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13h, 14h, Europe 1 Info. 13h20 sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias et c'est chroniqueur du jour avec vous. Aujourd'hui le journaliste Yvan Youfol et le chroniqueur politique et communicant Jean-Michel Salvatore Clélie. Bonjour et bienvenue à tous les deux. Bonjour Clélie.
41 lycées étaient bloquées ce matin, c'est à peu près 1% des quelques 3700 établissements que compte la France. Écoutez la position de Jérôme Gedge, le député socialiste de l'Essonne, sur ses blocus. Il était ce matin l'invité de Laurence Ferrari sur Europe 1.
Un blocus est illégal. Il fait partie, pardon de le dire, du folklore. Voyez, je suis un député de la République, j'ai fait des blocus dans mes jeunes années. Parce que c'est un élément... Donc il faut que jeunesse se passe ? Non, je ne dis pas qu'il faut que jeunesse se passe. Mais il faut que... Par contre, un blocus symbolique, on ne met pas le feu aux poubelles. On ne tabasse pas des enseignants, etc. Et ceux qui veulent pouvoir aller bosser, ils doivent pouvoir aller bosser. Le blocus, il a cette dimension de mobilisation. Et cette mobilisation, elle est fructueuse.
'est le blocus light, la version socialiste du blocus. Michel Salvator, c'est ça que vous comprenez ?
Oui, on sent quand même qu'il a un sacré passé de bloqueur quand même, Jérôme Guège. Je pense qu'à l'époque de la loi de Vaquet ou du CPE, il a dû... Il a dû être à l'œuvre. Non, mais ce qu'on voit là, c'est que le mouvement est en train de se terminer. C'est quand même ça qui est le plus important. C'est important pour tous ceux qui veulent travailler, qui vont pouvoir reprendre les cours normalement. Je crois que c'est aussi important pour le gouvernement, parce que je pense que le gouvernement avait vraiment très peur de la jonction entre le mouvement lycéen et l'appel à la grève générale de la CGT, qui est prévue pour jeudi. Pour jeudi, mais il y aura
certainement des lycéens, ou des jeunes en tout cas dans le cortège. Oui, mais on voit
que la dynamique, on verra demain. Parce qu'en fait, il y a des appels encore à bloquer demain. Mais on verra si la dynamique est en train de s'étioler. Auquel cas, ça sera un problème de moins pour le gouvernement, mais il en reste beaucoup. Si en revanche on est plus dans une phase de répit avant une reprise, bon évidemment ça sera très embêtant. Mais on voit bien que le gouvernement essayait d'utiliser les vacances de la Toussaint pour essayer de régler le problème des lycéens. Ils ont lâché énormément quand même, il faut dire les choses comme elles sont. Ils ont lâché ne serait-ce que l'idée même. de la sélection, puisqu'on va revoir Parcoursup, mais avec cette idée quand même qu'il ne faut surtout pas sélectionner les étudiants. En tout cas, il faut tout adoucir. Il y a eu aussi des concessions sur 15 000 places en fac supplémentaires, alors qu'on ne voit pas forcément l'utilité que ça pourrait avoir, etc. Donc ils ont beaucoup cédé, des engagements aussi pour 4 milliards de prêts pour rénover les lycées. Et donc, ils ont fait ça pendant les vacances à Toussaint, avec l'espoir qu'il n'y ait pas de jonction importante entre les lycéens, encore une fois, et les salariés.
Et Sébastien Lecornu a promis de revoir les étudiants et les lycéens, là, d'ici la semaine prochaine, justement. Il l'avait dit, il avait dit qu'il les recevrait de nouveau pour faire le point, justement, sur ces engagements que vous nous avez cités. Yvan Riaufol.
La colère lycéenne ne manquait pas malgré tout de motifs d'insatisfaction, si je puis dire, parce que les lycéens payent 50 ans de politique erratique de l'éducation nationale, et singulièrement ces dix dernières années où se sont succédées au ministère. huit ministres, avec des politiques qui étaient aussi différentes qu'on a pu le voir entre M. Blanquer et, son nom m'échappe à l'instant, M. Papandiaï, pardon. On les a tous oubliés. Donc on les a déjà oubliés. Donc il ne manquait pas, effectivement c'est un mouvement qui aurait pu porter une colère malgré tout légitime, mais c'est une colère qui s'est très vite délégitimée, dans la mesure où dès les premiers instants... Quand le mouvement est parti d'un lycée de Créteil, on s'est aperçu que ce mouvement avait été cornaqué, avait été récupéré à la fois par la France insoumise, par l'extrême gauche, et à la fois par ce que j'appelle le palestinisme par commodité, pour ne pas dire l'islamisme, c'est-à-dire également tout ce mouvement qui voulait s'identifier à la cause palestinienne, à la défense du Gaza, à la critique d'Israël. Donc on a bien vu que ça n'avait plus rien à voir naturellement avec les motifs très réels qui étaient portés au départ, c'est-à-dire manque de profs locaux insalubres. On pouvait entendre ceci, mais depuis ça s'est d'abord caricaturé dans cette récupération, et puis caricaturé surtout dans cette petite terreur urbaine portée par ceux que l'on appelait gentiment des gavroches, et qui en fait se sont révélés comme étant des horribles casseurs. Oui, mais les revendications ont été
entendues par le gouvernement quand même, donc ces revendications et ce pourquoi ils manifestaient et bloqués ont été... Hélas oui,
c'est-à-dire que le jeunisme est la marque de la faiblesse. de tous les pouvoirs. Alors c'est le jeunisme, on l'entend quand Jérôme Gage trouve qu'il est sympathique malgré tout de mimer ces genres de blocages. à révéler. Oui, mais vous dites que c'était légitime,
il y avait certaines revendications qui étaient légitimes. Vous le dites vous-même en disant... Bien
sûr, bien sûr, bien sûr. Mais précisément, le gouvernement, en acceptant si vite des mesures aussi faciles que de supprimer la sélection, ou aussi démagogiques que de dire qu'on va supprimer le parcours sup sans savoir par quoi on va le représenter, le gouvernement a signifié sa propre faiblesse. Ils ont mis à moi. Et avec une surenchère sur ce que l'on voit apparaître aujourd'hui, une partie la plus radicale des lycéens qui disent que puisque le gouvernement a cédé une première fois, il cédera une deuxième fois.
Jean-Michel Salvatore. Oui, mais moi je trouve que malgré tout, on est en train de mentir aux étudiants, mentir aux lycéens. Leur faire croire qu'on peut faire des études sans sélection, c'est leur mentir. Leur faire croire que tout le monde peut avoir accès à l'université, c'est leur mentir. Leur faire croire que tout le monde aura un master, c'est leur mentir. Évidemment que le monde n'est pas celui-là. Et moi j'ai trouvé que le gouvernement, évidemment tellement fragilisé par la situation à la fois politique, économique, sécuritaire, etc. Ils ont tout lâché, ils ont lâché de vrais symboles, comme par exemple Parcoursup, et bon courage pour les suivants, quand il faudra rétablir malgré tout un système de sélection.
Oui, ils ont surtout renvoyé au prochain. Au prochain. On reste ensemble Jean-Michel Salvatore et Yvan
Riaufol, on parlera de Jean-Luc Mélenchon et de son rapport aux médias. A tout de suite sur Europe 1. Il est 13h27, excellent après-midi, vous écoutez Clélie Mathias, c'était Chroniqueur sur Europe 1.
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