Chargement...
Chargement...
7h10, trois questions pour comprendre les enjeux politiques de la nouvelle journée de mobilisation prévue aujourd'hui. Bonjour Bruno Jeudy, vous êtes journaliste, directeur délégué de la Tribune Dimanche, fin analyste de notre vie politique depuis longtemps maintenant. Première question, Emmanuel Macron semble depuis plusieurs jours vouloir reprendre la main dans cette séquence de mobilisation qui s'éternise. Première question pour comprendre, est-ce qu'il a sous-estimé l'ampleur de la crise et surtout est-ce qu'il a encore quelque chose à perdre Emmanuel Macron
? Oui, il a sous-estimé l'ampleur de la crise, il le reconnaît lui-même. Il l'a dit d'ailleurs lors de son déplacement à Marseille, au maire de Marseille, que le 17 octobre, les services n'ont pas vu la masse des manifestants. Ils n'ont pas vu non plus la présence en grand nombre de casseurs, de pilleurs. On a évoqué le chiffre de 10 000 sur l'ensemble de la France, 5 000 rien qu'à Paris. Et évidemment, il voulait le 24 octobre que ça se passe bien. C'est lui qui personnellement a assumé le changement de parcours de la manifestation. Vous savez que le parcours a été changé à Paris, ils ont manifesté sur les boulevards extérieurs, ce qu'on appelle. Mais même Orléans l'a moins dit, le parcours avait été également repoussé du centre-ville vers l'extérieur pour justement protéger notamment les commerçants.
Il y avait encore un sujet aujourd'hui concernant ce parcours, ça c'est l'information de la matinée. Le Conseil d'Etat a annulé la décision du tribunal administratif de Paris. Le parcours Bastination est donc interdit. Est-ce que ça c'est une petite victoire pour la préfecture de police ? Pour Emmanuel Macron
? En tous les cas, Emmanuel Macron voulait que ça se passe comme ça. C'est lui qui a poussé son ministre de l'Intérieur à sortir les manifestants des centres-villes. pour protéger les commerçants. Vous savez, le président et cet exécutif, il est pris entre deux mots, celui de respecter la liberté de manifester, qui est un droit inaliénable, et puis celui, le droit aussi de protéger, enfin, assurer la protection des biens et des personnes, et notamment des commerçants durement éprouvés le 17 octobre, et qui voient les samedis se succéder, et maintenant la perspective aussi de perdre du chiffre d'affaires, et pour certains, perdre leur outil de travail, si jamais il y avait à nouveau de la casse. dans des manifestations à Paris ou en province. Le
président de la République a appelé à la reprise des cours à la rentrée dès ce lundi et dans le calme. Est-ce qu'il est encore... Audible aujourd'hui ?
Audible, je crois que c'est très difficile pour lui. Vous savez, il est à 15-16% de bonnes opinions. C'est un pouvoir finissant, un président qui va partir le 13 mai de l'Elysée. Mais ce qu'il dit en privé, c'est que d'abord, il a reçu les lycéens. Il n'a pas attendu le retour des vacances. Il l'a fait pendant les vacances scolaires, preuve de l'urgence. Deux, il a dit aux lycéens que toutes les questions posées étaient légitimes. Et il a poussé son... ministre à son gouvernement à renouer le dialogue ce qu'ils ont fait sans tarder ils sont d'expression c'est maintenant moi je dois essayer de réduire les colères ce qu'il essaie de faire évidemment c'est très c'est très compliqué se fait pas beaucoup d'illusions et surtout ce qui l'a surpris quand il a reçu les lycéens c'est devant lui il a eu des personnes qui lui ont dit mais monsieur le président on veut faire quelque chose avec vous maintenant parce que après on sait que ce sera pas possible et donc il ya comme une sorte d'intériorisation de la victoire du rn par une Une partie des lycéens, mais aussi par une partie des gens qui manifestent contre le pouvoir d'achat.
Justement, c'est notre deuxième question pour comprendre. Dans la perspective de 2027, deux parties semblent être en mesure de profiter de cette séquence. Et je mets beaucoup de guillemets autour de profiter parce qu'on parle du malheur des gens. Le Rassemblement National, Marine Le Pen et la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Deuxième question pour comprendre. La présidentielle de 2027 se joue-t-elle dès maintenant et dans la rue ?
'est la grande surprise. Peut-être qu'elle se joue dans la rue, cette présidentielle, parce que c'est vrai que normalement, il n'y a pas de mouvements sociaux comme ça, d'une telle puissance, six mois avant une présidence. Et là, oui, c'est une première, puisqu'on n'a pas connu ce type de situation. Elle est déroutante, j'allais dire, elle est déroutante pour les politiques, elle est déroutante pour les candidats. Et puis, c'est les Français qui, finalement, n'attendent pas la présidentielle. Une partie d'entre eux, c'est peut-être le cas de ceux qui descendent, se disent, de toute façon, Marine Le Pen va gagner, donc il faut obtenir des choses maintenant. Il y a aussi une partie de la... qui peut-être a déjà intériorisé une forme de défaite en tous les cas ce qui est certain c'est que il ya une sorte d'étau qui est en place d'un côté marine le pen qui profite entre guillemets de ce de ce mouvement et de ces images de casques ont profite profondément marqué les français
est ce que est ce que justement le rn est devenu le réceptacle naturel évident des des colères parce qu'on le voit elle progresse avec cette mobilisation
il était déjà avant Il l'est pendant et peut-être qu'il le sera dans les urnes au mois d'avril et au mois de mai. On verra ce qu'il en est. Ce qui est certain, c'est qu'elle fait la course loin devant dans les sondages. Mais Jean-Luc Mélenchon profite aussi de cette colère moindre, de manière moindre. Mais il en profite aussi, on le voit, il a progressé. Il est maintenant installé à la deuxième place dans les sondages. Ça vaut ce que ça vaut, mais c'est un indicateur. Alors que les candidats dits du bloc central ou de la droite et du centre, ils sont... Ils sont plutôt dans le doute et on voit bien qu'ils sont assez inaudibles. Il y a une espèce de polarisation d'un étau des extrêmes qui est assez terrible pour les Français parce que c'est comme s'il n'y avait plus d'autre façon de se faire entendre que d'être dans les colères, soit les colères contre les manifestants, soit la colère des manifestants avec un pouvoir très faible qui essaie de desserrer cet étau. Ce n'est pas terminé aujourd'hui, 5 novembre, peut-être. Peut-être le 7. C'est une séquence
qui s'annonce longue.
La situation est assez éprouvante. Et
on va y venir, ce sera notre troisième question pour comprendre, pour exister pour ceux qui sont entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Juste avant, j'aimerais vous entendre sur l'ultra-gauche. Dans beaucoup de discours, les faits de violence, de cassage, de pillage sont attribués à l'ultra-gauche, créant un lien plus ou moins net avec la France insoumise. Est-ce que ce lien existe vraiment d'abord ? Et qu'est-ce que l'ultra-gauche ?
L'ultra-gauche, c'est une nébuleuse qui existe depuis déjà des années, qui s'est fondée dans la violence et dans la radicalité, mais la radicalité dans une forme de nihilisme politique. Ce n'est pas forcément beaucoup en termes de nombre, mais ils viennent perturber les manifestations. On le sait, depuis 2016, on date cette présence de l'ultra-gauche en masse dans les manifestations. Depuis 2016, c'était les manifs contre la loi, les lois du travail, la loi dite El Khomri. Et puis après, on les a revues nuit debout, on les a revues à Sainte-Sauline, on les a revues à Notre-Dame-des-Landes. Quel est le lien avec LFI crois qu'il n'y a pas véritablement de lien. On attribue beaucoup ces manifestations à Eléfi, qui sans doute est une inspiratrice de cette colère. Mais ce sont deux canaux de colère qui se rejoignent par moments. Il y a forcément des liens. Il y a aussi des mouvements d'extrême gauche qui sont proches de l'ultra-gauche, le NPA par exemple, qui peut un peu faire le pont entre les deux. On est plutôt face à, j'allais dire, l'ultra-gauche, l'extrême gauche. Extrême gauche, la gauche radicale, plus les casseurs d'opportunités, comme les appelle Laurent Nunes, qui se sont fondus en fin de cortège ou en début de cortège, d'ailleurs, le 17 octobre.
Bruno, jeudi, entre LFI et le RN, il y a un espace politique où les candidats sont plutôt discrets. Je pense à Edouard Philippe, à Raphaël Glucksmann, qui apparaissent en retrait depuis le début de cette mobilisation. C'est le cas pour beaucoup d'autres. Troisième question pour comprendre, comment se faire entendre ? ces candidats-là lorsque la tendance est à la radicalité.
pour ces candidats-là, d'abord, il y a un espace. Il est moins bruyant, donc on l'entend moins, mais il y a un espace. Aujourd'hui, pour ceux qui ont été membres de gouvernement d'Emmanuel Macron, c'est difficile, parce qu'évidemment, il y a une telle colère. Donc c'est difficile pour Édouard Philippe, c'est difficile surtout pour Gabriel Attal, dans une certaine manière pour Bruno Rotaillot, même s'il explique qu'il a été ministre quelques mois. C'est difficile, mais en même temps, leur problème à eux, c'est... c'est que surtout ils sont divisés. Et donc la division de cet espace leur donne peu de chances d'être au second tour. Maintenant, il reste quand même encore quelques semaines, voire quelques mois pour qu'ils trouvent une solution. D'où les appels à la primaire. Je ne suis pas sûr qu'elle ait lieu. De Gabriel
Attal.
Oui, de Gabriel Attal. Mais il y aura peut-être une forme de responsabilisation qui va se décanter peut-être en décembre ou en janvier. Ce qui est certain, c'est que ce camp... aujourd'hui est à la peine. Mais vous savez, c'est le président de la République qui dit souvent, dans la longue histoire des présidentielles, les Français achètent rarement le président d'octobre. J'ai vérifié. Sur les huit dernières présidentielles, c'est vrai une fois sur deux.
Merci Bruno Jeudy pour cet éclairage et au plaisir de vous lire dans la tribune dimanche demain.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.