Chargement...
Chargement...
Alors ce qui vous a conduit à cela, si j'ai bien compris, c'est qu'un jour, l'un de ses professeurs était suffisamment en évanescence pour que vous, vous soyez captivé par le vol des mouches. Et là, vous vous êtes dit, il y a quelque
chose qui ne va pas. Voilà, exactement, le vol des mouches. Eh bien, figurez-vous que ce jour-là, j'étais en quatrième, j'avais 13 ans, et cette professeure me met une mauvaise note. Je n'étais pas en face avec sa pédagogie, et en plus... la double d'une retenue. Je reviens à la maison un peu désespéré et mes parents voient chez moi un potentiel braquage par rapport à l'école. Ils me disent, Maxime, au lieu de te braquer, peut-être va lui parler à ses professeurs. Essaye d'échanger et de voir un peu ce que tu pourrais améliorer. Vos parents ne vous ont pas proposé de tabasser l'enseignante. Je rigole un peu. Je voulais au départ, mais ils m'ont calmé. De bons parents, ça. Au contraire de tabasser, plutôt écrire. Magnifique. Mon père m'a offert un petit carnet bleu que j'avais durant 5 ans dans mon cartable et que j'ai amené chaque matin et dans lequel j'inscrivais petites anecdotes, parfois croustillantes, parfois un peu désolantes, sur l'école. Et puis ce carnet est devenu un livre.
Oui, mais là, vous devenez observateur, vous n'écoutez plus la professeure. Comment elle arrive à vous récupérer ? Dans votre ouvrage, il y a beaucoup de petites choses. On a l'impression de vous suivre sur les bancs de l'école. Vous dites qu'il y a les dissipés, les timides, et c'est aux professeurs de savoir les happer,
en quelque sorte. Oui, j'essaie de montrer dans ce livre que l'essentiel, non pas du combat du professeur, mais davantage... de la tâche du professeur, c'est l'attention. Exactement. Je donne 10 pistes et parmi lesquelles le match de tennis, c'est-à-dire un match haletant, un échange haletant entre professeur et classe pour captiver l'attention des élèves. Et ça, c'est la clé pour moi, c'est réussir à retenir des instants d'attention chez les élèves.
Alors, il y a deux éléments qui pourraient chagriner ceux qui veulent une école extrêmement, je dirais, disciplinée. Vous dites, mais... L'excès de discipline n'est pas le meilleur élément parce qu'à un moment donné, si on a quelqu'un qui a trop de férule, ça
sera encore pire. Je me souviens d'une anecdote avec une professeure d'espagnol en collège qui était surnommée El Mirador. C'est la personne qui était là et qui vérifiait que personne ne parlait. Et si un élève osait lever le petit doigt... tac, mise en garde ou retenue. Cette anecdote, je m'en souviens encore, parce qu'elle mettait en place un jeu du chat et de la souris. C'est-à-dire les élèves parlaient et la professeure se retournait pour essayer de retenir celui qui avait parlé. Et ça, malheureusement, c'est un système qui ne marche pas. Je montre dans le stratagème de la coquille Saint-Jacques que le professeur doit justement osciller entre autorités. c'est-à-dire fermeture et position dominante, et position davantage d'ouverture dans l'échange, dans la relation avec les élèves.
Mais néanmoins, dans votre livre, et vous l'avez un peu amorcé tout à l'heure, cette réponse, à savoir, le professeur attend trop souvent une façon de rédiger un devoir. Il y a presque un protocole. Il faudrait qu'il soit plus ouvert. C'est ça, en quelque
sorte ? Oui, tout à fait. Si on reprend l'exemple des mathématiques... qui était moi ma première frustration, et c'est pour ça d'ailleurs que je suis parti en lettres plus tard, et qui m'a amené à l'ECP. Ma première frustration en mathématiques, elle vient justement de ce manque d'éveil à l'intelligence, c'est-à-dire cette presque castration de l'élève, de l'intelligence, à des seuls problèmes. Mais plutôt, je pense qu'il faudrait davantage orienter sa biologie vers l'intuition. éveiller l'intuition
des élèves. Alors là, moi, je suis d'accord avec vous pour avoir enseigné les mathématiques. Et moi, j'adore ceux qui prennent les démonstrations buissonnières. Ils font 15 pages, on pourrait en faire 3, mais c'est d'une créativité totale. Il y a un petit point qui m'a étonné, parce que vous dites... Pour encourager les gaillards qui sombrent un peu dans la léthargie, il faudrait peut-être que les professeurs disposent d'une petite bourse pour leur donner une prime à la fin du mois. C'est quand même un peu fou, non ?
Alors, je recontextualise, c'était dans le cadre d'une récompense, c'est-à-dire je cherchais des systèmes de récompense pour récompenser à la fois les meilleurs élèves. normal et les élèves qui ont le plus progressé. Et pour cela je proposais, de manière un peu provocatrice, une bourse que l'école pourrait attribuer à chaque professeur afin de donner des récompenses adaptées aux élèves. Par exemple, un professeur qui est passionné de voitures pourrait offrir un poster de Porsche à ses élèves, aux élèves méritants.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.