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Bonjour Thierry.
Bonjour.
Alors, on parlait à l'instant de la Pologne avec Magda Dotefeuil et en tant que député européen, en tant qu'observateur de ce qui se passe dans cet espace politique, je suis sûr que vous avez un avis sur la question.
Écoutez, il faut suivre ce qui se passe en Pologne parce que ça nous concerne. Pourquoi ça nous concerne ? Parce que nous sommes européens et puis les dérives de l'Union Européenne contre la Pologne, eh bien demain, ou plutôt l'année prochaine. Elles peuvent avoir lieu contre la France. En réalité, c'est quoi d'abord ? C'est un nouveau coup de force, un nouveau coup d'État soutenu par l'Union européenne. Puisque comme l'a dit Magda, au départ, l'Union européenne n'a pas pris parti. Mais depuis hier, dans un communiqué, ils se sont clairement expliqué quelles surprises ils soutiennent Donald Tusk. Et donc en réalité, après la Roumanie, après de multiples autres épisodes, c'est un coup de force qui est ouvertement soutenu par l'enfant chéri, j'y reviendrai tout à l'heure, de l'Union européenne. Deuxièmement, ce qui se passe en Pologne montre l'enjeu du contrôle constitutionnel. Ça vous rappelle peut-être certains débats en France, on y reviendra. Et puis troisièmement, c'est une fois de plus le symbole de l'escroquerie de ce qu'on appelle l'état de droit. L'état de droit qui est en réalité une forme de totalitarisme mou pour confier le pouvoir à une technocratie qui se veut immuable. Alors comment ça s'est passé ? Magda l'a bien rappelé. Il faut quand même revenir aussi sur un détail, c'est quand même croustillant. M. Tusk profite que le président de la République est dans l'avion pour aller au Sénégal pour faire son coup de force. Vous savez, ça rappelle un peu ces républiques bananières dans les Antilles ou ailleurs, où on essaye de changer les pouvoirs pendant que le président est absent. Comme l'a dit Magda, en réalité, tout vient de 2015. 2015, qu'est-ce qui se passe ? D'abord, 2014. 2014, Donald Tusk est premier... Ce qu'on appellerait chez nous, Premier ministre. Et il sent que ça va mal tourner. Et alors, l'Union européenne, comme c'est vraiment un des chouchous de l'Union européenne, et surtout des Allemands, décide de l'exfiltrer. Et il est nommé dans l'un des trois top jobs, comme on l'appelle, de l'Union européenne. C'est-à-dire qu'il est nommé président du Conseil européen. On l'oublie, 2014-2019. Il est le patron, enfin le numéro 1 ou 3, selon la hiérarchie que vous voulez, du Conseil européen. Après avoir quitté ce poste, il deviendra le patron du PPE. PPE, c'est-à-dire toutes les droites de l'Union européenne, les droites conservatrices, on va dire. Et donc, c'est un personnage clé de l'Union européenne. Car il est arrivé à ce poste de président du Conseil avec le soutien des Allemands. Et donc, n'oubliez pas, vous retrouverez toujours l'Union européenne derrière ce personnage. 2014, donc, il part. Parce qu'il a compris qu'il allait perdre les élections. 2015, le PIS... Et là, il se passe quand même quelque chose d'encore plus savoureux, comme l'a commencé à le dire Magda, entre le moment où le PiS perd les élections, gagne les élections, pardon, et le moment où il est installé, il y a toujours une période de quelques jours, quelques semaines, et bien les amis de M. Tusk élisent cinq juges constitutionnels. Et dans les cinq juges constitutionnels, comme quand on aime, on ne compte pas, il y en avait trois qu'il fallait remplacer, mais par la nouvelle diète. Pas ceux qui étaient virés et qui allaient partir 48 heures après, mais il en nomme trois qu'il fallait remplacer et deux autres pour ceux qu'il faudra remplacer quelques années après. Bref... C'est quelque chose de totalement antidémocratique, mais l'Union Européenne ne dit rien, parce que pour les amis de M. Tusk, tout est permis. Et donc, pendant dix ans, vous avez cette guérilla de l'Union Européenne contre le PIS, parce que le PIS, c'est tout ce que l'Union Européenne déteste. Ils sont contre l'immigration, ils défendent l'identité nationale, ils veulent préserver ce qui fait leur pays, ils sont catholiques, pratiquants, bref. C'est le cauchemar pour l'Union européenne. Et donc, à force d'étrangler le PIS, finalement, M. Tusk finit par revenir au pouvoir en 2023. Et à partir de 2023, il promet de rétablir l'état de droit, c'est-à-dire en clair, il promet de mettre des juges constitutionnels comme il faut. L'état de droit
qui
n
'avait
pas du tout été
mis à mal par le parti droit et justice. Mais non, mais l
'état de droit, je le répète, c'est en réalité une expression pour tout justifier. Et j'y reviendrai tout à l'heure. Je crois qu'il ne me reste que trop. 3 minutes. 4. Merci pour votre générosité. Et donc, il y a ce coup de force auquel on a assisté. Et alors, pourquoi il faut suivre ce qui se passe ? Pourquoi ? Pour deux raisons, rapidement. D'abord, parce qu'il faut arrêter de dire l'état de droit, l'état de droit, l'état de droit. L'état de droite, à l'origine... comme je le lisais sur Internet, dans un tweet très, très, expliquant bien ce qui se passe en Pologne, de Patrick Ellery, c'était fait pour protéger les citoyens contre l'arbitraire du pouvoir. En réalité, aujourd'hui, c'est fait pour protéger le pouvoir contre les citoyens quand ils ne sont plus d'accord avec le pouvoir. Et on a une inversion totale, c'est-à-dire que ça vous permet de dire, par exemple, « Ah, mais on ne peut pas faire de référendum, parce que si vous faites un référendum, c'est un coup d'État contre l'État de droit. » C'est la première fois que j'entends dire que demander l'avis au peuple, c'est un coup d'État. Et donc aujourd'hui, ce contrôle constitutionnel, c'est un enjeu en Pologne. Ce sera aussi un enjeu, vous le savez très bien, en France. Parce que si Marine Le Pen gagne, ce que je souhaite, elle a été très claire là-dessus. Elle veut faire immédiatement un référendum sur l'immigration. Et là, vous retombez un peu sur ce qui se trouve en Pologne. C'est-à-dire, ah, mais déjà les juges par avance. le président du Conseil constitutionnel a dit que ce sera illégal. C'est quand même assez extraordinaire d'expliquer que demander l'avis à 60 millions de Français, c'est illégal. Demander l
'avis au peuple souverain. Voilà,
et que en France, c'est neuf. Neuf juges qui en réalité sont nommés par leurs copains politiques pour les défendre une fois qu'ils sont nommés, en plus de pouvoir. Un doc de
droit en matière d'intelligence de la chose juridique. Oui,
mais on peut faire toute la liste des trois quarts des membres du Conseil constitutionnel. Au départ, sous le général de Gaulle, c'était certes des personnes. qui avaient une certaine sympathie pour le général de Gaulle, mais qui étaient avant tout de vrais juristes. Aujourd'hui, ce sont devenus des courtisans et des serviteurs. Et donc, en réalité, pour clore cette chronique, on sait très bien que si Marine Le Pen gagne, il y aura la fameuse discussion sur peut-elle faire un référendum ou peut-elle pas faire un référendum. L'article 11 permet de faire un référendum directement pour l'organisation des pouvoirs publics et les réformes économiques et sociales. L'article 89 dit qu'il faut d'abord passer par le Parlement. Monsieur Richard Ferrand nous a expliqué que c'est l'article 89. Il y a un personnage, je crois qu'il s'appelle le général De Gaulle, qui a utilisé l'article 11, mais il a certainement fait une erreur et Richard Ferrand connaît mieux la Constitution. Bref, les juges constitutionnels, aujourd'hui, eh bien... pour beaucoup sont disqualifiés par leur choix politique et la manière de leur domination. Quant à l'état de droit de l'Union Européenne, chacun a compris, c'est protéger les copains et surtout se protéger du peuple.
Alors Thierry Mariani, il nous reste une minute et demie. Il y a quelque chose de fascinant dans ce coup d'État de Donald Tusk, qui de toute façon, depuis qu'il est au pouvoir, nous a habitués à prendre un nombre de décisions illibérales incroyables, à chaque fois en expliquant, bien sûr, je suis obligé de piétiner l'État droit pour pouvoir le rétablir. C'est que l'Union Européenne explique qu'il est normal qu'un pouvoir en place puisse nommer ses propres juges constitutionnels. Autrement dit, si Marine Le Pen arrive au pouvoir et qu'elle explique qu'elle va changer le Conseil constitutionnel, la jurisprudence de l'Union Européenne serait de dire oui, oui, elle a parfaitement raison, elle peut virer les juges qui l'empêchent. De quoi a
peur l'Union Européenne et pourquoi le PIS fait peur et pourquoi Marine Le Pen fait peur ? Parce que tout simplement, il propose quelque chose de révolutionnaire. c'est que les lois françaises sont supérieures aux lois européennes. Et en réalité, ce qu'on demande, c'est absolument l'opposé de ce que souhaite Bruxelles. Bruxelles souhaite... que décider ce que doit faire éventuellement, et ce qui est bon ou pas bon pour la France ou l'Allemagne, et estime que ces lois sont supérieures, Marine Le Pen comme le Pi s'estime que les lois votées par les Polonais sont supérieures aux lois votées par l'Union Européenne. Voilà, la question est très simple, c'est est-ce que c'est les ordres ? qui doivent faire l'ordre chez nous ? Ou est-ce que ce sont les Français qui doivent choisir leurs règles ? Est-ce que ce sont les Polonais qui doivent choisir leurs règles ? Et alors ça, vraiment, ça fait peur à l'Union Européenne parce que quand on est aujourd'hui un technocrate européen, eh bien on fait le bien et les autres n'ont qu'à subir. On doit subir le bien. Merci mille fois Thierry Mariani et à la semaine prochaine pour
cette chronique.
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