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7h34, l'invité d'Alba Ventura ce matin, Gabriel Attal. Bonjour. Bonjour Bruce Toussaint, bonjour Alba Ventura. Vous êtes le candidat Renaissance à l'élection présidentielle. Hier soir, Edouard Philippe, invité du 20h de TF1, a opposé une fin de non-recevoir à votre proposition d'organiser une grande primaire de la droite et du centre. Du coup, ce matin, est-ce que vous nous annoncez que vous remballez ce projet de primaire ?
parce que je crois qu'on a besoin de ce rassemblement. Parce que comme des millions de Français, je ne me résous pas à ce que le second tour de l'élection présidentielle oppose Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Je pense que notre pays ne s'en remettrait pas. Je pense que ça créerait encore plus de divisions dans le pays, plus de problèmes pour le pays. Et donc il faut rassembler. Et vous avez deux manières de rassembler. Soit la force fait l'union. C'est-à-dire que vous avez un candidat qui, parce qu'il a une dynamique, une force, arrive à rassembler autour de lui. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Aucun candidat... Aucun d'entre nous n'est en situation d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle aujourd'hui. Soit, si la force ne fait pas l'union, c'est l'union qui doit faire la force. Et donc, en rassemblant différents candidats, on ne peut pas créer cette dynamique. Et je ne vois pas d'autre moyen que la primaire pour y arriver.
Mais pour qu'on soit bien clair, vous ne désespérez pas de convaincre Edouard Philippe ou vous vous dites qu'on peut très bien organiser une primaire sans lui, après tout ?
D'abord, je vois que de plus en plus de gens sont favorables à cette primaire. Cette primaire, elle est voulue par les Français. Je reviens d'un déplacement de plusieurs jours. dans les Côtes d'Armor, en Ile-et-Vilaine, je n'ai vu que des Français qui m'ont dit, entendez-vous, faites cette primaire, évitez ce deuxième tour entre la France Insoumise et le RN, on n'en veut pas. Elle est voulue par les candidats. Il y a un candidat aujourd'hui qui oppose un refus catégorique à cette primaire, c'est Édouard Philippe. Bruno
Retailleau n'est pas hyper favorable. Il s
'est dit favorable au principe d'une primaire. Il a
dit si, Édouard Philippe.
Oui, mais déjà, il est favorable au principe. Et puis, regardez les soutiens de Bruno Retailleau. Je pense à Michel Barnier, ancien Premier ministre, à Valérie Pécresse, qui était invité, je crois, de LCI hier. Est-ce que vous pourriez organiser
une primaire sans Édouard Philippe ?
Il ne faut rien exclure pour arriver au rassemblement. Maintenant, moi, mon objectif, Alba Ventura, c'est de convaincre le plus largement possible. Je vous le disais, il y a un... instant il n'y a qu'un seul candidat qui oppose un refus catégorique évidemment que moi je vais chercher à continuer à convaincre ça prend peut-être un peu plus de temps pour certains de se rendre compte, finalement, de ce qui est en train de se passer dans le pays et dans la politique française. Mais à la fin, je crois que cette primaire, elle aura lieu et je crois que c'est inéluctable.
– Gabriel Attal, Edouard Philippe dit qu'en fait, la primaire, ce sont des divisions et c'est vrai que c'est pas faux. Et il dit aussi que c'est la confusion entre des gens qui pensent pas forcément la même chose, qui ont des désaccords. Il dit confusion entre les continuateurs de macronisme et il vous cite, vous, Gabriel Attal, continuateur du macronisme, et puis les autres, ceux qui veulent l'union des droites, comment vous l'avez pris, ça ? Moi,
je suis là à vous dire, parce que je le crois vraiment, que je cherche à rassembler. Je veux rassembler. Mais vous êtes un
continuateur du macronisme. Je ne vais pas commencer à
répondre aux attaques des uns et des autres parce que ça viendrait finalement alimenter cette idée de division. Moi, je veux rassembler. Ensuite, quand on parle de division, la division, ce n'est pas la primaire. La division, c'est d'arriver à cinq au premier tour de l'élection présidentielle et donc de précipiter un deuxième tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Et pour ce qui est de la confusion, moi, je crois qu'il y a des candidats qui partagent, une même opposition à l'idée de faire des alliances avec les extrêmes et qu'ils partagent des grandes valeurs communes. Je pense à l'Europe, je pense aux valeurs de la République, à l'autorité, à la laïcité, à la compétitivité de notre économie. Il y a beaucoup de candidats qui peuvent se retrouver dans ces valeurs. Vous vous retrouvez
dans les valeurs de David Lysna, Bruno Retailleux, sur l'immigration, sur la retraite ? Je n'ai pas l'impression que vous soyez absolument d'accord.
Je vais vous dire, Alba Ventura, moi, je n'ai pas envie d'avoir à choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Et donc, quelque part, le cataclysme que constituerait ce deuxième tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen est bien plus grave que des différences qui peuvent exister entre moi et d'autres candidats. Vous vous donnez jusqu'à
quand ? C'est quoi la limite pour organiser une primaire de la droite et du centre, Gabriel Attal ?
Le dépôt des candidatures. Je crois que c'est dans le courant du mois de mars. Et donc, on a d'ici le début de l'année 2027. Mais le plus tôt sera le mieux. Le plus tôt sera le mieux parce qu'on voit que l'absence de méthode pour sélectionner un candidat... créer cette situation aujourd'hui de confusion, cette situation de division, qui est mauvaise pour tout le monde, puisque, encore une fois, je le redis ici, aucun candidat, y compris Édouard Philippe, n'est en situation aujourd'hui d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Et Édouard Philippe dit que lui verra au mois de février, et qu'au mois de février, s'il n'a pas fait la différence, il en tira les conséquences. Comment vous l'avez interprété comme un possible retrait de sa part de la course à la présidentielle ? Non, mais,
enfin, ce que j'entends des déclarations, mais pour arriver au rassemblement, encore faut-il qu'il y ait une méthode. Vous savez, il y a deux manières. Encore une fois, il peut y avoir des accords d'arrière cuisine. pour faire en sorte que des candidats se désistent. Je crois que c'est ce qui est visé ici. Moi, je pense que c'est ce que les Français détestent. C'est ce qui dégoûte les Français. Les accords d'arrière-cuisine, on va négocier avec l'un des circonscriptions, etc. Ça peut être une machine à perdre la primaire aussi. Mais moi, je ne crois pas. On a des exemples de primaires qui ont fonctionné. Par ailleurs, ça va permettre... Il y avait des
favoris de primaires qui ont totalement échoué
aussi. D'accord, mais c'est parce que les Français l'ont voulu. C'est parce que les Français ont choisi un autre candidat. Et pour un certain nombre d'entre eux, ça leur a permis de gagner l'élection présidentielle. Deuxième chose, ça va permettre d'avoir un vrai débat. un vrai débat sur le fond, sur les idées. Tout le temps qu'on perd en ce moment à parler de comment est-ce qu'on va rassembler les uns et les autres, c'est du temps qu'on pourrait consacrer à parler du fond. Et la primaire, elle permet quand même aussi de rassembler autour de grands projets, d'une vision et de parler aux Français de leurs problèmes du quotidien, de l'école, des salaires, des frontières, de l'innovation et de l'intelligence artificielle. Gabriel Attal, vous ?
Vos sondages ne sont pas très florissants. Ils ne le sont pour personne
en réalité aujourd'hui.
Mais est-ce que vous vous êtes fixé une limite ? Est-ce que vous vous êtes dit jusqu'où c'est raisonnable de continuer ? Est-ce que l'option de l'abandon... Il existe dans votre tête. Je
viens de vous dire, les désistements et les négociations de désistements en arrière boutique, je pense que ce n'est pas ça qui nous permettra de gagner. Regardez les sondages aujourd'hui. Quand vous avez un candidat qui est testé avec un désistement des autres candidats, il n'est même pas au deuxième tour, que ce soit Edouard Philippe ou moi. Donc on voit bien qu'il faut embarquer des millions de Français. Mais justement, vous pourriez
vous dire à un moment, je n'y arrive pas. j'arrête, celui qui est devant moi a peut-être plus de chance, je me rallie à lui. Moi, j'ai
toujours dit que je ferais tout pour qu'on empêche ce deuxième tour LFIRN. Maintenant, encore une fois, je vous le dis, je pense que le seul moyen de l'empêcher véritablement, c'est d'organiser cette primaire. Parce que les désistements d'arrière-boutique, on le voit dans les sondages, les Français nous le disent, c'est pas ça qui va réussir à les embarquer, à les convaincre.
Il pourrait y avoir Christine Lagarde, qui a démissionné la Banque Centrale Européenne dans cette primaire. Pourquoi pas ? Encore une fois, on se
retrouve aussi dans ces valeurs que j'évoquais tout le temps. Je pense qu'elle est elle aussi très opposée à l'idée d'une moindre alliance avec la France Insoumise ou le Rassemblement national. Elle incarne un certain nombre de valeurs. Pourquoi pas
Comme il apparaît compliqué de vous départager, vous avez vu que la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet, parle d'une candidature de rassemblement sous le nom de Gérard Larcher, le président du Sénat. Ça vous fait sourire ?
Non, parce que d'abord, Gérard Larcher, je pense aussi, se retrouve totalement dans ses valeurs. Il a une forme d'autorité de par sa position institutionnelle de président du Sénat. C'est quelqu'un avec qui j'échange beaucoup. Je crois qu'on se retrouve dans beaucoup de choses. Il a répondu lui-même en disant qu'il n'était pas candidat.
Et David Lissnard ? Ça vous étonne qu'aujourd'hui, il soit devant Bruno Retailleau dans les sondages ? Est-ce qu'il se passe quelque chose, à votre avis, avec ce candidat-là de la droite ? En tout cas, il y a différents
candidats qui portent des projets qui peuvent être différents, qui peuvent avoir des nuances, des différences, qui cherchent à convaincre chacun des électeurs. Ce que je vois surtout aujourd'hui, c'est l'impasse de cette situation. Aujourd'hui... Aucun candidat n'est en situation d'être au deuxième tour et d'empêcher Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon de se retrouver au deuxième tour. Et pour ça, il faut donc une primaire.
Semaine sociale intense encore à partir d'aujourd'hui, même de demain. Les lycéens, les étudiants qui appellent à de nouveaux blocus et puis cette grande journée de grève et de manifestation pour le 5 Noirond. D'abord, ça vous inquiète cette semaine On doit s'habituer, Gabriel Attal, à toutes ses manifs, ses rêves ?
Moi, je crois qu'il y a urgence à apaiser le pays. Je vois qu'il y a beaucoup de Français qui sont, pour certains, en colère, pour beaucoup épuisés, en fait. Épuisés par la situation, épuisés par ces mobilisations, épuisés par ce qu'ils ont à vivre au quotidien.
Vous dites aux lycéens d'aller en cours, là ? Comment
?
Vous dites aux lycéens d'aller en cours ?
Moi, je crois que l'important, c'est que les cours puissent reprendre, bien sûr. Et je crois que pour un certain nombre de lycéens, d'organisations lycéennes, ils ont besoin de voir. concrètement dans leur vie quotidienne des engagements qui ont pu être pris par le gouvernement et par les régions de France. Je pense notamment à la rénovation d'un certain nombre d'établissements. Pour un établissement où il y a une salle de classe dans laquelle il n'y a pas de chaise, ce n'est pas très compliqué a priori de faire venir des chaises. Il y a des choses qui peuvent se faire très vite. Ensuite, il y a l'engagement de revenir sur les suppressions de postes qui se sont prévues dans la loi de finances. Je crois que le gouvernement a annoncé qu'il était prêt à revenir sur une partie de ces suppressions de postes. Moi, je pense qu'il faut revenir sur l'ensemble de ces suppressions de postes, c'est ce que je demande aujourd'hui. Et vous savez, je crois par ailleurs qu'il y a un besoin de considération. Évidemment que ces lycéens, ces organisations lycéennes ont attendu trop longtemps avant d'être reçues par le gouvernement. dans ce type de mouvement. Vous savez, les Français qui se mobilisent, ils ne le font pas par gaieté de cœur, souvent. Ils savent qu'il n'y a pas de baguette magique. Ils le font parce qu'ils ont envie
que ça change. Une dernière petite question. Est-ce qu'augmenter le SMIC, ça répond à l'angoisse des Français que vous décrivez ? Moi,
je crois que le problème qu'on a en France, c'est moins le niveau du SMIC, qui est plutôt supérieur à la plupart de nos voisins, que le fait que vous avez une part importante des Français qui reste quasiment toute leur vie bloquée au niveau du SMIC. Et donc, ce qu'il faut, c'est l'augmentation des salaires. C'est pour ça que je propose d'aller droit au brut. en réduisant les charges qui pèsent sur les salaires pour rapprocher le net du brut. C'est pour ça qu'il faut revoir les cotisations payées par les entreprises. Vous savez, Alba Ventura, que si un employeur veut que son salarié au SMIC ait 100 euros de plus par mois dans sa poche à la fin du mois, il doit débourser 473 euros. Donc il faut revoir ce système-là. Donc moi, je privilégie les augmentations de salaires. Et il y a des mesures fortes, radicales, sur lesquelles j'ai travaillé, qui peuvent le permettre. Merci
beaucoup, Gabriel Attal. Merci, Alba Ventura.
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