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Sud Radio, l'invité politique. Benjamin Glaze.
Il est 8h30 sur Sud Radio. Bienvenue si vous nous rejoignez. C'est l'heure du grand entretien politique. Et aujourd'hui, Benjamin, vous recevez Manon Aubry, députée européenne, la France Insoumise. Bonjour
Manon Aubry. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Commençons dans le vif du sujet avec cette rentrée des classes. Aujourd'hui, après deux semaines de vacances, compte tenu des mesures décidées par le gouvernement, Emmanuel Macron dit espérer un retour en classe des lycéens et des étudiants. Et vous, Manon Aubry, est-ce que vous appelez les élèves à retourner ? tranquillement en classe, vous appelez à de nouveaux blocages ?
crois que les lycéens sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire et décider par eux-mêmes de la suite du mouvement. Le fait est, et surtout quand on écoute les organisations lycéennes, que le compte n'y est pas. Je veux saluer d'abord la mobilisation des lycéens et des lycéennes, parce que je crois que depuis les Gilets jaunes, c'est les premiers à avoir fait vaciller un peu le pouvoir et les avoir fait un peu bouger. Maintenant, ces bougies sont à la marge. Ils demandaient l'abrogation de Parcoursup. Ils ont une vague adaptation dont on ne connaît pas vraiment les modalités. Pour 2028,
c'est une promesse du gouvernement. 2028,
c'est facile de faire des promesses qui n'engagent pas grand monde quand vous n'êtes plus au pouvoir. Et ce qu'ils demandaient, c'est l'abrogation pour la rentrée suivante. Ils demandaient la création de 250 000 places à l'université. Ils en ont 15 000, dont aucune à l'université. C'est essentiellement en BTS. Ils demandaient de l'argent sonnant et trébuchant pour rénover le bâti scolaire. Ils n'ont guère que des prêts. 4 milliards
d'euros de prêts à taux bonifiés pour rénover le bâti scolaire, est-ce que ce n'est pas déjà un signe ? Quand vous avez la moitié
des établissements scolaires qui nécessitent d'être rénovés, et que ces établissements scolaires sont aujourd'hui dans un tel état qu'on ne peut pas attendre le déblocage de prêts dont les régions ne sont pas sûres qu'elles auront la capacité de remboursement, ce qu'elles ont besoin, les régions, et ce qu'ont besoin les lycées, c'est de l'argent. frais, qui permettent de faire en sorte qu'il ne vous pleuve pas sur la tête, que vous ne creviez pas de froid l'hiver et que vous ne creviez de chaud l'été, que vous n'y ayez pas. Moi, je suis allée voir un lycée à Aubervilliers et le lycée Bertolo. Donc pour vous, il n'y a pas de juste coboutisme de la
part des syndicats lycéens ?
Non, je veux le dire d'autant plus que c'est rarement une partie de plaisir, en fait, de se lever aux aurores, d'aller bloquer son lycée. Les lycéens, bien sûr qu'ils aimeraient étudier dans de bonnes conditions et retourner, préparer. leurs examens de fin d'année et s'ils le font c'est parce qu'aujourd'hui la situation sociale est telle quand on a les classes les plus chargées d'Europe Les classes les plus chargées d'Europe, j'insiste là-dessus, et le gouvernement a beau proposer 28 élèves par classe maximum en seconde, s'il ne promet rien pour la première et la terminale à effectif constant, en réalité c'est juste les premières et terminales qui vont se retrouver encore plus nombreux en classe. Il y a eu
des blocages, ça y est, signalé notamment, Christine Bouillon nous disait du côté de Toulouse, notre reporter, est-ce qu'il y a des élus de la France Insoumise qui sont aux côtés des bloqueurs déjà ce matin devant les lycées ?
Oui, il y a certains de mes collègues qui sont déjà présents sur les lycées. Notre rôle n'est absolument pas de mener le mouvement d'une manière ou d'une autre, mais d'être là pour écouter les lycéens et les lycéennes. D'ailleurs, je trouve ça dommage qu'on soit les seuls élus présents. Moi, j'invite tous les élus à aller à la rencontre des lycéens et des lycéennes, même s'ils ne sont pas d'accord avec eux.
Même sur un blocage, c'est illégal quand même de bloquer un établissement scolaire, Manon. Oui, vous le savez.
Mais vous savez qu'aujourd'hui, quand vous êtes un lycéen ou une lycéenne et que vous n'avez aucun moyen de vous faire entendre, alors oui, bloquer un lycée, ça s'est fait dans l'histoire des mouvements sociaux et ça permet de se faire entendre, de faire entendre ces revendications. Je vous le redis, le meilleur moyen d'arrêter ces blocages, c'est que le gouvernement, le président de la République, entendent enfin la parole des lycéens et des lycéennes, entendent leur colère, entendent leur détresse aussi, parce que c'est une jeunesse qu'on est en train de sacrifier.
Ceux qu'on n'entend pas, ce sont les étudiants et les lycéens qui veulent retourner en cours. Qu'est-ce que vous leur dites à eux, à ceux qui ne sont pas favorables au blocage et veulent tout simplement continuer à apprendre ?
Je pense qu'il y a une grande partie des lycéens et des lycéennes qui sont solidaires des revendications, parce qu'ils le vivent au quotidien, parce que quand vous avez des portes qui ne ferment pas des toilettes, ou un toilette pour des centaines d'élèves, que vous n'avez pas de papier toilette, c'est ça les conditions d'études concrètes des élèves dont on parle aujourd'hui, des professeurs qui sont absents depuis la rentrée. Mais est-ce que pour ça, il faut empêcher
des étudiants, des lycéens d'aller étudier ?
Mais quelle est l'alternative aujourd'hui ? On vit quand même dans une démocratie où quand on manifeste pacifiquement, on n'est jamais entendu par ce pouvoir en place. Je vais même plus loin. Quand on vote aux élections, comme on l'a fait aux élections législatives de 2024 après la dissolution, le président de la République n'en a rien à faire et forme la majorité qu'il veut sans tenir compte des équilibres politiques. Quand vous faites des pétitions à l'Assemblée nationale, comme contre l'acétamipride, un pesticide dangereux où il y a des centaines de milliers de signataires... Les lycéens ont reçu des engagements
de la part du gouvernement, alors ça qui n'est encore en place au mieux que pour six mois, mais il y a eu
des annonces. Il a fallu quand même un mois au président de la République pour recevoir les organisations lycéennes. et au bout d'un mois, pardon, mais il annonce quelques mesurettes. Et les syndicats ne sont pas dupes. Quand ils sont sortis du rendez-vous à l'Elysée, ils ont dit très clairement, c'est de l'arnaque. Et nous, on n'est pas là pour faire de la figuration. On est là, on a 10 mesures.
Est-ce qu'on n'est pas en train de provoquer une sorte de rupture d'égalité face au bac avec certains lycéens, certains étudiants qui sont empêchés d'aller étudier ? Je reviens à cela. On a des bacs blancs qui vont être organisés dans beaucoup d'établissements en décembre. On a aussi le contrôle continu. Est-ce qu'on va faire du bac finalement en fin d'année ? Il va falloir l'adapter, le brader
? C'est intéressant que vous parliez de rupture d'égalité, est-ce que c'est précisément contre cette rupture d'égalité que se mobilisent les lycéens et les lycéennes ? S'ils se mobilisent, c'est parce que dans le cadre de Parcoursup, il y a une inégalité entre les établissements et qu'ils demandent notamment l'anonymisation des établissements, parce qu'ils savent très bien qu'en fonction des établissements, si vous venez d'un REP+, en Seine-Saint-Denis, vous n'avez pas les mêmes chances qu'un lycée du centre Paris. S'ils se mobilisent, c'est parce que les professeurs sont moins bien remplacés dans le 93 et dans certains... département que dans d'autres. Donc c'est précisément pour rétablir cette égalité qu'ils se mobilisent. Donc je trouve que le terme que vous utilisez est le bon, c'est contre cette rupture de l'égalité et j'espère que d'ici la fin... On en fera quoi du bac avec
toutes ces journées de cours qui n'auront pas eu lieu ? On
est au mois de novembre, j'espère que le mouvement n'aura pas à durer. et que les revendications seront satisfaites le plus rapidement possible. Vous savez, moi je suis d'une génération où j'ai eu mes premiers engagements, c'était contre le contrat première embauche, en 2006, ça ne nous rajeunit pas, et à l'époque on avait bloqué nos lycées pendant plus de trois mois, on avait obtenu gain de cause, le CPE avait été retiré par Dominique de Villepin, comme quoi à l'époque la droite était capable d'entendre les revendications lycéennes, et pour autant le bac s'était déroulé dans de très bonnes conditions, et les revendications lycéennes avaient été satisfaites, donc c'est possible.
sociale en recul samedi dernier, c'est un essoufflement de la mobilisation ou pas selon vous ?
Non, pas du tout, parce que si vous prenez les chiffres agrégés à l'échelon national, en réalité il y a un certain nombre de villes où la mobilisation était tout bonnement interdite. A Marseille, à Lyon, à Saint-Etienne, il était interdit de manifester dans toute la ville. Est-ce que les syndicats vous ont fait
faux bon ? La CGT n'a pas déposé de demande à Marseille ? Non, ils ont déposé, ça a été interdit,
et c'est là où on arrive... dans une situation assez inédite dans notre pays où la liberté de manifester, le droit de manifester qui est protégé dans notre constitution, est en train d'être attaquée par le pouvoir en place. Et c'est pour ça que la mobilisation de samedi dernier, elle était évidemment pour des moyens d'en éducation, contre la vie chère, mais elle avait une teneur singulière de défense de nos libertés fondamentales. Parce qu'aujourd'hui, on vit dans un pays où, à travers la multiplication des couvre-feu, les interdictions de manifestations, l'instrumentalisation... des services de renseignement contre une force d'opposition qu'est la France Insoumise, comme l'ont révélé vos confrères de Mediapart. Le glissement, la pente autoritaire qu'on est en train de prendre est extrêmement dangereuse. Et je veux bien qu'on la mesure. Emmanuel Macron
nous a amené à être dans un régime autoritaire, selon vous Manon Brie, aujourd'hui ?
En tout cas, on est en train de prendre une pente autoritaire. La Ligue des droits de l'homme, Amnesty International, alerte. Ils saisissent la Commission nationale des droits de l'homme, ils saisissent le défenseur des droits, ils saisissent même l'Organisation des Nations Unies et invitent à une mission d'observation de notre pays. Et oui, je crois qu'un certain nombre de dix sont en train d'être tombés.
Emmanuel Macron dit que le débat électoral et les urnes doivent prendre le pas sur la démocratie sociale et la rue. Ça vous inspire quoi ? Qu'est-ce que vous répondez au président de la République ? Les
leçons de démocratie d'un président de la République, Emmanuel Macron, qui n'a eu que faire de la démocratie sociale ces dernières années, qui a organisé des élections législatives pour ne pas tenir compte du résultat, franchement c'est un peu fort de café. Pour le reste... Les élections présidentielles, ça ne m'a pas échappé, ont lieu dans six mois. Évidemment, nous faisons campagne avec Jean-Luc Mélenchon et si nous arrivons au pouvoir, nous débloquerons les 10 milliards d'euros qui sont demandés par les lycéens dans notre pays. Nous procéderons au blocage des prix des produits de première nécessité et notamment au prix de l'essence. Mais pardon, je pense que
les gens
aujourd'hui ne peuvent pas attendre six mois. Ils ne peuvent pas attendre six mois. Donc vous demandez des élections présidentielles
anticipées. Vous demandez aujourd'hui concrètement, pour bien savoir, la démission d'Emmanuel Macron. Je pense que,
en tout cas, le président de la République doit soit céder, soit partir. C'est ce qu'a dit Jean-Luc
Mélenchon. Ça veut dire quoi concrètement ?
Soit il cède aux revendications sociales et il donne un peu d'air frais aux gens qui, aujourd'hui, doivent... Choisir entre faire le plein d'essence, le petit plaisir du week-end pour leurs enfants, ou tout simplement remplir leur frigo. Peu importe ce qu'annonce Emmanuel
Macron, vous ne serez pas satisfait. Non, si
demain Emmanuel Macron annonce le blocage des prix de l'essence à 1,70€, si demain Emmanuel Macron annonce débloquer 10 milliards d'euros pour l'éducation, on sera les premiers à s'en féliciter. La réalité, c'est qu'on est extrêmement loin de ça. La réalité, c'est que quand même il y a eu 3 millions de gens dans la rue contre la réforme des retraites, l'ensemble des syndicats, une grande majorité de la population française, Emmanuel Macron a fait passer sa réforme des retraites par 49,3. Il s'apprête à faire passer son budget par 49,3. On voit très bien qu'Emmanuel Macron est dans son bunker, isolé, à l'Elysée, et il gouverne aujourd'hui contre le peuple. Et franchement, 10 ans de macronisme, c'était extrêmement long. On n'en voit plus le bout. Donc, soit il fait un geste pour le peuple, soit en effet, il vaut mieux qu'il parte.
Jeudi, mobilisation et appel à la grève générale de la part de l'intersyndicale. Vous serez mobilisés, vous serez dans la rue Manon Aubry.
Bien sûr, nous serons dans la rue à leur côté et j'appelle tous les salariés du pays à suivre le mouvement appelé par les syndicats.
Avec l'aide de l'exécutif qui annonce qu'il va faire en sorte que la manifestation se passe dans le bon ordre. On a vu encore des images assez choquantes samedi dernier, notamment vous l'avez vu, de ce gendarme qui a été incendié, qui a reçu... un engin incendiaire sur lui, qui a été blessé. Ce sont des images, j'imagine, qui vous ont choquées, vous aussi ?
Bien sûr, ce sont des images qui sont choquantes. Vous savez, nous, on a toujours détesté la violence, quelques formes qu'elles prennent, par objectif politique, mais aussi par nécessité, et on croit plutôt à la massification des mobilisations sociales. Comme je suis aussi choquée par la violence qui s'est exercée de la part des forces de l'ordre. Contre les manifestants ces dernières semaines, on ne compte plus les personnes éborgnées, les mains arrachées, et l'utilisation de ces armes de guerre, parce que les LBD, les grenades de désencerclement, sont des armes de guerre, et il n'y a qu'en France qu'on voit le terrible bilan humain que portent aujourd'hui les manifestants. Avec des enquêtes de l'IGPN qui ont
été ouvertes, on verra ce que ça donnera. C'est intéressant,
parce que ces enquêtes de l'IGPN, il y a vos confrères de l'œil du 20h qui ont révélé que plus de la moitié de ces enquêtes ont été confiées. à des cellules locales dont les directions sont souvent les mêmes que les policiers qui sont mis en cause. Dans les mêmes bâtiments, les mêmes commissariats, il y a effectivement toute une question à ce sujet. Et en l'occurrence, quand il y a eu des enquêtes qui ont été ouvertes de l'EGPN au moment des Gilets jaunes, il y en a eu 456 qui ont été ouvertes, seulement 6 d'entre elles ont abouti. Donc oui, il y a un enjeu aujourd'hui. sur la démesure des forces de l'ordre et la nécessité de protéger le droit de manifester en France. Manon
Bré, je rappelle, eurodéputée de la France Insoumise, question courte, réponse courte, puisque le temps file, mettre en place des tracés, des parcours de manifestation en dehors des centres-villes pour jeudi prochain, le 5 novembre, vous y êtes favorable ?
Absolument pas, ça fait partie des restrictions au droit de manifester. C
'est ce que demandent les commerçants ? Pour la
manifestation, c'est pas vrai, parce que la manifestation de samedi dernier, je prends l'exemple à Paris, elle devait se tenir entre Bastille et Nation. Ça a été invalidé par le tribunal administratif qui a fait tomber l'arrêté d'interdiction. Donc jusqu'à vendredi soir, on devait manifester entre Bastille et Nation. Et puis le gouvernement a fait appel... Parce qu
'il ne faut pas décider justement, là d'ores et déjà, pour éviter justement ces allers-retours, de se dire, ben voilà, on fait un tracé en dehors du centre-ville. C'est le gouvernement qui a joué
avec le feu. Donc pour vous, c'est non. Plutôt que de nous laisser préparer la manifestation entre Bastille et Nation, ils ont préféré faire appel devant le Conseil d'État le vendredi à minuit. Donc pour vous,
le 5 novembre, ça ne sera pas en dehors du périphérique parisien ? C'est eux qui
organisent le chaos, la désorganisation. Donc moi, ce que je demande au gouvernement, c'est de nous laisser manifester comme on l'a. toujours fait, de valider les parcours qui ont été, mais bien sûr à Paris et ailleurs d'ailleurs, parce que je rappelle qu'il y a des villes où ça a été tout bonnement interdit.
Parlons un petit peu de la présidentielle. On a du coup samedi prochain le grand meeting de Jean-Luc Mélenchon qui sera au Bourget avec plusieurs questions qui se posent. Il se dit qu'il pourrait y avoir certains ralliements politiques. On parle notamment d'un soutien potentiel du parti de Benoît Hamon. Génération, ce sera le cas ou pas ? les
annonces seront faites en temps et en heure. Mais ce que je peux vous dire, c'est que oui, nous sommes dans une dynamique d'élargissement. Et qu'aujourd'hui, la campagne de la France insoumise regroupe autour d'elle des sympathisants, mais aussi beaucoup plus largement des hommes et des femmes de gauche qui se disent que la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la seule qui peut nous permettre de l'emporter en avril 2027 prochain, de faire face à Marine Le Pen. Donc oui, il y aura des gens qui vont nous rejoindre dans cette campagne. On aura l'occasion de l'annoncer en temps et en heure. Soyez patients, soyez patients, soyez patients. Mais on aura plein de bonnes nouvelles à vous annoncer. D'ailleurs, la question se pose pour différents élus de gauche, pas uniquement ceux qui sont aujourd'hui à Génération, avec lesquels nous sommes en discussion. Et moi, ce que je souhaite, c'est une dynamique la plus large possible.
candidate écologiste à la présidentielle. Est-ce que vous l'appelez à se ranger une nouvelle fois derrière Jean-Luc Mélenchon ?
je souhaite, et c'est un secret pour personne, que les écologistes puissent nous rejoindre, parce qu'aujourd'hui, il y a... à la fois une dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, mais dans les faits, les votes sont essentiellement convergents à l'Assemblée nationale et d'ailleurs aussi au Parlement européen entre les écologistes et les insoumis. Maintenant, ils ont choisi leur propre calendrier. Je suis respectueuse du calendrier des uns et des autres. On ne va pas s'arrêter de faire campagne en attendant. Je dis juste qu'à tous les écologistes du pays... Il y a une candidature aujourd'hui qui permet... Elle a posé des conditions, un accord
de gouvernement, un accord pour les législatives, notamment, c'est ce qu'a dit Marine Tondelier. Vous êtes prêts à accepter cela, à céder sur ces conditions ? Mais vous savez,
nous, dès le début, dès le printemps dernier, on avait appelé à une nouvelle alliance populaire. On s'est adressé à toutes les formations du nouveau Front populaire qui ont tenu leurs engagements, qui ont été fidèles à ce programme. On leur avait dit très clairement, retrouvons-nous sur le fond. Et sur la stratégie de campagne, parce que nous, on ne met jamais de côté le fond. On présente notre programme, il sort vendredi prochain en librairie. L'avenir en commun renouvelé, tout le monde pourra le trouver. Vous pourrez aussi, évidemment, le trouver en ligne. Il y aura un grand meeting, vous l'avez dit, au Bourget samedi. C'est gratuit, j'invite tout le monde à venir, parce qu'il y a plus de mille propositions qui seront faites du contenu politique pour faire face aux défis d'aujourd'hui, aux défis écologiques, aux défis sociaux, aux défis démocratiques. Marie-Thondelier aurait sa place
dans un gouvernement en cas de victoire en 2017 ? leur place dans tous les cas.
Maintenant, la question qui leur est posée, c'est est-ce que vous avez envie de faire une candidature ? Deux témoignages qui pourraient nous faire manquer quelques voix pour aller au second tour ou l'emporter ? Ou est-ce que vous avez envie de soutenir la seule candidature écologiste qui peut aller au second tour ?
Merci Manon Brie. On reste ensemble, eurodéputés de la France Insoumise, avec votre carte blanche à suivre. On va parler d'un texte qui est passé à l'Assemblée Nationale la semaine dernière. Une victoire pour vous, vous allez nous le dire. Et puis on va revenir aussi sur ce coup de gueule, cette colère de Jean-Luc Mélenchon contre TF1 après l'interview hier. dont le venteur d'Edouard Philippe. A tout de suite.
Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Benjamin Glaze.
Et nous sommes toujours ce matin avec Manon Aubry, eurodéputée La France Insoumise. Manon Aubry, place à votre carte blanche. Vous avez décidé de l'utiliser pour parler d'un texte voté jeudi dernier à l'Assemblée au sujet des AESH. Ce sont les accompagnants d'élèves en situation de handicap. C'est à vous Manon Aubry.
Oui, je voulais vous en parler parce que dans l'actualité politique dense du moment, finalement ça n'a pas fait la une des médias. Pourtant ce texte, il est essentiel. et il a été adopté à l'Assemblée nationale jeudi dernier à l'initiative de la France Insoumise, il prévoit de titulariser tous les accompagnants d'élèves en situation de handicap. On a en France, dans notre pays, plus de 50 000 enfants en situation de handicap. qui aujourd'hui n'ont pas d'accompagnants parce que c'est un métier dont il est très difficile de recruter. Je dis elles parce que ce sont la grande majorité des femmes, 90% des femmes. Elles sont payées en moyenne 800 à 900 euros par mois. Ce sont souvent des temps partiels subis. Et le résultat, c'est qu'aujourd'hui, nos élèves en situation de handicap se retrouvent déscolarisés ou alors c'est les parents qui se retrouvent à arrêter de travailler pour les accompagner. Je crois que cette victoire est une belle victoire et la démonstration de l'utilité. C'est la France Insoumise. Un jour, on a obtenu aussi d'autres victoires, notamment l'accompagnement psychologique. On a les moyens aujourd'hui, concrètement, en
France, de revaloriser comme ça des messages. Oui,
créer un corps de fonctionnaires, c'est faisable, ça ne coûte pas beaucoup d'argent. Mais en revanche, c'est permettre une garantie d'égalité. On parlait un peu plus tôt dans l'interview d'égalité et de mise en pratique de l'égalité devant la loi pour que tous les élèves du pays, quelle que soit leur situation, puissent aller à l'école. Et je trouve que c'est un signe de ce que la France Insoumise. peut faire si demain elle arrive au pouvoir. Parce que le même jour, on a eu une autre victoire sur l'accompagnement, la prise en charge psychologique pour toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles. Et je trouve que c'est un bon signe pour l'avenir avant qu'on arrive au pouvoir.
Vous avez entendu le gong, on passe à la
question auditeur. Bonjour Madame Aubry, Dominique de Roussillon. Donc ma question est... Le débat public national est de plus en plus polarisé en ce moment. Les désaccords deviennent des affrontements, de la violence verbale, des anathèmes inutiles. Pensez-vous sincèrement aujourd'hui, pour le bien de notre sublime pays et de son peuple, qu'il soit à nouveau possible de dialoguer sereinement avec un adversaire politique ? Merci de votre réponse, Mme Aubry.
Bien
sûr que le dialogue, c'est l'essence même de la démocratie. Je crois pour ma part participer à de nombreux débats politiques avec des adversaires politiques, des gens que je combats de toutes mes forces. Je pense notamment à l'extrême droite, au Rassemblement National, qui n'est pas plus tard que jeudi dernier, a tout fait pour empêcher un vote sur l'augmentation du SMIC à 1 700 euros net. parce qu'ils s'y opposent de toutes leurs forces. Et nous, on veut démontrer à quel point ils sont une arnaque sociale, mais on peut le faire dans un cadre apaisé, dans un dialogue politique, argument contre argument. Et si une démocratie n'est plus capable d'organiser ce débat politique, alors oui, il y a de quoi s'inquiéter.
Est-ce que c'est dialoguer que d'insulter, d'invectiver un journaliste de BFM comme Jean-Luc Mélenchon l'a fait ? Et vous, BFM, ça suffit avec les remarques racistes. C'est ça un dialogue apaisé aujourd'hui ?
En l'occurrence, ce dont il parlait, c'était le climat, l'ambiance, du racisme systémique qui est véhiculé par un certain nombre de médias et qui a conduit au drame que l'on connaît, c'est-à-dire à un attentat. racistes et négrophobes attrapent... Quels sont les médias
responsables selon vous de cet attentat ?
Par exemple, quand BFM TV, le soir du 17 octobre, invite à une heure de grande écoute Eric Zemmour, qui est un multicondamné pour incitation à la haine raciale. Le même Eric Zemmour qui parle des violences du 17 octobre comme issue du grand emplacement, une, je cite, horde arabo-musulmane. Oui, c'est dangereux. Et oui, je pense que BFM TV a une responsabilité. Ce n'est pas les seuls à l'avoir invité. C'est-à-dire que quelqu'un qui a été condamné,
qui a purgé sa peine, pour le coup, doit ne pas être invité quand même
? Quelqu'un qui est condamné pour incitation à la haine raciale, je pense que... Donc Eric Bémond, selon
vous, ne doit plus être invité dans les médias ?
Je pense que les médias doivent penser à deux fois, et en tout cas à chaque fois qu'ils tiennent... Un discours qui participe à cette haine raciale. Là, par exemple, de parler de hordes arabo-musulmanes sans preuve, le journaliste a une responsabilité de rétablir les faits. En pratique, ni sur BFM, ni sur LCI quand il a été invité. Il n'a été contredit, d'ailleurs pas plus tard que hier aussi, quand Edouard Philippe tient ce même type de propos sur TF1, il ne l'est pas repris, donc il y a quand même un sujet.
Un mot sur cette pétition qui a été déposée sur le site de l'Assemblée nationale qui appelle à supprimer CNews de l'audiovisuel français. On a plus de 460 000 signatures à l'heure actuelle, vous l'avez signée ou pas ?
Moi je n'ai pas encore eu l'occasion de la signer, mais je la partage dans les grandes lignes, parce qu'aujourd'hui on a une chaîne qui a été... rappelé à l'ordre à de nombreuses reprises par l'ARCOM, qui est une forme de gendarme et de contrôle des médias, qui contrôle aussi Sud Radio et tous les médias de France, et à de très nombreuses reprises. CNews a été rappelé à l'ordre pour un mauvais contrôle de leur plateau télé, un certain nombre de fake news qui ont été diffusées. Vous continuez d'ailleurs,
je crois,
à être sur CNews, ou même à Manon Bré, je ne sais pas si vous allez
continuer à y aller. Nous continuons
parce que la bataille doit se mener partout, y compris là où nous sommes en désaccord. C'est
paradoxal, c'est-à-dire qu'ils sont menés le combat partout, mais en même temps supprimés CNews ? Pour
être honnête, si on n'allait que dans les médias avec lesquels on s'est... On était d'accord, on n'irait pas sur beaucoup de médias. Mais ça ne nous empêche pas de critiquer fondamentalement la manière dont l'antenne est tenue à ces news. qui, à de très nombreuses reprises, a repris un certain nombre de fake news. Je pense notamment qu'il s'en est pris à l'avortement, par exemple, pour ne prendre que cet exemple. Donc, oui, il y a un certain nombre de règles qui doivent être respectées dans notre pays.
Je vous laisse juge de vos propos, parce que pour le coup, je n'ai pas... Ils ont été repris à
l'ordre par l'ARCOM. Manon,
on en parle sur les réseaux sociaux. Vous parliez justement d'Edouard Philippe, il y a quelques instants. Félix Mathieu nous a rejoint, puisque Félix, Jean-Luc Mélenchon, a décidé d'annuler une prochaine interview prévue sur TF, c'est ça ?
Oui, il a vivement réagi. L'interview d'Edouard Philippe hier soir aux 20h de TF1, je vous cite le message du candidat de la France Insoumise sur les réseaux sociaux. Anne-Claire Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d'Edouard Philippe, lequel déroule son discours dégoûtant sans être interrompu. Lundi, écrit Jean-Luc Mélenchon, je n'irai pas aux 20h de cette chaîne. Lundi, c'est-à-dire aujourd'hui. Ce qui a déplu à Jean-Luc Mélenchon, ce sont notamment ses propos du candidat Horizon en réponse à la présentatrice de TF1, Anne-Claire Coudray.
Vous avez dit, suite à cette journée, la surreprésentation des jeunes issus de l'immigration parmi les émeutiers. Quelle conclusion en avez-vous tiré de ce constat ?
J'ai constaté que le modèle français d'intégration républicaine a produit des réussites exceptionnelles. Mais qu'il me paraît évidemment constatable que ce modèle d'intégration, il connaît des ratés, des imperfections, dans les images que nous avons vues, des pillages. Il y avait de fait un certain nombre important de jeunes français, sans doute, que je considère comme des français, issus de l'immigration. Ce qui traduit un sujet qu'on doit regarder les yeux dans les yeux.
Et l'ancien Premier ministre a ensuite évoqué une urgence, je le cite, de refaire nation, de citer par exemple l'idée d'un service national obligatoire.
Ça s'inscrit dans la droite lignée d'Éric Zemmour que j'évoquais un peu plus tôt. qui reprend cette idée que ceux qui ont participé aux violences du 17 octobre sont des gens essentiellement issus de l'immigration. Ça n'a pas été prouvé par les faits. D'ailleurs, quand nous sommes allés à Matignon, à la rencontre du Premier ministre, à la demande du Premier ministre, et quand ils ont analysé le profil sociologique des personnes qui étaient impliquées, ils ont dit que globalement, c'était des gens qui n'étaient pas politisés.
Est-ce que la fille fait le tri des médias ? C'est ça la question aussi qui se pose. Non, mais on
est en droit. Vous savez, la liberté de la presse et journaliste, c'est un beau métier, c'est une valeur fondamentale, et ça nous confère aussi un droit. C'est de critique. Bien sûr, et de la même manière où
vous
me posiez la question un peu plus tôt, on est invité sur toutes les chaînes sur lesquelles on est invité, ce qui ne nous empêche pas d'avoir un regard critique sur la manière dont les médias traitent aujourd'hui l'information. Et il y a quand même un sujet dans notre pays, quand on sait que 90% des médias sont détenus par 9 milliardaires, il y a un sujet sur la concentration des médias, sur la liberté de la presse. Et c'est quelque part pour défendre votre métier de journaliste et la liberté de la presse que l'on se bat. Donc, quelque part, vous devriez nous dire merci.
attaquant Anne-Claire Coudray, en l'occurrence. Elle n'est pas indépendante, Anne-Claire Coudray, les présentatrices du 20h de TF1 ? C'est ce que sous-entend Jean-Luc Mélenchon.
En l'occurrence, là, ce qu'il dit très clairement, c'est que la manière dont il aborde ce sujet en ne rétablissement pas la vérité et donc en participant à propager... une haine contre les personnes issues d'immigration, qui divisent notre société. C'est-à-dire qu'Anne Claire Coudrette,
hier, fait le jeu du racisme ?
En l'occurrence, sans rétablir les faits et la réalité sur le sujet, la réponse est oui. Et je le regrette. Et je pense, de nouveau, que la responsabilité des journalistes, à chaque fois que ce type... Ça veut dire qu'Anne
Claire Coudrette devrait s'excuser, selon vous ?
Je pense qu'en tout cas, elle devrait réfléchir à deux fois, quand elle reprend à son compte des faits qui ne sont pas avérés. Moi, si je dis des choses qui sont fausses à votre antenne... j'espère que vous allez me reprendre. J'espère. Et donc j'espère qu'elle en fait de même. Voilà. Après, Jean-Luc Mélenchon a eu l'occasion de s'exprimer sur le sujet. En tout cas, vous confirmez que
Jean-Luc Mélenchon ne sera pas aujourd'hui sur TF1 ?
À ma connaissance, j'ai pas encore eu l'occasion d'échanger avec lui depuis, mais à ma connaissance, il n'ira pas.
Merci beaucoup Manon Aubry, eurodéputée La France Insoumise. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio. Bonne journée.
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