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Est-ce qu'il y a un lien entre ces destructions, les églises brûlées, Notre-Dame ? On parlera de tout ça. Première question, Antoine Courtois. Le Salon s'est tenu dans un contexte de tensions. Est-ce que ça s'est ressenti, ces tensions, lors du Salon du patrimoine
Non, pas vraiment. C'est un monde à part. Je dirais que le Salon du patrimoine, c'est une espèce de fête. C'est un monde un peu parallèle. Ce sont des gens qui travaillent. Ce sont des gens qui n'ont pas le temps de faire autre chose, de trop réfléchir. Ce sont des gens dont s'ils s'arrêtent, c'est une question de survie. Donc ils n'ont pas le choix. Puis eux, ils parlent de beau, ils parlent d'excellence, ils parlent d'histoire. Et donc c'est un monde totalement différent de ce qu'on peut voir dans la rue.
Excellence, histoire. Vous étiez entouré de professionnels qui oeuvrent à la restauration du patrimoine. Comment vous, Antoine Courtois, vous qui avez oeuvré pour la restauration de Notre-Dame de Paris, lorsque vous avez vu la mairie de Limoges, ce bâtiment particulier, partir en flamme, qu'est-ce que ça vous a ? Quelle a été votre réaction
réaction, elle est... Elle est comme tout le monde. C'est un énorme sentiment de honte et de gâchis. C'est le résultat de cette France. On voit cette France qui descend petit à petit. Et ça n'en est que l'illustration, finalement. Je vais ici vous débatter très souvent de tous ces sujets. L'industrie est détruite, la santé est en décrépitude, l'école est classée parmi les pires, et on peut tout citer, l'insécurité, tout est à l'avenant. Et aujourd'hui, on a affaire à... On se rend compte que le monde... en France est en train de descendre très très bas et c'est avec une grande tristesse que l'on voit ce qui se passe aujourd'hui. Je crois que c'est une question d'éducation avant tout. Et je pense à notre jeunesse, cette jeunesse qui est perdue, qui est déboussolée. Je pense qu'il y a sans doute quelque chose à faire, mais il faut faire très vite.
Je vais revenir sur la jeunesse, mais face au bâtiment historique, on le voit incendié, ça fait mal au cœur, dégradé. Le patrimoine, est-ce qu'il peut encore être, selon vous, un facteur de rassemblement
'est certain. Vous avez eu l'exemple de Notre-Dame. Notre-Dame a été un exemple d'union extraordinaire. Et ça a été une réussite. Je dirais que Notre-Dame, ça a été... La réussite de Notre-Dame, c'est dû premièrement au savoir-faire, qui est en France très fort. Ensuite, au service des monuments historiques, de nombreux pays peuvent nous envier. Mais surtout, la réussite de Notre-Dame, c'est trois choses. La première, c'est d'abord un grand merci aux donateurs. 'entends les grands donateurs, Bernard Arnault, François Pinault, la famille Dassault et les milliers de petits donateurs. Ça a créé une union incroyable parce que ce patrimoine est ancré chez les Français. La deuxième chose qui a fait la réussite de la restauration de Notre-Dame, c'est la libération du carcan administratif que l'on connaît partout en France par ailleurs. Et la troisième chose, c'est qu'on a eu un objectif clair de la part du président de la République. C'est-à-dire que ça a été exactement l'inverse du en même temps, qui est sa marque, pourtant sa marque de fabrique. C'est-à-dire que quand vous faites du en même temps, en fait, vous ne savez pas où vous allez, donc vous n'allez nulle part. Là, on a eu cinq ans et cet objectif, tout le monde s'est uni pour l'atteindre. Je dirais qu'il y a une autre chose, c'est qu'on travaillait tous à quelque chose qui nous dépassait. Et ça, c'est quelque chose également qui nous manque partout. On a envie de gens qui nous donnent l'exemple, qui nous donnent quelque chose à suivre, qui nous donnent envie de nous dépasser.
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