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Xavier Acobili, vous êtes sénateur des Eau de Seine et vous êtes le nouveau président du groupe RDPI Renaissance. C'est le groupe des sénateurs Renaissance Macroniste. Mais pas que. On va y revenir. La mobilisation qui se poursuit, notamment dans la jeunesse, où ce jour de rentrée des vacances de la Toussaint va être très scruté. Le Sénat qui se préoccupe aussi de la jeunesse de nos enfants en examinant ces jours-ci le projet de loi de protection de l'enfance. On va y revenir. D'abord, après deux semaines de vacances, c'est donc jour de rentrée aujourd'hui pour les élèves. rentré forcément particulière dans ce contexte de mouvement lycéen. Les élèves reprendront-ils le chemin des cours ? On va voir ça avec Stéphane Duguay. Bonjour Stéphane, vous êtes devant le lycée Hélène Boucher dans le 20e arrondissement de Paris. Lycée bloqué comme avant les vacances.
oui, Auriane, pas de cours ici. Les lycéens sont arrivés sur les coups de 7h du matin avec des poubelles pour bloquer l'entrée de leur lycée, comme c'était le cas depuis la moitié du mois de septembre, depuis plusieurs semaines déjà. Les vacances n'auront donc pas éteint la mobilisation. Une lycéenne nous confiait d'ailleurs qu'elle ne voyait pas pourquoi s'arrêter maintenant. Elle estime que les réponses du gouvernement apportées lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale et le ministre de l'Enseignement supérieur ne sont pas à la hauteur. Elle cite par exemple les 28 élèves par classe. Ça ne concerne que les secondes, alors qu'en terminale... Nous sommes 36, voilà ce qu'elle dit. Également du scepticisme sur les 15 000 places de plus créées notamment en BTS. Ils demandent 250 000 places dans les universités. Alors cette mobilisation, ce n'est pas juste pour rater les cours. Voilà ce que disent aussi les lycéens. Ils confient d'ailleurs que ça leur manque un peu parfois d'aller en cours. Et ils ont une inquiétude sur le bac qui est à la fin de l'année. On ne sait pas où on va, dit une autre lycéenne. Mais en même temps, ils ne voient pas comment s'arrêter de se mobiliser. En tout cas, ils ne se sentent pas écoutés par un gouvernement qui ne sera plus en poste dans six mois. Voilà ce qu'ils disent aussi.
Et ces blocages, Stéphane, devraient se répéter toute la semaine partout en France.
il y aura un appel des syndicats, appel au blocage demain et jeudi pour répondre à la manifestation interprofessionnelle, à l'appel de plusieurs syndicats, de tous les syndicats finalement sauf la CFE-CGC. Les étudiants et les lycéens espèrent une convergence avec les travailleurs en grève. Alors que peut vraiment faire de plus le gouvernement après ces annonces ? En tout cas Emmanuel Macron estime que la colère a été entendue, il a appelé les lycéens à rentrer en cours. A Hélène Boucher, c'est raté pour ce matin et probablement pour les jours à venir. Mais rappelons quand même qu'avant les vacances, la plupart, l'écrasante majorité des lycées restait encore ouverte.
beaucoup Stéphane. Et vous suivez, vous continuez à suivre cette rentrée. On vous retrouve un peu plus tard dans cette émission. Xavier Acovelli, vous le voyez, l'appel à la reprise des cours lancé par Emmanuel Macron n'a pas été entendu. C'est un échec
Alors, elle n'a pas été entendue partout, mais globalement et majoritairement, les lycées sont de nouveau ouverts. Et il faut rappeler qu'il y a un droit à la grève, et ce droit, il faut le maintenir et il faut le renforcer, mais il n'y a pas un droit au blocage. Et donc, il y a aussi un certain nombre de lycéens, un certain nombre d'étudiants qui veulent reprendre les cours, qui ont manifesté et qui manifestent encore tous les samedis, qui veulent aller plus loin, effectivement, sur leurs revendications, mais qui veulent aussi réussir leur année scolaire. Et je pense qu'il faut aussi faire attention à ça. Bien sûr qu'il faut continuer à ouvrir la porte des négociations parce qu'il y a une vraie problématique dans notre pays, et pas seulement dans notre pays, mais dans notre pays en particulier sur la question de l'apprentissage, sur la question de l'apprentissage des savoirs aussi, des locaux et des places disponibles. Donc il faut continuer à négocier, mais on ne peut pas continuer à bloquer ceux qui veulent étudier.
Mais vous l'entendez, Stéphane nous en a parlé, ces lycéens qui disent que les mesures énoncées par le gouvernement ne sont pas suffisantes. La presse régionale s'en fait également l'écho ce matin. Est-ce que le gouvernement doit aller plus loin ? Est-ce qu'il faut d'autres mesures ?
C'est ce que je vous ai dit, il faut que la porte reste ouverte. Mais à quoi
comme mesure ? Qu'est-ce que vous attendrez ? Sur
la question de Parcoursup, je crois qu'on a eu une réponse du gouvernement qui est satisfaisante. On a tous vécu ça avec nos enfants, avec nos proches, sur le côté parcours sub qui est anxiogène pour les jeunes. En même temps, personne ne propose une autre solution alternative. Et on a vécu aussi d'autres systèmes auparavant qui étaient encore plus problématiques. Donc, moi, je ne crois pas... On peut supprimer la sélection parce que la sélection, elle est de fait, elle est sur le parcours scolaire, elle est sur le nombre de places réelles dans les établissements. On ne peut pas inventer aujourd'hui d'autre chose que la sélection.
Juste par contre, petite parenthèse sur Parcoursup, parce que mercredi après-midi, il y aura un débat sur ce sujet au Sénat, un débat, ce qu'on appelle 50-1, un débat sans vote, en présence en allemand de Sébastien Lecornu. Qu'est-ce que vous attendez du Premier ministre ? Est-ce qu'il faut qu'il aille plus loin sur Parcoursup ? Est-ce qu'il faut qu'il donne plus de détails ?
Je pense qu'il faut qu'il y ait plus de détails, effectivement, sur la réforme de Parcoursup. parcours sub qui est prévu sur 2027, la rentrée 2027, et effectivement ensuite la suppression 2028, ça c'est... C'est acté, on va dire, mais remplacé par quoi ? Parce qu'en fait, encore une fois, supprimer Parcoursup, ça ne change pas la donne sur comment est-ce qu'on fait pour sélectionner les gens, les étudiants qui vont ensuite dans les facultés. Et donc il faut bien qu'on ait un système qui permette d'inscrire, on ne peut pas inscrire du jour au lendemain plus de personnes qu'il n'y a de place dans un certain nombre de facultés. Donc oui, il faut qu'on ait plus de détails de la part du gouvernement sur le devenir de Parcoursup. préformée. Et puis après, c'est une question de moyens, une question de place, une question de... D'équipement aussi. Combien est-ce qu'on aura d'étudiants par classe ? Je pense que c'est aussi important pour l'apprentissage. C'est sûr que les plus petits effectifs sont toujours les meilleurs. C'est pour ça d'ailleurs qu'on avait dans la partie primaire élémentaire, on avait dédoublé les classes. C'est aussi parce qu'on s'est rendu compte que moins on était nombreux dans les classes, mieux on pouvait apprendre. On voit bien que plus on avance dans l'âge, plus c'est difficile parce qu'on a de plus en plus de classes surchargées. Donc oui, il y a aussi toute cette question-là qu'il va falloir répondre. Et on attend du gouvernement effectivement un peu plus de détails de réponses. Mais encore une fois, le débat, la négociation ne doit pas nous amener à bloquer les lycées et les facs qui empêchent du coup l'enseignement.
-ce que cette mobilisation lycéenne et les questions qu'elle soulève signent l'échec finalement de 10 ans de macronisme sur la question de l'éducation nationale
savez, je pense qu'on a à peu près le même âge, et je crois qu'on a vécu à chacune de nos périodes, à chaque génération, il y a eu des manifestations, des lycéens, des étudiants, parce qu'en fin de compte, quand on est jeune, on se rend compte qu'on a besoin, on a cette anxiété sur notre avenir, et oui, on a besoin de moyens pour étudier, pour préparer notre avenir. Mais là, il y a des
dénonciations de réformes faites par Emmanuel Macron, la réforme du lycée de Jean-Michel Blanquer, qui a entraîné des emplois du temps à Troux, c'est dénoncé par les lycéens, la réforme de Parcoursup. D'accord, mais en fait, avant Parcoursup, on se plaignait
du système d'avant-parcoursup qui s'appelait APB, je crois. Donc en fait, à chaque génération, il y a eu effectivement des manifestations pour dénoncer le pouvoir en place et dénoncer les réformes. Il n'y a rien de plus difficile dans notre pays que réformer l'enseignement. Vous le savez très bien, on a toujours eu ces périodes-là. Maintenant, ça ne... Comment ça ? Il faut continuer, en fait, à réformer notre lycée, notre milieu étudiant. Et c'est pour ça qu'il faut qu'on ait encore des négociations. Donc moi, je n'ai pas de problème avec ça. Je dis juste qu'il faut être réaliste. Chaque génération a eu ces manifestations.
Mais vous redoutez un mouvement qui dure et une convergence, finalement Il y aura
de toute façon une convergence. On voit bien qu'aujourd'hui, il y a le monde du travail qui va se mobiliser sur la question du pouvoir d'achat, ce qui n'a rien à voir avec la question des lycées et des facs. Mais donc on voit bien qu'il y a une convergence qui s'organise déjà. Après, il faut être juste cohérent. Mais on voit bien qu'il y a une colère, il y a une anxiété, il y a une anxiété climatique, il y a une anxiété sur l'avenir de nos jeunes, sur le monde du travail, sur aussi une situation internationale et économique qui fait que... Donc aujourd'hui, notre pays est quasi en récession et donc c'est une vraie difficulté, une vraie anxiété pour nos jeunes et pour tous ceux qui travaillent aujourd'hui.
On va poursuivre justement sur cette question de la jeunesse puisque le Sénat continue ses travaux et les réformes s'est penchée ces derniers jours sur la question de la jeunesse et de la protection de l'enfance. Vous avez examiné un texte qui sera soumis au vote demain prévu à l'origine pour répondre au scandale de l'aide sociale à l'enfance. Il a été enrichi de plusieurs mesures après l'affaire Liana, après la commission d'enquête du Sénat sur les violences dans le péri-scolaire. Un texte qui permet donc d'améliorer la prise en charge des enfants placés ainsi que le contrôle des adultes qui travaillent auprès des mineurs. renforcer également la répression contre les auteurs de violences sexuelles. D'abord, avant de rentrer dans le détail du texte, Xavier Covelli, à l'Assemblée, le texte avait beaucoup été recentré sur la question de la pédocriminalité. Qu'est-ce que vous avez pensé des débats au Sénat lors de l'examen de cette loi
Vous savez, je suis toujours, quand je viens sur votre plateau, sur la question de la protection de l'enfance, c'est un sujet que je suis depuis 9 ans, j'ai toujours dit qu'on ne faisait pas la révolution qui était nécessaire sur la protection de l'enfance et qu'on faisait la politique des petits pas. Et c'est d'ailleurs ce que j'ai dit dans ma discussion générale en amont de ce texte, en disant ce n'est pas un texte révolutionnaire et on fera encore la politique des petits pas. Et en fin de compte... Je me rends compte que ce texte apporte une vraie révolution. L'ordonnance de sûreté qui permet de protéger tout de suite, immédiatement l'enfant et de faire en sorte de protéger aussi le parent protecteur et d'éloigner le parent qui pourrait être le bourreau. La question de l'imprescriptibilité, ça fait des années.
On va revenir en détail sur ces deux sujets, mais globalement vous êtes satisfait de la manière dont se sont tenus les débats au Sénat ? Honnêtement,
j'étais très inquiet sur la position de la commission des lois qui avait refusé et complètement vidé de sa substance. un certain nombre de dispositifs qui étaient attendus à la fois par un certain nombre de parlementaires mais surtout par les associations et les victimes et en fin de compte le débat dans l'hémicycle le soutien aussi du garde des sceaux qui est quand même une première c'est la première fois qu'on a un garde des sceaux qui soutient un certain nombre de dispositifs de protection de l'enfance à ce niveau là ont fait que Les sénateurs ont pris leurs responsabilités, même contre l'avis de la Commission. Et donc je pense que ça, c'est une vraie révolution et que le Sénat n'a pas été sourd aux attentes de la société. Et sur les questions sociétales, sur les questions de protection de l'enfance, c'est une première.
Et justement parmi les sujets qui ont fait débat, notamment entre les sénateurs et la commission, il y a la question de l'imprescriptibilité. Aujourd'hui, une victime de viol mineur peut porter plainte jusqu'à ses 48 ans. C'est une notion très sensible du droit puisque jusqu'ici l'imprescriptibilité ne s'applique qu'aux crimes contre l'humanité. Alors faut-il supprimer la prescription pour les crimes sexuels sur mineurs ? Oui, pour les députés, le gouvernement et donc la majorité des sénateurs qui l'ont adopté à 250 de voix contre 80. Adoption pour... laquelle la rapporteure du texte n'était pas favorable. On va écouter Muriel Jourdat.
y a des victimes qui parlent parce que l'écoulement du temps précisément va faire qu'ensuite, si elles ne parlent pas, eh bien aucune poursuite ne sera plus possible. Et c'est la fin de la prescription qui les fera parler. Il y a des victimes qui parlent parce que la prescription est écoulée, qu'il n'y aura pas de procès, elles ne souhaitent pas de procès. Voilà, ce sont des réalités. Donc ne croyons pas qu'en faisant ça, nous allons aider toutes les victimes, ça n'est pas tout à fait exact.
Est-ce que vous comprenez son point de vue ? Est-ce que dans certains cas, la prescription permet une libération de la parole
Oui, c'est vrai. Elle a raison. Elle a raison sur son point-là. Mais en fait, il ne faut pas non plus que le temps écoulé ferme la porte de la justice. Il ne faut pas que le temps écoulé soit le meilleur allié de l'agresseur. Et moi, j'ai entendu, j'ai auditionné, j'ai rencontré trop de victimes qui... lorsqu'elles soient sorties du trauma et donc de cette amnésie traumatique qui ont fait que les faits se sont révélés beaucoup d'années plus tard, ou bien qu'elles ont enfin eu le courage de libérer la parole, la justice leur dit non, trop tard, vous n'êtes plus une victime puisque le délai de prescription est passé. Et ça, c'est une deuxième violence. On revit deuxième fois l'agression. Et donc, c'était aussi important de dire que... Vous savez, la loi, ça permet de protéger, mais ça envoie aussi des symboles. Et en fait, par ce vote de l'imprescriptibilité, on envoie un message clair aux victimes, et pas seulement aux bourreaux, mais un message clair aux victimes de dire que la justice de notre pays sera là au moment où vous aurez le besoin de parler, au moment où vous aurez le courage de parler, quel que soit votre âge. Et ça, je pense que c'est très important, en fait. Et ça permet aussi de dire aux bourreaux... qu'il n'y aura pas d'impunité, que même à 80 ans, ils pourront être jugés sur des faits qui ont eu lieu lorsqu'ils avaient 30 ans, par exemple. Donc je pense que c'est très important d'envoyer ce message clair à la société, à la fois aux victimes, et c'est une première que... que la loi, que la justice envoie un message clair aux victimes, que la justice sera toujours là.
Alors sur ce sujet, vous n'avez pas voté exactement la même version que vos collègues députés, qui eux ont élargi justement cette question à plusieurs crimes, dont les meurtres, là où le Sénat l'a limité aux crimes sexuels. Une version commune vous semble possible
je pense qu'on peut trouver un accord. En fait, c'est tellement révolutionnaire de remettre en cause la prescription sur les viols sur mineurs que je pense qu'il y aura un accord entre l'Assemblée nationale et le Sénat. C'est-à-dire pour
vous, il faut l'élargir aussi
moi, à titre personnel, je pense que le délai de prescription en soi ne devrait pas exister dans notre pays, quel que soit le crime. Je pense que là, on arrive à un point où le point de négociation sera la version du Sénat. Le fait que le Sénat, qui a une habitude de rejeter toujours cette question de la prescription, ait fait un pas important, puisque ça a été un vote net. Ce n'est pas comme l'ordonnance de sûreté où on a gagné à une voix. Là, c'est un vote net majoritaire de la part des sénatrices et des sénateurs. Je pense que les députés, effectivement, iront sur la version du Sénat. En tout cas, c'est ce que je souhaite. pour le bien de ce texte.
Justement, on va parler de l'ordonnance de sûreté. Vous étiez l'un des promoteurs de cette mesure, vous venez de le dire. C'est passé juste 171 voix à 170. Alors concrètement, avec cette ordonnance de sûreté de l'enfant, vous dites qu'un enfant peut être protégé en urgence par un juge des enfants en moins de 24 heures.
Par le procureur.
Par le procureur, pardon, en moins de 24 heures s'il y a suspicion de violence. Là non plus, cette procédure n'avait pas les faveurs de la commission des lois. On va écouter cette fois, Nescanay.
Ça ne fait pas consensus et nous y étions opposés à la commission des lois parce qu'on considère qu'il existe aujourd'hui des dispositifs qui fonctionnent, qui sont l'ordonnance de placement provisoire quand l'enfant est en danger, sans avoir de personne qui peut l'accompagner, le protéger dans son environnement familial. Quand il y a un parent protecteur, donc quelqu'un qui dans son environnement familial va le protéger, il y a aujourd'hui les ordonnances de protection et de protection immédiate qui fonctionnent aussi. sur les violences intrafamiliales. C'est ce dispositif que nous préférions parce qu'il relève du juge aux affaires familiales, ce qui permet d'avoir une vision globale de la situation de l'enfant.
-ce que vous entendez les arguments de la co-rapporteure de ce texte
Oui, j'entends, mais en fait, la commission proposait de... ... de valider ce qui existe déjà, en fait. Et en fait, on se rend bien compte que ça ne fonctionne pas. On n'a pas ce service des urgences, comme pour reprendre les propos du garde des Sceaux, le service des urgences de la protection de l'enfance. Et donc, en faisant ça, en faisant cette ordonnance de sûreté de l'enfance, ça nous permet de créer ce service d'urgence qui permet, le parquet est là aussi dans l'urgence, et donc le procureur, tout de suite, immédiatement, dès le signalement, met en protection à l'enfant. fait en sorte que le parent protecteur puisse garder, avoir la garde de l'enfant et d'éloigner le parent qui est suspect de cette violence. Et donc, je pense que c'est très important, ça renforce le pouvoir d'urgence, en fait, de la protection de l'enfance. Et ensuite, c'est au juge, effectivement, de déterminer les suites à donner. Mais l'important, c'est de créer l'urgence, l'urgence pour protéger l'enfant le plus vite possible.
On le disait, ce texte qui, à l'origine, était fait pour lutter contre le scandale de l'aide sociale à l'enfance, finalement a été enrichi à la fois par l'affaire Liana, par les violences dans le périscolaire. Est-ce que vous êtes quand même satisfait au final de ce texte ? Est-ce qu'il est suffisant sur l'aide sociale à l'enfance ?
Alors vous dire qu'il est suffisant, non, parce que je ne vais pas me... Je ne veux pas mentir, je dis toujours qu'il faut une vraie révolution sur la question de la protection de l'enfance et qu'on fait des mesurettes au fur et à mesure. Là, ce texte, il fait plus que des mesurettes. Encore une fois, l'ordonnance de sûreté, l'imprescriptibilité, la question des actes usuels, la question du renforcement aussi des peines de sûreté. J'avais porté un amendement pour que... un agresseur est condamné à perpétuité pour des viols sur mineurs, il y ait une peine de sûreté de 30 ans. Ça, c'était aussi une avancée. Donc, on renforce, en fait, la question pénale, qui est aussi importante. Mais... Bien sûr que ce n'est pas suffisant parce que sur la protection de l'enfance, il faudrait remettre tout à plat et faire en sorte que les 400 000 enfants qui sont sous la protection de l'institution puissent réellement protéger. Quand on sait qu'il y a 12 milliards qui sont mis par les départements pour protéger 400 000 enfants, je pense qu'aujourd'hui, il y a un besoin d'avancer un peu plus loin. Il y a besoin aussi d'avancer sur la question, moi j'avais porté des amendements qui malheureusement ont été rejetés, d'un accompagnement des jeunes jusqu'à la fin d'une formation diplômante, jusqu'au début de leur vie professionnelle. c'est-à-dire jusqu'à 25 ans au moins, là on voit bien que... Les départements ont une obligation d'accompagner, mais sans fixer les règles réellement, jusqu'à 21 ans. À 21 ans, il y a plein de jeunes qui sont encore sans diplôme, qui n'ont pas encore de travail. Et donc on a besoin aujourd'hui d'accompagner ces jeunes qui sont sous notre protection jusqu'au bout.
texte dont le disait sera soumis au vote du Sénat demain. Il a été adopté le 21 juin dernier à l'Assemblée. Le gouvernement expère une adoption définitive début 2027. Ça vous paraît possible ? Vous n'avez pas de doute sur son adoption demain au Sénat
Honnêtement, vu les débats qu'il y a eu en séance et des larges majorités qu'il y a eu sur un certain nombre d'amendements, je ne me fais pas de doute sur l'adoption en scrutin solennel. Et puis après, il y aura une commission mixte paritaire. Je n'ai pas forcément l'agenda en tête de ce qui est possible. Mais oui, je pense qu'avant la fin de la session, c'est-à-dire avant fin février, nous devrions avoir un texte qui soit voté par les deux chambres.
va terminer en parlant de la présidentielle. Mercredi, Gabriel Attal a appelé à une primaire des démocrates. Hier soir, sur TF1, Edouard Philippe a fermé la porte.
ne crois pas que cette primaire aura lieu. Je pense que cette primaire, c'est une primaire de la division et une primaire de la confusion. C'est une primaire de la division parce que le principe même d'une primaire, c'est d'appuyer sur les différences entre les candidats. Or, je pense que nous avons à créer du commun beaucoup plus qu'à appuyer sur nos divisions. Et puis c'est une primaire de la confusion, parce qu'elle rassemble des gens qui sont les continuateurs du macronisme pour M. Attal, et d'autres qui ouvrent la voie et qui tendent la main à l'union des droites.
'est-ce que vous pensez de la réaction d'Edouard Philippe, vous qui soutenez Gabriel Attal ? Vous
savez, moi je suis président d'un groupe qui rassemble à la fois des adhérents de Renaissance, à la fois des adhérents d'Horizon, à la fois des divers droites, des divers gauches. Donc c'est assez large le groupe RDPI au Sénat. Moi j'ai toujours... Promule l'idée qu'il fallait un grand rassemblement du socle commun parce qu'on gouverne depuis dix ans ensemble, parce qu'il y a une vraie crainte vis-à-vis des deux extrêmes, extrême droite et extrême gauche, représentés par les lupénistes et les mélanchonistes. On a une nécessité de se rassembler. Et ce qu'on a pu faire pendant 10 ans à travailler ensemble, pourquoi est-ce qu'on ne peut pas le faire encore sur des vrais projets, sur un renouvellement, sur une rupture aussi parfois avec ce qui a été fait pendant 10 ans, mais une rupture saine, une rupture qui soit sur le fond et sur les débats. Et là,
Edouard Philippe, il ne dit pas qu'il ne faut pas de rassemblement. Il dit que la primaire, le mode de désignation proposé par Gabriel Attal, c'est source de division et de confusion. Vous n'êtes pas d'accord ?
J'ai beaucoup de respect pour Edouard Philippe. Je suis rentré dans la majorité présidentielle. Quand Edouard Philippe était Premier ministre, donc moi, je n'ai pas de problème avec Edouard Philippe, comme je n'ai pas de problème avec Gabriel Attal. Mais je trouve qu'on me donne une méthode différente pour désigner un candidat et créer une dynamique autour du futur candidat. Aujourd'hui, il y a une multitude de candidats du socle commun. Et personne ne se dégage réellement. Et donc, effectivement, la primaire était un des moyens pour déterminer, pour que la démocratie parle et qu'en interne, au sein du socle commun, il puisse avoir un débat et qu'on soit juste le meilleur des candidats. Pour vous, avec cette déclaration
d'Edouard Philippe, elle est enterrée, la primaire. Vous n'avez plus aucun espoir.
être réaliste, ça paraît compliqué si les principaux candidats ne souhaitent pas entrer dans la primaire, ça me paraît compliqué. Cependant, moi j'ai encore espoir qu'on puisse trouver un accord et faire en sorte que chacun apporte ses idées, que chacun apporte son histoire, chacun apporte sa sensibilité. Vous savez, moi je suis président d'un parti qui s'appelle démocrate et progressiste, qui apporte aussi un certain nombre de projets et de sensibilités différentes de celles d'Edouard Philippe, mais je pense qu'elles sont compatibles et donc il faut pouvoir avoir ce débat en commun et la primaire est un moyen. aussi de débattre et de confronter des idées pour ensuite se rassembler sur l'essentiel.
Mais est-ce qu'il n'y en a pas d'autres ? Est-ce que, par exemple, vous ne pourriez pas organiser un grand sondage, c'est une idée qui commence à faire son chemin, un grand sondage qui finalement déciderait ou en tout cas dirait quel est le candidat le plus à même d'accéder au second tour ? Ce
qui est sûr, c'est que s'il n'y a pas de primaire, il y aura peut-être un sondage. Il y aura peut-être une grande conférence de tous les candidats qui aspirent à diriger notre pays demain et qui refusent. les extrêmes, qui sont pro-européens. Je pense qu'il faut aussi définir les valeurs. C'est-à-dire nous, nous sommes pro-européens, nous sommes contre les extrêmes, nous sommes pour aider l'Ukraine. Il y a un certain nombre d'éléments. Nous sommes des réformateurs aussi. Il faut aussi qu'on puisse définir ce que nous voulons pour demain. Mais pour vous, la primaire,
si la primaire a lieu, ou en tout cas le mode de départage, il doit aller d'où à où ? Il doit aller quoi ? De Raphaël Glucksmann jusqu'à David Lysnard ?
Moi, je ne sais pas si on met David Lysnard à droite ou à gauche de Bruno Retailleau. Mais en tout cas, je pense qu'il faut que ça aille de la gauche républicaine. Marc
Fénault dit qu'il ne faut pas qu'il y ait David Lysnard. Est-ce que vous, vous dites la même chose ?
Honnêtement, je ne suis pas un grand fan de David Lysnard sur le fond et sur les propos. sur le fait qu'il prône le rassemblement aussi des droites, notamment avec Eric Ciotti et Sarah Knafo. Donc oui, moi, pour le coup, je me sens très éloigné sur les valeurs mêmes avec David Wisnard. Donc vous aussi, vous dites pas David Wisnard dans la primaire. À titre personnel, je pense que ça doit aller de Raphaël Glussmann, François Hollande, de la gauche, on va dire républicaine, jusqu'à la droite républicaine, Bruno Retailleau, même si j'ai des vrais désaccords de fond avec Bruno Retailleau. Mais je pense encore que la droite républicaine, que les républicains... Au-delà de Bruno Retailleau, la droite républicaine a encore des valeurs qui sont compatibles avec le socle commun et qui sont compatibles dans un grand rassemblement.
Hier, Edouard Philippe a dit qu'il prendrait ses responsabilités en février. Est-ce que Gabriel Attal prendra aussi ses responsabilités ou est-ce que s'il n'y a pas de primaire, il ira au bout, coûte que coûte ?
Mais je crois que Gabriel Attal et Edouard Philippe l'ont dit depuis le début. qu'il y avait une confrontation des idées, des projets, mais qu'il faudrait qu'il n'y ait qu'un seul candidat. C'est normal qu'il le dise. Peut-être que ce sera un bulletin Attal et pas un bulletin Philippe. Peut-être qu'il y aura un bulletin Philippe et pas un bulletin Attal, j'en sais rien. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut aussi que nos responsables politiques soient responsables vis-à-vis des Français et faire en sorte qu'il n'y ait qu'un seul candidat qui puisse incarner cette alternative à la fois à 10 ans d'une politique que nous avons soutenue mais sur laquelle il faut maintenant une rupture. Mais pour faire un droit d'inventaire, il faut aussi qu'on puisse avoir un débat sur le fond. Je pense qu'il faut assumer ce bilan des 10 ans tout en ayant une rupture sur les 10 prochaines années.
Merci Xavier Iacobedi.
Merci
beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.
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