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Richard Millet, vous qui avez été professeur, ce qui me frappe, moi, c'est le ton des lycéens. Je vous assure, ce ton, je le trouve vraiment, de certains, pas tous, bien sûr, mais un mélange d'arrogance, de jeunes gens insupportables, qui ont 15 ans, 16 ans, et qui parlent à des adultes, comment dire, et on l'a vu quand ils sont sortis de chez Laurent Nunez, mais comme si c'était leur égal. Ben non, en fait. Ben non. Un adolescent ne parle pas d'égal à égal avec un adulte, me semble-t-il. Un collégien, ben non, tu ne parles pas comme ça. Ça ne veut pas dire qu'on n'écoute pas les revendications. Mais ce ton de parler d'égal à égal, je dois être effectivement
d'une autre génération. Ce n'est pas une question de génération, je pense que c'est une question de narcissisme. La société est basée sur le narcissisme aujourd'hui. C'est-à-dire que c'est des petites bulles, ce que j'appelle des monades avec Leibniz, c'est-à-dire des gens qui fonctionnent. en circuit fermé. Et donc à partir du moment où vous avez cette idéologie qui est derrière, à savoir le refus d'une échelle, quelle qu'elle soit, échelle sociale, échelle de valeur, tu le disais tout à l'heure, il ne pouvait pas y avoir de premier, c'est parce qu'il y a sélection. Il ne va pas y avoir de sélection non plus. Donc ces gens-là n'ont plus de distance par rapport aux adultes. Un adulte, au fond, mais c'est aussi la faute des adultes. Parce que l'adulte, lui, est un adolescent en puissance. Mais il ne rêve que d'une chose, c'est de retourner à l'adolescence.
Mais voilà pourquoi vous êtes sur notre plateau. Pour dire des choses un peu intelligentes. Qui manquent tellement dans le débat public. Mais ce que vous dites est tellement intelligent et
tellement juste. J'irai même plus loin. y a une infantilisation générale de la société. On ne parle plus de père, de mère. On dit, oui, son papa a des problèmes. Je ne vais pas dire mon papa en parlant de mon père.
Je suis d'accord avec vous, le mot papa et maman, je ne l'emploie jamais. Je dis mon père et ma mère, je suis d'accord. Je suis d'accord. Comment vous voulez reprocher
l'hubris à ces jeunes gens quand ils sont reçus par M. Nunez ? On reconnaît leur importance. Ils ne se sentent plus de joie, comme dirait l'autre.
Mais je suis d'accord avec M.
Nunez. Ils n'ont pas à être reçus par M. Nunez, ils ont à être reçus par un fonctionnaire du ministère de l'Éducation nationale, point barre.
Les parents qui sont responsables,
effectivement. Il y a le
Brounpivet qui les appelle des enfants et toute la classe politique qui les ont appelés des enfants au début des manifestations. C'est en effet une démonstration de l'infantilisation de cette jeunesse.
Sabrina Medjeber.
Qui en effet vit dans un monde absolument cotonneux, dans une société ultra-narcissisante. Et en effet, si les adultes ne remplissent pas leur rôle de tiers-séparateurs, on se retrouve dans une sorte d'horizontalité des rapports entre générations. Je crois qu'on peut
arrêter l'émission maintenant.
Mais non, mais oui, mais...
Pourquoi,
dans cette période si particulière, sommes-nous peut-être plus écoutés que les autres ? Parce qu'effectivement, nous refusons. Nous refusons. Et les gens qui nous écoutent disent, mais bien sûr. Tu donnes la parole. J'ai vu sur d'autres chaînes, tu donnes la parole à des gosses, mais qui ont 15 ans, 16 ans, qui disent n'importe quoi, qui représentent qu'eux-mêmes. Tu as envie de leur dire, mais arrête de dire des bêtises. Et je ne vais pas citer de nom. Je ne suis
pas d'accord
avec vous.
Je ne partage pas votre sentiment. Moi, je les trouve au contraire assez responsables. Alors bien sûr qu'ils sont jetés sur des plateaux télé et qu'il y a un effet narcissique, mais on en est tous là, à la limite, de cet effet narcissique du plateau télé. Les lycéens, moi, je les ai trouvés plutôt, comment dire... représentatif de ce qu'ils défendent. Et puis, encore une fois, je trouve que leurs revendications sont des revendications d'adhésion et de contrat social. Donc, je les trouve très responsables. Encore une fois, ce n'est pas des révolutionnaires du grand soir. Ce sont des gamins qui demandent à pouvoir étudier sereinement et qui mettent en question... Arrêtez de parler au prof.
Parlez au prof. Parlez aux profs qui sont parfois dans des quartiers qui peuvent même pas faire cours tellement il y a de bordel. Et vous venez d'entendre ce discours-là. Il y a une chose qu'ils veulent, c'est pas de sélection. C'est la revendication unique. Ils ne veulent pas de sélection. Le reste, c'est du... Vous caricaturez un peu. C'est uniquement ça. Si demain, tu dis qu'il n'y a plus de sélection...
Tout s'arrête. Le problème de la sélection, quand on écoute les lycéens, c'est déjà l'entonnoir de Parcoursup et l'opacité de Parcoursup, premièrement, et deuxièmement, ils ne veulent pas de sélection à l'entrée. de l'université. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de sélection. A la sortie, la sélection doit être... Mais ça n'a pas de sens. Mais pourquoi
tu ne fais pas un bac ? Tout le monde ne peut pas faire des études supérieures. Donc tu fais la sélection, c'est le bac. C'était
ça notre modèle. Mais vous avez raison. Tu fais un bac très fort. Très bien, mais à partir du moment où on a une classe d'âge qui a, je ne sais plus, 90% du bac, c'est normal. C'est
un sens sur la responsabilité. C'est normal pour lui qu'il demande à aller à l'université. Où est l'esprit de responsabilité quand ces jeunes gens bloquent en toute illégalité des lycées et que 5% de ces gamins empêchent les 95% qui veulent étudier ? Vous dites que c'est le droit à l'étude ? Non, ils interdisent aux autres d'étudier. Où est le sens de la responsabilité ? Vous êtes pour la loi du plus fort ? Vous êtes pour la loi de la rue ? Moi, je suis pour la loi de la République. Mathias, il y a
95
% des gens qui veulent étudier.
Avec des raisonnements comme ça, il n'y a pas mai 68, il n'y a pas 1840, il n'y a pas la Commune, il n'y a pas la Révolution française. Avec
des raisonnements comme ça. Avant l'émission, si effectivement, je vais dire d'ailleurs ce que j'ai dit aux autres. Mathias est dans une position particulière et c'est très bien d'ailleurs. Il apporte la contradiction. Moi je trouve ça très bien. Mais effectivement, il n'y a plus que la contradiction. Bon, mais j'entends. Et je vous comprends, c'est ce que je vous ai dit. Vous avez envie de réagir, ce qui est bien normal puisque vous ne pensez pas. L1, ce n'est pas Louise Michel, excusez-moi. Non,
mais vous confondez tout. C'est vraiment la confusion des valeurs. Il y a 1% des lycéens qui sont syndiqués et ils imposent leur loi aux autres. Excusez-moi, ce n'est pas ça la République, ce n'est pas ça la France qui dégage et qui laisse les autres étudier. S'ils ont envie de contester, qu'ils aillent manifester. Et qu'ils n'empêchent pas les autres de bosser. Arrêtez maintenant, il y a un chien en lit. Ah, mais ras-le-bol ! Ras-le-bol, ras-le-bol, c'était le titre du journal du départ. C'était très bien
choisi, parce que je crois que c'est la pensée de beaucoup de Français. Mais en fait, les gens en ont ras-le-bol.
Bien sûr.
Non, non, attendez. Non, les gens en ont ras-le-bol. Sauf, effectivement, la petite caste médiatique qui fait semblant par démagogie. Mais j'entends mes confrères, mais j'en peux plus. Et oui, bien sûr, t'as raison. Mais qui ne pense même pas le quart de ça. Et en plus, ils ne pensent même pas ce qu'ils disent. Bon avançons.
Je voulais juste dire quelque chose sur Hélène Boucher où je vois une banderole où il y a marqué Génération Z. Ils ont à évoluer. Régine Delfour. Il y a 15 jours, il y avait un drapeau pro-palestinien. Le problème, c'est qu'ils avaient mis les bandes à l'envers. Ils avaient commencé par le vert et pas par le noir.
Bon, disons ce qui s'est passé ce week-end avec Charles Allon qui a dit « Nous assistons à une montée inquiétante de la haine, de la violence et d'une censure de plus en plus dangereuse. » Vous avez Jean-Luc Mélenchon. Dommage que les quatre télés en continu soient encore retenus tout le dimanche à montrer des images de feu de poubelle pour motiver. des justiciers comme Attrap ou inciter à voter Le Pen. Sinon, elles auraient le temps de nous parler des choses qui comptent. La crise financière qui avance, la reprise des combats dans le golfe, les revendications contre la vie chère. Quand on voit ce qu'on voit, comme dirait Edouard Philippe, on comprend qu'on nous empêche de voir autre chose, a dit Jean-Luc Mélenchon, qui cible en permanence les journalistes. Alors voyez ces images que vous avez sans doute vues. Ce cocktail Molotov, notamment auprès de CRS, qui a été lancé. Vous voyez cette violence absolument inouïe. En France, on a rarement vu ces dernières années. Ça, ça se passait, je crois que c'était à Porte de Charenton. Vous voyez également l'effigie d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui a été brûlé, effigie, et qui a été montré, et je le dis pour l'antenne d'Europe 1. Est-ce qu'on peut voir Emmanuel Macron ? Donc voilà à quoi s'amusent ces jeunes gens. Tu aimerais vraiment les avoir en face de toi, ces jeunes gens ? Ou pas. Mais si, parce que moi je pense qu'il faudrait, c'est ça, tolérance zéro, on ne peut pas tolérer ça dans notre pays.
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