini par se mettre en grève, grève générale, ça avait duré un mois. Et le week-end prochain, les gilets jaunes reviennent pour un 6-7, donc 6 et 7 novembre. Donc voilà, Charles, c'est particulier quand même. Avec une
croissance zéro. Une croissance zéro, un gouvernement qui ne peut rien décider. Et un président qui est à la fin de son mandat. La rationalité politique, le cercle de la raison est un peu démuni, là, parce qu'on ne comprend pas la pertinence, la logique de la mobilisation, si ce n'est un effet d'échauffement collectif qui s'auto-entretient, mais qui ne peut pas déboucher sur des discussions concluantes, enfin, quand on entend... Madame Binet, secrétaire générale de la CGT. Elle dit ce qu'on sait qu'elle va dire, mais on est quand même surpris qu'elle le formule de façon aussi péremptoire. À qui parle-t-elle, en fait ? Donc, tout ça crée une certaine perplexité pour les commentateurs. Et je pense qu'on est quand même sur une décroissance du mouvement. Ce matin, à la rentrée, il y a quand même... Il n'y a quand même pas un niveau de blocage des lycées très significatif. Donc, la convergence des luttes dont vous parliez, je ne la vois pas, moi, personnellement. Donc, il me semble, mon sentiment, c'est qu'on va aller vers une disparition en sifflet, enfin, une extinction en sifflet de la contestation.
c'est vrai. Après, il y a une colère protéiforme dont on voit mal la réponse possible. notamment chez les lycéens, par exemple, où en fait, il n'y a pas de réforme, on ne peut pas retirer une réforme, comme ça avait été le cas... Retirer
Parcoursup, par exemple.
Il y a une question, il faut juste être pragmatique, c'est que le gouvernement peut promettre beaucoup de choses, mais là, en très prochaine, ils ne sont plus là. Donc comment vous voulez satisfaire un mouvement avec des promesses qui ne tiennent que sur des mots ? On peut retirer Parcoursup, mais Parcoursup, c'est exactement la même chose. Qu'est-ce qu'on fait à la place de Parcoursup ? On sombre aussi sur des revendications qui sont alimentées par des formes de populisme, certainement, qui sont... Il n'y a peut-être pas de convergence de lutte, mais il y a des convergences de revendications avec un même ennemi qui est le pouvoir en place. Et ce pouvoir-là est complètement impuissant. Et c'est ce qu'on voit à l'antagonie du pouvoir sortant. On pouvait s'attendre à ce qu'il y ait des mobilisations et je pense effectivement que ça va s'essouffler lentement jusqu'aux fêtes de fin d'année. Je pense qu'après, on passera dans une autre séquence. Maintenant, ça ne veut pas dire que ça ne va pas ressurgir pendant la campagne. Il y a six mois d'une campagne présidentielle, c'est curieux d'avoir des mobilisations dans la rue, d'avoir une présidentielle qui se joue en partie dans la rue, qui vient, tout ce mouvement vient en fait cristalliser un peu plus ces deux blocs et rendre inaudible effectivement tout le bloc central. n'est pas à l'abri de quelque chose qui se passe dans la rue, et notamment sur le mouvement lycéen, mais pas que, et le mouvement social. Moi, ce qui m'interroge, c'est de quelle manière, non pas que je vais lui dire que ce soit les Insoumis qui instrumentalisent ça du tout, mais c'est juste le post-présidentiel. Est-ce que la présidentielle va vraiment... régler, entre guillemets, tous les problèmes ? Est-ce que ça va être un moment de choix ? Ou est-ce qu'au lendemain de l'élection, au lendemain du second tour, il y a un troisième tour qui là encore se passe dans la rue, avec des revendications, qui plus est si c'est Marine Le Pen qui arrive au pouvoir, ou pas du tout, ça peut être Edouard Philippe qui arrive au pouvoir, et on peut avoir des contestations de la part de la gauche, des lycéens qui bloquent leur lycée. Donc il y a quelque chose d'assez désespérant, où on se rend compte que même la présidentielle, il y a un doute sur le fait de... Est-ce que c'est une solution ? Ce n'est pas la réponse nécessairement. Est-ce que ça va suffire à atteindre un malaise qui est profond et qui est aujourd'hui bien plus que politique et qui ne se règle peut-être pas forcément que par une présidentielle ?
Alors c'est Gilles qui va nous donner la réponse.
je n'en ai aucune. Bien sûr. Et je me garderais bien de faire un pronostic sur essoufflement ou reprise du mouvement parce que je trouve que la singularité de ce mouvement tient à la fois à sa nature. c'est vrai des revendications des lycéens, mais c'est vrai aussi du parallèle mouvement lycéen, mouvement étudiant, les gilets jaunes, les salariés, et qui tient surtout à son moment, parce qu'on a généralement les urnes, puis la rue. Là, on a la rue avant les urnes, et peut-être d'ailleurs après les urnes aussi. Il faut s'interroger sur pourquoi. Parce que si on essaie de donner un sens à ces différents mouvements, il y a deux choses qui ont été évoquées, je crois, à raison. La première, c'est un cri par rapport aux difficultés du présent. C'est vrai pour les lycéens, on a vu les revendications matérielles, c'est vrai sur le pouvoir d'achat, c'est vrai les questions des carburants. Et une deuxième dimension qui est, c'est un cri face aux incertitudes de l'avenir. C'est vrai pour les jeunes, mais c'est vrai au-delà des jeunes, de toutes les crises et les mutations qu'on doit avoir. C'est-à-dire le réchauffement climatique, l'intelligence artificielle. Exactement. La question, c'est est-ce qu'il n'y a pas une troisième dimension, et c'est ce qu'évoquait, peut-être elle ne le formulerait pas comme ça, Célestine, une troisième dimension qui c'est, c'est une colère face au passé. Un ressentiment par rapport à Macron. Et ça explique pourquoi. on a la rue avant les urnes, parce que les Français veulent signifier au président de la République, au pouvoir en place, leur mécontentement pendant qu'ils sont là. Et si tel est le cas, la difficulté pour le gouvernement, pour répondre à ces crises, ne tient pas seulement au fait qu'il n'ait pas de solution, parce qu'il manque d'argent face au problème du présent et il manque de temps face au problème de l'avenir. 'est qu'il est une partie du problème lui-même. Et qu'il est, pour une partie des Français, le problème. Reste après à savoir si, une fois que les élections sont passées, si les choses se remettent dans l'ordre, et il est possible que, dans cette situation de tripolarisation, et peut-être même de quadripolarisation que l'on connaît, que l'élection présidentielle ne règle. qu'une toute petite partie de nos problèmes.
Intéressant cette analyse sur le passé. Il est bien votre invité. Sur cette déception finalement de la promesse.
Oui, c'est vrai, je suis d'accord que c'est un aspect qui ressort quand même beaucoup. Mais enfin... Qu'est-ce qu'on peut en tirer ? Est-ce qu'on peut en tirer la probabilité qu'on fasse, si je peux me permettre de mal le dire comme ça, à une mobilisation symétrique de celle des Gilets jaunes, qui était aussi un monumental coup de gueule contre le nouveau président de l'époque ? Il y a un an, il y a eu une... un mouvement sur Internet pendant l'été qui s'appelait « Bloquons tout ». Et un rendez-vous a été pris début du mois de septembre pour une grande manifestation. Ça a été un pétard mouillé, ça ne s'est pas produit. Il y a eu l'émergence de quelque chose qui ne s'est pas concrétisé. Donc on voit bien, c'est vrai qu'il y a dans la société une envie de rejouer les gilets jaunes. Et que ce qui s'est passé avec les lycéens a permis de cristalliser ce désir-là. Et donc, on a été au spectacle de ces confrontations, de ces manifestations. Mais le phénomène de la violence qui accompagne, qui entoure ces manifestations, a quand même beaucoup gâché la fête. Et de la même façon qu'au moment des Gilets jaunes... il y avait un soutien de l'opinion, ce soutien s'est affaibli au fur et à mesure. que l'opinion constatait que les casseurs l'emportaient sur les manifestations. Les revendications. Les revendications, voilà. Et là, idem, on voit que les sondages, l'opinion, est en train de se détacher ou de sanctionner la tournure que prennent. Oui, c'est ce qu'on constate. Voilà. Donc, effectivement, les prédictions ne valent rien, surtout dans une période... Surtout quand elle concerne l'avenir. Voilà. Surtout sur l'avenir. l'état d'esprit volatile qui est le nôtre. Mais bon, je trouve qu'on est un peu au bout de ce que... Et que l'opinion semble se
détacher de la revendication. On va voir, cette semaine va être un peu un moment important. Enfin, ça ne va pas être un moment important, ça va être décisif. Je pense que ce qui est vraiment décisif, d'ailleurs, ça va être le 5. Si ça prend le 5, à ce moment-là, le week-end risque d'être un peu chargé aussi. Si, en revanche, le 5, c'est une manifestation syndicale, comme on a l'habitude d'en voir en France, et que ça se termine sans trop de heurts, ça pourra éventuellement, effectivement, montrer qu'on passe peut-être à une nouvelle phase. On va passer à notre virgule, les coups de griffes, les coups de cœur. On commence avec vous, Célestine ?
Oui, je suis très confraternelle pour cette séquence coup de cœur, puisque mon coup de cœur, je le donne au livre de ma consoeur Esther Paolini. Qui est
du Figaro, d'ailleurs.
Exactement, du Figaro, qui travaille au service fait divers et qui sort un livre-enquête sur la petite martyre de l'A10. Oui, sacrée histoire. Et le procès s'ouvre aujourd'hui, 40 ans après sa mort, la petite qui avait été retrouvée au bord d'une autoroute. Donc, je vous recommande, non par... Enfin, je ne l'ai pas encore lu, je dois être d'accord. Enfin, je dois être tout à fait honnête, mais... Vous connaissez l'histoire. J'ai lu des extraits, puisque c'est inspiré d'une série enquête qu'elle avait faite pour le journal et que j'avais lu, donc j'ai hâte de le lire et je vous le recommande. D'accord. Et donc,
il faut le dire, il y a un procès qui s'ouvre. Oui, le
procès s'ouvre.
Et c'est ses parents ? Ses
parents qui sont présents. Qui sont
accusés, sur le banc des accusés.
Exactement. Son père et sa mère. Le procès est à Blois. Et mon coup de griffe, c'est sur ce discours très anti-média, cette haine presque qu'on ressent, qu'on voit, et qui abîme quand même cette campagne présidentielle, qui est liée à beaucoup de choses. à des mots, des paroles qui sont proférés notamment par des responsables politiques, pour ne pas citer Jean-Luc Mélenchon, mais je pense qu'il en fait largement partie, et qui est inquiétant parce qu'on se retrouve avec des journalistes qui ne vont pas à certaines manifestations pour des raisons de sécurité ou qui sont accompagnés par des agents de sécurité. Donc on se retrouve avec des confrères qui doivent défiler avec trois agents pour pouvoir faire leur métier. Et c'est inquiétant parce qu'on a six mois devant nous de campagne présidentielle, que cette campagne-là... commence ainsi, avec des journalistes qui sont menacés, parfois exfiltrés de cortèges parce que journalistes, qui doivent enlever la bonnette de leur micro pour ne pas être reconnus, dont, je ne sais pas si vous avez remarqué sur BFM, notamment, quand ils sont sur des duplexes, il n'y a plus les noms de ces journalistes. C'est anonyme depuis le début. Exactement, donc on est quand même vers une fuite en avant de la haine des médias, la critique des médias est tolérable, la haine l'est un peu moins, surtout quand il s'agit de personnes qui font leur... Et c'est d'autant plus inquiétant pour la campagne qui arrive.
Je
suis d'accord. Charles En coup de cœur, il y a eu à Marseille, dans un lycée de Marseille, on a vu ce matin des images qui montraient des parents. qui essayaient de s'imposer presque physiquement contre les lycées un bloqueur pour que leurs enfants entrent dans le lycée. Et donc, je trouve que c'est un signe d'abord peut-être d'un petit tournant dans l'humeur générale. Et donc, j'ai trouvé que c'était courageux de leur part d'aller jusque-là. Et puis, mon coup de griffe, c'est Jean-Luc Mélenchon et un peu... Ah, décidément ! qui a fait un tweet, après la prestation d'Edouard Philippe sur TF1, pour dénoncer... On voit là. Claire
Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d'Edouard Philippe, qui s'exprimait sur l'immigration de façon... assez classique. Très posé. Lequel déroule un discours dégoûtant, sans être interrompu, par Anne-Claire Coudray. Je n'irai pas aux 20h de cette chaîne. Donc, il laisse entendre qu'il était invité ce soir aux 20h de TF1, alors qu'il n'y avait aucune invitation officielle qui était lancée. Et voilà. Oui,
c'est ça. Donc, Jean-Luc Mélenchon boude. Et puis alors, je... Je mets au défi mes confrères qui l'interviewent de réussir à l'interrompre, parce que c'est un tour de force. Donc elle n'a pas interrompu le candidat Edouard Philippe, qui d'ailleurs ne disait absolument rien de fracassant, puisqu'il disait qu'il y avait peut-être des ratés de l'immigration. L'intégration. De l'intégration. L'intégration, merci Gilles. Donc voilà, je trouve que ça contribue à cette exagération et cette stérilisation du débat.
Gilles ? Alors, mon coup de cœur, ce n'est pas une publication de la Fondation Jean Jaurès, donc j'ai été moins corporate, mais c'est une note publiée par notre concurrent,
Terra
Nova, une note de Jean-Daniel Lévy, le directeur d'Arris Interactive, sur une enquête dont l'originalité est de poser une question ouverte. au sondé depuis le mois d'avril sur les sentiments qu'évoque la campagne présidentielle de 2027. Et il y a une confirmation qui est que c'est d'abord le désir de changement qui est dominant. Mais il y a un élément nouveau qui est la montée de la peur et de l'inquiétude. Et ce qui est intéressant, c'est que ces deux sentiments sont départagés selon les électorats. C'est-à-dire que le changement, c'est d'abord l'électorat de Marine Le Pen. Et dans une moindre mesure de Jean-Luc Mélenchon, l'inquiétude et la peur, c'est dans les électorats de la gauche démocratique et de la droite traditionnelle. La question est de savoir qu'est-ce que cette peur et cette inquiétude peuvent produire en termes électoraux. Ça vient illustrer notre débat, donc. Absolument. Un peu plus tard, donc, conseil de lecture, la note de Jean-Daniel Lévy. On retrouve sur le site de Terranova. Mon coup de griffé sur Ségolène Royal. Tweet d'aujourd'hui. J'avais été frappé pendant la primaire de sa tentative d'incarner la gardienne du temple socialiste, alors même qu'elle avait été, sur ces dix dernières années, à la fois la plus macroniste, puis la plus mélenchoniste des candidats. Cette tentative s'était terminée par un score modeste de 7%, qui aurait pu la conduire à une cure de silence, de modération. Ou de modestie. Le tweet d'aujourd'hui, en réaction à la même émission d'Edouard Philippe, c'est cette formule « Edouard Philippe, l'éborgneur des Gilets jaunes ». Je pense qu'on est vraiment dans l'outrance dont Jean-Luc Mélenchon est parfois plus coutumier et qu'elle commence en disant « dérive pathétique ». Je crois qu'on peut lui retourner le complet.
Oui, vous avez tout à fait raison de noter ça. Et ça prouve, vous voyez, vous êtes trois. À vous trois, vous avez relevé. la violence aujourd'hui du propos, des propos tenus, non pas par des observateurs, des commentateurs, comme ça peut arriver souvent, on s'en porte, mais là, par des responsables politiques. Un qui est candidat à l'élection présidentielle, mais ça n'a pas l'air de lui porter tort pour le moment, en tous les cas, cette virulence du propos. Et d'ailleurs, dont il est coutumier, parce qu'il n'a jamais beaucoup aimé, quand même, les journalistes, il faut le dire. En tous les cas, publiquement, parce que privé, c'est un peu différent. Et puis, Ségolène Royal, qui, comme vous le dites, elle a quand même été sérieusement, je dirais, battue à l'élection primaire de Place Publique et du Parti Socialiste, et qui se permet en plus... Alors là, c'est même pas de l'outrance, là, c'est du mensonge, parce que traiter Édouard Philippe des Bornieurs, il faut quand même... le faire. Alors moi j'ai deux... J'ai aussi un coup de cœur et un coup de... Ah ! Alors, mon coup de cœur, il ne va pas tellement vous étonner, parce que vous savez que je suis un grand amoureux, un grand passionné d'Afrique. Et donc, il y a un livre sur l'Afrique qui... Les livres sur l'Afrique sont souvent soit trop optimistes ou trop pessimistes. Et là, c'est un très, très bon livre fait par Christophe Boisbouvier, qui était un confrère de la France... de RFI, pardon, et qui écrit « La France-Afrique est morte et vive l'Afrique-France ». Et si vous voulez connaître... par le menu, par le menu. les dix dernières années de ce qui s'est passé entre la France et l'Afrique, c'est bourré d'infos, et d'infos qui sont des infos inédites, et c'est absolument remarquable, c'est un très très très bon livre, d'après moi. Et puis, vous savez que les économistes continuent à travailler, même si on n'est pas loin d'être au fond du trou, nous autres Français, mais M. Thomas Piketty, dans un de ses blogs du mois d'octobre, a encore tricoté quelque chose qui... qui pourrait évidemment nous faire parler et nous intéresser, c'est un nouvel impôt. Encore. J'étais sûr que ça allait intéresser nos téléspectateurs, c'est pour ça que je m'en fais l'écho. Et donc, il s'agirait là, pour tous ceux qui ont gagné ou qui ont fait des excédents de 100 millions d'euros entre 2017 et 2027, d'en prendre la moitié. Voilà, donc ça serait une surtaxe sur les profits. Pour les entreprises ou pour les particuliers ? Pour les particuliers. Alors bon, ils ne courent pas les rues, ceux qui font plus de 100 millions. Mais bon, et puis il y a encore d'autres, enfin son blog est riche. Riche en taxes en tout genre, il adore les happy taxpayers. Merci à vous, j'étais très heureux d'animer ce club politique et surtout d'être en excellente compagnie aujourd'hui, comme tous les lundis d'ailleurs, mais là c'était très très sympa. Et je vous dis à lundi prochain pour 22h30. Il sera encore question de la présidentielle, rassurez-vous.
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