Chargement...
Chargement...
Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Bonjour Sacha Houllier, je vais y arriver. Il est tôt, c'est normal. Vous êtes député de la Vienne, ancien président de la Commission des lois. Vous aviez été élu en 2017 sous l'étiquette macroniste, puis vous avez pris vos distances. Vous êtes aujourd'hui apparenté PS et vous êtes membre de l'équipe de campagne de Raphaël Glucksmann. On va bien sûr parler de la gauche, du candidat Glucksmann, mais d'abord un mot sur la fin de mandat du président, puisque vous aviez été, je le rappelle, l'un des premiers macronistes des 2015, je crois, fondateur des JAM, les Jeunes avec Macron. entre le mouvement social, la colère, les émeutes, la violence, le budget à l'arrêt, l'impopularité. Comment vous jugez cette fin de règne d'un président en lequel vous avez cru
est longue. Elle est longue parce qu'il y avait beaucoup d'espoir et que ces espoirs ont été déçus. Ces espoirs, d'abord, concernaient le travail et tout ce qui a été fait en matière de travail. Les majorités qui se sont succédées depuis 2024 l'ont défait. sur l'apprentissage, sur la formation professionnelle, sur la baisse du chômage. Elle est longue parce qu'il y avait un espoir aussi en termes de redistribution des richesses, et notamment sur l'émancipation des jeunes par le travail, le fait de pouvoir accéder... C'était la promesse de Macron en 2017. Exactement, et que le chômage des jeunes s'est aujourd'hui enrayé, il reprogresse à nouveau parce fond, en termes fiscales, il n'y a pas eu la justice annoncée. Et puis, je pense que les deux plus grandes faillites sont celles sur l'écologie, qui a été parfois, avec des avancées, avec la loi de 2021 qui figure aujourd'hui, la loi climat, parmi les plus principales avancées pour la France. Et surtout, en matière de liberté publique, Emmanuel Macron était le candidat des libertés publiques en 2017.
Et vous estimez que, de ce point de vue-là, ça n'a pas
été tenu, la promesse ? Si vous observez simplement un seul texte. Celui qui arrive à l'Assemblée nationale, la loi anti-casseurs, c'est un cocktail molotov de mesures liberticides. Et pas une n'est utile au pays. Ni les mesures de responsabilité qui prendront pêle-mêle des participants à une manifestation pour leur attribuer la responsabilité des casses, des pillages ou des désordres. Ni les mesures de surveillance par algorithme, y compris par drone. Ni par ailleurs des mesures qui ont déjà été interdites ou par le juge ou refusées par le législateur, qu'il s'agisse... de la façon dont on couperait les réseaux sociaux, TikTok, ça a été refusé par le juge pour la Nouvelle-Calédonie, et encore sur l'interdiction administrative de manifester que Edouard Philippe avait tenté de faire adopter en 2019, sans succès, puisqu'elle a encore censure du Conseil constitutionnel. Et donc cette faillite sur les libertés publiques, alors même que c'était un des principaux espoirs que nous placions dans le Président de la République, eh bien je crois que c'est une... les graves erreurs du quinquennat.
Vous êtes personnellement déçu, vous avez l'impression d'avoir fait une erreur en vous engageant derrière lui ?
Non, parce qu'il y a des choses en quelles on a cru et qui ont été faites, et que, encore une fois, la loi climat reste aujourd'hui parmi les textes les plus avancés dans toute l'Union européenne, parce que le projet européen... Même s'il y a eu
du détricotage sur certaines mesures
écologiques. Oui, mais auxquelles je me suis à chaque fois opposé. Parce qu'il y a eu une progression du projet européen, malgré tout dans la douleur, dans les crises, dans le Covid, avec un plan de relance qu'on n'aurait même pas osé espérer en 2012, au moment où il y avait la crise des dettes souveraines en Grèce, en Italie ou en Espagne. Et parce qu'au fond, il y a des dispositions sociétales également, sur la PMA, sur la loi sur la fin de vie, qui sont des progrès pour la société. Donc des choses ont été bien faites. Et puis, beaucoup de choses bien faites ont aussi été défaites, et c'est ça le plus malheureux.
Alors, l'état du pays, c'est un état d'extrême. Tensions, violences, les chocs du 17 octobre, le mouvement social qui continue avec une mobilisation jeudi, les blocages. Anoushka nous le rappelait, des lycées qui continuent. C'est la première fois, c'est curieux, parce que c'est la première fois dans notre histoire qu'une colère s'exprime pendant une campagne présidentielle, parce que d'habitude, cette colère, elle... trouve un débouché dans les urnes, mais là, on a l'impression que ce n'est pas le cas. Ce qui est
difficile, c'est que le mouvement des lycéens en 2026 est le premier à gagner autant d'avancées, à avoir autant d'annonces de la part du gouvernement depuis le CPE en 2006. Et j'en sais quelque chose puisque le CPE, j'étais moi-même lycéen et j'étais moi-même dans la rue pour demander son retrait qui a été obtenu. Si vous prenez les avancées obtenues par les lycéens. 2027 sera la dernière année d'exécution de parcours sup. Il y aura des professeurs supplémentaires qui seront nommés. Il y a des plans de réhabilitation des locaux, qu'il s'agisse des lycées, des collèges, mais aussi des facultés. Et puis, il y a la façon dont la réforme du bac sera réaménagée pour que les options permettent des agendas qui soient plus soutenables. Les lycéens ont le droit de dire qu'ils n'ont pas confiance. Ils ont le droit de demander des gages sur quand les professeurs arriveront-ils, combien seront-ils payés, quels seront leurs statuts, quand est-ce que la réforme du bac sera amendée, qu'est-ce qui remplacera par conçu. on peut aussi se rendre compte de tout ce qui a été obtenu par eux, sans féliciter, et puis peut-être évoluer dans ce mouvement pour qu'on le suive avec exigence ce qui a été gagné.
Pourtant le mouvement continue, on le
voit cette semaine. Ça c'est la liberté des manifestants.
Alors, un mot sur Trapp, après l'attentat raciste qui a fait un mort, plusieurs blessés dont une enfant de 12 ans, il y a eu un hommage vendredi. aux victimes, à Trappes, par Ali Rabet, le maire génération de gauche de Trappes. Il a ciblé l'ERN, nommément Jordan Bardella, Marine Le Pen, et il explique que, je cite, l'ERN assure la transmission de la haine à travers les décennies. Vous êtes d'accord ?
Je pense que c'est de la lucidité. Il a cité les propos qui qualifiaient sa ville de république islamique. Il a cité les propos qui attisaient la haine à l'égard des personnes qui sont souvent françaises. et pas seulement de première ou deuxième génération, mais de longue date, et qui, parce qu'ils ont une couleur de peau différente de celle de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, eh bien on estime qu'ils seraient étrangers. Et donc ça, si c'est pas du racisme ou de la xénophobie, je ne sais pas bien ce que ça peut être. Donc ce que je veux saluer, c'est la lucidité d'Ali Rabbe lors de son discours. Ce que je veux dire aussi, c'est que qu'est-ce qu'on attend du gouvernement maintenant ? On a une loi en carafe, on a un texte qui aggrave, porte des circonstances aggravantes sur les délits de racisme, d'antisémitisme ou de xénophobie. Où est-elle, cette loi ? Est-elle inscrite au Parlement ? On a une loi qui permet aux associations de se constituer partie civile. Où est-elle, cette loi ? On a une loi qui permet aux élus de se voir prononcer une inéligibilité lorsqu'ils sont convaincus de ce type de délit. Où est-elle, cette loi ? Où est-elle, Madame Berger ? Où est-elle, Monsieur Lecornu ?
Alors, là-dessus, toute la gauche était présente à Trappes, pas la droite, qui était présente dans la commune voisine de La Verrière avec Édouard Philippe. Et le gouvernement était absent, a choisi de ne pas venir pour des raisons politiques, notamment parce que Ali Rabel, maire de Trappes, Il a utilisé des concepts tels l'islamophobie qui sont discutables et qui sont contestés par certains membres du gouvernement. Vous citez Aurore Berger, c'est le cas. Parce qu'il est accusé de proximité avec, on a vu, des personnalités liées à la mouvance islamiste dans son entourage. Est-ce que ce n'est pas aussi un... Il a bien sûr raison de dénoncer cet attentat avec force, mais est-ce qu'il n'y a pas aussi des incointances un peu gênantes de ce côté-là ? Est-ce qu'on a fait le tri dans la manifestation du
11 janvier 2015 ? Non. Est-ce qu'il fallait faire le tri dans la manifestation qui a eu lieu lundi dernier ? Non plus. Quand il s'agit de rendre hommage aux victimes du terrorisme, et du terrorisme en l'occurrence à connotation raciste, est-ce qu'on doit choisir les personnes qui se rendent à la manifestation ? Les élus de droite étaient les bienvenus, les élus du gouvernement... En tout cas, les membres du gouvernement, pour être plus précis, étaient tout aussi à leur place s'ils avaient voulu se rendre à cette manifestation. Et on ne regarde pas dans ces manifestations qui est présent. Jean
-Luc Mélenchon était présent, mais je me rappelle qu'après le 7 octobre, ils ont refusé de dénoncer un acte terroriste du Hamas et de qualifier le Hamas comme mouvement terroriste. De toute
évidence, des forces politiques, comme la France Insoumise, ont pratiqué la négation de ce qui s'est passé en Israël le 7 octobre 2023. Pour autant... toutes les personnes qui souhaitent rendre hommage aux victimes de terrorisme, d'un attentat terroriste, en particulier celui de Trappes, pour celui qui a concerné la commémoration de vendredi dernier, étaient les bienvenus. Et donc c'est une erreur, j'estime, pour les membres du gouvernement, comme pour les élus de droite, de ne pas s'être rendus à Trappes.
Vous avez récemment signé une PPL, une proposition de loi d'Olivier Faure, vivant, je cite, à l'interdiction de relations commerciales contre la politique de colonisation dans le territoire palestinien occupé, dans le territoire syrien occupé, fin de citation. Est-ce que vous n'êtes pas un peu dans la droite ligne des positions de LFI, qu'on accuse précisément de favoriser l'antisémitisme ?
D'abord, vous avez raison de souligner que c'est une proposition de loi du groupe socialiste, dont les signatures sont automatiques, comme celle sur les taxes. que nous ne soutenons pas tous forcément. Vous
auriez pu retirer votre signature ? Non,
j'assume sur cette signature et je vais vous le dire. Ce que nous voulons dire par rapport à ça, c'est que nous sommes toujours pour la coexistence des deux États et donc nous nous opposons à des processus de colonisation lorsqu'ils sont forcés, qu'ils sont irrespectueux des protocoles que nous estimons comme une référence en l'occurrence. celui de 1947. Dans
un climat comme le nôtre aujourd'hui, où la dégradation des relations France-Israël se fait de plus en plus importante, où il y a de l'antiséminisme, pousse souvent à l
'antisémitisme, c'est aussi problématique. Non, je pense qu'il faut être clair sur ce que nous défendons, c'est-à-dire la solution à deux États, et que cette solution à deux États, elle passe aussi par les limites de ce qui peut être fait en termes de colonisation, lorsque l'on sort. des règles internationales qui avaient été fixées, ou du cadre international qui a été fixé.
Un mot sur la gauche, c'est sur Raphaël Glucksmann qui a été très discret, pour ne pas dire absent, dans la séquence, comme on dit, pendant ce mouvement lycéen. Certains disent qu'il ne peut même pas se déplacer sur le terrain, aux côtés des lycéens, de peur d'être assaillis, insultés, harcelés, par LFI notamment.
Alors d'abord, il sera dans la manifestation du 5 novembre, il était aussi à la manifestation lundi dernier. d'autres dommages à la place de Stalingrad. Mais le
PS s'est fait insulter, je le rappelle, par les militants
LFistes. Raphaël Luxemann a admis lui-même qu'il était l'objet d'une campagne de harcèlement de la part des militants de LFI. C'est une évidence que tout le monde peut voir. C'est d'ailleurs un harcèlement qui ne vise ni les élus de droite, ni les élus du Rassemblement National, mais précisément l'élu de gauche, Raphaël Luxemann. Et donc, on comprend que c'est la principale cible aujourd'hui. de l'extrême-gauche ou de la gauche radicale, comme si c'était pour eux la principale menace. Et bien, dont acte, ça veut dire que pour la France insoumise, la principale menace, c'est Raphaël Luxemann, et que les électeurs peuvent en tirer toutes les conséquences, à savoir que c'est évidemment le meilleur candidat de la gauche.
Alors, il est quand même distancé, il ne se porte pas trop mal dans les sondages, 15, 16, 17... Il progresse, il est en dynamique. Oui, voilà, même s'il est assez discret, mais il est quand même devancé par Jean-Luc Mélenchon, qui est donné de plus en plus, quasi automatiquement, en finale contre Marine Le Pen.
Je pense qu'on accorde beaucoup de crédit. En tout cas, tout le monde parle beaucoup de Jean-Luc Mélenchon, mais que tout le monde oublie, et ce sera assez révélateur dans la campagne, tard dans la campagne, que c'est l'agent électoral de Marine Le Pen, qu'au second tour de l'élection présidentielle, c'est la certitude d'une victoire de l'extrême droite, qu'au fond, c'est assez confortable pour l'extrême droite dans son projet d'avoir un épouvantail comme lui. et que c'est ce que nous allons débusquer dans la campagne électorale, en plus de faire valoir des propositions sur le pouvoir d'achat, lorsque je la présenterai correctement, c'est-à-dire 1000 euros de plus par an pour un salarié. Oui, vous faites allusion à l
'épisode évoqué par Anoushka, où vous avez évoqué sur BFM 100 euros par an, ce qui vous a accueilli des moqueries.
Sur la révolution écologique que présentera bientôt Yannick Jadot et dont il est chargé, ou encore sur la garantie de sauvegarde des libertés publiques, tout en défendant une gauche de l'ordre, une gauche de la sécurité ou de la tranquillité publique. Parce que c'est aussi ce à quoi ont le droit nos concitoyens.
Alors, récemment, face à la perspective du duel Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen, Gabriel Attal a appelé à une grande primaire avec lui, avec Édouard Philippe, avec Bruno Retailleau et même avec Raphaël Guzman. Ça vous inspire quoi cette primaire ? Parce que c'est vrai que pour l'instant, personne n'arrive à perturber ce duel annoncé Mélenchon-Le Pen.
C'est une grande confusion à laquelle nous ne souscrivons pas. Gabriel Attal, comme Marine Le Pen ou comme Jean-Luc Mélenchon, vit dans une utopie, plutôt une dystopie, dans laquelle il y aurait trois blocs politiques en France. C'est fini, ça. Le bloc central, c'est terminé. En France, il y a l'extrême gauche, l'extrême droite, la droite à laquelle appartient Gabriel Attal et la gauche à laquelle appartient Raphaël Luxemann. Et ce sont ces quatre blocs qui vont s'affronter lors de l'élection présidentielle. Et donc, il n'y a pas de confusion à avoir. Et on l'a vu en termes d'agriculture, sur les néonicotinoïdes notamment. On l'a vu en termes de pouvoir d'achat et de fiscalité lors de l'examen du PLF. On l'a vu à de nombreuses reprises lors des travaux du Parlement, et notamment sur des mesures en matière d'immigration, qu'il n'y avait rien à voir entre la gauche et la droite. Merci Sacha Houllier d'avoir répondu aux questions de Radio-J.
Merci beaucoup David. Demain, votre invité sera Olivier Becht, député du Haut-Rhin. A demain.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.