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Emma Raffovitch, vous êtes députée européenne et porte-parole du PS, bonsoir. On est également avec Jérémy Patrier-Lettus, vous êtes députée horizon du Calvados, bonsoir. Bienvenue à vos côtés, Alexander Nikolic, député européen, porte-parole du RN, bonsoir et bienvenue. Nous accompagne toute la soirée, Nicolas Domenac. Une question quand même sur le mouvement qui se poursuit, qui, on l'a vu, continuera encore dans les prochains jours. C'est une semaine importante qui s'annonce. On n'en voit plus tellement le bout, Alma Dufour. C'est parti pour durer ?
J'ai envie de vous dire, ça durera tant que le président de la République n'aura pas mis sur la table quelque chose vraiment de nature à satisfaire. Les revendications à la fois du mouvement lycéen, mais aussi les revendications qui s'expriment depuis le 17 octobre, qui sont à la base orientées sur la question de l'inflation, du pouvoir d'achat et d'une crise économique dont on ne voit pas le bout non plus. où on parle, on est en récession, les faillites explosent, les gens ne s'en sortent plus, l'essence, vraiment, ça devient... Enfin, ça, ça fait depuis un an qu'on laisse l'inflation sur l'essence ruiner le pouvoir d'achat des gens qui étaient déjà pas flambants, franchement. Et donc, en fait, à un moment, il n'y a pas de raison que ça s'arrête si les conditions matérielles des Françaises et des Français ne sont pas... Sauf que si on prend là point par
point, sur la question du carburant, le gouvernement a puisé dans les réserves stratégiques pour baisser un peu le prix des carburants. Pour le SMIC, il y aura peut-être un coup de pouce, visiblement. Il y a eu des réponses politiques, et on les a citées, les 4 milliards pour la rénovation du bâti, les 15 000 espaces supplémentaires en BTSIUT. Cette réponse-là,
elle n'est pas suffisante ? Elle est insuffisante. Alors, sur le carburant, c'est lunaire. Je veux dire, qui pioche à la demande de Trump, d'ailleurs, dans les stocks stratégiques, pour réduire temporairement de quelques centimes le prix, alors que la crise au Moyen-Orient n'est pas finie ? Il avait deux solutions. C'était bloquer les marges, ou réduire les taxes, ou faire les deux pour atteindre un prix cible. Il ne l'a toujours pas fait. Je veux dire, en Espagne, ils ont réduit la TVA. En Chéqui, ils ont bloqué les prix. En Corée du Sud, ils ont bloqué les prix. Enfin, je veux dire, dans plein de pays du monde, ils ont pris des mesures, parce que ce prix-là nous envoie en récession. Ce qu'ils font là, c'est insuffisant. Sur les lycéens, sur les places d'université, c'est un bon débit, mais c'est complètement insuffisant. Je veux dire, là, il remet des places d'université. L'année dernière, il en a détruit 10 000. C'est pour ça qu'il y a Parcoursup. C'est pour ça qu'ils sont obligés de trier les élèves. Donc évidemment, c'est des propositions qui restent faiblardes. Et c'est pour ça que la mobilisation ne va pas s'arrêter.
Il faut aller encore plus loin. Est-ce que le gouvernement peut apporter plus de réponses ?
Non, mais il faut arrêter de raconter des histoires aux Français. On a une Assemblée nationale paralysée. D'ailleurs, LFI et le RN contribuent aussi à cette paralysie. On voit les dépenses budgétaires. qui ont été votées dans le cadre des discussions, je crois qu'on en est à 40 milliards d'euros. Vous passez les budgets que vous voulez, depuis 9 ans. Vous pouvez arrêter de rejeter la responsabilité sur d'autres de votre bilan quand même ? Je vais terminer. On ne peut faire que du bricolage et mettre des russines d'ici l'élection présidentielle. Le vrai sujet, et c'est aussi un débat j'espère qu'on pourra voir ici, c'est comment cette élection présidentielle permettra d'apporter des réponses. Oui, la jeunesse, elle souffre. Oui, nos politiques publiques sacrifient la jeunesse. Moi, j'ai travaillé sur la natalité à l'Assemblée pendant 6 mois. Moi, je peux vous dire qu'on sacrifie bien trop souvent la jeunesse pour d'autres politiques publiques. Vous voyez, quand on fait des économies, on commence par l'apprentissage, qui est complètement actuel.
Mais donc, pardon, vous nous dites que les manifs, là, dans la rue, elles ne servent à rien. Il faut attendre l'élection présidentielle.
C'est qu'on peut se raconter des histoires en pensant que le gouvernement, avec une Assemblée nationale polarisée, conséquence des solutions, ne permettra d'apporter que des russines. La réponse, elle doit être une réponse politique. L'élection présidentielle arrive dans quelques mois. Et c'est à ce moment-là, projet contre projet, qu'on doit... On va pouvoir expliquer aux Français ce qu'on va faire pour la jeunesse de ce pays et ce qu'on va faire aussi pour répondre à la crise du pouvoir d'achat. Monsieur, ne parlez pas de Roustine quand les gens sont
à découvert le 15 du mois et qu'ils n'ont plus à manger. En fait, c'est bien sûr que là, les gens sont en colère parce qu'ils n'ont pas le temps d'attendre avril pour que vous leur apportiez au moins un minimum de réponses. Donc, les prix de l'essence, ça se fait par décret. Le gouvernement peut le faire. Et vous passez le budget en 49.3 comme d'habitude.
Et baisser la TVA qui coûte entre 12 et 17 milliards d'euros. Et demain, c'est les Français qui paieront la facture, comme le pose Marine Le Pen. Alors,
Alexandre Nikolic.
Oui, non mais on peut... Je raconte n'importe quoi. J'ai même pas parlé, vous dites que je raconte n'importe quoi. On rappelle que le Rassemblement National, on
le rappelle de baisser les taxes sur le carburant. Bien sûr. Et le monsieur vient de vous expliquer que derrière... Avec le prix actuel,
ça ferait aujourd'hui, si on baisse de 20 à 5,5 la TVA par exemple, ça ferait près de 40 centimes d'économie sur un litre. Donc c'est pas rien. Effectivement, ça coûte 12 milliards d'euros. Mais vous savez qu'aujourd'hui... Vous avez déjà une part qui peut être prise aujourd'hui de 8 milliards qui sont transférés sur le prix aujourd'hui du coût de distribution, qui sont transférés vers l'économie, vers les voitures électriques, vers des financements pour la transition énergétique ou autre. C'est un choix politique de dire que dans l'urgence, ça doit être transféré en compensation aujourd'hui de la baisse de TVA. Donc ce sont des choix politiques. Et de la même manière, aujourd'hui, quand on voit la baisse de la consommation et la baisse de... croissance qui, selon même le gouvernement, est due à aussi une baisse de la consommation énergétique et donc du carburant, et bien vous entraînez un manque à gagner. Et un manque à gagner sur la part qui est fixe, notamment les assises. Donc si on parle globalement, nous ce qu'on propose en matière de consommation supplémentaire et des choix qui sont faits sur où on prend l'argent pour compenser, et bien au final vous ne perdez pas beaucoup d'argent, mais ce qui en tout cas a un vrai impact, c'est les 40 centimes par litre en moins pour les Français, et aujourd'hui c'est une urgence. Si vous voulez qu'on parle globalement de toutes les dépenses que vous n'avez pas réalisées et qu'on propose, nous, dans notre contre-budget, qui ferait 64 milliards dès 2027 d'économie et à terme, en 2032, de plus de 140 milliards, je peux détailler sur tous les sujets tabous que vous n'avez jamais abordés et qui nous conduisent dans cette spirale catastrophique, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on va atteindre 120% de la dette dans le PIB, qui est la conséquence d'une politique que vous avez pu appliquer comme vous le souhaitez depuis 9 ans, parce que vous avez une majorité entre 2020. 7 et 2022. Et ensuite, vous avez passé tous vos budgets par 49,3. Donc, vous pouvez dire accusé ou autre. Le bilan économique,
c'est votre
responsabilité.
Vous pouvez au moins
l'assumer. Pour raconter n'importe quoi, c'est ce que les populistes font. On n'a pas les 12 milliards d'euros aujourd'hui pour financer votre réforme de la baisse du carburant. Je termine juste là, parce qu'on n'aura pas le temps d'avoir un long débat. Ce qui permettra de répondre à la crise du pouvoir d'achat des Français. Ce n'est pas le programme démagogique de Marine Le Pen. C'est une vraie politique économique de droite.
Ce
je
trouve fou avec les soutiens d'Emmanuel Macron, c'est que finalement, c'est jamais de votre faute. La responsabilité, elle est toujours ailleurs, toujours. Et aujourd'hui, vous appelez d'une certaine manière à la responsabilité de tout le monde, mais vous, vous bougez sur rien. Aujourd'hui, on a quand même un tiers. un tiers des Françaises et des Français qui ne mangent pas à leur faim ou qui se privent de soins médicaux. Ça, c'est la réalité. On a des gamins qui arrivent le ventre vide à l'école, au collège ou au lycée. Et quand ils arrivent, en plus de ça, c'est délabré. Et finalement, on nous propose des petites rustines, un projet de loi de finances et donc un budget qui évidemment n'est pas à la hauteur de ces enjeux. Et on viendrait dire, ah non mais circuler, il n'y a rien à voir. Il n'y a rien à voir et finalement, c'est la faute des oppositions. Moi j'ai envie de le dire, il y a une urgence qu'il faut traiter rapidement, à la fois c'est la question évidemment de l'éducation. Mais c'est aussi la question des salaires. Et quand on voit qu'en 10 ans, on a eu 10 ministres, 10 ministres, et je vous mets au défi de pouvoir tous les citer, de l'éducation nationale, est-ce que c'est sérieux ? Qu'en 10 ans, les salaires n'ont pas augmenté à la bonne vitesse. Est-ce que c'est
sérieux ? Mais est-ce qu'on peut les régler dans les 6 prochains mois, dans le contexte budgétaire qu'on connaît, avec l'élection présidentielle qui arrive pendant 6 mois
? Effectivement, l'élection présidentielle, elle va être fondamentale. On va chacun pouvoir présenter nos propositions. En attendant, parce que la question que vous posiez, c'était la réponse à la crise qu'on est en train de vivre. Parce qu'on le voit, il y a une inquiétude, il y a de la détresse. Si réellement on veut que ça s'arrête, si on veut que la mobilisation sociale, elle trouve des réponses, il faut des réponses politiques. Et oui, des réponses d'urgence. Augmenter les salaires. Nous, on propose l'augmentation du SMIC. De combien ? Vous vous proposez de combien ? Parce que je rappelle que... C'est dans notre proposition et dans notre projet. Combien, pardon ? 1700 euros net. Net ? Donc comme la France Insoumise. Écoutez, on a sans doute des convergences dans le politique.
On a l
'isoté avant-hier. Excusez-moi, excusez-moi. Non mais attendez. Excusez-moi, mais on ne va pas faire de la politique politicienne à deux balles. Je réagis aux richardements qui n'étaient pas les vôtres, mais celui de mon voisin. Je pense qu'il faut qu'on arrive à se dire quelque chose. Aujourd'hui, les Françaises et les Français se serrent à la ceinture et ils ont un président de la République qui ne leur répond pas, qui répond à côté, comme toujours. Et oui, dans la France à Macron... Aujourd'hui, on ne comprend pas, finalement, à quoi sert la parole politique. Donc si on veut réellement du progrès et des projets majeurs, il faut une conférence salariale, il faut des chèques énergie d'urgence, il faut un grand plan de rénovation de nos lycées et de nos collèges. Bref, il faut respecter les gens. Est-ce qu'il est encore
possible pour les manifestants d'obtenir des choses dans la rue, dans les six prochains mois qui arrivent ?
Ça dépend auxquelles sont les demandes. La réalité, c'est qu'il n'y a pas de marge de manœuvre. Aujourd'hui, il n'y a pas de marge de manœuvre ni financière, parce que l'État est un pays... La France est dans un état de ruine aujourd'hui et c'est la conséquence des dix années de macronisme qui a fait que la France est un pays malade et dans une Europe qui ne va pas bien, mais qui est le pays le plus malade de l'Union européenne aujourd'hui. Et en plus, il y a un problème de majorité politique et c'est vrai qu'il n'y a pas la place à l'Assemblée nationale pour réussir à avoir un consensus sur telle ou telle solution. Donc à partir du moment où il n'y a pas d'argent dans les caisses, où la seule décision qui serait... Parce qu'Emmanuel Macron, depuis 2017, a la seule réponse aux crises, c'est d'ouvrir le chéquier. Quand les Gilets jaunes ont saccagé l'Arc de Triomphe et les Champs-Elysées, sa seule réponse a été... de lâcher le chéquier.
Et pour autant, on l'accuse de ne donner que des miettes. C'est ce que disent encore les manifestants.
Regardez aujourd'hui le déficit de notre pays. On est à 150 milliards d'euros de déficit par an. Aucune réforme structurelle n'a été engagée pour le réduire. Et donc, on sait très bien que d'ici à l'élection présidentielle, il n'y aura rien. Et il y a aussi, je suis désolé de le dire, Un enjeu pour certains partis, en particulier la France Insoumise, de continuer à avoir des personnes mobilisées dans la rue, en particulier les jeunes. Ah c'est vrai, c'est nous
qui mettons
les gens dans la rue. Parce que, bah oui, vous prenez l'ensemble des leaders lycéens qui viennent sur les plateaux, ils sont tous plus ou moins affiliés à la France Insoumise. C'est dingue, vous ne vous dites pas qu'il y a un problème. Vous ne vous dites pas qu'il y a un problème. Mais il y a évidemment un problème. Moi, là, je réponds à la question. Les gens vivent mal. Les gens s'en nourrissent pas bien. Je suis le seul ici, pardon madame, qui émerge le quotidien des problèmes des Françaises et des Français. Donc je ne suis pas vraiment au courant. Non, je ne dis pas ça. Je vous dis juste que vous ne pouvez pas me faire un procès de ne pas connaître la réalité, parce que je la vis au quotidien. Vous dites que les problèmes, c'est les manifestations.
Non, je vous
dis juste que les manifestations, il y a un intérêt politique de la part, en particulier de la France insoumise, à avoir un continuum de manifestations. Pour antagoniser le débat, faire en sorte que le pays soit tendu, mais ce n'est pas une critique. C'est faux en fait. Parce que c'est Jean-Luc Mélenchon qui a lui-même dit qu'il veut créer le chaos, c'est sa stratégie politique. Il l'a dit, il l'a annoncé. Il a dit quand, il a annoncé quand, n'importe quoi. C'est sa stratégie politique, c'est le petit livre rouge. C'est le petit livre rouge de
Jean-Luc Mélenchon. C'est de la
poésie. Les mots ont quand même un sens. Les mots ont un sens.
Justement, les chiffres aussi. Moi je n'accepte pas que vous disiez qu'il n'y a pas de manœuvre. marge de manœuvre budgétaire. À un moment donné, ça suffit. Là, vous parliez des 12 milliards d'euros de TVA. Effectivement, nous, on est plutôt pour bloquer les marges. Mais ça, vous ne voulez pas le faire. De toute manière, c'est les profits de Total. Vous ne voulez pas y toucher pire que ça. Vous avez baissé l'impôt sur les surprofits des multinationales. C'était 6 milliards d'euros. qu'on avait récolté l'année dernière, parce qu'on avait convaincu, mais vraiment à la force du poignet, de faire un minimum du minimum de justice fiscale à ces gens-là. LR, Horizon, Macronis, tous les mêmes. Vous savez que la France, c'est déjà le pays le plus taxé du monde. Vous voulez rajouter de la taxe au pays le plus taxé du monde. Vous savez combien ils ont fait de milliards de bénéfices total en 1 semaine ? Mais vous savez que le total ne va jamais payer
autant d'un coût ? Ils ont multiples achats. Oui,
quand on s'en prend aux intérêts de Total. Non, pas du tout. Vous dites des mensonges. Les raffinats... totales en France ont multiplié leurs marges par 4. C'était facile de le prouver, pourtant le président a menti. Ce que je veux dire, c'est que des marges de manœuvre budgétaire, il y en a. Et vous, vous avez soutenu quelque chose qui est quand même absolument incroyable, c'est que c'est vrai que c'est absolument lunaire qu'on arrive à cette situation où Emmanuel Macron est en effet un président qui a fait beaucoup, beaucoup de dettes, qui a augmenté la dette de plus de 1 000 milliards. Et pour autant, pas un Français de la classe moyenne et de la classe populaire ne s'est enrichi. Vous dites qu'on n'a pas fait des coupes structurelles ? Attendez, l'année dernière, vous avez fermé 5 000 classes.
Moi, j'ai rien fermé du jour. Vous avez voté. Vos gouvernements votent.
Vous avez voté. Non, mais très rapidement sur la question budgétaire. Mais attendez, on va tourner la parole. Ils ferment des classes, ils détruisent des postes de juges, et après, ils voient une crise qui arrive parce que vous avez coupé dans tous les services. La réponse de Jérémy Papsier, il est ici après. Vous avez
supprimé 10 000 places de fac.
Ils ont supprimé 10 000 places de fac. Pourquoi les gens se mobilisent ?
Il faut beaucoup plus sélectionner aujourd'hui dans les universités. tout ce qui a été fait a été bien fait ? La réponse est non. Est-ce que le pays va bien ? La réponse est non. Mais est-ce que rien n'a été fait ? Pardon, arrêtez d'être complètement démagogique. On a bloqué alors qu'il y a une baisse démographique sans précédent du nombre d'élèves dans l'enseignement... l'éducation nationale, 1 million d'élèves en moins en 10 ans. Et l'année dernière, on n'a pas supprimé les postes d'enseignants qu'on aurait pu supprimer si on avait eu une logique comptable. Parce qu'on a essayé de préserver les écoles. On les voit fermées dans la circonscription. Je ne vais pas vous faire le bilan ici. Quand Edouard Philippe était Premier ministre, on a dédoublé les classes en CPC1. Ça, c'est une mesure de justice sociale que la gauche aurait dû soutenir. Vous parliez, Madame Raffovitz, des élèves qui venaient à l'école le ventre vide. Il y a des petits déjeuners gratuits qui existent. Je suis député d'un territoire rural. Aujourd'hui, j'ai des élèves dans ma circonscription. Tout n'a pas bien été fait. Il faut répondre aux urgences qui préoccupent la jeunesse. Les manifestations sont légitimes. Les jeunes s'inquiètent. Il faut des réponses politiques, mais pas de caricatures. posture, un vrai débat politique avec des réponses politiques. Tout à l'heure,
quand vous en avez parlé, moi je n'ai pas ricané, parce qu'évidemment c'est un vrai sujet aujourd'hui, la souffrance de nos compatriotes, quand vous avez 40% des actifs qui disent aujourd'hui qu'ils gagnent moins que ce qu'ils dépensent. Donc vous imaginez la crise qu'on est en train de vivre. Mais après, le sujet c'est comment on fait aujourd'hui pour augmenter les salaires et diminuer les dépenses contraintes. On l'a évoqué tout à l'heure sur le prix du carburant, on peut parler du prix de l'électricité qui a augmenté de 111%. Depuis 25 ans, c'est une des conséquences de choix énergétiques, par exemple en ayant soutenu l'éolien et le photovoltaïque par rapport au nucléaire.
C'est surtout le marché européen de l'électricité. Je ne vous ai pas interrompu, madame Dufour,
je vous assure. Non, mais vous savez, j'essaie juste de vous aider à poser votre propos.
Il y a le marché européen de l'énergie qui fixe un prix aujourd'hui qui ne correspond pas au prix français, mais le coût de production français a grandement augmenté à cause justement de choix énergétiques. Si, si, je vous assure. On pourra faire une bataille de choc, mais je vous assure. Ensuite, vous avez les salaires. Le problème de dire, aujourd'hui, on va fixer un montant du SMIC rehaussé à 1 700 euros. Vous savez, aujourd'hui, le SMIC, il est à combien, par exemple ? Non, mais attendez, la vérité, c'est que... Non, mais parce que je vais vous dire combien ça coûte pour une entreprise. Vous voulez pas
augmenter les salaires,
quoi, en fait. C'est ça, la réalité de vos maths, aujourd'hui. Si, on veut augmenter les salaires, mais aujourd'hui, quand vous avez, sur les 12 derniers mois, parce qu'il faut avoir la conscience de ce qu'impliquent vos politiques. Aujourd'hui, sur les 12 derniers mois, vous avez 70 000 entreprises qui ont fermé. C'est plus qu'à la crise de 2008. Et quand vous avez des entreprises qui... Eh bien évidemment, c'est des gens qui ne peuvent pas avoir, quand vous avez des entreprises en difficulté, de meilleurs salaires. Et quand vous n'arrivez pas à dégager le chiffre d'affaires, vous ne pouvez pas payer les gens. Donc la position du RM
sur le SMIC, c'est quoi alors
? Nous, nous ne sommes pas pour augmenter jusqu'à trois fois le SMIC, pas que les gens au SMIC. Tous ceux qui touchent jusqu'à trois fois le SMIC, augmenter de 10% les salaires, permettre aux entreprises d'augmenter de 10% les salaires, sans cotisation patronale et salariale. Parce qu'on ne veut pas que ça fasse augmenter le coût du brut considérablement. Aujourd'hui, ce que vous proposez, Vous ne m'avez pas répondu, mais le SMIC, il est à 1 478 euros. Donc, si vous augmentez à 1 700, c'est 222.
Et vous rajoutez
en plus de 289 euros pour les entreprises.
On a aujourd'hui 10 millions de Français. Pourquoi
vous dites ça ? Arrêtez ! Mais si vous voulez...
Attendez, attendez. On a quand même aujourd'hui... Aujourd'hui, quand on a 10
millions de Français, qui vivent aujourd'hui avec... moins de 1350 euros par mois. C'est ça la réalité des salaires. Et le SMIC aujourd'hui, effectivement, il faut le compter. Et vos solutions de rapprocher le brut et le net de manière un peu comme ça, comme d'une pensée magique. Il ne faut pas l'oublier. La différence entre le brut et le net, c'est le salaire différé. C'est ce qui aujourd'hui finance la protection sociale. Quand vous voulez réduire ça, la réalité, c'est que l'argent que vous donnez aux Français ici... Vous le reprenez ailleurs. C'est des services publics qui se dégradent.
Si on compare, par exemple, tout à l'heure, à juste le titre, Mme Dufault, vous avez parlé de l'Espagne, qui avait baissé la TVA, par exemple. C'est intéressant, c'est un pays qui est dirigé par la gauche, l'Espagne. Je vais aussi
parler d'autres pays qui avaient bloqué les prix, mais c'était pour dire qu'il y a des gens qui avaient fait quelque chose.
Et avec un âge de largement augmenté en Espagne, ça permet de financer d'autres choses. Ce taux de prélèvement obligatoire, aujourd'hui, qui est le plus élevé des pays de l'OCDE, et notamment sur les entreprises, ce qui fait que nos entreprises ont du mal à s'en sortir, eh bien, si on le compare à d'autres pays, et par exemple, par rapport à l'Espagne, si on ramène le... taux de prélèvement obligatoire dans le PIB aujourd'hui à notre PIB par rapport à l'Espagne, c'est 237 milliards en moins de prélèvements obligatoires que l'Espagne peut prélever si on ramène le PIB identique à la France. Vous comprenez ce que je veux dire ? Et donc, ça veut dire que c'est parce qu'ils ont moins de dépenses publiques qu'aujourd'hui ils arrivent à mieux s'en sortir. Et c'est le cas de beaucoup de pays. Donc aujourd'hui, ce que nous on peut préconiser en diminuant les dépenses...
On ne choisit
pas d'augmenter les salaires. On peut permettre à des entreprises comme nous d'augmenter les salaires avec... ce que je viens de dire, c'est-à-dire une exonération de cotisation patronale et salariale sur une augmentation jusqu'à 10%. Mais ensuite, le sujet, et je finis juste là-dessus, le sujet c'est comment on fait pour que nos entreprises... paient une énergie moins chère, notamment l'électricité, je viens de l'évoquer. Comment on fait pour s'adapter aux enjeux de demain ? Pourquoi les Allemands ont 140% de plus de robots, c'est-à-dire deux fois plus de robots par unité industrielle ? Même la Slovénie en a 62% de plus. Pourquoi on est tiers-mondisé comme ça ? Pourquoi on n'a pas fait d'investissement sur le prix de l'industrie ? On fait en sorte que nos entreprises s'en sortent mieux. C'est ça qui va être l'enjeu pour recréer de la richesse parce que... Et c'est ma dernière phrase. Le vrai sujet, c'est qu'aujourd'hui, on a un PIB par habitant qui est inférieur à la zone euro. On a une économie qui est en passe de devenir une économie d'un pays en voie de développement. Et avec un pays en voie de développement, vous ne pouvez pas donner des meilleurs salaires. Vous pouvez toujours dire on va annoncer un SMIC à temps. Mais ça va nous amener évidemment dans une catastrophe économique. Votre proposition
sur le SMIC commune chez LFI et le Parti Socialiste. On passerait... Non, non, non, je ne veux pas uniquement parler du SMIC. 1477 euros net par mois, c'est le SMIC actuel. Vous souhaitez, chez LFI et au Parti Socialiste, l'augmenter à 1 700 euros net mensuel. On fait mal à l'emploi, non ? Moi je crois qu'aujourd'hui, attendez, sur la question... Juste
rapidement, sur la question... Ça fait des années qu'on le porte, c'est pas le cas de votre candidat. Si, si, c'est dans le projet du Parti Socialiste, voté par nos militants, nous on fait voter nos projets à nos militants. Mais c'est... Attendez, attendez, allons sur le fond du sujet. Sur la question des salaires, parce que je pense que ça intéresse les Français, c'est leur vie. Il y a effectivement la question du salaire minimum, mais il y a aussi les salaires de manière générale pour l'ensemble des Français et notamment celles et ceux qui vivent. Sous le revenu médian, si je crois, nous intéresse. Nous, ce qu'on propose, c'est notamment l'indexation des salaires sur l'inflation. C'est aujourd'hui une proposition qui, moi, me semble forte, juste que notamment au revenu médian. C'est une possibilité qui a été présente, notamment jusque dans les années 80 en France. Donc, ce n'est pas du tout quelque chose qui est complètement commentaire dans un autre monde. Mais ce salaire anti-inflation, ce qu'on peut appeler l'échelle mobile des salaires, moi, je crois que c'est quelque chose de fort qu'on a pu porter, notamment dans notre projet, qui sera dans le cadre de la campagne. Les Français, ils ont besoin de savoir très concrètement ce qui va se passer. Et oui, les entreprises, il faut évidemment les accompagner. Notamment, d'ailleurs, les plus petites d'entre elles. Sauf que les patrons de ces entreprises, justement... Il ne faut pas les accompagner, madame. Il ne faut pas les
accompagner, il faut
diminuer la pression sur ces entreprises. En fait, comme les macronistes, croyez au ruissellement. Je crois
que plus on aura d'entreprises qui s'en sortiront mieux, plus elles pourront donner des meilleurs salaires. Je vous donne un seul nom, et si vous le
permettez, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, dit que si on augmente le... SMIC à 1 700 euros net mensuel. C'est 250 000 emplois détruits. Alors, est-ce que... J'ai pas encore pris la parole sur la question du travail. Oui, mais
sauf que c'était ma proposition de l'indexation des salaires sur l'organisation. J'aimerais bien, mais j'ai répondu à l'Assemblée, donc j'aimerais bien juste vous donner des arguments, parce que ça, on les a entendus tellement déjà, que le ministre du Travail déplore une potentielle destruction d'emplois en France par l'augmentation des salaires, alors qu'on bat le record de faillite, le record historique de faillite depuis... 5 ans, on n'a jamais perdu autant d'emplois. Donc la question, est-ce que je disais pourquoi l'Espagne s'en sort bien ? Pourquoi ils sont en croissance ? C'est parce qu'ils ont fait le choix d'augmenter. Les salaires. Le SMIC, 67%. En disant. Et qu'est-ce que ça donne, augmenter le salaire des gens ? Ça donne du pouvoir d'achat. Qu'est-ce que ça donne du pouvoir d'achat ? Ça donne de la consommation dans des entreprises locales. Ça donne du coup de la création d'emplois à terme. Ensuite, c'est les cotisations. La
question que tout le monde pose, c'est la question des cotisations. La réponse
du RN, c'est donc baisser brut cotisation, moins 10%. Ça veut dire budget de la sécurité sociale, moins 10%. Ça ne convient pas votre voisin. Est-ce que je peux juste finir sur comment nous, pour rassurer les TPE et les PME, parce qu'évidemment qu'on a en tête que des TPE ne peuvent pas passer d'un coup de 1 500 à 1 700. En fait, il faut adapter le montant des cotisations à la taille des entreprises, à leur chiffre d'affaires et à leur secteur, pour garder la capacité de financer le modèle social, mais pour en même temps ne pas faire couler... Pierre-Henri Dumont, si vous le voulez bien. Des entreprises qui pourraient progresser
ne vont pas le faire pour ne pas passer à la tranche d'après. En plus d'être maire, je suis également chef d'entreprise, une entreprise que j'ai créée. Donc je vois exactement ce que ça veut dire quand on augmente les charges et ce que ça coûte. La réalité, je vais vous donner un scoop à toutes et à tous, c'est que la France n'est pas un pays administré où c'est le politique qui décide du niveau de salaire. Et où donc, c'est l'objectif du politique, c'est de permettre aux entreprises de pouvoir donner du salaire, du pouvoir d'achat aux salariés. Le problème aujourd'hui, c'est quoi ? C'est qu'on a un pouvoir d'achat qui est trop faible parce que les salaires sont trop bas. Mais ce n'est pas en augmentant le SMIC de façon unilatérale à des niveaux qui, en effet, pardon de le dire, M. Farandou a raison, va... casser, détruire des centaines de milliers d'emplois, et faire en sorte qu'on va se micartiser des personnes, c'est-à-dire faire arriver des personnes qui aujourd'hui sont à SMIC, 1,1 SMIC, 1,2 SMIC, vont se retrouver dans une situation, vont se retrouver à ce niveau-là. Et donc, la seule logique, si on veut augmenter les salaires, donner plus de pouvoir aux gens, il y en a deux. La première, c'est faire en sorte qu'en travaillant plus, ils puissent gagner plus. C'est la proposition de Bruno Retailleau, c'est-à-dire qu'on permet d'avoir, en travaillant 30 minutes... supplémentaires par jour. Je peux essayer d'en placer une ? En travaillant 30 minutes de plus par jour, grâce à la proposition de Bruno Retailleau, on aura... 4 000 euros pour un salaire médian de plus par an. C'est un 13e, voire un 14e mois en travaillant une demi-heure de plus par jour parce qu'on supprime toutes les charges. Au-delà de la 36e heure de travail par semaine, le brut égale le net. Ça va directement dans la poche du salarié. Grâce à la réforme qui est présentée par Bruno Retailleau, ça c'est le pouvoir d'achat direct. Et après, il y a la question des dépenses contraintes. Les dépenses contraintes qui ont augmenté l'essence, on en a parlé. C'est pour ça qu'on a proposé de suspendre les certificats d'économie d'énergie sur l'essence. C'est 17 centimes d'économie. C'est ce qu'on propose également en suivant deux mois de factures. Mais ce n'est pas une taxe. Ce n'est pas voté au Parlement. Mais ce n'est pas une taxe. C'est un transfert d'argent. Ce n'est pas une taxe. C'est totalement indolore. Et ensuite, on a un sujet qui est le problème du logement. Mais aujourd'hui, quand les gens ne peuvent pas se loger, quand les gens se retrouvent dans une situation de pénurie, quand les loyers explosent parce qu'il y a peu de logements qui sont... Mais bien sûr, parce que ça ne marche pas. C'est un truc totalement soviétique qui ne met aucun logement sur le marché. Et on verra. Ça ne marche pas. Vous présentez des centaines de personnes qui vivent dans leur maison, dans les villes où les loyers sont encadrés, qui vivent dans leur voiture, pardon, et dans les villes où les loyers sont encadrés. Et donc, je peux vous dire que trouver le logement, ça passe par la suppression de la ZAN, de la SEDUF. Et on verra ce
que décide le gouvernement, Nicolas Daudet, qui dit qu'a priori, ce serait un petit coup de pouce qui sera annoncé, un tout petit coup de pouce de l'ordre de 20 euros, en plus de la revalorisation automatique sur l'inflation.
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