Chargement...
Chargement...
Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans Faut qu'on en parle, votre nouveau rendez-vous d'actualité. Ici, des sujets dont on parle peu ou mal dans les autres médias. Ici, pas d'actionnaire, pas de milliardaire. On parle de ce qu'on veut et avec qui on veut. Et pour que l'on puisse continuer à le faire, on a besoin de vous. Cette émission, c'est aussi la vôtre. Donc n'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez et à nous soutenir. Et je vous dis merci d'avance. Ce soir, il faut qu'on parle de CNews et de son éventuelle fermeture. Près de 800 000 signatures pour réclamer la fermeture de la chaîne du groupe Bolloré. Une pétition donc qui relance un débat, celui de la place de cette chaîne dans le paysage audiovisuel français, de ses dérives éditoriales dénoncées régulièrement et plus largement des limites de la liberté d'expression. Peut-on aller jusqu'à demander la fermeture d'un média ? On en parle avec le député Aurélien Saint-Houle, c'est dans l'entretien de cette émission. Et avant ça, on recevra Anissa Benataïa, collaboratrice parlementaire du député Louis Boyard. Elle a été convoquée par la police aujourd'hui pour avoir critiqué le maire d'Evry-Courcouronne. La liberté d'expression est-elle à géométrie variable ? On en parlera avec elle. Et tout de suite, l'édito. Il y a quelque chose d'assez particulier dans cette pétition qui réclame la fermeture de CNews. Plus de 700 000 personnes l'ont signée et je peux comprendre ce qui pousse autant de gens à vouloir que cette chaîne disparaisse de la TNT. Le racisme, la xénophobie, les fausses informations et la fatigue de devoir débattre avec des proches ou moins proches qui n'ont que cette chaîne comme seule source d'information. Mais moi j'ai envie aussi de poser une autre question, une question qui concerne moins CNews que ceux qui sont censés la contrôler. l'Arcom. À quoi sert cette autorité de régulation ? À regarder passer les dérapages, à envoyer des rappels à l'ordre et distribuer des amendes et attendre la prochaine dinguerie ? CNews a accumulé les sanctions. Selon le décompte du journal Le Monde, la chaîne a reçu au moins 61 rappels à l'ordre depuis 2017. Plus de 800 000 euros d'amende. Mais soyons sérieux, pour un groupe comme celui de Vincent Bolloré, est-ce réellement dissuasif ? Quand on dispose de tels moyens financiers, payer une amende peut finir par ressembler à un simple coût de fonctionnement. Et pendant ce temps, les mêmes problèmes eux reviennent année après année. Et pourtant l'ARCOM dispose de pouvoirs qui vont au-delà des amendes. Elle peut dans certaines conditions suspendre un service ou retirer une autorisation. Mais encore faut-il qu'elle soit prête à utiliser ses pouvoirs. Et je voudrais qu'on parle aussi du pluralisme. On est ici aux médias, un média indépendant, comme vous le savez, et je sais ce que représente une fréquence TNT. Je sais ce qu'elle peut changer pour un média comme le nôtre. Le média candidaté pour une fréquence nationale, refusé. Puis pour une fréquence francilienne, refusé également. Alors bien sûr, l'ARCOM a ses critères, mais comment ne pas s'interroger sur cette situation ? D'un côté, des médias indépendants qui peinent à accéder à la TNT, de l'autre, des chaînes qui accumulent les manquements et continuent d'occuper le paysage audiovisuel. Je pense que la fermeture de ces news ne doit pas dépendre d'une pétition ou d'une décision politique, ce serait même dangereux, parce que demain, si l'extrême droite arrive au pouvoir, qui nous garantit que des médias comme le nôtre ne seront pas… à leur tour dans le viseur. C'est justement pour cela qu'il faut un régulateur indépendant, exigeant et capable de faire respecter les règles, quelle que soit la puissance du média concerné. Parce que le pluralisme n'est pas seulement permettre à chacun de prendre la parole, c'est aussi faire en sorte que les règles s'appliquent à tout le monde. Et si nous en sommes aujourd'hui à réclamer la fermeture de CNews par pétition, c'est peut-être aussi parce que beaucoup de citoyens ont le sentiment que l'ARCOM ne fait pas suffisamment son travail. Allez, au boulot, les sages de l'ARCOM, on vous regarde. Dans les brefs du jour, la mobilisation des lycéens et étudiants s'est poursuivie aujourd'hui. Selon le ministère de l'Éducation nationale, 48 lycées étaient bloqués ce matin. Les organisations lycéennes avancent, elles, à un chiffre bien plus élevé. À Paris, la préfecture a interdit le parcours de la manifestation prévue entre le Panthéon et le siège du MEDEF. Une interdiction confirmée par le tribunal administratif, mais cela n'a pas empêché certains manifestants de se rassembler malgré tout dans le centre de la capitale, en dehors du parcours autorisé. La contestation doit se poursuivre ce jeudi avec une journée de grève interprofessionnelle. Par ailleurs, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, a été auditionné par la Commission des lois à propos de cette journée du 17 octobre. Il a reconnu un échec, mais il a ajouté que l'échec constaté ne présume pas d'une faute des services de l'État. Autrement dit, on a échoué, mais pas vraiment. Pour lui, les services de renseignement n'ont pas sous-estimé le 17 octobre. Coup dur pour Gifi, l'enseigne française de magasins à petit prix vient d'être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse. C'est l'entreprise elle-même qui en a fait la demande, confrontée à d'importantes difficultés financières. Gifi compte environ 6 000 salariés en France. Le tribunal a ouvert une période d'observation de 6 mois, le temps d'examiner si l'entreprise peut poursuivre son activité et redresser. sa situation. Une nouvelle audience est prévue le 8 janvier prochain. Pour les salariés, l'inquiétude est évidemment grande car derrière des difficultés d'une enseigne connue de nombreuses familles, ce sont aussi des milliers d'emplois qui sont en jeu. Les Américains votent aujourd'hui pour renouveler une partie du Congrès. Ce sont les élections de mi-mandat, les fameux mi-terms. Et pour Donald Trump, le scrutin s'annonce comme un premier sérieux test politique depuis son retour à la Maison-Blanche. Les derniers sondages donnent les démocrates en tête dans la course à la Chambre des représentants. Au Sénat, en revanche, le résultat reste beaucoup plus incertain. Le pouvoir d'achat, le coût de la vie, les droits sociaux et la politique étrangère de Trump ont largement dominé la campagne. Le président américain a lui-même reconnu qu'une défaite républicaine était possible. Si les démocrates reprennent le contrôle d'une ou des deux chambres, il pourrait compliquer considérablement la fin de son mandat en bloquant certaines réformes et en renforçant le contrôle parlementaire sur son administration. Un scrutin qui pourrait donc changer les rapports de force à Washington. Les mid-termes, ce sera justement le thème du prochain numéro de notre émission Du côté de chez Sam, présenté par mon collègue Irvine Magy avec Claire Rabès. et Tristan Cabello. Voilà pour votre petit tour de l'actualité. On passe maintenant à la rubrique citoyens, citoyennes de cette émission et on parlera de liberté d'expression et d'autoritarisme. C'est tout de suite. Bonsoir Anissa Benathia. Benathia, excuse-moi, c'est monsieur Régulier, j'écorche un peu les noms, mais après une fois que c'est entendu, ça va un peu mieux. On te reçoit aujourd'hui justement pour parler de liberté d'expression. Tu es assistante parlementaire du député Louis Boyard et tu as été convoquée ce matin au commissariat d'Evry-Courcouronne car... On t'accuse d'avoir critiqué sur les réseaux sociaux le maire de la ville. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus rapidement ? Et à poursuite, je montrerai les vidéos pour lesquelles tu as été entre autres convoquée.
Alors oui, j'ai été convoquée pour une audience libre ce matin au commissariat d'Evry-Courcouronne pour des faits surprenants, donc des faits de harcèlement envers la personne du maire. Et d'ailleurs, c'est drôle qu'il m'attaque sur le terrain du harcèlement et non sur le terrain de la diffamation. Parce que j'ai fait des vidéos pendant la campagne municipale où je critiquais les politiques du maire. J'ai fait notamment des vidéos pour montrer les notes de frais du maire. D'ailleurs, notes de frais accessibles par le biais de l'association Transparence Citoyenne. qui les met à disposition pour que les citoyens puissent accéder à ces infos. J'ai également fait des vidéos sur la polémique du chauffeur de taxi sénégalais qui a fait grand bruit.
Justement. Je vais, on va regarder tout de suite cette fameuse vidéo concernant le chauffeur de taxi sénégalais qui avait été, enfin, dont le maire de la ville d'Evry-Courcouronne avait largement critiqué. Et on voit ce que tu en as fait et on en parle juste après.
sais pas si on se rend compte de la dinguerie, mais le maire d'Evry-Courcouronne, là, dans un article de Mediapart. Carrément la sauce, elle est montée jusqu'à Mediapart. Il est dans la sauce ! C'est même plus une sauce, là. Là, c'est même plus une sauce, c'est un bœuf bourguignon. La dinguerie. il a dit au chauffeur sénégalique taisez-vous je vais vous donner 500 euros il l'a pas lancé non la vérité c'est grave c'est grave c'est grave le niveau de bêtise
Effectivement, je me rappelle très bien de cette histoire. Est-ce que tu peux justement la rappeler pour le téléspectateur qui serait peut-être passé à côté ?
Le maire a publié sur ses propres réseaux, donc il s'est dit que c'était une très bonne idée, lors de son déplacement à Dakar. se moquer de l'outil de travail d'un chauffeur sénégalais. Donc, en filmant le toit du taxi, en disant « Ah, regardez, un toit ouvrant. Ah, regardez, il n'y a pas de logo, on n'en a pas besoin, etc. » Donc, c'était une vidéo super dénigrante, hyper problématique, notamment au regard de la communauté sénégalaise d'Evry, qui s'est sentie très attaquée et très blessée par cette vidéo. Et à juste titre... Donc du coup, moi, j'en ai parlé en disant que ce n'était pas normal au regard de l'éthique qu'est censée avoir un maire et au regard de sa position de représentant des citoyens d'Evry de faire des vidéos pour se moquer des pauvres gens qui travaillent avec leurs moyens. Et a fortiori, en allant dans un autre pays, la position est hyper problématique. Et donc moi, je participe au débat démocratique en disant que moi, je suis contre... enfin le fait qu'on se moque comme ça des gens, et je le fais savoir par le biais de mes réseaux.
tu es aussi habitante d'Evry, c'est ça ? Tu es habitante en tout cas dans les environs d'Evry, c'est ça ?
Alors moi j'habitais à Evry parce que j'ai grandi à Evry. Ah d'accord, c
'est ça qui te lie à l'Evry. Et d'ailleurs c
'était ma première vidéo, j'ai expliqué pourquoi j'ai déménagé à l'époque, parce qu'il y avait des galères du RERD et que j'étais étudiante en droit, et donc je me tapais une heure et demie de trajet aller-retour pour aller à la fac, c'était juste pas possible. En plus additionné à ça, les galères économiques, j'étais suivie par une assistante. sociale du Crous et par une psychologue de la fac et donc c'est pour ça qu'on m'a attribué un logement Crous sur Paris. Mais j'ai grandi dans le 91, mes parents y sont toujours, ma famille y est toujours et donc mon ancrage territorial est à Évry.
Tu l'as aussi d'ailleurs critiqué ou interpellé sur la question de la police municipale. Je propose de regarder aussi cette vidéo.
Vous voyez la police municipale. Donc d'un côté vous avez des agents qui partent en vacances pendant tout le mois d'août et qui perçoivent 30 000 euros. Et de l'autre vous avez des gamins endettés sur trois générations à cause des amendes qui se prennent. Voilà, et puis coucou Ron, ne votez pas Stéphane Baudet.
finalement, à Ivry-Courcourne, ils ont voté Stéphane Baudet. Ces vidéos, justement, où tu parlais de vote, on était aux alentours des élections municipales récentes. Est-ce que c'est à ce moment-là, pourquoi depuis en fait, pourquoi c'est que maintenant justement que la convocation a lieu, alors que les vidéos, la plupart dont on parle là, elles sont assez anciennes en termes de temps ?
La convocation, elle est arrivée assez rapidement pour des procédures en vrai, parce qu'il a déposé plainte fin août. La convocation, je l'ai reçue d'ailleurs deux jours avant l'audition de base. Heureusement que j'avais une avocate pour appeler le commissariat pour leur dire j'ai besoin de temps pour ma cliente. Et à côté, il y a des procédures bien plus graves que juste une fille qui fait des TikTok contre son mère, qui, elle, prenne des années à être prise au sérieux par la justice. Et il y a des trucs qui sont en cours d'instruction depuis six ans, depuis un an, pour des faits bien plus graves que juste une citoyenne qui fait des TikTok contre son mère.
Justement, est-ce que pour toi, il y a aussi... Une question politique, dans le sens où, comme tu es assistante parlementaire d'un député LFI, lui, il n'est pas du tout LFI, le maire d'Evry. Est-ce que c'est plus ça que justement une citoyenne qu'on vise ? On vise peut-être la militante politique ou la... citoyenne engagée politiquement
Eh bien, franchement, ça reste une hypothèse, mais après, moi, j'ai envie de parler aussi des lycéens, j'ai envie de parler du contexte actuel de répression massive. Il n'y a pas que des procédures qui concernent les assistants parlementaires qui vont super vite. C'est en général toutes les personnes qui osent donner leur opinion, participer au débat démocratique, participer à la vie démocratique en allant en manifestation, qui se font réprimer de manière assez violente. Et je trouve... que moi je m'en sors plutôt bien puisque je suis quand même privilégiée dans le sens où je suis bien entourée par un GA etc. Ces gens-là ne sont... Un groupe d'action, pardon. Parce que je suis militante à Évry. Donc en fait, c'est des camarades, c'est des copains qui sont venus me soutenir devant le commissariat et qui m'ont aidée aussi à traverser tout ça. Mais moi, à côté, c'est rien. Il y a des gens qui...
Justement, tu parles de ces lycéens, tu parles de ceux qui ont manifesté, qui se sont retrouvés arrêtés. On parle aussi beaucoup en ce moment de gens qu'on censure sur les réseaux sociaux, ceux à qui on interdit même... d'aller en manifestation ? Est-ce qu'on est dans cette période-là où l'autoritarisme prend énormément de place et ça peut toucher aussi bien une assistante parlementaire qu'un jeune de 17 ans qui manifeste pour ses droits ?
– Oui, on est en droit de se poser la question de, est-ce que tout le monde a la même liberté d'expression ? Est-ce que tout le monde a le droit de s'exprimer de la même manière ? Est-ce qu'on a le droit de critiquer le pouvoir en place ou on est obligé d'atteindre une échéance électorale pour donner son avis dans les urnes ? Normalement, la critique démocratique, elle se fait n'importe quand. elle se fait à tout moment et à toute période, et pas forcément en période de campagne, et pas forcément qu'à travers les urnes. Donc les gens sont en droit de se poser cette question.
– Cette convocation, en ce qui te concerne, tu la considères comme une tentative d'intimidation pour te faire taire
Bien sûr, parce que juridiquement, légalement, et moi j'ai confiance en mes droits. Il ne peut pas m'attaquer. D'ailleurs, il ne m'a pas attaqué sur le terrain de la diffamation. La preuve, c'est qu'à chaque fois que je dénonce quelque chose, je cite un article, une vidéo. Enfin, il y a toujours des éléments. Donc, en fait, la seule chose qu'il a trouvée pour me faire taire, c'est de m'attaquer sur le terrain du harcèlement. Sauf que là encore, j'attaque monsieur le maire. J'attaque les politiques du maire et non pas la personne. Donc, c'est complètement caduque.
Dans tes vidéos, et tu le disais au tout début, tu parles aussi des notes de... Après, notamment, tu fais un zoom sur ces fameuses chaussures qu'il avait dans cette vidéo du taxi, ces chaussures qui ont beaucoup fait parler des mocassins. blanc en cuir, assez particulier. Il portait ça avec une paire de chaussettes noires, donc faute de goût en plus pour le maire de la ville. Et tu dis justement dans cette vidéo que c'est avec l'argent du contribuable qu'il paye ces vêtements-là.
Tout à fait. Et là encore, j'appuie ça avec les documents publics, parce que tous les élus ont l'obligation de rendre publiques leurs notes de frais. D'ailleurs, l'association Transparence Citoyenne fait des recours lorsque les élus refusent de transmettre leurs notes de frais. Et donc, je les mets dans ma vidéo. Regardez De Furzac, regardez courir. Il va acheter des chaussures et visiblement, c'est avec l'argent du contribuable. Donc, on est en droit de discuter de ça aussi. Est-ce qu'on trouve ça éthique ? Est-ce qu'on trouve ça normal ? C'est notre argent quand même.
L'ambiance justement à Évry depuis que Stéphane Baudet est maire, quelle est-elle ? Est-ce que c'est un maire justement très autoritaire qui empêche ses opposants finalement de parler ? Comment ça se passe pour les habitants des vrais ?
Il faut demander l'avis justement des jeunes qui subissent des politiques répressives, puisque bon nombre de jeunes sont venus témoigner du fait qu'ils avaient des amendes injustifiées, qui étaient majorées. Donc on a des petits de 13 ans, des gamins qui se retrouvent endettés sur cinq générations de plus de 10 000 euros pour des faits, enfin voilà quoi, crachats. parfois injustifié. Et ça a été repris d'ailleurs par des médias comme Loopsider, par d'autres médias qui ont fait des articles là-dessus. C'est pas normal. On est en droit de se poser des questions. A fortiori, lorsque le jour des élections, le maire met en scène sa victoire en invitant la police municipale à venir sur sa vidéo pour, en tout cas c'est comme ça que je l'interprète, faire une démonstration de force. La police municipale a un devoir d'indépendance et de neutralité. C'est des agents publics. Ce n'est pas parce que le maire, c'est leur patron, que pour autant il peut les utiliser comme bon lui semble, comme garde personnelle ou comme mini-armée au sein de la ville. C'est complètement lunaire. Et donc on est en droit de critiquer ça. On est en droit de se poser des questions. Et c'est ce que je fais à travers mes vidéos.
Et donc depuis, tu continues à faire d'autres vidéos. Que représentent les vidéos où tu parles du maire sur l'ensemble des vidéos que tu peux faire ?
mes vidéos, elles parlent en général de politique, pas que de ce qui se passe à Évry. J'ai pu faire une vidéo sur le masque blanc en référence au livre de France Fanon, et notamment du racisme, parce que c'était en même temps que la sortie du film. Donc en fait, j'essaye de parler de sujets qui me tiennent à cœur, parce que je me rends compte que ça crée une communauté, que les gens interagissent avec moi, et qu'on crée du débat, on discute, et je trouve ça important. Et sur TikTok et sur les réseaux, il y a aussi... une jeunesse qui, jusqu'ici, ne se sentait pas concernée par la politique, qui ne se sentait pas concernée et pas prise en compte aussi dans les politiques. Et le fait de les politiser aussi, ces gens-là, à travers ces vidéos, je trouve que c'est important.
– Donc tu vas continuer à faire des vidéos qui critiquent l'action publique du maire ?
que
du maire. – Pas que du maire.
Toutes les actions publiques. Et je trouve que c'est hyper important de continuer de les faire parce que c'est mon droit le plus absolu et que tout le monde… Enfin voilà quoi, devrait même le faire, ne serait-ce que d'aller dans la rue et de revendiquer ses droits. On devrait se sentir à l'aise et ne pas se sentir effrayé de le faire, ne pas se sentir apeuré. Aujourd'hui, les gens ont peur d'aller dans la rue revendiquer leurs droits parce qu'ils ont peur de se faire taper dessus.
C'est
une dinguerie.
– C'est vrai qu'on en est là. En tout cas, merci beaucoup Anissa Benataya d'avoir été avec nous, nous avoir raconté cette histoire au sein de ce qui se passe en tout cas à Évry, mais pas que… Et donc on suivra ça de très près. On attend la suite en espérant que justement tout ça passe et que tu ne te retrouves pas dans des situations plus compliquées. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. On enchaîne sur justement la censure, la liberté d'expression. Vous savez, près de 800 000 personnes ont signé une pétition réclamant la fermeture de CNews. J'en parlais au début de cette émission. Un chiffre considérable qui témoigne d'une colère, d'un ras-le-bol. Mais à CNews, vous vous en doutez, on n'est pas vraiment content de tout ça. Regardez. Et
plus que leur ennemi, c'est le mal. et pour eux, tout ce qui n'est pas eux et l'ennemi, eh bien, il faut l'anéantir. Donc, la méthode, c'est la nazification. Et vous devez nazifier vous aussi, sinon vous serez nazifiés à votre tour. Premier élément. Donc, si vous ne participez pas au lynchage, vous serez lynché vous aussi. Deuxième élément, la gauche contrôle les mots qui peuvent déclencher les crises et les scandales. La gauche contrôle la définition du mot racisme. Elle contrôle le mot du définition « ind », la définition du mot « aime ». Donc, elle est capable de créer des scandales à répétition. parce qu'elle maîtrise le vocabulaire inflammable dans l'espace public. Troisième élément, elle intimide systématiquement et elle n'hésite pas à créer de l'intimidation numérique ou... physique s'il le faut, pour être capable de faire plier les gens. Elle contrôle l'appareil médiatique. Moi, quand je parle de la gauche radicale, à quoi je pense à LFI, Génération S, France Info, une partie de France Inter, c'est un vaste parti qui dépasse largement LFI et il faut avoir conscience de l'importance de ce parti qui est capable de produire un récit médiatique selon ses obsessions idéologiques. Ensuite, le centre lui est soumis, ne l'oublions pas, parce que le centre... les préjugés de la gauche, même s'il ne partage pas son style, mais il voit le monde de la même manière. Alors, je redemande la chose, je terminerai ainsi. Devant cela, que fait la droite, globalement, sinon se soumettre est toujours un débat en retard.
L'extrême-gauche française, elle ne déçoit jamais ses dirigeants, ses intellectuels, ses artistes, ses relais. Hier, elle soutenait Staline, Mao, Pol Pot. Aujourd'hui, elle veut fermer ses news.
pense que l'entretien à venir ne va pas faire plaisir à Pascal Praud. Quoique, qui sait, il va peut-être trouver pertinents les arguments de notre invité, le député LFI Aurélien Saint-Toule. Bonsoir Aurélien Saint-Toule. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Près de 800 000 personnes ont signé cette pétition en quelques jours. Comment on explique cette mobilisation
– Techniquement, je vous avoue que je n'arrive pas à l'expliquer en si peu de temps. Bien sûr, il y a un événement terrible qui est l'attentat de Trapp qui est fonctionné comme un catalyseur. Les gens se sont dit, bon, désormais, on ne peut plus attendre. Et ils ont donc signé cette pétition qui était en ligne depuis pourtant quelques temps déjà. Donc écoutez, c'est une excellente chose. Il y a un ras-le-bol et un sursaut. Et il est en train de s'exprimer. Et je crois qu'il est très profond. Moi, j'avais vu ça déjà pendant la commission d'enquête, ce que j'ai fait sur les chaînes de la TNT. J'avais eu d'ailleurs Pascal Praud en audition. Il n'avait pas trop aimé notre échange, puisque je l'avais mis le nez dedans, en évoquant un passage où il avait laissé dire que, par exemple, la création du ghetto de Varsovie, c'était une mesure hygiéniste. C'était Yvan Yofol qui avait dit ça devant lui. Il avait dit qu'il était fatigué ce jour-là, c'est pour ça qu'il ne l'avait pas repris. Donc on est dans ce moment de sursaut. C'était indispensable. Aujourd'hui, on voit, c'est très profond. Et au moment de la commission d'enquête, c'était ce que je voulais vous dire. Pendant un moment, je recevais énormément d'injures, de commentaires haineux, etc. Et je pensais que c'était... Je savais que c'était l'agitation, voire même les bottes de l'extrême droite. mais je n'avais pas forcément beaucoup l'occasion de discuter dans ma circonscription, parce que tout simplement, je travaillais énormément sur la commission d'enquête. Et puis... J'ai eu un déplacement. Je suis allé au plus petit cercle du monde, pour ceux qui connaissent, à Bagneux. Et donc, je croisais quelques personnes. Et là, on a commencé à me dire merci, c'est bien, ça fait du bien, on se sent défendu, protégé, etc. Et donc, c'était très profond. Ça nous a beaucoup soulagé tous. En réalité, à ce moment-là, on a senti qu'on était en solidarité les uns avec les autres. Et c'est venu au fur et à mesure. Bon, je crois que ces personnes-là qui, à ce moment-là, disaient encore juste merci de faire ce travail, aujourd'hui, elles ont un nouveau... avec cette pétition et la possibilité d'exprimer leur ras-le-bol et de pousser le plus possible pour qu'enfin on ferme cette chaîne dégueulasse
Donc vous, en tant que député, vous soutenez
justement cette demande de fermeture de CNews ? Moi, c'est une proposition que j'ai inscrite noir sur blanc dans le rapport de la commission d'enquête. Donc depuis le début, enfin depuis maintenant plus de deux ans, je demande la fermeture de CNews. Et le problème étant, et justement, que l'ARCOM n'a pas fait son boulot. Si l'ARCOM avait son boulot, la CNews serait aujourd'hui déjà fermée et on n'aurait pas besoin de cette pétition. D'ailleurs, c'est l'objet d'une tribune que j'ai réussi à publier aujourd'hui dans le monde.
Certains dénoncent justement une atteinte à la liberté d'expression. Si on demande cette fermeture, vous, vous leur répondez quoi, justement
En réalité, tout ça, c'est un faux débat. Les gens font semblant à l'extrême droite de croire que la liberté d'expression est absolue. La liberté d'expression n'est jamais absolue. Je n'ai pas le droit d'insulter votre maman ou vous, d'ailleurs. Et tout le monde le comprend. Le racisme, ce n'est pas l'expression d'une opinion ou d'une idée particulière. C'est une injure collective. On dit « les Noirs sont ceci, les Noirs sont cela et on dénigre » ou « les Arabes sont ceci, les Arabes sont cela et on dénigre ». Bon, tout le monde comprend que c'est injurieux et que ce n'est pas l'expression d'une idée. Ce n'est pas de l'anthropologie qu'ils font, c'est du racisme. Bon, c'est autre chose.
Est-ce qu'on assiste justement à un ras-le-bol qui dépasse la question de CNews ? On voit que d'autres chaînes d'info sont pointées du doigt.
Bien sûr, je pense qu'évidemment, ça va beaucoup plus loin parce que l'expression du racisme, en réalité, elle a été banalisée sur la plupart des grandes chaînes et notamment des chaînes dites d'informations en continu qui sont le plus souvent très serviles à l'égard du pouvoir et qui sont très tolérantes à l'égard du racisme. Parce qu'évidemment, le racisme aujourd'hui en France, Il n'est pas diffusé exclusivement par l'extrême droite et une chaîne d'extrême droite comme CNews. Il est accepté, banalisé. Vous avez bien vu les déclarations d'Edouard Philippe qui dit, voilà, il faut voir ce qu'on voit. Sous-entendu, on a vu des noirs et des arabes, etc. Alors qu'il ne s'est jamais demandé si on avait vu des gens riches, pauvres, jeunes, vieux, etc. Donc si vous avez des lunettes pour voir dans la société que si les gens sont noirs ou arabes, effectivement, c'est qu'en fait, vous avez un problème avec vous, votre vision, votre prisme. raciste.
Vous, en tant que député, justement, quelle est la position que vous avez, vous et vos collègues-têtes de la France Insomnise, face à CNews ? Est-ce que vous décidez de jamais leur parler ? Ou est-ce que parfois, le fait d'aller dans des débats ou dans des discussions sur leur plateau, je ne sais plus si les gens de la France Insomnise y vont encore ces derniers temps, mais est-ce que ce n'est pas justement alimenter cette chaîne et finalement la faire continuer à exister ?
En réalité, nous, on a une participation très minimale à l'avis de CNews. De toute façon, la décision quasiment s'est prise il y a quelques années, quand Pascal Praud avait injurié une de nos élus conseillers régionales, Julie Garnier. C'était devenu même un peu proverbial, puisque quand il dit ce fameux « ça va pas » ou je ne sais pas quoi, et qui est devenu quasiment un même. Donc, en fait, personne n'a vocation à être le punching ball d'un évropathe. Donc voilà, les conditions ne sont de toute façon pas réunies pour discuter. Donc voilà, on prend acte de ça. Après, il y a des formats où c'est une interview directe. Quelques-uns de nos porte-parole y vont, mais c'est vraiment une proportion très limitée. Par ailleurs, on s'est posé la question de savoir si le fait d'y aller ou de ne pas y aller offrait une défense à CNews vis-à-vis de l'ARCOM sur la question du non-respect du pluralisme. Parce que c'est ce qu'ils ont fait en disant « Ah mais nous, on voudrait bien être pluralistes, mais en réalité, quand on les invite, ils ne viennent pas ». Et comme l'ARCOM ne fait pas grand-chose, on sentait bien qu'elle serait capable de se jeter sur la première explication venue de cet ordre pour les... absoudre et leur trouver toutes les excuses du monde. C'est d'ailleurs ce qu'ils ont fait pendant des mois et des mois. Moi, je saisis l'ARCOM à qui mieux mieux. Et à chaque fois, ils me trouvent des explications ou ils font des choses différentes. Alors, ils ont inventé des concepts de liberté d'expression élargie, de liberté de ton accru. On ne sait pas ce que ça veut dire du point de vue du droit. Mais voilà. Donc l'ARCOM a vraiment tout fait pour les préserver.
CNews, vous... Vous pouvez parfois refuser d'y répondre et de nombreux dans votre camp. Il y a aussi les gens dans la rue aujourd'hui qui ne veulent plus répondre aux journalistes de CNews. Je propose de regarder un magnéto où ils ont les chasses d'une manifestation.
je suis là, j'ai de quoi soigner les gens, je viens de manifester, je suis le compte il est à zéro, j'ai postulé 100 fois pour plein de métiers, c'est la galère pour tout le monde. Et des gens comme lui, ils viennent amener que de la haine, que de la haine, ils viennent nous chercher, on attend juste de sortir, de retourner manifester dans le calme. C'est que un sale connard de merde qui amène sa haine et vient faire chier des gens honnêtes qui galèrent dans la vie.
là, c'était Jordan Florentin de Frontières. Mais Frontières, aujourd'hui, travaille quasiment main dans la main avec CNews. Et donc, on voit des jeunes, là, repousser des manifestants, en tout cas, refuser de leur répondre. Ça touche aussi d'autres médias, BFM TV. Aujourd'hui, il y a même des techniciens, 160 collaborateurs techniciens de BFM TV ont fait une tribune pour, justement, dire que leur métier, il fallait le dissocier aussi peut-être de l'antenne et de parfois... émissions présentées notamment par Sonia Mabrouk, même si ce n'est pas ce qui est écrit dans le communiqué, mais c'est ce qu'on a tous compris. On en est là aujourd'hui où justement certains journalistes et certaines doivent se détacher de leur rédaction pour continuer à faire leur métier ?
Typiquement, la comparaison que j'ai envie de faire, c'est celle du match de foot. Vous avez un arbitre qui n'a jamais mis de carton et on s'étonne que ça dégénère. — Évidemment que ça va dégénérer. Parce que que vous ayez vous mis un tacle à la gorge ou pas, en face, les autres, ils feront plus la différence. Donc c'est de ça dont il est question. Et donc le fait même que l'ARCOM n'ait pas travaillé, n'ait pas fait son travail, n'ait pas dit en fait ça, c'est plus du journalisme, eh bien ça met en danger toute la profession. Et d'une certaine façon, quand on dit ça aux médias, c'est pas le bon endroit, mais il y a quand même beaucoup de gens dans la profession qui devraient balayer devant leurs portes. Et moi, je le dis tout le temps. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous en avez quelques-uns dans le monde médiatique, dans le monde journalistique, qui sont dans des positions très avantageuses, qui gagnent énormément d'argent et beaucoup de petites mains. Et il faudrait que les petites mains arrivent à expliquer... publiquement, clairement, et aussi à intégrer, parce que beaucoup n'ont pas intégré cette idée quand même, qu'ils ne sont pas dans le même bateau. Ils ne sont pas dans le même bateau, ils ne font pas le même métier. Celui qui a été nommé éditorialiste pour donner son avis, et que bizarrement de son avis, il est toujours de droite, ou toujours pro-gouvernemental, et que pour ça il est payé plusieurs dizaines de milliers d'euros, eh bien il faudrait quand même qu'on se rende compte qu'il fait du mal à la profession, en fait, et qu'il la discrédite. Parce que donner son opinion, après tout, ce n'est pas le rôle initial d'un journaliste.
Et vous étiez justement aujourd'hui devant le rassemblement, devant BFM TV ?
Absolument. Alors ça, merci de me donner l'occasion d'en parler. Devant BFM TV, aujourd'hui, il y avait un rassemblement, en fait, parce que c'est l'ancien siège de Altice, le groupe de SFR de Patrick Drahi, et qui est en liquidation, ou en tout cas qui est en cours de rachat. SFR va être racheté, puisque le groupe Altice est surendetté. Et donc, vous avez Orange. Free, Bouygues, qui sont en train de racheter le quatrième. Dans cette affaire, la seule question à laquelle on ne donne pas de réponse, c'est que vont devenir les salariés de SFR et de ces filiales ? Alors en particulier une qui s'appelle ATS. Donc vous avez 12 000 salariés, 12 500 à peu près, qui sont menacés de perdre leur emploi à brève échéance. Alors certains carrément dans quelques mois, d'autres ont dit peut-être dans 3 ans, parce que ce qui pourrait apparaître, c'est qu'on les placerait dans une entreprise qu'on va appeler une structure de défaisance, c'est-à-dire une poubelle. Pour dire les choses. Et dans trois ans, il n'y aura plus d'engagement à les garder. Et donc, ils se retrouveraient sur le carreau. Sur ce sujet, ça fait des mois qu'on est interpellés. Moi, j'ai rencontré les représentants syndicaux. Et aujourd'hui, je suis allé les soutenir. Et donc, devant BFM. Et ce qui était très frappant, c'est que c'est d'anciens collègues. D'une certaine façon, ils appartenaient au même groupe. Ça a été racheté, eux, par CMA. Eh bien... Pas un journaliste, pas une caméra, rien, personne ne s'en souciait. Alors que pour autant, BFM, c'est censé s'intéresser au business. Donc 12 000 salariés qui vont finir sur le carreau ou qui pourraient finir sur le carreau, ça ne les intéressait pas. J'ajoute que la vente de SFR va rapporter personnellement 960 millions environ à Patrick Drahi, donc le propriétaire, l'ancien PDG. Ce qui est incroyable, c'est de se dire que cet homme va toucher 960 millions pour avoir coulé une boîte.
Et
que si à la rigueur... Dans le pire des cas, vous utilisiez ne serait-ce que cet argent pour essayer d'accompagner les salariés. Vous en avez pour plus de 50 000 euros par salarié. Donc il y a quand même un enjeu. Et là-dessus, le gouvernement ne répond rien. Moi, j'ai déjà écrit au ministre de l'Économie, pas de réponse, ni question écrite, ni à une question écrite, courrier au gouvernement, rien. La patronne de l'ARCEP, qui est l'ARCOM des télécoms, en réalité, ne m'a pas répondu non plus. Ça fait déjà un mois, etc. Alors j'en profite, parce que j'ai quand même pris... Le petit t-shirt pour dire en soutien aux salariés SFR. Les filiales de SFR, n'hésitez pas, allez les soutenir, allez les écouter. C'est vraiment une affaire fondamentale parce qu'en réalité, il y a des millions d'abonnés à SFR. Donc vous avez le droit aussi de vous préoccuper des techniciens qui vous aident. Et puis, c'est quand même 12 000 salariés qui sont menacés de perdre leur emploi. Donc plein soutien à eux et on va se battre pour que ça finisse bien.
Le message, en tout cas, est passé. Et pour revenir justement à CNews et la fermeture de CNews... Plus de 500 000 signatures peuvent ouvrir un débat à l'Assemblée nationale. Donc un débat devrait avoir lieu. Le rapporteur doit être désigné demain, normalement. Si la décision est prise de fermer cette chaîne, on prend quand même le risque de créer un précédent qui pourrait être extrêmement dangereux. Et notamment, peut-être pour des médias comme le nôtre, puisque si demain l'extrême droite est au pouvoir, la donne pourrait changer. Je propose qu'on regarde justement ce que dit le député RN Gaëtan Dussaucet. Et on en parle juste après.
pense surtout que le débat va nous permettre de pointer les dérives liberticides et les dérives de censure à tout prix de la part de l'ultra-gauche dans notre pays. Et moi, je m'offusque d'autant plus de voir que ce discours n'est pas uniquement celui de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, mais qu'il est aujourd'hui repris par ses anciens soutiens, notamment du Parti socialiste ou encore des écologistes. Donc on l'entend à
demi-mot, en tout cas on peut imaginer que si demain... Ils sont au pouvoir, peut-être, effectivement, comme je le disais, un média comme le nôtre pourrait disparaître, si jamais on est dans leur viseur. Il est peut-être là, le danger de cette interdiction, cette fermeture, si elle doit passer par le politique ?
– De toute façon, il faut quand même vous mettre dans l'esprit que l'extrême droite sera dangereuse, quoi qu'il arrive. Si elle veut, elle le fera en respectant les lois. Si elle ne le veut pas, elle ne respectera pas les lois. Moi, il m'est arrivé d'entendre des gens dire, le programme de Marine Le Pen, de toute façon, il sera cassé par le Conseil constitutionnel. N'essayez pas, quand même. parce que quand l'extrême droite arrive aux affaires, la première chose qu'ils font, c'est fermer les cours constitutionnels ou alors acheter les juges, etc. C'est pour ça que c'est l'extrême droite, parce qu'ils n'agissent pas comme les autres. Nous, il y a un moment, effectivement, la loi, elle fixe des limites à la liberté d'expression. Donc encore une fois, excusez-nous, mais il va falloir appliquer la loi, c'est tout. Donc moi, j'ai été interrogé il y a déjà longtemps, là-dessus, il y a déjà plusieurs mois. On me disait, est-ce que Jean-Luc Mélenchon va fermer ses news ? Ah non, Jean-Luc Mélenchon ne va pas fermer ses news, pas tout seul. C'est pas un homme qui va décider comme ça. La Constitution prévoit pas ça. La loi prévoit pas ça. Non. Le problème, c'est que la loi, aujourd'hui, elle donne les moyens à l'ARCOM de fermer ces news. Mais l'ARCOM ne le fait pas. Donc il va falloir trouver un moyen d'obliger l'ARCOM à faire son travail. Ou alors de trouver un substitut à l'ARCOM qui fera ce travail, parce que la loi est bonne, parce qu'on n'a pas le droit d'injurier des millions de personnes comme ça, et de conduire vraisemblablement à armer un dingo, ou toutes sortes de dingo en réalité.
Pourquoi selon vous l'ARCOM ne fait pas ce travail ? Parce qu'effectivement la vraie question c'est si on avait une autorité de régulation qui agissait plus fermement. Peut-être qu'on n'en serait pas là. Mais alors pourquoi, selon vous, l'ARCOM ?
– Je ne suis pas dans la tête des dirigeants de l'ARCOM, des membres, on dit, du collège de l'ARCOM. J'ai vu que cet après-midi, étonnamment, ils viennent d'annoncer qu'ils ont saisi carrément la justice. Donc ils ont fait un article 40 sur des propos qui ont été prononcés par Éric Zemmour et qui ont été diffusés par différentes chaînes. Alors moi, j'ai l'impression qu'ils sortent d'hibernation. Ils sentent que la situation est en train peut-être de les mettre aussi eux-mêmes en accusation, leur inaction. Pourquoi ils ne l'ont pas fait ? Je crois qu'ils n'avaient pas envie de se heurter aux intérêts de Vincent Bolloré. C'est quelqu'un de puissant qui peut... nuire à votre carrière, qui peut déchaîner quand même avec ses intermédiaires des hordes de gens dangereux. Moi, je n'ai pas reçu des millions de menaces de mort en tant que député, c'est heureux. J'ai des collègues qui ont été plus ciblés que moi. Mais ce qui est certain, c'est qu'à chaque fois que j'ai été ciblé par des menaces de mort, c'est au lendemain de prise de position nette à l'égard de ces news, notamment après l'audition de Pascal Praud. Le lendemain, j'ai reçu une menace de mort assez circonstanciée. Donc vous voyez, ces gens sont dangereux et il est clair que quand on est membre de l'ARCOM... on n'a pas forcément envie de s'exposer à ces choses-là. Après, je me pose la question, quand vous êtes candidat pour présider l'ARCOM comme M. H. Dary, a priori, vous devez savoir dans quoi vous vous mettez. Donc je pense qu'ils ont manqué sérieusement, en tout cas, de scrupules.
– Vous venez de le dire, en fait, parce que peut-être le problème, c'est peut-être le système médiatique qui permet à un milliardaire comme Vincent Bolloré de peser aussi lourdement, finalement, sur le débat public.
Bien sûr, évidemment, le problème est structurel. La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon en particulier l'a dit. Ce sera le premier texte qui sera passé après les élections présidentielles, dès qu'on pourra le faire. Il faudra en finir avec les concentrations médiatiques, avec le pouvoir de l'argent dans le système des médias. La liberté d'être informé est première, un peu comme le droit à l'instruction. En réalité, c'est une espèce de droit à l'instruction qui est continué dans l'âge adulte. On a le droit de savoir, d'apprendre sur le monde, précisément pour pouvoir se prononcer comme des citoyens éclairés. Et ce droit-là, il est bafoué parce qu'en réalité, on a en face de nous une machine de propagande, de propagande commerciale, par exemple, parce que le plus souvent, c'était de ça dont il était question, mais aussi de propagande politique. Alors on est bafoué dans notre droit élémentaire de citoyen.
c'est ça la réponse politique pour permettre à centaines de milliers de citoyens qui estiment que le paysage génétique français ne garantit pas assez de pluralisme, c'est justement d'éviter la concentration des médias pour seuls.
Un des aspects, le problème de la liberté de la presse et de la promotion même des médias indépendants, etc. C'est un problème global. On pourrait y passer des heures. Mais le cœur du cœur du problème, c'est ça. C'est qu'aujourd'hui, la plupart des entreprises de presse ne sont pas rentables. Elles sont donc détenues par des milliardaires qui ne font pas des affaires comme ils le prétendent, mais qui achètent de l'influence. Ils sont les seuls à pouvoir... investir à fond perdu dans des entreprises. Et s'ils investissent à fond perdu, c'est pas juste parce qu'ils aiment la presse, c'est parce qu'elle leur offre autre chose que de l'argent, un retour sur investissement un peu différent, qui est de l'influence sur le pouvoir politique en particulier, mais aussi sur d'autres aspects du pouvoir économique. Si vous êtes Bernard Arnault, récemment, Bernard Arnault a décidé de ne plus, en tout cas via LVMH, de ne plus financer en partie le monde, parce qu'il avait eu des articles qui lui avaient des plus, et donc beaucoup, beaucoup moins de publicité dans le monde. Voilà, ce sont des choses. Vous achetez de l'influence. Bon, si vous êtes un citoyen attaché à la démocratie, vous devez penser qu'un homme égale une voix et pas un empire médiatique égale des centaines de milliers de voix. Et puis vous, tout seul, vous avez votre petit bulletin à la main et vous attendez de vous faire dominer, en réalité, au moment des élections. Donc voilà, il suffit d'être démocrate pour voir qu'il y a un problème.
– Dans d'autres pays, on a ce qu'on appelle un cordon, on parle de la Belgique francophone juste à côté, le cordon sanitaire. À une époque, effectivement, en France, ça ne s'appelait peut-être pas comme ça, mais effectivement, la parole d'extrême droite était quasiment absente des plateaux télé. Est-ce qu'il faudrait revenir à ça ? C'est peut-être la solution ou simplement ne pas regarder CNews ? Oui,
alors les deux options sont bonnes. Ne regardez pas CNews, mais si vous êtes sur le média, probablement que vous ne passez pas votre vie à regarder CNews. Moi, ça m'a fait du mal de regarder votre magnéto tout à l'heure, qui était déjà un peu long. Non, mais pour répondre sur la question du cordon sanitaire. Deux choses. Oui, il faut le faire. Deux, pourquoi les journalistes entre eux ne sont pas capables de se le dire ? Alors ça fait partie des propositions que nous, on soutient depuis longtemps. Il faut qu'il y ait une régulation entre les journalistes, parmi les journalistes, qui soit beaucoup plus forte, beaucoup plus contraignante qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a un conseil de déontologie, mais les médias peuvent y participer sur la base du volontariat. Donc vous imaginez que les patrons de presse n'ont pas forcément une grande envie de se contrôler les uns les autres. Par contre, si les professionnels... fixer entre eux des règles et que d'une certaine façon, si vous les enfreignez régulièrement, vous étiez, passez-moi l'expression, tricard dans la profession, peut-être que les choses se passeraient différemment.
Est-ce que vous n'avez pas... Peur, justement, qu'aujourd'hui, comme la manière dont on présente la France insoumise, l'extrême gauche face à l'extrême droite, que ça s'inverse, que ce courant sanitaire, d'autres médias l'appliquent, mais plus pour vous, justement, en disant qu'il ne faut pas les inviter, ils sont trop subversifs ou trop... Moi, j'ai peur de rien.
Par principe, je constate les choses. Je vois que, de toute façon, on est traité comme des parias depuis un bon moment. Je compte sur l'intelligence de mes concitoyens pour voir quelle est la différence entre quelqu'un qui propose une sixième république plus démocratique et puis d'autres formations qui expliquent que non, écoutez, vous comprenez, la cinquième république c'est très bien, on peut encore aggraver, moi je me verrais bien utiliser l'article 16, j'enverrais bien l'armée contre la population, etc. Bien sûr, nous, nous ramons à contre-courant, nous ne sommes pas propriétaires de BFM, nous ne sommes pas propriétaires de CNews, etc. Bon bah écoutez, on mène la bataille avec les armes qu'on a, c'est-à-dire nos neurones, notre langue et notre capacité à convaincre ceux qui veulent bien nous écouter.
Merci beaucoup Aurélien Saint-Toul d'avoir été avec nous ce soir. Vous l'aurez compris, cette émission est terminée. Nous espérons qu'elle vous a plu. Merci pour votre fidélité et pour votre soutien. On a besoin de vous, vous le savez. Alors continuez à faire des dons pour qu'on puisse faire des émissions comme celle-ci. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire. On se retrouve nous demain. Et c'est le retour de mon binôme préféré, ma collègue Amira Benjabala Jean-Pierre sera de retour avec moi. sur ce plateau. En attendant, je souhaite de passer une bonne soirée sur les antennes du Média.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.