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Quand on manie des sondages à six mois du premier tour, il faut toujours regarder avec beaucoup de précautions. Mais je crois qu'il est important de regarder à intervalles réguliers dans des moments un peu clés d'une nation. Et je pense que post-17 octobre, il était intéressant de voir ce que ça avait fait bouger comme ligne de force au sein de l'opinion. Alors, il se trouve qu'aujourd'hui, le journal Le Parisien en a fait sa une. On va la regarder juste ici. Il titre « Le choc du 17 octobre sur la campagne ». Et il s'appuie sur un grand sondage lancé par Ipsos BVA. Il y a quelques petits enseignements qui me semblent très intéressants. Le premier enseignement, c'est peut-être d'abord sur l'identité des deux qualifiés pour le second tour. Pour la première fois chez Ipsos BVA. Quelles que soient les options considérées, quelles que soient les hypothèses de premier tour, c'est Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui se qualifient pour le second tour. D'habitude, il y a toujours un scénario qui fait qu'un autre candidat affronte Marine Le Pen, soit parce qu'un candidat se retire ou qu'un autre s'ajoute. Là, quels que soient les scénarios testés, ce sont ces deux personnalités-là qui arrivent au second tour. Ce qui quand même dit quelque chose, on commente la polarisation du pays émission après émission. Là, on voit une traduction électorale très nette, c'est la France insoumise. le Rassemblement national qui domine le paysage. Ça veut dire qu'il profite largement de la séquence. Il profite largement de la séquence. Et donc la conséquence logique, c'est qu'Edouard Philippe, qui était donné, lui, qualifié dans la plupart des scénarios au second tour depuis sa déclaration de candidature, qui remonte déjà à septembre 2023, eh bien, quelles que soient les hypothèses testées, avec ou sans Gabriel Attal, avec ou sans David Glissnard, il est, lui, éliminé du second tour. Pour avoir les under-grandeurs, il est autour de 15% aujourd'hui, alors que Marine Le Pen est à 33 et Jean-Luc Mélenchon... C'est un effondrement du centre ? Alors, pour répondre à ça, parce que les mots sont très importants, peut-être ce graphique-là. Ce graphique, il y a deux courbes, on le voit ici, c'est l'évolution des intentions de vote au premier tour pour Edouard Philippe et Gabriel Attal entre le 24 octobre 2024 et aujourd'hui. Donc on a deux ans d'évolution. Qu'est-ce qu'on voit quand on le voit à gauche de l'écran ? En fait, il y a deux ans, Edouard Philippe, il était donné à 25%, Gabriel Attal autour de 19%. Aujourd'hui, deux ans plus tard, qu'est-ce qu'on voit ? Il est à 15%, Edouard Philippe, et Gabriel Attal à 9%. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en deux ans, le bloc central a perdu 10 points. C'est quand même quelque chose d'assez spectaculaire. Et qu'est-ce qu'on remarque sur la courbe ? Il n'y a pas de décrochage massif et brutal. Au contraire, ce qu'on voit, c'est une sorte de lente érosion, lente mais continue érosion des intentions de vote, ce qui me fait dire que ce n'est pas tant un effondrement, c'est en fait une évaporation du bloc central. On explique comment ? Moi, je pense que ce qui est expliqué, c'est qu'on voit en fait, Ipsos le montre très bien, il y a simplement un électeur sur deux de Macron en 2022 qui vote aujourd'hui pour Édouard Philippe. Donc ça veut dire que les électeurs sont vaporés, ils sont allés partout ailleurs. Alors, deux hypothèses, soit il y a un problème de candidat, en quel cas la question c'est comment est-ce qu'Édouard Philippe peut convaincre son camp, soit, et l'hypothèse est plus sérieuse, Macron va réussir à former un électorat très hétéroclite et très divers. C'est peut-être là la fin du macronisme, à savoir chaque électeur rentre à la maison.
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