Chargement...
Chargement...
Le 6 novembre, la France Insoumise publiera son programme présidentiel sous un titre qui résume désormais la nouvelle orientation du discours de Jean-Luc Mélenchon. L'avenir en commun, présenté comme le programme de la Nouvelle France. Un document édité chez La Dispute, imprimé à 30 000 exemplaires, qui doit être présenté le lendemain au Bourget, en Seine-Saint-Denis, selon LCP. Derrière cette formule se trouve une stratégie politique et électorale. Jean-Luc Mélenchon utilise l'expression « Nouvelle France depuis 2018 ». Elle désigne dans son discours les transformations de la société française depuis la naissance de la République en 1958. Le concept met notamment en avant les femmes, les immigrés et leurs descendants, les jeunes, les nouvelles catégories de travailleurs et les populations usurbaines. Mais cette définition de la société correspond aussi à une cible électorale clairement identifiée. Selon Europe 1, les quartiers populaires et les Français issus de l'immigration occupent une place centrale dans cette approche. Ces populations comptent parmi les électorats les plus abstentionnistes. Pour Éric Coquerel, député insoumis et président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, l'enjeu est précisément de convaincre ses électeurs de participer au scrutin. En 2022, Jean-Luc Mélenchon avait manqué d'environ 420 000 voix pour accéder au second tour de l'élection présidentielle. La mobilisation des abstentionnistes constitue donc un objectif important de sa campagne. La Nouvelle-France sert ainsi à la fois à décrire les évolutions du pays et à désigner les catégories de population que le candidat souhaite mobiliser. Cette expression remplace progressivement un autre concept auparavant central dans son discours, la créolisation. Théorisée par le poète martiniquais Édouard Glissant, cette notion renvoie au mélange des cultures. Jean-Luc Mélenchon l'utilisait pour évoquer les transformations de la société française. Selon Europe 1, elle a désormais laissé place à la Nouvelle-France, une évolution que la radio présente comme un énième renoncement. Le changement de vocabulaire apparaît également dans le discours prononcé lors du lancement de la campagne, le 7 juin. Le chercheur Bruno Cotteres, du CEVIPOF, a analysé cette intervention, qui compte environ 5000 mots. Dans son étude publiée par l'Institut Montaigne, il relève que les termes les plus employés sont « France », « Nouvelle » et « Peuple ». Il souligne également la présence d'un vocabulaire du conflit et de référence à une sixième république. Le choix du mot « France » occupe donc une place centrale dans cette nouvelle communication politique. Et le lieu du lancement de campagne, organisé à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, s'inscrit dans cette démarche. Le 7 juin, Jean-Luc Mélenchon y a tenu un meeting en plein air auquel la France Insoumise affirme que 26 000 personnes ont participé, selon l'AFP. Dans un article consacré à ce choix géographique, LCP rapporte que le candidat assume le caractère provocateur de son concept et souhaite susciter le débat. Certaines personnalités insoumises sont également présentées comme des incarnations de cette nouvelle France. C'est notamment le cas de l'eurodéputé Rima Hassan, selon Europe 1. Le concept prend ainsi une dimension concrète à travers les figures politiques mises en avant par le candidat. Mais cette orientation suscite des critiques bien au-delà de la droite. Gabriel Attal, candidat de Renaissance, considère que la formule revient à nier la France existante. Le Rassemblement national y voit de son côté un projet antirépublicain, selon les réactions recensées par LCP. La contestation vient aussi du Parti communiste. Son secrétaire national, Fabien Roussel, également candidat à la présidentielle, qualifie la notion de « concept communautariste », une critique qui rapproche son positionnement de certaines attaques formulées à droite alors qu'environ 500 élus militants et syndicalistes communistes ont rejoint Jean-Luc Mélenchon le 14 octobre selon le décompte de Politis. Aucun parlementaire communiste ne figure toutefois parmi ces ralliements. Marine Le Pen a également pris position contre cette formule. À la fin du mois de mai, la candidate du RN a diffusé sur X une vidéo consacrée à la Nouvelle France, défendue par Jean-Luc Mélenchon. Le 26 mai, celui-ci a dénoncé un montage de ses propos et annoncé son intention de porter plainte contre elle, selon le groupe Symedia. De renaissance au Rassemblement national, En passant par le Parti communiste, la formule suscite donc des critiques venues de camps politiques différents. Le 6 novembre, elle deviendra officiellement le titre du programme de la France insoumise. Un choix qui place la nouvelle France au centre du projet présidentiel de Jean-Luc Mélenchon et de sa volonté de mobiliser un électorat décisif pour accéder au second tour.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.