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124e privoncourt a été attribué au premier tour de scrutin à Philippe Genada.
'est une tradition le plus prestigieux des prix littéraires français a été annoncée depuis le restaurant Drouan à Paris. Et c'est une enquête historique et littéraire qui a été récompensée avec l'inconnu du Quai de Javel de Philippe Génada. Bienvenue dans ce nouveau numéro de À l'affiche avec moi sur ce plateau Stanislas Rigaud, responsable de la librairie La Martine ici à Paris. Bonjour Stanislas. Bonjour. Merci d'être avec nous. Alors c'est vrai que dans l'inconnu du Quai de Javel, Philippe Génada enquête sur un meurtre. non inocidé une histoire vraie celui de louise canceau modèle très apprécié des peintres de montparnasse retrouvé morte donc sur ce quai de javel c'est dans l'ouest parisien alors le livre a déjà été écoulé à 60 000 exemplaires on pense que les ventes on n'a pas de doute que les ventes vont s'envoler c'est un roman de 528 pages assez exigeant on peut le dire qu'est ce qui selon vous en fait un livre
'est un bon livre d'abord c'est un très bon livre de philippe jainada c'est une chose très importante à dire parce que derrière le côté enquête puisque le point de départ c'est simple à cette femme qu'on a retrouvé morte en 1949 philippe janada a fini son précédent livre regarde des histoires de faits divers et soudain il ya cette histoire qui l'intéresse mais pour ceux qui n'ont jamais lu philippe janada Formidable entrée en matière, c'est archi conseillé. C'est un livre d'enquête, mais c'est autant une enquête qu'une enquête sur l'enquête. Et en même temps, une pérégrination du personnage qui va de ci, de là. Et donc, dans ce cocktail totalement inédit, vous n'avez pas lu ce livre. Ça, c'est absolument réjouissant, parce que ça en fait un concours. apaisé et apaisant, malgré le caractère terrible de l'histoire. Mais il y a quelque chose, une bonhomie dans l'écriture et dans la personne de Philippe Jénada qui en porte tout. C'est assez
à son image, en fait, ce livre. Et d'ailleurs, il fait pas mal de références au commissaire Maigret, le célèbre personnage de Georges Simnon. Comment est-ce que vous vous qualifiez un peu le style de Jénada ? Il est habitué de ces faits divers. Il en a fait une marque de fabrique. Il
en a fait une marque de fabrique ces dernières années. avec plusieurs romans qui ont traité notamment la serpe, qui avait traité de l'affaire René Girard, l'histoire de Arnaud qui avait été accusé du meurtre de sa famille. Le style de Janada est très particulier dans le sens où personne n'écrit comme lui. Il va vous raconter l'histoire, il va vous raconter comment lui mène l'enquête, parce que c'est vraiment une enquête sur l'enquête. C'est passé il y a 75 ans, donc autant dire qu'il n'y a plus rien. Donc il va aux archives, tout ça. Donc on suit à la fois les promenades et les pérégrinations de ce personnage. Il se fait lui-même personnage.
Il y a plein de parenthèses. Il y a énormément,
voilà. L'une des grandes pattes, c'est ça, les parenthèses. Parce qu'il inclut plein de réflexions qui lui viennent. de la lecture des documents ou de ce qu'il est en train de faire. Et alors, on part, alors non pas dans tous les sens, mais en fait, il a une espèce, on a l'impression qu'il est avec nous dans la pièce et qu'il nous raconte qu'on marche à ses côtés, qu'il nous raconte l'histoire. Et forcément, comme dans tout flot de pensée, on part parfois à gauche, parfois à droite. Vous prenez l'ouverture du premier chapitre, c'est où il est question de blanquette de veau, de pamplemousse jaune et de la découverte du cadavre d'une jeune inconnue. Voilà,
on est parti.
Ce n'est pas un grand... Pour l'art américain, on est bien d'accord.
Alors Philippe Genada, il a 62 ans et c'est un nom reconnu de la littérature française. Lauréat du prix de Flore en 1997 pour le chameau sauvage et du Femina en 2017 pour la Serpe. On va tout de suite l'écouter réagir à son prix Goncourt.
réaction c'est de la joie, je suis content, ça fait plaisir. C'était du suspense, c'était rigolo. Je pense aussi à Louise François et surtout... toutes les jeunes femmes qui lui ressemblaient ou qui lui ressemblent aujourd'hui encore. Donc pour moi c'est un aboutissement si on veut, c'est en tout cas un honneur. Mais je pense aux gens qui ne sont pas chez Drouan en ce moment. Je ne veux surtout pas que ma vie chante. Je veux être un peu dans des tourbillons, des petites turbulences. Mais je veux retrouver vite ma vie paisible, immobile, isolée à écrire. Dans quelques semaines, quelques mois.
a entendu, c'est assez émouvant, Philippe Génada qui rend hommage à cette Louise Canceau, cette femme qui voulait s'émanciper, un peu victime de son image frivole, de l'enquête qui a été bâclée après sa mort. Il répare aussi un peu les injustices. C'est le portrait de cette femme aussi de cette époque et du sort réservé aux femmes à cette époque. C
'est ce qui explique d'ailleurs le volume du livre. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans un qui... Alors bien sûr, on va chercher le coupable, mais ce n'est pas l'enjeu unique. C'est-à-dire que l'enjeu unique, et je crois qu'il le dit... dans un des passages du livre, il ne veut pas résumer cette femme au tragique. Et ça, progressivement, petit à petit, on va redresser l'époque, mais on va surtout penser à ce destin de femme qui est extrêmement émouvant, et de plus en plus, plus on va s'enfoncer dans sa vie, au destin des femmes aussi, et aussi au traitement, par notamment la police, de l'enquête. Parce que c'est une femme. À un moment, il y a un passage assez étonnant où il raconte que le commissaire, en fait, il dit, ben voilà, elle avait des seins, je ne sais plus comment elle a été, etc. Et c'est la seule description qu'il fait de cette femme morte. Et à ce moment-là, Philippe Jadin appelle les descriptions. de Maigret, en fait de Simonon dans Maigret et effectivement dans Maigret il cite les seins. En fait c'est très très étonnant et ce jeu de miroir avec les enquêtes de Maigret, il a lu tout Maigret et Maigret est un des personnages du livre, crée quand même effectivement une réflexion sur l'époque et sur tout ce qu'on a pu, espérons-le, gagner par rapport à ce regard de la condition féminine, que ce soit au travers de l'enquête, que ce soit au travers de Simonon.
Oui, et son travail documentaire là-dessus et d'archives est assez impressionnant pour retranscrire cette époque. Alors, Philippe Genada avait en face de lui Yannick Enel pour « La solitude des professeurs est infinie », Clémentine Mélois pour « Choses que je croyais perdues » et Sylvain Prudhomme pour « De l'autre côté du lac ». Alors, j'avoue que j'avais une petite préférence pour ce dernier qui nous emmenait dans ces paysages de montagne, là aussi pour une enquête, mais tout autre chose sur plutôt notre rapport à la nature et l'envie de vivre autrement. Vous, vous aviez un favori de libraire ?
On avait, après quelques semaines plutôt rocobolesques... Cette rentrée
a été, on va en parler, mouvementée.
Plutôt mouvementée. On était arrivés sur une finale qui était quand même très apaisée. Très apaisée dans le bon sens du terme, puisqu'on avait quatre auteurs, avec quatre bons livres, qui correspondaient chacun à leurs univers, et des univers vraiment particuliers. Et ça aurait pu être un des quatre. L'enjeu n'est pas... Il y avait quatre bons livres en finale, et ça, c'était quand même... plutôt tranquille par rapport à ça. Et par exemple, Yannick Enel est un très, très joli livre.
On le recommande aussi.
Et donc, il est sans doute le plus beau titre de la rentrée. La solitude des professeurs est infinie. Quel titre
Et avec cette résonance à l'actualité qui, forcément, attire, j'imagine, aussi les lecteurs. Et on va noter quand même que le lauréat est à nouveau un homme. En 124 éditions, le Goncourt n'a couronné que 13 femmes, soit seulement une fois sur 10. Et ce taux n'a pas beaucoup évolué jusqu'à aujourd'hui, alors que les femmes, on le rappelle, ont... rédigé 53% des romans enregistrés en 2025 par l'Observatoire du dépôt légal de la Bibliothèque nationale de France. La parité, on n'y est pas tout à fait encore au Goncourt. Il y a encore du boulot. Et puisqu'on parle de chiffres, Stanislas, depuis 10 ans, les livres primés par le Goncourt se sont écoulés à au moins 200 000 exemplaires l'année de leur victoire. Ça continue les années suivantes. Près de 500 000 pour le Laurent Mauvigny-Goncourt l'année dernière, la maison vide. Vous le constatez, j'imagine, aussi en librairie. Pour les lecteurs, le bandeau rouge, c'est vraiment un gage de qualité. Celui
-là, en fait. C'est le seul prix qui est systématiquement multiplié. C'est-à-dire que même un Goncourt très critiqué, même un Goncourt peut-être faible, ça va être une vente. Typiquement, à la librairie, un Goncourt bas, c'est 300 exemplaires. Il y a très peu de livres que je vois à 300 exemplaires à l'année, en fait. Donc, c'est dire que même un Goncourt pas... pas vraiment en portant ou un truc comme ça, reste une très grosse vente. Et par exemple, dans ces dernières années, le Andréa veillait sur elle, il revient d'ailleurs en janvier, on est très impatients, on a fait 2500 exemplaires. Et après, il ne faut pas oublier qu'il y a la sortie poche, il y a l'amplification du poche. On parle du movinier, le movinier n'existe toujours pas en poche, on le vend toujours. hyper bien et je pense qu'à noël on va beaucoup l'offrir encore donc c'est vraiment un bouleversement et pour l'auteur c'est un bouleversement économique on rappelle que le prix n'est pas doté
C'est ça, seulement un chèque symbolique de Diero. Donc, quand Philippe Genada espère retrouver sa vie tranquille et isolée, ce ne sera pas pour de suite lui annoncer. On en parlait à l'instant. C'est vrai que la course pour ce prix Goncourt 2026 a été marquée par la polémique qui soulève un peu le monde de l'édition en ce moment. Celle qui touche le livre de Télison Aurélien, C'était ça ou mourir, qui figurait sur les listes de nombreux prix littéraires. L'auteur canadien a d'origine... qui s'est vu accusé d'utiliser l'intelligence artificielle pour l'écriture de ce premier roman très remarqué. Des soupçons confirmés depuis par sa maison d'édition canadienne qui ont rompu son contrat et son nom donc a été éliminé de toutes les listes des prix. Stanislas Rigaud, vous portez quel regard sur tout ça ? C'est une préoccupation aussi en librairie, chez les lecteurs
non je pense pas c'est une interrogation sur cette affaire c'est avant tout une très grande tristesse c'est une très grande tristesse parce qu'on a tellement aimé ce livre en fait sur ça et alors quand je dis tristesse c'est pas qu'il soit servi de lia on sait pas exactement ce qui s'est passé peut-être que effectivement voilà bon moi je veux bien que tout le livre était écrit par lia mais à ce moment là allez-y en fait écrivez un livre aussi beau en fait en appuyant sur un bouton et On a tellement aimé ce livre. Moi, je l'ai lu deux fois, j'ai reçu l'auteur. C'est vraiment... Ça m'a brisé le cœur, vraiment. Est-ce qu'il faudrait qu'il y
ait une mention, peut-être, écrite avec l'IA ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on pourrait imaginer ?
En fait, dans toute la cristallisation des débats, il y a eu tellement de débats là-dessus. En fait, on a très, très peu entendu ce qui est pourtant une des clés, à mon avis, du problème. C'est que le livre n'est pas bon. Le livre est formidable, en fait. Et c'est ça qui... En fait, je n'arrive pas à me recomposer par rapport à l'attitude. Moi, lecteur, c'est un livre qui m'a fait pleurer et ça ne m'arrive quand même pas très souvent. Je ne sais pas quoi faire avec ses larmes maintenant qu'on me dit que peut-être que ce n'est pas lui. On
va retenir la qualité du livre. On dit un dernier mot, on est en pleine saison des prix littéraires. Il y a donc second cours, le prix Renaudot a été remis dans la foulée à François-Henri Desirables pour le Palais. Le prix Médicis, c'était pour Philippe Vassé. Un mot, parce que tous les deux, je crois qu'on partage l'amour pour ce livre, pour celui de Anne Godard, nous aussi paru chez Actes Sud. le prix décembre elle s'est fait petit à petit éliminé de tous les de tous les autres prix mais c'est un coup de coeur quand même très
gros coup de coeur on est très nombreux à avoir un grand coup de coeur pour le hand goddard lisez un goddard nous aussi ça arrive magnifique sur la famille c'est porté par une écriture flamboyante c'est chez actes sud il est dans les ventes il est très très haut alors que c'est un auteur peu connu voire pas connu du tout et il caracole en tête des ventes de romans depuis des semaines et a raison. C'est un très grand livre et c'est vrai que moi, ça a été une grande, grande découverte de cette rentrée littéraire et j'espère qu'on va pouvoir le porter encore longtemps.
Avec cette ritournelle autour de l'utilisation du pronom « on » qui englobe ces silences dans la famille et les violences aussi faites aux enfants. Je ne vous en dis pas plus, allez le découvrir. Très très bon livre, merci encore Stanislas Rigaud de la librairie Lamartine à Paris. C'est toujours un plaisir de vous avoir avec nous et merci aussi évidemment à vous de nous avoir suivis. N'oubliez pas de nous retrouver sur france24.com ainsi que sur tous nos réseaux sociaux. Et moi je vous dis à très vite.
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