Chargement...
Chargement...
Inter La
grande matinale. Les 7h50 sur France Inter et Benjamin Duhamel, vous recevez le ministre de l'éducation nationale. Bonjour Edouard Geffray. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. En ce lundi de rentrée des classes, vous avez écrit aux lycéens vendredi en revenant sur les annonces faites par le gouvernement « Nous avons profondément confiance en vous ». Leur avez-vous dit ? Sauf que les syndicats lycéens et étudiants appellent à poursuivre la mobilisation, à bloquer lycées et universités, notamment demain, mardi et jeudi. Il y a déjà des blocages en cours ce matin. un peu partout en France. Bon, visiblement, cette confiance, elle n'est pas réciproque, Edouard Giffray
je pense d'abord qu'il faut faire confiance à la jeunesse de ce pays. Et c'est le cas de tous les gens qui travaillent pour l'éducation nationale. On se lève tous les matins pour eux. Ensuite, il y a des personnes qui appellent à la manifestation. Ça, c'est leur droit le plus strict. En revanche, la priorité absolue, c'est que les élèves puissent aller en cours. Moi, j'ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l'année. qui pour plusieurs centaines de milliers d'entre eux n'ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines, si on cumule les vacances plus les 3 semaines qui précèdent, et pour lesquels par conséquent l'année scolaire est maintenant en risque. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre. Voilà, très clairement. Donc, nos élèves ont besoin de cours.
Donc, ce que vous dites ce matin, Edouard Geffray, comme Thorez en 36, c'est il faut savoir arrêter une grève, il faut savoir arrêter un mouvement de contestation. Ce que je
dis, c'est que chacun est libre de contester, mais que personne ne peut empêcher un camarade d'aller en cours. Ça, je crois que c'est quand même important de le savoir. D'ailleurs, je rappelle que normalement, un blocus, c'est illégal. Et que la nécessité, la priorité absolue, ce dont un élève a besoin aujourd'hui, c'est d'aller en cours. Mais
donc là encore, pour dire les choses sans... pudeur, Edouard Geffray, ce matin, et vous nous direz dans un instant combien il y en a d'ailleurs, il y a des blocus qui sont organisés par des lycéens qui considèrent que les réponses apportées par le gouvernement ne suffisent pas. C'est quoi ces blocus ? Ils sont illégitimes ?
Ils ne sont pas illégitimes, mais ils sont illégaux. C'est-à-dire qu'on n'a pas le droit, je rappelle, de bloquer. Ça ne veut pas dire que les demandes sont illégitimes. Depuis le début, j'ai toujours dit qu'il y avait un certain nombre de revendications légitimes. On y a apporté des réponses. Les lycéens nous ont parlé de parcours sup, on le transforme et on va le remplacer. Ils nous ont parlé de la tête des classes, on va les plafonner à 28. Donc, sur tout ça, nous avons répondu et nous prenons énormément de travail. Mais
si c'est illégal, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous allez envoyer les policiers, les gendarmes déloger ceux qui bloquent de vos lycéens ? Non, c'est
surtout un appel à la responsabilité collective. On ne peut pas empêcher ses camarades d'aller en on a déjà passé le bac et qu'on n'est plus concerné par le sujet. C'est quand même ça aussi qui passe. Qu'est-ce que vous visez là ? Je ne vise personne. Je constate que la plupart des gens qui, ces jours-ci, ont appelé à bloquer les lycées sont actuellement en études supérieures. Et que quand on a des lycéens qui passent le bac à la fin de l'année, la priorité absolue, c'est de leur permettre d'aller en cours.
Des informations que vous avez ce matin, le nombre de lycées d'établissements perturbés, ça représente combien ? Je rappelle qu'il y a 3700 lycées en France. Des informations que vous avez là, à 7h52, combien de lycées sont perturbées ?
À ce stade, je dis bien à ce stade, avec beaucoup. On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c'est a priori assez résiduel. Quelques-uns en Ile-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse. On est sur des choses qui sont pour l'instant très résiduelles. Ça n'empêche pas les gens de manifester s'ils le souhaitent par ailleurs. Mais en termes de blocage, ou de tentative de blocage plutôt, c'est très résiduel. C'est de l'ordre de quelques unités.
Quelques unités, quelques établissements perturbés. Je suis quand même étonné de votre tonalité ce matin, Edouard Jeffrey. Il y a une sorte de décalage entre vous qui expliquez que maintenant c'est l'heure pour les lycéens de reprendre les cours. et de l'autre des organisations lycéennes qui disent que le compte n'y est pas, que les annonces faites par le gouvernement ne suffisent pas. Comment est-ce que vous expliquez qu'ils considèrent que vos annonces ne suffisent pas à arrêter la mobilisation
Écoutez, chacun est libre dans ce genre de situation d'arriver avec une liste de demandes. Je rappelle que dans les décisions prises par le gouvernement, il y a deux types de décisions. Il y a celles qui sont, si je peux dire, immédiates, tout de suite. Donc on va créer des postes en loi de finances, on est en train de transformer Parcoursup, etc. Et puis il y a des chantiers qu'on a ouverts, parce que tout le monde se sent boulouillé sur le contrôle continu,
sur
les emplois du temps. Et certaines organisations disent « oui, mais nous on veut voir tout de suite les choses ». Sauf que, précisément, le contrôle continu, ça ne se réforme pas en 48 heures sans en parler avec personne. Donc d'ici la fin de l'année, c'est-à-dire d'ici le mois de décembre... On aura des décisions qui seront prises dans ces domaines-là et qui pourront déboucher sur les textes des janvier pour que la rentrée prochaine se fasse sous l'empire de nouvelles règles.
Mais est-ce que vous dites aux lycéens ce matin, les propositions qu'on a mises sur la table, ce ne sera pas plus ? Voilà, c'est circulé, il n'y a rien à voir. On a annoncé ce qu'on a annoncé et maintenant on rentre dans un cycle de concertation, de consultation, il n'y aura
rien de plus. Par définition, s'il y a des chantiers qui sont ouverts, c'est bien qu'il y a des choses qui vont venir s'ajouter. Sur le contrôle continu par exemple, qui est une préoccupation majeure des lycéens. Mais à effet des médias. Sur les effets immédiats, immédiats, là je ne vois pas comment, au sens propre immédiat, c'est-à-dire tout de suite ce matin, je ne vois pas comment on pourrait faire plus. En revanche, sur ce qui va changer la vie des lycéens, ça c'est sûr. Et puis deuxième chose, parce que ça c'est pour ce qu'il y a de l'État, mais deuxième chose sur les effets immédiats, je vous rappelle qu'il y a 54% des lycéens qui nous ont écrit sur le bâti, en disant le bâti ne va pas chez moi. Et qu'on est en train de reprendre avec les régions, la liste de... tous les établissements sur lesquels ils nous ont écrit, pour que dans les prochains jours, et ça pour le coup c'est l'immédiat et complémentaire, pour que dans les prochains jours, on puisse un peu partout engager des travaux d'entretien. Dans les 200 lycées
les plus en difficulté du pays. Alors on
a identifié les 200 lycées sur lesquels on avait plus de remontées, on est parti de la plateforme des lycées, c'est ça qui est important. C'est la première fois qu'ils ont un effet sur leur vie, si je puis dire. On est parti de leur contribution, on a identifié 200 lycées, on travaille
dessus avec la région. Je voudrais qu'on prenne deux annonces, ou deux éléments des annonces que vous avez formulées, avec sans doute quelques ambiguïtés à lever. D'abord sur Parcoursup. Vous avez annoncé que la plateforme serait transformée dès 2027 et remplacée en 2028. En ce qui concerne la transformation, vous avez expliqué que les candidats recalés pourront désormais connaître les motifs d'un éventuel refus. Alors là, je voudrais qu'on prenne un exemple concret. Vous avez le président de l'université Paris-Cité qui dit Moi, j'ai 8000 places, donc 8000 admis par an, pour plus de 500 000 candidatures. Donc, vous allez demander à cette université de formuler les motifs de refus pour les 492 000 candidats recalés.
Alors, le principe, c'est qu'effectivement, tout élève est en droit de savoir pourquoi il n'a pas été sélectionné. Parce qu'aujourd'hui, je ne sais pas si vous savez comment ça se passe, mais vous avez la liste avec marqué « en attente avec votre enclassement » ou bien « refuser ». Et quand un élève est refusé, il ne sait pas pourquoi. Et donc, il peut très vite se dire, ce n'est pas juste, je dépends ton traitement, etc. Est-ce que
c'est réaliste de penser qu'à
ces
492 000 recalés de l'université Paris -Cité,
on va leur expliquer pourquoi ils ne sont pas pris ? D'abord, vous avez des critères parfaitement objectifs qui sont prêts à l'université. Ça peut être par exemple la moyenne des notes, etc. Et donc, si c'est parce que votre moyenne, on vous dit, je ne sais pas quoi, la barre du dernier an et demi était à 16 et vous aviez 12, tout le monde peut comprendre ça et c'est assez facile à faire. Le
plus souvent, c'est par manque de place, parce qu'il y a des algorithmes qui ne sont pas suffisamment transparents. Vous allez vraiment expliquer de façon personnalisée à tous ces lycéens pourquoi ils ne sont pas admis dans ces formations-là ? Le
ministère de l'Assemblée supérieure travaille à des explications, d'abord, pour tous ceux qui le souhaiteront, première chose. Deuxième chose, il y a quand même des critères pour tout ça. Et troisième élément, justement, l'ensemble de ces critères et de ce qu'on appelle les algorithmes locaux, c'est-à-dire les premiers outils qui sont utilisés par les universités, vont être rendus publics. Edouard
Jeffrey, en fait, ma question sur Parcoursup, vous voyez bien, c'est d'ailleurs ce qu'il vous est dit par un certain nombre de représentants lycéens. Est-ce que ce n'est pas un peu du gadget d'expliquer que dès 2027, on va savoir pourquoi on est refusé ? La réalité, c'est qu'en fait, sur Parcoursup, vous n'avez pas les moyens, à quelques mois de l'ouverture de la plateforme, de changer dans les grandes largeurs un dispositif qui est critiqué.
Mais écoutez,
c'est quand
même fabuleux. Qu'est-ce qui fait ? Ça fait des semaines que tout le monde nous dit, que tout le monde, beaucoup de voix s'élève en disant il faut abroger Parcoursup, il faut abroger Parcoursup, il faut abroger Parcoursup, sans rien proposer à la place. Et je rappelle que
si on suivait… Pour le coup, la France Insoumise dit par exemple, il faut qu'il n'y ait plus de sélection et que toute personne qui souhaite une formation… Et donc
là, si on abroger Parcoursup, qu'est-ce qui se passerait ? On aurait 800 000 lycéens qui devraient envoyer des dossiers papiers à toutes les universités français de Navarre auxquelles ils voudraient être candidatés. C'est ça qui se passait concrètement. Donc nous, qu'est-ce qu'on dit ? On est un peu responsables. Je vois les propos que j'ai entendus tout à l'heure. On est un peu responsable. Quand on est responsable, on ne laisse pas 800 000 lèvres avec le bec dans l'eau. Donc, on dit cette année, on transforme. Et par ailleurs, il se trouve que pour remplacer Parcoursup, ce qu'on veut faire,
il
faut changer la loi. Pour remplacer Parcoursup, il faut changer la loi. C'est pour ça qu'on fait ça en deux temps. Cette année, on donne la transparence sur les algorithmes. On met fin au principe de l'aide de motivation qui va donner l'exception. On communique les refus aux intéressés. Tout ça, ce n'est quand même pas rien rapporté à ce qui est Parcoursup. Et puis l'année prochaine, on remplace, mais ça, ça suppose de passer par la loi. Et ça suppose d'être
aux responsabilités puisque vraisemblablement vous ne serez plus en fonction en 2028. C'est
quand même l'intérêt de lancer les travaux dès maintenant, c'est que tout le monde peut mesurer parfaitement les termes du débat et poursuivre les travaux dès le mois de mai. Edouard Geffray, autre point
précis sur vos annonces, c'est la question du chiffrage. Parmi les mesures annoncées, il y a plafonner les classes de seconde à 28 élèves au maximum, 500 profs supplémentaires au lycée, 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur. Est-ce que vous pouvez nous dire ? précisément le coût de ces mesures dans le projet de loi de finances 2027 dans le budget
combien ça coûte Alors, de tête, non, mais ça représente, non seulement on met fin aux 836 suppressions de postes qui devaient avoir lieu, mais on crée quasiment 1900 postes. Donc, écoutez, ce n'est pas compliqué. Un poste, ça coûte à peu près 60 000 euros chargés. Donc, vous multipliez ça par 2000 et vous arrivez déjà à la première somme. Et puis, par ailleurs, je rappelle qu'on met à disposition des régions 4 milliards de lignes de crédit et qu'il y a 1 milliard d'euros qui sont engagés sur l'université. Donc, en cumulé, vous avez... Si on prend les différentes lignes de crédit mobilisables entre maintenant et 2030, vous avez 5 milliards d'euros sur le bâtiment et
vous avez plusieurs centaines de millions d'euros sur la finance.
Dans le budget 2027, en réalité, on ne dépasse pas les 400-500 millions d'euros. En coût de personnel, en coût de seul personnel, c'est à peu près de cet ordre-là. Donc ça veut dire que quand les lycéens vous demandent 10 milliards d'euros, on est très loin de ce qu'ils demandent eux en termes de mesures budgétaires. D'abord, les 10 milliards d'euros, personne ne m'a jamais fait un chiffrage précis. Je ne serais que de les voir parce que l'objectif, c'est aussi justement de répondre sérieusement aux gens. Moi, je compte par définition en personnel. En personnel, on met quasiment. 2 000 de plus au lycée à la rentrée prochaine. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que quand tout le monde parle de 10 milliards d'euros, tout le monde inclut avec le bâti. Et sur le bâti, on met 1 milliard d'euros sur l'université en cash, parce que c'est des bâtis Etat, et 4 milliards d'euros de prêts pour les régions, donc 5 milliards. Donc, non, il ne faut pas dire qu'il n'y a que 4 ou 500 millions d'euros, ce n'est pas vrai. Dans le budget 2027, c'est pourtant ce que vous venez de confirmer. Merci ! Parce que 4 milliards d'euros pour les régions, ce n'est pas dans le PLF 2027, c'est en dehors.
Merci beaucoup, Edouard Jeffrey, d'être venu ce matin au micro d'Inter.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.