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pays n'a pas de concurrents, mais il a des référents. Il y a des pays proches de nous en termes de culture et de manœuvre sociale, c'est l'Europe. Pourquoi est-ce qu'on ne va pas regarder ? là où ils sont plus efficaces que nous. C'est ça que je propose dans ce livre en donnant un certain nombre d'exemples.
Vous mentionnez la jeunesse, c'est un fil conducteur dans votre livre. Les jeunes que vous dites refuser de voir sacrifiés, victimes du choix de leurs aînés, comptables de rembourser les dépenses inhérentes aux plus anciens. Des slogans « génération sacrifiée » qu'on a pu entendre sur les blocus, les manifestations lycéennes. Aujourd'hui encore, il y avait 48 établissements qui étaient bloqués. Ce n'est pas beaucoup sur 3 700, mais quand même. Et à Paris, certains ont manifesté malgré l'interdiction de la préfecture de police. Une jeunesse qui a dit... se sentir en partie délaissés au profit des plus âgés. C'est en tout cas ce qu'ils ont exprimé au micro de Zidane Azouzi.
politiques sont principalement dirigées envers les personnes âgées. Et donc évidemment, on veut remettre la jeunesse au centre du débat, au cœur des enjeux, mais ça ne doit pas se faire contre le vieux. Ça doit juste simplement être un rééquilibrage. Le
problème, on ne travaille pas avec les jeunes. C'est des personnes d'un certain âge qui prennent des décisions qui sont complètement à côté de la plaque par rapport à nos enjeux.
François Villeroy de Gallo, ce discours n'est pas forcément si éloigné du lot du vôtre.
Le premier lycéen là qu'on entendait, il
parle de
mes choix gérontocratiques beaucoup mieux que moi. Non, mais vous,
vous aviez pris la plume pour en parler au Président. C'était en 2026 dans votre dernière lettre pour alerter contre justement la dérive gérontocratique dont parlait Patrick tout à l'heure, c'est votre expression. Alors parmi les fardeaux que votre génération laisse aux plus jeunes, il y a la crise climatique, vous l'aviez évoqué, les intérêts de la dette qui dépassent désormais le budget de l'éducation. et vous appelez, je cite, à revisiter le pacte générationnel en ne faisant pas l'économie d'un débat sur les retraites, sur les dépenses de santé. Il faut passer par là pour apaiser la colère des lycéens aujourd'hui ?
D'abord, pour apaiser la colère des lycéens, c'est difficile, parce que comment est-ce qu'on fait d'habitude face à un mouvement social en France ? On dépense de l'argent supplémentaire, il se trouve qu'il n'y en a plus, et puis on promet des solutions à court terme, en disant qu'on a résolu le problème en huit jours. D'habitude, surtout,
c'est une opposition à une réforme. Là, c'est une étude qui apparaît ailleurs.
Oui, enfin, il est arrivé qu'il y ait des demandes d'un mieux-être, et tant mieux, ça fait partie de la démocratie. Mais là, les solutions, elles vont prendre du temps. Et je crois qu'il faut, les Français sont prêts à entendre cette lucidité. On parlait tout à l'heure de la réforme de l'éducation et des succès britanniques. Les Britanniques, ils ont commencé en 2010. Raison de plus pour qu'on attende... trop. L'anxiété sur la dette ou sur le climat, il y a des réponses. J'en parle dans mon livre, avec l'appui de l'Europe, je crois que le passage à l'énergie décarbonée, c'est une priorité absolue. N'attendons pas la prochaine crise au Moyen-Orient. Mais tout ça prend du temps. Ce qui est, je crois, très juste... Ils n
'ont pas le temps, pardonnez-moi, mais qu'ils n'ont pas le temps d'attendre à 17 ans et qu'ils réclament 10 milliards maintenant.
Il y a des choses qu'on peut faire tout de suite. Mais les 10 milliards, on ne les a pas. Si on les mettait, ça aurait très peu d'efficacité et ça augmente la facture qu'on va laisser à ces jeunes. Alors il y a des choses qu'on peut faire tout de suite. Soyons un peu créatifs et sur la qualité, moi j'insiste beaucoup sur la qualité de la gestion publique. qui honnêtement a été l'immense échec de tous les gouvernements successifs. La réforme publique, on en parle, je le cite, depuis Michel Rocard, ça fait presque 40 ans. Il y a un texte qui n'a pas pris une ride, malheureusement. Et l'effort a été décroissant là-dessus. On peut faire des choses sur les horaires, sur les profs remplaçants, sur Parcoursup, je ne suis pas spécialiste de ça. Mais c'est là que je rejoins le premier lycéen. Ce qui est très important, c'est qu'on puisse se dire collectivement... que pour l'avenir, nous allons être jugés sur la place qu'on va faire à la jeunesse. Moi je vais prendre un exemple très concret, c'est l'histoire des retraites. Je parlais de ces 9% de PIB d'écart. Vous savez que là-dessus, la moitié... tient au coût des retraites,
plus
élevé en France. On
n
'échappera évidemment pas à une réforme des retraites. Alors il y a plusieurs façons de le faire. On peut jouer sur l'âge, sur le nombre de trimestres, sur l'indexation, sur l'avantage fiscal de 10%, mais sur toutes les choses, on est le plus cher. Chaque euro qu'on dépense aujourd'hui pour surprotéger les retraites, c'est un euro contre les dépenses d'avenir et la jeunesse, je crois qu'il faut le dire. Et puis, à côté de ça, il faut développer, vous le disiez. Un étage d'épargne privée, de capitalisation. Pourquoi c'est important ? Là aussi, ça prend du temps. Mais c'est très important aussi pour l'innovation et la croissance. Je cite les trois pays champions de la croissance en Europe. Les Pays-Bas, la Suède, le Danemark. Au passage, c'est des pays qui ont beaucoup moins d'inégalités que les États-Unis. Donc on peut avoir la croissance sans les inégalités. Mais ces trois pays qui ont un système de retraite mixte, et un des grands avantages, c'est que du coup, ils ont des fonds de pension qui investissent dans leurs entreprises innovantes. Je vais prendre un exemple qu'on connaît tous, Spotify, suédois. Eh bien, voilà un exemple de réussite européenne. Mais ce n'est pas un hasard parce que quand une entreprise est mieux financée par fonds propres, elle prend plus de risques. Bon, on se dit que c'est dommage.
Vous avez écrit un livre, auriez pu écrire un budget.
Vous
auriez pu agir puisqu'on vous a proposé deux fois le poste de ministre de l'économie. C'est écrit dans votre livre, vous le confirmez. Michel Barnier puis François Bayrou vous l'ont proposé et vous avez... Refuser, pourquoi ? Vous pensiez que vous n
'auriez pas les moyens d'agir ? Patrick Cohen, d'abord j'ai agi. Je ne suis pas resté à la Banque de France, les bras croisés en attendant. Je m 'amuse un
petit peu.
Oui, oui, mais moi je ne m'amuse pas parce
que j
'ai travaillé. D'accord, mais vous n'avez pas écrit
un budget.
Non, mais il ne suffit pas d'écrire le budget, il faut le faire voter. Oui, c'est vrai. Et c'est une des raisons que je donne, c'est qu'il fallait une capacité à nouer des compromis politiques, etc., qui n'était pas forcément mon premier talent. ni mon premier goût, il y en a d'autres qui l'ont fait, qui y sont à peu près arrivés. Au passage, il faut évidemment un budget à la France pour 2027. Alors il y a tout ce débat, quel article de la Constitution, mais... Il faut que le déficit revienne à au maximum 5%, parce que sinon, les taux d'intérêt augmentés dont on parlait, ils vont encore monter. Et ça, c'est très mauvais pour l'économie française. Non, mais je n'ai pas l'impression d'être resté inactif. Et si vous me permettez, non, mais je comprends que c'était une taquinerie. Mais si vous me permettez, aujourd'hui, comme président de la fondation Apprenti-Lautoy, j'ai aussi l'impression d'être utile à mon pays et à sa jeunesse.
Un mot sur la décision de Christine Lagarde, qui a annoncé son départ prématuré de la tête de la Banque Centrale Européenne. Ce sera début février. en quittant ce poste, à cette date-là, elle ouvre la possibilité au président sortant Emmanuel Macron de participer à la désignation de son successeur avant l'élection présidentielle. Que répondez-vous à ceux au RN ou à la France Insoumise qui disent que c'est une manœuvre politique ?
Je ne crois pas du tout que ce soit une manœuvre politique et je pense que c'est une décision respectable. Elle a donné un certain nombre de motifs. Je voudrais souligner un point... Notamment
retrouver sa liberté de parole.
Oui, participer peut-être au débat européen et français. Mais je voudrais souligner un point qui est plus technique, pardon, mais qui est important à Anélisabeth Lemoyle, c'est qu'il faut une équipe à la tête de la BCE. Il se trouve qu'il y a deux autres postes très importants qui étaient vacants, c'est le chef économiste et puis le responsable des opérations de marché. Et c'est beaucoup plus facile de constituer l'équipe avec le président ou la présidente en même temps. Moi, j'en profite pour saluer le bilan de Christine Lagarde. Je parle dans ce livre de beaucoup de rencontres avec elle, mais elle a su préserver et même renforcer l'unité du Conseil des gouverneurs. Je vous prie de croire qu'on n'était pas toujours d'accord, mais on était là pour servir l'euro, qui est le bien commun des Européens. Le soutien des Européens à l'euro à travers toutes ces crises a augmenté à 80%. C'est un soutien record en France. Tous les partis politiques, d'ailleurs c'est une bonne chose, sont maintenant ralliés à l'euro. Voilà, je crois que c'est un très beau bilan. Je le dis avec simplicité, moi j'ai beaucoup aimé travailler avec elle. Dans ce livre, j'essaie de raconter des rencontres humaines. On se dit, c'est réunion européenne, internationale, c'est froid, c'est distant, on ne sait pas ce qui se passe. J'espère qu'on sait un peu mieux avec les pattes.
Elle ferait une bonne candidate, selon vous, à l'élection présidentielle ? Ah ça, il faut que je lui demande. Je ne suis
pas le porte-parole de Christian Garde. Elle avait dit que la question, ce n'était pas la question du nombre de candidats. Il y en a déjà beaucoup.
François Villeroy de Gallo, Croire en la France résolument. C'est disponible depuis la semaine dernière en librairie. Vous restez avec nous.
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