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C'est Manon Aubry, députée européenne, la France insoumise. Venez vous installer Manon Aubry, bonsoir, bienvenue sur ce plateau. Et Victor Hérault vient de nous rejoindre, vous restez avec nous tous les trois. Manon Aubry, bonsoir. Pour rebondir sur ce que disait M. Rodriguez à l'instant, et on parlera dans un instant aussi de ce témoignage très fort de ce gendarme qui a été visé aujourd'hui par un... un projectile incendiaire, un cocktail Molotov, disons les mots clairement, témoignage très fort. Mais d'abord, effectivement, ce soir, l'un des constats qu'on peut dresser, c'est que politiquement, rien n'est réglé. Bien au contraire. Comment on sort de là
? D'abord, ce soir, et aujourd'hui, a encore été une journée de mobilisation historique. Des centaines de milliers de personnes qui se sont réunies dans le calme, avec détermination, souvent avec humour aussi, quand on regarde les panneaux, les pancartes dans la rue, et surtout, qui se sont réunies malgré les tentatives du pouvoir de faire en sorte que ces manifestations ne se tiennent pas. Il faut savoir quand même qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de villes où il était tout bonnement interdit, complètement. de se réunir et de manifester. C'était le cas à Marseille, c'était le cas à Lyon, c'était le cas à Saint-Etienne. Dans toutes ces villes-là, il était impossible de manifester. À Paris, où j'étais, on a su deux heures avant, à peu près, où était notre lieu définitif de départ de manifestation. Et ce, après, qu'il y ait eu énormément de revirements. Vous en avez parlé à l'antenne juste avant. Le tribunal administratif qui annule l'interdiction décidée par la préfecture de police. Puis le Conseil d'État qui est saisi dans des conditions absolument rocambolesques. discutable d'un point de vue démocratique, pour au final nous envoyer quand même Portes de Bagnolet et donc avoir un trajet absolument pas préparé, y compris d'un point de vue du maintien de l'ordre, la stratégie choisie par le pouvoir est une stratégie délétère. Et malgré ça, il y a eu du monde. C'était joyeux, c'était festif et c'était déterminé. Donc c'est pas
tant l'horreur que ça de manifester entre Portes de Bagnolet et Portes de Charenton ? Non, ce que
je vous dis, c'est qu'on nous met un certain nombre de bâtons dans les roues. Aujourd'hui, cette manifestation, c'était évidemment une manifestation contre la vie chère, une manifestation pour continuer à demander les 10 milliards d'euros pour la jeunesse. J'ai fait pas mal de pancartes, c'est Halloween aujourd'hui, où il y avait marqué 10 milliards ou un sort. Et les gens étaient franchement drôles. Et parce qu'il vaut mieux le prendre avec la rigolade. Mais on est aujourd'hui, on vit aujourd'hui, et je le dis singulièrement comme députée européenne, quand je tente d'expliquer à mes collègues en Europe ce qui se passe, aujourd'hui dans notre pays. Cette liberté fondamentale, ce droit fondamental inscrit dans la Constitution à manifester est remise en cause. Il y a des endroits où on ne peut pas manifester, des villes où on ne peut pas manifester. Quand on peut manifester, c'est le pouvoir qui décide qui a le droit d'organiser des manifestations ou non. Des couvre-feux sont encore décidés ce soir encore dans Paris et sont mises en œuvre. On a le pouvoir qui utilise, instrumentalise les services de renseignement pour porter préjudice à une force d'opposition qu'est la France Insoumise, comme l'ont révélé vos collègues de Mediapart. Il y a un certain nombre d'arrestations préventives importantes qui ont été faites aujourd'hui. On se demande... Quelle va être la prochaine étape de cette ponte autoritaire ? Je ne
vais pas vous convaincre. Je le sais déjà que ces mesures ont été mises en place pour protéger ceux qui manifestaient ou protéger les commerçants. Mais par contre, j'ai une question. Est-ce que vous entendez que l'une des particularités de cette journée de manifestation, c'est qu'il y a eu une violence très forte exprimée à l'égard des forces de l'ordre ? Est-ce que vous l'entendez, ça ?
D'abord, quand vous dites que ce parcours n'était pas idéal, le mieux pour préparer un parcours, ce n'est pas de l'annoncer deux heures avant. Première chose. Deuxième chose, sur la violence, vous le savez, j'ai déjà eu l'occasion de le dire à votre antenne, la violence n'est jamais la solution. Jamais. Et nous sommes des antiviolents par nécessité politique, mais aussi par idéologie. Et donc, évidemment, je déplore le cocktail Molotov. qui a été envoyé contre un policier aujourd'hui. De la même manière où je déplore l'ensemble des violences policières qui, encore aujourd'hui, se sont déroulées dans ces manifestations. De la même manière où je déplore aussi la violence sociale. que subissent les Françaises et les Français. Parce que si les gens sont dans la rue, c'est parce qu'au quotidien, ils subissent une violence sociale. Parce que le 5 du moins, ils sont déjà dans le rouge. Parce que leurs enfants n'ont plus de professeurs. Parce qu'ils doivent choisir entre faire le plein d'essence et pouvoir se nourrir. C'est ça la situation aussi de violence dans laquelle... Sur la violence des
forces de l'ordre dont nous parlons, pour ceux qui n'ont pas vu cette image, c'est l'une des images qui illustre effectivement cette violence qu'ont subi aujourd'hui les forces de l'ordre. Regardez, c'est donc un gendarme, on est dans les... Les rues de Paris cet après-midi, un gendarme visé par un cocktail Molotov. Regardez la séquence. Ce sont des compagnies d'intervention visées par un cocktail Molotov.
Pour expliquer, il y a eu plusieurs fois des cocktails Molotov qui ont été jetés en direction des forces de l'ordre. Il y a sept séquences, ce sont des compagnies d'intervention qui sont visées, ce sont des policiers. Il y a ce gendarme qui a témoigné sur l'antenne de BFM qui a également été visé. Et puis, on apprend ce soir qu'il y a une troisième personne brûlée aussi au sein des forces de l'ordre. Au total, cinq blessés, quatre policiers, un gendarme, trois brûlés, visés par des tirs de cocktails Molotov. Manon
Aubry. Si on reste sur ces images, on dirait quel décalage entre cette tour Eiffel qui sentille et ces gaz lacrymogènes au milieu de cette place du Trocadéro. Je ne sais pas quel regard vous portez sur ces images. Comment on sort de ça ? Comment
on sort d'une crise politique avec des solutions qui sont politiques ? Et c'est ce que n'a toujours pas compris le président de la République qui, après un mois d'un mouvement social assez historique, qui est parti de la jeunesse mais qui très vite s'est étendu quand même à l'ensemble de la population. On a un président de la République un peu arc-bouté qui s'est dit je vais supprimer la liberté de manifester, comme ça il n'y aura plus de manifestation. Mais il n'a pas compris que pour qu'il n'y ait plus de manifestation, il faut... Écouter son peuple qui manifeste et avoir des débouchés, proposer des débouchés politiques. Alors il commence timidement à mettre quelques éléments sur la table qui sont très timides, très loin des revendications des lycéens et des lycéennes qui demandent 10 milliards d'euros, sonnant et trébuchant pour leur avenir, pour leur professeur remplacé, pour qu'ils aient plus de lycée vétuste. Et puis le peuple dans la rue, il demande des actes contre la vie chère. Quand vous avez le prix de l'essence qui est encore à 2,30€, 2,40€... il continuera à y avoir des manifestations dans le pays.
Je le crains. Il y a quand même des mesures qui ont été mises en place contre la hausse du prix de l'essence. Vous pouvez dire que c'est insuffisant, mais par contre, on ne peut pas dire que rien n'a été fait. En tout cas, ce qu'on comprend bien, c'est que du côté de la France insoumise, maintenant, il y a un discours qui consiste à dire au président de la République qu'en gros, il lui reste deux options. Vous allez me dire lesquels ce sont
? Jean-Luc Mélenchon les a rappelés aujourd'hui. Oui, céder ou partir, mais je peux y arriver. Mais d'abord, vous dites, on ne peut pas dire que rien n'a été fait sur le prix de l'essence. Pardon, mais quiconque va faire son plein d'essence, ceux qui nous écoutent ce soir, et je suis sûre qu'ils savent très bien de quoi je parle quand ils vont à la station essence, au mieux... Le litre d'essence et le litre de gasoil a baissé quoi ? De 8, 10 centimes ? Mais comment on peut vivre quand vous devez faire 20, 30, 40, 50 kilomètres pour aller travailler avec un litre d'essence à plus de 2 euros ? Je ne parle même pas quand il arrive à 2,50 euros. Donc oui, on est dans une crise politique. Soit Emmanuel Macron fait en sorte que le supplice jusqu'à la fin du mandat dure le moins longtemps possible et s'en va de lui-même, soit il fait un geste politique, c'est-à-dire... Il met un certain nombre de mesures sur la table. Contre la vie chère, le blocage des prix des produits de première nécessité, à commencer par le prix de l'essence à 1,70€ du litre. Pour la jeunesse dans notre pays, 10 milliards d'euros sonnants et trébuchants qu'on peut financer, par exemple en rétablissant l'impôt de solidarité sur la fortune, qui permettront d'abolir Parcoursup, créer des places à l'université dont nous avons terriblement besoin. remplacer tous les professeurs qui sont manquants, rénover... Mais il lui reste 6 mois et les
caisses sont vides, Manon Aubry.
Mais c'est pas vrai que les caisses... C'est lui qui les a vidées, les caisses. C'est lui qui les a vidées. Il a fait ces dernières années plus de 60 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises multinationales. C'est vrai que nous en payons le prix aujourd'hui, mais moi, le choix entre d'un côté un impôt de solidarité sur la fortune, des lycées rénovées, des profs dans tous les établissements, et pas d'impôt de solidarité sur la fortune... et des services publics à l'os, je préfère largement le premier jour.
Mais Manon Bré, admettons que ce que vous décrivez soit la réponse à ceux qui manifestaient dans le calme et plutôt dans la bonne humeur, disiez-vous, aujourd'hui. Est-ce que c'est aussi la réponse à ceux qui pillent, à ceux qui cassent et à ceux qui balancent des cocktails Molotov sur les policiers ? Et à ceux-là, on leur répond quoi
? À ceux-là, on apporte des réponses politiques à ceux qui manifestent massivement. Et donc, ces réponses-là, je les ai largement étayées. Et ensuite, à ceux qui pillent et ceux qui s'en prennent, peuvent s'en prendre aux forces de l'ordre. La violence n'a jamais été la solution. Et cette violence... elle est à la marge aujourd'hui des mobilisations. On ne peut pas résumer, comme l'a fait le président de la République, l'ensemble des centaines de milliers de manifestants chaque samedi et chaque fois qu'il y a des mobilisations, à ces gens
qui
viennent piller. Vous avez un système répressif, judiciaire. Et il s'agirait aussi de remettre du lien social dans notre société pour identifier ceux qui peuvent passer à l'ordre, pour essayer aussi de faire en sorte que les gens ne soient pas tentés par ce type de situation. Donc ça veut dire qu'il nous faut des forces de l'ordre qui agissent sur le moment, mais qui tentent de prévenir aussi. Et historiquement, ça a été possible. On a su... Dans notre histoire, grande histoire des mouvements sociaux, on a su, sans trop de difficultés, réussir à maintenir l'ordre. Pourquoi est-ce qu'on a été capable de faire ces dernières années ? On n'est plus capable de le faire et singulièrement le 17 octobre. Mais le lien social, on
ne l'aura pas rétabli d'ici jeudi 5 novembre. Vous
avez raison, ça prend du temps. Et c'est pour ça que dans le lien entre la police d'un côté et la population de l'autre, il nous faut, par exemple, rétablir une police de proximité. Ça, ça ne va pas se faire du jour en un. Ça se fera quand Jean-Luc Mélenchon sera président de la République et quand on pourra changer tout de la cave au grenier. Parce que ce lien, en l'occurrence,
il semble extrêmement fragile aujourd'hui entre la police et une grande partie de la population. Et ça, c'est aussi une crise sécuritaire qu'il va falloir régler. On retourne sur le terrain et ensuite, Victor Ayrault, vous aurez la parole. Je voudrais retrouver notre reporter qui est donc toujours place du Trocadéro. Expliquez-nous ce qui est en train de se passer.
bien écoutez, ce que l'on peut vous dire, c'est qu'il y a quelques instants, les cordons de police qui étaient présents ont poussé les manifestants à quitter la place du Trocadéro, notamment avec des gaz lacrymogènes. Alors ce que l'on peut vous dire, c'est qu'il n'y a plus de rassemblement actuellement. Enfin, un petit peu au fond de la place, puisque un attroupement s'est reformé après les dispersions qui ont eu lieu juste à côté du Trocadéro, avenue du président Wilson. Là, pour l'instant, les policiers se séparent en plusieurs groupes. afin de pouvoir redisperser la place du Trocadéro. Peut-être que vous le voyez au loin, mais un autre rassemblement de jeunes gens s'est formé. Ce qui est inhabituel en tout cas ici, c'est que la circulation n'a pas été coupée. Les tirs de mortier d'artifice et les tirs de gaz lacrymogènes d'un autre comté ont eu lieu alors que la circulation était toujours en place, toujours présente. Pour l'instant, cette place s'est vidée, mais il y a quand même des gens au fond de la place du Trocadéro. Situation qui s'est tendue et qui à tout moment peut se retendre en raison du dispositif sur place. et des jeunes gens qui sont là, des attroupements qui se reforment peu à peu ici sur la place du Trocadéro. Merci
beaucoup pour ces précisions, Victor Hérault.
Oui, je voulais rebondir sur la question de Thierry. Manon Aubry, j'aimerais savoir comment est-ce que vous qualifiez ou nommez ou même cernez ? Ces groupes de gens qui sont cagoulés, qui ont des sacs à dos et qui jettent des projectiles sur la police. Laurent Nunez, il parlait d'abord d'ultra-gauche, il a ensuite parlé d'extrême-gauche radicale. Comment est-ce que vous vous nommez ces gens-là, ce phénomène-là qui se produit dans de nombreuses manifestations, en marge de nombreuses manifestations ?
C'est intéressant parce que quand je suis allée au rendez-vous qui a été organisé par Sébastien Lecornu, le Premier ministre, à Matignon la semaine dernière, il a convoqué toutes les forces politiques et j'ai été convoquée comme présidente de groupe. de la police nationale et directeur de la gendarmerie nationale eux-mêmes ont reconnu quand on leur a demandé qui était derrière ce type de pillage ou de violence au sens large et eux-mêmes nous ont dit que c'était des profils qui n'étaient pas politiques Donc, même au-delà de la qualification ultra-gauche, etc., qui n'est pas une formation politique ou une famille politique à laquelle moi j'appartiens et dans laquelle je me définis, mais même eux reconnaissaient que c'était des profils qui faisaient plutôt ça par opportunisme. Et donc, je le déplore, je le regrette, ne serait-ce que parce que ce soir, on passe du temps d'antenne là-dessus plutôt qu'à parler des centaines de milliers de manifestants qui étaient bien plus nombreux dans la rue, bien plus déterminés, bien plus politiques, bien plus clairs dans leurs revendications. Mais je le regrette aussi parce que, clairement, la violence n'a jamais rien réglé dans notre histoire.
– Des opportunistes violents.
– Oui, ce sont des opportunistes violents, mais ce sont des gens qui n'ont rien à voir avec les revendications politiques qui ont été portées. Je regrette néanmoins que dans ce cadre-là…
– Et donc, ce que vous dites, c'est que quand le gouvernement parle d'ultra-gauche ou d'ultra-gauche radicale, en fait, il se sert d'une vitrine, d'une appellation assez
large pour… – Il tente de semer la confusion. Ils tentent de semer la confusion en assimilant la gauche qui, dans son ensemble, dans sa diversité, manifeste dans la rue. Il n'y a pas que des sympathisants de la France insoumise, même si on voit aussi quelques pancartes qui souhaitent la victoire de Jean-Luc Mélenchon en 2027, et c'est tant mieux, mais il n'y a pas que ça. Quelques ou beaucoup ? Parce que souvent on nous pose la question, on nous dit « vous récupérez le mouvement », mais en fait c'est le mouvement qui nous récupère, c'est le mouvement qui a une colère. politique et sociale profonde et qui se dit on a envie de changer les choses profondément et oui dans six mois il ya une élection présidentielle et oui dans six mois si on arrive au pouvoir on fera le smic à 1700 euros net on bloquera les prix des produits de première nécessité on mettra les 10 milliards d'euros qui sont nécessaires dans notre système éducatif mais on va pas se raconter d'histoire six mois c'est long Moi, je n'ai pas envie d'attendre 6 mois pour toutes les Françaises et les Français qui galèrent. C'est pour ça qu'on continue à se battre, à être dans la rue, à demander à Emmanuel Macron des actes. Quand bien même il doit partir dans 6 mois. Justement, j'ai envie de dire, s'il doit partir dans 6 mois, raison de plus pour qu'il fasse un geste d'ores et déjà maintenant et qu'il montre qu'il ne termine pas son deuxième quinquennat comme il a commencé le premier avec les Gilets jaunes, on les méprise.
Par beaucoup comme le débouché politique à cette crise, vous auriez tout intérêt à ce que ça dure jusqu'à la présidentielle.
Je ne sais pas, peut-être la prochaine fois, je sais que vous êtes occupé à préparer votre émission, mais venez en manif avec nous. Vous verrez qu'on le fait rarement de gaieté de cœur. Vous y passez du temps, parfois vous prenez la pluie. La semaine dernière, on a été trempé. Vous ne connaissez pas le parcours, vous le savez au dernier moment. Les transports sont blindés. À Paris, aujourd'hui, on ne l'a pas dit, mais quasiment la moitié des stations de métro étaient fermées. C'était la croix et la bannière pour arriver à la manifestation. 40 stations
fermées aujourd'hui versus 25 environ. Beaucoup
plus que la semaine dernière. C'est intéressant parce que Mme Berzeletti, tout à l'heure, elle disait que c'était un moment de gaieté, un moment joyeux. On s'est retrouvés, mais honnêtement, on préfère tous passer notre samedi après-midi à aller voir notre famille, à faire autre chose dans la vie. Et si on le fait, c'est par colère, parfois c'est par dépit. Et oui, quand on se retrouve tous ensemble, il y a ce moment où on se dit qu'on n'est pas tout seul. Parce que c'est ce qu'Emmanuel Macron a envie. Il a envie que chacune et chacun d'entre nous, on se dise, là, dans notre canapé, peut-être ceux qui nous regardent ce soir, On ne va pas s'en sortir, il n'y a pas d'issue. Et moi, à ceux-là, j'ai envie de leur dire qu'il y a une lumière au bout du tunnel. Et que cette lumière, c'est le sens de cette mobilisation qui a une nouvelle étape le 5 novembre prochain, malgré toutes les tentatives de censure du gouvernement, d'interdiction des manifestations, voire même d'interdiction des réseaux sociaux. On a appris, via vos confrères du Canard Enchaîné cette semaine, que le gouvernement a envisagé un temps de... couper les réseaux sociaux. Mais dans quelle démocratie on coupe les réseaux sociaux, on interdit les manifs, on fait des couvre-feu ? Je veux dire, la pente autoritaire qu'on a en train de faire. – Mais pourquoi ? Il faut
tout dire, il faut donner toutes les informations. Pourquoi il y avait une volonté ? – Allez-y, défendez le gouvernement. – Pas du tout, mais j'essaie d'expliquer et d'être trop factuel. – Allez-y, je vous en prie. – Parce qu'il y avait des appels à l'insurrection qui étaient lancés sur certains réseaux sociaux. Et que visiblement, ces réseaux sociaux ont joué un rôle de catalyseurs au moment
du 17 octobre dernier. – Ce qui est intéressant, ce qu'ont montré vos confrères du canard enchaîné, c'est que… En fait, il y a eu un contrôle sur les réseaux sociaux. Toutes les publications liées à la manifestation du 24 octobre ont eu une portée sur les réseaux sociaux 40 fois inférieure aux mobilisations du 17 octobre. Parce que, dans l'entretemps, Sébastien Lecornu a convoqué toutes les plateformes numériques, il a même convoqué aussi les réseaux téléphoniques, SFR, Orange et d'autres, pour tenter de contraindre et de mettre des règles. Pardon, mais ce n'est pas en contraignant et en mettant des règles sur les réseaux sociaux que vous allez régler la colère sociale. C'est en lui apportant des réponses politiques. Moi, je dis au président de la République et au Premier ministre... Il ne faut qu'il n'y ait aucune
auguration sur les réseaux sociaux. On peut tout dire et tout et n'importe quoi. Non, mais il
existe déjà des règles. Si vous incitez à la haine... Vous pouvez être condamné. Et d'ailleurs, un certain nombre, y compris de responsables politiques, ont été à plusieurs reprises condamnés pour incitation à la haine, je pense, monsieur, notamment à monsieur Éric Zemmour, et pour autant est quand même invité sur vos plateaux télé. Donc moi, je serai vous, je réfléchirai plutôt à deux fois à qui vous invite plutôt qu'à bloquer l'utilisation des réseaux sociaux.
Vous voyez, je réfléchis à qui j'invite et ce soir, je vous invite avec le plus grand des plaisirs. Parce que j'adore justement avoir mon mot à dire sur ma programmation. Mais vous convenez que... Sur les réseaux sociaux, ce n'était pas pareil. Là, l'idée, c'était de pouvoir agir à très court terme pour ne pas que ces appels à l'insurrection soient relayés et qu'ils prennent une dimension particulière. C'était ça, l'idée. Mais vous voyez bien que... Vous pouvez
être contre, mais ce n'est pas l'idée. Vous voyez bien que la frontière est éteinte. Quand, en pratique, vous avez un contrôle de l'algorithme pour faire en sorte que les appels au rassemblement soient le moins diffusés sur les réseaux sociaux, ça pose un problème démocratique. Quand vous avez un gouvernement qui envisage de couper tout court l'accès aux réseaux sociaux... ça pose un problème démocratique. Face à ce problème démocratique, vous avez les partisans des restrictions des libertés, c'est le gouvernement à l'heure actuelle, et vous avez les partisans des réponses politiques. C'est le camp politique que je représente à la France Insoumise, mais je crois que ça dépasse... Ceux qui pensent ce que vous voulez de la France insoumise, si demain vous voulez qu'il n'y ait plus de manifestations, il faut qu'il y ait des réponses politiques et les gens vivent mal dans notre pays. Leurs conditions de vie se sont dégradées ces dernières années et c'est à ce problème qu'on tente de répondre.
On va vous rester avec nous Manon Bré, on va retourner sur le terrain, nous quittons la place du Trocadéro pour aller du côté de Châtelet où pour le coup il n'y a quasiment plus personne à part les forces de l'ordre puisqu'un couvre-feu ça y est entré en vigueur depuis 17 minutes, nos équipes sont sur place pour... nous raconter ce qui est en train de se passer.
bien effectivement, vous le voyez sur les images de ma collègue, il n'y a absolument plus personne ici à Châtelet, près du centre commercial du Forum des Halles. Voilà, effectivement, il n'y a plus que des forces de l'ordre que vous voyez sur nos images, puisque les derniers passants, les derniers badauds qui étaient en train parfois de fêter Halloween dans des bars adjacents, ou qui sortaient simplement au restaurant comme un samedi soir classique dans le quartier, ont été priés par les forces de l'ordre de partir, de quitter le quartier, puisque vous l'avez dit, le couvre-feu est entré en vigueur à 23h ce soir. Même nous, les forces de l'ordre nous ont demandé de quitter les lieux, nous avons pu leur demander d'effectuer ce dernier duplex, mais après nous allons devoir quitter le quartier, puisque si on ne quitte pas le quartier, si on ne respecte pas le couvre-feu, les passants qui ne respecteraient pas ce couvre-feu seraient exposés à une amende de 4ème catégorie, c'est-à-dire 135 euros d'amende. Et vous le voyez, c'est les forces de l'ordre qui ont fait respecter ce couvre-feu aux passants qui passaient encore il y a quelques dizaines de minutes, et maintenant le quartier est presque totalement désert.
Merci beaucoup pour ces précisions. Couvre-feu à Paris entre 23h et 6h. Les quartiers concernés sont République, le secteur de Châtelet-Léal où étaient nos équipes à l'instant. Je précise que d'autres villes sont concernées par ces couvre-feu dans certains secteurs. À Bordeaux par exemple, entre 20h et 7h du matin, Clermont-Ferrand, Lille, Marseille, Montpellier, dès 20h, un périmètre concerné par un couvre-feu. Nice, donc il n'y a pas une... Une exception parisienne. Plusieurs villes sont donc concernées. C'est une soirée sous haute surveillance, qui reste sous haute surveillance, Bruno Jeudy. Est-ce que cette journée et ses prochaines heures sont à la une de la tribune dimanche, qui va sortir dans quelques heures ?
Oui, bien sûr, elles sont à la une de la tribune dimanche, même si nous avons décidé de nous projeter dans la semaine avec l'élection américaine, qui n'est pas sans avoir aussi une relation avec ce qui se passe en France, puisque Donald Trump va avoir des élections sans doute difficiles à cause justement du prix du carbone. de la vie chère de l'inflation. C'est un peu l'arroseur arrosé en ce qui concerne Donald Trump. Mais ça, c'est une autre affaire. Oui, c'est conforme à ce qu'avaient dit surtout les forces de sécurité qui maintiendraient un haut niveau de surveillance une bonne partie de la soirée et de la nuit, en raison notamment d'Halloween. Je ne sais pas si on va parler de festivité par ailleurs. Mais oui, il l'avait dit et c'est ce qui se passe. dans certaines grandes villes qui vont rester sous surveillance une bonne partie de la nuit, même si au final, cette journée ressemble quand même beaucoup à celle de samedi dernier, avec des forces de sécurité qui ont plutôt pris le dessus, semble-t-il, avec manifestement aussi des nouveaux moyens pour mieux... Repérer les groupes susceptibles de violence et manifestement, ils ont progressé en trois semaines sur le suivi, notamment numérique, de ces groupes particuliers qui sont surtout animés par la violence. La grande masse des manifestants aujourd'hui qui viennent d'abord protester contre la vie chère.
Ce dispositif a fonctionné, mais l'adversité, la violence était là. C'est ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur en fin de journée. Ce qu'il faut dire, c'est que globalement, les cortèges se sont bien déroulés. Il y avait encore des centaines de milliers de personnes dans la rue. Mais ces cortèges, au moment de la dispersion, n'ont pas échappé à la violence. Et puis il y a ce qui se passe ce soir, effectivement, cette crainte des débordements. Donc dispositif maintenu, réarticulé. Il faut rester sur ces images un instant, Carl Olive. Place de la République, quasiment personne. Le quartier de Châtelet-Léal vidé aussi de la population en raison de ce couvre-feu. Personne ne peut se réjouir de ces images.
Bonsoir, Lise Darfeuil. Bonsoir, monsieur le dame. Enfin, on marche quand même sur la tête. On est compte qu'on est presque à se dire... C'est bizarre, on a une manifestation qui, globalement, s'est bien passée dans ce pays. Comme si, semaine après semaine, il fallait s'attendre et finalement assister à un spectacle déplorable, comme on y assiste systématiquement ou presque, chaque semaine. Pour autant, il faut saluer à la fois l'anticipation qui n'avait pas été le cas le 17 octobre, où effectivement c'était un fiasco, le ministre de l'Intérieur l'a rappelé. Féliciter aussi les syndicats qui ont pris les choses en main, puisqu'on s'aperçoit que quand les syndicats, y compris leur sécurité, sont au milieu des troupes, ça se passe mieux. Il faut féliciter également les jeunes, les parents et les familles. Je pense que c'est finalement cette addition. Je dirais pour que ça se passe bien, ce qui fait que ce soir, ça s'est plutôt bien passé. Mais on ne va pas faire un trampoline, on ne va pas sauter sur le trampoline pour applaudir, pour dire qu'on a une manifestation qui se passe bien. Parce que pendant qu'on parle de tout cela, on ne parle pas finalement du fond, de ce que les uns et les autres, et l'immense majorité attend, y compris l'immense majorité silencieuse qui ne sort pas. Là, globalement, et c'est très bien, on a 80 000 étudiants qui aujourd'hui sont dans les rues avec de légitimes revendications. On a 3 millions d'étudiants, donc on a 2,7% d'étudiants qui aujourd'hui manifestent et dont l'immense majorité a juste titre pour faire entendre ces revendications. Mais c'est bien aussi de remettre tout en perspective.
Monsieur Mercier, je voyais réagir en écoutant Carl Olive. Pourquoi ça ne fait pas consensus ce qu'il dit ?
mais tout simplement parce qu'il n'y avait aucun service d'ordre dans la manifestation parisienne des syndicats. Ils n'étaient pas là. C'était une manifestation. Moi, je n'ai pas vu de chasuble syndical. J'y étais. Il
n'y avait pas de service d'ordre de la CGT ?
Non. Non. Alors, évidemment, ça étonne tout le monde. Pour ceux qui y étaient, je peux vous dire, et j'en faisais partie, il n'y avait aucun service d'ordre des syndicats. Et ça s'est très bien passé. Les syndicats ont joué leur rôle dans le sens où ils ont essayé de déposer un parcours. Une fois, deux fois au centre de Paris, et ça a été refusé, peut-être que samedi prochain, le ministère de l'Intérieur va nous envoyer manifester dans la forêt de Fontainebleau ou la forêt de Rambouillet. Peut-être qu'il va espérer que là, il y aura encore un petit peu moins de monde. Mais vous savez, aujourd'hui, le gouvernement, enfin depuis, c'était pas aujourd'hui, depuis cinq semaines, il essaye de casser le thermomètre en espérant que la fièvre, elle va disparaître. Ils se fourrent le doigt dans l'œil. Il y a aujourd'hui une colère qui s'exprime qu'elle est légitime et salutaire. Et le vrai débouché politique de cette colère des jeunes, c'est que le monde du travail y rentre dans la danse. C'est-à-dire qu'ils se mettent en grève et qu'ils manifestent. Et c'est ce qui va avoir lieu le 5 novembre contre la vie chère, pour l'augmentation des salaires, parce qu'on en a marre de se faire saigner à blanc par des groupes comme Total, qui affichent 8 milliards de bénéfices simplement au troisième trimestre. Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ?
Vous dites que ça s'est bien passé aujourd'hui sans l'aide des services d'ordre des syndicats. C'est ce que vous nous racontez. Ça s'est bien passé grâce à qui ?
Grâce aux manifestants.
Et aux forces de l'ordre.
Plus vous avez de forces de l'ordre. Pour le coup, le cortège parisien de Porte de Bagnolet à Porte de Charenton... Il n'y avait pas un policier, il n'y avait pas un CRS. Personne ne nous mettait la pression. Et ça s'est extrêmement bien passé. C'était bon enfant, c'était revendicatif, c'était déterminé. Parce que je peux vous dire, 70 000 personnes, selon les chiffres de la police, qui ont dû d'abord se donner rendez-vous à Porte de Bagnolet, après c'était Bastille, après c'était Porte de Bagnolet, etc. En quelques heures, ça veut dire quelque chose de très profond. dans la détermination et la mobilisation de la police. Quand
vous dites 70 000 personnes, vous faites référence aux chiffres des organisateurs en ce qui concerne les manifestants. à Paris. 70 000 forces de l'or mobilisées. Je ne vois pas où vous voulez en venir.
70 000 manifestants selon les chiffres de la police à Paris.
Il y a aussi 70 000 forces de l'or mobilisées aujourd'hui. C'est juste pour être sûr. 200 000 selon les organisateurs à Paris. Vous vous dites que ça s'est bien passé grâce aux manifestants. Est-ce que vous déplorez le fait qu'il y ait des couvre-feu en vigueur ce soir pour faire en sorte que... Ça continue à bien se passer.
bien sûr que je le déplore. On est en train de rentrer dans un cours réactionnaire. Où, oui, ce pouvoir, il est dans une impasse. C'est un gouvernement, de toute façon, qui a une durée de vie limitée. Dans six mois, ça ne sera plus celui-là. Et il essaye de contenir, de tuer dans l'œuf. Maintenant, l'œuf, il a grandi. C'est devenu quelque chose de très gros. Mais en tout cas, depuis le début de la mobilisation, le gouvernement a cherché à tuer dans l'œuf. matraquaient, grenadaient, mutilaient les jeunes alors qu'ils étaient pacifiques devant leur lycée. Et ça, c'est condamnable. Moi, je pense aux familles. aux jeunes qui ont été mutilés des mâchoires arrachées, des mains arrachées, des yeux éborgnés. Et ça, c'est catastrophique qu'une telle sauvagerie de la part de la police et du ministère de l'Intérieur... Et malgré ça, ils n'ont pas réussi à faire taire cette mobilisation. Ça, c'est extraordinaire.
Vous
pensez
aux familles de ceux qui, vous le dites, ces jeunes qui ont eu des blessures ou autres. Ça n'arrive pas par hasard. Des mutilations.
On pense tous à ces
jeunes, évidemment, et on regrette évidemment toutes ces blessures. Mais vous n'avez pas un mot pour les milliers de policiers qui sont blessés et leurs familles, parce que c'est des deux côtés. Et je vais juste rappeler que ça n'arrive pas par hasard. Je pourrais vous faire cas par cas. Je ne vous ai pas interrompu. Moi,
je vous interromps. Il n'y
a
pas de mutilé chez les PRS. Il n'y a pas un seul CRS à l'hôpital.
C'est pas vrai, monsieur. Il y a 78 policiers encore blessés aujourd'hui. Vous n'avez pas un mot pour... On dit tout sur ce plateau. Vous osez parler de ça. Vous osez parler de ça. Vous avez
du sang sur les mains. Moi, j'ai du sang sur les mains. Le mort de trappe, c'est... Attention, monsieur Mercier. Attention, monsieur Mercier. Attention, attention.
Je suis mes propos. Et pourquoi, monsieur ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que vous avez des arguments.
Quand vous avez
Bardella qui
dit que Trap est une république islamique, que Saint-Denis est une république islamique, vous n'êtes pas venu. Monsieur Mercier,
je suis désolée, mais je ne vous ai pas invité ici pour parler de Trap. Je vous ai invité ici. Donc
pour les mêmes propos, je vais juste rappeler que l'Humanité a fait le même titre que Le Monde et des journalistes du Monde dans un livre qui s'appelle La Communauté. Franchement, Monsieur Nicolique,
c'est moi qui choisit les sujets de conversation sur ce plateau. Aujourd'hui, vous voulez parler des revendications, vous voulez parler des manifestations, restons sur ce sujet. Je vais
évoquer le fond. Je vais juste rappeler que par exemple le policier, vous avez montré les images tout à l'heure, qui s'est mangé un cocktail Molotov et qui a commencé à brûler, je crois que c'était un gendarme. Vous savez que proportionnellement à ce qu'il a subi... Il avait le droit d'utiliser une arme létale. Vous le savez ou pas ? Il n'y a aucun policier qui fait ça. Quand on a des policiers qui sont accusés d'utiliser des armes de LBD. Dans beaucoup d'autres pays, ça ne serait pas passé comme ça. Quand des policiers, aujourd'hui, subissent des tentatives de meurtre, dans beaucoup de pays, ils ne réagiraient pas en subissant et en fuyant, comme c'est arrivé beaucoup trop souvent. Et en laissant parfois des commerçants se faire piller ou autre. Il y a eu des milliers de commerçants qui ont été pillés. On parle de couvre-feu. Je vais vous parler de ma vie, Latour. À Tours, la manifestation était interdite. Il y a eu une manifestation malgré l'interdiction et la police a laissé faire la manifestation, même si elle était interdite, alors que ça pouvait entraîner une décontravention systématique. Mais elle a laissé faire. En revanche, ensuite, vous avez 300 individus qui ont pillé, cassé. Il y avait un couvre-feu qui était demandé par le préfet, le maire. L'extrême-gauche, ELV, qui est dans une alliance avec la France Insoumise et ELV, le Parti Socialiste, mais pas Place Publique qui avait refusé cette alliance, avait refusé ce couvre-feu. Aujourd'hui, les seuls qui ont subi un couvre-feu, c'est les honnêtes gens qui ne peuvent pas aller au cinéma, c'est les honnêtes gens qui ne peuvent pas aller dans ces commerces qui ont été pillés, et c'est les commerçants qui ont vu depuis le début de ces manifestations perdre 2 milliards de chiffres d'affaires qui ont été perdus. Ce sont les assurances qui vont payer, et ça va entraîner une augmentation des assurances. de 0,8% pour ceux qui paient leur assurance de voiture, pour ceux qui paient des assurances de domicile, tous ces honnêtes gens. Et ce ne sont pas les casseurs qui vont payer. Parce que ça n'a jamais réglé un problème de casser. Et aujourd'hui, l'extrême gauche... qui prétend défendre les classes populaires, elle est disqualifiée. Dans le dernier sondage Odoxa, la France Insoumise est à 17%, Marine Le Pen est à 58% chez les ouvriers. Chez les employés, vous avez des statistiques qui sont comparables. Parce que vos arguments ne prennent plus. Alors vous essayez, par des manifestations, par la rue, par des slogans, essayer de faire croire que vous défendez les classes populaires. Mais vous n'avez aujourd'hui aucune revendication. qui va aider les classes populaires. Parce que Mme Aubry, tout à l'heure, elle parlait des cadeaux aux entreprises. Est-ce que vous savez combien d'entreprises ont fermé Mme Aubry sur les 12 derniers mois ? Vous le savez ou pas ? Parce que c'est ça qui paie les gens. Vous le savez ou pas ?
'est bon, vous avez terminé ? On va la laisser répondre.
Oui, allez-y.
Le problème avec le Rassemblement national, c'est que comme ils ne sont jamais du côté du peuple, par exemple, cette semaine... Lors de la niche parlementaire à l'Assemblée nationale, ils ont tout fait pour empêcher de voter sur l'augmentation du SMIC. – Attendez, laissez la réponse. – Vous avez laissé déblatérer. – Elle va aller au bout de son raisonnement.
– Déblatérer, je vous remercie. – Je parle des entreprises qui ferment, il n'y en a jamais eu autant dans ce pays. C'est ça qui paie les gens, madame. – Monsieur
Nicolique, on est pas obligé de se crier dessus. – Moi, je vais essayer de parler des gens qui souffrent et notamment qui espèreraient avoir une augmentation du SMIC à 1 700 euros net. 1 700 euros net, vous avez fait de l'obstruction parlementaire. toute la journée à l'Assemblée nationale le jeudi, y compris en s'attaquant à un texte sur l'aide sociale à l'enfance. Pourquoi ? Pour ne pas avoir à voter sur l'augmentation du salaire minimum à 1 700 euros net. Pour le reste, je termine sur tous vos arguments. Quand on travaille au Rassemblement National et qu'on a un Jordan Bardella qui est là une fois sur deux au Parlement Européen, je serai vous,
je la ramenerai
pas trop. Pour terminer, sur les entreprises. Vous nous parlez des entreprises aujourd'hui qui ferment dans notre pays. Et pourquoi elle ferme ? Parce qu'il y a des petites entreprises aujourd'hui qui sont en concurrence déloyale avec des grandes entreprises. Et à ces petites entreprises-là, vous ne leur proposez rien. Parce que vous, la réalité, c'est que vous êtes du côté de ces grandes entreprises. Que Total, vous refusez de taxer leurs super profits. Que les grandes entreprises multinationales, vous avez voté compte systématiquement au niveau français et au niveau européen. Et je termine ensuite, puisque vous avez voulu aborder beaucoup de choses, sur la question des armes létales. Vous avez dit un peu plus tôt, vous vous rendez compte, les policiers, ils auraient pu utiliser des armes létales. Mais ils en ont déjà des armes létales. Ils en ont déjà. Des grenades de désencerclement, ce sont des objets de guerre. Vous prenez des LBD. De la même manière, ce sont des armes de guerre, monsieur. Ils ont déjà des armes de guerre. Il y a des mutilés qui ont été mutilés à vie, y compris une personne, Christophe, 59 ans, qui est mort dans la manifestation et pour laquelle on n'a aucune nouvelle de son auto-pire. Est-ce que vous pouvez avoir un discours de responsabilité ? On le laisse répondre et après on fait tourner la parole, s'il vous plaît.
... qui a ramassé une grenade pour la jeter sur les forces de l'ordre, qui ne doit pas faire ça parce qu'il s'expose. Que le jeune Atour, qui sait manger effectivement un tir de LBD... Sauf qu'ils se sont pris la grenade sur la main, regardez les vidéos, monsieur Nicolich. ... qu'il tirait au mortier en même temps. Vous pouvez responsabiliser les jeunes et dire que quand vous tirez sur des policiers, vous vous exposez à ce qu'il y ait une réponse des forces de l'ordre, et notamment par des tirs de LBD, parce que les forces de l'ordre essaient de sauver leur vie. Et si vous pouvez arrêter de déresponsabiliser, c'est votre rôle de responsable politique. C'est votre rôle de responsable
politique. Après, je vais vous répondre sur le fond. Est-ce qu'on
est obligé de défendre soit l'un ou l'autre ? Non, c'est obligatoire.
Madame Darfeuil, si vous permettez. Parce qu'il y a la police qui a une force légitime pour essayer de faire en sorte qu'il y ait de l'ordre dans ce pays, que les commerçants ne soient pas agressés, y compris des individus, des personnes qui étaient dans leurs appartements et qui ont été menacées, des professeurs qui se sont fait tirer dessus. Vous voyez, tout ce qui va coûter en plus en termes de biens publics, là on est déjà à 760 millions sur le 17 et le 24, ça va monter encore et ça dépassera largement. le milliard et encore une fois je ne parle pas du manque à gagner pour les commerçants. Moi je parle au nom effectivement des policiers qui est de l'ordre dans ce pays. Vous essayez de relativiser les violences de vos amis antifa que vous soutenez, de vos amis black blocs et des pilleurs. La grande différence
entre vous et moi c'est que moi je condamne toutes les violences. Je condamne toutes les violences. Les violences qui sont faites à l'égard des forces de l'ordre. je les condamne. Les violences faites par les forces de l'ordre à l'égard des manifestants... Je les condamne. Vous voyez, c'est la différence entre vous et moi. Moi, je suis une non-violente. Parce
que moi, je suis violent. Vous avez dit tout à l'heure que vous êtes contre les violences. Vous n'allez
pas monopoliser le débat tous les deux. Non, ce n'est pas juste. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. Nous parlons des réponses politiques.
On compare toujours par exemple à l'ALMAS. Il faut juste rappeler qu'on paie par exemple 10 points de cotisation patronale et salariale en plus. Monsieur Nicolique,
les deux sont liés. Nous parlons de la réponse politique. Cette réponse politique, elle doit répondre à... cette colère qui s'exprime dans la rue. Alors, pas de toute la population, vous vous tenez à le souligner. Il faut quand même rappeler effectivement les chiffres de la mobilisation aujourd'hui. On était à, je les ai notés, 3, vous allez m'aider Manon Aubry. Petite quand même, petite baisse. Combien
? 300, à peu près 330 000, 320 000 selon la police. Oui. Et évidemment, un peu plus selon les organisateurs. On est quand même un petit peu en dessous. Voilà. Mais vous savez pourquoi ? 320 000
selon la police. Parmi les raisons, il y a des villes dans lesquelles il était interdit de manifester. Par exemple, si vous habitez Marseille, vous étiez obligés de participer à une manifestation interdite. Certains l'ont fait. Certains, comme mon collègue Manuel Bompard, qui contestent l'interdiction, mais n'est pas allé à Marseille.
Je ne conteste pas qu'il n'y avait pas de monde. Je vous dis qu'il y avait du monde, il y en avait un petit peu moins. Mais il faut tenir...
Justement, je voudrais qu'on avance. Le prochain rendez-vous décisif, c'est quand ? Avant cela ? des lycées, des universités pourraient être bloquées. Il y a plusieurs appels. Mardi, visiblement, des appels à bloquer les universités et certains lycées. Vous serez aux côtés de ces étudiants et ces lycéens comme vous l'avez été par le passé. Je vous vois sourire. Non,
mais ça ne vous aura pas échappé que ce n'est pas nous qui décidons, le mouvement lycéen et étudiant. Vous décidez
si vous y allez ou
pas. On sera à leur côté. Ils le savent qu'on sera à leur côté. Clairement, le compte n'y est pas dans les demandes qu'ils ont formulées et les réponses qui ont été apportées par le gouvernement qui ne sont pas du tout à la hauteur. Parcoursup n'a pas été abrogé. Il n'y a pas eu une création massive de postes dans l'enseignement supérieur et dans l'enseignement au lycée. Il n'y a pas eu non plus de grand plan de rénovation du bâti. C'est seulement un prêt qui va être accordé aux régions. Donc de ce point de vue-là, les jeunes ont des raisons d'être en colère. Et cette colère, c'est à eux de décider la manière dont elle doit se matérialiser. Ils savent qu'ils peuvent compter sur nous. Et moi, j'invite d'ailleurs tous les élus à venir dialoguer avec les jeunes, qu'ils soient d'accord ou pas avec eux. Ils le disent. Nous, on veut discuter, on veut dialoguer. Ça m'est arrivé de discuter avec des jeunes avec lesquels je n'étais pas d'accord aussi devant un lycée. Mais on a pris le temps, en fait, d'écouter notre jeune âge. Ils ont quand même obtenu
des avancées. Il faut leur donner exactement ce qu'ils demandent. Non, mais ce
que je suis en train de vous dire là, c'est que vous pouvez voir le verre à moitié plein en vous disant, ça fait 10 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, et mine de rien, ces jeunes, c'est la première fois qu'ils ont fait vaciller le pouvoir. C'est vrai, et justement parce qu'ils ont réussi à faire vaciller le pouvoir, c'est le moment d'enfoncer le clou, c'est le moment de réussir à obtenir ce qu'ils ont. Ils avaient 10 propositions, 10 demandes. Aucune de ces 10 n'a été traduite en acte. Aucune.
Sur Parcoursup,
à
la rentrée
dernière, il y avait 150 000 lycéens qui n'ont eu aucune place dans l'enseignement supérieur. Oui, mais Mme Aubry,
150 000.
Surtout, les
engagements qui ont été pris, il va falloir un petit peu de temps avant qu'ils puissent quand même... se concrétiser le bâti scolaire. —
Près de 4 milliards pour les collectivités. — De près. — Vous pouvez pas dire que c'est rien. — Carl Olive,
est-ce que vous voyez dans ce... — Ça reste de l'argent. — Ça reste de l'argent
et ça relève de l'État. — Non, de
l'argent, de l'argent pour rembourser, alors que dans le même temps, le gouvernement, par exemple, a supprimé le fonds vert. — Attendez. — Le gouvernement a supprimé le fonds vert qui était un des fonds qui permet... — Il l'a
réduit. —
...qui permet de subventionner... — Il l'a réduit. Il l'a pas supprimé. — ...qui permet de subventionner notamment
les rénovations thermiques. — Bon, on a entendu. En tout cas, c'est pas assez. Monsieur Mercier, je vous vois. Vous avez l'air... dépité.
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