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Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le ministre de la Justice. Il y a de très nombreuses questions à vous poser ce matin. Il n'y a jamais eu, et c'est le record je crois, autant de prisonniers en France. On va y revenir. Vous voulez réformer l'école nationale de la magistrature. On va y revenir également. Mais je voudrais d'abord qu'on prenne le temps avec vous de faire une sorte de pré-bilan. Où est-ce qu'on en est après les arrestations des journées et notamment... du 17 octobre en matière de réponse judiciaire. Je voudrais vous redonner les chiffres. Le samedi 17, il y avait eu 2628 interpellations le jour même. Le samedi 24, 1314. Le samedi 31, encore 779. Vous aviez demandé de la fermeté dans la réponse pénale. Combien, à ce jour, ont été jugés, condamnés, incarcérés ? Quelles ont été les réponses ?
Alors évidemment, les chiffres que je vais vous donner, ce ne sont pas les chiffres à la suite du mouvement des lycéens. Il s'agit bien des week-ends de manifestations, de contestations et parfois de violences qu'on a connues le 17 octobre. Vous avez raison
de le dire, il y a eu quand même un enchaînement.
Exactement. Et par exemple, sur les plusieurs milliers, 7000 gardes à vue qu'il y a eu dans le mouvement des lycéens, il y a eu trois détentions provisoires et les trois ont concerné des majeurs. Donc ça montre bien que la justice, quand je lui ai donné des demandes, est circulaire, notamment au procureur de la République. Je lui ai demandé de ne pas demander l'incarcération, évidemment, des lycéens. Contrairement à ce que j'ai dit dans les réseaux sociaux, elle a appliqué ses consignes. Il n'y a pas eu d'incarcération des lycéens. En revanche, dans les week-ends que nous avons eu depuis le 17 octobre, de violences contre les forces de l'ordre, contre les bâtiments publics, contre vos confrères et consoeurs journalistes, par exemple, depuis ce 17 octobre, il y a eu 4914 gardes à vue. 70% sont des majeurs et 30% sont des mineurs, ce qui montre bien d'ailleurs que c'est un mouvement en effet d'adultes et ce n'est pas le mouvement de continuité des lycéens. Il y a eu 2290 poursuites par le procureur de la République, c'est-à-dire que nous avons une réponse pénale qui était très forte, il n'y a pas eu d'alternative, il n'y a pas eu de rappel à la loi et simplement on rentre chez soi. Il y a eu énormément de poursuites par les procureurs de la République. Il y a eu 1820, c'est-à-dire à peu près 40%. 1820. personnes qui ont été déférées avec des policiers ou des gendarmes, de la garde à vue jusqu'au tribunal, pour être jugées par un juge correctionnel. Il y a eu 404 mesures d'emprisonnement et 329 incarcérations. C'est une réponse pénale extrêmement forte. Comment il
peut y avoir une différence entre les mesures d'incarcération et les incarcérations réelles ?
Parce que par exemple, il y a des gens qui ont fait des appels, et que cet appel est suspensif, et qu'on attend que la cour d'appel puisse confirmer. Donc au moment où l'on se parle,
combien sont en prison ?
Aujourd'hui, il y a 329 personnes qui sont incarcérées. Et il y a par ailleurs des profils extrêmement variés, selon les week-ends, mais grosso modo 95% d'hommes et 5% seulement de femmes. Deux tiers ont entre 18 et 25 ans, donc c'est un mouvement de jeunes adultes, on va dire ça comme ça. 70% sont français. 30% sont étrangers et plus de 50% n'avaient aucun antécédent judiciaire, c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais été condamnés par la justice. 50%,
ça veut dire quand même 1 sur 2 avaient des antécédents.
Exactement. Je pense que notamment le premier week-end, de mes souvenirs, il y avait vraiment 60 à 70% de gens qui n'avaient aucun antécédent judiciaire. Et puis, notamment le week-end dernier, il y a eu moins de gardes à vue, 240 gardes à vue ce week-end. Donc le mouvement a baissé, en tout cas du point de vue de la réponse policière et de la réponse pénale. Et là, il y avait plus de gens qui avaient des antécédents. Ceux qui restent,
quand il y en a moins, c'est ceux qui sont les plus motivés ou les plus habitués à ce type d'exaction.
Ou les plus violents.
Gérald Darmanin, le week-end dernier, vous le disiez, il y a eu moins de garde à vue, mais il y a eu tout de même des images qui ont particulièrement frappé, des émeutiers qui ont tenté de mettre le feu. littéralement, à des CRS, des policiers. Est-ce que, typiquement, sur ce cas-là, est-ce qu'il y a eu des poursuites ? Est-ce que les personnes ont été arrêtées ?
c'est le procureur de la République de Paris de communiquer, mais je voudrais saluer sa réactivité et d'ouvrir une enquête immédiatement. pour tentative d'homicide, parce qu'il s'agit bien de ça, d'un potentiel assassinat d'un gendarme mobile. Mais on a ces images qui nous ont touchés, mais malheureusement, je peux vous dire que ces images, elles sont quotidiennes pour les policiers, pour les gendarmes, voire pour les sapeurs-pompiers, voire parfois pour vos collègues journalistes qui n'ont jamais été autant pris à partie, également, dans ce genre de contestation. Ce qui est extrêmement inquiétant pour l'État de droit. Et des policiers, des gendarmes qui sont tirés au tir dessus à balles réelles, on leur envoie des boules de pétanque dans la tête. On leur envoie des cocktails Molotov sur eux. Des gens qui n'ont plus de dents. J'ai le témoignage, puisque je suis resté très en contact avec les forces de l'ordre depuis que je suis ministre de l'Intérieur, de gens qui ont policiers de 25 ans qui n'ont plus de dents. Ou qui, pardon de ce propos devant vous, mais qui n'ont plus de testicules, qui ne peuvent plus avoir d'enfants. Parce qu'ils ont protégé des commerces ou protégé des bâtiments publics. Quand on est policier, quand on a 24 ans...
Donc quand on parle de ces policiers blessés, c'est ça la réalité derrière ? Il y a eu
plus de 1300, je crois, policiers et gendarmes blessés. Alors parfois des blessures psychologiques, des gens qui ne peuvent plus aller travailler, et il faut les prendre en compte, et des blessures physiques extrêmement graves. Et donc je pense qu'il faut aussi voir la violence que subissent les policiers et les gendarmes. Et quand on voit qu'il y a une violence contre les policiers et les gendarmes, contre les sapeurs-pompiers... contre vos collègues journalistes, et que des représentants politiques, je pense à M. Mélenchon, qui à demi-même dit que la police tue, soutient les slogans à cab, tous les flics sont des bâtards, c'est ça que ça veut dire, ou nommément attaquent tous vos collègues journalistes, je m'inquiète beaucoup pour l'état de droit. Et ce qui est très inquiétant, c'est de savoir que cette personne pourrait arriver en responsabilité politique. On sait que les idées d'extrême droite et les idées d'extrême gauche enchaînent la violence. et parfois désinhibent des comportements de gens qui... Vous estimez qu'ils ont
une responsabilité ?
Kepel dit qu'il y a un djihadisme d'atmosphère. On en a parlé pour le terrorisme islamiste et c'est tout à fait vrai. Il y a des intellectuels qui évoquent le fait que les femmes ne sont pas à l'égalité des hommes, que les chrétiens sont à tuer, que les juifs sont tous des salauds. Et donc du coup, ça pousse n'importe qui, radicalisé, de passer à l'acte. Eh bien, il y a un extrême-gauchisme d'atmosphère, comme il y a l'extrême-droitisme d'atmosphère. Des gens qui pensent que les Blancs sont supérieurs aux autres, c'est le cas. attrapent, manifestement, ou des gens qui pensent que les flics sont tous des bâtards et que les journalistes sont tous à la sorte du capitalisme ou du pouvoir. Et M. Mélenchon ? a une responsabilité immense dans cette violence. Et qu'il attaque nommément des journalistes. Mais attendez, c'est quand même une démocratie étonnante. Regardez les tweets de M. Mélenchon. Votre conçant Mme Coudray qui est traité quasiment de fasciste. Il y a quand même de la marge. J'ai été
nommément attaqué par Jean-Luc Mélenchon hier sur les
réseaux
sociaux pour avoir justement apporté
mon... Mais les journalistes disent ce qu'ils veulent dans notre démocratie. Ça nous plaît, ça nous plaît pas. Bien sûr, on peut avoir une discussion, et parfois une discussion assez forte. Mais de là à les montrer du doigt avec une telle violence, qu'est-ce que ça veut dire ? qu'il faut la faire taire, Mme Coudray. Et si Mme Coudray est fasciste, les fascistes sont très très nombreux. Si on ne pense pas que M. Mélenchon est fasciste, alors vraiment, effectivement, il y a beaucoup de fascistes en France. On voit bien que c'est une dérive autoritaire de la part de M. Mélenchon, qui est extrêmement grave. Et moi, je m'étonne que des voix, et notamment des voix de gauche, ne le dénoncent pas. C'est une dérive autoritaire extrêmement inquiétante. Vous
estimez aujourd'hui, et vous faites le lien avec ce que l'on vient de dire avant, avec le climat global de violence dans ce pays.
En tout cas, il ne fait rien pour calmer les choses. Quand on a trois tweets, deux suites, je suis peut-être inexact, on a peut-être quatre ou cinq, où on attaque nommément des journalistes parce qu'on n'est pas d'accord dans la façon dont on a mené une interview, pardon, excusez-moi, mais on est chez les fous. Et donc oui, il y a une responsabilité. Tout le monde sait que M. Mélenchon a de la culture. Tout le monde sait qu'il est intelligent. Et tout le monde sait qu'il sait ce qu'il fait. Donc c'est très inquiétant.
Dans les propos justement qui faisaient référence à l'interview... de Mme Coudray, il s'agissait de propos d'Edouard Philippe, qu'elle n'aurait pas suffisamment recadré ou qu'elle aurait fait sien, si j'en crois les mots. Pardonnez-moi, je n'ai plus de mémoire le mot exact, mais c'est cela que faisait référence Jean-Luc Mélenchon. Les propos d'Edouard Philippe...
Il n'a qu'à attaquer Edouard Philippe s'il n'est pas content des propos d'Edouard Philippe.
C'est de la politique. Il n'a qu'à faire un débat, mais qu
'il fasse un débat avec Edouard Philippe sur le plateau.
C'est ça. C'est ça la démocratie. La politique, on s'en parle les uns les autres, mais on n'attaque pas forcément le locuteur ou le journaliste. Mais sur les propos d'Edouard Philippe, Edouard Philippe, et ça revient exactement à la question que je vous posais un peu plus tôt aussi sur la question du profil. Vous m'avez dit qu'il s'agissait d'hommes à 95%, qu'ils étaient jeunes, mais pas si jeunes, puisque 70% sont des majeurs. Edouard Philippe a cette question du profil de ceux qui étaient notamment dans les scènes de pillage. Il dit, lors des violences, la surreprésentation de jeunes issus de l'immigration était patente. Selon le mot de Peggy, il faut voir ce que l'on voit. Voilà l'expression d'Edouard Philippe. L'échec de l'intégration dans notre pays depuis plusieurs décennies est incontestable. Il précise également ce qui ne minimise en aucun cas certaines superbes réussites d'intégration républicaine. Et dans ce même entretien, il parle du fait de diviser l'immigration légale comme si effectivement c'était lié. Est-ce que vous partagez les propos d'Edouard Philippe
? Il faut être aveugle pour ne pas le voir. Il parle d'or. Il y a évidemment un défaut d'intégration d'autres pays. Il n'est pas total. Je suis moi-même issu d'immigration. Il y a plein de gens qui nous écoutent, qui ont des réussites, malgré le fait que ce soit des mamans seules qui les ont élevées dans des HLM et dans des quartiers populaires. J'en suis un exemple. Vous avez souvent parlé de l'éducation que vous a donnée votre mère. Voilà, mais bien sûr. Mais il y a aussi un défaut d'intégration. Bien évidemment. Mais est-ce que c'est
la faute de ceux qui ne sont pas intégrés ou est-ce que c'est de la faute de ceux qui n'intègrent pas bien ?
Mais c'est les deux. On a tous une part de responsabilité individuelle et c'est plus difficile pour un enfant d'immigrés élevé par une femme seule dont le père n'est plus là, dans des conditions de logement extrêmement difficiles, où il y a un point de deal en bas de chez soi. C'est plus difficile pour lui que pour un fils de bourgeois du 16e arrondissement de s'intégrer dans la société française. C'est une évidence. Mais par ailleurs, chacun a sa liberté pour s'en sortir. Il y a plein de gamins qui ont été élevés par des femmes seules dans des quartiers, qui ne sont pas dealers et qui ne pillent pas les magasins. Donc ce n'est pas une excuse ? Bien sûr, il n'y a pas d'excuses sociales. Il peut y avoir des explications. On peut comprendre que c'est plus dur pour des personnes, bien évidemment. Mais il n'y a pas d'exclus social. Chaque homme est libre, chaque femme est libre. On n'est pas forcé de piller. À propos de ces mots
-là, Jean-Luc Mélenchon parle d'un racisme dégoûtant.
Mais c'est l'opinion de M. Mélenchon. Évidemment, moi, je la combats, cette opinion. Mais il a le droit de le dire en démocratie. Il n'a pas le droit d'attaquer la journaliste parce qu'il considérait que la journaliste doit faire taire Edouard Philippe, qui lui aussi a le droit de dire ce qu'il veut. On est en démocratie. Nous sommes dans un pays libre où on a le droit de manifester contre la police, encadré par la police. C'est quand même un pays formidable. Et donc M. Mélenchon, s'il n'est pas d'accord avec Edouard Philippe, il va sur BFM, il va sur n'importe quel plateau et il débat avec M. Philippe. Et les Français voteront à la fin. Ce qui est inquiétant dans la situation dans laquelle nous vivons, c'est qu'on a l'impression que l'élection présidentielle ne va pas être le catalyseur des crispations françaises. Nous avons une élection dans six mois. C'est la réponse démocratique. Elle est très importante. Il y aura des débats vifs, c'est tout à fait normal. Et nous espérons tous qu'à la fin, nous aurons choisi légitimement un ou une président que tout le monde va reconnaître, même si on n'est pas d'accord. C'est le jeu de la minorité et parfois de l'opposition politique. Et on passera à autre chose, à construire notre économie, à éduquer nos enfants, à mieux intégrer les étrangers, à nous battre contre des puissances étrangères qui nous veulent du mal. On a l'impression que là, les choses se font que M. Mélenchon et parfois Mme Le Pen essayent de faire dérailler la présidentielle et créer... des anathèmes, des problèmes qui sauraient que le prochain ne serait pas légitime, le prochain président de la République. Et donc ça, c'est extrêmement inquiétant. Est
-ce que vous redoutez aussi l'atmosphère autour des élections et après ? Autour des élections, il y a évidemment cette question. Raphaël Luxman, qui était mon invité hier, estimait qu'il serait intelligent de réfléchir à avancer d'une semaine les élections présidentielles pour ne pas que le deuxième tour, tel qu'il est prévu aujourd'hui, ne tombe le lendemain du 1er mai. Il y a plusieurs raisons à cela. D'abord parce qu'effectivement, il y a la crainte d'éventuels débordements dans les différentes manifestations traditionnellement organisées le 1er mai. Il y a aussi une autre question démocratique, comme vous le disiez, c'est que ce 1er mai... Le premier mec est une journée importante politiquement. Nous, les journalistes, ne pourrons pas la couvrir parce que la journée du samedi qui précède les élections est une journée où on n'a pas le droit de parler des élections, où on n'a pas le droit de parler politique sur les ondes. C'est un moment de réserve de la campagne. Est-ce que ces deux raisons-là ne sont pas suffisantes pour se dire qu'il vaut mieux avancer les élections ?
Alors, ce n'est pas moi qui décide. C'est le ministère qui propose des dates au président de la République qui les a choisis. Il faut le rappeler, quand même, dans un délai constitutionnel contraint. On ne prend pas n'importe quelle date. Il y a des vacances scolaires pendant cette période. Il faut faire attention aussi que les gens puissent voter. C'est aussi un sujet pour lequel on choisit un des dimanches et pas un autre. Il y a beaucoup de gens qui diraient « mais attendez, moi je suis en vacances et donc je ne peux pas voter ». Après, je retourne l'argument. Vous savez que quand le président de la République est élu, il y a une dizaine de jours avant qu'il ne prenne ses fonctions. Et puis deux, trois jours avant qu'il nomme un Premier ministre et un nouveau gouvernement. Si jamais nous faisions ce que disait M. Glucksmann. Le président de la République serait élu, il aurait la légitimité pour. Imaginons que Mme Le Pen soit élu ou que M. Mélenchon soit élu. Et pendant dix jours, c'est encore le gouvernement d'Emmanuel Macron, par exemple M. Nunez à l'intérieur et M. Darmanin à la chancellerie, qui n'ont plus de légitimité politique, ou très très peu, et qui expédient les affaires courantes. Et qui
se retrouveraient à gérer cette fameuse journée du 1er mai, vous voulez dire ? Vous
imaginez ça ? Vous imaginez la tension politique, la tension... En fait ça veut dire qu'il n'y a aucune bonne solution. Ça veut dire qu'il ne faut pas être violent en fait. C'est-à-dire que bien sûr que le 1er mai on a le droit de manifester socialement, vous avez le droit de couvrir socialement des manifestations. On n'a pas le droit, parce que vous dites que les journalistes n'ont pas le droit, mais les partis politiques n'ont pas le droit de faire campagne non plus la veille d'une élection. Donc en fait ce qu'il faudrait... Ce n'est pas changer les dates d'élection, c'est que les partis politiques ne remettent pas en cause la forme républicaine du gouvernement et acceptent le débat démocratique. Il y a de la violence politique, c'est tout à fait normal. Elle se déroule dans les meetings, elle se déroule sur les plateaux de télévision.
Il n'y a jamais eu autant de détenus en France, Gérald Darmanin. 90 937 détenus au 1er octobre et c'est un nouveau record. Pour autant, il n'y a que 63 452 places officielles. Il y a donc, par exemple, le nombre des matelas posés au sol qui a explosé. Il est établi à près de 9000. Il y a 9000 détenus en France qui dorment sur des matelas en France. Comment on fait quand ces deux chiffres ne sont pas corrélés
D'abord, c'est une situation d'indignité pour la France. Et autant des personnes qui ont fait des bêtises doivent être, si un juge le décide, condamnés à envoyer en prison, autant ces personnes en prison ne doivent pas vivre dans des conditions indignes. Et autant il y a des... prison où les choses sont tout à fait normales, on va dire ça comme ça. Pas beaucoup à
mon avis.
Non, il y en a. On pourrait dire que c'est à peu près la moitié du parc carcéral français. Autant il y a des endroits qui font honte à la France. et que je vais très régulièrement visiter, et dont j'engage des travaux extrêmement rapidement. Qu'allez-vous faire ? Plus de place ? Alors d'abord, je voudrais saluer les agents pénitentiaires, parce qu'il y a des agents derrière tout ça. Il y a des gens qui ne sont pas très bien payés, en tout cas, ce n'est pas les mieux payés de la République, et qui subissent ces déconstitutions indignes, et évidemment le malheur que subissent les détenus, qui parfois ont des troubles psychiatriques, parce qu'on enferme les fous en France aussi. L'un de nos grandes indignités, c'est que 25% des gens qui sont en prison ont des troubles psychiatriques, qui devraient être chez les médecins, et pas. chez les agents pénitentiaires. Donc d'abord, je voudrais saluer les agents pénitentiaires. Et dire aussi aux détenus que leurs conditions de détention sont en effet indignes pour une partie d'entre eux. D'abord, il faut construire des places de prison. deux ans et demi, j'aurais construit 6000 places de prison. C'est-à-dire que j'aurais construit 234% de plus que mes prédécesseurs. Par exemple, 2018 et 2024, on a construit en France entre 3000 et 3500 places de prison. Depuis que je suis arrivé à la chancellerie, depuis deux ans, on va construire 6000 places de prison. Pourquoi ? Parce qu'on a accéléré cette construction. D'abord, je n'ai pas de problème idéologique. Vous en
aurez combien à la fin du quinquennat
De plus ? On va être grosso modo à 9000 places de prison. De plus, quand le président de la République avait dit 15 000 au début de son premier quinquennat. Donc le compte n'y est pas ? Le compte n'y est pas, bien sûr, mais le compte s'accélère, si j'ose dire, puisque j'en construis 6 000 en deux ans et demi. Et je voudrais quand même vous le dire, on fait maintenant une prison trois fois moins chère et deux fois plus vite. Avant, c'était, pour que les gens comprennent, 400 000 euros la place de prison. Alors, ce n'est pas de la place simplement, il faut des miradors, il faut des murs, il faut de le terrain. 400 000 euros la place, on mettait 7 ans à en construire une. Maintenant, on construit des prisons en 18 mois. À 190 000 euros la place.
Mais vous avez la magistrate, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature, Justine Praud, qui dit la semaine dernière « arrêtons de construire des prisons ». Donc vous avez face à vous aussi des magistrats, elle en est une des représentantes, qui disent « non, arrêtons, la solution ce n'est pas la prison ». Comment vous faites avec ça ?
Alors moi je respecte tous les syndicats. Et ils ont leur opinion. Mais il se trouve que c'est moi le ministre. Et que c'est moi qui me vais dans les électeurs. Donc si on veut une opinion politique, qu'ils n'hésitent pas à se présenter devant les électeurs. Et le syndicat de la magistrature est un peu orienté puisqu'ils sont contre la prison par principe. Donc effectivement, on n'est pas tout à fait d'accord. Est-ce qu'on peut être
magistrat et contre la prison par principe
? On peut être magistrat et contre la prison. Simplement, quand on est magistrat, on applique ce qu'est la règle. Et la règle aujourd'hui dans le code pénal, c'est que si vous tuez... Vous
allez nommer un nouveau ou une nouvelle président ou présidente de l'école nationale de la magistrature ?
Demain au Conseil des ministres, on va changer de directrice de l'École nationale de la magistrature et je proposerai une magistrate au président de la République. Qui ? C'est le Conseil des ministres qui le décidera. C'est une magistrate qui a commencé comme institutrice et qui ensuite est rentrée plus tard dans la vie professionnelle magistrat après une expérience de la vie. Mes confrères du
Nouvel Obs croient savoir qu'il s'agit de Valérie Delnaud. Est-ce que vous confirmez ?
Il appartiendra au Conseil des ministres de le décider. Est-ce que vous infirmez ? En tout cas Valérie Delnaud était institutrice et elle a passé le concours
plus
tard. Et c'est ça que vous voulez encourager ? Des
juges qui auraient une expérience de vie ?
Exactement. Et par exemple dans la réforme de l'école nationale de la magistrature, puisque M. Touboul m'a rendu un rapport et je le remercie, et la directrice va appliquer ce rapport, nous allons changer l'école nationale de la magistrature. Par exemple il y aura un stage obligatoire en entreprise désormais pour tous les élèves magistrats. Par exemple, il y aura une formation commune, pas totale, mais commune avec l'ex-ENA, l'INSP, l'École nationale d'administration. Parce que tout ça, c'est dans l'État. Il faut respecter l'indépendance des magistrats, mais ils font partie de l'intérêt général et de l'État. Par exemple, nous allons diversifier. Vous savez qu'aujourd'hui, 80% des élèves passent des prépas privés. Et donc c'est souvent des enfants de magistrats, des enfants de profs, des enfants d'avocats. Il y a très peu d'enfants d'agriculteurs. Il n'y a quasiment pas d'enfants d'ouvriers. Il n'y a quasiment pas d'ultramarins. qui sont aujourd'hui à l'école nationale de la magistrature. Donc il faut diversifier socialement l'école nationale de la magistrature pour qu'elle ressemble le plus possible à la méritocratie française.
Gérald Darmanin, vous étiez pour la primaire il y a encore deux ans. J'ai retrouvé vos propos aujourd'hui. Est-ce que vous estimez qu'il faudrait une primaire ?
J'étais pour la primaire et tout le monde l'a refusé à l'époque. Parce que je rappelle que j'ai été voir M. Attal qui m'a dit non, j'ai été voir M. Rotaillot qui m'a dit non, j'ai été voir M. Bayrou, j'étais son ministre, qui m'a dit non. Parce qu'on avait le temps de l'organiser et qu'il fallait pouvoir organiser nos débats. Et à cette époque-là, personne ne se disait qu'on devait pouvoir discuter avec M. Ciotti d'un côté ou avec la gauche de l'autre. Bon, ils l'ont tous refusé. Est-ce qu'il en est encore temps ? Maintenant, on a 200 jours d'élection présidentielle. On n'a plus le temps. Je l'ai organisé la primaire.
Honnêtement, il n'y a pas de dynamique ni d'un côté ni de l'autre. Il faut peut-être quand même se réveiller.
D'un côté, il y a Edouard Philippe, qui bien sûr est en danger pour être au second tour. Bien sûr. Enfin, il fait entre 15 et 17%. Et de l'autre, si je prends M. Attal, que je respecte, il est entre 4 et 5%. Il fait le tri pour vous, il n'y a pas photo. Mais c'est qu'il faut se rassembler derrière Édouard Philippe. Alors soit, personne ne veut d'Édouard Philippe personnellement. Bon, dans ces cas-là, ça peut se comprendre. La vie politique est faite de sentiments. Et il faut le dire. Mais quand
vous dites personne, c'est quoi ? C'est ses camarades ? C'est les Français ? Je trouve
ça étonnant de ne pas aider quelqu'un qui fait entre 16 et 17% dans à peu près tous les sondages depuis maintenant quasiment deux ans et qu'il est le seul capable de nous empêcher. Vous êtes en train de
dire que Gabriel Attal fait un délit de sale gueule. Non, je dis simplement qu'il faut
être bon joueur et que voir qu'au mois de novembre, c'est le constat que nous faisons tous, Edouard Philippe n'est pas tout à fait capable de se qualifier au second tour. C'est un danger pour nous et pour lui, bien évidemment. et que les autres ne sont pas du tout capables de le faire. Et qu'il faut aider celui qui est capable de réussir, de se qualifier au second tour. Après, moi, si j'étais M. Retailleau, si j'étais M. Attal, c'est ce que j'ai fait cet été, je dirais ce à quoi je tiens. À quoi tient M. Attal et à quoi me tient M. Retailleau ? Si M. Philippe dit « Les propositions de M. Attal ou de M. Retailleau, c'est non », je comprendrais qu'ils se présentent. Ils défendent des convictions, bien évidemment. Mais si M. Philippe, qui n'est pas très éloigné de ce que pense par exemple M. Retailleau sur la question de sécurité ou sur la question économique, dit « Voici les cinq points. M. Retailleau, c'est un homme de conviction. » Par exemple, tout le monde le sait. Il est rempli de convictions. Il donne les cinq ou six points aux sept points auxquels il tient. particulièrement. Il y a une discussion politique avec Edouard Philippe et après... Enfin vous, vous avez fait
un peu ça et vous n'avez pas été très écouté. Si je me souviens bien, à la fin de l'été, lorsque vous avez annoncé votre soutien à Edouard Philippe, vous aviez dit notamment que l'important c'était le social. Moi j'en entends pas beaucoup dans son discours aujourd'hui. Est-ce que ça a vraiment été écouté ? Ce
n'est pas tout à fait vrai. Edouard Philippe, un Français sur trois désormais qui partira à la retraite, ne partira pas à 67 ans. Il a accepté ce qu'on appelle la pénibilité. Ce qu'on aurait dû faire avec la CFDT, me semble-t-il, depuis longtemps. Après, est-ce que le discours d'Edouard Philippe... représente la droite sociale telle que moi je la vis ? La réponse est non. Je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à faire pour écouter socialement les Français. Ça c'est vrai, mais c'est mon rôle dans la campagne d'Edouard Philippe que d'essayer d'influencer. Tout le monde sait que je suis de droite sociale. Madame Morancé, par exemple, qui soutient le droit de libéral. Mais ça, c'est au candidat de trancher. Et c'est un débat légitime. Mais pour pouvoir influencer le candidat, encore faut-il le soutenir. Donc vous demandez aux uns et
aux autres, Bruno Retailleau, qui sera notre invité ce soir avec Maxime Switek dans la nouvelle émission Moi Président, vous demandez à Bruno Retailleau de discuter avec Edouard Philippe, de nourrir la campagne et le programme d'Edouard Philippe, mais de se retirer.
Non, je dis à Bruno Retailleau, Bruno, cher Bruno, dis-nous ce à quoi tu tiens. Et c'est normal, c'est la vie politique. Et une discussion avec Edouard Philippe, deux choses, une. Soit Edouard Philippe est d'accord avec... points de Bruno Retailleau et il n'y a pas de raison de se présenter contre lui. Soit Edouard Philippe ne retient pas les points de Bruno Retailleau et ça c'est la vie normale, classique des gens qui ont des convictions et il est légitime que Bruno Retailleau se présente. Vous voyez ce que je veux dire ? Mais qu'on ait cette discussion de fond, de proposition pour la France plutôt que de personne. C'est pas un concours de beauté l'élection présidentielle. c'est est-ce que le projet que nous portons est différent de celui Mélenchon et Mme Le Pen. On lui posera la question
ce soir. Merci Gérald Darmanin, vous êtes ministre de la Justice, d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV.
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